"Macron : le passage à vide" Les questions SMS #cdanslair 19-02-2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 30 %Attaque 10 %Défensif 60 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:01OuverteÉludée
Emmanuel Macron n'a-t-il pas intérêt à avancer la présentation officielle de son programme pour sortir de cette mauvaise passe ?
- 0:28OuverteRéponse directe
L'électorat pied-noir, qui semble s'être détourné du vote Macron, risque-t-il de lui faire perdre sa place au second tour ?
- 1:16OuverteRéponse directe
Selon quel raisonnement Emmanuel Macron peut-il qualifier de crime contre l'humanité la colonisation d'Algérie ?
- 2:00OuverteRéponse directe
Ces polémiques ne vont-elles pas finir par faire oublier l'essentiel, c'est-à-dire le programme des candidats ?
- 2:42ComplaisanteRéponse directe
Je suis un électeur de centre-gauche et je ne trouve pas que les propos d'Emmanuel Macron soient choquants. Suis-je le seul ?
- 3:22OuverteRéponse directe
Les explications de Macron sur le financement de sa campagne sont-elles recevables ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:09InvitéFait
« Non, je pense qu'il faut tenir son calendrier, son risque. Il faut qu'il le fasse, manifestement. »
- 0:43InvitéChiffre
« En nombre d'individus, on va dire que ça pèse, mais ce n'est pas déterminant, par rapport aux 44 millions d'électeurs qui sont amenés à se prononcer en avril et mai prochains. »
- 1:22InvitéFait
« C'est vrai que sur le plan juridique, il a eu tort d'employer ce terme, mais il peut s'appuyer sur le fait qu'un très grand nombre de crimes contre des humains ont été commis pendant cette période, y compris pendant la guerre d'Algérie, le massacre de Sétif et Guelma en 1945. »
- 1:39InvitéChiffre
« Il ne faut pas oublier qu'un million de paysans algériens ont été déportés pendant le siècle de la colonisation. »
- 3:28PrésentateurFait
« Les explications de Macron sur le financement de sa campagne sont-elles recevables ? »
- 3:41InvitéChiffre
« Il avait expliqué ce qu'étaient les donations de ses partisans. Il a expliqué, alors, quelques millions d'euros. »
- 4:46InvitéChiffre
« L'élection présidentielle est le scrutin qui mobilise le plus des Français. De manière générale, en termes de participation, on se situe aux alentours de 80% au premier tour, parfois un peu plus, parfois un peu moins. »
- 5:04InvitéChiffre
« Il y a une exception dans la période récente, c'est l'élection présidentielle de 2002, le 21 avril 2002, où là, on a atteint les 30% d'abstention. »
- 6:35InvitéFait
« On a bien vu une collaboratrice d'Alain Juppé qui le rejoignait. »
Temps de parole
- Invité28 %
- Présentateur24 %
- Invité 222 %
- Invité 318 %
- Présentateur 29 %
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Emmanuel Macron n'a-t-il pas intérêt à avancer la présentation officielle de son programme pour sortir de cette mauvaise passe ? Mathieu Croissando ?
Non, je pense qu'il faut tenir son calendrier, son risque. Il faut qu'il le fasse, manifestement. C'est vrai qu'il y a une attente et il n'y a pas répondu. Mais d'ici avancé, ça donnerait un sentiment de panique et d'improvisation encore plus fort que ce qui lui est déjà reproché. C'est dans deux semaines, dans le 2 mars, pour la présentation du programme. Pas non plus la semaine insensée, ni des manifs dans la rue pour dire le programme, le programme.
L'électorat pied-noir, qui semble s'être détourné du vote Macron, risque-t-il de lui faire perdre sa place au second tour ? Yves-Marie Kahn.
Non, je ne pense pas à l'électorat pied-noir. En nombre d'individus, on va dire que ça pèse, mais ce n'est pas déterminant, par rapport aux 44 millions d'électeurs qui sont amenés à se prononcer en avril et mai prochains. Le risque pour Emmanuel Macron, c'est en revanche que son argumentation autour de la polémique qu'il y a sur la colonisation et le crime contre l'humanité ne soit pas comprise du plus grand nombre. Là, se trouve le risque plutôt qu'auprès des pieds-noirs. Je ne suis d'ailleurs pas certain que l'électorat pied-noir constituait une cible, ou en tout cas un public potentiellement intéressé par Emmanuel Macron.
Et je rappelle qu'il s'est excusé tout à l'heure pour ses propos qui ont blessé. Regardez la question suivante dans le prolongement. Selon quel raisonnement Emmanuel Macron peut-il qualifier de crime contre l'humanité la colonisation d'Algérie ?
C'est vrai que sur le plan juridique, il a eu tort d'employer ce terme, mais il peut s'appuyer sur le fait qu'un très grand nombre de crimes contre des humains ont été commis pendant cette période, y compris pendant la guerre d'Algérie, le massacre de Sétif et Guelma en 1945. Il y en a eu d'autres. Il ne faut pas oublier qu'un million de paysans algériens ont été déportés pendant le siècle de la colonisation. Donc il y a eu des ravages énormes sur la population algérienne. Ça peut justifier l'idée, non pas de s'excuser, mais en tout cas de voir la vérité en face et de dire qu'il y a eu beaucoup de crimes qui ont été commis pendant cette guerre d'Algérie.
Ces polémiques ne vont-elles pas finir par faire oublier l'essentiel, c'est-à-dire le programme des candidats ? Alex Bouillaguet, elle est où cette campagne ? Elle est bizarre, oui. C'est-à-dire qu'on a du mal à avoir une lisibilité entre un candidat à droite, François Fillon, dont on connaît le programme, mais qui a une campagne pour le coup totalement illisible en ce moment. Un Benoît Hamon qui, lui aussi affiche assez bien la couleur, finalement fait son petit bonhomme de chemin en toute discrétion, mais peut-être qu'à l'arrivée ce sera efficace. Il incarne aussi une forme de modernité, de jeunesse, d'optimisme.
Et puis Emmanuel Macron, dont on ne sait pas exactement où il va, comment il fait. C'est vrai que c'est une campagne un peu inédite en ce sens. Je suis un électeur de centre-gauche et je ne trouve pas que les propos d'Emmanuel Macron soient choquants. Suis-je le seul ? J'imagine que c'est au sujet de la colonisation.
Je ne pense pas que votre téléspectateur soit le seul. Non, il y a beaucoup de... Il parle au centre-gauche, Emmanuel Macron. Il parle précisément, il s'est construit sur cette famille de pensée-là, qui était en déshérence, parce que c'est ce qu'on appelle la social-démocratie, mais on ne sait plus très bien ce que ça veut dire. C'est ce qu'on appelle la gauche réformiste, mais on ne sait plus très bien ce que ça veut dire, parce que pour certains, elle est devenue droite, et pour d'autres, elle est devenue impuissante. Mais on sait bien que, globalement, c'est le cœur historique de sa famille, donc c'est absolument normal, et à mon avis, rassurez votre téléspectateur, il n'est pas le seul.
Les explications de Macron sur le financement de sa campagne sont-elles recevables ? C'est-à-dire qu'il paye ? On se pose beaucoup la question depuis le début, parce qu'il n'y a pas de parti, donc il n'y a pas de structure, il n'y a pas de... Il joue quand même beaucoup la transparence là-dessus.
Il avait expliqué ce qu'étaient les donations de ses partisans. Il a expliqué, alors, quelques millions d'euros. Il a expliqué aussi qu'il allait faire un emprunt. Donc, a priori, sur le terrain du financement, il est relativement, à mon avis, transparent et inattaquable. Il y a eu cette affaire de ses frais à Bercy, etc. Ça, c'est une autre... Lorsqu'il était ministre, en effet. Lorsqu'il était ministre, mais j'ai l'impression que là, ça fait un peu de chit.
Pourrait-on voir Emmanuel Macron et François Bayrou s'associer, Yves-Marie Kahn ? Qu'est-ce que vous en pensez ? Vous pensez que c'est possible ?
C'est possible, oui, au sens où on ne sait pas quelles sont les intentions de François Bayrou. Enfin, en tout cas, on a bien compris qu'il n'envisageait pas de s'associer à François Fillon, que la cassure semblait assez nette. Maintenant, est-ce qu'il se présentera à l'élection présidentielle ? Ou est-ce qu'il, effectivement, il se ralliera à un autre candidat ? Et donc, en l'occurrence, on se dit que la candidature la plus proche, la plus centrale, aujourd'hui, c'est plutôt celle d'Emmanuel Macron. Donc, il y aurait une certaine cohérence. Maintenant, effectivement, il va falloir attendre. Le seul qui a la clé, aujourd'hui, c'est François Bayrou. L'abstention va-t-elle battre des records ?
Non, pas forcément. C'est possible, mais pas du tout. Pour une raison simple, c'est que, élection après élection, ça se vérifie. L'élection présidentielle est le scrutin qui mobilise le plus des Français. De manière générale, en termes de participation, on se situe aux alentours de 80% au premier tour, parfois un peu plus, parfois un peu moins. Il y a une exception dans la période récente, c'est l'élection présidentielle de 2002, le 21 avril 2002, où là, on a atteint les 30% d'abstention. On verra ce qui va se passer. Et beaucoup dépendra, finalement, de la façon dont la campagne va se dérouler au cours des deux prochains mois.
Si elle reste colorée par les affaires, un coup du côté de chez François Fillon, peut-être le financement d'un tel ou d'un autre, là, effectivement, ça ne va pas forcément beaucoup intéresser les Français. Et donc, il peut y en avoir un certain nombre qui se démobilisent. Et donc, ça favorise l'abstention, au final. Maintenant, on n'en est pas là. Lorsqu'on regarde les chiffres en termes d'intérêt pour l'élection présidentielle, on voit qu'on est dans les clous par rapport au précédent scrutin. à charge maintenant, pour les candidats, d'être à la hauteur des attentes et des enjeux de ce scrutin. Je pense qu'il y a quand même une particularité.
C'est que si Marine Le Pen est au second tour, on va être dans une élection qui ne sera pas un remake du 21 avril 2002. Parce qu'il faudra convaincre les électeurs de gauche d'aller voter pour un Fillon, par exemple, ou convaincre les électeurs de droite d'aller voter pour un Hamon ou pour un Macron. Par ailleurs, c'est le 7 mai. Curieuse idée d'avoir fait ça le 7 mai, avec un week-end de pont. Ah oui, avec le 8 mai qui sera férié le lundi 8 mai. Avec Marine Le Pen et un week-end de pont, on paraît compliqué.
Avec quelle force parlementaire Macron pourrait-il gouverner ?
Il y a de manière évidente les transfuges de ce que serait un parti socialiste qui aurait un petit peu implosé après l'élection. Je veux dire que toute la gauche pragmatique, sociale, réformiste, pourrait aller vers Macron. Une partie aussi du centre droit. Pourquoi pas ? On a bien vu une collaboratrice d'Alain Juppé qui le rejoignait. Même cette jonction a paru un petit peu, comment dirais-je, troublée. Mais en tout cas, on voit qu'il y a quand même un potentiel pour construire une majorité parlementaire.
S'il ne passe pas le premier tour, pour qui Macron appellera-t-il à voter au second tour ? C'est assez dur. Ça c'est intéressant, j'en ai aucune idée. C'est vrai qu'il aura quand même un potentiel de croire. Il appellera à faire barrage au Front National. Donc ça, quoi qu'il arrive, bien évidemment. Ça, oui. Quelle mesure sociale Macron est-il prêt à mettre en œuvre ?
Il en a décliné certaines sur le rendre du pouvoir d'achat avec le transfert des cotisations sur la CSG, l'assurance chômage avec des nouveaux droits et aussi des nouveaux devoirs.
Merci beaucoup à tous les quatre. Merci à l'équipe qui a préparé cette émission. Dans un instant, à Nélisabeth Lemoyne pour Célèbdo. Demain, ne manquez pas ces politiques. 18h35, Karim Rissouli. J'aurai le plaisir de vous retrouver à 19h45 pour ces polémiques. Je recevrai notamment Pascal Bruckner pour son nouveau livre « Un racisme imaginaire » et Tarek Oubrou, l'imam de Bordeaux. Lundi, retour de Caroline Roux dans « C'est dans l'air ». Très bonne soirée sur France 5.