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Podcast / conversationfranceinfo (sur YouTube)· 31 août 2026 13 minAutoproduitMixteInstitutions & électionsSolidarités & famille

"La guerre entre Édouard Balladur et Jacques Chirac était extrêmement violente en 1995" (A.Comte)

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 20 %Défensif 20 %

Modèle mistral-nemo:12b · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Pierre Méigeri nous a rejoint. Bonsoir. Merci d'être avec nous ce soir.

Vous avez été ministre de la justice du gouvernement d'Edouard Baladur. Quel souvenir personnel gardez-vous d'Edouard Baladur ? Quels sont vos premiers mots ce soir ?

D'abord, j'ai toujours soutenu euh Éloire Baladur parce que j'estime que c'était un homme d'état qui refusait la démagogie et qui a toujours cherché à concilier efficacité économique et progrès social. Quel homme était quel homme était Édouard Baladur derrière cette image de froideur de de raideur qu'on lui a parfois attribué ? dans les relations personnelles.

Quand j'étais ministre en particulier de la justice, les relations était détendue et amical mais il y avait chez lui cette distance qui était dans sa vie personnelle et non pas un élément politique. Pour parler de la justice, il avait été convoqué par le président de la République François Mitteran pour demander la démission, ma démission parce que je ne tenais pas suffisamment les juges. Et Édouard Baladur à ce moment-là a été d'une grande rigueur en disant comme Pierre Meirie, je défends l'indépendance de la justice.

Alors justement puisque puisque vous évoquez François Mitterand, comment fonctionnait ce couple Mitterran Baladur ? Chacun avec ses convictions, mais toujours des rapports raisonnables en conseil des ministres, des raisonnables et raisonnés. Vous vous restez avec nous, Pierre Meignoreri.

Nathalie, euh quelle trace Édouard Baladur laisse-t-il dans notre histoire politique ? D'abord, il y a une trace un peu légère, c'est celle qui a été rappelée par Jeff Verbert tout à l'heure. C'estàd celui qui a voulu se présenter.

Vous savez, on dit en général, on pose la question au premier ministre. On avait demandé à un Pompidou en leur demandant à quel moment vous avez envie de l'Élysée. Ils ont dit quand on commence à monter le péron de Matignan.

Donc il y avait de fait un pacte qui avait été passé entre Jacques Chirac et Édard Baladur. Et Édouard Baladur a considéré qu'il serait le meilleur et on l'a tous cru si j'ose dire. C'est-à-dire que quand on parle de la du sondage, on était en février 95 quand les courbes se sont croisées et c'est l'élection lue en avril 95 et tout le monde personne n'aurait paré sur Jacques Chirac.

Donc il y a cette première idée et puis alors j'insiste toujours sur les guignoles et l'image qu'il avait. C'estàd d'un grand bourgeois ou d'un Aristo. [grognement] Aristo, c'était déjà un petit peu plus euh plus complexe et pas véritablement authentique mais c'est quelqu'un qui effectivement et Nicolas Sarkozi le dit mais Bruno le dit également en disant c'était il était pas prêt à la démagogie.

C'est qu'en gros, ilétait pas, c'est pas quelqu'un qui vous tapit dans le dos, vous pouviez pas lui taper dans le dos alors que l'image de Chirac, vous vous souvenez pas, vous êtes trop jeune dû manger des pommes et qui était qui était devenu une espèce de d'ami français et lui sur la fracture sociale alors qu'il y avait d'emballé dur. Ça c'est pour le côté euh semi-traître et ayant voulu accéder à la présidence de la République mais avec beaucoup de rectitude. Il est arrivé en 3e position quand même avec plus de 18 %.

Certains aimeraient ça dans la les élections à venir en 2027 et après il a été totalement correct. Autre chose, la une parenthèse qui devait être libéral, c'est-à-dire qu'il arrive en 86, Jacques Cher arrive à Matin en 86, il nomme euh Édard Baladio, ministre de l'économie et des finances et des privatisations et c'est lui qui lance ce grand mouvement qui va contre courourant de celui de 80 lancé par François Mitteran. Et finalement, c'est une voix qui n'a qui a tourné court et qui on se peut se demander si aujourd'hui il y a pas une certaine nostalgie de cette parenthèse qui aurait pu être libérale et qui n'a pas eu lieu puisque c'est Jacques Chirac qui a été élu puis après Alain Jupé avec le problème qui s'est posé entre la fracture sociale et la gouvernance d'Alain Jupé qui était pas dans ce sens-là.

Donc dernière chose un souvenir d'homme d'État. On voit dans les alors quand quelqu'un disparaît, on tout le monde dit du bien mais j'ai l'impression que ce qui est assez récurrent c'est le côté homme d'état serviteur de l'État. Il a servi sous George Pompidou, il a connu deux présidents malades et George Pompidou, c'est lui qui a tenu les reines du pouvoir dans les derniers moments du du Septena pardon de George Pompidou.

Il a connu également François Mitteran malade à la fin de son mandat et c'est quelqu'un qui a manifestement fait passer le le les bien enfin le le l'état avant un certain nombre de ses considérations. Donc c'est quelque chose qui peut-être après coup nous manquer je sais pas pourquoi. Peut-être parce qu'il y avait une qualité de réflexion, une qualité de tenue indépendamment de l'idéologie qui fait qu'on se trouve simplement peut-être parce qu'on a des réflexes impiaux que ce genre d'homme d'état est un peu rare de nos jours.

Antoine, qu'est-ce qui reste du balad du risme ? Alors, c'est une bonne question, pas tant de choses que ça finalement quand vous quand vous regardez. Alors bien sûr, il a des héritiers naturels.

Nicolas SarkoZi, hein. D'ailleurs, il se revendique encore ce soir. Nicolas Sarkozyi, l'ancien président de la République.

Euh Nicolas Sarkozi parle ce soir, je le cite, d'un exemple d'un mentor et d'un ami. Et il parle de chagrin et il dit qu'il lui doit tout finalement hein. Et il lui dit, je crois qu'il finit son tweet en disant "J'aurais pas eu cette car politique sans sans Édouard Baladur." Donc il reste en effet toute cette frange là de la de la droite dite républicaine dont Nicolas Sarkozi encore incarne encore des valeurs aujourd'hui et et l'un des majeurs représentants, on va dire, de de cette de cette droite là.

Mais je suis d'accord avec Nathalie sur le côté homme d'État aujourd'hui, les serviteurs de l'État, est-ce qu'on en a tant que ça aujourd'hui parmi les candidats qui sont à cette élection présidentielle de de 2027 et parmi tout simplement notre personnel politique actuel ? Après la carrière des uns et des autres le dira, c'est souvent c'était l'expression d'ailleurs de de Jacques Chirac. C'est à la fin de la de la foire qu'on qu'on compte les bous et c'est un petit peu ça aussi, c'est on verra si certains sont sont dignes d'avoir ce type d'hommage là.

Mais c'est vrai que moi je retiens quand même d'Edouard Baladur quand même le celui qui a créé la guerre fratricide à droite. C'est quand même le premier qui a divisé sa famille politique comme jamais. Après, il y a eu d'autres exemples et on en connaît bien sûr encore encore aujourd'hui.

Par exemple, aujourd'hui, Bruno Rotario et le renvoqué, voilà, on connaît cette guerre faticide actuelle. On a connu la guerre Copéillon et la guerre baladure Chirac, elle était quand même hyper violente avec une campagne qui était extrêmement violente alors qui venait du même parti et avec une campagne très réussie chez Jacques Chirac, il faut le dire et une campagne totalement ratée du côté de de desdvoir Baladur. Alors les guignoles, ils sont peut-être pour beaucoup mais euh les communiquants qui entouraient Édouard Baladur aussi le sont sans doute quand on voit la séquence du métro où il est pas du tout à l'aise.

On le voit dans le sujet de de Javier Timbert à l'instant quand on le voit faire des des sorties pour essayer de sortir de cette image de grand bourgeois qui lui collait à la peau, ça fonctionne pas, c'est totalement artificiel. Et et puis de l'autre côté, vous avez un Jack Chira qui lui est hyper naturel, sert des mains, manger des pommes, on se souvient de cette ce fameux ce fameux slogan. Donc voilà, il y a il y a l'homme de de finalement qui incarne cette guerre fratricide à droite qui après a appelé d'autres guerres finalement dans dans les années qui qui ont suivi.

L'homme d'État, c'est vrai, le serviteur de l'État qui a quand même une carrière politique assez exceptionnelle hein euh de Pompidou à euh à presque le le encore les années 2020 où il était encore très actif, hein. Je rappelle qu'il avait aussi été réélu député. Enfin, c'est c'est c'est c'était un homme de combat politique aussi et un habile tacticien aussi qui avait une forme d'intelligence, un intellect assez assez intéressant.

Étienne, son bilan économique, on le présente comme un grand réformateur. On peut parler notamment des retraites. Oui, sur les retraites, il a été l'artisan d'une réforme en à l'été 93 et dont peu de Français se souviennent parce qu'en fait, il s'est pas attaqué frontalement à l'âge légal de la retraite que François Mitteran avait abissé à 60 ans.

En revanche, il a augmenté la durée de cotisation de 37 ans et demi à 40 ans et surtout il a fait qu'on calcule votre retraite sur vos 25 meilleures années de salaire alors qu'avant c'était 10 ans. c'est passé un peu comme une mesure technique et et et peu compréhensible et en réalité c'est ça avait un effet très puissant sur les comptes publics et la gauche après avec Lionel Jospin n'est pas revenue sur cette réforme parce qu'elle permettait beaucoup d'économie en revanche sur le chômage son action a été beaucoup plus limitée. Il y avait une baisse des des déficits mais assez peu du chômage dans la décennie 90 et et c'est aussi pour ça que Jacques Cherak a ensuite prospérer sur cette idée de fracture sociale qui n'avait pas été résorbé.

Il s'était aussi euh il avait aussi contestation de la rue sur le contrat d'insertion professionnelle pour les jeunes déjà avec un payé en dessous du SMIC qu'il avait dû retirer. Et donc ça ça a participé mais ce qui est assez étonnant c'est que finalement Jacques Chirac a été élu sur une ligne sociale et que en quelques mois il a basculé avec Alain Jupet sur une ligne qui est qui était quasiment la ligne d'Edouard Baladur. Euh Pierre Meign avec nous hein.

Je le rappelle, vous étiez le ministre de la justice du gouvernement d'Edouard Baladur. On évoquait ce rendez-vous manqué, la présidentielle 95 qui a mis fin aux ambitions politiques, en tout cas présidentielles d'Edouard Baladur. Comment vous expliquez euh cet échec alors que une victoire en tout cas dans les sondages lui semblait promise ?

Et bien les Français comme aujourd'hui préfèrent les paroles qui plaisent. la fracture sociale plutôt que les paroles qui sauvent et jamais Éloir Baladur n'aurait accepté la dette telle qu'elle est aujourd'hui et l'ensemble des familles du centre et du CDS que je présidais était unanimement favorable à l'élection d'Edouard Baladur mais vraiment la communication voulue ou H a été néfaste à sa candidature alors qu'il était nettement devant quelques mois auparavant. Avant est-ce qu'un personnage comme est-ce qu'un personnage comme Édouard Baladur pourrait exister politiquement dans la vie politique actuelle ?

Est-ce qu'il pourrait conquérir les Français dans notre vie politique actuelle ? Je ne crois pas. Je ne crois pas.

Mais il l'a dit lui-même, il s'en est expliqué en disant en considérant qu'il était d'une certaine manière un homme un homme d'une autre époque qu'il avait pas considéré en 68 bien qu'il ait négocié les accords de Grenel mais ça c'est la version si j'ose dire avec les syndicats et les augmentations de salaires et les réformes qui ont été faites qu'il était passé à côté de d'un phénomène de civilisation donc c'était je dirais que il était pompidolien mais c'était l'ancien monde. Et c'est vrai qu'au début, il ne s'est pas méfié de son apparente froideur, de son côté un peu distant et que après quand il s'est rendu compte que à cause des guignoles, à cause des d'un certain nombre de journalistes, à cause de son comportement aussi, je vais vous donner une anecdote. Un jour, je l'ai croisé dans sur un marché et il m'a dit "Qu'est-ce que vous faites là ?" Je lui dis bah je fais mes courses voyez comme si ça avait été quelque chose de de de d'un autre monde.

Et alors on s'en fiche de ce que je raconte mais je pense qu'il y avait dans les chez les gens cette perception d'un chirac sympathique qui passait des heures au salon de l'agriculture ou je sais pas quoi et d'un Édouard Baladur qui était de l'ancien monde. Donc pour vous répondre à votre question précédemment, non, je ne crois pas qu'aujourd'hui une telle distance. et il s'en est expliqué en disant "Mais j'étais comme ça, j'ai j'aurais pas dû probablement mais c'était mon tempérament." Dans quelques mots, en quelques mots, c'est ce qu'on reproche d'ailleurs un petit peu aujourd'hui à Édouard Philippe, cette froideur, le sens du contact, il y a il y a des critiques aujourd'hui sur sa communication.

J'entends souvent aussi qui sont les communiquants autour de d'Edouard Philippe, pourquoi il communique pas de cette façon-là ? Ce qui est l'inverse opposé du côté de Gabriel Atal qui lui est vachement dans la petite phrase qui a occupé le terrain pendant tout l'été. lui de Philippe a préféré prendre des vacances en famille en Italie pour attaquer à la rentrée.

Voilà, il y a quand même quand même ce style là. Il est très comparable à un Alain Jupet aussi. Édouard Philippe se revendique d'ailleurs de de d'être l'héritier de d'Alain Jupé, l'ancien maire de de Bordeaux, ancien premier ministre.

Voilà ce que l'on pouvait dire sur la disparition d'Edouard Baladur ce soir.