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interviewPublic Sénat· 27 mars 2026 22 min

Présidentielle : Une primaire d’Edouard Philippe à Sarah Knafo ?

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Merci beaucoup. Arnaud Bénédetti, vous êtes avec nous. Bonjour Arnaud.

Merci d'être là, directeur de la Nouvelle Revue Politique, Émilie Zapalski. Merci également, communicante, fondatrice de l'agence Émilie On entendait François-Noël Buffet, on voit ce qui se passe à Lyon, où on a une métropole qui a basculé à droite, une ville principale, Lyon, qui est restée aux écologistes. C'est le cas à Marseille aussi, où là rien n'a basculé, mais Marseille va rester à à gauche, la métropole va rester à droite.

Ça montre quoi, Émilie ? Et ça veut dire que ça peut être compliqué à gérer ? – En fait, c'est vrai que c'est un peu l'arrière-boutique des municipales.

C'est la surprise du chef, c'est-à dire on focalise, c'est vrai, sur les mers et après il y a la métropole. La métropole elle a quand même des compétences assez importantes, un budget assez important et donc le déséquilibre, enfin ça crée un déséquilibre, ça crée plus de coopération nécessaire. Alors quand on dit coopération, je pense que c'est plutôt lutte et confrontation qu'il faut entendre, même s'il y a l'idée de travailler ensemble.

Et moi je trouve que c'est pas inintéressant quand même parce que ça fait peser des poids différents, ça peut contrebalancer des décisions, ça peut orienter un petit peu mieux les choses. Donc oui ça va être compliqué de s'entendre quand on a des orientations politiques si différentes avec des volontés et on l'entend bien là avec le côté écologiste qu'on essaie de contrecarrer mais ça peut être intéressant d'avoir cette confrontation et ces idées un peu opposées. Arnaud ?

Oui tout à fait, c'est-à-dire qu'en fin de compte ça peut en en effet être un moyen d'équilibrer le pouvoir sur le territoire mais faut-il encore que ça ne le paralyse pas et c'est bien le sujet et bien la question. C'est intéressant ce qui s'est passé à Lyon parce qu'en effet la ville, le centre de la métropole lyon a réélu son maire mais la métropole et a basculé à droite donc on va voir comment sur un certain nombre de projets je vois que par exemple sur les transports la nouvelle présidente de la métropole a dit qu'il faudrait négocier avec avec le maire de Lyon, parce qu'il souhaite revoir un certain nombre de schémas en termes de transport. Donc ça va être, en effet, une bataille qui va nécessiter pour l'ensemble des acteurs s'ils veulent satisfaire leurs administrés d'essayer de converger.

Alors c'est vrai pour les métropoles, c'est vrai aussi pour les communautés d'agglomération parce que vous avez un certain nombre de territoires, vous avez des villes-centres qui ont basculé politiquement, et des agglomérations qui restent en tout cas de manière tangente, éventuellement dans un autre bord politique. Donc on va voir un certain nombre de recompositions peut-être se faire. Mais les élus locaux ont l'habitude quand même de travailler et en sable aussi.

C'est une vision quand même qui est parfois un peu moins idéologique. Alors c'est peut-être moins vrai d'ailleurs dans les métropoles, mais en tout cas dans les agglomérations, c'est peut-être un peu plus fort. Oui, allez, le vendredi on a l'habitude de...

On a l'habitude de...

On a l'habitude de tirer le bilan de la semaine politique. Cette semaine politique, on a vu les secousses, les répliques sismiques de ce qui s'est passé dimanche dans les urnes après ces municipales. Est-ce qu'il n'y a pas, Émilie, une forme de paradoxe, c'est-à-dire que dimanche ceux qui ont eu le plus élus locaux ce sont les républicains, ce sont les socialistes qui ont conservé des bastions qui restent des partis d'élus locaux et puis on a vu cette ces deux partis imploser, se déchirer, se fracturer en vue de la présidentielle.

Comment on l'explique ? De toute façon, on savait que c'est deux forces qui sont très présentes en termes d'élus locaux et ça, ça ne change pas. Et c'est C'est vrai que c'est les grands gagnants, quelque part, mais en continuité avec ce qui s'est passé, des municipales, les Républicains et la gauche, avec tout ce qu'on y met et qui n'est pas encore très clair.

Maintenant, c'est vrai qu'ils se sont fait manger du terrain d'une manière symbolique et avec quelques prises importantes, par côté droite le rassemblement national ou plutôt je dirais l'union des droites incarnée par Éric Ciotti avec Nice notamment, une belle belle prise. Et puis de l'autre côté c'est LFI qui a marqué des points en termes de prises, je penserais à Roubaix mais aussi en termes de symboles, c'est comme s'ils avaient préempté ce terrain de la gauche pour 2027. Ils ont véritablement marqué des points je pense à LFI, ils ont fortement embarrassé l'EPS avec ses questions alliance, pas alliance qui n'ont été finalement pas très fructueuses au niveau local.

Et là on voit bien à quel point ils se déchirent cette semaine et à quel point c'est compliqué de s organiser avec cette force que représente l'FI. Et de l'autre côté, à droite, pareil, c'est l'ERN qui mène le jeu alors qu'ils n'ont pas beaucoup de villes, alors qu'ils ont encore un plafond de verre sans grande ville, mise à part Nice mais c'est porté par Éric Ciotti, donc pas tout à fait par l'ERN. Donc voilà, ils sont embarrassés par des petits challengers qui prennent une place de plus en plus importante.

Arnaud, comment on explique ces fractures après des résultats qui ont pas été mauvais pour les deux parties, voire qu'il était bon. – Oui enfin ils gèrent un capital, c'est-à-dire qu'en fin de compte il faut se rendre compte que malgré tout ils se font grignoter des positions à la fois par LFI, à la fois par le Rassemblement National, alors d'ailleurs dans des structures territoriales qui sont pas tout à fait les mêmes pour l'un et pour l'autre. Mais il y a une progression, malgré tout, de LFI qui est certes aussi du symbolique parce que LFI, comme d'habitude, a installé son récit dès l'annonce des résultats.

C'est un grand classique avec LFI, mais ça marche en tout cas. Et puis ils ont gagné quand même quelques villes. Et du côté du Rassemblement national qui a eu quelques conquêtes importantes dans les villes moyennes et dans les petites villes notamment.

Après, ce qui est intéressant de voir, c'est C'est que finalement, oui, la crise, elle est aujourd'hui à gauche au Parti Socialiste. De ce point de vue-là, Jean-Luc Mélenchon a réussi son pari. Parce que la crise où elle se trouve ?

Au bureau politique du Parti socialiste, c'est là qu'elle se trouve. Et où est-ce qu'elle se trouve ? Elle se trouve chez LR aussi.

Donc les vieilles forces de gouvernement que constituent en fait LR et le PS n'ont pas résolu leurs problèmes de concurrence parce qu'elles sont sur le plan national à la fois écartelées entre, d'un côté, le bloc central et les pôles qui sont à leur gauche ou à leur droite, respectivement. Donc ce problème, elles ne l'ont pas solutionné et les élections municipales ne l'ont pas, l'ont encore moins solutionnée. D'ailleurs, il n'y avait rien à attendre des élections municipales en termes de solution.

Mais par contre, les élections municipales ont vraisemblablement aggravé la situation. Donc ce n'est pas quelque chose de nouveau. On savait très bien qu'il y avait deux scènes nationales, une scène nationale et une scène locale, une scènes nationales avec des marques politiques qui étaient fortes, une scène locale avec d'autres marques politiques qui étaient fortes.

Mais pour les marques qui sont fortes localement, c'est-à-dire LR et le Parti Socialiste, qui restent fortes localement, les questions, j'allais dire, nationales demeurent et sont loin d'être résolues. On va parler de ce qui s'est passé à droite. On reviendra tout à l'heure sur la gauche, mais il me dit ce qui s'est passé à droite.

Il y avait ces interrogations pendant la campagne. Est-ce que cette campagne va être prémisse d'une union des droites ? Est-ce que les LR vont se refracturer ?

Est-ce qu'une partie va se tourner vers Alexioti et le Rassemblement national ? À la fin de cette semaine ? Qu'est-ce qu'on peut dire là-dessus ?

On n'a pas l'impression qu'il y ait des signaux véritablement d'un mouvement dans ce sens. On a plutôt l'impression que c'est un peu l'autre sens. Éric Ciotti a amené un peu cette union des droites, mais il n'y a que lui qui a réussi ce pari-là.

Et je pense que c'est plus dû à son passé à Nice, à sa confrontation avec Estrosi, qui a fait sa victoire. Et c'est moins une affaire du RN que cette histoire locale, j'ai l'impression. Et moi, je pense que cette idée d'union des droites qui reste un peu dans la tête comme un fantasme, elle ne prend pas tellement corps et on sent bien la résistance de beaucoup au niveau des Républicains, peut-être plus l'état-major que l'électorat, de ne pas aller là-dedans et de voir que c'est un peu la perte du parti.

Mais il y a toujours cette tentation parce qu'on a toujours envie de suivre ce qu'on imagine comme les gagnants du futur round 2027. Mais on voit bien qu'il y a une résistance et globalement, c'est ce que je voulais rajouter sur les municipales, même si c'est vrai que LFI, l'ERN ont symboliquement gagné, il y a quand même quelque chose de l'ordre d'une résistance en France sur ces deux partis d'extrême. On l'a vu sur des grandes villes pour le Parti socialiste, Paris, Marseille, on le voit pour les LR qui sont organisés pour ne pas laisser parfois monté en puissance l'URN et on voit bien que l'URN est bloqué dans les grandes villes.

Il y a quand même un terreau fructueux pour ces parties-là, plus nuancées, plus modérées. Sur l'union des droites et sur la ligne, la position que va prendre les Républicains. Il y a une déclaration qui n'est pas nouvelle mais qu'a refaites Laurent Wauquiez cette semaine son souhait d'un candidat unique qui irait d'Edouard Philippe à Sarah Knafo.

On va voir ce qu'on a dit ce matin. Sarah Knafo. Justement, on l'écoute.

Je suis favorable à une primaire de la droite. L'idée de Laurent Wauquiez, qui était aussi l'idée de David Lysnard il y a quelques mois, je trouve que c'est une bonne idée, que ça permettrait aussi de donner une dynamique à la droite, comme on l'a observé en 2017. Je vous dirais que ce sont les électeurs qui choisiront, c'est-à-dire qu'on dit que la primaire est ouverte, qui veut se présenter, se présente, et ensuite les électeurs tranchent, et ce sont les électeurs qui diront qui est de droite, qui mérite d'avoir des suffrages.

Ça reste un peu flou, mais elle ne ferme pas la porte à participer à une primaire qui irait d'Edouard Philippe jusqu'à elle. Je ne l'ai pas entendu sur Edouard Philippe encore, c'est pas très clair Ce que j'ai compris, c'est qu'Edouard Philippe et une partie des LR ne veulent pas une primaire avec...

Edouard Philippe, d'ailleurs, ne veut pas de primaire en tant que code. Il est candidat tout court. Enfin, une partie de LR ne veut pas de primaire, M.

Copé, M. Bertrand ne veulent pas de primaire avec Mme Claffaut. Donc cette histoire de primaire, à mon avis, elle est très mal emmanchée, si vous me permettez l'expression.

Le problème de l'union des droites, la difficulté de l'union des droites. D'abord, c'était un serpent de mer, l'union des droites. Mais l'union des droites, ce qui a changé, c'est que l'électorat de droite la veut.

Mais les appareils ne la veulent pas. Personne. Madame Le Pen n'en veut pas.

Monsieur Retailleau n'en veut pas. Finalement, il n'y a que monsieur Ciotti qui est favorable à une union des droites. Et madame Knaffo veut une union des droites, mais je ne suis pas sûr qu'elle veuille une union des droites avec le Rassemblement national.

En tout cas, elle ne le dit pas explicitement. Donc cette union, elle ne se fera en effet si elle ne se fait que par le résultat électoral. Le problème, c'est que si vous voulez, vous avez aujourd'hui une zone de chalandise électorale qui pourra aller Évite va du centre-droit avec M.

Philippe jusqu'à Mme Knaffot, qui est à la droite des LR. Je laisse de côté le Rassemblement national et que vous avez dans cette zone de chalandise plusieurs offres politiques, en tout cas, plusieurs candidats possibles. Donc la difficulté, c'est qu'il y a une forme de trompe-lein dans une zone de chalandise qui est quand même restreinte aujourd'hui en termes d'intention de vote.

Il est clair que si tous ces gens décident de se présenter au mois de janvier ou au mois de décembre prochain à l'élection présidentielle, il n'y a aucun qui franchira le premier tour de l'élection présidentielle. Donc il faut que l'instant, aucun de ces problèmes n'est réglé. Finalement, les seuls qui sont sûrs d'eux, ce sont ceux qui sont candidats.

C'est-à-dire M. Mélenchon, dont on sait qu'il sera candidat, malgré tout, M. Philippe, dont on sait qu'il sera candidats, non mais qui sont sûrs d'eux en termes de stratégie.

Et puis le Rassemblement National qui aura un candidat, soit M. Bardella, soit Mme Le Pen. – Ça veut dire que Bruno Rotaillot qui lui aussi officiellement Et pour vous, ça va avoir du mal à aller jusqu'au bout ?

M. Retailleau sera peut-être candidat au bout du bout, mais il est quand même dans une situation assez impossible avec LR aujourd'hui. – Et avec Gérard Larcher, pardon Émilie, je vous donne la parole, qui dit en En novembre, il faut un candidat unique de la droite et du centre.

Oui, mais de toute façon, c'est un peu comme à gauche. On est plus fort quand on est uni et on voit bien par rapport aux difficultés de ces deux parties-là que s'ils y vont en plus diviser, ça va être très compliqué. Non, je voulais revenir sur les Édouard Philippe, on voit qu'il y va, mais il y va un peu bizarrement quand même.

Il annule là son grand rassemblement prévu le 12 avril. Depuis longtemps, on entendait parler d'un plan massif qui devait nous annoncer, on n'en a jamais vu la couleur. C'est assez étonnant Il a commencé à faire des meetings, à initier son projet et il s'est arrêté.

Il a fait le tour de France, etc. Mais on voit qu'il y va, c'est un peu bizarre sa communication, il est quand même compliqué. Mais je pense qu'ils vont surtout avoir une difficulté à droite avec celle qu'on vient d'entendre, Sarah Knafo.

Parce que moi je pense qu'elle a fait quelque chose d'assez fort pendant la municipale, même si elle n'a pas eu un résultat énorme par rapport à ce qu'on pouvait annoncer, ce qu'on pouvait imaginer et ce qui était annoncée, mais elle s'est dévoilée. Elle s'est révélée, il me semble, comme une candidature quand même très intéressante. Elle a eu une campagne très intéressante, très puissante.

Et puis surtout, je crois qu'elle a un avantage, elle qui vient plutôt de l'extrême-droite, c'est qu'elle peut représenter un espèce...

Je pense que l'électorat justement de droite peut rejoindre cette femme d'extrême-droite qui est moins repoussoire ou épouvantaille qu'un Zemmour ou même qu'un Bardella pour certains qui sont issus de la droite. Et je pense qu'ils vont avoir un véritable gros caillou dans leurs chaussures avec Sarah Knafo, qui risque d'embarquer, elle a une espèce de puissance de frappe, il me semble, cette femme politique et elle peut rassembler, au-delà de ce que faisait Elle a tenté d'impulser cette stratégie d'union des droites au municipal, en se retirant au profit de Rachida Oui, alors dans un bassin qui est parisien quand même, donc il faut toujours être prudent. Moi je pense que l'électorat de Reconquête n'est pas l'électorat par exemple du Rassemblement National.

La grande force et la grande intelligence tactique finalement de Mme Knaffo dans cette campagne municipale, c'est d'avoir réussi à siphonner une partie de l'électorat LR qui ne voulait pas voter pour Mme Dati parce qu'on considérait que Mme Dati n'était soit pas la bonne candidate, soit parce qu'elle s'était macronisée en participant aussi à un gouvernement macroniste. Il y avait toutes ces raisons qui ont facilité certainement aussi mais il fallait les réussir, à ce que ça soit facilité. Elle a réussi la dynamique de Mme Cnaffot à Paris. – Elle a siphonné aussi les voix du RN parce que Thierry Mariani est arrivé à un Le RN est historiquement faible à Paris.

Oui, mais habituellement, il avait plus que les quelques 1 % qu'a eu Thierry Mariani. C'est vrai. Mais enfin, je veux dire, le RN n'était pas en mesure, vraisemblablement, de faire un score équivalent à celui de Mme Knafou, il me semble.

Voilà, donc après, bon, encore une fois, je pense que la droite est loin… La droite dite conservatrice et libérale est loin d'avoir résolu son problème. – Un dernier mot, on va écouter un autre Le candidat vaincu à Paris, c'est Pierre-Yves Blonazel. Le parti Reconquête est un parti d'extrême droite.

Donc c'est leur droit. Mais l'extrême droite, je la combats. Et donc je ne fais pas une primaire avec l extrême droite.

Elle va être compliquée à imposer, cette idée de primaire 1, Arnaud. En tout cas, une primaire qui va d'Edouard Philippe à sa règle d'info. Non, mais ça me paraît totalement impossible à ce stade.

C'est pour ça que M. Larcher, quand il demande en effet il voit bien la difficulté, il voit bien le danger parce qu'on se dirige finalement si on continue comme ça au moins avec deux candidats à droite enfin au centre droit, c'est-à-dire M. Philippe et un candidat LR qui à un moment donné pourrait être M.

Rotaillot par par exemple, ou M. Lysnard, par exemple. Donc si vous voulez, le risque, encore une fois, c'est d'avoir une division des parts de marché électorale avec une multiplicité de candidatures, et ce qui facilite évidemment le Rassemblement national.

Et de l'autre côté, LFI, comme on aura la même chose à gauche, donc si vous voulez, aujourd'hui, la scène politique, ils font tout pour éviter un affrontement de second tour entre LFI et le Rassemblement National. – Mais il y a quand même un problème de fond chez LR et à gauche, c'est qu'il n'y a pas tellement de stratégie affichée ni de positionnement des stratégies affichées. Est-ce qu'on fait des unions avec LFI ou avec BRN ?

Mais qu'est-ce qu'on propose Au moins, moi je dois dire que LFI et l'ERN, on sait ce qu'ils proposent et on sait leur stratégie à long terme. Ça c'est clair et net, on peut le pitcher comme on fait en communication. Les LR, moi je ne sais pas quoi dire, je ne sais pas ce que c'est leur projet, pareil pour l'EPS limite les écolos on peut imaginer et ça c'est un problème quand même Est-ce que la stratégie de LFI c'était aussi lors de ces municipales de montrer finalement une forme de caractère indispensable à la gauche, est-ce que le PS est tombé dans cette forme de piège ?

Complètement. Et c'est ce qu'ils ont réussi à faire. En gros, ils ont dit pour 2027, on est incontournable.

Et ça, ils l'ont fait. Ils ont gagné, même s'ils ont gagné très peu de villes quelque part. Déjà, c'est la première fois qu'ils s'en mêlent vraiment des municipales.

Donc c'est plutôt pas mal réussi. Mais en plus, ils ont complètement préempté ce terrain de la gauche. Et on voit bien à quel point ils ont du mal à s'organiser en face.

On va terminer par l'autre sujet. Le sujet de préoccupation des Français cette semaine, c'est l'augmentation des prix à la pompe. Que va faire l'État ?

Que peut faire l'État ? Comment peut-il aider les Français ? On va écouter ce matin le ministre David Amiel.

Pour toute dépense nouvelle, il y aura l annulation d'une autre dépense prévue à l'euro près avec un décret d'annulation. C'est extrêmement important, on ne peut pas se permettre de creuser encore la dette et les déficits. Il n'y aura pas de quoi qu'il en coûte face à la crise énergétique.

On ne peut pas refaire ce que nous avons fait en 2022-2023, tous les deux et tous les trois ans. Le gouvernement est coincé, Arnaud, entre des Français qui, face à la hausse des prix du carburant, demandent des ailes et puis une dette qui ne permet peut-être pas de le faire. Complètement, parce qu'il a un problème structurel, c'est la dette, c'est le déficit public qu'il faut absolument résorber parce que ça plombe aussi l'économie française et la croissance.

Et Et puis en même temps, en effet, une guerre qui, si elle durait, risquerait de nous confronter à un nouveau choc pétrolier. Ce qui n'est pas le cas pour l'instant, mais ce qui pourrait être le cas. Donc, si vous voulez, ça risque que ça, c'est un élément qui peut peser lourdement, par exemple, sur le climat de la prochaine présidentielle.

Donc, finalement, le gouvernement a très peu de marge de manœuvre, il n'en a pratiquement aucune, sauf à jouer peut-être sur la fiscalité, mais on voit qu'il ne veut pas le faire en raison, justement, de la nécessité de la maîtrise de la dette publique. On va voir, parce que vous savez, la question de l'énergie, la question du carburant, c'est un fort carburant, si vous me permettez cette expression, pour les crise sociale. Je rappelle que la crise des gilets jaunes est partie d'une hausse de la taxe carbone en 2018, donc ça va alimenter inévitablement, si ça durerait, un climat social qui sera compliqué et moi je me demande jusqu'à quand ils peuvent tenir on sent bien qu'il ya cette idée on va pas retomber dans le quoi qu'il en coûte parce qu'on a mis on a mis beaucoup de temps à sortir c'est vrai qu'on sait on s'est habitués tout ça on a été complètement subventionné par l'état pendant un moment on s'est habitué on on ne comprend pas que ça ne remarche pas.

Le gouvernement va essayer de bloquer, jusqu'à quand ? Ça, ça dépendra de la durée et de l'intensité de la guerre, parce qu'en effet, moi je pense qu'il va y avoir une colère telle qu'au bout d'un moment, là on sent qu'ils ont déjà lâché un peu pour les agriculteurs, pour les pêcheurs. Alors c'est des reports de charges, ça ne fait que repousser le problème.

Mais il y a un moment où il va y avoir une demande un petit peu plus forte parce qu'il y a des gens qui ne pourront pas aller travailler ou ça va leur coûter très très cher. Moi ce que je ne comprends pas, j'ai un peu du mal quand même à comprendre et à entendre des gouvernements successifs qui, depuis 2020, depuis 2022, donc crise Covid et crise d'Ukraine, n'ont pas réussi à mettre en place un système qui permette de protéger les plus modestes en cas de crise comme – Je ne comprends pas comment l'État n'arrive pas à mettre en place, il y a d'autres pays qui le font, pourquoi nous on est plus idiots que les autres et on n'y arrive pas alors que c'est des choses dont on va avoir besoin ne serait -ce que pour la transition écologique. Donc je pense que là l'État il faut qu'il se bouge, il faut qu'il réfléchisse.

C'est toujours au moment où la crise arrive qu'on se dit comment on va faire TVA ? On se pose les mêmes questions. La TVA c'est hyper inégalitaire parce que même les plus riches auraient cette baisse de TVA, donc c'est un peu idiot de se priver de cette manne pour l'État.

Franchement je ne comprends pas. Merci Arnaud, merci Émilie. Un petit mot pour vous dire que c'était notre dernier vendredi après 6 ans ensemble on va changer un peu nos habitudes on va se retrouver tous les jours du lundi au jeudi désormais à 7h30 et à midi 30 avec toujours les mêmes rendez -vous ne ça change pas l'actualité au plus près de chez vous l'actualité dans dans nos régions.

Et puis le vendredi, vous retrouverez désormais d'autres programmes, toujours territoire, toujours parlementaire. On se retrouve donc lundi à 7h30. Je vous souhaite un excellent week-end à lundi.