Le Pen vs. Mélenchon : une issue inéluctable ? L'analyse de Jean-Daniel Levy
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Bonsoir, Jean-Daniel. L'équipe, rebienvenue sur le plateau de Quotidien. Voici une partie de l'équipe et le public. Vous êtes le directeur délégué de l'Institut Harris Interactive, l'homme du jour, si on met de côté le pape. Cinq scénarios testés et dans tous les cas, ce duo au second tour, imaginons, il est On est le 18 avril, il est 20h, 1er tour de l'élection présidentielle et voici les résultats. Marine Le Pen, 35 à 36 % parce qu'il y a la marge d'erreur. Jean-Luc Mélenchon, entre 17 et 18 %. Comment est-ce que vous avez ? Alors déjà, nous ne sommes pas le 18 avril.
Donc il va se passer Il va se passer encore un peu de temps avant que les résultats bien sûr, mais je je je je je Hop, imaginons, je Imaginons. Et le 2e point, c'est que on a été amené à interroger un échantillon représentatif de la population française, un peu plus de 2000 personnes ont été interrogées à la fin de la semaine.
On les a interrogés non seulement sur leurs intentions de vote, mais également sur ce que sont les motivations de la part des différents électorats, l'ambiance qu'ils ressentent dans le pays et puis c'est un baromètre que nous réalisons pour RTL et M6 qui permet de suivre un certain nombre d'évolutions qui fait que les résultats que nous avons aujourd'hui s'inscrivent dans une logique comme si on votait là ce week-end, comme si on avait voté Comme si on avait voté dimanche dernier, absolument.
Et on a aussi non pas uniquement une photographie, mais plusieurs vagues d'enquêtes qui nous permettent de voir aujourd'hui une situation qui à cet égard n'est pas si surprenante que cela lorsqu'on regarde l'évolution des intentions de vote telles qu'elles se sont produites au cours des dernières semaines et depuis que nous sommes entrés véritablement en campagne électorale. Rien ne vous a ? Bah, ce qui est étonnant, c'est la rapidité à laquelle tout ceci peut être amené à se produire et en même temps. Et en même temps, on a aujourd'hui une situation qui est quand même particulière où nous sommes face à des Français qui de plus en plus nous parlent de la question du pouvoir d'achat.
Nous sommes face à des Français qui pour la 1re fois sont plus critiques que par le passé à l'égard du 1er ministre, notamment sur la gestion du prix du carburant. Nous sommes face à des Français qui aujourd'hui ont du mal à pouvoir voir des perspectives d'avenir et qui ont le sentiment que ceux qui d'une manière ou d'une autre sont dans l'entourage d'Emmanuel Macron ou qui ont été par le passé dans dans l'entourage d'Emmanuel Macron sont quelque peu comptables de la situation telle qu'elle est vécue aujourd'hui par une majorité de Français qui sont inquiets concernant leur quotidien et concernant leur pouvoir d'achat d'une manière générale. On va rentrer dans le détail.
On va rentrer dans le détail. Le Pen on va le voir tout de suite donc creuse le l'écart au second tour, elle l'emporterait l'élection présidentielle avec 57 % des des voix face à Édouard le deuxième tour. Voilà au second tour avec contre Édouard Philippe et si elle se retrouvait face à Jean-Luc Mélenchon elle l'emporterait avec 69 % des voix, Jean-Luc Mélenchon 31 % est-ce que ce duel là c'est le duel le scénario idéal pour les ? C'est de Marine Le Pen et de Jean-Luc Mélenchon. Bah quand on les écoute les uns et les autres c'est le choix que l'un ou l'autre préfère.
Quand vous interrogez Marine Le Pen elle dit que elle est absolument persuadée que si jamais elle devait être confrontée à Jean-Luc Mélenchon au deuxième tour de la présidentielle elle gagnerait. Elle préfère je je je je corrige juste si vous me permettez elle a dit qu'elle préférerait être confrontée au second tour à Édouard Philippe parce que elle l'a dit elle-même comme ça ça donnerait plus de valeur à sa victoire. C'est ce qu'elle dit. Parce que Jean-Luc Mélenchon serait rejeté. C'est ce qu'elle dit mais en fait après on peut voir que [rires] C'est ce qu'elle pense.
On peut ça Après on peut voir que les différentes stratégies pas assez personnellement avec Marine Le Pen Moi aussi toujours. Moi non plus mais en fait on peut voir que d'une manière générale la manière dont elle peut être amenée à se positionner, la manière dont elle construit sa campagne et c'est aussi pour pouvoir créer un duel pas forcément aujourd'hui avec Édouard Philippe mais beaucoup plus avec Jean-Luc Mélenchon. On a l'impression que c'est inéluctable la victoire de Marine Le Pen sondage après sondage elle monte système Alors quelle que soient les polémiques ouais il y en a raison quelle que soient les polémiques ça bouge pas quoi ou ça progresse c'est quand même hallucinant.
C'est stable.
36 37 Ce qui est assez frappant Ce qui est frappant [rires] Ce qui est assez frappant c'est qu'elle avait quand même été candidate présente au deuxième tour de la présidentielle de 2017 avec une croissance entre le premier tour et le deuxième tour candidate et présente au deuxième tour de la présidentielle de 2022 avec une croissance nette elle a atteint je le rappelle 42 % au 2e tour de la présidentielle de 2022 et que nous avons une croissance du Rassemblement national de manière tendancielle 1/3 des Français sensiblement à voter pour le RN aux dernières élections européennes et aux dernières élections législatives aux municipales un bon score on a vu ce qui s'est passé hier dans le cadre des élections sénatoriales.
On dit pas que c'est inéluctable mais en tout cas c'est la 1re fois qu'on se pose non pas la question de savoir qui pourrait potentiellement être en tête mais qui potentiellement pourrait être en 2e position de la campagne présidentielle sachant que c'est pas inscrit mais en tout cas il y a de fortes chances que Marine Le Pen soit présente au 2e tour à nouveau. D'accord mais votre concurrent Ipsos refuse lui de faire des sondages de 2d tour parce qu'on a eu on avait Brice Teinturier sur le plateau et lui il dit c'est pas du tout fiable. Pourquoi vous vous en ?
Ben parce qu'en fait c'est une un vrai débat qu'on peut avoir à l'heure actuelle et en tout cas un vrai point sur lesquels les Français peuvent être aussi amenés pourquoi eux n'en font pas et vous Je comprends en fait que chaque institut peut avoir sa règle on peut avoir même aussi une question pour savoir à partir de quelle période nous sommes amenés à réaliser des des intentions de vote. Il y a tout un tas de questions même qui se posent à l'heure actuelle pour savoir qui sommes-nous à tester dans le cadre du 1er tour d'une intention de vote. Est-ce qu'on peut être amené à tester Dominique de Villepin, David Lisnard ou ?
Donc il y a tout un tas de débats C'est pas parce que vous avez une grosse responsabilité Jean-Daniel Lévy. Je vous pose la question parce qu'en 2021 c'est vous Harris Interactive qui avez fait un qui avez sorti un sondage choc on regarde. À la une un sondage choc Éric Zemmour en position de se qualifier au 2d tour. Avec 17 % des intentions de vote Éric Zemmour en position d'être qualifié Harris Interactive pour Challenges. Éric Zemmour au 2d tour en ayant 17 % au 1er tour. C'est à la même période à 7 mois du du du 1er tour de la présidentielle en 2022. Au final il a fait 7 % Éric Zemmour. Est-ce que vous vous assumez vous êtes ? Ah j'assume complètement.
On était dans une situation tout à fait particulière à cette période-là. Il y avait pas de candidat de droite qui était présent. On avait un une campagne à l'époque de Marine Le Pen qui était encore plus poussive que ce qu'elle connaît à l'heure actuelle. La thématique du pouvoir d'achat était loin d'être la première préoccupation des Français et quand vous regardez les intentions de vote en faveur d'Eric Zemmour, le moment où il a commencé à fortement baisser, c'est après l'invasion de l'Ukraine par la Russie qui s'est déroulée en en février. Donc quelle situation ? Pourquoi on doit vous croire ?
Si je vous disais je vous garantis aujourd'hui que l'intention de vote que nous réalisons sera le résultat au jour du premier tour, là vous auriez des raisons de pas me croire. Et une des raisons pour lesquelles je me suis permis de vous reprendre, c'est de vous dire ce que vous présentez à l'heure actuelle comme étant potentiellement le résultat au soir du premier tour à 20h ne sera probablement pas celui-là.
Il y a une situation qu'on une situation même pour savoir qui sera sur la de départ qui est absolument inconnue et une situation qui peut amener à tout moment à avoir des effets de campagne interne ou externe même le sujet que vous venez de traiter à savoir les propos qui auraient été tenus par Jordan Bardella et Eric Zemmour peut avoir une répercussion importante sur la campagne, sur les intentions de vote et sur le regard des Français. Donc dire qu'aujourd'hui on prévoit ce qui va se passer, c'est se tromper en pleinement.
Dire qu'aujourd'hui on arrive à effectuer une photographie et notamment au regard d'autres photographies antérieures permet de comprendre ce que peut être la logique de la part des individus. Comment on peut expliquer le score d'Edouard ? Est-ce qu'on peut parler d'un ? Effondrement On peut parler d'une On peut parler d'une forte baisse aujourd'hui du bloc central. C'est pas le fait d'être Edouard Philippe ou pas être Edouard Philippe.
C'est qu'aujourd'hui vous avez une critique plus importante à l'égard des macronistes, c'est ça, du bloc central et que qu'il le veuille ou non, qu'il ait pris ses distances de manière assez nette avec le président de la République, qu'il ait même appelé à un moment au départ d'Emmanuel Macron n'a pas globalement été considéré de la part des Français comme étant un processus d'affranchissement.
Il est aujourd'hui vu comme étant une personne qui a émergé politiquement lorsqu'Emmanuel Macron l'a nommé Premier ministre et donc dans ce contexte-là, il apparaît comme étant globalement macroniste et qu'il le veuille ou non comptable de ce qui s'est passé au cours des années passées et même ce qui se déroule à l'heure actuelle. Il le sait du ? Ah il le sait probablement. sait oui. Le centre recule et Raphaël Glucksmann à 10-11 % c'est ce qu'on voit à l'écran, il y a pas d'effet primaire de la gauche là. Alors il y a pas d'effet primaire de la gauche à l'heure actuelle. négatif. Il y a pas d'effet Il y a pas d'effet primaire de la gauche.
Non, il y a pas d'effet négatif à l'heure actuelle, il y a quand même eu une petite attention en fait de la part des Français si je me trompe pas près de 800000 personnes qui ont regardé le débat. Il va y avoir probablement ce qui quand on regarde à émission comparable ce qui constitue en fait un processus qui est un processus effectivement assez assez intéressant.
Il y a pas de dynamique très forte mais on a d'une manière générale une gauche sociale-démocrate qui est quand même assez faible dans l'espace public parce que effectivement il a réalisé un bon score dans le cas des élections européennes mais ce score ne se limite entre guillemets qu'à 14 % quand vous considérez que en tant que socialiste ou en tant que social-démocrate vous avez réalisé un bon score à 14 % ça vous situe dans l'histoire de la 5e République plutôt à les petits âges bas de ce qu'est l'histoire de cette formation et de cette tendance politique. Merci Jean-Daniel Lévy d'être venu sur le plateau de Quotidien.
[applaudissements]
Bon courage pour cette campagne, on sera peut-être amené à à nous revoir je pense. Merci [applaudissements] beaucoup. Quotidien est toujours avec Isabelle Huppert, Anne-Marie Vin, Sandrine Kiberlain.