Julien Odoul : "Ce n'est pas aux juges de faire le casting de l'élection présidentielle !" (FI)
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Vous avez perdu votre candidate à la présidentielle ?
- 2:59OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est ce que vous pensez ?
- 3:38RelanceRéponse partielle
Pourquoi on enlève la possibilité du recours à Marine Le Pen ?
- 5:10OuverteRéponse directe
Vous vous insurgez contre une décision de justice, mais les juges appliquent une loi votée par les politiques.
- 6:40OuverteRéponse directe
Sur la gestion des assistants parlementaires.
- 7:02OuverteRéponse directe
Est-ce que ça veut dire que Marine Le Pen peut vraiment rester en l'état comme candidate ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« Marine Le Pen a notamment été condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ça veut dire exécution immédiate. »
- 2:28PrésentateurChiffre
« Elle s'est présentée plusieurs fois, elle a rassemblé 13 millions d'électeurs en 2022. »
- 2:34PrésentateurChiffre
« Elle est donnée à 37% dans les sondages. »
- 3:32Invité politiqueChiffre
« Des tournements de fonds publics inédits par son ampleur plus de 4 millions et par la durée plus de 11 ans. »
- 5:50PrésentateurChiffre
« On ferme une chaîne de télévision, la première de la TNT, qui rassemblait des millions de téléspectateurs parce qu'elle ne plaisait pas. »
- 6:21PrésentateurFait
« Pas d'enrichissement personnel. À aucun moment, on a acheté un yacht, une piscine ou quoi que ce soit. »
- 6:51PrésentateurFait
« Marine Le Pen a décidé de faire appel de sa condamnation, mais c'est vrai qu'elle n'a pas l'assurance à ce stade que cet appel puisse intervenir avant la présidentielle de 2027. »
Temps de parole
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Bonjour Julien Audoul, soyez le bienvenu, vous êtes l'invité politique d'Alex Bouillaguet dans la matinale, députée RN de Lyon. C'est parti pour l'interview avec Alex Bouillaguet.
Bonjour Julien Audoul. Bonjour. Le tribunal correctionnel a rendu hier soir, hier, son jugement dans l'affaire des contrats fictifs du Parlement européen au Front National. Marine Le Pen a notamment été condamnée à 5 ans d'inéligibilité avec exécution provisoire, ça veut dire exécution immédiate. Vous avez perdu votre candidate à la présidentielle ?
Non, certainement pas. Vous savez, Marine Le Pen a été enterrée peut-être une centaine de fois au cours de sa vie politique et elle s'est toujours relevée. C'est une battante, c'est une femme courageuse et c'est une femme d'État. Et je souhaite et je pense qu'elle sera notre candidate bien évidemment, puisqu'elle rassemble aujourd'hui une majorité de Français. Les études d'opinion, les dernières élections montrent bien que ce serait un scandale démocratique qu'elle ne puisse pas se présenter.
Oui, mais la justice a décidé du contraire en l'occurrence avec cette exécution provisoire de 5 ans, ça veut dire que c'est immédiat, c'est-à-dire qu'elle ne peut pas contractuellement se présenter.
Ce ne sont pas des juges qui doivent faire le casting de l'élection présidentielle, mais c'est le peuple. Et ce qui se passe est extrêmement grave pour notre démocratie, qui aujourd'hui est confisquée, qui aujourd'hui est corsetée pour des raisons purement politiques. Voilà, la décision qui a été rendue par la juge, la présidente du tribunal, est purement politique. D'ailleurs, je rappelle quand même que dans le délibéré du jugement, il est dit qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel, qu'il n'y a pas de corruption. Il y a du détermination, 4 millions d'euros, les charges sont lourdes.
Non, mais qu'il n'y avait pas d'emploi fictif, très clairement, ce qu'on reproche et ce qu'il reproche à Marine Le Pen, c'est de pouvoir gagner l'élection présidentielle. Voilà, donc nous ne laisserons pas faire ce scandale démocratique qui impacte pas seulement Rassemblement National, mais l'ensemble de notre vie démocratique.
Mais l'ERN n'est pas interdit de se présenter à une élection et à l'élection présidentielle. Donc l'ERN pourra avoir sa place, c'est Marine Le Pen qui est condamnée.
Mais l'élection présidentielle n'est pas une élection de parti. C'est une élection, et d'ailleurs elle a été pensée, théorisée par le général de Gaulle dans la Ve République, c'est un homme et une femme qui se présentent devant les Français. Et force est de constater que Marine Le Pen, elle incarne quelque chose pour les Français. Elle a un lien charnel avec le peuple français. Elle s'est présentée plusieurs fois, elle a rassemblé 13 millions d'électeurs en 2022. Elle est donnée à 37% dans les sondages. Elle peut gagner l'élection présidentielle.
Et aujourd'hui, vous avez une décision de justice qui lui enlève ses droits de recours, qui lui enlève, encore une fois, la possibilité de se défendre et de se présenter à l'élection des Français. C'est évidemment intolérable.
Vous parlez de déni démocratique. Vous dites, comme Marine Le Pen hier soir, qui a mené une charge assez violente contre la justice. Elle a dénoncé donc une décision politique. Un État de droit violé sans prendre à l'État de droit, c'est présumer une corruption ou une défaillance systémique envers la justice. Est-ce que c'est ce que vous pensez ?
Force est de constater qu'il y a une défaillance. Mais c'est plutôt une déviance. Une déviance de la justice qui fait de la politique, qui a envie de se débarrasser du Premier Parti de France et de la candidate qui peut accéder à l'Élysée.
Je reviens au fond, je reviens au fond, des tournements de fonds publics inédits par son ampleur plus de 4 millions et par la durée plus de 11 ans, malgré toute une série d'alertes et avec au cœur du système Marine Le Pen. Pourquoi ? Ce n'est pas rien.
La question, c'est pourquoi on enlève la possibilité du recours à Marine Le Pen ? Pourquoi on lui retire cette possibilité d'avoir un deuxième jugement ? Parce que c'est ça le problème, c'est l'exécution provisoire.
Alors la présidente du tribunal a indiqué qu'à aucun moment, et c'est ce qui a motivé sa décision, vous n'avez semblé reconnaître un problème de détournement de fonds. Or les faits, c'est que des assistants parlementaires européens travaillaient pour le parti, donc le risque de récidive du point de vue du tribunal, eh bien il existe.
Mais ce qui est très grave, effectivement, dans ce jugement, c'est qu'on reproche à Marine Le Pen et au Rassemblement National de s'être défendus. Ils ont criminalisé les moyens de la défense, il aurait fallu qu'on ne se défende pas, qu'on reconnaisse une culpabilité qui n'est pas la nôtre, parce que je le redis, nous sommes innocents des faits qu'on reproche à Marine Le Pen et au Rassemblement National. Ils ont reproché également que nous soyons des opposants à l'Union Européenne, ce qui a été jugé comme un facteur aggravant. Et le trouble à l'ordre public auquel la présidente du tribunal fait référence, c'est juste la possibilité que Marine Le Pen se présente à l'élection présidentielle.
Or le trouble, il n'est pas d'ordre public, le trouble il est idéologique pour la présidente du tribunal, qui est une opposante à Marine Le Pen. Je rappelle qu'elle avait soutenu Eva Joly, écologiste, il y a quelques années, et qu'on voit bien qu'il y avait une volonté manifeste de bloquer Marine Le Pen.
Vous vous insurgez contre une décision de justice, mais finalement les juges ne font qu'appliquer une loi qui a été votée par les politiques en 2016, la loi Sapin 2, qui a été adoptée après l'affaire Cahuzac. Marine Le Pen l'a soutenue cette loi.
Sauf que les faits, justement, sur cette loi Sapin 2 de 2016, les faits qu'on reproche à Marine Le Pen au Rassemblement national sont antérieurs.
Non, il y a du recouvrement. Il y a du recouvrement en 2016.
Non, non, non, non, non, sont antérieurs à cette loi Sapin 2. Donc vous voyez bien qu'il y a une instrumentalisation de la justice, une politisation de la justice, qui vise seulement à éliminer, non pas seulement Marine Le Pen, mais des millions d'électeurs.
Marine Le Pen était la chanteur de la probité en politique, et même elle plaidait dès 2013 pour une peine d'inéligibilité à vie pour les élus qui ont commis des fautes. Et aujourd'hui, elle dit, ben non, finalement, quand ça s'adresse à moi, c'est pas bien ?
Marine Le Pen est innocente. D'ailleurs, elle va évidemment interjeter appel, comme nous tous. Donc elle reste présumée innocente, c'est important de le dire. Et moi, je redis le délibéré du jugement, pas d'enrichissement personnel. À aucun moment, on a acheté un yacht, une piscine ou quoi que ce soit. Pas de corruption et pas d'emploi fictif. Voilà. Donc ce qui est reproché, c'est un différent administratif entre le Parlement européen qui juge que les assistants...
De 4 millions. Un différent administratif de 4 millions avec des fonds européens qui font un parti français.
Sur la gestion des assistants parlementaires. Voilà. Nous nous considérons qu'ils doivent travailler pour les députés, pour la politique pour laquelle ils ont été élus, et non pas devenir de petits fonctionnaires aîlés de Bruxelles.
Vous l'avez dit, Marine Le Pen a décidé de faire appel de sa condamnation, mais c'est vrai qu'elle n'a pas l'assurance à ce stade que cet appel puisse intervenir avant la présidentielle de 2027. Est-ce que ça veut dire que Marine Le Pen peut vraiment rester en l'état, comme vous le disiez au début de cet entretien, la candidate à la présidentielle pour 2027 du Rassemblement national ?
Mais bien sûr qu'elle va rester la candidate. Pas seulement parce que le Rassemblement national le souhaite, mais parce que des millions de Français le souhaitent. Des millions de Français placent leurs espoirs.
Mais elle ne pourra pas se présenter si l'appel n'intervient pas avant.
Elle va se battre. Vous savez, Marine Le Pen est une combattante. Elle va se battre, et nous allons tous nous battre pour faire valoir nos droits, et notamment le droit démocratique et souverain du peuple français, de pouvoir décider. Parce que ce qui se passe actuellement est quand même très grave, au-delà du cas de Marine Le Pen. On ferme une chaîne de télévision, la première de la TNT, qui rassemblait des millions de téléspectateurs parce qu'elle ne plaisait pas. On inflige des peines à un ancien président de la République sans commune mesure. Ce n'est pas seulement le Rassemblement national. Il y a aujourd'hui, dans notre démocratie, une dérive extrêmement grave.
On corsette les libertés. On a envie de mettre à bas la liberté d'opinion, le pluralisme politique, le pluralisme médiatique. Et détourner 4 millions d'euros, ce n'est pas une dérive. Non, non, je... Encore une fois...
C'est comme ça que c'est libellé de...
Oui, effectivement, c'est la décision politique des juges qui n'est pas la réalité. Et je le redis, nous sommes innocents. Il n'y a pas eu d'enrichissement personnel ni de corruption dans cette affaire.
Mais est-ce que l'intérêt du Rassemblement national, ce n'est pas au contraire d'introniser au plus vite Jordan Bardella pour qu'il puisse s'installer, faire campagne, y compris dans la petite musique de vos électeurs ?
Mais nous n'allons pas accepter ce scandale démocratique sans rien faire. Enfin, ce serait quand même délirant de laisser faire un coup de force qui serait dénoncé, un coup d'État des juges qui serait dénoncé dans n'importe quel autre pays dit autoritaire. Imaginez s'il y avait eu la même affaire en Hongrie. Si le principal opposant à Victor Orban était empêché par la justice. Mais vous auriez fait, évidemment, des unes et des unes et tout le monde se serait indigné. Et là, ce qui se passe aujourd'hui en France, le pays des droits de l'homme, est intolérable. C'est une décision d'injustice, effectivement.
C'est une décision politique qui vise à priver des millions de Français de leurs choix souverains et démocratiques.
Vous parliez à l'instant du Hongrois. Vous avez reçu le soutien de Victor Orban, du porte-parole du Kremlin, de Donald Trump. Ce ne sont pas franchement les plus grands démocrates de la planète ?
Oui, M. Macron reçoit le soutien du Qatar, reçoit le soutien de l'Arabie Saoudite. Il reçoit le soutien aussi, visiblement, dans les discussions amicales qu'il a avec M. Théboune, du dictateur algérien. Je ne pense pas qu'il soit très respectable. La différence, c'est que nous ne commandons pas les gens pour donner leurs sentiments sur les uns et les autres. Mais il est vrai qu'aux yeux du monde, et je parle aux yeux du monde en général, nous ne pouvons plus donner de leçons de démocratie, de droit de l'homme, de pluralisme, de liberté, quand on voit la décision d'hier.
Je reviens à Jordan Bardella. Pourquoi ? On a l'impression que forcément il y a une forme de défiance vis-à-vis de lui. Il n'aurait pas les épaules pour prendre le relais de Marine Le Pen ? Il n'est pas assez capé, il est trop jeune, il aura 31 ans en 2027 ?
Mais Jordan Bardella est une personnalité politique éminente, qui est l'une des personnalités politiques préférées des Français. Il est brillant, il est talentueux, personne ne le conteste. Mais nous n'allons pas accepter le scandale démocratique de voir que la candidate qui peut gagner l'élection présidentielle en 2027 se fasse éliminer et se voie empêcher de se présenter. Encore une fois, ce scandale devrait choquer n'importe quel démocrate en France, y compris ceux qui sont des adversaires du RN.
Il a lancé une grande mobilisation, comme il dit, populaire et pacifique. Il y a aussi une pétition, c'est un début d'insurrection, c'est un début d'effet Trump ?
Non, ce n'est pas une insurrection, c'est une indignation, c'est une mobilisation populaire et démocratique. Et moi j'appelle tous nos concitoyens, quels qu'ils soient, à se lever contre ce scandale. Parce qu'aujourd'hui c'est le RN, c'est Marine Le Pen. Demain, ce seront d'autres partis, ce seront d'autres personnalités politiques, et c'est les libertés des Français qui seront atteintes.
30 secondes juste sur vous, vous avez été également condamné à 8 mois de prison avec sursis un an d'inégibilité sans exécution provisoire dans cette affaire. Vous allez faire appel ?
Oui, je fais appel à cette décision. Je suis de facto présumé innocent, mais au-delà de mon cas personnel, moi ce qui m'inquiète, c'est la situation de la démocratie française qui est en train de s'effondrer.
Merci beaucoup Julien Audoul, bonne journée à vous.
Julien Odoul