« Le Groenland n’est ni à vendre ni à prendre ! » tonne Jean-Noël Barrot
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
L'année 2026 s'est ouverte avec fra. Elle nous a fait entrer de plein pied dans un monde marqué par la brutalisation des relations international. Un monde où l'usage de la force redevient un instrument assumé de politique étrangère.
Un monde où les règles patiemment construites sur les ruines de la Seconde Guerre mondiale sont de plus en plus souvent contournées, relativisées et parfois ouvertement bafoué. À l'aube du 3 janvier, une opération militaire menée par les États-Unis à Caracas a conduit à la capture et à l'exfiltration de Nicolas Madura. Cet événement spectaculaire par sa forme est lourd de conséquences.
Il appelle de notre part une parole claire, cohérente et responsable. La position de la France est d'abord une position de lucidité. Nicolas Madura était un dictateur sans scrupule qui a confisqué les libertés fondamentales de son peuple, étouffé toute opposition politique, accaparer la rente pétrolière pour asseoir son pouvoir personnel et piétiner le processus électoral pour se maintenir en place.
Cette réalité s'est imposée lors du scrutin présidentiel du 28 juillet 2024 dont les résultats n'ont jamais été rendus public. Aucun procès verbal, d'aucune. La France avec Constance avait appelé à la transparence totale du processus électoral, seul à même de garantir la sincérité du scrutin et le respect de la volonté des électeurs.
À l'issue de ce scrutin manipulé, la répression fut immédiate et violente. En quelques jours, près de 2500 personnes furent arrêtées et 27 perdirent la vie. Cette répression systématique décidée au plus haut niveau de l'État a conduit le bureau du procureur de la Cour pénale internationale à enquêter sur les crimes commis au Venezuela depuis 2014.
Cette enquête vise aussi les allégations graves de crimes contre l'humanité concernant les faits survenus après l'élection de juillet 2024, sans parler des conditions de détention indignes qui prévalaient dans les prisons vénézuéliennes. Symbole de ce système carcéral inhumain, la prison de Rodéo 1 à Zamora dans l'est de Miranda, restera tristement célèbre pour avoir accueilli des dizaines de citoyens européens détenus arbitrairement, y compris l'un de nos compatriotes que j'ai accueilli en novembre dernier sur le sol français. après sa libération.
Pour cela que le président de la République a exprimé clairement la solidarité de la France avec le peuple vénézuélien, enfin débarrassé de la dict dictature de Nicolas Madurant. Notre voix est constante et cohérente. Depuis des années, nous avons dénoncé la répression des voies dissidentes, les détentions arbitraires, les atteintes répétées à l'état de droit et nous en avons subi les conséquences d'ailleurs puisqu'en janvier 2025, la France a été visée par une mesure d'expulsion de la majorité de son personnel diplomatique à Caracas.
En 10 ans, près de 8 millions de Vénézuéliennes et Vénézuéliens ont quitté leur pays. Cet exode massif est le symptôme le plus implacable d'un échec patent sur le plan politique, économique et moral. Aucun démocrate sincère ne peut pleurer le départ de Nicolas Maduro.
Dire la vérité sur la nature du régime déchu ne nous dispense pas de dire la vérité sur la méthode employée pour le faire tomber. La France a rappelé avec force que l'opération militaire menée à Caracasse par les États-Unis contrevenait aux principes fondamentaux du droit international. Elle a dérogé aux principes fondamentaux de la charte des Nations-Unies et en particulier le respect de l'indépendance et de l'intégrité territoriale des États.
Certes, l'usage de la force est possible dans le droit international. La France l'a démontré elle-même il y a quelques semaines lorsqu'elle a frappé avec ses moyens militaires des groupes terroristes en Syrie et notamment Daesh. Mais cet usage est strictement encadré par le droit.
Dans un monde sans règle, la seule loi qui prévaut, c'est celle de la jungle. Un monde soumis à la loi du plus fort, la France prépare. Nous nous y préparons.
La ministre des armées l'a dit à l'instant en nous réarmant sur le plan militaire pour garantir notre sécurité et celle de l'Europe. C'est le sens de l'effort budgétaire que nous avons engagé pour nos armées, porté par le premier ministre et par la ministre des armées. C'est le sens de la consolidation de notre base industrielle et technologique de défense.
C'est le sens de l'autonomie stratégique que nous défendons auprès de nos partenaires européens. en nous réarmant sur le plan économique pour réduire nos dépendances stratégiques et échapper à la dépendance que nous avons laissé s'installer vis-à-vis d'autres régions du monde en nous réarmant enfin moralement pour être prêt à résister à cette brutalité qui s'installe, résister à la tentation du renoncement et de l'esprit de défaite. La France ne peut se résoudre à la brutalisation du monde.
C'est pourquoi elle continuera de défendre les principes qui font de la paix et la stabilité internationale. Ces principes que les peuples du monde ont inscrit dans la charte des Nations- Unies et qui sont les seuls à pouvoir nous prémunir du fléau de la guerre. Nous avons rappeler cette position le 5 janvier dernier devant le conseil de sécurité car ce sont bien la paix et la sécurité internationale qui sont fragilisé par cette brutalisation du monde.
Nous vivons un paradoxe dangereux. Les puissances qui ont imaginé l'ordre international tel que nous le connaissons considèrent aujourd'hui qu'elles ont plus à gagner à le violer qu'à le protéger. Ce n'est pas notre conception et ça ne le fera jamais.
Alors que faire ? D'abord sur place, notre priorité immédiate a été et demeure la protection de nos 2000 compatriotes présents au Venezuela. Malgré un retour relatif au calme, nous continuons de déconseiller formellement tout déplacement dans le pays.
À travers ces six collectivités dans les Amériques, la France est un pays américain et caribéen. Cela renforce évidemment notre engagement pour la stabilité de la région. L'Europe et l'Amérique latine ont d'ailleurs tout à ga conjugué leurs forces face au défis du siècle.
Défense de l'ordre international fondé sur le droit, transition écologique, lutte contre les inégalités et contre la criminalité organisée. C'est dans cet esprit que je me suis rendu dans la région en novembre 2025 aux côté du président de la République pour renforcer nos partenariats stratégiques, la lutte contre le narcotrafic priorité majeure pour notre sécurité intérieure comme pour la stabilité régionale. Au Venézuela.
Les autorités intérimères ont fait part de leur souhait de renouer des relations apaisées avec les pays européens. La France avec l'Allemagne a plaidé pour des mesures de réconciliation concrètes au bénéfices direct de la population. La libération de plusieurs prisonniers politiques survenues ces derniers jours constitue un signal positif que nous saluons avec prudence.
La France a renouvelé sa disposition à faciliter la reprise du dialogue entre tous les acteurs vénézuezuéliens, y compris l'opposante Maria Corina Machado. Les mots de son discours l à Stockholme par sa fille raisonnent bien au-delà des frontières. Ce que nous, Vénézuezli pouvons appor offrir au monde, c'est cette leçon apprise au terme d'un long chemin éprouvant.
La démocratie n'existe que si nous sommes prêts à lutter pour la liberté. Car la liberté est un choix, un choix qui doit être renouvelé chaque jour et qui se mesure à l'ône de notre détermination et de notre courage. Notre souhait pour le Venéuela est clair.
Une transition pacifique et démocratique. La première étape étant la libération des prisonniers politiques. La seconde étant une transition respectueuse de la volonté exprimée par le peuple vénézuélien il y a 1 an lorsqu'il a élu un président Enmundo Gonzales Uroia qui devra jouer un rôle dans cette phase de reconstruction nationale.
Aucune solution politique durable ne saurait être imposée de l'extérieur. Il appartient au peuple vénézuélien et à lui seul de trouver sa propre voie vers un avenir stable et prospère. La France dont l'ambassade à Caracas n'a jamais fermé ses portes, restera présente et engagée.
Je veux saluer devant vous le travail de nos agents qui a permis d'assurer la sécurité de la communauté française et de maintenir un lien essentiel avec la société vénézuélienne. La France, je le disais, s'est tenue au côté du peuple vénézuélien dont les besoins sont immenses et elle le restera. Sur le plan humanitaire, nous avons soutenu des distributions de repas dans les cantines scolaires, des programmes de santé et de prévention des cancers ou de formation médicale.
Sur le plan culturel, les liens sont demeurés vivants grâce aux alliances françaises, au lycée français de Caracasse, au festival de cinéma français dans tout le pays. Grâce à la musique aussi qui raisonne sous la baguette du chef d'orchestre Gustavo Douamel qui a dirigé l'orchestre de l'Opéra de Paris et celui de Radio France lors de la réouverture de Notre-Dame de Paris. Ces liens culturels sont précieux.
Les perspectives économiques existent également dans un pays qui comptait encore plus d'une centaine d'entreprises françaises au début des années 2010. Le renforcement de nos liens dépendra toutefois du retour de notre personnel diplomatique expulsé et de la poursuite résolue vers une transition démocratique. Ce qui s'est passé au Venezuela doit nous aider à dessiller les yeux.
Face à la multiplication des crises, la France fait le choix constant de la coopération plutôt que de la confrontation du droit plutôt que de la force. Nous l'avons fait lorsqu'après un an de travail la résolution que nous avons présentée à l'Assemblée générale des Nations unies condamnant le Hamas et ses crimes, appelant à son désarmement, destinant les contours d'une intégration régionale et garantissant le droit du peuple palestinien à l'autodétermination, a été adopté par 142 voix contre 10, c'est-à-dire l'écrasante majorité des nations du monde. Nous le faisons aussi en prenant très au sérieux les déclarations récentes du président américain concernant le Groenland.
Et je le redis avec force, le Groenland est un territoire européen qui n'est ni à vendre ni à prendre. Le président de la République l'a dit devant la conférence des ambassadrices et des ambassadeurs. Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme.
Nous refusons la vassalisation et le défétisme. C'est cette ligne de fermeté, de cohérence et de fidélité à nos principes que la France continuera de porter pour le Venezuela, pour l'Europe et pour l'ordre international fondé sur le droit sans lequel il n'y a ni paix ni liberté véritable. Je vous remercie.
Jean-noël Barrot