Alain Cadec : « Les Chinois ont entre 10 à 15 ans d’avance sur nous »
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 30 %Défensif 30 %
Questions et réponses
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- 0:31OuverteRéponse directe
Comment faire face à la concurrence chinoise ?
- 0:49OuverteRéponse partielle
Le carburant est devenu hors de prix, comment l'expliquer ?
- 1:22OuverteRéponse partielle
Emmanuel Macron a évoqué la géopolitique hier, qu'en pensez-vous ?
- 2:18RelanceÉludée
Vous considérez que c'est en partie la faute du gouvernement ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Les barils de pétrole libérés ont fait baisser les prix de 12 à 18 centimes, est-ce suffisant ?
- 3:21OuverteRéponse directe
Vous dites qu'il faut une baisse des taxes sur le carburant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33PrésentateurChiffre
« Un chiffre entre le début du siècle et aujourd'hui, la Chine est passée de 1 à 40% de la production mondiale. »
- 4:50InvitéChiffre
« En 2010, on était à 425 000 emplois directs, en 2025, on était à 250 000 emplois. »
- 5:44InvitéChiffre
« Les ventes de véhicules particuliers en France ont chuté de 20% entre 2020 et 2025. »
- 5:54InvitéChiffre
« La part de la France dans la production automobile européenne a reculé de 12 points entre 2000 et 2020. »
- 10:04InvitéFait
« L'Union européenne a pris cette aberrante décision d'interdire la vente de véhicules thermiques en 2035. »
Temps de parole
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- Invité 310 %
- ?5 %
- Invité 44 %
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Public
Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous propose Bonjour Chez Vous. Alain Kadec, vous êtes sénateur LR des Côtes d'Armor et vous avez donc publié il y a un an un rapport sur l'avenir de cette filière automobile, le 91e Salon de l'Automobile, qui vous donc ses portes au public. Aujourd'hui, la voiture qui se réinvente est la question cruciale pour les Français et les Européens. Comment faire face à la concurrence chinoise ? Un chiffre entre le début du siècle et aujourd'hui, la Chine est passée de 1 à 40% de la production mondiale.
Elle
exporte 7 millions de véhicules à l'année. On va évidemment y revenir, mais un mot puisque ce Salon de l'Auto, et on l'a vu, se tient dans un contexte compliqué pour beaucoup de Français qui renoncent à prendre leur voiture car le carburant est devenu hors de prix. On imagine que vous le constatez chez vous, dans votre région en Bretagne. Et une fracture accentuée entre le rural et l'urbain sur cette question de la voiture.
Oui,
le problème de l'augmentation exponentielle du coût du carburant, on le ressent évidemment, on le ressent à la fois dans les villes, mais surtout dans les zones rurales comme la Bretagne notamment, mais pas que. Et évidemment, les citoyens hésitent à prendre leur voiture désormais, ou essayent de faire du covoiturage ou du transport en commun, mais ce n
'est
pas toujours facile.
Emmanuel Macron a parlé de cette question des prix du carburant hier en allant inaugurer le Salon de l'Automobile. On va l'écouter, le chef de l'État.
Les carburants montent à cause de la géopolitique.
Et
donc le cœur du travail qui est le nôtre, c'est de tout faire pour faciliter à la fois le transit à travers Hormuz et Yambou. Nous avons des moyens et des capacités pour aider à sécuriser d'ailleurs certains de ces sites qui sont sur place. C'est ensuite réduire le coût de transport, et donc c'est tout le travail qu'on est en train de faire avec les transporteurs pour améliorer les mécanismes d'assurance et baisser ce coût qui a été multiplié par 10. Et enfin, c'est avec la libération des stocks stratégiques et les discussions, en particulier avec nos grandes entreprises, permettre de faire qu'à la pompe, ce prix soit le plus bas possible.
– Il
apporte les bonnes réponses.
–
Donc ce n
'est
pas de ma faute,
c
'est de la faute des autres, c'est de la faute de la géopolitique, ce qui n
'est
pas totalement faux d'ailleurs. – Parce
que
vous considérez que c
'est
en partie sa faute
? –
Non, non, non, c'est pas ce que je veux dire. Non,
non,
non, le problème de… il y a beaucoup de choses de sa faute, mais pas ça. Mais je veux dire qu'aujourd'hui, il y a des mesures à prendre, il
y a
des mesures sur les taxes qui seraient, à mon avis, intéressantes à prendre,
les
taxes sur le carburant, sauf que ça rapporte beaucoup d'argent à l'État,
bien
entendu. Donc c'est les raisons pour lesquelles, quand on sait la situation financière du pays aujourd'hui, par rapport à la dette, à notre endettement, au taux d'intérêt, évidemment l'État ne peut pas se priver d'un certain nombre de ressources. mais je ne vois pas comment on pourra arriver à baisser le prix du carburant, sachant
que… – Et ils
réussissent avec la libération de barils de pétrole, 12 à 18 centimes au 1er novembre ?
– Oui, c'est déjà quelque chose, incontestablement. Mais je veux dire, ce n
'est
pas suffisant.
Ce
n
'est
pas suffisant pour le citoyen lambda. Il faut aller beaucoup plus loin. Et aujourd'hui, je ne sais pas comment on peut faire, parce que le détroit d'Hormuz est bloqué.
– Mais
vous, vous dites en plus qu
'il
faut une baisse des taxes
? –
Je pense que oui. – Mais
on a
financièrement les moyens
? – Non, c'est ça le problème. Le problème, il est là, c'est-à
-dire
qu
'on
se mord la queue. Aujourd'hui, on n'a pas les moyens financiers de le faire,
mais
ce sera peut-être une nécessité à un moment ou à un autre. Alors,
on
peut espérer que c'est une situation essentiellement conjoncturelle, qui va durer un certain temps et qui peut-être va s'arrêter. Maintenant, quand on voit les outils qui commencent à bloquer l'autre détroit, on peut s'inquiéter quand même sur l'avenir. Et on est tellement dépendants
de
cet approvisionnement, que ça pose évidemment un problème.
– Le salon d'auto qui s'est donc ouvert, qui a été inauguré hier par Emmanuel Macron, qui ouvre aujourd'hui ses portes au public, avait cette question sur l'avenir de la filière automobile. On va écouter ce que disait Emmanuel Macron, c'était un autre salon de l'automobile, c'était en 2023, et je vous ferai réagir juste après.
– C
'est simple, vous avez plus de 400 000 personnes qui travaillent dans ce secteur.
Et
en plus, je
pense
que ça fait partie de notre identité. La bagnole fait partie de l'identité française. La question,
c
'est comment nos mythologies, comment ce qui est clé pour notre industrie et pour notre réindustrialisation est compatible aussi avec nos objectifs en termes climatiques. Et
on
est en train de montrer que par l'innovation, l'investissement
et
l'ambition collective, et le respect de chacune et de chacun, on y arrive.
– Voilà
la bagnole qui fait partie de l'identité française, c'était en 2023, je le disais, est-ce que trois ans après, on y est arrivé
? –
Non, alors quand le Président de la République parle du nombre d'emplois, si on parle des emplois essentiellement industriels, de fabrication, en 2010, on était à 425 000 emplois
directs,
en 2025, on était à 250 000 emplois. Voyez un peu, déjà, notre industrie automobile, elle était déjà en difficulté. Mais depuis, on va parler sans doute, depuis l'arrivée des voitures chinoises, alors là,
ça
augmente encore la difficulté des constructeurs.
–
On va en parler, puisqu'il y a un an, vous publiez au Sénat un rapport sur la crise de la filière automobile française, une crise qui se poursuit, Alex.
– Oui, rappelons les chiffres de ce secteur de l'industrie automobile française qui était évoqué dans ce rapport, avec un secteur qui représente environ 350 000 salariés, même si ça… – C'est-à-dire, c'est
toute
la filière. – Voilà, filière globale.
Et
puis, 4 000 sites industriels pour cette filière automobile française. Et les chiffres ne sont pas bons pour la filière. Depuis des années, les ventes de véhicules particuliers en France ont chuté de 20% entre 2020 et 2025. Et c'est une tendance longue pour l'industrie française. La part de la France dans la production automobile européenne a reculé de 12 points entre 2000 et 2020. Un secteur automobile qui a été notamment fragilisé par des délocalisations vers des pays à bas coût.
– Et notre industrie automobile est aussi largement concurrencée par les véhicules chinois.
– Bien sûr, il y a maintenant la concurrence chinoise, notamment sur le véhicule électrique. La Chine qui est le premier producteur mondial de voitures électriques. En 2023, elle assurait près des deux tiers de cette production automobile électrique sur la planète. Alors, comment expliquer cette ultra-domination chinoise ? Elle est permise par d'abord une industrie subventionnée par l'État chinois, des coûts de production compétitifs et puis des prix de vente inférieurs de 30% par rapport aux voitures occidentales pour une qualité peut-être égale, voire supérieure. L'industrie chinoise, et c'est là où c'est intéressant, qui accentue son avance en 2026.
Elle a gagné 10% de parts de marché sur les neuf premiers mois de cette année. Alain Quindec, quand on voit que la Chine continue de gagner des parts de marché cette année, est-ce qu'il y a une très vive inquiétude et est
-ce
qu'on va rattraper ce retard ? C'est exactement ce qu'on disait dans notre rapport. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, on voit bien que les Chinois s'installent en France, c'est-à-dire qu'ils créent des concessions, ils s'associent avec des constructeurs existants, avec Stellantis par exemple, avec d'autres. Et donc Stellantis par exemple, qui a 23% de la marque Leapmoteur par exemple, qui a accepté. Et donc ils ont désormais un réseau de vente.
Donc le
développement de l'automobile chinoise est exponentiel parce que justement, le client potentiel, maintenant il est rassuré, il a des concessionnaires, il a des choses comme ça qu
'il
ne savait pas avant. Donc ils sont en train de prendre le marché. Mais on a abandonné notre industrie automobile depuis déjà pas mal d'années. On n
'a
pas fait les bons choix.
Quand
je dis on, c'est à la fois les pouvoirs publics qui n'ont pas été réactifs. Et puis les industriels aussi ont leur responsabilité en la matière. Alors quelles erreurs stratégiques ont été faites ? On fait de l'électrique, oui. Tavares par exemple, Carlos Tavares, à un moment, on fait de
l
'électrique. Ok, on fait de
l
'électrique. Deux ans après, ah ben non, on ne
va
plus faire de l'électrique, on va refaire du thermique. Bon, on va faire de l'hybride. Et pendant ce temps-là, les Chinois, ils avancent.
Ils
avancent, ce qui fait qu'ils ont entre 10 et 15 ans d'avance sur nous.
Vous êtes allé, vous, en Chine ?
Oui, absolument. Je suis allé visiter
les
constructeurs. Qu'est-ce que
vous avez constaté sur place ? Un écart imbissal, un écart irratrapable
?
Irratrapable, je ne le souhaite pas en tous les cas. Mais je sais que, par exemple, aujourd'hui, dans le cadre de l'électrification, ils ont, je vous le dis, 10 à 15 ans d'avance. Et
par
ailleurs, nous, quand on essaye de faire des voitures électriques en Europe, c'est vrai pour la France, mais c'est vrai pour l'Allemagne aussi, on s'appuie sur des composants chinois.
Donc,
on est coincé. On a quelques fabricants de batteries en France, ACC, Vercors, qui sont des gens qui font du bon travail, mais qui travaillent avec des composants chinois. Par ailleurs, quand on fait 10 batteries en France, dans ce qu'on appelle pompeusement les gigafactories, ils s'en font 10 000 en Chine. Donc, vous voyez, et tout ça avec des composants chinois. Donc, on est dépendants de la Chine. Mais c'est un petit peu la représentation de ce qui s'est passé pour notre industrie depuis 20 ans. Notre industrie, elle disparaît petit à petit. La France,
c
'est un pays qui ne produit plus.
Et
ça, c'est un drame absolu.
C
'est un pays qui consomme. Qui consomme, mais qui ne produit plus. Et c'est vrai pour l'automobile, comme c'est vrai dans d'autres domaines. Et par ailleurs, il paraît, quand on écoute Mme Brousseau, c'est un pays où on a le droit à la paresse.
La
paresse, ça a un coût. Il faut produire. Un pays qui ne
produit de la
richesse. Ça veut dire que nos constructeurs automobiles français ont trop délocalisé par le passé
? Ils
ont peut-être trop délocalisé. Ils ne se sont pas adaptés au marché, me semble-t-il. On en a discuté longuement avec Luc Châtel, d'ailleurs, le président de PFA. On va le voir demain, avec la Commission et avec Dominique Estrosi, on va le voir demain.
Mais je
pense qu'ils n'ont pas réagi au bon moment. Par ailleurs, l'Union européenne, j'en parle librement, j'ai été 10 ans député européen, je sais comment ça marche. L'Union européenne a pris cette aberrante décision d'interdire la vente de véhicules thermiques en 2035. Savez-vous que l'espace économique européen est le seul espace économique au monde, avec la Californie, à prendre cette décision
? Dans
tous les autres pays du monde, c'est pas vrai. Donc, je pense qu'il aurait fallu être plus souple dans cette décision.
On va revenir après sur cette interdiction des véhicules thermiques et sur ce passage à l'électrique. Mais Alex, vous aviez une question sur la concurrence chinoise.
Oui,
voilà. Est-ce qu'il y a cette concurrence chinoise ? Mais derrière ça, est-ce qu'il y a un manque de cap industriel, contrairement aux chinois ? Vous parliez d'aller
-retour
sans cesse. Oui,
c'est
ce que tu disais tout à
l
'heure. Il y
a
eu des changements de cap pendant plusieurs années, pendant les 10-15 ans qui viennent de se passer. Et ça a évidemment généré un retard pour l'industrie automobile européenne. C'est plus large que l'industrie automobile française. C'est vrai pour les marques premium allemandes, par exemple. C'est pareil.
Et
nos constructeurs tentent-ils eux-mêmes la main aux chinois en Valais, en Seine-Maritime ? Bonjour Mélanie Delacour. Merci d'être avec nous. Vous êtes maire d'Hivergauche de Cléon. Se trouve dans votre ville un site de Renault. En début d'année, la direction a annoncé qu'au printemps 2027, un moteur venant de Chine sera assemblé dans l'usine. Comment cela a été perçu
?
Alors, pour la plupart des gens, comme une bonne nouvelle, puisque ça pérennise de l'emploi. Après, on sait que les syndicats étaient un petit peu plus frileux d'imaginer recevoir des pièges chinoises pour assembler en France. Maintenant, je pense que c'est important de pouvoir montrer aussi le savoir-faire de la France, puisque l'usine de Renault Cléon produit des moteurs haut de gamme. Là, on parle de moteurs électriques un peu plus d'entrée de gamme, mais ça va permettre aussi de pouvoir développer de l'électrique un peu plus abordable pour tout le monde, puisqu'on sait qu'en effet, les coûts de main-d'œuvre et tout un tas de choses sont plus chers en France.
Donc, si on peut avoir la chance sur l'usine de Renault Cléon de pouvoir produire les deux ou les assembler et de faire en sorte que sur le marché français, on ait du haut de gamme et de l'entrée de gamme, je pense que c'est une bonne chose. Et pour le site, c'est aussi un moyen de pérenniser l'avenir du site, sachant qu'ils ont créé une e-université qui permet de former tous les personnels qui étaient sur le moteur thermique par le passé vers le moteur électrique.
Et ça, c'est quand même quelque chose de très fort, parce que même si certains salariés sont là depuis très longtemps dans l'entreprise, ils vont pouvoir migrer vers ces nouvelles technologies et de pouvoir leur permettre de se renouveler. C'est quelque chose d'essentiel pour la main-d'œuvre française aussi.
Alain Cadec, c'est une bonne nouvelle. Madame le maire dit que
c
'est une bonne nouvelle parce que c'est pour la pérennité du site, ça crée de l'emploi. Ou au contraire, on fait entrer le loup dans la bergerie.
Bonjour Madame Delacour, d'abord. Je ne
sais pas
si elle m'entend.
En
tous les cas,
ça
fait rentrer le loup dans la bergerie. Cela étant, Madame Delacour vient de le dire, elle a raison, ça permet déjà le maintien de l'emploi.
Parce
qu'imaginons que ce ne soit pas le cas. C'est vrai aussi à Rennes, à la Genève, à la Genève,
à
Rennes, l'usine Citroën s'installe
et
va produire des voitures chinoises totalement, les X-Peng. Alors d'abord, ça prend sur le marché, évidemment, sur la fabrication typiquement française, mais ça maintient l'emploi en l'occurrence. Mais c'est le loup qui rentre dans la bergerie, c'est évident. Et certains constructeurs français font le choix de s'associer
avec
des Chinois, mais ils ne peuvent pas faire autrement non plus. Et par ailleurs, excusez-moi, par rapport à ce que vous disiez tout à l'heure, il faut quand même se rappeler que l'industrie chinoise, elle est dans une économie administrée. Donc c'est complètement différent. C'est-à-dire qu'ils donnent des subventions, l'État, ils choisissent, tout ça.
Je
veux dire,
c
'est…
Juste, Madame Delacour, pour qu
'on
comprenne bien, que représente l'usine Renault, que représente la voiture pour une commune comme Cléon ?
Énorme.
Énormément d'emplois, de l'activité économique en périphérie, puisque les gens qui y travaillent sont amenés à faire leurs courses à proximité, à utiliser des infrastructures sportives. Donc c'est une économie et pour la ville et pour le bassin qui est tout autour, mais c'est quelque chose d'essentiel, en dehors du fait que, bien évidemment, oui, il
y
a de
l
'impôt loco et ce genre de choses, mais c'est une vraie dynamique par rapport à ce qui se construit. Et vu qu'on est sur une commune en plein renouvellement urbain, c'est aussi s'offrir la possibilité, avec tout ce qu'on va avoir sur le plan national de renouvellement urbain, de permettre aux salariés de pouvoir venir s'installer directement à Cléon, ce qui, au moment où le gasoil coûte énormément cher et l'essence aussi, de pouvoir venir retravailler à l'usine Renault, soit en voiture électrique, soit à pied, soit par des mobilités tous.
Donc c'est extrêmement important pour nous que l'usine Renault de Cléon se porte bien et qu'elle se développe pour qu'il y ait énormément de salariés, parce que ça fait vivre tout le tissu économique local.
Merci
Mélanie de Lacour, merci d'avoir été avec nous, maire de Cléon. Et on voit l'importance pour nos territoires de l'industrie automobile. Alex, dans le rapport du Sénat d'Alain Kadec, quelles étaient les préconisations pour relancer ce secteur automobile ? Et est-ce qu'elles ont été entendues ?
L'une des préconisations de ce rapport, c'était de sortir, je cite, du tout électrique et de ralentir l'application du pacte vert européen. Pour les industriels, vous en parliez, Alain Kadec, un pacte vert qui prévoyait d'interdire la vente de véhicules thermiques neufs à partir de 2035. Et cette préconisation, elle a plutôt été mise en œuvre, en tout cas entendue par l'Union européenne, puisque la Commission européenne est en train d'abandonner cet objectif et de faire une autre proposition. Cette proposition, c'est que d'ici 2035, les constructeurs automobiles devront réduire de 90% les émissions de CO2 de leurs échappements.
Et pour les 10% restants, ils pourront être compensés par l'utilisation d'acier bas carbone notamment. Et puis, dans ce rapport, les sénateurs préconisaient également des droits de douane sur les véhicules chinois, équivalents à ceux qui sont appliqués par la Chine. Et puis, sur le marché européen, il faut, selon ce rapport, favoriser des véhicules fabriqués en majorité en Europe, une préférence européenne vers laquelle la France et l'Allemagne sont en train d'avancer. Et puis, il faut également, selon ce rapport, inciter à l'achat de petites voitures électriques abordables, car le prix très élevé de ces voitures électriques peut être prohibitif.
Alain Cadec, sur les émissions de CO2 de nos constructeurs automobiles.
L
'Union européenne est en train d'abandonner cet objectif d'interdiction des véhicules neufs thermiques en 2035. Vous êtes satisfait de cet assouplissement ? Oui, ça va dans le sens de ce qu
'on
préconisait dans notre rapport. Et je pense que c
'était
nécessaire.
C
'était déjà dans les tuyaux depuis un moment. Je pense que notre rapport a permis d'accélérer
cette
évolution. Et je pense que ça va dans le bon sens par rapport à nos constructeurs et par rapport à notre industrie. Mais quand on voit qu'il y a un boom du marché de
l
'électrique, notamment avec le choc pétrolier, que, vous le disiez, la Chine a un cap tracé, est-ce qu'on n
'est
pas en train de se tirer une balle dans le pied en ralentissant nos objectifs ? Non, non. Je pense qu'on a été trop vite en interdisant. Je vous le disais tout à l'heure, il n'y
a
que l'Union européenne et la Californie qui interdisent les moteurs thermiques. Aujourd'hui, il faut passer par l'étape, à mon avis, indispensable de l'hybride
pour
arriver à l'électrique. On arrivera à l'électrique, de toute façon,
inéluctablement, et
tant mieux. Mais il va falloir qu'on mette en œuvre les moyens nécessaires à y
arriver. Mais on mise
assez sur l'hybride, aujourd'hui ?
Comment ?
On mise assez sur l'hybride ?
Oui,
oui,
oui, tout à fait. Oui, ça évolue très vite.
On
mise sur l'hybride,
mais
ça change complètement l'écosystème de l'automobile, notamment la maintenance, notamment l'entretien. On a beaucoup de garages, de concessions en France. Aujourd'hui, l'entretien d'un véhicule électrique, ce n
'est
pas du tout le même entretien qu'un véhicule thermique.
C
'est beaucoup moins souvent, c'est beaucoup moins important,
il
n
'y a
pas de vidange,
il
n
'y a
pas de choses comme ça, vous voyez ? Donc, tout l'écosystème évolue. Donc, je pense qu'il faut qu'on évolue avec. Cela étant, les décisions de l'Union européenne, non pas d'abandonner le Green Deal et tout ça,
mais
d'être un peu plus soft, est une bonne tendance. Cela va permettre sans doute de redonner un peu de souffle à notre industrie, mais je pense que c'est surtout sur l'influence de nos amis allemands, qui évidemment sont très forts à Bruxelles et qui par ailleurs craignent pour leur industrie.
Justement, hier, Emmanuel Macron a annoncé un accord imminent avec l'Allemagne pour assouplir encore plus les objectifs européens en matière de CO2 sur les voitures neuves à partir de 2035, ce qui ouvrirait la porte à plus d'hybrides et plus de thermiques. C'est une bonne nouvelle
? Oui,
c'est une bonne nouvelle. Maintenant,
je
suis toujours circonspect devant un accord franco-allemand depuis quelques temps. Quand on voit tous les accords qui devaient se réaliser, je pense au SCAF, je pense aux chars de combat, c'est toujours... De toute façon, si on fait un accord avec les Allemands,
vous craignez qu'il y ait des mots mais pas les faits derrière.
que
c'est que ça va
dans le sens des Allemands. Je me rassure.
Là, les Allemands ont l'air d'avoir fait un compromis.
Oui, oui, oui,
oui.
Oui, oui, oui. Je pense qu
'ils
ont fait un
accord. Vous n'y croyez
pas
?
Si, si, si, j'y crois. J'y crois. Je veux y croire, en tous les cas.
40% des véhicules vendus en septembre 2026 sont des véhicules électriques. Les Français font la transition. Ils passent à l'électrique.
Alors, vous l'avez évoqué tout à l'heure. Sur le plan conjoncturel, actuellement, évidemment, compte tenu du coût du carburant, le citoyen qui va acheter une automobile, jusqu'à aujourd'hui,
il
est un peu perdu. Il se
dit,
qu'est-ce que je fais ? J'achète une électrique
? J
'achète une thermique ? Ou j'achète une hybride ?
Ce
n
'est
pas trop. Maintenant, c'est vrai qu'avec l'augmentation du prix du carburant, il va plutôt vers le véhicule électrique. Sauf que le véhicule électrique, notamment fabriqué en France et en Europe, il est trop cher aujourd'hui. Alors que s'il est fabriqué en Chine, il est beaucoup moins cher. 30%, vous l'avez souligné tout de suite. À peu près 30% moins cher. Grosso modo, c'est ça. Une R5 aujourd'hui fabriquée à Cléon, par exemple, puisqu'ils fabriquent la R5, ça vaut 30 000 euros au départ. Alors il y
a
des primes. On essaie de diminuer
un peu. Il
y a le leasing social. Le gouvernement a
mis en place des mesures pour
faciliter la transition des Français
vers l'électrique.
Ça ne concerne qu'une petite partie de la population. Et ce n
'est
pas suffisant pour relancer la consommation. Et je vous dis, aujourd'hui, quand un automobiliste va pour changer le véhicule, qu'il décide d'aller vers l'hybride ou l'électrique, malheureusement, il va se tourner vers la voiture chinoise parce qu'elle est beaucoup moins chère. Donc on a un problème là-dessus. Et par ailleurs, les Chinois sont malins, on le disait tout à l'heure. Xpeng s'installe à Rennes. Ils vont monter les voitures à Rennes. Ils vont les assembler. Moralité, les voitures deviennent des voitures made in Europe.
Donc
elles échappent aux taxes.
Vous
avez quoi, vous, comme véhicule ?
Ça ne va pas s'arranger. J'ai un Volvo.
Mais
thermique
?
C'est une voiture chinoise. Non, je plaisante. C'est-à-dire que ça appartient au groupe Géli, qui est un groupe chinois, mais comme beaucoup d'autres choses. Et c'est un véhicule hybride.
C
'est un véhicule hybride et j'en suis très content.
Voilà, on terminera là-dessus. On va terminer pas tout à fait là-dessus parce qu'on va regarder les unes de la presse régionale, comme tous les jours. Trois titres qu'on a sélectionnés. La une du Dauphiné. La colère lycéenne ne faiblit pas. Les lycées font entendre leur colère. Entre blocage et manifestations, ils veulent faire plier le gouvernement. La deuxième une, celle de West France. Les rayons frais de centaines de supermarchés. Pirater une cyberattaque qui a visé les réfrigérateurs de centaines de supermarchés en France. Conséquence, des rayons inaccessibles et des tonnes d'aliments à détruire.
Et
puis la une de la Provence, le choc. Un jeune de 14 ans qui a ouvert le feu au fusil de chasse hier dans son établissement, blessant le principal et une enseignante. De quelle une avez-vous envie de nous parler
? De
West France
? Ou
hasard ? On
doutait
un petit peu.
Ou hasard
?
Comment ? Non mais est
-ce
que... On
a
vu cette cyberattaque qui est
quand même... Oui mais c'est surréaliste. Voilà, ce que j'allais vous dire, c'est
assez lunaire. C'est-à-dire des rayons de supermarchés qui
ont vu
leur réfrigérateur monter jusqu'à 50 degrés.
Ça veut dire que tout peut arriver. Tout peut arriver dans le cadre des cyberattaques. Et c'est extrêmement dangereux. Alors je sais qu
'en
France, on y travaille beaucoup pour essayer de se prémunir de ce genre d'attaques. Mais quand on voit ça, y compris les rayons frais, vous vous rendez compte, ça veut dire que tous les produits vont être bons à jeter. Enfin je veux dire, c'est dramatique.
Mais ça veut dire que malgré le fait qu'on y travaille, on est loin d'être paré face à ces cyberattaques.
Tout à fait.
Qui sont inédites en
plus. Et pourtant, la France notamment a mis en place un certain nombre de structures qui permettent de travailler là-dessus. Mais on a encore du travail, oui, je pense. La preuve, c'est que ça, c'est impressionnant.
Et
puis,
il
y
a
aussi ce qui s'est passé hier. Également, le jeune qui a...
C
'est dans la presse, dans toute la PQR. C'est le jeune qui a tiré au fusil sur le principal et sur un...
C'est la lune de la Provence notamment. De la
Provence, oui. Mais c'est dramatique. Ça démontre un peu la déliquescence de notre société aujourd'hui.
Merci Alain Kadek. Merci beaucoup
d'avoir été notre invité.
Alex, on se retrouve dans 20 minutes pour la revue de presse régionale.
Et la presse quotidienne régionale qui commence à dévoiler des premières infos sur le tracé du Tour de France 2027. Ah,
c'est assis. Il repasse en Bretagne ou pas ? Il repasse
en
Bretagne. Il repasse en Bretagne. Parce que là, j'ai
deux Bretons sur
le plateau. Mais
malheureusement, il ne va pas à Mur de Bretagne.
Et
ça, c'est dommage.
Mais
bon, il vient en Bretagne. Donc c'est un appel
à Christian Prud'homme pour la
saison d'après. Oui, Christian,
si vous l'avez, je dirai à Christian.
Merci, monsieur Kadek. Public Sénat, en partenariat avec la presse régionale, vous a proposé Bonjour Chez Vous. Retrouvez l'intégralité de nos podcasts sur la plateforme Public Sénat.