Macron : acte II #cdanslair 26.04.2019
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 44 %Attaque 41 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 68 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:19OuverteÉludée
Quelles sont les principales annonces de la conférence de presse ?
- 0:25OuverteRéponse partielle
Cette intervention ouvre-t-elle un nouveau chapitre du quinquennat ?
- 0:31OuverteRéponse partielle
Le président a-t-il changé sur la forme et sur le fond ?
- 0:37OuverteRéponse partielle
A-t-il infléchi sa politique ? A-t-il convaincu ?
- 1:08OuverteRéponse directe
Comment jugez-vous la performance du président ?
- 1:13RelanceRéponse directe
Est-ce que ça peut marquer un tournant dans ce quinquennat ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 11:20Emmanuel MacronPromesse
« Je souhaite que nous réindexions les retraites de moins de 2 000 euros et qu'il n'y ait plus de sous-indexation de quelques retraites que ce soit à partir de l'année 2021. »
- 12:14Emmanuel MacronPromesse
« A la fin de nos réformes, il y aura 40 euros d'écart. Ce n'est pas acceptable. Et donc je veux que ce qu'on appelle le minimum contributif, c'est-à-dire la retraite minimale qu'on touche quand on a travaillé durant sa vie, ce soit de 1 000 euros. »
- 13:00Emmanuel MacronPromesse
« Je ne veux pas de hausse d'impôt et je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l'impôt sur le revenu. »
- 13:43Emmanuel MacronFait
« La France travaille beaucoup moins que ses voisins. On rentre en moyenne plus tard, on part plus tôt et on travaille moins dans l'année. »
- 14:06Emmanuel MacronFait
« Est-ce qu'il faut reculer l'âge légal qui est aujourd'hui à 62 ans ? Je ne crois pas. »
- 28:14Emmanuel MacronFait
« Ça veut dire que la retraite, l'âge pivot de la retraite va passer aux environs de 64 ans. Vous pourrez partir à 62, mais avec un revenu plus faible. »
- 32:06Emmanuel MacronFait
« J'ai entendu, je vais réindexer les pensions de retraite. »
- 32:43Emmanuel MacronFait
« Il nous annonce un grand débat annuel sur l'immigration. »
- 32:59Emmanuel MacronFait
« Lors de son discours hier, Emmanuel Macron y consacre trois minutes, le temps d'annoncer la création de deux conseils dédiés à la transition écologique. »
- 33:52Emmanuel MacronFait
« Il prévoit un RIP un peu aménagé, bon d'accord, il prévoit un RIP local et encore très light. »
- 34:12InvitéChiffre
« Seuls 37% des Français ont été convaincus par les mesures annoncées par le Président. »
- 49:30PrésentateurChiffre
« En France, 40% des pensions alimentaires sont impayées. »
- 52:30PrésentateurChiffre
« 500 000 enfants sont concernés par des pensions alimentaires non versées. »
- 1:02:59PrésentateurChiffre
« on a ajouté 8 milliards de déficit supplémentaires »
- 1:03:05PrésentateurFait
« Les pays qui ont un déficit le plus élevé sont la Roumanie et Chypre. Et nous juste derrière »
- 1:03:12PrésentateurFait
« taxes d'habitation, CSG, retraite bloquée, etc. »
- 1:03:20PrésentateurPromesse
« Emmanuel Macron a dit qu'à partir de 2021 l'indexation se ferait de nouveau sur l'inflation pour ceux qui sont au-delà de 2000 euros »
- 1:03:43PrésentateurFait
« il y a une opération de communication hier puisqu'il a réhabillé avec du nouveau papier cadeau quelque chose qui était déjà décidé »
- 1:04:03InvitéFait
« loin de lui cette idée »
- 1:04:18InvitéFait
« tous les présidents donc il ment quand il dit que son horizon mais il ne peut pas dire le contraire »
Temps de parole
- Présentateur80 %
- Invité14 %
≈ 0,6 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bonsoir à toutes et à tous. Première grande conférence de presse d'Emmanuel Macron hier à l'Elysée devant 300 journalistes. Une intervention de 2h23. Alors quelles sont les principales annonces ? Cette intervention très attendue après 3 mois de grand débat ouvre-t-elle un nouveau chapitre du quinquennat ? Peut-on réellement parler d'un acte 2 qui s'ouvrirait ? Le président a-t-il changé sur la forme et sur le fond ? A-t-il infléchi sa politique ? A-t-il convaincu ? Le chef de l'État peut-il espérer tourner cette page, cette crise des gilets jaunes qui dure depuis maintenant près de 6 mois ?
C'est le sujet de cette émission de ce C'est dans l'air que nous avons décidé d'intituler ce soir « Macron, l'acte 2 ». Pour répondre à vos questions, nous avons le plaisir d'accueillir Brice Tinturier, directeur général délégué de l'Institut de sondage Ipsos. Nous accueillons Raphaël Baquet, grand reporter au Monde, Dominique Seux, directeur délégué de la rédaction des Échos et Frédéric Saïs, journaliste éditorialiste politique à France Culture. Brice Tinturier, tout d'abord, question toute simple, comment est-ce que vous avez jugé cette performance ? Est-ce que ça peut marquer un tournant dans ce quinquennat d'Emmanuel Macron ?
Écoutez, moi j'ai trouvé que c'était un exercice très difficile et plutôt réussi, où il est parvenu à donner le cap et à ne pas donner le sentiment qu'il renonçait à ce qui était les fondamentaux de sa politique. Et en même temps, il y a eu aussi toute une série de mesures et d'inflexions qui ne sont pas négligeables, avec des mesures concrètes qui sont massivement approuvées par les Français. Les premières enquêtes, ce que nous avions fait nous-mêmes et ce que mes confrères également ont fait, montrent que sur les mesures, elles sont massivement approuvées.
Le deuxième élément également qui me frappe, par rapport à la tonalité que je trouve excessivement négative de la presse en général, c'est que quand vous regardez les scores mesurés par deux enquêtes, et qui tournent autour de 38% de Français convaincants, ce n'est pas si mal en réalité. Si vous prenez le 62%, bien sûr... C'est un sondage RTL, Harris Interactive qui dit... Il y en a deux, il y a un sondage Odoxa et il y a un sondage Harris Interactive. Parce que les deux tiers des Français n'ont pas été convaincus. Mais oui, mais attendez, ça c'est une évidence, je peux vous le signer avant toute intervention de tout président de la République.
En revanche, ce qui est intéressant, c'est de comparer combien ont été convaincus par rapport au niveau de jugement qu'on avait sur le président avant. On est à 27-28% de jugement favorable. Quand vous passez à 35 ou à 39% de convaincants ou de convaincus, ce n'est pas si mal. C'est le deuxième enseignement. Il gagne 7 points, quoi. Oui, donc il remobilise d'abord sa base, 90%, mais il arrive aussi à obtenir des niveaux qui ne sont pas si mauvais sur le score global chez les sympathisants PS et chez les sympathisants LR, ce qui est pour lui évidemment décisif.
Puis le troisième point, c'est que vous avez une batterie d'items d'images, je crois que c'est Odoxa qui l'a faite, où vous avez des 52 ou des 53% de Français qui ont vu son intervention, qui ont entendu parler, qui ont trouvé qu'il reconnaissait ses erreurs, qu'il était proche des préoccupations des Français. Proche des préoccupations des Français, 45%, c'est un bon score. Il était beaucoup plus bas auparavant et qu'il avait tiré les enseignements du Grand Débat à 40%.
Là encore, si vous prenez la mesure auprès de l'ensemble des Français, évidemment qu'elle est majoritairement négative, mais les sympathisants de la France Insoumise ou du Rassemblement National, j'aurais dit, ils ne vous diront jamais que c'était formidable. A fortiori, quand vous avez un président qui garde le cap, donc si vous n'êtes pas d'accord avec ce cap, vous n'allez pas dire que vous l'avez trouvé convaincant. Dans le détail et de manière relative, et je pense que c'est comme cela qu'il faut lire ces enquêtes, Dans la dynamique des sondages ? Dans les niveaux même, dans la dynamique et dans les niveaux, il faut les regarder de manière beaucoup plus relative et précise.
Faire 50% ou 60% de convaincance, c'est impossible, jamais vu. Passer une barre où vous êtes aux alentours de 40%, ce n'est pas si mal. Dans le détail, donc il y a des items où c'est même bien, et l'ensemble des mesures est quand même très majoritairement approuvé. Donc moi je crois, contrairement à certaines analyses qui ont été produites sur la base aussi de ces enquêtes, qu'il a malgré tout marqué des preuves chez les Français, et plutôt réussi un exercice qui est systématiquement difficile, et en général qui ne change rien. Raphaël Baquet, 2h23, et puis c'était assez dense, les gens ont vraiment regardé jusqu'au bout, intégralement vous croyez ?
Oui, ça a été assez regardé. Alors c'est vrai que c'était long, tout n'était pas du même niveau, le propos liminaire était peut-être un peu long. Mais enfin bon, effectivement il a passé l'exercice. Ce qui était le plus difficile pour lui, c'était de à la fois revenir, il y a des inflexions quand même sur ce qu'il avait fait, donc il devait revenir et corriger certaines de ces mesures, notamment la réindexation des petites retraites sur l'inflation. Il devait expliquer pourquoi il renonçait ou refusait des propositions qui sont massivement sorties dans le grand débat.
Je pense évidemment au rétablissement de l'ISF, mais aussi même aux mesures de type plus institutionnelles, et notamment le référendum d'initiative citoyenne, la reconnaissance du vote blanc. Donc il fallait qu'il explique aussi pourquoi, au fond, des revendications assez largement portées dans le grand débat national, pourquoi il ne les avait pas retenues. Et de ce point de vue-là, il l'a expliqué à la fois assez fermement et de façon assez pédagogique. Et puis enfin, effectivement, il devait répondre à cette revendication majeure qui est « ce n'est pas suffisant, ce n'est pas assez concret ».
Il n'a pas toujours été très concret d'ailleurs, il est resté assez flou quand même dans certaines mesures. Le ton présidentiel, je ne rentre pas dans le détail. Il a été dans un entre-deux qui est d'ailleurs la complexité aujourd'hui de tous les présidents modernes, si vous voulez, c'est qu'ils sont à la fois interpellés sur « on veut du concret », « on veut qu'ils répondent à des revendications », et en même temps, « on veut une vision au-dessus du lot ». Donc là, il a sans arrêt jonglé entre ces deux personnages, si je puis dire. Alors Frédéric Saïs, vous étiez dans les rangs, vous des journalistes.
Quelle était l'ambiance là-bas ? Les journalistes d'ailleurs étaient assez disciplinés, mordants mais pas trop, comme intimidés par ce décor élyséen. Oui, alors dans la mesure où c'était la première conférence de presse du genre à l'Elysée, déjà la première question c'était de savoir combien de temps ça allait durer, et par conséquent, combien de questions pourraient être placées. Il y avait, je ne vous le cache pas, une sorte de lutte assez acharnée à chaque fois qu'il y avait un moment de silence, pour pouvoir soi-même poser sa question, dans la mesure où on ne savait pas finalement si le président pourrait toutes les écouter.
Alors vous, vous avez levé le doigt, et pourquoi vous n'avez pas eu le loisir de poser votre question ? Je n'ai pas eu le loisir de poser ma question, et 80% de la salle, au moins au bas mot, n'a pas eu non plus le loisir. Et on est casté ou on est choisi au hasard pour poser cette question ? Alors non, on n'est pas casté, les questions ne sont pas transmises auparavant.
En revanche, ce qui est vrai, et ça se voit, c'est quasiment de notoriété publique, c'est le service de presse de l'Elysée, qui dispose de 5 ou 6 personnes réparties dans la salle avec des micros, qui choisissent, non pas les questions, mais les personnes qui vont les poser, elles échangent par SMS en direct pour dire ensuite ce sera telle personne, telle personne. Alors ce n'est pas uniquement une histoire de fait du prince, il vaut mieux être bien sûr connu du service de presse, mais il y a aussi des histoires de représentativité des médias et presque de quotas.
Il y a eu une question de la presse étrangère, il y a eu une question de la presse régionale, il y a eu une question des Outre-mer, et puis beaucoup, peut-être malheureusement d'ailleurs, de presse parisienne. Moi, ce qui m'a marqué, pour ne rien vous cacher, la question que j'avais prévue, c'est que finalement on n'a jamais reparlé des éléments déclencheurs du 17 novembre. L'abaissement de la vitesse à 80 km heure est-il supprimé ou pas ? On ne le saura pas, personne n'a posé la question, et Emmanuel Macron lui-même ne l'a pas abordé. Le président enterre-t-il toute hausse future de taxes sur le carburant ? On ne le saura pas, le président ne l'a pas abordé.
D'ailleurs, l'écologie, c'était le grand absent de cette conférence de presse, dans la mesure où Emmanuel Macron a dit quoi sur cette question ? Il a dit, en gros, je vais refiler la patate chaude à un collège de citoyens, 150 citoyens, c'est la convention citoyenne comme il l'appelle, qui vont être tirés au sort et qui débattront entre eux de la transition énergétique, autrement dit, sujet explosif, je ne vais surtout pas remettre les mains dedans. Donc, les taxes sur l'essence et les 80 km heure, si on n'a pas eu de réponse à ces questions, c'est parce que vous n'avez pas pu poser votre question.
C'est parce que ça n'a pas été abordé dans le sujet liminaire, et qu'ensuite, après, les journalistes ont évidemment manqué d'à propos, je m'inclus peut-être dans le lot aussi.
Dominique, on va rentrer dans le détail ensuite. D'abord sur la forme, il était très à l'aise, on sent vraiment que c'est un exercice qu'il maîtrise, et puis alors, je ne sais pas, il était en mode présidentiel, il n'était pas en bras de chemise ? Alors, d'abord, il était assis, à la différence de Nicolas Sarkozy et de François Hollande, qui étaient plutôt debout, et renoués avec les origines de la Vème République. Alors, je laisse les criminologues ou les élisologues broder là-dessus. Moi, ce qui m'a frappé, c'est plusieurs choses.
D'abord, quand même, c'est un spectacle qui a été suivi, c'est un spectacle, mais pour le président de la République, et disons-le un peu aussi pour les journalistes qui posent des questions, qui réussissent à poser leurs questions. Il y a un enjeu pour chacun ou chacune des journalistes qui posent la question de se montrer, alors non seulement auprès de sa hiérarchie, ça tout le monde s'en moque, mais de montrer son média. Et donc, il y a une sorte de chose un petit peu, la Vème République, elle est verticale, mais y compris pour le côté médiatique. C'est une victoire quand on a le micro et qu'on peut poser sa question, on est content de se montrer. Un tout petit peu.
Alors, pourquoi est-ce que, comme le disait Brice Saint-Turier, les médias du Ménage Général sont plutôt sceptiques ? Pour une raison, en fait, nous sommes un peu mauvais joueurs. C'est-à-dire que les principales annonces avaient fuité la quasi-totalité de ce qui a été annoncé hier, et on parlera des précisions, des chiffres, etc., mais on le connaissait depuis dix jours. Et les médias auraient pu se dire, bon, on ne va pas en faire trop sur le thème, tiens, il n'y a pas d'effet Wahou. Mais on a quand même entendu, il n'y a pas d'effet Wahou. Malgré tout, il y a des mesures, il y en a quand même pour, alors on y reviendra peut-être plus tard, mais une somme assez considérable.
Mais, et donc, cette surprise, finalement, n'a pas eu lieu parce qu'elle n'était pas possible. Alors après, le discours du président de la République, c'est, en gros, regardez-moi, je vous dis que j'ai changé, je change, je fais me me met à coup le pas pour ne pas changer de politique, essentiellement, pour l'essentiel. Alors après, il y a deux questions. La première, c'est, est-ce qu'il a véritablement changé ? Ça n'est pas certain. On sait qu'il est un excellentissime locuteur, mais c'est un moins bon écouteur. La capacité à dialoguer avec la française est un peu moins forte. De ce point de vue-là, vous ne croyez pas qu'il ait changé, qu'il soit devenu bon écouteur ?
En tout cas, on le saura dans les semaines qui viennent. On verra si toutes les promesses de discussion se traduiront dans les faits, ou ça continuera à être vertical. Et puis, est-ce qu'il a changé ? Ou il n'a pas changé de politique. Il a, pour l'essentiel, gardé la même politique, à la fois dans le domaine économique, mais il y a des inflexions qui sont quand même notables. Dont on va parler. Alors, 2h23 de face à face, 2h23 minutes de face à face, sous les dorures de la salle des fêtes de l'Elysée. Le président de la République s'est donc plié hier à l'exercice de la conférence de presse. Un petit mea culpa sur la forme, mais pas de changement de cap sur le fond.
Un sujet était particulièrement attendu. « Les mesures en faveur du pouvoir d'achat ». Morceau choisi avec Julien Launay et Benoît Thébault. Au 1er janvier prochain, je souhaite que nous réindexions les retraites de moins de 2 000 euros et qu'il n'y ait plus de sous-indexation de quelques retraites que ce soit à partir de l'année 2021. Je pense qu'il faut rebâtir cette clarté, cette lisibilité pour nos retraités. Aujourd'hui, quand on parle des artisans, des commerçants, on a des situations inacceptables. Parce qu'on a beaucoup de nos concitoyens qui n'ont pas cotisé comme il fallait, qui étaient dans des régimes qui étaient moins favorables que le régime général.
Et donc on a des centaines de milliers de nos concitoyens qui vivent avec des retraites qui sont parfois sous le minimum vieillesse. Ce sont des situations terribles sur le plan personnel. Moi, je souhaite qu'on y réponde en redéfinissant un seuil minimal pour tous ceux qui ont travaillé. Et il doit être supérieur au minimum vieillesse plus significativement. A la fin de nos réformes, il y aura 40 euros d'écart. Ce n'est pas acceptable. Et donc je veux que ce qu'on appelle le minimum contributif, c'est-à-dire la retraite minimale qu'on touche quand on a travaillé durant sa vie, ce soit de 1 000 euros.
Et il me semble que la meilleure orientation pour répondre aux besoins de justice fiscale n'est pas d'augmenter les impôts de tel ou tel, non, mais plutôt de baisser les impôts du maximum de nos concitoyens, en particulier de toutes celles et ceux qui travaillent au 1er chef des classes moyennes. Celles et ceux qui travaillent, qui payent l'impôt sur le revenu, ont été largement mis à contribution durant les dernières décennies. Je serai donc simple, je ne veux pas de hausse d'impôt et je veux des baisses pour ceux qui travaillent en réduisant significativement l'impôt sur le revenu. Enfin, ces baisses, il faut expliquer comment on va les faire et comment on les finance.
J'ai donc demandé au gouvernement de mettre en oeuvre cette baisse d'impôt en la finançant par la suppression de certaines niches fiscales pour les entreprises, la nécessité de travailler davantage et des réductions de notre dépense publique. Si on arrive à baisser, en plus de ce qui a déjà été fait et prévu d'environ 5 milliards l'impôt sur le revenu, ce sera un geste significatif pour l'ensemble de ceux qui contribuent. La France travaille beaucoup moins que ses voisins. On rentre en moyenne plus tard, on part plus tôt et on travaille moins dans l'année. Donc là-dessus, il faut qu'on ait un vrai débat et qu'on puisse trouver, construire des vraies options pour avancer. C'est indispensable.
Et c'est un axe d'économie. Il y a le fameux sujet de l'âge légal. Est-ce qu'il faut reculer l'âge légal qui est aujourd'hui à 62 ans ? Je ne crois pas. Ce sur quoi peut travailler le gouvernement avec le Parlement, c'est de regarder si on peut allonger la période de référence sans bouger l'âge légal pour avoir un système de décote qui incite à travailler davantage, mais sans forcer tout le monde. Quand quelqu'un est dans une situation avec un métier pénible, quand quelqu'un est dans une situation avec une carrière fracturée, ce n'est pas l'âge légal qu'il faut bouger. Il faut inciter les gens à travailler plus longtemps, mais dans une option de libre choix.
Alors, question téléspectateurs, baisser les impôts, ne pas réduire le nombre de fonctionnaires, oui, mais avec quel argent, Dominique Seux ? C'est un peu mystère et boule de gomme. Pour l'instant, on ne sait pas très bien en face des dépenses qui sont quand même assez lourdes au total. Les recettes sont beaucoup plus légères. Les dépenses. Il faut reprendre quand même depuis le mois de décembre, 10 milliards au mois de décembre. Hier, absolument certainement, 5 milliards, peut-être un peu plus, pour l'impôt sur le revenu. Vous avez la réindexation des petites retraites, 1 milliard, 1,5 milliard.
Et puis, vous avez des choses, la non-baisse du nombre de fonctionnaires, celle qui ne sera pas faite, un peu de décentralisation, le dédoublement des classes qui va arriver, qui va être étendue. Vous avez un certain nombre d'autres mesures. Au total, on peut se dire que depuis le début du mouvement des Gilets jaunes, une vingtaine de milliards d'euros ont été mis sur la table. Alors ça, ce sont les dépenses nouvelles. Il faudrait ajouter aussi le fait que la taxe carbone, qui aurait dû augmenter non seulement en 2019, mais aussi encore un peu plus en 2020 et en 2021, ça n'augmentera pas. Et donc, au total, c'est assez lourd. Alors, en face, que nous dit-on ? On a 25 milliards.
20-25 milliards. Qui partent-là ? Bon, voilà. Alors, les recettes.
Est-ce qu'aucun syndicat n'a jamais obtenu quand même ? Jamais. Ça, les Gilets jaunes. Donc, c'est quand même très important.
Alors, le chiffre peut être contesté, il est un peu à la louche, il sera précisé, mais ça fait quand même 5 milliards par mois. Vous prenez les Gilets jaunes, 5 milliards par mois. Bon, en face, on nous annonce la suppression d'un certain nombre d'organismes inutiles. Très bonne idée de supprimer les organismes inutiles. Mais quelques dizaines de millions d'euros, peut-être une centaine de millions d'euros. Ça me paraît assez peu de choses. Mais vous en voyez un, vous, un organisme inutile qui va accepter d'être supprimé sans hurler, d'ailleurs ? Non, mais des commissions ad hoc, il y en a toujours, mais c'est annoncé régulièrement.
Je note néanmoins que le président de la République en a annoncé deux nouvelles hier. Ah oui, deux nouvelles commissions. Une, d'ailleurs, une commission sur l'écologie. Une sur l'écologie, et puis je crois qu'il y a une mission aussi sur le futur de l'ENA. Voilà, quelque chose comme ça. Et puis vous avez, alors là, la surprise, c'est la suppression de niches fiscales pour les entreprises. Là, on ne sait pas très très bien ce que c'est encore. Il y a plusieurs pistes. Ils arriveront à trouver 2, 3 milliards. Mais en face, comment ça va se passer ? Alors le gouvernement espère manifestement un peu de croissance.
Et c'est vrai que la croissance résiste un peu mieux qu'elle ne le fait dans d'autres pays voisins. Donc ça va, de ce point de vue-là, il y aura des recettes. Il espère beaucoup plus discrètement que les taux d'intérêt restent très bas. Et donc, il y aura des économies. On ne va pas être dans la technique, mais des économies sur la charge de la dette publique. Mais au total, tout ça est assez déséquilibré. Au fond, les Français, peut-être, s'en moquent un peu, quand même. Donc elles sont très peu financées, ces nouvelles dépenses. Mais Brice Stinturier, on a l'impression d'un président qui répartit les rôles de la façon suivante.
Moi, j'annonce les bonnes nouvelles et je demande à Édouard Philippe ensuite, parce qu'il l'a dit à un moment, le gouvernement se débrouillera pour faire les économies. à Édouard Philippe de faire les économies en juillet s'il y arrive. Et puis s'il n'y arrive pas, ça fera du déficit. Il lui prolonge son bail, mais le loyer est un peu élevé. C'est ce qu'évoquait Raphaël Baquet. C'est-à-dire qu'il y a toujours un entre-deux dans ce type d'exercice où le président doit être quand même sur une vision et un peu au-delà. Sinon, on lui fait le reproche de vouloir régler les micro-détails et puis de court-circuiter son gouvernement.
Donc il est dans son rôle en reprenant un peu de hauteur et en disant au gouvernement de trouver ensuite les solutions, on va dire, plus techniques. Et puis s'il est trop dans cette posture-là, pour le coup, il apparaît pour les Français assez déconnectés. Mais ce que je crois, ce que je note et qui est en phase avec ce qu'on mesure, c'est que Dominique Seul disait, un mouvement social qui débouche sur 20 milliards et plus pour les Français ou de modification de la politique générale, moi je maintiens que ce n'est pas anodin.
Et souvenez-vous, après le 17 novembre, quand il y a eu la conférence et les 10 milliards qui ont été mis sur la table, la cote du président de la République a commencé à remonter un petit peu, à un niveau encore faible, très basse, etc. Mais un petit peu. Donc ça avait bien contribué. Les Français n'étaient pas idiots, ils avaient bien compris qu'il y avait un certain nombre de mesures dont ils allaient profiter. Moi je crois que ces mesures nouvelles qui vont s'ajouter vont aussi créer catégorie par catégorie pour les gens qui sont concernés des bénéfices tangibles et qui seront reconnus. Donc je ne dis pas que ça va transformer la donne.
Je dis simplement que dans un système relatif et tout en, vous avez raison de le souligner, tout en disant ensuite au gouvernement de résoudre un certain nombre de points durs qui ne seront pas évidents du tout, mais que malgré tout, il a annoncé des mesures qui sont appréciées et qui devraient se traduire au moins à la marge et peut-être un peu plus positivement.
J'ajouterais juste un tout petit truc, c'est que s'il est flou aussi par exemple sur la baisse de l'impôt sur le revenu, c'est aussi qu'il y a un débat au sein du gouvernement encore entre, disons, l'aile droite et l'aile gauche, enfin pour... Qui va profiter
de ces 5 milliards de baisse ?
Justement, il y a un petit débat. Est-ce qu'on élargit le nombre d'assujettis à l'impôt qui vont bénéficier de cette baisse des impôts ou pas ? Et là, il y a un petit débat qui n'est pas tranché.
Avec Saïs, vous avez une idée. Quelles sont les pistes ? Est-ce que tous ceux qui payent l'impôt sur le revenu vont bénéficier d'une petite réduction ? C'est toujours la question. Est-ce qu'il faut dire que 5 milliards d'euros de baisse comme ça, ça a l'air beaucoup ? Et en réalité, quand vous le rapportez au nombre de foyers fiscaux français, ce n'est pas grand-chose. 5 milliards, ça semble beaucoup, mais ce n'est pas grand-chose. Ça fait 200-300 euros, si je ne me trompe. Oui, mais vous n'allez pas pouvoir, par exemple, appliquer cette baisse aux plus riches. On vient d'avoir un grand débat national qui a dit que, justement, les plus riches étaient très favorisés.
Si en plus, vous leur mettez, en plus, c'est symbolique pour eux, 200 euros par rapport à ce qu'ils payent comme impôt, si vous l'appliquez aux plus riches, ça ne va pas marcher. Donc, ce qui est prévu pour l'instant, en tout cas, ce que j'ai entendu dans la bouche de Bruno Le Maire, mais effectivement, l'arbitrage n'est pas rendu, c'est de se concentrer sur les deux premières tranches de l'impôt sur le revenu. Pour dire deux chiffres, c'est 14% pour la première tranche et 30% pour la seconde, ça serait de la baisser un petit peu ses seuils. En revanche, la somme, c'est vrai, est parlante, elle est massive pour le budget de l'État.
Ça ne traduit pas, selon moi, un changement de fond politique dans la mesure où ce qui est proposé, ça reste quand même dans la droite ligne idéologique du macronisme. C'est une baisse de l'impôt sur le revenu. Ça fait longtemps qu'il s'y a été engagé. Il avait promis de baisser le total des prélèvements publics sur la totalité de son quinquennat. Donc, ce n'est pas antinomique du macronisme. C'est plutôt une application. Et dernier point, juste sur les organismes inutiles, je pense qu'il y en a un auquel il pense très fort, Emmanuel Macron, c'est la Commission nationale du débat public, présidée par Chantal Joanneau. Souvenez-vous, elle avait été missionnée pour commencer le débat public.
Effectivement, elle avait dit c'est une opération de com', je n'y vais pas. Ça ne sera rien gagné
au budget d'État, mais ça sera une petite vengeance qui fera du bien dans les rangs macronistes.
Dominique, on pourrait aussi dire que depuis plusieurs années, la politique du gouvernement c'est de favoriser les entreprises en baissant leurs charges et en revanche de taper dans le portefeuille des ménages. Hier, c'était le contraire. On caresse les ménages et on demande aux entreprises de leur rabote des niches fiscales. De ce point de vue, il y a un tournant, on arrêtait la politique pro-entreprise, pro-business. En fait, la politique pro-business a été les six premiers mois. Les choses ont été enclenchées. Il y a eu l'ISF pour les fortunes, mais c'est de l'argent qui doit revenir normalement vers le tissu productif.
Il y a eu des annonces sur la baisse de l'impôt sur les sociétés, sur les baisses de cotisations patronales. Mais depuis, tout va plutôt vers les ménages. Il y a eu d'abord le basculement entre la CSG et les cotisations sociales et Dieu sait qu'on en a parlé de la hausse de la CSG pour les retraités. Il y a la taxe d'habitation et il y a depuis la prime d'activité, c'était en décembre et là, l'impôt sur le revenu. Sur l'impôt sur le revenu, la commande passée par l'Elysée à Matignon et à Bercy est la suivante. L'idée, c'est de baisser l'impôt pour 15 à 16 millions de contribuables. Il y en a environ 16,5-17.
Ça veut dire que la quasi-totalité il resterait 3 à 500 000 contribuables qui ne toucheraient pas, percevraient pas, ne sentiraient pas cette baisse de l'impôt sur les revenus. Les très hauts revenus. Alors très hauts revenus ou les hauts revenus qui seraient, 500 000 personnes, c'est plus que les très hauts revenus. Mais disons, les classes moyennes supérieures ne seraient pas concernées. L'idée, ce serait une baisse qui pourrait aller de 150 à 300 euros en réalité par ménage pour tous les autres ménages. Après, on peut concentrer et Raphaël Baquet a tout à fait raison de dire que ça peut être un peu plus concentré au bas du barème. mais c'est un peu le quantum.
Et le troisième élément de la commande... Ça toucherait 15 millions de francs. Absolument. Le troisième élément de la commande, c'est que ça n'augmente pas, cette baisse de l'impôt sur le revenu, n'augmente pas le nombre de non-imposables. On sait qu'en France, aujourd'hui, 43% des ménages seulement sont imposables à l'impôt sur le revenu. Ce qui est un bas, le plus bas historique depuis peut-être, alors je ne sais pas si c'est depuis la naissance de l'impôt sur le revenu dans les années 1910, mais en tout cas, c'est très bas. La commande, c'est plutôt n'augmentons pas le nombre de ménages non-imposables.
Mais au total, 5 milliards de moins en gardant pour les plus aisés un impôt inchangé, ça veut dire que c'est une nouvelle concentration de l'impôt sur le revenu. Raphaël Bacchi. Très rapidement, c'est pour compléter juste un point de Dominique Seux quand il dit que la politique a commencé à être favorable plutôt aux ménages après les six premiers mois du quinquennat. Il faut bien préciser que les Français n'en sont pas du tout convaincus.
C'est-à-dire que peut-être qu'objectivement, ça a été ça, mais quand vous interrogiez les Français jusqu'à maintenant sur les questions de fiscalité, ils ont massivement le sentiment que c'est une politique qui va à l'encontre de leur intérêt, qu'on a augmenté l'impôt et les prélèvements et pas du tout qu'ils commenceraient à regagner du pouvoir d'achat. Alors, par exemple, l'idée de réindexer les retraites, parce que les retraités ont énormément critiqué la désindexation. Est-ce qu'ils, de façon symétrique, ils vont être très reconnaissants de la réindexation des retraites ?
Très reconnaissants, je ne le pense pas, parce qu'on revient sur quelque chose, on ne fait pas un cadeau aux retraités, on revient au contraire, on répare quelque chose qui leur avait été fait à leur détriment. Donc, ce n'est pas quelque chose à la sortie dont ils sont gagnants, c'est simplement par rapport à une décision qui avait été prise et où ils étaient perdants. Simplement, c'est un effet de correction. C'est ça que je crois important, c'est que sur un certain nombre de dimensions et sur un certain nombre de public, il y a des choses qui ont été corrigées par rapport à des reproches qu'on lui faisait.
D'ailleurs, de fait, il a reconnu que cette mesure de désindexation des retraites avait été mal vécue. Là, il y a eu un mea culpa quand même.
Oui, c'est vrai que sur les ronds-points, le nombre de retraités est très important, ça saute aux yeux. Dès qu'on va vers les ronds-points des gilets jaunes, on voit bien que pratiquement la moitié des gens qui sont là et parfois plus sont des retraités. Et les retraités avaient aussi quand même vu l'arrivée d'Emmanuel Macron de façon favorable. Ils avaient souvent voté pour lui. Donc là, évidemment, je ne sais pas effectivement s'il pourra les récupérer parce que quand il y a une espèce de rupture comme ça, aussi importante, c'est difficile. Mais effectivement, il répare une mesure qui avait été vécue comme très injuste.
Dominique, le renoncement à la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires. Est-ce que c'est anecdotique ou c'était quand même quelque chose qui était attendu par les Français ? C'était un point assez fondamental de son programme. Ça ne représente jamais, dites-moi si je me trompe, que 2% du nombre d'agents de la fonction publique. Et le président, hier, si, sur 5 600 000,
ça fait 2%.
Le président, dans les entreprises, on voit très souvent une réduction d'effectifs de 2% du nombre de salariés. Et là, il a dit hier, je n'y arriverai pas. Alors, il n'y arrivera pas et tout le monde le savait en réalité en regardant les deux premiers budgets puisqu'au total, il y avait en gros 6 000 postes de fonctionnaires qui avaient été supprimés sur deux ans. Donc, pour en faire des paquets d'autres, c'était quand même assez peu probable. L'État s'était engagé sur 50 000 à 60 000. Le reste, c'était notamment les collectivités locales. Les collectivités locales, on sent bien que l'État central, Jacobin, ne va pas leur demander des efforts considérables.
Ça n'est pas tout à fait la tendance d'aujourd'hui. Donc, on oublie cette partie-là. Et l'État, quand vous décidez de ne plus fermer d'hôpitaux et d'écoles et vous allez créer des maisons de services publics. Alors, je ne sais plus, France Service ou Service France, quelque chose comme ça. Ce ne sont pas des postes qui vont être supprimés. Et puis, la vérité. Et puis, on pouvait ajouter en plus pas plus de 22 élèves par classe dans les toutes classes. Absolument, 24 élèves. Et la vérité, c'est qu'en fait, Emmanuel Macron n'a jamais été, comme tous ses prédécesseurs, passionné par ses affaires de finances publiques et de maîtrise de la dépense publique. C'est beaucoup d'ennuis.
Ça rapporte très peu de choses électoralement et financièrement, ça rapporte des choses à moins et à long terme quand vous n'êtes plus au pouvoir. Donc, éventuellement pour votre successeur. Donc, au total, quand il était à l'Élysée, quand il était conseiller de François Hollande, puis à Bercy et aujourd'hui comme président, ce n'est pas un sujet qui le passionne complètement. Je crois qu'il a dit ce que tout le monde dans l'État savait et il a donné une sorte de justification. Sur les retraites, en revanche, on continue à dérouler les annonces économiques. Il a été assez sévère puisqu'on commence à parler d'une décote.
Il a parlé d'une décote pour ceux qui partiraient à la retraite avant 64 ans. Mais il y aura une surcote après. Oui, d'accord. Mais donc, en clair, on peut partir à 62 ans, mais on est pauvre. Il a dit deux choses. Effectivement, une décote, qui existe déjà en partie, mais qui sera sans doute amplifiée dans le système de réforme à points, et par ailleurs, le système de la durée de cotisation qui aurait pu être supprimée dans la réforme de la retraite à points va être maintenue, ce qui va durcir un peu les choses. Très concrètement, ça veut dire quoi ? Ça veut dire que la retraite, l'âge pivot de la retraite va passer aux environs de 64 ans.
Vous pourrez partir à 62, mais avec un revenu plus faible. Alors, il y a eu beaucoup de mesures, on ne va pas rentrer dans le détail, sur aussi l'annonce d'aller vers une retraite minimum de 1 000 euros. Mais Frédéric Seyisse, au-delà de toutes ces mesures et de tous ces points abordés, est-ce qu'il s'en est sorti l'idée d'un souffle, l'idée d'un « tiens, on sait où on va et le président reprend la main » ? Oui, malgré tout, oui. On ne peut pas dire qu'il ait été complètement déconnecté de ce qu'il a entendu sur les ronds-points.
En tout cas, hier, il a donné le sentiment d'avoir tout de même retenu une partie de la leçon sans changer son cap politique puisque, comme Bristan Thuriel a dit, il n'aurait pas gagné une seule voix chez ses adversaires, mais il aurait évidemment déçu ses partisans qui, eux, continuent à le soutenir.
Donc, il a quand même gardé la ligne libérale économiquement, si on veut caricaturer, du début du quinquennat, tout en ayant cette inflexion, à mon avis, c'était la principale d'écoute des territoires, de dire « on a été trop parisiens », on a entendu ça sur la réforme des hauts fonctionnaires, on l'a entendu effectivement sur les maisons France Service, ce seront des gens qui seront là pour guider un petit peu dans les zones rurales les personnes qui ne savent pas s'organiser ou qui ne savent pas tout simplement accéder aux services comme la CAF, comme les retraites, comme les impôts.
Et puis, il a aussi demandé à ce qu'on déconcentre beaucoup la fonction publique qui ait moins de fonctionnaires à Paris et qui soit beaucoup plus mis dans les territoires ruraux pour être au contact et que pour les gens d'ici 2022, ils puissent se dire « je vois davantage d'agents publics au contact près de chez moi ». Et moins à Paris, dans les bureaux. Alors, le président a-t-il repondu aux attentes des Français ? Pas vraiment, donc si l'on en croit les sondages dont on a parlé, plus de 60% ne l'ont pas trouvé convaincant. Et évidemment, ce n'est pas l'opposition qui dira le contraire.
Pouvoir d'achat, réforme des institutions, immigration ou écologie, petit tour d'horizon des réactions, Victoria Rouxel, Mago, Madès Clair et Maxime Liogier.
18h05, Emmanuel Macron prend la parole. Le premier secrétaire du Parti socialiste, lui, s'apprête à commenter en direct sur Internet les annonces du président.
Bonsoir à tous et à tous.
Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il n'est pas convaincu.
C'est un discours qui est toujours aussi flouillisant que le président de la République qui visiblement ignorait ce que vivait les Français. C'est incroyable.
Emmanuel Macron avait promis un tournant dans son quinquennat. Mais pour Olivier Faure, c'est surtout l'impression d'un grand flou qui règne, insuffisant pour répondre aux attentes du pays.
Là où on pensait que c'était l'imagination qui allait être convoquée, qu'on allait avoir un festival d'annonces disruptives qui permettent de se dire « Oui, il a compris quelque chose, enfin quelque chose bouge, enfin ça avance. » Rien, rien, rien. C'est désolant. Rien pour les temps partiels, rien pour ceux qui sont autour du SMIC, rien pour ceux qui sont au chômage, rien pour ceux qui sont au RSA. Ça fait beaucoup de monde. Et ce sont ceux-là qui aujourd'hui souffrent de la dureté des temps.
Du côté des Républicains, on souligne aussi des imprécisions quant au budget alloué aux différentes mesures.
Comment on finance ? Aucune piste sérieuse d'économie sur la dépense publique qui ont été mises sur la table. Sérieuse. Les Français ne sont pas dupes. Là, on est avant les élections, donc on a les bonnes nouvelles. Mais après, qu'est-ce qui se passera ? Ma crainte, c'est que les cadeaux d'aujourd'hui qui sont financés à coups de déficit budgétaire, ça fasse les impôts de demain. Et ça, ça ne peut pas être une solution viable. Le président de la République a renoncé par exemple à la seule piste d'économie concrète sur laquelle il s'était engavé, qui était la baisse du nombre de fonctionnaires.
Des dépenses à venir, d'autant plus conséquentes que le président souhaite redonner du pouvoir d'achat aux Français, notamment aux retraités. Mais les modalités de cette mesure laissent perplexe le président de Debout la France. Il nous dit, j'ai entendu, je vais réindexer les pensions de retraite. Il aurait pu le faire pour 2019. Non, il décale en 2020, il gagne du temps en 2021 pour tous les retraités. Il dit, il va falloir, je ne bouge pas l'âge de la retraite. Mais en fait, il fait la même chose puisqu'il dit, ils vont étudier le moyen de travailler plus longtemps pour en gros avoir la même retraite, c'est-à-dire une baisse des pensions quand on partira à 62 ans.
Donc, il donne d'une main et il reprend de l'autre. Parmi les propos inattendus, ceux sur les dangers de l'islam politique, ceux aussi sur l'immigration. Un discours qui a fait réagir du côté du Rassemblement National. Il nous annonce un grand débat annuel sur l'immigration. Mais il n'y a pas besoin d'un grand débat annuel sur l'immigration pour comprendre que les Français ne veulent plus d'immigration dans notre pays aujourd'hui et qu'ils veulent y mettre un terme. Grand délaissé des annonces, l'environnement, pourtant l'un des quatre axes du grand débat.
Lors de son discours hier, Emmanuel Macron y consacre trois minutes, le temps d'annoncer la création de deux conseils dédiés à la transition écologique.
Il crée d'autres institutions pour remplacer ou pour s'ajouter à des institutions existantes qui devraient être mandatées pour faire le boulot. Et finalement, face à l'urgence climatique, face à l'anéantissement de la biodiversité, face à la pollution de l'air, tout ça nous fait tellement de mal et on a un président qui n'agit pas. Aujourd'hui, son inaction devient clairement coupable.
Autre source de déception, les référendums d'initiatives citoyennes et partagés. Des revendications des Gilets jaunes envisagées, puis finalement revues à la baisse par Emmanuel Macron. On voit bien que ce qui est proposé par rapport à ce qui est monté du peuple français depuis des mois n'est vraiment pas à la hauteur. Il prévoit un RIP un peu aménagé, bon d'accord, il prévoit un RIP local et encore très light et pour le reste, c'est la réforme institutionnelle qui s'apprêtait à faire il y a un an qui en réalité va enlever encore des pouvoirs à l'Assemblée nationale par rapport à l'exécutif. Donc je crois que le compte n'y est pas par rapport aux revendications démocratiques des Français.
Selon un sondage, seuls 37% des Français ont été convaincus par les mesures annoncées par le Président et 8 sont des sur 10 pensent que le mouvement des Gilets jaunes va se poursuivre dans les semaines à venir.
Alors, question téléspectateurs, en parlant d'immigration, Emmanuel Macron n'est-il pas déjà entré en campagne pour les européennes ? Il a parlé au sujet de Schengen, il a utilisé l'expression « laxisme ». Oui, mais de toute façon, l'arrière-plan des élections européennes qui sont quand même demain, il est évidemment présent dans cette sortie du conflit des Gilets jaunes, du débat national et des annonces d'Emmanuel Macron. La question de l'islam et la question de l'immigration n'était pas très présente dans les grands débats et dans ce qu'ont exprimé les Français à l'occasion du grand débat. En revanche, c'est une question qui taraude la société française depuis longtemps.
Donc il en a profité pour envoyer un certain nombre de signaux, notamment à l'électorat de droite, alors que ce n'était pas archi-nécessaire si on prend stricto sensu le grand débat et ce qu'avaient exprimé les Français à l'occasion du grand débat. Je veux dire, quand il parle d'immigration, il ne parle pas des migrants, il parle des problèmes de Schengen qui est trop heureux. Tout à fait. Il a reparlé des frontières, la nécessité de revoir Schengen, ce qui le rattache à Nicolas Sarkozy et ce qui permet aussi un peu de couper l'herbe sous le pied de la campagne actuelle des LR sur cette question-là, donc de montrer qu'il ne serait pas un pro-européen B.A.
Donc l'arrière-plan politique et électoral, il est aussi évident. Il a clairement dit d'ailleurs que de ce point de vue, l'Europe ne marchait pas. Il a même eu un terme contre la mondialisation, Dominique Sarkozy. Oui, c'est tout à fait nouveau dans sa bouche, mais peut-être dans la bouche de beaucoup de politiques de centre-droit ou de centre-gauche. Il a dit qu'il faudra résister à la mondialisation et non plus, depuis le terme indien, l'accompagner.
C'est quelque chose qui effectivement est très électoral mais qui correspond aussi à un changement d'époque, c'est-à-dire où on voit une puissance comme la Chine, bien évidemment, qui surgit avec son milliard 4 d'habitants, ses énormes entreprises, sa technologie. Ce n'est plus une opportunité, c'est une menace. C'est aussi une menace, ça peut être les deux à la fois, mais c'est aussi une menace et des États-Unis qui sont évidemment, qui ne jouent plus le jeu multilatéral. Alors, l'écologie, Raphaël Baquet, il a annoncé la création d'un conseil de défense de l'écologie. Qu'en pensez-vous ?
Alors là, il a été critiqué assez justement, je dois dire, par les ONG, les organismes qui s'occupent d'écologie qui ont dit, écoutez, on sait déjà, au fond, les mesures à prendre d'urgence sont déjà sur la table et là, on va demander à des citoyens, certainement, très bien, mais au fond, de redécouvrir ce sujet, on va perdre encore du temps. Et c'est vrai qu'on a le sentiment que c'est une façon de repousser la prise en compte des mesures qui sont maintenant urgentes. On ne voit pas ce que 250 personnes tirées au sort vont comprendre de supplémentaires. Est-ce qu'elles vont trouver des mesures plus judicieuses que ce qui est déjà réfléchi par beaucoup d'experts quand même en la matière ?
Mais Brice Tinturé, c'est une attente, notamment de la part de ceux qui étaient sur les ronds-points, la question écologique ? Parce qu'on dit, on sait comment ça se termine, l'écologie. On vient de taxer l'essence après. Alors moi, si c'est comme ça... Non, ce n'est pas l'attente prioritaire de ceux qui étaient sur les ronds-points. C'est une attente importante d'une autre partie de Français. Les deux ne sont pas forcément incompatibles, mais là, ce ne sont pas les mêmes Français. Je trouve aussi que c'était un des points faibles de l'intervention d'Emmanuel Macron sur la question environnementale.
Mais je crois que ce qu'il essaye de faire à travers cette commission, ces 250 personnes qui seraient consultées, ce n'est pas d'en attendre des solutions nouvelles qui effectivement sont connues, c'est d'essayer de les légitimer, de faire en sorte qu'elles soient plus légitimes aux yeux des Français si elles émanent de Français eux-mêmes et pas d'experts parce que des solutions, vous avez raison, elles sont identifiées, on les connaît. Mais on va dire que justement dans cette conférence de presse... Quand ce sont des citoyens tirés au sort, finalement, on les accepterait plus facilement que des experts.
Mais aujourd'hui, le niveau de défiance d'abord par rapport aux politiques, par rapport aux experts, il est tel que les Français font d'abord confiance à leur père. Donc ça peut aider à faire passer un certain nombre de solutions si on les présente comme Emmanuel. À moyen terme, ça peut être un peu compliqué parce que déjà, il y a la question de la composition.
Est-ce que ce sera un tirage au sort pur et parfait ou est-ce qu'il y aura des méthodes, j'allais dire, de quotas pour vérifier qu'il y ait bien une représentation des territoires ruraux, des agriculteurs, des chômeurs, pour vérifier que ce ne soit pas uniquement les citoyens qui s'engagent le plus déjà qui acceptent de venir dialoguer. Il faut se méfier de l'effet de biais. Et puis deuxièmement, le jour où cet arrêt aux pages va décider par exemple de taxer les pétroliers.
Ça peut être une bonne idée qui fait consensus sur 150 citoyens. Sauf que derrière, l'Assemblée nationale va leur dire c'est plus compliqué que ça. Ça peut être inconstitutionnel. On a total. Il faut préserver l'attractivité de la France. Là, le symbole politique va être désastreux. Ça va être les citoyens ont parlé, ont trouvé une bonne idée et le gouvernement et la majorité en marche sont en train de réduire à néant la promesse qui était faite.
Ça peut être un piège à moyen terme. Imaginez la première décision de ces 150 tirés au sort. Soit on supprime toutes les éoliennes en France parce que c'est moche ou on arrête le nucléaire parce qu'il faut... C'est dangereux. Si c'est la première décision, Emmanuel Macron a dit soit par référendum, soit le gouvernement agit dans son coin, soit le Parlement qui se prononcera. Je ne vois pas une des trois instances dire à ces 150 citoyens écoutez, non, vous avez tort. Donc il faudra que ce soit gadget sinon c'est dangereux. Oui, mais ils décideront ce qu'ils veulent. Donc ça peut nous emmener assez loin.
Sauf si sur le principe des conférences de consensus, vous avez de la délibération qui s'organise, nourrie d'avis, d'expertise et c'est ce qui permet à ce moment-là à des Français, moi je crois que les conférences de consensus ou les processus délibératifs de ce type ont de l'intérêt parce que vous avez une opinion à ce moment-là qui n'est pas simplement instantanée et volatile mais une opinion plus éclairée sur les enjeux.
Donc typiquement sur les pétroliers, vous pourriez avoir dans ces instances-là quelqu'un qui vient expliquer la complexité de l'interdiction du pétrole demain, les questions du nucléaire et dans ce type de forum quand c'est fait comme ça, ça permet véritablement d'avancer, c'est-à-dire de donner aux Français la capacité d'émettre des propositions qui encore une fois sont quand même étayées sur un certain nombre d'éléments et après tout les Français ne sont pas plus idiots pour trouver des solutions qu'uniquement les experts. C'est ce mélange qui est intéressant.
C'est tout à fait vrai mais il n'est pas évident que ça diverge tant que ça des propositions que nous connaissons déjà et donc ça reporte On sait ce qu'il faut faire, c'est comme pour les retraites
souvent, le problème c'est de passer à l'action. Face à cette défiance vis-à-vis des élus et des experts, il a quand même il a reparlé de la réforme des institutions Frédéric Saïs. Alors, introduction de la proportionnelle à hauteur de 20% aussi bien à l'Assemblée qu'au Sénat, réduction du nombre de parlementaires, faciliter aussi les référendums. C'est une attente là aussi des Français ? Qu'est-ce qui vous semble le plus important dans les annonces d'hier ?
C'est une attente contradictoire parce que quand on pose la question aux Français, je parle sous le contrôle de Brice Tinturier, la réduction du nombre de parlementaires, elle est plébiscitée, il n'y a aucun problème parce qu'en général, derrière, il y a l'idée d'une part qu'ils sont parfois trop nombreux pour décider et deuxièmement qu'il y en a certains qui ne travaillent pas beaucoup. C'est une idée assez répandue, on le sait. En revanche, ça se heurte aux besoins qui ont été exprimés d'un certain maillage dans les territoires ruraux.
Et si vous enlevez 30% de sénateurs, notamment, vous vous retrouvez avec certains départements assez peu peuplés où le risque c'est qu'il n'y ait plus qu'un seul sénateur sur tout le département. Autrement dit, vous êtes assez mal représenté et c'est pareil d'ailleurs pour les députés, vous aurez des grandes circonscriptions et quand vous êtes loin, quand vous êtes en voiture, quand vous êtes dans un endroit très rural, vous aurez du mal à accéder à votre député. Donc, il faut jouer assez finement là-dessus Emmanuel Macron et c'est pour ça d'ailleurs qu'il a fait un geste en direction du président du Sénat, Gérard Larcher,
qui lui évidemment défend ses troupes et veut le moins possible de casse, si j'ose dire. Et il a dit qu'au lieu de 30% de réduction, ça pouvait être 25%, il n'en ferait pas une maladie. Autrement dit, il a ouvert la porte.
Alors justement aussi, dans cette lutte contre le parisianisme qui vous impose comme ça des solutions toutes faites qui viennent de la capitale, il est revenu sur la suppression de l'ENA en disant au fond l'ENA est une machine à imposer des normes qui nous viennent des hauts fonctionnaires qui sont déconnectés. Alors il a bien joué là parce qu'on dit bon c'est quand même un symbole, l'ENA sera remplaçée par autre chose qui lui ressemblera après tout. Dominique, ce qu'est-ce que vous avez pensé ? Bon c'est le scalpe, est-ce que c'est l'effet Wahou qui va changer la donne pour les Français ? Je n'en suis pas certain.
On avait beaucoup parlé d'autres choses, on avait parlé de la suppression des avantages des anciens présidents de la République, des anciens premiers ministres, bon ça n'a pas été évoqué, peut-être que ça viendra. Sur l'ENA, les hauts fonctionnaires qui en ont pu parler depuis hier soir notent d'abord l'hommage qui leur a été rendu. Donc ça c'est quelque chose. Le maintien du concours, la décision principale c'est que l'accès au grand corps de l'État ne soit plus automatique en fonction du classement à la sortie de l'ENA. Alors là, décryptez-nous. Alors je vous décrypte. Aujourd'hui vous avez des promotions. On a un classement final.
Il y a un classement final sur une promotion par exemple de 80. Les meilleurs choisissent l'inspection des finances, c'est-à-dire le corps d'élite du ministère des Finances, le Conseil d'État, la Cour des Comptes et puis vous avez après d'autres corps. Évidemment, il y a deux questions qui se posent. Deux problèmes, c'est qu'il est un peu étrange que l'élite de la nation se dirige d'abord vers des corps de contrôle et non pas vers l'action. On préférait que les meilleurs aillent d'abord dans les préfectures. Alors ce qu'ils font, mais ils attaquent d'abord pendant quelques années des corps de contrôle. Quand on est dans le top du top, ce n'est pas pour faire, c'est pour contrôler les autres.
C'est un peu caricatural et j'entends des tésés des spectateurs dans mon oreille gauche qui me disent, aux fonctionnaires, qui disent qu'ils n'ont rien compris. Mais c'est quand même un petit peu ça.
Pire, c'est-à-dire que quand vous êtes dans le bas du classement, vous allez d'abord aux affaires sociales. Donc c'est encore plus embêtant. C'est encore plus embêtant. Et c'est ça le problème.
Et non, il a dit cette idée qu'au fond, quand on était énarque, on avait une assurance vie et on était certain d'évoluer dans les sphères du pouvoir, qu'on soit bon ou mauvais dans les directions de l'administration centrale. Si vous êtes vraiment mauvais, vous n'y accédez pas. Mais le second problème est identifié, et je crois qu'il a raison, c'est qu'il est difficile de devenir le patron d'une grande administration si vous n'avez pas fait l'ENA. Ça arrive, on peut trouver des exemples. Il faudrait ouvrir un petit peu tout ça. Donc il va maintenir les locaux, maintenir le concours, mais il va ouvrir un petit peu.
Ce ne sera que la 17 ou 18e réforme de l'ENA depuis sa création en 1945 avec la signature de Maurice Thorez à l'époque. Donc l'enjeu, c'est d'éviter le retour du copinage aussi. Quand vous avez une procédure... Ça, c'est l'avantage de l'ENA. C'est un des avantages de l'ENA. Donc malgré tout, vous avez une procédure. Alors là, ces inconvénients, et Dominique Seux vient de les montrer, elle a aussi quelques avantages parce qu'il faudrait savoir comment se feraient les recrutements s'ils ne sont pas faits à travers cette procédure. C'est ce qu'on a eu à une époque.
La création de l'ENA visait à doter la France non seulement d'un corps de hauts fonctionnaires de qualité, d'un corps incorruptible aussi. C'est quand même un point important. On n'a plus de corruption en France ou très peu, mais c'est dû à ce type de mise en place, de réforme. Et puis également, éviter que ce soit le copinage, les réseaux, les politiques qui fassent venir leurs camarades. Donc il y avait au moins ces quelques vertus à travers le concours.
On peut très largement réformer l'ENA quand même de façon très positive. Je pense qu'effectivement la suppression des grands corps serait salutaire. Et ça fait des années qu'on en parle puisque ce système permet à quelqu'un qui est sorti dans la botte, c'est-à-dire parmi les premiers, de faire toute sa carrière quand bien même il serait au fond assez... Qu'est-ce que disait Laurent Fabius d'ailleurs
quand on a réussi un concours à 25 ans.
Il y a le fait d'élargir et c'est déjà le cas. Vous pouvez arriver à l'ENA par ce qu'on appelle la troisième voie. C'est-à-dire si vous avez une expérience professionnelle on peut augmenter, on peut élargir cette possibilité de rentrer à l'ENA et ça veut dire au fond donner une prime, faire arriver des gens qui ont une expérience professionnelle eux-mêmes et qui peuvent... Un peu de discrimination positive ? Oui, mais pas forcément mais même simple... Oui, discrimination positive je ne sais pas dans quel sens vous l'entendez. On peut faire venir des gens qui socialement ne sont pas toujours favorisés mais on peut aussi faire venir simplement des gens qui ont une expérience professionnelle.
Et puis encore une fois revaloriser aussi les fonctionnaires qui vont aux affaires sociales par exemple qui sont quand même systématiquement dans le bas de l'échelle et ça c'est vraiment un problème.
Et un côté assez amusant est-ce qu'Emmanuel Lacon qui a fait l'ENA et qui a choisi comme tête de liste l'REM une ancienne directrice de l'ENA va y supprimer l'ENA ?
Elle était patronne de l'ENA c'est la mesure la moins appréciée par les français de toutes les mesures elle est majoritairement appréciée parce que ça nous concerne pas tellement quand même un peu loin l'ENA mais non mais à ce moment-là il serait dans l'indifférence ça veut dire qu'il y a des gens qui sont opposés quand ils disent ils sont pas en droit qui veulent garder l'ENA Oui en tous les cas c'est pas leur priorité quelque chose mais on peut améliorer cette élitisme Alors elles étaient nombreuses à exprimer leur colère sur les ronds-points les mères célibataires hier soir le président s'est adressé à ses femmes seules, souvent précaires sa solution permettre aux caisses d'allocations familiales de prélever les pensions alimentaires impayées problème le système existe déjà et il n'a pas prouvé toute son efficacité sujet de Mathieu Lignot et David Lemarchand Cela fait 8 ans que Christelle Janvier élève seule ses enfants 8 ans qu'elle a du mal à boucler ses fins de mois de son mariage il ne reste que ce dossier
ça c'est une partie de toutes mes démarches et de mes de mes comment voilà de mon dossier de divorce entre autres voilà
Son ancien mari refuse de lui verser 180 euros par mois de pension alimentaire pour leurs deux enfants Christelle a porté plainte pour abandon de famille une démarche particulièrement douloureuse
d'abandon de famille non paiement d'une pension ou d'une prestation ça veut dire qu'on ne veut pas subvenir aux besoins qu'on ne s'en occupe pas c'est bête parce que c'est que financier mais porter plainte c'est quelque chose qui n'est pas simple non plus d'aller raconter son histoire abandon de famille c'est ça oui c'est tout à fait ça c'est je débrouille toi débrouille toi je ne veux pas participer
Son mari a été condamné à deux mois de prison avec sursis une amende et a payé la pension alimentaire pourtant il continue de ne rien verser pour Christelle le système de recouvrement est décourageant trop complexe et mal adapté
c'est pas la même personne qui suit le dossier on sent bien qu'ils sont dépassés les délais sont extrêmement longs la première plainte que j'ai déposée elle a mis plus de 3 ans en fait à aboutir à quelque chose on sent qu'ils sont dépassés débordés on imagine bien que face à un débordement comme celui-là et bien c'est fait à la va vite et on ne peut pas faire des choses comme ça à la va vite c'est notre vie on ne peut pas on ne peut pas jouer nos vies sur juste parcourir un dossier le plus vite possible pour rendre une décision
en France 40% des pensions alimentaires sont impayées 315 000 parents concernés bien souvent des femmes victimes de cette violence économique c'est pour elles qu'Emmanuel Macron a fait cette annonce je veux que nous mettions en place de manière très rapide un système où on donnera la prérogative de puissance publique à la caisse d'allocations familiales pour qu'elle puisse aller prélever directement les pensions alimentaires dues quand elles ne sont pas versées on ne peut pas faire reposer sur les mères seules qui élèvent leurs enfants et ce faisant qu'ils construisent la république de demain l'incivisme de leurs anciens conjoints mais voilà rien de bien nouveau selon l'ancienne ministre de la famille de François Hollande Laurence Rossignol
sans polémique et sans nier que le système peut être amélioré je ne comprends pas la différence entre ce que vient d'annoncer le président de la république et ce qui a été mis en place en janvier 2017
depuis 2017 les caisses d'allocations familiales peuvent lancer des poursuites pénales contre les parents mauvais payeurs mais le dispositif est méconnu seulement 37 000 parents ont demandé une procédure de recouvrement alors le gouvernement dit vouloir aller plus loin
nous on cherche à faire en sorte que ce droit là il devienne réellement effectif et c'est pour ça que nous chargeons une administration en l'occurrence la CAF d'aller rechercher la pension alimentaire à la place de la femme qui peut être démunie et qui a déjà bien d'autres préoccupations
certaines associations accueillent cette annonce avec prudence la fédération nationale solidarité femmes préférerait la création d'une structure indépendante des CAF
cette agence publique permettrait aux femmes de ne pas elles-mêmes avoir entamé des démarches en particulier des dépôts de plainte et de pouvoir aussi dès le premier non-versement de pouvoir avoir une garantie sur le versement de cette allocation je pense que dès que le juge aux affaires familiales a fixé la contribution à l'entretien à l'éducation de l'enfant il faut que cette agence publique en soit saisie
autre système un temps envisagé le modèle québécois de recouvrement des pensions au Québec c'est le fisc qui prélève directement sur les salaires et la mesure a fait ses preuves 96% des pensions alimentaires sont payées aux parents bénéficiaires ce modèle n'a finalement pas été retenu par le président de la République question téléspectateurs Dominique Seux assurer les pensions alimentaires n'est-ce pas une vraie victoire pour les gilets jaunes en tout cas on a été frappé tous de voir sur les gilets jaunes beaucoup de mères ou pères célibataires mais essentiellement des mères célibataires tout notre système social a été construit sur une vision un petit peu du passé les familles on reste en couple des années on élève ensemble les enfants aujourd'hui un enfant sur quatre est élevé par un seul de ces deux parents c'est considérable 500 000 enfants sont concernés par des pensions alimentaires non versées donc c'est évidemment c'est beaucoup et 315 000 parents concernés donc on voit bien que l'enjeu est devenu socialement sociologiquement considérable alors après il y avait deux systèmes possibles pour régler ce problème pour les parents j'allais dire indélicat mais un civique le premier système c'est celui qui a été mis en place en 2017 et qui semble être confirmé c'est la caisse d'allocations familiales avec la force de l'état va exiger voire saisir sur le salaire du conjoint qui ne paye pas souvent le père et va récupérer l'argent c'est ce système qui a été mis en place mais il ne fonctionne pas véritablement soit parce qu'il n'est pas connu soit parce que les CAF n'ont pas mis les moyens il n'y a que 10% des femmes qui saisissent la CAF pour obtenir réparation alors l'autre système qui avait été défendu par un finitemps comme Terra Nova au moins partiellement c'est de dire il faut un tiers payant que quelqu'un d'autre paye la pension alimentaire et va récupérer à la mère et va récupérer l'argent un intermédiaire un intermédiaire qui va prendre l'argent chez le père c'est fait et votre reportage l'est très bien montré au Québec la difficulté c'est que d'abord il faut un petit peu d'argent parce que l'argent ne sera pas toujours finalement recouvré la bonne idée semble-t-il c'était de dire au fisc c'est le fisc en fait qui a quand même la puissance la force de frappe la plus notable qui sait faire et récupérer de l'argent la France est assez spécialiste mondiale pourquoi ça n'a pas été choisi je ne sais pas ce dont je me souviens c'est que quand en 2017 la question a été posée le choix de maintenir de passer par la CAF c'était de dire il faut quand même que les parents le père et la mère aient encore un lien au moins celui de discuter ensemble de cette pension qui est versée pas versée s'il y a un tiers payant on coupe définitivement et ça n'est pas bon pour l'enfant je ne sais pas si cet argument qui l'a apporté je suis un peu sceptique sur le dispositif qui a été annoncé hier Frédéric Saïs Emmanuel Macron au début de son intervention dit avoir beaucoup appris de tous ces grands débats de ces déplacements région il a découvert ça par exemple la grande difficulté des femmes qui élèvent seules leurs enfants au cours de ces derniers mois oui c'était assez spectaculaire pendant cette conférence de presse puisque la mère célibataire c'est la seule figure si vous voulez qui a été citée à plusieurs reprises sur plusieurs champs différents il l'a cité sur la précarité il a dit voilà quand on est mère célibataire c'est pas évident d'avoir un travail c'est pas évident de faire garder ses enfants et donc ça c'est une vraie problématique pour nous puissance publique il l'a cité évidemment sur la protection on voit que là c'est une question non seulement sociale mais presque de question d'état de droit de faire payer des gens condamnés c'est aussi ça que montrait très bien votre reportage et finalement ça a été une sorte de fil conducteur comme si effectivement la mère célibataire faisait personnifier si vous voulez tout ce qu'il avait appris tout ce qu'il ignorait jusque là si vous voulez être un peu caricatural s'il y avait une personnification du premier acte de la première phase du quinquennat c'était le start-upper on l'avait vu à la station F cette bien connue station parisienne où il y a toutes ces jeunes pousses ces jeunes entreprises avec des jeunes dynamiques et puis la phase 2 serait plutôt personnifiée par cette mère célibataire qui cumule beaucoup de handicaps et beaucoup d'invisibilité on a beaucoup parlé de cette notion vis-à-vis de la République la mère célibataire est l'icône serait l'icône du deuxième acte de ce quinquennat d'Emmanuel Macron après le start-upper
c'est comme ça qu'il l'a présenté
après il faudra être très attentif sur le terrain
en même temps c'est une figure plus positive car cette mère célibataire elle n'est pas violente justement on l'a vu beaucoup sur les ronds-points moins dans les manifestations où ça cassait et elle élève les enfants donc effectivement elle a un rôle de transmission et d'éducation fondamentale et c'est vrai que du coup elle a vraiment besoin d'être aidée ce qui est vrai c'est que les caisses d'allocations je reviens à ce que disait Frédéric Dominique Seu pardon c'est que effectivement il y a une idée peut-être un peu désuète que au fond la défaillance des pères on ne doit pas encore tellement l'admettre et la prendre en compte on doit quand même or la réalité c'est ça c'est que ceux qui ne payent pas leur pension alimentaire c'est vraiment des pères défaillants
allez tout de suite on revient à vos questions alors le grand débat n'a-t-il pas au moins changé le discours du président sur la forme et sur le style Brice Tinturier oui moi j'ai souvent souligné sur ce plateau que Emmanuel Macron faisait la leçon aux français et que l'image d'arrogance qu'il avait progressivement forgée était l'effet de cette forme d'admonestation qu'il avait vis-à-vis des français et ce que je trouve notable c'est que dans la conférence de presse on a quand même le sentiment que ça il l'a compris qu'il l'a intégré en tous les cas au moins pendant cette conférence de presse il faisait tout pour éviter ce travers et au contraire pour montrer que il n'y avait pas une petite phrase il n'y avait pas une petite phrase et il y en avait d'autres y compris ce qu'on évoquait à l'instant autour de la mère célibataire il faisait tout pour montrer qu'il avait été à l'écoute qu'il avait compris qu'il avait intégré des choses qu'il avait appris venant de quelqu'un qui faisait la leçon on avait quand même un petit renversement c'était j'ai aussi intégré et appris l'épaisseur de vie a-t-il dit des français donc là il y a quand même un changement de pied qui est important une heure d'introduction moi j'ai laissé tomber je crois que j'ai bien fait c'était du blabla il faudrait que ça il n'avait pas été surpris il devait parler 20 minutes au début oui c'est ce qui était promis par les services de l'Elysée effectivement c'était assez long trop ?
trop long ça indubitablement en même temps il a commencé assez fort dans le sens où c'était dense et c'était clair il a dit d'entrée de jeu nos orientations étaient les bonnes donc là au moins le discours était posé on savait que ce soir là on n'allait pas assister à une sorte de méa culpa général du macronisme ou à un détricotage des premiers mois ou des premières années du quinquennat ensuite c'était beaucoup trop long était-ce une technique pour pouvoir garder davantage la parole et qu'il y ait moins de temps pour les questions puisqu'il avait dit qu'il finirait à 20h évidemment avant les journaux télévisés c'est possible mais je crois qu'il y a aussi une volonté de montrer qu'après 3 mois de grands débats la parole présidentielle ne peut pas être faite à la légère et tenir sur un post-it mais il le dit d'ailleurs il a dit pardon je suis trop long il a fait des débats où il a tenu quoi à 6h, 8h c'est presque l'un de ses défauts non ?
oui pour le coup je ne vous cache pas qu'il y avait une certaine partie des journalistes en arrivant dans la salle de presse de l'Elysée qui se demandaient s'il allait faire comme pour les intellectuels qu'il avait reçus à l'Elysée à finir à 2h30 du matin il y avait un peu d'appréhension quelqu'un regardait s'il y avait des sandwiches cachés dans un coin ah oui c'était Daniel Cohn-Bendit qui avait dit aux journalistes amenez vos sandwichs chérie Détlon selon vous Emmanuel Macron a-t-il réussi à convaincre globalement Raphaël Baquet ça dépend
quelle tranche de la population si je puis dire c'est à dire qu'on voit bien que ceux qui ont provoqué au fond toutes ces mesures c'est à dire les gilets jaunes enfin je les vois en tout cas dans les reportages et je pense que Boris Tinturier les voit aussi dans ses enquêtes ils sont dans une telle situation de radicalisation en tout cas ceux qui restent et de détestation il faut bien le dire du président de la république que je doute que ça les ait fait bouger d'un iota donc mais en même temps ce n'est pas toute la population française donc ça peut avoir ressoudé son électorat ça peut avoir convaincu une partie des modérés si on peut dire mais il n'est pas sûr que ça ait réconcilié si vous voulez cette partie des français qui sont extrêmement défiant à l'égard des élites et de leurs représentants à leurs yeux qui est le président de la république
globalement il n'a pas convaincu les mesures le montrent il y a 62% de français qui nous disent qu'il n'a pas convaincu en revanche une fois qu'on a posé ça et qu'on le dit le fait qu'il y en ait 38-39% n'est pas négligeable c'est juste cette pondération je crois qu'il faut apporter ai-je mal entendu pas un seul mot qui puisse faire entrer nos enfants et nos petits-enfants dans un monde meilleur alors il a pourtant il a pourtant parlé des inégalités de destin et il a eu ces mots finalement plus graves que les inégalités de revenus c'est surtout les inégalités de destin il revient à l'origine du macronisme c'est à dire je suis ni de droite ni de gauche je veux passer des inégalités je veux corriger les inégalités réelles en instituant des droits réels et non pas simplement formels et je ne veux pas simplement qu'on nous dise bah oui tout le monde a le droit d'aller à l'école à 6 ans et donc au total donc c'est un droit qui est appliqué il faut vérifier dans la réalité si tout le monde va bien certains 3 ans d'autres il a dit que tout se jouait d'ailleurs presque un discours de pédopsychiatre dans les 3 premières années de sa vie mais il a raison sur un point c'est que la France sur le plan des inégalités de revenus est un des pays qui redistribue le plus aujourd'hui alors que dans les inégalités de destin elles sont criantes
il a d'ailleurs quand même beaucoup parlé d'éducation et d'école parce que là on a parlé des mesures mais c'est quand même un point très important
elle est intéressante cette question parce qu'elle montre bien ce qui hante les français c'est cette idée que l'ascenseur social s'est terminé que la génération à venir vivra plus mal que la génération actuelle donc ça aussi ça taraude les français et de ce point de vue moi je trouve qu'un des éléments qui n'était pas suffisamment présent dans cette conférence de presse c'était sa vision de la société vers quel type de société veut-il emmener les français pour que justement ils essayent de croire à nouveau qu'il y a un ascenseur social possible dans ce pays le cadeau fiscal de 5 milliards d'euros ne va-t-il pas repartir dans le circuit de la consommation et servir à tous Dominique Sausson c'est un mini plan de relance finalement c'est un mini plan de relance on a vu d'ailleurs que la prime d'activité la hausse de la prime d'activité en janvier est déjà repartie effectivement un petit peu a été épargné mais l'essentiel est déjà reparti mais l'essentiel est reparti quand même dans le circuit de consommation au total sur le premier trimestre 2019 il y a une injection de pouvoir d'achat c'est l'OFCE un organisme économique qui a dit que ça n'avait pas été le cas depuis 10 ans Alors, contre-question par rapport à la même problématique créer de la dette pour essayer de satisfaire les gilets jaunes est-ce cela gouverner le pays ?
C'est toujours la même chose c'est repousser à plus tard les efforts, l'endettement on a appris cette semaine que la France était sur les 28, encore 28 pays de l'Union Européenne dans les deux ou trois derniers enfin celui qu'il y avait la France a le déficit le plus élevé et hier on a ajouté 8 milliards de déficit supplémentaires Les pays qui ont un déficit le plus élevé sont la Roumanie et Chypre Et nous juste derrière Les riches retraités qui ont un peu plus de 2000 euros par mois alors riches entre guillemets ne sont-ils pas les dindons de la farce taxes d'habitation CSG, retraite bloquée etc. C'est vrai en plus ils votent qui d'ailleurs ces riches retraités ?
Pendant un an simplement puisqu'Emmanuel Macron a dit qu'à partir de 2021 l'indexation se ferait de nouveau sur l'inflation pour ceux qui sont au-delà de 2000 euros après vous avez raison c'est l'ensemble des mesures qui peut donner le sentiment de certaines persécutions fiscales. C'est ce que dit Laurent Wauquiez il dit maintenant on découpe les français en fonction de seuil alors on dit alors au-delà de tel seuil vous payez la CSG au-delà de tel seuil vous n'avez pas la suppression de la taxe d'habitation etc.
Ce qu'il faut dire sur cette question des retraites c'est qu'aussi il y a une opération de communication hier puisqu'il a réhabillé avec du nouveau papier cadeau quelque chose qui était déjà décidé quand Gérald Darmanin annonce la désindexation des retraites il y a quelques mois il dit ce sera simplement pour l'année 2020-2021 et après on arrête il y a des échéances que je ne vous défine pas l'année suivante
il n'y pense visiblement pas il a dit que loin de lui cette idée et évidemment dans la salle ça a suscité un éclat de rire général.
Fondamentalement vous qui connaissez bien la vie politique Raphaël Baké quand on est à ce moment du mandat on pense à sa réélection
ou il serait le premier ? On ne pense pas à ce moment du mandat dès son élection bien sûr bien sûr mais tous les présidents donc il ment quand il dit que son horizon mais il ne peut pas dire le contraire en même temps ce serait très choquant si vous voulez s'il était déjà en train de dire oui je pense tous les soirs à ma réélection
et bien voilà c'est la fin de cette émission en trèsant merci beaucoup de l'avoir suivi elle sera rediffusée ce soir à 23h15 on se donne rendez-vous demain à la même heure pour un nouveau C'est dans l'air merci de votre soirée bonne soirée sur France 5 à suivre c'est à vous