Universités : audition de syndicats d'enseignants-chercheurs
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Allez, on va y aller. Chers collègues, nous avons le plaisir d'accueillir ce matin pour notre première audition de la journée les représentants des organisations syndicales d'enseignants chercheurs. Je vous présente monsieur Pierre Bagdad, vous êtes membre du bureau national de la CGT Fercup.
Monsieur Benelli Chéri, vous êtes secrétaire général de sureche UNSA. Monsieur Emmanuel de l'Escure, vous êtes secrétaire général du SNESUP Fessu et vous êtes accompagné de madame Stéphanie Rossano. Vous êtes responsable du secteur recherche.
Enfin, monsieur Nicolas Hochou, secrétaire fédéral de la CFDT, éducation, formation, recherche publique. [grognement] Quelques mots sur cette commission d'enquête, vous le savez ce que vous avez suivi les épisodes précédents. qu'elle a été décidé par le Sénat, l'initiative du groupe les républicains qui en a confié le rapport à notre collègue la sénatrice Laurence Garnier.
Son objectif principal est d'établir un état des lieux partagés du modèle universitaire français dont je cite "L'université constitue le socle et a identifié les leviers permettant d'en renforcer la qualité, l'attractivité et le rayonnement. Nous avons absolument besoin de de vos témoignages, notamment dans la façon dont vous vivez concrètement sur le terrain, les questions qui nous occupent ici. On a besoin de remonter direct du terrain.
Vous avez notamment des conditions des des connaissances fines sur la façon dont vous arrivez à réaliser ou à ne pas réaliser vos missions d'enseignants et de chercheurs et d'enseignants chercheurs et vous nous direz un peu comment vous arrivez à faire vivre ces deux parties de votre de votre métier. et puis aussi un point de vue plus général sur les évolutions récentes de de l'université. Euh bien évidemment, ce qui nous intéresse nous, c'est l'excellence académique et vous nous direz comment vous la définissez euh et comment on pourrait intégrer euh vos activités d'enseignants et de chercheurs dans un renforcement de la fonction académique française.
Alors, avant de passer la parole à notre à notre rapporteur, je vais vous céder à chacun et à chacune la parole. Pas trop longtemps, sinon on va avoir du mal à respecter l'horaire. Donc, si vous pouviez avoir un propos liminaire très synthétique de 5 minutes et puis après avec les questions, vous pourrez vous pourrez [gémissement] aller plus loin dans votre dans votre propos.
Nous souhaiterions collectivement que il puisse y avoir et je pense que vous allez comprendre tout de suite l'intérêt pour vous de ma demande que vous ayez un discours sur l'attractivité du métier d'enseignant et et c'est bien à vous qu'on peut vous demander ça. [grognement] C'est-à-dire quelles sont aujourd'hui les difficultés rencontrées par les universités pour recruter, fidéliser les enseignants chercheurs. Si vous pouvez nous dire quelques mots du CNU, de la qualification, ça serait aussi bienvenu.
Les personnes qui vous ont procédé qui précédé pardon ont eu des opinions très diverses sur le CNU et là on a besoin de de vous de vous entendre. Alors, je avant de vous céder la parole et de passer la parole à à notre rapporteur qui va vous questionner pour une série de questions-réponses, là aussi je vous demanderai d'être très synthétique. Je dois absolument procéder au format aux formalités d'usage pour une commission d'enquête.
Et donc, je dois vous rappeler qu'un faux témoignage devant cette commission est passible des peines prévues aux articles 434-13-14-15 du code pénal. Et je vais vous inviter les uns après les autres à prêter serment de dire toute la vérité et rien que la vérité en levant la main droite et en disant je le jure monsieur Bagdad commencer par vous je le jure. Merci monsieur de l'escure.
Je le jure madame Rossano. Je j'ai oublié votre nom. Oui, allez-y.
Je le jure. Merci. Et on finit par vous monsieur Sheriff.
J'ai bien j'ai bien pris note de votre prestation serment. Je vous demande par ailleurs de nous faire part de vos éventuels liens d'intérêt personnel en relation avec notre commission d'enquête. Vous n'en avez pas.
J'enregistre votre Ça y est, je suis responsable de cette demande. C'est moi qui a déposé un amendement là-dessus. Donc voilà, je vais rien dire.
Euh donc j'ai bien compris que vous n'étiez pas en situation de lien d'intérêt avec euh l'objet et je vous rappelle enfin que mais vous le savez que cette audition est diffusée en direct sur le site internet euh du Sénat. On va prendre par ordre de d'arrivée. Donc monsieur monsieur Bagdad, vous avez 5 petites minutes pour faire un un proposiminaire et puis on on reviendra après dans la suite de la discussion sur vos propositions.
Vous avez la parole. Je vous remercie monsieur le président. Madame, c'est bon.
Allez, monsieur le président, madame la rapporteur, mesdames et messieurs les sénatrices et sénateurs, toute discussion sur l'excellence académique qui n'instruirait pas la question du temps, de la stabilité et des moyens et nul et non avenu. Le temps d'abord, car la recherche, chacun le sait, en nécessite et en grand nombre. La recherche, ce sont des avancées qui ne naissent que par tâtonnement, par échec successif.
La recherche, c'est remettre un lassablement sur l'établi la paille sous le carnet, ses questionnements, ses hypothèses. Or aujourd'hui, le temps manque. [grognement] Il manque partout dans les établissements universitaires, dans les grands établissements, dans les organismes nationaux de recherche.
Ce temps de recherche est très régulièrement passé au second plan par rapport aux missions d'enseignement, mais plus encore, ce sont les missions d'administration, de la recherche et de l'enseignement qui grèvent les capacités de recherche et d'enseignement des agents des missions d'évaluation d'abord dont l'HCS est l'avatar discrédité par tous les travailleurs et toutes les travailleuses. des missions de sélection ensuite qui déstructure les conditions de travail des enseignants chercheurs dont la fonction n'est pas d'opérer un tri principalement nous le savons, un tri social, mais de produire et transmettre des savoirs à toutes celles et ceux qui en font la demande. Ces déstructurations des conditions de travail font naître et nous organisation syndicale en somme régulièrement les caisses de résonance une souffrance au travail qui explose.
Ce temps qui manque n'est aussi de manque de poste dans l'enseignement, dans la recherche mais aussi chez les personnels biats, agent d'appui à la recherche, de scolarité, des bibliothèques, les archivistes, les ingénieurs d'études, les techniciennes et techniciens. Ces manques de poste, ils ne sont pas dissociables non plus d'une attractivité en berne fonction issu d'un manque de rémunération, de reconnaissance et de conditions de travail dégradé. La stabilité ensuite est une question centrale et elle est nécessaire car l'incertitude de la recherche doit être contrebalancée par une sérénité qui permet une capacité d'anticipation et une sécurité. une prévisibilité pour que l'imprévisible puisse jaillir.
Cette stabilité, elle ne peut naître que par un statut protecteur, celui de fonctionnaire pour les enseignants, les enseignants chercheurs et les biats. Cette stabilité, elle doit aussi devenir une priorité pour nos jeunes chercheurs, pour les enseignants chercheurs en formation, nos doctorantes et doctorants. Il faut un véritable statut unitier du doctorat reconnu par tous comme des travailleurs en formation, comme des producteurs à part entière de savoir et il faut aussi et surtout assurer une stabilité pour nos docteurs grâce d'abord à des postes à la hauteur de leur qualification mais surtout grâce à un véritable statut du docteur ouvrant à une reconnaissance salariale spécifique et ouvrant à des droits particuliers liés à ce statut notamment un droit à des activités de recherche autonome.
Mais toutes ces questions trouvent enfin leurs sources dans une problématique principale, celle des moyens et aujourd'hui celle de l'économie de pénurie dans laquelle le gouvernement et le parlement placent délibérément l'enseignement supérieur et la recherche. Ces moyens continuent à être diminués chaque année, budget [raclement de gorge] après budget. Ces moyens continuent à être mis au jeu de la concurrence entre les établissements, les collectifs de travail et les agents eux-mêmes.
Cette logique de la concurrence est contraire fondamentalement avec la logique de la recherche qui n'est sous tout rapport qu'une activité collective. Il nous faut renouer avec une logique de moyen par des financements importants et pérennes qui permettent une stabilité, offre du temps pour la recherche et permettent d'atteindre une forme d'excellence académique. Pour conclure et en finir, toute discussion sur l'excellence académique qui n'instruirait pas la question du temps, de la stabilité et des moyens et nul et non avenu.
Merci. Pardon pour pour lau, je vous propose juste une expression pour tous les deux. Donc l'un ou l'autre, comme vous voulez, ça vous de décider.
Me faites pas m'obligez pas à choisir entre l'homme et la femme, s'il vous plaît. On a [grognement] prévu Voilà, ça fonctionne que on a prévu une 5 minutes de prise de parole et j'en ai été chargé. Allez-y.
Donc, monsieur le président, madame la rapporteur, mesdames les sénatrices et messieurs les sénateurs, nous vous remercions pour cette invitation. En quelque sorte, enquêter sur la capacité des universités à garantir l'excellence académique suppose qu'elles ne le font pas. Faut-il partir d'un constat de déclin ?
Et si oui, d'où cela viendrait-il ? La place de l'université dans les classements internationaux. Mais quelle valeur leur accordé ?
Ils sont si nombreux et variés. Leurs résultats sont si changeants. Ils font l'objet de tant de récrimination.
Notre système d'enseignement supérieur est efficace mais il est attaqué de toute part. Qu'est-ce qui met en danger l'excellence ? Dans le contexte dans lequel nous nous situons, contexte de sous-financement chronique, de bouleversement permanent, d'entrave à leur mission, les agents du service public et en particulier les enseignants chercheurs et les enseignants du service public de l'ESR ont en permanence l'objectif de l'excellence, de la qualité du service rendu dans la formation comme dans la recherche.
L'excellence ne saurait être produite par une partition du service public de l'ESR. Elle procède de l'ensemble de ses acteurs dans leur diversité. Elle ne peut se concevoir que comme un tout insécable au risque de s'appauvrir.
L'université est en soi un gage d'excellence. Elle est d'ailleurs très recherchée. Nombreux sont les établissements qui voudraient se vanter ou se vent d'être une université.
Les grands établissements n'ont par exemple pas voulu se départir du terme université. D'autres veulent délivrer des diplômes nationaux, le titre de doctorat, la formation à la recherche, l'ouverture à l'international sont autant de gages de l'excellence universitaire. Mais l'université n'est pas un label, c'est un système riche, complet, très divers.
Une sorte d'écosystème qui repose sur une diversité de personnels, des enseignants, des chercheurs, des personnels support et soutien et bien évidemment des enseignants chercheurs qui incarnent le lien entre formation et recherche. Ce dont à nos yeux il faut avoir bien conscience, c'est qu'il s'agit d'un système qui comme la biodiversité est le produit d'un ensemble d'équilibre mais un système qu'il est malheureusement trop facile de déstabiliser. La quête d'excellence que nous portons au SNESUPFSU passe par divers éléments.
Une université ouverte qui est en mesure d'accueillir l'ensemble des membres d'une génération ayant obtenu le le baccalauréat près de chez eux et dans la filière de leur choix. Nombreuses sont les générations qui se sont formées à l'université. L'université assumé trois vagues de massification dont la dernière est toujours en cours.
C'est une institution qui a diplômé une grande partie des actuels actifs. Elle passe aussi, cette quête de l'excellence, elle passe aussi par une université qui permet d'élever le niveau de tous les étudiants et de toutes les étudiantes traité avec égalité quel que soi leur profil, leurs ressources et leurs origines sociales comme géographiques. ce qui implique d'améliorer les conditions d'accueil en ouvrant de nouveaux sites et notamment des universités à part entière doté de budget à la hauteur des besoins.
Vous aurez compris que cela implique également de ne pas augmenter ni de différencier les droits d'inscription. Elle passe également par une université construite dès la L1 autour du lien entre formation et recherche et qui porte l'objectif d'emmener le plus grand nombre jusqu'au doctorat. L'université est actuellement l'une des principales forces de production de la recherche avec les organismes de recherche avec lesquels elle partage certains laboratoires en plus de ceux qui suont propre.
Les enseignements à tous les niveaux sont nourris par ces activités de recherche. Il est important de maintenir ce lien et de soutenir l'accès au doctorat qui constitue le tissu à partir duquel se construira la recherche de demain privé comme public. et c'est une nécessité pour maintenir le potentiel d'encadrement en formation et en recherche.
La quête de l'excellence que nous portons passe aussi par une université dans laquelle la liberté académique dans toutes ces dimensions constitue un principe intangible. Liberté dans le choix des sujets de recherche, dans la définition des programmes des cours, dans l'expression publique sous la seule réserve prévue par la loi, la loi en vigueur, le respect des principes, je cite, de tolérance et d'objectivité. D'ailleurs, la loi elle-même précise que cette liberté constitue un gage d'excellence.
Le respect d'une telle liberté implique un fonctionnement collégial, des corps de fonctionnaires d'état et des instances nationales composées de pères élus afin que le déroulé de leur carrière ne soit pas seulement tributaire de la situation locale. Il faut aussi des instances locales composées majoritairement de représentants et de représentantes des personnels et des étudiants élus. Et enfin dans un système un système d'évaluation basé sur l'avis de père également élu et non d'experts nommé révocable à merci.
Nous défendons farouchement le conseil national des universités, le CNU que certains appellent ni plus ni moins à supprimer faisant montre d'une incompréhension totale de ce que ce qu'il représente pour l'université dans son ensemble. Nous suivons de très près les travaux du Conseil d'État sur le statut des enseignants chercheurs. Enfin, la quête de l'excellence que nous portons passe par une université qui tout à la fois irrigue la société et se nourrit de ses évolutions.
Un lieu ouvert, un lieu d'émancipation par les savoirs, de vie sociale et de développement de la pensée scientifique et critique. S'il me reste quelques secondes, allez-y. J'ajouterai que pour conclure, dans les faits, on peut dire que les universités sont excellentes.
L'ADEP chiffre à 12460 € par an le coût moyen des étudiants d'un étudiant à l'université alors qu'il faut moitié plus pour un élève de classe prépa. On pourrait donc dire que l'université Excel a formé une population beaucoup plus large et souvent moins favorisée avec peu de moyens. Mais on serait loin du compte.
En effet, ces 12400 € incluent toutes les dépenses de l'État, y compris la totalité des charges sociales du par l'employeur, dont le fameux cas pension qui ne cesse d'augmenter ces dernières années. Les dépenses dont bénéficient directement les étudiants sont donc bien inférieures, peut-être autour de la moitié. Elles sont de plus inégalement réparties entre les universités, entre les disciplines et entre les cycles.
L'excellence est donc dès lors indubitable, surtout si l'on a en tête les tarifs que nombre de bachelurs privés, près de 9000 € en moyenne, [raclement de gorge] les tarifs qui sont pratiqués par les bachelors privés dont la qualité est incomparable. Merci. Merci à vous la CFDT, vous avez la parole.
Merci beaucoup. Commençons par rappeler les fondamentaux. L'université est l'endroit dans le système d'enseignement où recherche et enseignement se rejoignent et se nourrissent mutuellement.
Les étudiants y sont au contact de la recherche de pointe. Les chercheurs, ils sont au contact des étudiants. L'université française a par ailleurs énormément évolué au cours des 30 dernières années.
C'est quelque chose que j'ai pu observer personnellement dans ma carrière. La qualité des recherches a énormément augmenté dans toutes les disciplines. Ces recherches sont publiées dans des endroits plus prestigieux qu'il y a 30 ans, plus internationaux aussi.
D'autre part, les personnels de l'université et notamment les enseignants-cher chercheurs sont très attachés à leur double mission d'enseignement et de recherche. Ils ont un très haut niveau de conscience professionnelle et ils prennent très à cœur l'accomplissement de leurs deux missions. C'est important à mon avis de garder ce point en tête.
Vous avez des personnels qui ont effectué des études longues et difficiles qui ont dépassé des concours de recrutement très prestigieux et qui ont très à cœur de bien faire leur travail. Si vous estimez qu'ils ne font pas leur travail, c'est qu'il y a quelque chose qui n'en va pas, quelque chose qui n'est pas allé. Qu'est-ce qui s'est passé ?
La réponse à mon avis, c'est que l'État n'a pas su avoir une vision globale de l'enseignement supérieur et de la recherche et qui n'a pas su les traiter comme deux questions qui sont intrinsèquement liées. Pour réduire un certain nombre de problèmes de l'enseignement supérieur, on a rajouté du travail aux enseignants-cher chercheurs sans voir que le temps qu'on rajoute sur l'enseignement, c'est forcément du temps qu'on prend sur la partie recherche. Aujourd'hui, pour répondre aux besoins en enseignement, les enseignants chercheurs français sont en surservice moyen de 32 %.
C'est-à-dire qu'ils effectuent tous en moyenne 32 % de plus que leurs heures statutaires théoriques. C'est épuisant et ça n'est pas tenable sur le long terme. À cette augmentation significative de la mission d'enseignement, il faut ajouter une grosse hausse des missions administratives.
Quelle que soit l'opinion qu'on a sur Parcours Super, leur mise en place représente des millions de dossiers de candidature à évaluer et à classer chaque année. Un travail qui n'existait pas avant, un travail supplémentaire qui n'a pas été compensé et qui rajoute à l'épuisement des enseignants chercheurs et de tous les collègues universitaires. Selon le baromètre bien-être au travail commandité par notre ministère de l'enseignement supérieur et de la recherche, 60 % des enseignants chercheurs estiment aujourd'hui que leur travail met en danger leur santé physique ou mentale.
C'est énorme. Cette dégradation des conditions de travail a eu des conséquences sur l'attractivité de notre métier. Globalement 8 % des postes d'enseignants chercheurs n'ont pas été pourvus au dernier concours un doublement par rapport au taux en 2020.
Ce taux monte à 12 % pour les disciplines scientifiques et à 21 % pour l'informatique. Les métiers d'enseignants chercheurs à cause de la dégradation de travail n'attirent plus. Rappelons que les enseignants chercheurs sont la première force de recherche de notre pays.
Toute mesure que l'État prend et qui impacte le temps de recherche des enseignants chercheurs impacte la capacité de recherche du pays. Inversement, toute mesure qui libère du temps de travail en recherche améliorera la qualité de recherche du pays. Vous nous posez des questions sur le mode de recrutement des enseignants chercheurs, mais pour nous, il y a 55000 enseignants chercheurs en poste.
On en recrute 1200 nouveaux chaque année. Agir sur les conditions de recrutement, c'est agir sur 2 % des enseignants chercheurs. Il est beaucoup plus intéressant, efficace de réfléchir à maintenir en activité, à maintenir en capacité de faire leur travail les 55000 enseignants chercheurs existants et de ne pas les épuiser.
Pour finir, l'université française est à la fois similaire et différente de ses homologues internationaux. similaire en ce sens qu'elle est l'endroit comme toutes les universités internationales où se croisent et se nourrissent mutuellement enseignement et recherche. L'endroit aussi qui permet aux étudiants de se réorienter facilement, précisément à cause de son caractère universel, différente parce qu'elle a historiquement une attitude différente par rapport aux étudiants et ceux en deux endroits.
D'une part, elle s'efforce d'accueillir tout le monde à l'entrée en licence et d'autre part, elle prend un très grand soin de ses doctorants. Dans le système universitaire français, chaque doctorant est très important. Il a une contribution importante à la recherche et il doit pouvoir faire son travail dans de bonnes conditions.
Je suis d'accord avec mon collègue qu'on pourrait améliorer ces conditions, mais c'est une obsession de nos collègues déjà que d'améliorer. C'est l'esprit du système français de doctorat. Ça explique l'arrèglement actuel.
Cet objectif est partagé par la plupart de nos collègues, mais du coup ça se traduit par moins de doctorants par encadrant et par des encadrants qui ont à cœur de ne pas prendre de doctorants s'ils estiment qu'ils ne pourront pas les encadrer dans de bonnes conditions. Ce qui explique la baisse actuelle du nombre de doctorats. Voilà.
Merci. Bon les chérif pour pour l'UNSA, vous avez la parole. Je vais voir un exposer.
Non mais ça va aller. Euh, mettez votre micro si parle pas devant, je crois. Voilà.
Voilà, c'est bon. C'est l'avantage de parler à la fin. Voilà.
Donc écoutez mesdames et messieurs les sénateurs, chers collègues, alors je dirais que grâce au dévouement des personnels enseignants, chercheurs, administratif, le modèle français demeure performant et capable de produire une recherche et des formations d'excellence. Alors cette excellence s historiquement construite au sein d'un écosystème unique et fondé sur une articulation entre les universités, les établissements de recherche nationaux, notamment le CNRS ainsi que et et et les grandes écoles. La quasi totalité, on parlait d'excellence mais la quasi totalité des prix Nobels français. 60 sont issus de l'ancienne université de Paris avant son éclatement en 70.
Donc autant dire que le modèle d'excellence, l'université a produit de l'excellence en bénéficié de ce maillage université, organisme de recherche et grandes écoles. Il y a eu des allers-retours, il y a eu des coopérations, il y a eu des collaborations. Ce modèle, on le retrouve toujours au niveau des universités.
Vous avez des UMR, des chercheurs de l'université qui vont au CRS faire une année de recherche et revenir à l'université. Donc ce maillage est unique et je crois que la France est est le seul à avoir un maillage de cette nature. Bon, tout ceci repose sur un investissement à long terme.
Il faut investir sur la recherche, les formations et la production de savoir. Et donc la question aujourd'hui euh qui devrait se poser, c'est euh sommes-nous capables de maintenir ce modèle dans la situation actuelle ? Et c'est et c'est véritablement la vraie la vraie question.
L'université depuis de nombreuses années est confronté à un écart croissant entre l'ampleur de ses missions et les moyens dont il dispose. Depuis 10 ans, c'est plus de 300000 étudiants supplémentaires qui ont été accueillés à l'université, ce qui représente environ 15 créations d'université, 300000 étudiants. Il a fallu intégrer ces étudiants avec une baisse des moyens.
Cette baisse des moyens s'est installée depuis de très nombreuses années. Alors, le désengrement de l'État s'est poursuivi pour le PLF 2025, c'est 1,2 milliards de baisse de crédit pour la recherche, pour la vie étudiante et aussi pour les organismes de recherche. Voilà.
Alors, le résultat de ces baisses de crédit fait qu'aujourd'hui 60 universités, enfin en 2025, 60 universités ont présenté un budget initial déficitaire, 60 sur 75 universités. Donc, les marges de manœuvre sont réduites pour faire de l'innovation, pour l'innovation recherche, mais également en pédagogie. Et pour faire face à cette baisse de crédit, mes collègues l'ont signalé tout à l'heure, les universités sont contraintes à geler des postes, à geler des postes d'enseignant chercheurs, de chercheurs et parfois d'administratifs.
Alors ces gels de poste, mes collègues l'enseigné tout à l'heure, on évidemment des impacts sur les enseignants chercheurs parce que dans beaucoup de laboratoires euh on nous avons de jeunes maîtres de conférence qui sont là depuis peu de temps. Euh c'est d'abord les premiers souvent impactés. On les surcharge d'or supplémentaire pour compenser le gel des postes.
Alors mon collègue Nicolas parlait de 30 % 32 %. Euh un jeune mre de conférence après le stage est censé faire 182 comme les autres parents et et commencer à construire sa recherche. Sauf que on lui rajoute donc 32 % bah c'est c'est pratiquement un/ers pratiquement du du service.
C'est que j'ai des jeunes ma de conflairirees. Voilà. Et cela bah c'est c'est très pénalisant pour entamer initier une nouvelle recherche.
Voilà. Donc pour conclure parce qu'on reviendra probablement sur toutes les autres questions après, pour conclure le diagnostic central de mon point de vue est le suivant. Le modèle français possède des forces considérables et continu de montrer sa capacité à former, innover et rayonner à l'échelle international.
Mais sans moyens supplémentaires, le risque à terme est un effondrement brutal. On on viendra tout à l'heure, on donnera des exemples et la remise en cause de la promesse républicaine de donner accès à toutes et à tous un enseignement supérieur, exigeant et émancipateur. Voilà.
Donc maintenant, j'ai passé la parole à notre rapporteur pour des séries de questions-réponses. Vous avez été synthétique sur votre présentation de liminaire et je vous en remercie. Si vous pouviez être tout autant synthétique sur vos réponses, peut-être qu'il n'est pas nécessaire que vos quatre organisations s'exprime sur les questions.
Faites-le si vous voulez vraiment compléter le propos ou si vous avez des discordances mais peut-être pas systématiquement vous passez la parole pour pour chacune des des questions. Mais je vous censurerai pas. Je vous je vous rassure.
Madame la rapporteur, vous avez la parole. Merci monsieur le président. Merci à chacun de vous pour ces propos liminaires.
Euh je vais essayer de m'appliquer la même règle, c'est-à-dire comme on va vous demander des réponses brèves, je vais essayer d'être breve dans mes questions. Euh une réaction simplement à ce que vous avez pu dire les uns et les autres et à l'intitulé de notre commission. Euh nous avons effectivement souhaité parler de garantir l'excellence académique.
Ça veut pas dire euh ça veut dire qu'effectivement on considère qu'elle est bien présente dans un certain nombre d'activités. Euh et donc on va s'intéresser davantage au cours de cette audition à ce qui fonctionne moins bien. Pas pour pas pour abîmer le travail que vous faites mais au contraire pour tâcher de l'améliorer.
C'est l'objectif de cette commission d'enquête. Je voulais avoir ce point de précision parce que on a choisi les termes avec soin euh précisément pour qu'il n'y ait pas de méprise sur l'objet de nos travaux. Euh je vais commencer par un certain nombre de questions qui concernent les enseignants chercheurs que vous êtes et euh la façon dont vous travaillez très concrètement. euh votre statut d'enseignant chercheur, vous avez parlé les uns et les autres dans vos propos euh du manque d'attractivité des carrière universitaire.
Vous avez donné des chiffres. Euh je voudrais qu'on parle un peu de la façon du regard que vous portez sur les modalités actuelles de recrutement, d'évaluation et de promotion des enseignants chercheurs. Comment vous vivez ce volet-là ?
Certains d'entre vous ont évoqué le CNU. On est évidemment très preneur de votre regard sur ce sujet. Euh et puis aussi une évaluation qui passe beaucoup par euh le nombre de publications dans le domaine de la recherche et moins par le volet pédagogique que vous exercez et pourtant vous l'avez évoqué et auquel vous êtes attaché.
Euh est-ce que pour vous on pourrait essayer de de regarder davantage l'excellence académique, le travail que vous faites en terme d'innovation pédagogique par exemple pour mieux accompagner les carrières des enseignants chercheurs que vous êtes ? Ce que je vous propose, c'est de commencer dans l'ordre inverse comme ça monsieur monsieur Lérif, vous serez pas systématiquement le dernier. Allez-y, allez-y.
Alors, d'abord pour revenir sur les promotions, madame, euh nous venons de sortir d'une campagne de promotion Sénu. Euh je je voudrais donner quelques exemples parce qu'en tant que secrétaire général, j'ai été euh bah j'ai été alerté par nos collègues. Euh en 61e section, je crois doit être un peu pareil partout. mes collègues pourront confirmer, il y a eu euh au niveau CNU euh six promotions pour 180 candidatures et c'est euh chaque année euh un peu pareil, la même chose.
Et euh si vous voulez tous les dossiers sont excellents, sauf que il n'y a que six candidatures, enfin six promotions pour pour 180 candidatures. Alors cette situation fait que certains collègues qui candidatent depuis 2 3 ans finissent par se décourager. Voilà, finiss par se décourager parce que c'est toujours la même chose.
Bah ils sont 7e, 8e, 9e, 10e mais jamais 6e. Et en interne, en interne, l'établissement possède aussi un volume de promotion et c'est pareil dans chaque établissement, il doit y avoir une ou deux promotions pour une trentaine de candidatures. Voilà, voilà un petit peu on parlait de promotion.
Quant à l'attractivité euh des des nouveaux enseignants ou des doctorants ayant obtenu la qualification, et bien en effet, nous avons, on l'a constaté euh parfois de moins en moins de bonnes candidatures dans les universités. Euh alors pourquoi ? Parce que d'abord euh les meilleurs candidats très souvent vont dans le privé, fond de recherche dans le privé où s'exporte s'expatrie à l'étranger.
Et euh dans les candidatures euh dans les candidatures que nous avons euh et bien parfois quand ils arrivent, quand on les recrute, certains ne restent pas. Ils s'en vont parce que les conditions de travail qu'on évoquait tout à l'heure, elles deviennent insupportables. Nous avons eu nous la chance, moi j'ai eu la chance d'avoir été recruté comme maître de conférence en 96 et professeur en 2000.
C'est une autre époque. [rires] Ce ce ce mondel est terminé aujourd'hui. Euh le rythme demandé aux enseignants est énorme.
C'est des heures supplémentaires très souvent obligatoirement. C'est le suivi des alternants, c'est le suivi des stagiaires en licence, c'est les projets tutorés, euh c'est le suivi bah euh des rapports de mémoire de stage, de licence, c'est beaucoup de tâches qui ne sont pas forcément reconnues dans la promotion et dans la carrière. Voilà, donc tous ces événements, tous ces faits font que aujourd'hui bah nous avons moins d'attractivité.
À cela s'ajoute le fait que les doctorants, ben nous en avons de moins en moins parce que là aussi euh nous n'avons pas suffisamment de contrats doctoraux pour les engager. Voilà, dans mon université c'est trois quatre contrats doctorals peut-être pour un quelques dizaines de candidats. Voilà.
Voilà tous ces facteurs, tous ces facteurs font qu'aujourd'hui bah l'attractivité est au plus bas. Est-ce que l'un d'entre vous souhaite compléter si vous avez des éléments un peu différenciants par rapport à ce que vient de dire votre collègue, ne prenez pas tous la parole à chaque fois, sinon on n'y arrivera pas. Je suis désolé.
Allez-y, monsieur. Donc, je voulais juste redire ce que j'ai dit. Agir sur les recrutements, c'est agir à la marge.
Il faut d'abord se concentrer, il faut surtout se concentrer sur permettre àit de les permettre aux enseignants chercheurs de continuer à faire leur travail, de garder la force de faire leur travail. Mais j'ai aussi senti dans vos questions sur l'excellence académique et l'évaluation de l'excellence académique ainsi de dans votre questionnaire un certain tropisme vers l'évaluation par les étudiants. C'est quelque chose qui existe effectivement dans de nombreux pays qui existent depuis longtemps.
Ça existe depuis suffisamment longtemps pour qu'il y ait pu y avoir des recherches scientifiques sur ce que contient l'évaluation par les étudiants et ce qu'elle apporte vraiment. Et la réponse courte est rien. En première approximation, l'évaluation par les étudiants d'un cours est corrélée au genre de l'enseignant et à son âge.
Plus c'est un vieux vieux professeur, plus le cours sera évalué positivement. On a trouvé aucune autre corrélation avec la qualité scientifique du cours, ni avec l'insertion professionnelle. C'est un point qu'il faut garder en compte.
Il est on est toujours très intéressé par des indicateurs numériques, mais il faut se demander ce qu'il mesurent et ce que les étudiants nous donnent. Vous nous poser aussi des questions sur les capacités de promotion. C'est un point que nous avions négocié au cours de la loi de programmation de la recherche avec l'accord carrière et rémunération.
Et vous allez vous heurter à la question de la confiance dans la parole de l'État puisque l'État n'a pas respecté la parole signée dans l'accord carrière et rémunération. La dernière et revalorisation du RIPEX C1 n'a pas eu lieu. Voilà.
Oui, [raclement de gorge] nous on a établi à 19 % la baisse de la du taux d'encadrement et la baisse de la dotation moyenne. Et les deux courbes sont rectilignes. Donc, je l'ai déjà dit tout à l'heure mais en fait voilà. et on calcule euh un jour du dépassement en quelque sorte, hein, le jour à partir duquel euh alors là, j'ai retrouvé les chiffre de 22 23, mais le jour à partir duquel on les tous les enseignants chercheurs ont fini leur service.
Et euh il s'avère que en 22 23, le 15 janvier, tout le monde avait fini son service. Donc viennent s'ajouter 27 % d'heures complémentaires. les heures complémentaires qui portent, ça a déjà été dit, mais qui portent l'augment la croissance des effectifs, elle a été portée par les heures complémentaires, viennent s'ajouter les heures des [raclement de gorge] contractualisés et puis des vacations, donc 11 % et 17 % pour les deux dernières.
Donc le 15 janvier, si on ne fait que les services, on arrête les cours. Je vais essayer d'être le plus rapide possible pour pas répéter un ensemble d'éléments qui ont été déjà dit par mes collègues. Mais [grognement] il y a il y a plusieurs points qui n'ont pas forcément été évoqués qui sont importants.
D'abord, c'est la rémunération. La rémunération et le gel du point d'indice depuis autant d'années fait que la rémunération des enseignants chercheurs est en réalité très basse par rapport à leur qualification. Et avec l'inflation et le gel du point d'indice, c'est une perte de 25 % du traitement en 25 ans.
Vous pouvez nous donner les chiffres s'il vous plaît si vous les avez. Oui, je pourrais vous les transmettre bien sûr. Je pourrais vous les transmettre avec le questionnaire que vous nous avez demandé hein.
On a fait toutes les grilles et l'évolution par rapport à l'infrest. Et donc ça c'est un point absolument majeur. Être enseignant chercheur par rapport à saation aujourd'hui en France, c'est être relativement mal payé.
Par ailleurs, il y a une période de précarité qui est de plus en plus grande avant de devenir enseignant chercheur. Et ça c'est une question centrale sur l'attractivité. On demande de plus en plus de choses avant de devenir titulaire.
On demande de vivre une période de précarité de plus en plus longue par de la vacation, des petits contrats d'enseignement et de recherche, des postes doc qui sont très peu nombreux, donc qui ne permettent pas non plus d'être relativement stable dans cette période de précarité. On a un développement aussi de contractuel LRU, les CPJ et cetera qui renforc cette précarité. Et enfin, il y a un déroulement de carrière qui est heurté par ce passage toujours entre le maître de conférence et professeur d'université.
Nous à la CGT, on défend l'idée d'un seul corps d'enseignant chercheurs et une progression carrière lissée sur ce corps qui fasse passer sur le même support le maître de conférence non habilité à diriger des recherches à celui habilité à diriger les recherches. Madame, je suis désolée. Vous reprendrez la parole après si vous voulez bien parce que là vous êtes déjà quatre à vous être exprimé.
En plus, vous faites partie du même syndicat que votre collègue. Je vous donne la parole juste après. Si vous voulez rajouter quelque chose, vous le ferez.
Mais on a des collègues qui vont qui sont contraints par le temps, qui vont souhaiter s'exprimer. Je suis obligée d'avancer, je vous prie de m'en excuser. Euh je je voudrais aborder la question de la réussite étudiante et de l'accès à l'université.
On va parler essentiellement du premier cycle euh puisque c'est là que se concentre un certain nombre de difficultés que nous avons identifié. Euh je ne reviens pas sur le nombre d'inscrits en licence par rapport au nombre de diplômés de licence puisque les chiffres nous disent qu'on est aux alentours de 50 %. Que vous nous dites souvent qu'en réalité il y a des réorientations et c'est tant mieux.
Sauf que personne personne, ni vous ni euh les présidents d'université ni le ministère n'est capable de dire à combien ce chiffre cette réussite qui a pris des chemins un peu moins linéaires euh que les 50 % qui réussissent en quelques en 3 4 ou 5 ans leur licence. Donc pardon, on n' pas de chiffre euh on serait très intéressé mais ces chiffres manifestement n'existent pas. Vous avez on vous a si vous les avez donn donnez-les nous, il y a pas de souci.
On ne les a pas encore trouvé. Euh vous avez une mission qui est très difficile puisque euh vous l'avez évoqué, il y a une augmentation démographique, il y a eu une augmentation démographique importante du nombre de jeunes étudiants. En parallèle de cela, il y a eu un nombre de plus en plus important de lycéens qui ont obtenu leur baccalauréat.
C'est venu s'ajouter. Et puis dans un environnement international, évidemment l'accueil d'étudiants internationaux. Tout ça a fait augmenter considérablement les effectifs que vous devez gérer et notamment dans le premier cycle puisqueaprès il y a une sélection qui s'opère au niveau du master et encore davantage au niveau du doctorat.
Euh vous avez évoqué que vous n'étiez pas favorable à une forme de sélection à l'entrée de l'université. L'objectif c'est pas de de lancer un débat sur le sujet simplement, est-ce que vous ne pensez pas qu'au-delà de cette question de la sélection ou de l'orientation incitative qu'on peut appeler comme on veut, est-ce que vous ne constatez pas des déphasages parfois importants entre les étudiants que vous accueillez et les prérequis pour réussir dans vos formations ? Concrètement, est-ce que le niveau en littérracie, en numéracie est suffisamment satisfaisant ?
Je pense à cette enquête de l'OCDE qui dit que 8 % des diplômés de l'enseignement supérieur français n'ont pas le niveau de littérracine d'un élève du primaire. C'est tout l'enseignement supérieur, c'est pas que l'université mais évidemment il y a aussi l'université. Donc au niveau des prérequis, est-ce qu'il y a pas quand même de quoi affiner les choses ?
Je pense à une de vos collègues qui nous disait on reçoit en licence de philosophie des étudiants qui au lycée parce qu'ils étaient dans des voies différentes n'ont jamais fait de philosophie. Donc, est-ce qu'on peut pas réfléchir au-delà euh de de peut-être des désaccords que nous pourrions avoir sur la question de la sélection à quelque chose qui permette de mettre en phase les attendus et les compétences acquises au lycée ? Est-ce que vous constatez déjà ce déphasage et et le cas échéant ?
Est-ce qu'il y a pas un travail à faire pour affiner les choses ? Tout ça, c'est dans l'objectif unique que vous partagez, que nous partageons, de favoriser la réussite des étudiants qui viennent dans vos filière à l'université. Alors monsieur, enfin, je vous oblige pas non plus hein, c'est très libre. [grognement] Il y aura une troisième question puis après j'ai des collègues qui vous poseront aussi.
Donc monsieur puis monsieur. Allez, c'est parti. sur le déphasage du niveau à mon niveau d'enseignant chercheur absolument pas dans nos filières à cause d'une sélection de plus en plus difficile.
Vous êtes dans quelle filière ? Je suis moi en sciences politiques et à l'université de Nanterre. Nous n'avons plus que des étudiants qui ont mention très bien au bac en première année de licence.
C'est une réalité. Donc parler de déphasage du niveau, c'est pas du tout ce qu'on voit. La sélection, elle a justement et un de ces résultats, ça a été de faire monter ce qui est considéré comme les prérequis, pas par les enseignants chercheurs hein, par les systèmes euh des étudiants.
Donc c'est pas du tout une chose que l'on voit maintenant sur la réussite ou l'échec. Bon, d'abord nous ne considérons pas que des réorientations sont des formes d'échec, hein. Ce tâtonnement et cetera, il est absolument nécessaire. il est, je pense, central dans l'enseignement supérieur.
Ce qu'on constate par contre à cause encore une fois de ces processus de sélection, c'est qu'à peu près un/ers des étudiants ne vont pas dans une filière de leur choix. Ils vont dans une filière par défaut parce que avec aussi les prérequis aujourd'hui du monde du travail, il faut un diplôme d'enseignement supérieur et ils vont là où ils peuvent, là où ils sont acceptés à cause justement de cette différenciation entre les demandes des étudiants et les places qui sont ouvertes à cause de cette sélection. Maintenant, les conditions de réussite, ce ne sont pas à notre sens. les prérequis, ce sont à la fois les conditions sociales et les conditions d'étude.
On sait qu'aujourd'hui les étudiants vivent de plus en plus dans une très grande précarité leurs études. De plus en plus, ils sont obligés d'avoir un emploi à côté de leurs études. Les bourses sont très peu nombreuses et très faibles.
Donc il y a évidemment des conditions sociales et des conditions d'étude différentes qui créent aussi une forme de différenciation dans les parcours dans l'enseignement supérieur. Ce sont ces questionsl qu'il faut régler. Alors euh il y a effectivement eu un événement qui a amené une baisse du niveau des étudiants et c'est la réforme du bac.
La réforme récente du bac a fait que les étudiants qui passent le bac ont fait beaucoup moins de mathématiques que les étudiants précédents et pour un certain pour certains d'entre eux moins de philosophie. Cette réforme a aussi eu un impact genré, c'est-à-dire que les jeunes femmes ont aussi fait moins de mathématiques et ça a un impact sur le sur la le niveau à l'entrée en licence. Ceci dit, si vous nous parlez d'orientation incitative, ma position, notre position est qu'aujourd'hui l'orientation l'orientation incitative, elle existe.
Les attendus de parcours sup, la présélection des dossiers par parcours sup aboutit au fait que de fait les étudiants sont déjà sélectionnés à l'entrée en licence. Mes collègues de Staps me disent que eux ils voient un un niveau une hausse du niveau et peut-être que s'il y a une baisse en philosophie, c'est parce que c'était une filière moins choisie, on va dire, que les Staps. Euh le dernier point, c'est que sur la réussite étudiante, c'est qu'il y avait un bon dispositif qui était mis en place dans la loi orientation et réussite des étudiants, c'est le mentorat.
Le mentorat quand il a été mis en place avait des résultats très efficaces sur la réussite et la qualité des études des étudiants. Mais l'État n'a pas su assumer la ses engagements et donc ce mentorat, ce dispositif de mentorat a été financé pendant 2 ans et après ça a arrêté. Merci de votre concision, monsieur.
Si vous voulez terminer, allez-y. Alors, juste pour rappeler qu'au moment du passage à la LRU, euh le ministère avait eu la bonne idée euh d'octroyer aux établissements un budget euh qu'on avait estompé aide à la réussite. Ce budget justement permettait d'envoyer en année en année préparatoire certains étudiants qui n'avaient pas le niveau en licence ou bien d'organiser ce qu'on appelle des cours de remédiation, c'est-à-dire voilà des cours supplémentaires. ces crédits ont on ont montré leur efficacité puisque à l'époque j'étais vice-président de l'université et on avait pu mesurer les progrès des étudiants et surtout bah le réaissement du niveau.
Sauf que ces crédits ont disparu par la suite. Voilà, ils ont disparu il y a quelques années. Euh bah ils ont été ils ont été mis dans le global et voilà, on ne sait plus les identifier.
Voilà. Mais à l'époque, on avait on traitait justement ces problèmes, on arrivait à avoir des à avoir des bah du succès, à avoir des étudiants qui obtenaient un bon niveau pour entamer une première année. Merci beaucoup.
Merci d'avoir souligné la la suppression des mathématiques sur laquelle on est en train de revenir, enfin sur laquelle l'État est en train de revenir et les conséquences genrées également qu'elle a eu et qui sont qui sont bien identifiées. Si je me permets de de sommer un peu vos propos, je crois que ce que vous dites les uns et les autres et ce que nous percevons par ailleurs sur la baisse de du niveau de certains étudiants qui nous est remonté par un certain nombre d'auditions n'est absolument pas incompatible. C'est-à-dire que la mise en place de parcours sup et l'orientation sélective qu'elle génère augmente sans doute le niveau, comme vous l'avez dit monsieur dans les filières très demandé et peut-être le diminue dans les filières pas du tout demandé.
Et c'est peut-être ça le constat, on le voit avec un certain nombre d'auditions que nous avons pu conduire. C'est peut-être là qu'il y a un déphasage en fait et que quand on regarde sur l'ensemble du panorama, on est un petit peu enfin, on est sur quelque chose de très hétérogène. Oui.
Alors, non, je je suis désolée, monsieur, je vous redonne pas la parole, vous l'avez prise, pardon, cette fois-ci, c'est moi. Je suis désolée face à un public d'enseignant chercheurs, c'est un exercice qui est très inconfortable, mais je juste je termine puis je vous redonne la parole. Vous avez évoqué la question des moyens.
Je ne l'ai pas évoqué dans mon propos. Vous savez que ça fait l'objet de nos travaux, d'une mission d'information que nous avons mené l'année dernière qui a été très approfondi sur le sujet. Je ne je ne vous en parle pas parce que on peut pas parler de tout. euh notamment dans une audition à plusieurs.
Euh je voulais simplement vous dire que nous avons identifié que nous rejoignons un certain nombre de constats notamment sur euh le manque de pilotage de l'État et notamment sur le fait que le le cas pension est incles par étudiant ce qui évidemment biaè [grognement] de manière assez considérable les analyses comparatives. Monsieur pour un petit mot très rapide et après j'aurai une dernière question très rapidement. Donc sur parcours sup, le nombre de réorientations a augmenté alors que la politique visait à les faire diminuer.
Donc 149000 en en 2019 et 206000 en 2026 de personnes qui étaient déjà inscrites la de ce point de vue-là c'est totalement un échec. Enfin la réorientation elle-même n'est pas un échec. Non non, [raclement de gorge] je dis que l'objectif de faire diminuer les réorientations sous prétexte de réussite en licence sans accorder de moyens et sans augmenter les capacités d'accueil, c'est un échec.
Alors, il semblerait en tout cas, certains nous ont dit précédemment que Parcours sup avait diminué avait commencé à diminuer le taux d'échec en licence. Mais encore une fois, nous prenons bonne note de vos propos si vous permettez. Donc les présidents qui vous ont dit que ça augmentait le nombre de candidatures et que donc c'était un fort facteur de démocratisation, c'est d'un seul point de vue, mais c'est pas une généralisation de la démocratisation.
C'est juste que eux ont donc ça augmente le travail des enseignants chercheurs, ça a déjà été dit, mais c'est juste que eux vont pouvoir mieux choisir, plus choisir [raclement de gorge] les étudiants qu'ils accueilleront. Bien sûr, c'est comme ça que ça nous a été dit. Tout à fait.
C'est pas de la démocratisation. Non non mais je je comprends dit par un président qui disait que c'était une forme de démocratisation. Ah pardon.
C'est pas une forme de démocratisation, c'est juste un D'accord. Très bien. Bon ben écoutez, on on on Tout à fait.
Non mais vous avez été court, c'est très bien. Euh et de fait beaucoup de présidents d'université nous font des retours très favorables de la mise en place de la plateforme mais on va pas lancer le débat. Euh, j'ai un dernier point sur la question de la liberté académique.
Là aussi, je m'adresse à des enseignants chercheurs. Vous êtes aux premières loges pour observer l'évolution de la des libertés académiques dans notre pays. On est plutôt encore très bien placé si on regarde les comparaisons internationales.
Donc, c'est une bonne nouvelle. Quelles évolutions est-ce que vous percevez par rapport à cela et est-ce que vous pouvez l'illustrer concrètement ? Je vais prendre deux ou trois prises de parole.
Monsieur, bon, ce qu'on constate sur la liberté académique, bon d'abord c'est que elle a une place particulière dans notre pays, ce qui explique aussi sa force entre guillemets dans dans les classements internationaux. Mais ce qu'on constate, c'est sa remise en cause. Sa remise en cause très régulière.
Alors, par différents aspects euh structurels, hein, on a évoqué évidemment le manque de moyens, de temps, de poste qui bien sûr remet en cause cette liberté, mais aussi par là des attaques tout à fait directes politiques et idéologiques contre les libertés académiques. Quand un ministre demande à au Collège de France l'annulation d'un colloque parce que le sujet ne plaît pas ou ne plaît pas au contexte actuel, c'est une attaque contre les libertés. académique et sur d'autres éléments pour ne parler que d'un dispositif et je pense que mes collègues pourront parler et ajouter la démultiplication des zones à régime restrictif dans nos laboratoires, dans nos établissements créer aussi une remise en cause de cette liberté académique.
Faire passer par exemple des recrutements sous le regard d'un fonctionnaire sécurité et défense, c'est une remise en cause de la liberté académique. Pardon-moi, les zones à régime restrictif. Vous pouvez nous expliquer le les zones à régime restrictif, ça va être bon compliqué de faire court, mais disons que c'est euh un dispositif qui est mise en place pour entre guillemets protéger les intérêts de l'État et euh les intérêts globalement sécurité, défense, de la recherche et cetera.
Bon euh le résultat de ça par exemple, ça a été euh le non recrutement euh de certain nombre de personnes selon euh leur militantisme politique. On a considéré qu'un militantisme écologique était euh incompatible avec euh la mise en place d'une ZR dans un laboratoire. Ça c'est une preuve encore une fois d'attaque contre les libertés académiques euh des enseignants chercheurs.
Allez-y. Donc [raclement de gorge] nous, je l'ai dit hein, nous sommes très attachés à la liberté académique. Nous considérons que le fait qu'elle soit un des principes, j'ai oublié la formule, mais un des principes constitutifs et la reconnaissance dont elle bénéficie actuellement et une forme de garantie de l'indépendance des enseigneurs chercheurs. la définir dans les projets de loi qui ont été proposés.
Il y en a plusieurs, il y en a eu deux au Sénat. La définir implique [raclement de gorge] enfin les justifications qui sont proposées, hein. J'ai lu quelques interviews de [raclement de gorge] de personnes qui ont proposé ces ces projets de loi, proposition de loi.
Donc cela implique qui est une menace interne et de défendre contre la menace interne. Je pense à le projet de loi qui prévoit la constitutionnalisation. Voilà, nous nous pensons que la menace interne est faible.
Il s'agit pas de il y a pas de menace interne des enseignants chercheurs contre la liberté académique. Il y a parfois des événements qui peuvent se passer mais il n'y a pas [raclement de gorge] de il n'y a pas de menace. Voilà, c'est secondaire.
Par contre euh ça ça rendrait [raclement de gorge] ça inciterait à à faire terire et à priver euh les enseignants chercheurs de cette liberté. Je peux compléter ? Voilà, si tu Oui, madame.
Allez-y. Merci. Euh pour compléter ce qui menace également la liberté académique et en fait la façon qu'on a de faire notre métier, c'est aussi le pilotage accru de la recherche et de l'enseignement.
Donc tout ce qui est financement fléché qui en fait oblige à aller dans une direction et pas dans une autre hein. Donc la liberté académique ce n'est pas uniquement la façon de choisir le moyen d'arriver à répondre à une question qui nous est posée. Le métier d'enseignant chercheur de chercheur c'est de poser les questions auxquelles il faut qu'on réponde.
He c'est bien ce qu'on nous demande de faire dans les projets de recherche c'est quelles sont les questions scientifiques ? Quand on pilote tous les sujets, on arrive à un affaiblissement de cette liberté académique et de cette capacité à définir les sujets de recherche sur lesquels on peut avancer. Alors, ça veut pas dire que rien ne doit être fléché.
C'est pas mon propos, mais en tout cas quand tout est fléché, la créativité est totalement bridée et la recherche est un métier de créativité au même titre que l'enseignement au niveau de l'enseignement supérieur et de la recherche. Donc, brider la créativité, ça n'a jamais jamais n'a jamais fonctionné. cette liberté académique, elle est garantie par notre fonctionnement euh qui se base sur les paires.
Et donc, j'en profite pour dire ce que je voulais dire tout à l'heure puisque on n'a pas répondu à une question fondamentale et je pense que mes mes collègues ici seront d'accord avec ça. On a on vous a pas parlé du CNU, vous nous avez demandé euh s'il fallait que l'enseignement soit mieux pris en compte dans nos carrières. Euh le CNU, c'est nous.
On va pas oublier la moitié, voir plus que la moitié du travail qu'on fait. Donc dans les carrières bien évidemment que l'enseignement et la proposition à faire des enseignements innovants ou pas ou en tout cas qui répondent à un besoin des étudiants pour arriver à un niveau de qualification supérieur, évidemment qu'on va pas l'oublier. Par contre, ça c'est parce qu'on est entre paères, qu'on sait les réalités de notre métier et que du coup on prend ça en compte.
Et puis après pour la partie administrative, il y a euh tous les contingents de promotion locale qui permettent aussi de valoriser euh des carrières euh qui se font euh en euh en animation, des activités de recherche, des activités d'enseignement, en gestion de laboratoire euh et cetera et cetera. Vous euh vous connaissez tout ça. Donc le CNU, je voulais juste au moins le placer, il est au cœur de notre fonctionnement.
C'est ce qui garantit euh notre métier. Euh il y a pas de concours national puisque ça dépend des différentes disciplines. C'est ce qui garantit euh euh les règles du métier, la façon dont on dont on travaille ensemble.
Donc le CNU, c'est vraiment quelque chose qui est important et qui vient compenser les règles de fonctionnement local qui se mettent en place petit à petit. Euh les grands établissements ont des euh façons de fonctionner euh qui euh divergent ou qui se qui se différencient les unes les autres. et on a un localisme qui est de plus en plus fort et c'est ce localisme qui menace une part de l'excellence et qui menace ce fonctionnement entre paires.
Et si je peux ajouter, ça implique que le on [raclement de gorge] peut on ne peut pas confier aux établissements la défense de la liberté académique, ni à une instance de [raclement de gorge] nommé comme Oui, je vais juste souligner une certaine schizophrénie au plus haut niveau de l'État puisqu'on nous dit il faut écouter les scientifiques, il faut respecter les scientifiques, il faut laisser les scientifiques s'exprimer mais apparemment cette déf défense de la science s'arrête aux sciences humaines et sociales et je voulais rappeler que les sciences humaines et sociales sont des scientifiques, que leur opinion est une opinion scientifique et qu'il faut aussi les écouter. Et quand on parle d'attaque sur les libertés académiques, cette attaque est parfois venue de la ministre elle-même en charge de l'enseignement supérieur qui accusé une collègue d'être islamogauchiste. Ce qui c'est concept qui n'existe pas et qui s'est traduit par un une perte de temps de travail pour cette pour l'enseignant chercheur visé. pour reprendre les adhér rapidement puisque vous voulez savoir ce que c'est, ça implique une surcharge administrative sur tous les laboratoires qui passent dans ADR.
C'est quelque chose qui est grosso modo calcul calqué sur le fonctionnement de l'armée ou des usines de munition et qui n'est absolument pas adapté au fonctionnement d'un laboratoire. En plus des recrutements qu'on perd parce qu'ils sont refusés, on perd des recrutements parce que ça rajoute plusieurs mois de délis administratifs et dans un dans des discipline où on est en concurrence avec le privé, les gens ont trouvé mieux ailleurs entre-temps. Je parle de notamment de l'INRIA qui aurait dû passer en ZRR intégral le 30 mars.
Intégral une aberration. Merci beaucoup président. Je me permets de passer la parole à notre collègue Karine Daniel. simplement juste pour euh pour éclairer nos échanges.
Euh vous avez vous êtes monsieur enseignant chercheur en sciences politiques, c'est ça ? Euh vous êtes monsieur en mathématiques, si vous pouvez nous dire juste alors ça demande vraiment un mot mais vos domaines. Euh je suis en fait chercheur en informatique, chercheur d'accord.
Ah d'accord. Très intéressant. Enfin tout est intéressant mais madame moi je suis physico-chimiste et chercheuse en sciences et matériaux.
OK monsieur. Pardon ? Enseignant de chercheuse évidemment.
Oui oui, on a bien compris. Ça c'est le c'est le dénominateur commun. Allez-y.
Moi je suis en science de l'éducation. OK. Docteur en sociologie.
Très bien. Et vous monsieur ? Professeur micro.
D'accord. Très bien. Oui.
Ben tout d'abord merci pour cette audition. Moi, j'avais une question peut-être un peu transversale sur euh la question des des des relation euh de nos universités, des personnels et des étudiants à l'international. Euh, on sait que une des conditions de l'excellence, c'est quand même l'insertion de nos labos et et des enseignants chercheurs dans les dans les consortiums de recherche internationaux.
Vous parliez tout à l'heure de la question des recrutements et éventuellement du fait que certains personnels préfèrent aller euh à l'étranger. Euh est-ce qu'on peut le quantifier ? Est-ce qu'il y a des mouvements inverses ?
Est-ce que le volet de l'accueil des étudiants est un un sujet, j'entends l'accueil des étudiants internationaux, hein, est un sujet, on sait que des dispositifs évoluent notamment en terme de frais d'inscription et c'est intéressant d'avoir votre avis là-dessus, y compris en terme de de recrutement dans une période où où la démographie va être va être ce qu'elle est. Et puis [grognement] sur le volet international, il y a aussi le volet départ. Euh on a vu que parcours supait aussi un peu comme une marketplace et on n'est pas dans un système fermé.
Donc il y a aussi des étudiants qui vont être contraints par des places limitées euh dans certaines disciplines qui vont faire le choix des études à l'étranger. Euh médecine, véo, pharma, il y en a beaucoup. Et et donc ce sont aussi une partie de coortes euh qui euh sont déviés euh de euh du système éducatif euh français.
On peut le constater. Est-ce qu'on a des moyens d'agir là-dessus ? Je pense que c'est aussi une question que que l'on doit se poser.
Donc je voulais un peu avoir vos votre sentiment là-dessus, sachant que il y a un un enjeu évidemment de marché du travail et comment se positionne l'université française là-dessus. Il y a aussi un enjeu qui est lié aux questions de liberté académique parce que on voit quand il y a eu des secousses aux États-Unis qu'il y a eu aussi des flux entrant dans l'Union européenne. Tout ça évidemment est en lié.
C'est une question un peu générale mais sur la question de de la place de l'université dans notre système éducatif et de l'excellence universitaire qui est quand même notre sujet. Cette question de l'insertion internationale me semble être un sujet important pour nous. Euh donc pour vous donner quelques éléments, vous avez posé une question très très large et on nous demande d'être concis.
Donc je vais forcément piocher que quelques que quelques éléments. L'université, elle fonctionne entre père au national mais bien évidemment elle fonctionne entre père à l'international et la plupart des collègues, je je dis la plupart simplement voyez-y juste la prudence d'une scientifique qui n'a pas regardé les chiffres exactement travaille à l'international. La la question de l'internationale, elle est très intéressante parce que c'est des relations souvent interpersonnelles.
Alors, on nous incite à générer des conventions d'établissement à établissement. [raclement de gorge] Je pense qu'il y a un problème de conception de comment se construit la carrière d'un enseignant chercheur au j'allais dire au hasard mais c'est pas du hasard mais au gré de ces interactions. Donc la question internationale elle est très interpersonnelle pour ce qui est de la recherche.
On s'insère dans une thèse dans un réseau européen ou à l'international au cours d'un postdoc. Et donc ça c'est une dimension qui est souvent un peu niée aujourd'hui puisqu'on raisonne en temps en terme d'établissement et on a tendance à minimiser cette ce rayonnement des chercheurs de façon individuelle mais qui de fait rejaillit sur l'ensemble de la de la France. Pour ce qui est de l'accueil des étudiants étrangers euh ou des étudiants qui français qui pourraient partir à l'étranger, bah en fait c'est l'irrigation de cette science et de cette façon de fonctionner à l'international.
Et ça c'est quelque chose qui est difficile à quantifier. Sur les étudiants extra communautaires pour vous donner quelque chose de concret. Ce qu'on déplore, rien n'a été pris en compte de l'impact sur la société française de ces étudiants.
On a des masters aujourd'hui qui sont à 85 % remplis par des étudiants extracommunautaires qui s'ils ne viennent pas vont fermer. Alors c'est pas très enfin c'est pas très grave. je veux dire un master qui ferme, on peut l'envisager, mais qui fournissent des cadres pour les entreprises françaises dans des domaines où ils sont où ils sont recrutés.
Donc cette question de l'international, elle est elle est abordée euh sous un prisme un peu réducteur euh de comment euh on peut faire et nous les on accueille à l'université les étudiants en fait sans se demander d'où ils viennent et sans se demander euh où ils vont aller avec avec une volonté de de transmettre au plus grand nombre et vraiment sans se poser de questions. On sait pas hein, ça nous pose beaucoup de questions de de devoir différencier en fait aussi pour ça parce que ça n'est pas l'objet de ce qu'on veut faire et et s'aimer le plus large possible. Ça vient en contradiction avec la protection potentielle du scientifi enfin scientifique et technique et les derr qui nous obligent à nous refermer.
Mais est-ce que on aurait enfin là je pense qu'il y a un vrai sujet où on j'allais utiliser une expression un peu triviale, on se tire une balle dans le pied. Enfin, il y a quelque chose qui va pas du tout mais d'un point de vue pas uniquement université, d'un point de vue sociétal. Salut shérif.
Faut que je la juste pour poursuivre sur ce qui a été le message alors sur l'ant étranger. Merci. sur les étudiants étrangers.
Oui, c'est une véritable catastrophe parce que euh pour beaucoup de laboratoire, ça va être des doctorats moins. Alors, moi j'ai j'ai dirigé un labo DIA pendant 14 ans et j'avais à peu près euh 55 % d'étudiants extracommunautaires dans le laboratoire. Ils ont tous soutenu des thèses.
Euh, une bonne moitié est devenue maître de conférence, les autres sont expatriés. Mais parmi euh Oui. Oui.
Alors, certains sont rentrés chez eux et puis d'autres sont allés ailleurs aux États-Unis, au Canada et tout ça. Je voudrais vous dire que sur les euh sur l'ensemble des étrangers qu'on a pu diplômer, 15 parmi eux ont déposé des brevets rachetés par la suite par Google et Microsoft. C'est pour vous dire la qualité, la richesse de de ces étudiants.
Aujourd'hui, bah ça ne sera plus possible parce que en tout cas pour certains parce que ceux qu'on accueillait c'était pas forcément des étudiants issus de famille aisée. Euh c'était déjà ordinaires avec des parents ouvriers, petit fonctionnaires, enfin bon voilà. Et donc ça va être dramatique.
Alors ce ce décret qui a été euh qui a été euh qui a été signé par le ministre intègre également et ça c'est encore terrible intègre également les étudiants qui suivent les cours à distance. Nous avons des étrangers qui sont inscrits dans nos instituts en France. Euh par exemple à Paris 8, il y a un institut d'enseignement distance à 100 % distance qui accueille 300 400 étudiants étrangers.
Donc ils ne viennent pas forcément suivre leurs études sur place mais suivent les cours à distance avec des examens en ligne. Il y a des regroupements une fois par an pour vérifier le niveau et tout ça. Et bien ces étudiants qui ne bénéficient pas des services de la bibliothèque, du CROUS, la salle des sports des salles de l'université et globalement des infrastructures sont pénalisé et doivent payer le le même tarif qu'un étudiant en présentiel.
Et ça c'est aussi une véritable catastrophe. Donc c'est une forme aussi d'injustice. Alors sur euh les nos étudiants ou nos collègues à l'international, oui, nous nous les laboratoires travaillent énormément avec l'international.
D'ailleurs dans certaines disciplines, comme c'est le cas pour la mienne et probablement pour les sens dur, la publication à l'international, elle est elle est elle est obligatoire pour être promu et pour passer sa thèse ou devenir professeur. Donc ça c'est c'est évidemment très très fréquent et grâce à ces justement ces publications, ces conférences, nous rencontrons des collègues avec lesquels nous nous tissons des liens et et nous montrons des collaborations sur nos doctorants. beaucoup s'exportent, beaucoup partent à l'étranger pour cause parce que d'abord les salaires ne sont pas attractifs à l'université.
Il faut savoir qu'un mre de conférence alors maintenant ça a été avec la LPR un peu réajusté euh maintenant c'est deux fois le SMIC mais un maître de conférence démarrer sa carrière avant l'AL LPR environ à 1800 1900 € maître de conf c'est voilà alors que à l'étranger ils sont bien mieux payés voilà donc oui il ils s'exploitent et nous recevons également mais alors là très peu de chercheurs étrangers quand ils viennent c'est pour 6 mois dans le cas de collaboration et puis repartent En tout cas, voilà. Alors, je pour faire un retour d'expérience de la part de quelqu'un qui a convaincu un certain nombre de chercheurs étrangers de venir s'installer en France, euh, il est évident qu'on les attire pas avec le salaire. C'est et c'est important de mon point de vue, il faut se baser sur nos forces.
On ne peut pas faire concurrence à l'Arabie Saoudite ou aux États-Unis sur le salaire d'entrée. On peut faire concurrence par contre sur nos forces qui sont le statut de fonctionnaire, la capacité à mener des recherches de long terme avec un financement suffisant et une garantie de liberté d'expression de la part de l'État. J'en profite pour caser.
On a beaucoup vu nos ministres et nos gouvernants faire une obsession sur on va faire venir de superstars des États-Unis, c'est une erreur. Vous ne ferez pas venir des superstars des États-Unis. Ils sont déjà installés.
Ils ont des salaires mi au bolant, ils ne les quitteront pas. Par contre, là où on peut agir, c'est pour faire venir des jeunes docteurs qui viennent de soutenir leur thèse aux États-Unis et qui ne trouvent pas de poste ou qui pensent que les conditions sont moins bien. Eux ne sont pas encore installés et c'est là-dessus qu'il faud sur eux qu'il faudrait se concentrer beaucoup plus que chez superstar.
Malheureusement, c'est beaucoup moins médiatique et donc j'ai peu de chance d'être entendu. Je vais revenir sur ce qu'a dit ma collègue. La recherche internationale est d'abord une question personnelle.
Elle se base sur des relations personnelles. Pour ça, à mon avis, le meilleur outil pour construire les relations internationales, c'est le sabatique, c'est-à-dire le le CRCT, le congé de recherche ou l'IUF qui permettent, ce sont d'excellents outils qu'on a, qu'il faut développer, qu'il faut continuer à utiliser et qui permettent aux enseignants chercheurs de partir pour un an s'insérer dans une université étrangère et faire des recherches de long terme. C'est également important parce que comme l'a dit mon collègue, les chercheurs français publient à l'international mais les chercheurs américains ont encore un certain provincialisme et ont tendance à ne citer que les recherches faites dans des universités américaines.
Donc avec le sabbatique, on commence à s'insérer dans leur mode de pensée et c'est après qu'on est cité. Si si je peux ajouter un élément rapidement sans répéter ce qu'on dit mes collègues, l'internationalisation, elle est aujourd'hui aussi impactée par une forme de bureaucratisation de l'internationalisation. Il y a quand même un un travail non négligeable aujourd'hui, un temps de travail non négligeable aujourd'hui dans les modalités de relation à l'international qui passe par euh de la bureaucratie.
Et typiquement aujourd'hui aussi l'internationalisation malheureusement elle passe par une mise en concurrence internationale. Quand on pense notamment aux appels à projet et leur des multiplications européens et cetera, c'est une forme d'internationalisation par la bureaucratie et la concurrence. Et ça c'est des phénomènes tout à fait important qui encore une fois prennent du temps sur la recherche et l'enseignement.
Et vu que l'enseignement, on a un service avant tout sur la recherche. Oui, je voudrais juste illustrer le propos de mon collègue pour vous donner un exemple. Les projets européens où on voit les chercheurs, les enseignants chercheurs et chercheurs français devraient poser plus de projets européens.
Le dernier projet européen que j'ai eu entre les mains, c'est 197 pages dans laquelle il y a 10 pages de science. Allez, 20. on va dire que j'exagère un peu.
Euh donc en fait, on est vraiment dans quelque chose qui est contre-productif et qui tue la créativité. C'est-à-dire que dans ce qu'on est en train de vivre, si on empêche les gens de monter des collaborations ou de monter des projets, alors on les empêche pas, mais euh de fait un peu décourageant, on y va pas. Et donc bah les jeunes collègues le font au début et puis ensuite s'épuisent.
Donc voilà, c'était pour pour illustrer un tout petit peu le propos et j'ai deux questions courtes sur d'abord le sujet que vous évoquez. On nous a dit à plusieurs reprises lors de nos auditions que dans des grosses UMR compte tenu de la difficulté de gérer les ERC dès le printemps l'université ou le CNRS donc le gestionnaire unique interdisait aux enseignants et aux chercheurs de concurrir parce qu'ils étaient dans dans l'incapacité de pouvoir gérer ensuite tout ce qu'il y a tout ce qu'il y a derrière. Est-ce que vous pouvez nous donner une vision générale là-dessus ?
Est-ce que est-ce que ça concerne plutôt le CNRS, plutôt les université ? Ça c'était ma première question. Et ma seconde question, elle concerne les grands oubliers de l'enseignement supérieur, la recherche, c'est-à-dire euh les enseignants du secondaire agrégés au certifié qui qui enseignent qui enseignent à l'université.
Est-ce qu'ils sont dans votre champ de syndicalisation ? Est-ce que vous vous en occupez ? Oui.
Bon, c'est rassurant. Et puis voilà, ils sont moins quelque part. Et après vous vous nous direz quels sont aujourd'hui euh leur leur ressentis par rapport au travail qu'ils font et comment ils sont intégrés de façon entière, pleine et entière dans les équipes pédagogiques.
Madame Rossano, peut-être que vous pourriez compléter sur ma première question, c'est-à-dire la façon dont on bloque dont dont on bloque aujourd'hui les appels à projet. Alors, ils sont pas forcément bloqués par quelqu'un parce que en fait, on a des injonctions contradictoires, c'est qu'effectivement il faut qu'on y aille mais c'est extrêmement lourd. Donc, il y a des universités qui probablement sont à géométrie variable puisqu'il y a des moyens différents selon les les établissements où il va y avoir des services qui accompagnent.
Mais quelque part, l'accompagnement enfin c'est pas qu'il est pas suffisant et et si je vous dis ça, c'est pas qu'il faut augmenter encore les forces d'accompagnement, c'est que là on est arrivé au bout d'un système qui est un peu hubuesque. On on écrit des projets euh qui sont euh qui doivent être pilotés pour la partie administrative. Euh et du coup encore une fois, j'ai j'ai pas d'autre meilleure expression que dire que ça br la créativité parce qu'on a trop de choses à réfléchir dans tous les sens de à quoi ça combien comment on écrit la convention, qui va signer, comment on signe, ce qui était je rejoins mon collègue complètement différent.
Euh il y a 20 ou 25 ans hein, on faisait un projet européen, le président disait "Super, c'est bien, tu as fait un projet européen" et signé en bas. Là, on a tout plein de couches qui se rajoutent qui font que à la fin c'est euh c'est décourageant. Les ERC c'est quelque chose d'extrêmement contraignant.
Alors, j'ai eu vent d'un endroit où les ERC ne doivent être utilisés que par celui qui a le RC. Donc, vous êtes dans un labo collectif, vous mettez en valeur un individu ou une individu sur une ERC. Il obtient par exemple dans le champ qui me concerne un microscope électronique à balayage dernière génération et sur la porte, il y a écrit ERC et c'est interdit à tous les autres.
D'un point de vue écologique, ça n'a pas de sens. d'un point de vue collectif, ça n'a pas de sens. Donc on a ce ce type de biais et on est dans bah voilà, l'expression les les talents n'est pas une expression qui nous plaît tellement puisque pour nous la recherche est quelque chose de collectif qu'on gère collectivement et mettre en avant un individu ou une individu sur un sur une RC n'est pas très intéressant.
Pour ce qui est des des collègues enseignants second degré, du coup, je je continue. Ils sont inclus dans les équipes pédagogiques de façon différente selon les établissements aussi. Il y a des endroits où ils sont totalement inclus dans les équipes pédagogiques et prennent des responsabilités de la licence jusqu'au master en terme de gestion de formation et des endroits où c'est un peu moins le cas.
Donc, j'ai pas de chiffre là-dessus. Euh en revanche euh pour ce qui nous concerne, c'est des personnels qui sont entièrement dédiés à l'enseignement. Certains font de la recherche, hein.
Je je n'exclus pas du tout cette possibilitélà, mais euh en en terme de mission, c'est des personnels qui sont dédiés à 100 % à la recherche au même titre qu'on a des personnels qui sont dédiés à 100 % à la recherche, pardon, dédiés à 100 % à l'enseignement au même titre qu'on a des personnels qui sont dédiés 100 % à la recherche et de ce fait, ils participent de cet écosystème dont dont parlait Emmanuel tout à l'heure. Même mon micro cette fois. Oui.
Bon, je je souscris à ce que tu viens de dire. Alors, moi, je vous communiquerai un livre blanc que nous avons publié sur ses collègues. Un livre blanc.
Donc, je je vous l'enverrai. Euh, il faut savoir que c'estes variables d'un établissement à un autre. Euh dans mon établissement, nous avons je crois trois collègues Prague qui ont pu faire une thèse euh par la suite.
Donc ils ont bénéficié d'une décharge d'une décharge de de 48 he c'est pas grand-chose mais sur parce qu'il font un service de 384 he donc ils font le double du service des des enseignants chercheurs. Donc il ils ont bénéficié d'une réduction de service à hauteur de 48 he ce qui leur a permis de faire par la suite des thèses et les trois ont été intégrés ailleurs qu'à l'université dans des dans des fonctions de m de conférence. Donc oui, ils participent certains participent à la recherche sont bien intégrés dans les équipes pédagogiques et portent parfois les licences de les diplômes de premier cycle sur les bras.
Voilà sont très très impliqués. Ou allez-y, allez-y. Alors, je suis juste étonné de ce que vous nous disiez sur les ERC parce que moi la délégation régionale du CNRS nous a au contraire expliqué qu'elle ne gérerait plus que les ERC et que tous les petits contrats qui elle n'en voulait pas et qu'elle les laissait à l'université.
Ce ce qui illustre un point, un contrat en dessous d'un certain montant coûte plus cher à son gestionnaire qu'il ne rapporte d'argent. Et le conseil que je donne à mes collègues, c'est de ne rien prendre en dessous de plusieurs centaines de milliers d'euros pour l'université et pour eux. Euh et à mon avis effectivement les régions, les instances qui proposent des contrats de recherche, des projets de recherche à moins de 50000 € ne sont pas sérieuses, y compris mon propre président de régime.
Sur les enseignants du sur les enseignants du supérieur du secondaire en activité dans le supérieur. Oui, c'est un champ de syndicalisation de la CFDT éducation formation recherche publique. se bat pour qu'il puisse recevoir le RIPEC, le régime des enseignants chercheurs depuis sa création en 2020.
On s'est battu l'an dernier pour qu'il puisse avoir des décharges par une adhésion référentielle qui prend en compte les tâches administratives. Et je signale, comme a dit mon collègue, non seulement ils ont un service de base qui est le double d'un enseignant chercheur, mais en plus les chiffres de l'inspection générale montrent que leur surservice est supérieur à celui des enseignants chercheurs. C'est-à-dire qu'ils sont en surservice de 35 % calculés sur un service de 384 heur équivalent.
Oui, sur les ERC, je rajouterai pas grand-chose mais je rejoins ce qui a été dit notamment sur l'hétérogénéité de la gestion de de ces financements selon les établissements et sur aussi ces services d'appui en fait qui se développent de plus en plus mais compte tenu du manque de moyens général dans nos établissements. quelque part on déshabille Paul pour habiller Jacques en prenant par exemple des postes qui étaient avant des gestionnair d'un laboratoire d'une équipe d'accueil qui va devenir chargé de être un appui à la recherche d'appel à projet et de financement notamment européen. Donc on a un jeu comme ça de chaise musicale où on vient encore une fois rester dans cette économie de de pénurie.
Maintenant sur les Prague PRCE, vous avez parlé et la question portait aussi sur leur ressenti. Je crois que le ressenti de nos collègues Prag Perce aujourd'hui à l'université, c'est d'être considéré notamment par le ministère comme des laissés pour compte. notamment quand on parle et si on parle de la LPR, nous l'avons combattu, nous ne l'avons pas voté mais la LPR n'a pas pris en compte ni le rôle, ni la place ni la revalorisation de ses collègues PAC PRCE et aujourd'hui c'est une de leurs revendications sur laquelle nous les rejoignons totalement et nous les syndiquons à la CGT FERSUP, c'est une revalorisation notamment de leur traitement.
Euh puisque nous sommes évidemment contre la RIPEC, nous allons pas demander qu'ils y soient intégrés. Mais là aussi sur les PAC, c'est PRCE pour ajouter, il y a aussi eu récemment [raclement de gorge] une attaque sur leur mission. Leurs missions, ce sont d'être des enseignants et la révision du décret pour les Prags PR PE voulait les faire devenir aussi le donner des missions d'administration de l'enseignement et cetera et cetera.
Tout cela, nous l'avons combattu parce que comme ça a été dit, ce sont déjà des collègues qui font un plein temps d'enseignement et pour beaucoup bien plus que 100 % avec du surservice. Donc nous ne pensons pas qu'il faille remettre en cause leur mission et la définition de leur mission. Il faut plutôt renforcer leurs moyens, leurs rémunération et leur assurer des bonnes conditions de travail et d'enseignement.
Si si je peux juste compléter ce que vient de dire le collègue. Donc maintenant il faut qu'il soit volontaire pour exercer les tâches de coordination et donc il faut qu'ils en qu'ils acceptent et qui on peut pas leur imposer. C'est ça que Mais ils peuvent quand même en faire.
Je vous propose qu'on Oui, allez-y. Allez-y. Je me permets juste vous aurez le mot de la fin.
Vous avez pas eu le mot d'but. Vous aurez le mot de la fin. Je vous remercie mais je je voudrais vraiment alerter sur un point qui est la place des femmes dans tout ça et je pense que cette notion d'excellence, elle est très masculine et vous êtes pas sans savoir que l'autocensure des femmes est quand même supérieure en général à l'autocensure des hommes et qu'il faut être extrêmement prudent.
Alors déjà, on est un peu des fois susceptible sur cette notion d'excellence, vous l'avez rappelé en propolyaire en disant que on est garantir ne veut pas dire restaurer. Donc vous aurez compris qu'on est un peu sensible sur le sujet. Mais euh en allant sur cette notion d'excellence, les femmes euh où est-ce où est-ce qu'elles sont ?
Est-ce qu'elles suivent ? Est-ce que ça fait l'effet inverse de ce qu'on essaie de faire depuis des années et des années ? Elles sont souvent comment pardon quand vous dites est-ce que ça fait l'effet inverse ?
C'est quoi le ça ? En fait, ça fait des années que on essaie d'équilibrer le corps des enseignants chercheurs à 5050 en m de conférence, on y arrive presque mais en tout cas sur le corps des professeurs d'université, on n'y arrive pas et donc avec tout ce qui est a été dit sur ce qui se passe au lycée et cetera. C'est pour ça que je vous disais.
Donc euh voilà, je voulais pourcentage de femme à où à quel niveau chercheur euh c'est pas du tout la même chose chez les maître de conférence ou chez les femmes professeurs d'université. J'ai pas les chiffres en fond de vert. C'est ça.
Oui oui c'est ça. Oui oui. Et euh on montre moyen de femme ça.
Voilà. Donc je voulais juste juste alerter là-dessus. en doctorat, elles sont aussi moins nombreuses alors qu'elles réussissent très bien les études supérieures.
Voilà, donc c'était une petite alerte par rapport à à ce sujet. C'était très important de finir sur ce point. Merci.
Merci madame. D'ailleurs, il y a des revendications féminines. [rires] Oui, monsieur Bagdade.
Mais moi, j'aurais aimé symboliquement que nous finissions notre notre entretien sur euh les belles paroles de votre collègue. Mais moi aussi, il y a un sujet qu'on a pas beaucoup évoqué, c'est quand même la place des vacataires d'enseignement dans l'université. Et aujourd'hui ceux qui font vivre et qui permettent encore à l'université française de survivre dans leur mission d'enseignement, ce sont les vacataires.
Ce sont des personnes qui n'ont pas de statut et si on parle des doctorants, donc des attachés temporaires vacataires, ils ne sont pas payés tous les mois, parfois ils ne sont pas payés du tout, ils n'ont pas de contrat et cetera et cetera. Et ça c'est un sujet absolument majeur sur lequel il faut avoir une activité législative pour créer des bonnes conditions de travail pour ceux qui concrètement font aussi vivre l'université. On a eu une activité législative sur la façon dont ils percevaient leur rémunération.
Alors je suis pas sûr. Je sais je sais. Donc vous voyez, la loi résout pas tous les problèmes, hein.
Il suffit pas de voter, il faut ensuite appliquer. Merci beaucoup pour votre participation à cette à cette table ronde. Bon courage.
Bon courage à vous pour la suite.
Laurence Garnier