Narcotrafic : la France est un pays où l'offre de drogue est désormais "sans zone blanche"
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Sur cette palette, près de 2 tonnes de drogues saisie à Tahiti. Un record en Polynésie française. C'est dans ce voiler que les douiniers les ont découvertes, dissimulé dans les cabines.
Il avait pris la mer en provenance du Mexique. 11 armes ont aussi été trouvées. Dernière image du déferlement de drogue en cours sur le territoire français, un tsunami blanc selon les autorités.
Dans une note confidentielle, l'office antistupéfiant alerte sur l'état du narcotrafic en France. La drogue pénètre sur le territoire par toutes les frontières et tous les moyens. Avion, bateau, semi-ubersible, véhicules, personne frette.
La cocaïne abonde. 54 tonnes saisit l'an dernier deux fois plus qu'en 2023. Le prix baisse, les clients se multiplient.
Plus d'un million de français consomment de la cocaïne. Le marché de la drogue en France est aujourd'hui estimé à plus de 7 milliards d'euros par an disputé par des réseaux de narcobanditisme professionnalisés. Une poignée d'importateurs sont en relation directe avec les réseaux sud-américains. 5000 chefs de réseau transportent les stupéfiants, éliminent les concurrents.
Environ 200000 personnes revendraient la drogue au détail. Des mécanismes qui ont construit la puissance des cartels sud-américains sont observables en France. On voit que ça ça commence.
Des narcotrafiquants qui gagnent une un contrôle territorial. Ça peut être une cage d'escalier, ça peut être une partie d'un département, ça peut être un quartier et cetera. ces narcos vont essayer d'appliquer sur ces territoires une prédation et c'est notamment l'extorsion.
Et puis après, on voit aussi une pénétration croissante de l'argent du crime qui une fois blanchi et bien est investi dans des dans l'économie légale. Une contreculture de la violence qui s'étend en France. L'an dernier, 174 villes ont été le théâtre d'homicide lié au stupéfiant.
On l'a vu désormais, aucun territoire n'est donc épargné par le narcotrafic, encore moins les outres mères qui sont devenues une véritable plaque tournante pour le trafic de cocaïne notamment. Il y a 2 jours encore, plus de 1800 kg de stupéfiant ont été retrouvés sur un voilier en Polynésie française. Les précisions de Dario Borgognum.
Au large de ces îles paradisiaques, le narcotrafic se développe. À la mi-juillet, plus de 1800 kg de drogue ont été intercepté sur un voilier le long de ses côtes. Une saisie record pour la Polynésie française mais pas pour les territoires ultramarins devenu plaque tournante du trafic de drogue.
En Martinique par exemple, le nombre de saisis de cocaïne a été multiplié par 5 sur ces 10 dernières années. Un rapport sénatorial publié en janvier soulligne la vulnérabilité de ces départements. Les outresemers sont devenues des zones de transit et de rebond pour les narcotrafic.
Les territoires français de la Caraïbe et d'Amérique latine sont à proximité des quatre premiers producteurs mondiaux de cocaïne : Bolivie, Pérou, Colombie, Venezuela. L'une des zones les plus exposées, Antiguyane. Elle représente plus de 50 % de la cocaïne saisie en France.
Cela a été expliqué notamment par sa position géographique située sur des routes historiques du transport maritime mondial. Comme le marché européen de la cocaïne explos, si vous voulez. les les antançais sont devenus des des lieux très importants.
Comme il y a des lignes commerciales qui fonctionnent entre Fort de France et Saint-Nazer, entre Fort de France et le port du Havre, bah la cocaïne passe par là. Un narcotrafic en pleine croissance est toujours plus violent. Les autorités de ces départements réclament une réponse urgente de l'État.
Et pour nous éclairer sur le sujet, Nellie David est en direct avec nous. Bonsoir madame, vous êtes directrice générale de l'association addiction France. Le trafic explose, on l'a vu, puisque la consommation elle-même explose.
Je voulais revenir avec vous sur ce changement dans la société française concernant la consommation de drogue. Le profil des usagers, de ceux qui consomment de la drogue a changé. On assiste à une vraie démocratisation de la cocaïne.
Oui, tout à fait. Oui. Oui.
Une démocratisation. Alors, une en tout cas on peut on assiste en 2 ans, on est passé de 600000 personnes qui consommaient une fois par an de la cocaïne à 1100. Donc ça a pratiquement doublé.
Alors parler de démocratisation est peut-être un un grand mot quand on compare à d'autres drogue notamment l'alcool ou le tabac. Mais en tout cas effectivement il y a un développement de la consommation de cocaïne en France. En tout cas c'est vrai que avant ça c'était quelque chose d'assez marginal.
Maintenant c'est c'est ça devient plus normal presque on peut dire. Ça se banalise. Ça se banalise plus.
Tout à fait. Il faut dire que les bananisation je vous en prie. Allez-y.
Non, du fait du prix, la baisse du prix, puisqu'on était encore il y a quelques années à 70 € le gram et là, on est à passer à moins de 60 € puisqu'on est à pratiquement les 58 € le gram de cocaïne. Oui, c'est ce que j'allais c'est ce que j'allais vous dire. Les prix ont considérablement baissé.
Ça, vous pensez que ça encourage les consommateurs que c'est plus incitatif ? Alors forcément ça, il y a il y a plus de de produits donc forcément ça ça encourage un peu. Maintenant les consommateurs ont évolué aussi puisque on voit que les personnes qui consomment de la cocaïne sont pas les mêmes qu'il y a 10 ans.
Aujourd'hui, on a des personnes qui euh des actifs, des personnes qui travaillent, qui prennent de la cocaïne pour pour tenir et euh donc oui, une évolution forcément. C'est ce qu'on voit dans dans ce rapport hein. Selon l'OFAST, tous les territoires sont touchés, même les plus petites communes.
Cela veut dire, c'est ce que vous nous disiez que pour caricaturer que ce n'est plus une drogue de de showbiz festive, certains en prennent aussi donc comme comme stimulant pour travailler. Tout à fait. Oui.
Oui. Et ça c'est le rapport de l'OFDT l'a l'a démontré euh notamment cette année en en précisant que ça s'est démocratisé enfin banalisé auprès d'une d'une certaine partie de la de la population notamment les donc les actifs et puis euh étudiants aussi euh et également les personnes qui en prennent pour tenir avec des horaires particuliers, des rythmes soutenus et cetera. Et il y a aussi évidemment il y a aussi la la façon dont dont les trafiquants s'adaptent aussi au marché au nouveau consommateurs.
Ils vont les chercher, on le voit sur les réseaux sociaux, faire des des campagnes marketing avec des promotions, ils livrent même à domicile. Là aussi ça a beaucoup évolué. Oui.
Alors, c'est important de se dire qu'aujourd'hui alors ça fait depuis 10 ans que c'est observé et là on on le voit de façon très forte. cette dimension liée à des je mets des guillemets un multinational de de la drogue se développe sont très agiles avec vous l'avez précisé des techniques marketing des techniques pour importer qui sont de plus en plus ingénieuses. On parle aujourd'hui de deal numériqu il faut avoir en tête qu'aujourd'hui les points de deal en physique c'est 20 % sinon 80 % se font hors des points de deal physique.
Il y avait ce matin un article dans le journal de Monde qui parlait de de centre d'appel où les personnes pouvaient acheter leurs produits. Voilà. Donc effectivement, il y a toute une organisation qui est euh alors nouvelle qui se développe en tout cas de façon extrêmement structurée.
Oui. C'est dire à quel point les les marchés ont effectivement évolué sur le sur le sujet. Justement vous en tant que association, comment vous faites comment vous essayez du moins d'enrayer ce phénomène ?
Alors nous aujourd'hui on on travaille sur à plusieurs niveaux. On travaille avec de la prévention, prévention auprès des populations les plus vulnérables, donc notamment les jeunes. Euh prévention également et formation et conseils notamment en entreprise euh sur ces questions et également du soin avec de l'accompagnement anonyme et gratuit au sein de nos structures.
Pour les personnes qui ont des problématiques de dépendance, il est important de rappeler que toutes les personnes qui consomment de la cocaïne ne sont pas addictes. on est en moyenne à 20 % de personnes qui consomment qui ont des problématiques d'addiction. Donc euh voilà voilà pour les pour les actions mises en place donc par les associations comme la vottre.
Merci beaucoup Nellie David d'avoir pris le temps de répondre à mes questions dans ce ce journal sur ce rapport donc qui est sorti sur la drogue en France. M.
Bruno Retailleau