Macron : la reprise en main #cdanslair 24.06.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 2:05OuverteÉludée
Emmanuel Macron est-il derrière toutes ces décisions, le remaniement, les postes clés au gouvernement et à l'Assemblée ?
- 5:46OuverteRéponse partielle
Pourquoi avoir choisi Richard Ferrand comme président du groupe parlementaire LREM ?
- 8:17OuverteRéponse partielle
Pourquoi Benjamin Griveaux, proche de Macron, a-t-il été placé auprès de Bruno Le Maire ?
- 11:35OuverteRéponse partielle
Pourquoi Macron reste-t-il si discret dans les médias malgré son pouvoir ?
- 14:55FerméeRéponse directe
Le président a-t-il voulu retenir François Bayrou malgré les affaires ?
- 17:58OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron veut-il tous les pouvoirs, y compris sur la défense ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 2:13InvitéFait
« C'est bien sûr le président qui est en train de mettre en place un système pyramidal, parce que c'est bien de cela dont il s'agit, qui part de lui-même, de l'Elysée, du nombre important de collaborateurs, parce que c'est la diète pour les ministres. »
- 9:32PrésentateurFait
« Il a des pouvoirs, j'allais dire, à nul autre pareil sous la Vème République. »
- 10:05PrésentateurFait
« Emmanuel Macron est encore plus puissant que le général de Gaulle. »
- 12:31InvitéFait
« Il part, dit-il, pour ne pas exposer davantage Emmanuel Macron et pour sauver sa loi de moralisation de la vie publique. »
- 18:33InvitéFait
« Ils tiennent leur élection au fond de la volonté d'un homme, de l'identification à un projet qui est celui d'En marche et l'identification à un homme qui est Emmanuel Macron. »
- 22:08InvitéFait
« C'est, bien sûr, leur attachement, en effet, au libéralisme économique. Un certain attachement au libéralisme culturel. Et puis, tout de même, une demande de démocratie. »
- 28:44InvitéFait
« le parti doit rester dans l'opposition, comme le souhaite la motion majoritaire. »
- 36:54PrésentateurFait
« le PS d'Épinay, on le sait est mort, pas les idées sans doute elles survivront. »
- 46:07InvitéFait
« il interpelle Emmanuel Macron pour lui demander d'introduire du protectionnisme économique. »
Temps de parole
- Présentateur49 %
- Invité21 %
- Invité 215 %
- Invité 34 %
- ?3 %
- Invité 43 %
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Cette fois, tout est prêt, tout est en place. Après quasiment un an de campagne électorale, primaire, présidentielle, législative, il est temps de passer à l'action. Le gouvernement a été remanié, plus profondément qu'on l'imaginait, notamment à cause de l'affaire du Modem et du cas Ferrand. Et la nouvelle Assemblée nationale s'apprête à siéger pour la première fois. Ce sera mercredi. En attendant, l'énorme groupe parlementaire République En Marche s'est réuni. On voit la photo d'ailleurs. Aujourd'hui, ils sont 308 et ils ont désigné, comme prévu, Richard Ferrand pour être leur patron dans l'hémicycle. À droite, c'est la confusion.
Une partie des députés Les Républicains a décidé de faire bande à part. Les constructifs, c'est leur nom, s'allient aux centristes de l'UDI et devraient voter bon nombre de lois proposées par le gouvernement. À gauche, le PS devrait s'afficher dans l'opposition en refusant de voter la confiance au Premier ministre, tandis que la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon se prépare à animer bruyamment les premiers débats à l'Assemblée. Tout ça sous l'égide d'Emmanuel Macron, plus que jamais aux commandes. Cette semaine politique a clairement ressemblé à une reprise en main. On en parle avec nos invités.
Pascal Perrineau, vous êtes politologue, professeur à Sciences Po, spécialiste de la sociologie électorale en France et en Europe. Et vous venez de publier cette France de gauche qui vote FN aux éditions du Seuil. Nathalie Saint-Cricq,
vous
êtes chef du service politique de France 2. Et vous co-animez tous les dimanches le rendez-vous politique de France Inter. Question politique. Mathieu Croissandeau, vous êtes directeur de la rédaction de l'Obs. En une de votre magazine cette semaine, La Bombe Bayrou enquête sur les affaires du Modem. Jean Garrigue, vous êtes historien, spécialiste de la vie politique.
Vous
présidez le comité d'histoire parlementaire
et
politique. Bonsoir à tous les quatre. Merci beaucoup de participer à cette émission. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet. Bon, on ne
l
'a quasiment pas vu de la semaine, mais aucun doute, c'est bien Emmanuel Macron qui est derrière toutes ces décisions, le remaniement, les postes clés au gouvernement, mais aussi à l'Assemblée. C'est le président qui était à la manœuvre ?
Pascal Perrineau.
L'homme de l'ombre. Enfin, on ne peut pas parler d'ombre. Mais c'est bien sûr le président qui est en train de mettre en place un système pyramidal, parce que c'est bien de cela dont il s'agit, qui part de lui-même, de l'Elysée, du nombre important de collaborateurs, parce que c'est la diète
pour
les ministres. Ça ne l'est pas pour le président. Il y a une quarantaine de collaborateurs de haut niveau autour du président. Ensuite, on voit bien comment le lien Elysée-Matignon s'est renforcé, avec un œil du président, puisque vous savez qu'une partie des collaborateurs sont communs maintenant au président et au Premier ministre. Donc c'est un Premier ministre
sous
une forme de surveillance. Ensuite, on l'a vu dans le romaniment, une tutelle forte sur les ministres. On a vu apparaître, d'ailleurs, parmi les ministres, j'allais dire des jeunes de la garde vraiment rapprochée, du président, par exemple, Benjamin Griveaux. Et puis ensuite, c'est aujourd'hui, se met en place le contrôle du groupe parlementaire sous la tutelle de l'homme qui a été au cœur de la République en marche et de la machine,
je
n'ose parler partisane, mais enfin, c'est bien en train de devenir le parti du président, à savoir Richard Ferrand. Et aujourd'hui, on le renvoie certainement à ces jeunes entrants, puisque vous savez qu'on n'a jamais eu un parlement dans lequel il y
a
eu un tel renouvellement, eh bien, les éléments de langage et peut-être les éléments de discrétion nécessaire au fonctionnement de quoi ? Au fonctionnement du parti, du président. Parce que quand on a un groupe aussi important, plus de 300 députés, les couacs ne viennent pas forcément des oppositions, on le verra tout à l'heure, très diversifiées, très affaiblies, des petits groupes. Quand c'est un groupe conséquent comme l'ELR,
c
'est déjà un groupe divisé. Les couacs peuvent venir de l'intérieur. Et là, il y a la volonté, certainement, de ce président hyper-président. Parce qu'au fond, qu'est-ce qui se réinvente sous nos yeux ? C'est une forme d'hyper-présidence. On avait utilisé le terme pour Nicolas Sarkozy, mais là,
il
y a bien une hyper-présidence. Alors, on pourra rentrer dans le détail pour voir ce qui est similaire et ce qui est différent.
Voilà. Mais ce que j'allais dire,
c
'est, au fond, est-ce que c'est si exceptionnel ? Tous les présidents qui viennent d'être élus n'ont pas envie de tout mettre à leurs mains ?
Oui. Ce qui est exceptionnel, c'est que pour quelqu'un qui était censé être loin de la politique politicienne et pas du tout à se mettre les mains dans le cambouis,
c
'est l'un des présidents les plus politiques qu'on puisse connaître. C'est-à
-dire
qu'il décide de tout, il fait tout, y compris quelque chose d'un peu surprenant, notamment dans la séparation des pouvoirs, c'est que le président du groupe législatif soit désigné dans le bureau de l'exécutif. Alors, ça, c'est la première chose très étonnante
pour
ceux qui verraient les choses à l'extérieur. Ensuite, on voit quand même qu'il a beaucoup appris de Nicolas Sarkozy et de François Hollande,
c
'est-à-dire de cette espèce de,
non
pas de laisser aller, mais de, de parler quoi que successif qu'on a eu pendant le quinquennat. Et puis, ils ont une formule qui est très amusante, c'est qu'ils disent, enfin, qui vient de M. Delevoye, qui dit qu'il ne demande pas de l'obéissance, mais de la fidélité. C'est très intéressant, ça sera intéressant de voir dans les semaines qui viennent où on se met là, où est la frontière entre l'obéissance. Et c'est vrai, quand on voit tout à l'heure la désignation de Richard Ferrand à main levée, c'est-à
-dire
qu
'il y a
quand même quelques-uns qui ont demandé si par hasard, pour ne
pas
faire trop Corée du Nord, il pouvait y avoir un autre candidat et si par hasard on pouvait faire éventuellement par bulletin secret, eh bien non, pas de discours de Richard Ferrand, ils ont tous voté, il
y
a
eu
deux abstentions, je crois, sur 300. Donc là, c'est en marche. On va voir si le verrouillage est aussi efficace. On comprend qu'il veuille le faire. Après, on va voir si ça va tenir et si ce n
'est
pas un petit peu excessif.
Arrêtons-nous sur deux cas qui ont été cités à l'instant, Richard Ferrand et Benjamin Griveaux. Alors pour Richard Ferrand, Mathieu Croissandeau, c'est un poste très important et là, on a effectivement le sentiment président du groupe parlementaire République en marche à
l
'Assemblée. Ça s'est décidé tout à l'heure. C'est quand même un signal là aussi. Mais c'est surtout d'une pierre deux coups parce qu'il fallait quand même avoir un poste pour exfiltrer Richard Ferrand. On sait qu'il avait été mis en cause dans la gestion des deniers de la mutuelle qu'il dirigeait en Bretagne. Et puis, il fallait surtout avoir un homme qui soit dans la main du président, en tout cas très très proche de lui, à la tête du groupe. Donc voilà, ça a permis de sortir Ferrand du gouvernement en le mettant là. Ce qui est une bonne chose, ce
qui
est assez inédit comme le soulignait Nathalie, c'est vrai que ce soit le président de la République qui dédigne. On sait qu
'il
y a toujours des discussions. Mais c'est normal au fond parce que ce n
'est
pas un parti en marche. Il n
'y a
pas de courant, il n
'y a
pas de famille à l'intérieur. C'est assez curieux parce que ce président qui ne voulait pas être, quand il était ministre, l'obligé de François Hollande a créé des obligés autour de lui. Leur maniement de ce point de vue-là est assez symbolique parce que pour poursuivre ce que disait Pascal Perrineau, il est tout puissant d'autant plus qu'il n'y a plus de poids lourds politiques des
experts
et des proches qui donneront le meilleur. Mais il n'y a plus de personnalité qui ait une forme d'autonomie politique qui construit un parcours politique seul qui puisse avoir des discussions sur la ligne, qui puisse réclamer des arbitrages. Là, on a vraiment des ministres qui sont là pour s'occuper de la tâche qui leur a été confiée et celle la seule et qui correspond en plus très souvent à la carrière qu'ils ont menée. Donc on ne va pas du tout être dans un gouvernement où il y aura des débats politiques, des petites phrases, des choses comme ça.
On
est dans un système managérial qui ressemble à celui d'une entreprise avec un président du conseil de surveillance et un directoire. Le directoire étant le Matignon. Et tout est structuré comme ça avec des chaînes de décisions très courtes avec très peu de collaborateurs,
c
'est vrai, dans les cabinets des ministres avec un autre étage auquel il va falloir s'intéresser désormais qui sont les directeurs d'administration centrale,
c
'est-à
-dire
les plus hauts fonctionnaires français, il y
en
a à peu près 200, on sait bien, qui sont parfois plus puissants que les ministres. On l'a souvent dit à Bercy, le directeur du Trésor a une importance considérable. Là, Macron leur a envoyé un signal très fort, vous vous mettez en ligne, vous faites ce qu'on vous dit, évite, parce qu'il se souvient qu'au moment de la loi Macron, il avait réclamé que les décrets d'application soient publiés très vite et ça avait mis en fait beaucoup plus longtemps que prévu. Là, il veut aller très vite. Donc c'est tout le monde en marche pour le coup, en marche, en file plutôt.
Parmi les nouveaux ministres, alors Benjamin Griveaux, c'est un nom qui ne dit pas forcément grand-chose au grand public, c'est quelqu'un de très proche d'Emmanuel Macron. Alors justement, pour rebondir sur ce qui vient d'être dit, ce qui est frappant, c'est que Benjamin Griveaux, qui est un très proche, qui incarne cette nouvelle génération Macron justement, on l'a mis comme secrétaire d'État auprès de celui qui aurait pu être ce fameux poids lourd du gouvernement, Bruno Le Maire.
Et on voit bien, ça c'est une stratégie d'ailleurs assez courante, enfin courante sans exagérer, mais qu'on a déjà vue sous la Vème République, qu'on place un homme comme ça, qui est fidèle du président de la République, auprès d'un ministre qui pourrait avoir des vérités d'autonomie, d'indépendance ou de fidélité auprès du Premier ministre lui-même. Et là, on voit très bien en œuvre le dispositif d'Emmanuel Macron.
Alors je ne parlerai pas d'hyper-présidence parce que l'hyper-présidence renvoie à la présidence de Nicolas Sarkozy qui avait fait de son Premier ministre un collaborateur et qui, au contraire d'Emmanuel Macron, ne prenait pas du tout de distance vis-à-vis de l'événement du quotidien qui était toujours à réagir tel un Premier ministre, tandis que la structure qu'Emmanuel Macron a choisie est différente. Mais en revanche, ce qui est vrai, c'est qu'il a des pouvoirs, j'allais dire, à nul autre pareil sous la Vème République.
Et lorsqu'on pense par exemple à la désignation du président de groupe, même le général de Gaulle n'avait pas pu imposer, alors ce n'était pas le président de groupe, c'était le président de
l
'Assemblée nationale, le général de Gaulle voulait au début de son mandat que ce soit Paul Reynaud qui préside l'Assemblée nationale, je vous renvoie à un passé assez lointain, mais c'est finalement Jacques Chabon-Delmaz qui s'était imposé en étant soutenu par la majorité du groupe gaulliste. Donc au fond, Emmanuel Macron est encore plus puissant que le général de Gaulle. Voilà une phrase qui tombe à l'instant sur le plateau de ses dents l'air. Il est extrêmement puissant, on l'a compris en ce début d'émission, mais il est extrêmement discret et muet quasiment dans les médias. Un
télésyncrique. Pourquoi d'ailleurs ? D'abord parce qu'il y a intérêt probablement, ensuite parce qu'il les éloigne volontairement, contrairement à un François Hollande qui avait une sorte de passion pour les journalistes et je précise pour les journalistes politiques, peut
-être
qu'il avait raté sa vocation. Dès qu'on lui posait une question, qu
'on
s'approchait de lui, il répondait. Là, dans les déplacements, moi je ne les fais pas, mais les journalistes de mon service, comme j'ai Vittemberg ou Maurice Burgot, quand ils se déplacent avec Emmanuel Macron,
il
y avait notamment un déplacement il y
a
quelques jours où les journalistes étaient à une centaine de mètres et c'était dans un lycée agricole, il y avait des lycéens, il y avait des enseignants,
il
y avait des agriculteurs. Il a fait son speech et après il a demandé aux gens s'ils avaient des questions, s'ils avaient des questions à lui poser, donc ils lui ont posé des questions et les journalistes étaient là en regardant, on
se
demande si un jour il pourrait dire quelque chose.
C
'est assez bien joué pour l'instant. Alors après, je pense qu'il va doser son retour vis-à-vis des journalistes, qu'il reparlera, mais avec cette volonté toujours qu'on avait déjà, dont on avait parlé, de choisir plutôt des spécialistes, c
'est
-à
-dire
qu'il a plutôt envie de parler avec des journalistes d'éducation, de défense, de politique étrangère et il ne veut plus de politique politicienne. Il considère que les petites phrases, les commentaires et ça va avec ce que disait Mathieu sur la composition de son gouvernement, des techniciens, des experts, quand on les rencontre, ils ne parlent pas de politique, ça ne les intéresse absolument pas, ils veulent parler de leur dossier et c'est peut-être très bien, mais tout ce qui était l'espèce d'écume, ce petit plaisir de politique politicienne de savoir, c'est terminé.
En tout cas, quelle semaine ? Trois poids lourds du gouvernement qui s'en vont, François Bayrou, Sylvie Goulard et Marielle de Sarnez, sans oublier Richard Ferrand, recasé à l'Assemblée et un nouveau gouvernement encore plus macroniste avec l'arrivée de proches du président. Thomas Jarion, Barbara Aztec et Ariane Morrison. 306 voix pour, deux abstentions. Sans surprise, il est sur toute
considération
personnelle. Le lendemain, Marielle de Sarnez et François Bayrou, les deux autres ministres modem, eux aussi concernés par l'affaire, quittent à leur tour le gouvernement. L'éphémère garde des Sceaux assure que c'est un choix personnel. Il part, dit-il, pour ne pas exposer davantage Emmanuel Macron et pour sauver sa loi de moralisation de la vie publique. On devinait bien que le débat qui se prépare au Parlement
allait
par ces polémiques être détourné de son sens. Or, c'est une loi à laquelle je tiens beaucoup,
à
laquelle j'ai beaucoup donné
et
il se trouve
que
j'accorde plus de prix au but à atteindre,
à
l'œuvre que nous avons à construire
qu
'à mon rôle personnel au titre, au privilège et au galon.
Ce
qui devait être un remaniement technique après la victoire aux législatives devient un remaniement politique de grande ampleur.
Ce
sont 11 nouveaux membres qui intègrent le gouvernement, des experts, aucun poids lourd de la politique et une arrivée remarquée des macronistes, Benjamin Griveaux en tête. Porte-flingue attitrée du président, il arrive à Bercy comme secrétaire d'État, aux côtés de Bruno Le Maire.
Moi,
je suis très heureux d'avoir Benjamin Griveaux comme secrétaire d'État. Je pense qu'il va m'apporter beaucoup, plein de choses qu'il connaît que je ne connais pas. Il a une expérience dans le secteur privé que je n'ai pas. Donc je pense qu
'on
va faire un tandem très solide.
Si
Emmanuel Macron était à la manœuvre pour gérer le remaniement, il s'est en tout cas montré très discret. Lors du premier conseil des ministres, il a tout de même eu un mot pour les partants, des propos rapportés par son porte-parole.
Il
a voulu réévoquer celles et ceux qui ont quitté le gouvernement ces jours-ci, qui ne sont pas aujourd'hui au conseil des ministres, en indiquant qu'ils avaient servi loyalement et qu'il voulait leur redire à la fois son soutien, sa confiance. Et il a rappelé que la vie politique était longue.
Elle
peut être cruelle, mais chacun sait qu'elle est longue.
Le
président cadenas sa parole publique, refusant de répondre directement aux questions sur cette crise politique. Son terrain de jeu favori reste l'international, hier encore, il s'est affiché aux côtés d'Angela Merkel à Bruxelles.
Nous
allons travailler sur la lutte contre le terrorisme, sur les sujets de migration.
S
'il veut apparaître comme étant au-dessus de la mêlée, il n'est pourtant pas épargné par la nocivité des affaires.
Selon
un récent sondage, il aurait perdu trois points de popularité chez les Français, retombant à 59% d'opinions favorables.
J
'aimerais qu'on revienne un instant sur l'opération Bayrou. Est-ce qu'avec quelques jours de recul, on en sait un petit peu plus sur ce qui s'est passé ? Le président a-t-il voulu retenir François Bayrou
? Non,
je ne crois pas.
Je
ne crois pas. Pour différentes raisons, cette enquête préliminaire rappelle d'autres enquêtes préliminaires, en particulier celle qui a été engagée contre les assistants parlementaires du Front National. Il y a un véritable dossier sérieux, ce n
'est
pas simplement de la polémique, comme vient de le dire François Bayrou dans sa conférence de presse. Il y a un vrai dossier. Et comme c'est la première mesure, c'est comme ça que la présidence Macron rentre en politique, il y avait sur ce dossier de la moralisation de la vie politique le besoin d'envoyer un message clair et non pas de commencer par un brouillage qui est un brouillage majeur. D'autre part, on l'a vu dans ses premiers pas au gouvernement, il y avait un poids lourd. C'était en effet le garde des Sceaux, François Bayrou, qui comptait bien, on l'a vu dans l'affrontement avec le Premier ministre, qui comptait bien faire entendre son petit champ particulier.
Et
bien sûr, dans ce que l'on vient de décrire, c'est-à-dire cette volonté d'hégémonie présidentielle, tout simplement, François Bayrou faisait tâche parce qu'on sait que François Bayrou, c'est un tempérament
et
un poids lourd. Un tempérament et un poids lourd dans ce type de gouvernement, eh bien voilà, il est mieux en dehors.
Mathieu Croissando, vous avez décrit déjà la situation de ce nouveau gouvernement, ce côté managérial. Il y a un autre aspect qui transparaît, c'est qu'on a le sentiment que le président veut rester le vrai patron de chaque dossier. Je prends l'exemple de la défense, les armées. Florence Parly qui est nommée, est-ce que ce n
'est
pas le signe que le vrai patron de la défense sera lui ? Alors là, c'est très insignificatif parce que pour le coup, ce n
'est
pas une spécialiste de l'armée.
Alors
que sur les autres ministères, on a des spécialistes. Là, sur un ministère,
un
portefeuille qui est évidemment très régalien, il le prend pour lui. Ce
n'est
pas un hasard qu'il ait appelé milice des armées parce que lui est chef des armées donc ça montre bien que c'est de lui que ça dépend. Et puis Florence Parly était connue pour avoir été secrétaire d'État au budget et puis avoir une petite carrière au Parti socialiste sur des lignes d'ailleurs qui sont assez différentes. Il faut se rappeler qu'en 2008, elle rejoignait Marie-Noëlle Lindemann et Paul Quilles, ancien ministre de
la
Défense pour le coup, mais qui était une ligne sans doute beaucoup plus à gauche que celle que défendra aujourd'hui Emmanuel Macron. Donc oui, il veut tous les pouvoirs, oui, il va l'exercer, ce qui lui confère une immense responsabilité aujourd'hui parce que si ça ne marche pas
pour
le coup, ça sera de sa faute. Il ne pourra pas invoquer ni la croissance puisqu'on voit qu
'il
y
a
quelques signes de reprise, ni une majorité qui aurait été confuse, brouillonne ou agitée puisqu'il a un groupe parlementaire qui le soutient et qui dispose à lui seul de la majorité absolue, ni une opposition qui leur ait mis des bâtons dans les roues, on le verra, elle va compliquer la vie au Parlement mais elle n'a pas les moyens de contrecarrer les projets du Président. Donc là, il n'aura plus d'excuses évidemment s'il n'arrive pas à faire et à mener à bien son projet, il ne pourra en tout cas s'en prendre qu'à lui-même ou aux personnes qu'il a choisi.
Question SMS, pour le moment, presque aucun faux pas dans le parti d'Emmanuel Macron, tout le monde a l'air de s'accorder, cela peut-il durer ? Tout à
l
'heure, Nathalie Saint-Cric racontait effectivement le vote à main levée pour désigner Richard Ferrand comme patron du groupe parlementaire. Tout le monde est au garde à vous là pour l'instant ? C'est-à-dire qu'ils tiennent quand même
plus
encore que d'autres majorités qui ont pu être absolues dans le passé, ils tiennent leur élection au fond de la volonté d'un homme, de l'identification à un projet qui est celui d'En marche et l'identification à un homme qui est Emmanuel Macron. Il n'était que de voir la campagne législative où tous les portraits des candidats figuraient avec ceux d'Emmanuel Macron. Les majorités absolues qu'on a connues auparavant, y compris celles de François Hollande, on voit à quel point elles étaient divisées parce qu'elles étaient le fruit d'accords de clans, d'accords de courants dans les partis ou d'accords entre des partis comme Naguère, le RPR et l'UDF.
Tandis que là, vous avez un parti qui est homogène, qui vient de la plateforme En Marche et qui vient essentiellement de la volonté jupitérienne d'Emmanuel Macron. Donc vous avez une docilité particulière vis-à-vis de ce créateur de majorité, d'autant plus que beaucoup de ces hommes politiques-là n'ont pas beaucoup d'expérience, sont des néophytes. Donc enclin évidemment à une sorte de soumission. En revanche, le temps va passer. Peut-être que vont se révéler aussi des personnalités, que des sensibilités vont se... Des
débats sur les sociétés sensibles ? Des débats sur les sociétés sensibles.
D'autant qu'a priori, le discours macronien les pousse à ce débat. Il s'agit de... Et c'est toute l'ambiguïté de Macron qui est à la fois verticale mais aussi horizontale. Il pousse au débat démocratique. qu'on va refaire ce qu'on a fait dans En Marche. Non mais, ça fait partie des éléments de langage, j'allais dire, de Macron. Je ne dis pas que c'est une réalité mais en tout cas, ça fait partie d'une espèce de contradiction entre ce besoin d'autorité absolue et puis cette volonté de participation démocratique. Nathalie Saint-Cricq.
Moi, je pense qu'il veut tout.
Il
veut concentrer tous les pouvoirs.
Il
prend des gens qui sont effectivement... La version sympathique, c'est de dire des néophytes et des gens qui n'ont pas la culture des partis politiques. Il suffit de voir
ce
qui se passe au Parti Socialiste depuis des mots ou ce qui se passe encore cet après-midi où il y a la sous-tendance face à d'autres sous-tendances où ils adorent se battent. Non, là, ceux-là, ce n
'est
pas du tout ça. Ce n
'est
pas du tout le genre. Ce n
'est
pas cette culture de parti où on aime bien les débats idéologiques. Ils sont contents d'être là. Effectivement, ils y sont arrivés grâce à Emmanuel Macron. Alors, ils ont le droit de s'exprimer sans doute. Et puis, une fois qu'ils sont exprimés, ils y vont et on ne leur demande pas forcément leur avis. Donc, c'est effectivement quelque chose qui devrait quand même marcher un certain temps parce que le temps qu
'il
y
a
une rébellion... Et puis, pour qu
'il y
ait une rébellion, il faut qu'il y
ait
des cadres qui organisent cette rébellion. Il y en a chez les socialistes, il y en a chez les républicains. Là, pour l'instant, ils sont aussi une population...
Ça peut venir.
Bien sûr, mais on ne le souhaite pas spécialement.
C'est long, 5 ans. Ça
peut venir et ça viendra normalement. Mais leur souci d'efficacité, de productivité un peu dans une logique d'entreprise fait qu'ils veulent travailler et obtenir des résultats.
Expliquez-nous, le
séminaire des nouveaux députés, ça sert à quoi
?
Ça sert à ce qu'ils se rencontrent, ils sont tellement nombreux. Ça sert probablement à... C'est des trucs qu
'on
fait dans les entreprises aussi. Vous savez, quand on est obligé de passer un week-end avec des gens qu'on voit toute l'année et tous les jours pour donner une espèce de dynamique de groupe, c'est une méthode...
C'est une différence
près qu'ils ne se sont pas vus toute l'année.
Puisque précisément, l'idée, c'est d'instaurer une forme d'esprit d'équipe et de faire connaissance. C'est pour faire du lien social, j
'imagine. Mais ce n
'est
pas plus que ça. Et puis pour désigner... Faire connaissance du Premier ministre aussi. Voilà.
Du chef de la majorité. Parce que le chef de la majorité, c'est le Premier ministre. Cette majorité. Oui. Alors, Pascal Perrineau.
Mais on voyait bien, tout de même, c'est vrai qu'il n'y a pas, contrairement aux autres, beaucoup de référents idéologiques comme à gauche ou à gauche de la gauche. Beaucoup d'histoires organisationnelles passées comme à droite. Mais il y avait une vague, tout de même, idéologie dans la campagne de Macron et dans le groupe
de
députés qui vient d'être élu. C'est, bien sûr, leur attachement, en effet, au libéralisme économique. Un certain attachement au libéralisme culturel. Et puis, tout de même, une demande de démocratie. Il dénonçait, en effet, des appareils politiques qui avaient fait mal vivre la démocratie. Et là, on voit apparaître le début d'une tension, le début d'une contradiction. Comment ces hommes et ces femmes, plus de 300, qui se sont beaucoup battus pour instaurer de nouveaux modes d'expression démocratique ? Souvenez-vous, il
y
a quelques semaines, on nous présentait La République en marche comme un vrai réseau démocratique face à des partis qui n'avaient que les apparences de la démocratie. Or, là, on découvre peu à peu, alors c'est peut-être la contrainte du système présidentiel, le vécu présidentiel de ce jeune président Macron. On découvre, en effet, une atmosphère qui est plutôt une atmosphère, alors, entrepreneuriale au mieux,
militaire, j'allais dire, ou martiale au pire.
Donc, il risque d'y avoir des tensions. C'était intéressant. On voyait ce député tout à l'heure dans Marche qui, à la sortie du séminaire et du vote pour Richard Ferrand, disait, ça aurait été bien tout de même qu'il y ait une femme. Donc, on voit, on commence à avoir quelques signaux faibles, non pas d'une révolte, bien sûr, et puis il ne
faut
pas espérer que ce groupe, d'ailleurs, va être traversé par de multiples révoltes, mais on sent le début, ici et là, d'une frustration, surtout que ce sont, j'ai regardé la composition du groupe, beaucoup de professions intellectuelles, de cadres, sont des gens diplômés, sont des gens exigeants, sont des gens qui peuvent être assez ennuyants aussi pour un pouvoir qui cherche à être trop vertical. Donc, il faut attendre quelques semaines ou quelques mois avant de
se rendre compte de l'efficacité.
Il
y a peut-être des
emmerdeurs, si
vous me permettez l'expression, potentiellement... D'abord, il
faut qu'il y ait des emmerdeurs dans tout groupe humain parce qu'il faut des contre-pouvoirs. Tout de
même,
Emmanuel Macron, dans sa campagne, très souvent, mettait en avant l'idée que la démocratie, c'était un pouvoir et des contre-pouvoirs. On voit très bien le pouvoir,
c'est où les
contre-pouvoirs ?
Mathieu Croissandeau,
ils sont où les contre-pouvoirs ? Pour qu'il
y
ait
des contre-pouvoirs dans ce groupe, il faudrait qu'il y
ait
des débouchés politiques. Alors, pour l'instant, il n
'y a
pas d'autre débouchés politiques que de soutenir le président. On verra. Peut-être que dans l'histoire naissante de ce groupe, des personnalités vont émerger, des familles de pensée vont se reconstituer, mais actuellement, ça n'est pas possible. Qu'est-ce qui explique que dans les autres groupes, ça explose ? C'est parce que vous avez un tel qui, en gros, veut prendre la place d'un tel ou espère renverser un tel au prochain congrès. Il
y a
des traditions et tout ça qui, évidemment, incarnent des familles de pensée, comme on le disait. Ça, ça n'existe pas aujourd'hui puisque le corpus même macronien, on ne le connaît pas. Il n
'y a
qu'Emmanuel Macron qui en a dessiné à grands traits les lignes à venir dans son projet présidentiel, mais on n'a pas encore ce réflexe partidaire qui fait qu'un député socialiste peut, sur n'importe quel sujet, réciter une forme de catéchisme socialiste qu'il a entendu depuis 20, 30 ans ou qu'un député républicain peut faire la même chose de l'autre côté. Pour poursuivre ce que disait Pascal, Emmanuel Macron n'est pas un président qui tournera la page de la Ve République du tout. Ce n
'est
pas la VIème République avec Emmanuel Macron, c'est qu'on retourne aux sources de la Ve avec un parti présidentiel et une respiration, je parle sous le contrôle de Jean bien sûr, très très gaulliste, gaullienne de l'exercice du pouvoir. Donc oui, ça a été un formidable mouvement de fraîcheur, ces ateliers participatifs où chacun pouvait inspirer le projet, donner des idées, cette structure très très horizontale se heurte à une pratique extrêmement verticale du pouvoir. Alors on verra si ça marche dans les deux sens, si les idées remontent ou pas, mais on est vraiment dans les canons de la Ve. Nathalie Saint-Cricq, qui est au perchoir ? Qui va présider l'Assemblée nationale ?
C'est un poste extrêmement important.
Alors
là, ce ne sera
pas un job facile à mon avis, cette fois
-ci. Il
était question d'une femme. Il y
en
a deux, je crois, qui sont candidates. François de Rugy est candidat aussi. C'est Catherine Bourguignon, c'est ça qui est candidate. Alors comme il y a pas mal de femmes dans le gouvernement, peut-être que ça n'ira pas jusqu'au bout, mais effectivement, c'est très important comme rôle. Ce qui sera amusant, c'est la gestion des débats quand Mélenchon ira à
la
tribune ou Marine Le Pen. Mais tout ce qu'il
y
a autour du président de groupe,
c
'est
-à-dire
les autres postes, que ce soit les caisseurs, les présidents de commissions, ça aussi, ça sera très intéressant de voir qui gère les différentes présidences. Ça sera moins emblématique que la présidence de l'Assemblée nationale, mais ça sera extrêmement intéressant de voir si c'est des verrouilleurs et surtout si ce sont des vieux députés. Et ça sera des vieux députés qui connaissent l'Assemblée, ce qui est quand même le minimum.
Et
à mon avis, les petits jeunes, les petits en marche qui arrivent, on les mettra autour de la table et la présidence, ça sera des socialistes passés en marche, mais comme d
'ailleurs... –
Mais non, pardon, vous coupez juste sur la présidence de l'Assemblée.
Ça
va se passer comme pour Richard Ferrand ? C'est-à-dire que c'est...
–
Ah non, là, il
y a
déjà des candidats. Alors déjà, ça sera mieux.
–
Donc on l'a dit, François de Rugy, donc l'ancien ministre
écologiste. – J'ai oublié le... – Madame
Bourguignon.
– Voilà.
Et alors notre problème à nous,
c
'est comme il y
a
tellement de gens nouveaux, c'est qu'on ne les connaît pas. Donc au
final,
vous, on a du mal à retenir leur nom et je sais que... – Sophie
Errente,
je crois, a pris partie de... – Vous
êtes très bon.
– C'est l'oreillette qui est très bonne aussi. Quand vous disiez que ça ne
serait
pas pareil,
c
'est que là,
il
y aura un vote, ça sera un vrai vote, ça ne
va
pas se passer à main levée comme on l'a
fait. – Non, non. – Mais il
est élu, le président de l'Assemblée.
– Il est vraiment élu. –
Bien.
– Cela dit, le président de la République, il aura son mot à dire dans l'implication, l
'infusion qu'il va donner à ce vote. –
Il
peut y avoir des consignes. – Il y aura des consignes.
– Il
y
aura
des consignes. Et je disais que ce sera un job difficile parce qu'il y a, et on va en parler dans quelques instants, évidemment, des nouveaux députés, je pense à Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, qu'il faudra, évidemment, maîtriser dans l'hémicycle. À quoi va ressembler l'opposition ? Le PS doit décider s'il vote ou non la confiance au gouvernement, sauf surprise, ce sera non. À droite, une vingtaine de députés, les Républicains, ont rejoint les centristes de l'UDI pour créer un nouveau groupe. Les constructifs gauche et droite sont déboussolés. Myriam Zéard, Gladys Lafitte, Arnaud Fora et David Lemarchand.
Il
y a des réunions de familles plus difficiles que d'autres. Conseil national du Parti socialiste, cet après-midi à Paris.
Près
d'une semaine après la claque des législatives, le temps est aux retrouvailles.
–
Quel plaisir de
vous. –
Pour voter la confiance.
–
Et
aux explications. Au programme, la position que devront adopter les députés PS face au vote de confiance le 4 juillet prochain. Pour le futur ex-premier secrétaire, les choses sont claires, le parti doit rester dans l'opposition, comme le souhaite la motion majoritaire.
La
majorité s'est réunie ce matin et elle va préconiser au Conseil national
un
vote de clarification
et
avec Emmanuel Macron
et
avec Jean-Luc Mélenchon.
L
'idée que nous ne serons pas dans la majorité présidentielle
et
donc que nous voterons pas la confiance.
Au
sein du parti, difficile de se mettre d'accord sur ce vote de confiance.
Trois
lignes s'opposent, les contre, les pour, invisibles cet après-midi et ceux qui prônent l'abstention comme Patrick Cannaire, ancien ministre du gouvernement Valls.
Ma
petite personnelle, je ne suis ni en marche
ni
en marge. Donc soyons intelligents par rapport aux enjeux qui sont devant nous.
Bref, rétablir l'unité semble bien compliqué.
Nous
avons des divisions que vous connaissez, qui sont profondes, qui ont amené la gauche là où elle est aujourd'hui et donc nous allons entamer un processus de convergence entre nous qui va prendre du temps. Et le temps, ce n
'est
pas 15 jours, c'est des mois, voire des années.
Grand
absent cet après-midi, Manuel Valls, l'ancien Premier ministre, réélu député sans étiquette, serait de son côté à la recherche d'un refuge.
Un
nouveau groupe dit Macron compatible pourrait se former sous l'impulsion du député ex-socialiste, Olivier Falorni.
Des
discussions seraient en cours avec Sylvia Pinel
ou
encore Yves Gégaud et Laurent Hénard du Parti Radical ainsi qu'avec l'écologiste François-Michel Lambert.
L
'hémicycle, lieu de toutes les divisions, y compris à droite. Mercredi, effervescence dans les jardins de l'Assemblée.
Ce
jour-là, le Palais Bourbon continue d'accueillir ses nouveaux députés.
On est dans la salle des quatre colonnes, je crois, qui est la salle de rencontre avec les journalistes.
Pendant que non loin, un air de front se joue du côté du groupe Les
Républicains.
C
'est désormais officiel, la famille est coupée en deux.
Nous avons décidé de travailler ensemble à la construction donc d'une nouvelle force parlementaire à travers la constitution d'un groupe parlementaire qui s'appellerait le groupe Les Républicains constructifs UDI et indépendants.
Constructif,
un
nouvel adjectif qui ne passe pas du tout auprès des Républicains
tout
court. Comment expliquer que le premier acte de ceux qui se baptisent constructifs
soit
d'être destructifs parce que la division c'est destructeur ? Si la justification
c
'est cette idée aussi nouvelle ébouriffante inattendue
que
de dire que lorsqu'un texte est bon un projet de loi est utile il faut le voter et bien là nous sommes tous d'accord.
La
réplique du parti elle aussi ne tarde pas. A l'issue du bureau politique réuni l'après-midi même Bernard Acoyer secrétaire général met en garde contre la division.
L'inscription à un autre groupe que celui des Républicains équivaudrait à une prise de distance vis-à-vis de notre famille politique. Nous incitons fortement nos collègues députés à rester au sein du groupe des Républicains.
Pas
de sanctions proprement dites
mais
une cacophonie qui devrait se confirmer mardi
à
l'occasion de l'ouverture d'une nouvelle session parlementaire
où
les différents groupes de l'hémicycle seront désormais officiels.
Oui
alors comme l'opposition est atomisée on a compté il va y avoir 7 ou peut-être 8 groupes parlementaires à
l'Assemblée c'est du jamais vu non
?
Non c'est jamais vu c'est l'opposition façon puzzle voilà en effet les partis la défaite est d'une telle ampleur à droite et à gauche que tous ces partis toutes ces forces politiques extrêmement anciennes sont rentrées dans un profond processus d'intégration et avant d'envisager une recomposition vous avez entendu tout même Olivier Faure le dirigeant des députés socialistes dire ça prendra des années il est peut-être lucide d'ailleurs en disant cela ça ne se refait pas en un mois une recomposition d'une ampleur d'une ampleur pareille donc avant qu'il y ait cette phase de recomposition il faut la phase de décomposition totale et là on y est et c'est 7 ou 8 groupes c'est le symptôme d'une décomposition absolue les familles éclatent totalement mais toutes les familles parce que prenez la gauche de la gauche et bien les communistes et la France insoumise ont été incapables de faire un même groupe on verra peut-être d'ailleurs je ne sais pas on dit que le Front National mais qui n'a pas de groupe est susceptible de se diviser on verra peut-être des députés du Frontal de sensibilité différente dans quelques temps les LR c'est fait voilà et les socialistes c'est en train de se faire on le verra sur le vote de confiance au gouvernement entre les abstentionnistes ceux qui soutiendront le gouvernement qui sont certainement une minorité et la grosse majorité qui votera compte pour se situer comme c
'est
la tradition d'ailleurs sous la 5ème République clairement dans l'opposition et puis il y aura ce groupe éventuel de M. Falorni Valls et autres qui est un groupe d'ailleurs qui semble pêcher à la fois auprès de députés de droite et de députés que je ne peux plus appeler de gauche du courant je ne sais plus comment social-libéral mais ce qui est intéressant derrière cet apparent chaos
il
y a au fond ce que les historiens connaissent bien c'est-à-dire le pluralisme des droites et le pluralisme des gauches qui explosent parce que tous ces groupes on pourrait vous savez René Raymond parlait des 3 droites Julliard qui est le meilleur spécialiste des gauches parlait des 4 gauches 4 plus 3 ça fait 7 on n'est pas très loin des 7 groupes
Oui et on est même assez proche de la configuration des assemblées parlementaires de la 3ème république sauf que là à l'époque on était dans un système parlementaire il n
'y
avait pas le président il n'y
avait
pas ce parti omnipotent qui sera en marche on a une configuration effectivement de décomposition totale des vieux partis ça pose d'ailleurs d'un point de vue historique un vrai comment dirais-je un vrai hiatus parce que vous avez ceux comme Brice Hortefeux qui ne veulent pas qui n'admettent pas à ce qui est en train de se produire qui veulent rester sur le vieux schéma de la bipolarité de la bipolarisation c'est pareil aussi à gauche si on soule un peu les reins et les cœurs de ceux qui comme Olivier Faure par exemple pensent à une reconstruction de la gauche dans ce sens ou même Jean-Christophe Cambadélis et puis il
y
a ceux qui au fond souscrivent à ce grand chambardement à cette transformation savoir si elle est définitive ou si c'est une transition ça c'est autre chose mais qui sont déjà lancés dans cette reconfiguration
c'est ce qui donne les constructifs les recuits puisque c'est l'acronyme recuits de la droite constructif ils devraient prendre un autre nom
c'est vrai que
c
'est pas terrible non
c'est pas
terrible c'est pas terrible mais en tout cas on voit bien l'idée et de la même manière dans le groupe des valsistes l'idée ce sera aussi de prendre en compte ce qui est en train de se produire fait une reconfiguration totale de la vie politique dans cette reconfiguration question SMS les éléphants du PS ne pèsent-ils donc plus rien
?
Mais qui sont les éléphants du PS ? Ils sont tous dans le cimetière des
éléphants
c'est fini terminé c'est fini et quand on voit aujourd'hui ça me fait penser
à
Ferdinand Lassalle à ne pas confondre avec Jean Lassalle un socialiste allemand du 9ème siècle
qui
écrivait à Marx les luttes internes sont un signe de vitalité du parti c'est lui qui est l'auteur de la phrase le parti se renforce en s'épurant
ce
concept là l'épuration est faite parce qu'ils sont encore là à vouloir se sanctionner si jamais il y
a
des socialistes qui soutiennent Macron donc on est dans
une
famille qu'on ne reverra plus telle qu
'on
l'a connue ça c'est sûr le PS d'Épinay on le sait est mort pas les idées sans doute elles survivront mais en tout cas cette configuration là n'existe plus alors après ce qui va être très compliqué pour toutes les oppositions d'ailleurs que ce soit à droite ou à gauche c'est que pour se reconstruire ils vont devoir le faire sur la radicalité la droite aujourd'hui on voit bien elle est piégée entre l'étiolement c'est-à
-dire
le soutien à Macron qui va la diluer ou une forme de radicalité sur des bases pour pouvoir réexister retrouver un discours et même chose à gauche et quand on est sur des radicalités c'est difficile de faire une majorité donc peut-être on aura pour longtemps des groupes d'opposition qui vont se faire entendre fortement on entendra Jean-Luc Mélenchon on entendra le Front National mais peut-être et les républicains et ce qui restera des radicalistes sont obligés de monter au créneau avec des approches très clivantes très tranchantes qui à mon avis ne leur permettront pas de constituer un rassemblement une majorité à moyen terme en tout cas à droite à
droite
c'est la zizanie la chianlie pour les plus gaullistes
à
quoi jouent les constructifs
ils
jouent ils sont honnêtes on peut les créditer
d'une
forme de netteté on peut considérer très
bien des
gens comme
Jean-Pierre Raffarin qui n
'est
évidemment pas député ou des gens comme Thierry Solaire considèrent que l'obstruction systématique aux idées de Macron est idiote et on peut penser également qu
'au
Parti Socialiste il y
a
des gens qui considèrent que cette obstruction est idiote donc vous avez des constructifs des deux côtés mais comme le disait Mathieu des gens qui si on allait jusqu'au bout devraient être en marche mais qui se disent que s'ils veulent exister à terme ils ne peuvent pas y être donc on a des en-marches des en-marches déguisées d'un côté en personne de droite et de l'autre côté en personne de gauche bon tout ça c'est qu
'il
y
a
un gros centre centre gauche centre droit et puis il
y
a des extrêmes après donc là cet après-midi au Parti Socialiste ils étaient à se demander s'ils allaient exclure les gens ils vont finir à quatre alors que sur le fond même des gens comme Olivier Faure ne sont pas fondamentalement éloignés de Emmanuel Macron donc tout ça en plus il n
'y a
même plus d'idéologie il y
a
juste une tactique qui est pour exister il faut être dans l'opposition donc on va être dans l'opposition quitte à tendre la main des gens avec lesquels on n'a aucun rapport donc ils jouent à ça en ce moment
il y a aussi un problème à droite c'est qu'on n
'a
pas forcément soldé la présidentielle tu es d
'accord avec ça d
'accord mais
rien n'a été
soldé à gauche ils n'ont pas soldé François Hollande ils en veuillent encore à Stéphane Le Foll de revenir en ayant peur que Stéphane bon voilà et à droite parce que ça s'est soldé sur plusieurs semaines l'histoire Fillon donc les choses n
'ont
pas été soldées et puis idéologiquement il faudrait qu
'ils
sachent clairement s'ils sont proches d'une Marion Maréchal Le Pen comme à Laurent Wauquiez ou s'ils sont proches d'une autre ligne dite humaniste comme celle de Raphaël ça va venir ça va venir je pense que tous les congrès auxquels on aura droit en 2018 il y aura peut-être une explication claire et nette et qu'on retrouvera un petit peu de corpus idéologique pour savoir qui est chez qui
ben
oui ce qui s'est passé toute la séquence politique depuis un an elle a fait exploser ces unités factices qui tenaient encore la droite comme la gauche d'ailleurs sur au fond quelque chose d'artificiel puisqu'on a très bien vu lors des primaires et là les primaires ont fait éclater tout ça qu'il y avait deux gauches irréconciliables en tout cas pour l'instant on ne
pouvait
pas se réconcilier mais aussi des droites très différentes alors le problème est peut-être moins grave pour les droites parce que les droites elles arrivent toujours à se remettre ensemble à partir du moment où elles trouvent notamment un leader un leadership alors pour l'instant on ne le voit pas tellement émerger ce leadership mais peut-être que du moment où on trouverait un leader il pourrait y avoir à se passer quelque chose mais à gauche où la tradition c'est précisément une tradition de confrontation des idées confrontation des courants là aussi ça ne suffirait pas d'avoir un leader qu
'on
ne voit pas non plus émerger mais il y
a
aussi une difficulté à trouver une convergence idéologique parce qu'entre les sociolibéraux et puis ceux qui regardent du côté de Jean-Luc Mélenchon on est quand même dans des oppositions majeures et j'ajouterais juste quelque chose c'est que cette radicalité dont on parlait tout à l'heure c'est-à
-dire
cette marche forcée vers la radicalité elle va se heurter au fait que sur leur gauche comme sur leur droite aux extrêmes il y a déjà des gens qui occupent le terrain et qui eux ont des leaders c'est-à-dire d'un côté Jean-Luc Mélenchon et de l'autre côté Marine Le Pen même si c'est un leader éventuellement menacé à vous entendre on se dit que la vraie opposition ce sera la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon l'opposition franche
systématique il faut bien voir pour l'instant qu'on est dans un schéma majorité opposition tout à fait nouveau sous la 5ème République parce que sous la 5ème République il y avait cette bipolarisation quand la gauche était au pouvoir il y avait une droite dans l'opposition quand la droite était au pouvoir il y avait une gauche dans l'opposition là en effet tout a été tourneboulé alors à la présidentielle au second tour l'opposition c'est qui
c
'est Marine Le Pen
on
l'a bien vu et aux législatives on le voit et bien c'est en effet une myriade d'organisations dans lesquelles ceux qui sont quelque part le plus visible qui font entendre le plus haut leur voix c'est
le
Front National même si ça n'a pas été en espèce sonnante et trébuchante de députés et la France insoumise qui a connu tout de même un assez beau succès électoral et d'autre part ces deux forces auront leur ténor leur tribun ce sont des formations protestataires qui fonctionnent avec des tribuns de la plèbe ils auront leurs deux tribuns de la plèbe dans le Sénat ici l'Assemblée Nationale donc cette opposition est tout à fait nouvelle on va avoir une opposition où les forces protestataires très incarnées par leurs tribuns vont tenter de se faire le porte-voix d'un mouvement social qui se passerait dans la rue c'est ça le schéma compte en tête des hommes comme Mélenchon Ruffin et Marine Le Pen dans la galaxie Front National Jean-Luc Mélenchon il veut faire quoi
à
l'Assemblée
? Il
veut mettre le feu à l'Assemblée ?
Il
veut... Non mais pas
au sens propre
mais...
Il
veut être l'incarnation de cette gauche tribunicienne qui crie très fort et il
a commencé à crier
très fort en arrivant à l'Assemblée en commençant à insulter Cédric Villani Voilà c'est le...
Le drapeau européen Le
drapeau européen Donc il
va... Si il s'agit d'avoir une opposition qui crie on va l'avoir ça c'est sûr avec Marine Le Pen et avec Jean-Luc Mélenchon Est-ce que c'est une opposition qui peut vraiment compliquer la vie du gouvernement ?
Probablement un peu dans le jeu parlementaire parce qu'ils peuvent batailler déposer des amendements ralentir le travail parlementaire des choses comme ça mais il y a quand même une majorité ce qui fait que les textes passeront On risque d'avoir une opposition de posture et non pas une opposition qui puisse renverser un gouvernement en tissant des liens avec d'autres députés enfin voilà essayer d'élaborer quelque chose une autre forme politique ça ne sera pas possible Alors vous l'avez cité à l'instant François Ruffin c'est un des nouveaux visages de l'Assemblée nationale en effet ancien journaliste auteur du film Merci Patron César du meilleur documentaire député mélenchoniste de la Somme député d'Amiens la ville natale d'Emmanuel Macron sera-t-il le premier opposant du président son portrait avec l'autil de Marafco Victoria Rouxel et David Lemarchand Il
est
venu en métro
Le
nouveau député a fait le tour de l'Assemblée nationale pour trouver la bonne entrée
et
déjà une haie de journalistes se dresse devant lui
Son
arrivée inattendue au Palais Bourbon intrigue Dimanche soir dans son fief picard François Ruffin fête son élection comme il a mené campagne avec une manifestation improvisée
Ses
longs mois à sillonner la circonscription ont payé et lui ont permis de rattraper les 10 points de retard qu'il avait sur son adversaire de la République en marche
Vous
avez préparé un discours de défaite moi ? Ce mandat inespéré il va l'utiliser à son maximum dès son arrivée à Paris
Ah
bon ? Là je laisse mon prochain je ne
peux
pas poser une question écrite Je ne
sais
pas il
faut
que
j
'en ai me renseigne quand est-ce que moi je ne peux pas poser une question écrite
très
rapidement D
'abord pour témoigner parfois armé d'une caméra contre la politique d'austérité Ici à Paris pour le ministère de l'économie pour monsieur Macron ça s'appelle réduction des déficits mais pour les gens ça s'appelle du malaise ça s'appelle de la souffrance il va falloir montrer sur le terrain ce que donne cette politique ce que ça engendre comme maltraitance mais depuis des décennies
mais
surtout pour agir et mettre en échec le Front National en proposant un autre avenir politique
Je
trouve qu'il a fait un travail remarquable qu'il a redonné espoir et il a supporté la colère en fait la colère d'un monde ouvrier qui est laminé par les politiques néolibérales et voilà je pense que je pense qu'il a un tempérament et une liberté qui font du bien au monde politique
Un
espoir qu'il a distillé tout ce printemps aux côtés des Whirlpool Quand la campagne présidentielle s'invite dans la grève il interpelle Emmanuel Macron pour lui demander d'introduire du protectionnisme économique
Vous
êtes au milieu des vaincus de la mondialisation Vous ne pouvez pas venir leur dire que la mondialisation et que l'européanisation elle est bonne alors qu'ici dans le coin on s'est pris des coups depuis 30 ans on se prend les coups dans la tronche
François Ruffin a commencé son militantisme par le journalisme A 24 ans il crée un trimestriel Fakir qu'il vend à la crier Pendant 17 ans il écrit des articles des livres avant que le grand public ne le découvre avec son documentaire Comment vous faites pour vivre avec
3
euros par mois ? Mange quoi ? Pardon ? Mange quoi ? Et bien on va se faire vos porte-parole
Merci
patron obtient César
Pour
son ancienne camarade d'école de journalisme ce succès n'a pas changé l'homme mais elle n'imaginait pas qu'il se lance un jour en politique Qu
'il
soit acteur de mouvements que son journal contribue à faire connaître des problèmes à proposer des solutions oui bien sûr mais personnellement je ne m'y attendais pas précisément parce que
je
pensais qu'il était trop timide et trop solitaire député il s'est engagé à être payé au SMIC ses électeurs pourront le révoquer à tout moment et il attribuera sa réserve parlementaire en fonction des choix d'un jury populaire
C
'est un vrai état d'esprit ce gars il ne joue pas un rôle il est comme ça tout le temps et c'est très très très
précieux pour nous il va nous secouer je le sais il croit que je n
'ai
pas vu arriver
Jean
-Luc Mélenchon ne sera sûrement pas le seul secoué François Ruffin assure pourtant qu'il privilégiera le combat de longue haleine au coup d'éclat médiatique
même
s'il avoue ne pas savoir encore tout à fait qu'il sera vraiment une fois dans l'hémicycle
François Ruffin déjà connu par ce documentaire qui avait fait quand même beaucoup de bruit on l'a beaucoup entendu évidemment aussi pendant la campagne il avait été aussi invité d'une émission sur France 2 face à Emmanuel Macron à l'émission politique ça va devenir une star une star de la politique une star de l'Assemblée si ce n'est pas déjà le cas question SMS François Ruffin est-il un visionnaire ou un démagogue
qui
veut se lancer Jean Garrigue en tout cas il porte incontestablement la parole de cette France qui souffre dont on a dit qu'elle avait été un peu qu'elle s'était volontairement d'ailleurs écartée des législatives qu'elle s'était abstenue et donc qui n'est pas représentée sociologiquement et politiquement à sa juste mesure dans l'hémicycle du Palais Bourbon donc dans cette posture-là dans ce rôle-là il occupe ce rôle cette fonction qui d'ailleurs auparavant était celle du Parti Communiste et on voit bien que le Parti Communiste a perdu cette aura précisément tribunicienne cette aura protestataire qui faisait sa spécificité en tout cas pendant 30 ou 40 ans en même temps parce que tout est toujours dialectique et là je pense que Macron a raison de dire souvent cette formule il y a effectivement un discours qui est quand même très démagogique parce qu'on est plus dans la dénonciation d'un certain nombre de choses qui ne vont pas dans cette société dans la défense des petits de ceux qui souffrent mais les solutions apparaissent bien souvent assez floues il n'y a pas un véritable corpus très cohérent de propositions émanant de François Ruffin en tout cas pas à ma connaissance et on sait bien aussi que politiquement il ne représente pas de manière très concrète il représente un groupe qui est minoritaire et où je le rappelle d'ailleurs on parlait de je dirais un certain autoritarisme dans la désignation du président du groupe En Marche là ce me semble pour la désignation du président de groupe de la France Insoumise il n
'y a
pas eu trop de questions pour que ça soit Jean-Luc Mélenchon Mais la différence c'est pas un Mélenchoniste pur jus du tout il faut le dire à mon avis le problème va commencer à se poser au sein de la France Insoumise c'est une
prise de guerre la médiatisation
non c'est un militant qui a construit sa carrière sur le militantisme un militant d'une forme de journaliste beaucoup plus agressive moins institutionnelle dénonciatrice qu'il a fait en créant son journal Fakir lui il s'est présenté dans un coin qu'il connaît il n
'a
pas été parachuté il s'est fait lire et il est dans une fonction de dénonciation un peu tripale si j'ose dire c'est-à-dire qu'il est dans l'émotion il n'est pas dans les discours extrêmement construits il n
'est
pas formé à la trotskiste comme j'allais dire comme un certain cadre de la France Insoumise et on va voir émerger à mon avis dans cette nouvelle génération de France Insoumise qui entoure Jean-Luc Mélenchon qui est reconnu comme le chef suprême des premières bagarres de qui est l'incarnation il
y
a Alexis Corbière qui lui est pile dans les pas de son patron et une personnalité comme François Ruffin qui n'est pas quelqu'un qu'on peut tenir
on n'est pas dans le
catéchisme révolutionnaire on l'a vu il avait dit qu'il votait Macron il a fait une tribune dans le monde assez maladroite parce que c'est sous le coup encore de l'émotion c'est pas quelqu'un qui
a
un discours politique
construit
forcément il
risque d'avoir un propre leadership
c'est-à-dire qu'on voit mal Jean-Luc Mélenchon pour qui c'est absolument un rêve absolu de rentrer à l'Assemblée il n
'est
jamais rentré c'est typiquement ça va lui rappeler les meilleures heures de la Troisième République qu'il n'a pas connue mais il aime tellement parler à la tribune c'est tellement son plaisir de parler en meeting que là maintenant s'il n'avait pas été à l'Assemblée il aurait été en manque donc là il va vouloir en profiter il a proposé aux communistes de venir avec lui mais sous peine de se taire que ce soit le culte de l'être suprême comme d'habitude et là il risque d'avoir peut-être du fil à retordre avec un Ruffin qui de toute façon est ni dieu ni maître c
'est
-à
-dire
qu
'il
n
'a
pas du tout l'intention de prendre des ordres et il risque d'y avoir effectivement un choc de culture entre le chef suprême Jean-Luc Mélenchon et un profil comme celui de François Ruffin qui à mon avis ne sera franchement insoumis
il
faut voir comment il en parle il dit ce gars
mais
avec Ruffin c'est intéressant parce qu'au fond au-delà des 7-8 oppositions ou groupes qui sont en train de se mettre en dehors en ordre de bataille en dehors de la République en marche François Ruffin est le symptôme de quelque chose qui se passe depuis de longues années dans la société française c'est la montée de la révolte
de
la révolte extra-parlementaire certes il a été élu député mais c'est la révolte on a vu dans de multiples villes françaises par exemple souvenez-vous de la ville de Nantes sur le dossier de Notre-Dame-des-Landes
ou
la nuit debout
aussi
la nuit debout
la nuit
debout souvenez-vous des manifestations qui ont coûté la vie à Rémi Fraisse etc il y a depuis de nombreuses années on le voit bien des mouvements qui sont de l'ordre de la révolte et c'est intéressant ce personnage de Ruffin ce gars Ruffin parce que c'est à mon avis un des seuls à l'Assemblée qui est l'expression de cette révolte qui dans certains milieux de la société française ne cesse de monter
mais Pascal Perrineau il y a des règles strictes
à
l'Assemblée on ne peut pas faire un happening dans l'hémicycle
on peut
essayer mais c'est compliqué il en respectera je vous assure le minimum parce que ce type de profil politique c'est aussi d'être celui par lequel le scandale arrive on l'avait bien vu avec certains dans un tout à fait une autre famille de pensée on avait vu en 1986 souvenez-vous quand un groupe Front National était
arrivé
il y avait un ou deux députés du Front National qui étaient spécialistes de ce rôle je suis celui par lequel le scandale arrive par rapport la France en dehors de ces institutions dites bourgeoises et bien Ruffin est certainement sur le même créneau même s'il ne partage bien sûr aucune des options du Front National c'est une vieille tradition parlementaire c'est vrai qu'elle était souvent portée par Naguère les
bonapartistes ou ensuite l'extrême droite pendant l'entre-deux-guerres voire par Jean-Marie Le Pen au début de la Ve République qui était coutumier du fait on peut retrouver ce type de sortie d'explosion venant de quelqu'un comme
Ruffin
récemment Noël Mamère avait été condamné
je ne pense pas qu'ils ne vont pas respecter les règles de l'Assemblée Nationale simplement il risque d'y avoir un hiatus entre des gens comme Jean-Luc Mélenchon comme François Ruffin comme Marine Le Pen qui ont un sens de la tribune qui ont un sens oratoire très développé et probablement des jeunes députés en marche qui sont plus dans la discussion quotidienne mais qui ne vont pas aller haranguer les foules en montant à la tribune donc on risque d'avoir un niveau différent entre ce sens de la parole qui est quelquefois un peu surfait y compris aux questions d'actualité mais qui est parfaitement maîtrisé par un Jean-Luc Mélenchon ou un Ruffin même dans son genre ou une Marine Le Pen et avec des novices qui ne seront pas capables de faire
vivre
c'est pas de leur faute mais c'est pas leur culture c'est pas une culture contemporaine quand on a 35 ans et qu'on a été consultant ou qu'on est profession libérale on sait peut-être ou médecin ou je ne
sais
pas quoi on n
'est
pas forcément super doué pour aller raconter des choses même fausses simplement qui feront vibrer les foules
mais
il y a des règles vous le disiez c'est trois choses l'Assemblée c'est l'hémicycle c'est une fois par semaine et c'est les questions au gouvernement là c'est très encadré la parole de l'opposition est encadrée c'est les commissions là c'est le travail c'est là que
se
fait les lois et puis c'est les 4 colonnes la fameuse salle des 4 colonnes