Nicolas Dupont-Aignan invité sur LCI (27 décembre 2019)
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 15 %Attaque 65 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 63 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:26OuverteRéponse directe
Vous les encouragez à continuer, les grévistes, à poursuivre le mouvement ?
- 1:55RelanceÉludée
Mais vous, vous souhaitiez une trêve. Est-ce que vous condamnez un petit peu les méthodes des grévistes ?
- 2:08FerméeRéponse directe
Vous étiez pour une trêve ?
- 3:11OuverteRéponse directe
Est-ce que vous croyez que je suis pour ça ?
- 3:59RelanceÉludée
L'argument du gouvernement, serait gagnant.
- 5:01FerméeRéponse partielle
Est-ce que vous êtes contre la suppression des régimes spéciaux ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Invité politiqueFait
« Et puis, pour tous les Français, demain, une réforme des retraites, mais totalement scandaleuse. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Le président de la République dit, « tant qu'on n'aura pas réglé le problème du chômage, il ne faut pas toucher aux 62 ans, parce que dès 55 ans, on n'a pas de boulot. » »
- 1:21Invité politiqueFait
« Six mois après, il fait une réforme qui est exactement l'inverse de tous ses engagements. »
- 3:32Invité politiqueFait
« aujourd'hui, quand vous partez en retraite, ce sont soit les six derniers mois qui permettent de calculer votre retraite si vous êtes fonctionnaire, soit les 25 meilleures années. »
- 3:45Invité politiqueChiffre
« demain, ce sont 43 ans. »
- 4:07Invité politiqueChiffre
« ils font sauter les huit trimestres par enfant dont bénéficient les femmes. Huit trimestres par enfant qui sautent. »
- 5:51Invité politiqueChiffre
« 5 à 17 milliards, c'est affreux. »
- 6:20Invité politiqueChiffre
« 6 milliards de retraites versées à l'étranger. »
- 6:38Invité politiqueChiffre
« près d'un milliard de retraites versées à des gens décédés. »
- 7:00Invité politiqueFait
« Les 500 000 travailleurs détachés qui travaillent en France, les contrats de travail détachés, qui viennent travailler en France, polonais, espagnols, ne cotisent pas à la retraite. »
- 9:53Invité politiqueChiffre
« Le déficit commercial est de 50 milliards d'euros. »
- 10:26Invité politiqueChiffre
« 700 000 chômeurs encore. »
- 11:11Invité politiqueChiffre
« faire perdre 3 milliards de cotisations à la Sécurité sociale pour que BlackRock, les copains de M. Macron, puissent se servir dans l'épargne des Français. »
- 16:16Invité politiqueChiffre
« sur les 300 000 plus hauts salaires de France ne vont plus cotiser à la Sécurité sociale. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan72 %
- Présentateur12 %
- ?11 %
- Locuteur non identifié3 %
≈ 46,7 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Tout
de suite, on accueille notre invité politique.
Et
on est ce matin avec Nicolas Dupont-Aignan. Merci beaucoup d'être avec nous, député de l'Essonne, président de Debout la France. On en est donc au 23e jour de grève. Bonjour à vous. Trafic toujours très perturbé. De nouvelles actions prévues ce samedi. Vous les encouragez à continuer, les grévistes, à poursuivre le mouvement ?
D'abord, moi, je voudrais dire que c'est un gâchis insupportable parce que nos compatriotes ont la double peine.
C
'est-à-dire la grève dans les transports. Pour les usagers, c'est un enfer, notamment en Ile-de-France. Et je suis élu d'Ile-de-France, je sais de quoi je parle. Et puis, pour tous les Français, demain, une réforme des retraites, mais totalement scandaleuse. Donc la vraie question, c'est quand le gouvernement va-t-il renoncer
? C
'est ça la question. Parce qu'on reporte la faute sur X, Y, mais le vrai responsable, c'est le gouvernement, c'est le président de la République, qui a menti aux Français. Ce qui est quand même incroyable. Moi,
je
suis
stupéfait.
J'ai retrouvé une phrase, ce n
'est
pas de la présidentielle, c'est d'avril 2019. Avril 2019.
Le
président de la République dit,
tant
qu'on n'aura pas réglé le problème du chômage, il ne faut pas toucher aux 62 ans, parce que dès 55 ans, on n'a pas de boulot. Six mois après, il fait une réforme qui est exactement l'inverse de tous ses engagements.
C
'était
dans
son programme, la réforme des retraites,
mais la question de l'âge d'équilibre a été
ajoutée. Soyons précis. Non, mais parce qu'on entend tout et n'importe quoi. Le gouvernement a foutu le feu au pays
et
s'étonne qu'il y
ait
le feu. Madame Borne est au Maroc, tranquille, alors que les usagers sont dans la panade. Il joue le pourrissement. Il joue le pourrissement. Et
le pays, pardonnez-moi,
mais le pays perd du temps. Perd du temps terrible. Donc c'est ahurissant ce qui se passe.
Ils doivent
continuer les grévistes à poursuivre leur mouvement
? Mais
les grévistes, ils font leur rôle de grévistes. Moi, ce que je demande au gouvernement, c'est d'arrêter.
Parce que vous, vous souhaitiez une trêve. Est-ce que vous condamnez un petit peu les méthodes des grévistes
? Mais je suis... On peut toujours condamner les méthodes. Je condamne la méthode du gouvernement. Et je dis que le responsable, c'est le gouvernement.
Vous étiez
pour une trêve ?
Oui, pour une trêve. J'étais même pour la
grève de la gratuité que j'ai proposée. Et le gouvernement pouvait le faire. S'il ne voulait pas qu
'on embête les Français.
Non, je ne
crois
pas que le gouvernement se mettrait en grève contre sa propre
réforme.
Vous avez raison de me reprendre sur ce point. Vous savez que ce que je propose depuis des années, c'est la grève de la gratuité. Par la gratuité, c'est quoi ? C'est que les contrôleurs fassent monter les gens dans les trains sans payer. Or, aujourd'hui, il
y a
une disposition législative qui punit très fortement les agents SNCF s'ils font cela. C'est-à
-dire
le grand paradoxe, c'est que si un agent SNCF fait grève
et
bloque les trains, il peut le faire.
C
'est le droit de grève. En revanche, s'il fait la grève par la gratuité, c'est-à-dire laisser rentrer les gens dans les trains,
ce
qui induirait un désagrément pour la SNCF mais permettrait aux gens de voyager, il est puni par la loi. Et j'avais proposé qu'on modifie la loi. Le gouvernement ne le veut pas. Donc ça veut bien dire que le gouvernement joue avec les nerfs des Français. Le gouvernement se réjouit
de ce malheur des Français. Par exemple, pour
les grévistes, il y a eu des coupures d'électricité,
des blocages scandaleux. Est-ce que vous croyez
que je suis pour ça ? Je dis simplement que moi, je suis un homme politique.
Dans
une situation de blocage, même le général de Gaulle, après mai 68, a fait un grenelle social. C'est-à-dire qu'à un moment, quand on est face à un mur, quand on s'aperçoit qu'une grande majorité des Français ont compris l'arnaque de cette réforme, car quand même, il faut revenir de quoi on parle. Aujourd'hui, quand vous partez en retraite, ce sont soit les six derniers mois qui permettent de calculer votre retraite si vous êtes fonctionnaire, soit les 25 meilleures années.
Demain, si je peux finir ma phrase,
demain, ce sont 43 ans. Ça veut dire que les femmes, notamment tous ceux qui ont eu des carrières plus difficiles que les autres, vont voir une baisse massive de leur retraite.
Alors eux, ils disent justement, grâce à la retraite
à pont, justement, les carrières hachées,
l'argument du gouvernement, serait gagnant. C'est totalement
faux.
Puisque les congés de
maternité donneraient lieu à des points qui donneront ensuite lieu
à des émissions. C'est ça, la logique du gouvernement.
C'est faux pour deux raisons. D'abord, ils font sauter les huit trimestres par enfant dont bénéficient les femmes. Huit trimestres par enfant qui sautent. Et deuxièmement, tout le monde est capable de comprendre, d
'ailleurs
les Français l'ont bien compris, que si on calcule votre future retraite sur la moyenne de vos revenus pendant 43 ans ou 41 ans et demi, 43 ans, ça va faire moins que si on le calcule sur les 25 meilleures années. Donc le problème de fond, le problème de fond dont moi j'aimerais qu
'on
parle, c'est comment on règle le problème des retraites. Et moi, j'ai des propositions, je ne
suis
pas dans la critique. Alors
justement...
On debout la France a des propositions.
Et j
'aimerais en parler. Parce qu'on voit toujours, soit le gouvernement, soit les syndicats. Et on est dans la panade. Et bien moi, j'ai des propositions très concrètes.
On
donne la parole aussi à l'opposition, je vous assure.
Je
le
sais. Et je vous remercie de m'inviter.
Ah, voilà. On vous invite en partie
pour ça. Mais j'aimerais dire qu'il y a une solution. Mais
une petite question.
Vous
êtes
contre la réforme à point.
Ça, on l'a compris.
Fondamment pas. Est-ce
que vous êtes contre la suppression des régimes spéciaux ? Ça concerne 3% des Français. La majorité des Français est pour cette suppression.
Oui.
Est-ce que vous, vous
trouvez ça ? Justement, ce que je
dis, c'est qu'il n'y
avait
pas besoin de mettre un système à point qui va faire baisser massivement les retraites de tous les Français, les futurs Français en retraite, pour modifier les régimes spéciaux.
C
'est complètement surréaliste ce qu'on
voit. Ce sont des choses
différentes.
Ben, justement. Est-ce que vous êtes favorable à la suppression des
régimes spéciaux ? Qui ont déjà été corrigés par Nicolas Sarkozy. Et finir la correction des régimes spéciaux, sans mettre en place cette usine à gaz du système à point qui va faire baisser mécaniquement les retraites des futurs retraités. C'est ça la question. Deuxième point. On nous dit, c'est ça qui est incroyable. On nous dit, il
y a
un déficit considérable. Le corps, vous savez le fameux rapport.
On fait l'orientation des
retraites.
Voilà. 5 à 17 milliards, c'est affreux.
D'ici à
2025, le déficit
considérable. Vous allez voir
ce que vous allez voir. C'est faux. C'est faux. Et je vais vous dire pourquoi. Parce qu'il y a déjà des milliards de fraudes. Et nous, à Debout la France, ce qu'on veut, c'est plutôt que de pénaliser ceux qui ont travaillé dur, parce qu'en fait, la réforme des retraites, quand même, c'est incroyable, c'est ne pas récompenser le travail. C'est en fait dévaloriser le travail. Puisque vous avez travaillé dur, on va baisser votre pension de retraite. Eh bien, moi, je propose qu'on lutte contre la fraude. Vous savez qu'il y a 6
milliards... Alors, ce n'est pas des milliards.
6 milliards. Alors, attendez, si je peux finir ma phrase. Allez-y. Il
y a
6 milliards de retraites versées à l'étranger. 6 milliards
de
gens qui résident à l'étranger. D'après la Chambre, le
cours
des comptes, puis ensuite des rapports, notamment d'un journal, Capital, qui n'est pas de mon obédience, il y a au moins 15% de fraudes, c'est-à-dire près d'un milliard de retraites versées à des gens décédés.
50 000
personnes qui considèrent tout ce qu'indument
la retraite d'un proche décédé à l'étranger. Une fraude, et cette cour-là estimait le montant de cette fraude à 200 000 euros par an. On est loin
des milliards. Regardez le journal
Capital, regardez
la cour des cours. Moi, j'ai regardé les chiffres de la cour des cours. C'est complètement faux.
Plusieurs, au moins un milliard. Deuxième point. Les 500 000 travailleurs détachés qui travaillent en France, les contrats de travail détachés, qui viennent travailler en France, polonais, espagnols, ne cotisent pas à la retraite. Vous trouvez ça normal ? Troisièmement, la fraude à la sécurité sociale, considérable dans notre pays. Alors là, on ne fait rien. Donc, ceux qui travaillent dur, on les matraque. Ceux qui fraudent,
on ne fait rien. Donc, ce que je
veux dire, c'est qu'il y
a
des milliards à récupérer sur la fraude. Premier point. Deuxième point. Il y a,
à
partir de 2024, la fin du remboursement, et vous qui êtes spécialiste en économie, vous le savez très bien, à partir de 2024, la CRDS, vous savez, cette cotisation qui rembourse le déficit de la sécurité sociale, est terminée. Ce sera terminé. On aura donc 24 milliards par an, 24 milliards par an, de cotisations disponibles.
On
pourra en utiliser une partie pour équilibrer le système
des retraites. Donc, vous êtes
d'accord, en tout cas, qu'il y
a
un problème d'argent, qu'il y
a
un problème
d
'équilibre
dans ce système ? Non, au contraire. Vous êtes en train de
dire
?
Non, je vous dis qu'il n'y a pas besoin de faire baisser les pensions de retraite de l'ensemble des Français qui vont arriver en retraite dans plusieurs années. Il n'y
a
pas besoin de le faire. Le système
est
équilibré à terme. Il y a une petite différence.
Mais
cette petite différence peut être comblée tout à fait facilement par la lutte contre la fraude et par la nouvelle recette qu'il y aura. Dernier point, je trouve ça stupéfiant. Personne ne parle du problème des recettes. Vous savez, si on continue à laisser partir nos entreprises à l'étranger, délocalisation permanente, si on laisse s'effondrer notre tissu industriel...
Mais ça, ce n
'est
pas le cas en ce moment.
L
'industrie a recréé des
emplois.
À la marge, quand on voit ce
qui se passe,
on a perdu, vous le savez, 500 000 emplois industriels en 10 ans.
Si
on
continue à délocaliser...
206 000 créations d'emplois
en France en 2019. Et c
'est en progression par rapport à... On délocalise encore beaucoup. On continue à
délocaliser. Eh bien, je vous dis une chose, c'est que là, nos retraites auront un sérieux problème. Donc, plutôt que de vouloir laisser diminuer le gâteau, moi, je propose qu'on prenne des mesures de compétitivité, de baisse de charges sur les PME, de protectionnisme, pour éviter l'importation de produits étrangers. Car la vraie question du financement de notre sécurité sociale, de notre hôpital, de nos retraites, c'est la création de richesses dans le
pays. Donc, sinon, tous
les
deux ans, vous aurez une nouvelle réforme des retraites.
Vous
avez peut-être vu quand même ce papier dans le monde, hier, qui monte, ce sont les chiffres de
ligne,
c'est 260 000 emplois créés en France en
2019,
contre 188 000
en 2018. Mais madame, il y a combien de
chômeurs en ce moment en France ?
5 millions 600 000. C'est en train de baisser aussi. Tout va bien. Alors, si vous pensez que tout va bien, c'est extraordinaire. Mais ça va du jour au lendemain.
Il y a une toute petite amélioration, mais très faible, d'ailleurs sur des CDD pour la plupart. Donc, ce n'est pas vrai. Nous avons encore des entreprises qui sont achetées. La Técoère, qui est une très belle entreprise, vient d'être prise par un fonds américain. L'emploi industriel, il y a eu une petite remontée très légère, très légère. Mais globalement,
l
'emploi industriel est en très forte baisse. Il n
'y a
qu'à voir l'industrie automobile. Le déficit commercial est de 50 milliards d'euros. Donc, arrêtez de faire croire que tout va bien. C'est faux. Et si on ne comprend pas que dans notre pays, il faut une vraie politique industrielle, il faut relancer massivement l'emploi localisé, localisé, c'est-à-dire qui crée de la richesse pour payer demain notre système social, on retrouvera des réformes, des manifestations, des grèves. Voilà ce que je dis. Il
y a des solutions.
Mais
ça, le
gouvernement le fait.
Non, il ne le fait
pas.
Mais si, puisque l'emploi industriel est
en train de
revenir. La réforme d'apprentissage aussi, c'est bien fait pour favoriser justement l'emploi de proximité.
Il
y a quand même des choses
qui sont faites. 5
700 000 chômeurs encore.
Oui,
mais
en fait,
c'est un chiffre en baisse. Mais
écoutez, on demande aux gens de travailler jusqu'à 64 ans. La réalité, vous la savez, c'est qu'à 55 ans, on est viré de son entreprise. La réalité, c'est que, en vérité, quand le président de la République, après avoir promis exactement le contraire il y a 6 mois, mais 64 ans, cela veut dire une très forte baisse des pensions. Et vous savez où on va retrouver les gens ?
Vous
savez où on les retrouve
? Au
RSA. Parce que quand vous allez être licencié à 59 ans, comme c'est le cas aujourd'hui, et que vous avez à attendre 5 ans,
vous
vivez de quoi ? Du RSA. Donc, il faut arrêter avec cette réforme scandaleuse qui est une réforme, mais d'une injustice incroyable, sans parler du fait, d'ailleurs, qu'elle va ouvrir aux fonds de pension les plus hauts salaires, c'est-à-dire faire perdre 3 milliards de cotisations à la Sécurité sociale pour que BlackRock, les copains de M. Macron, puissent se servir dans l'épargne des Français. Donc, vous savez, il y a beaucoup à dire sur les liens d'influence entre les fonds de pension américains, M. Macron et ce gouvernement.
Alors, sur la méthode, ça fait des mois que la concertation dure avec les partenaires sociaux.
Mais il n'y a pas de concertation, madame. Vous y croyez à l'instant
? Ça
reprend le 7 janvier,
tout le mois de janvier. Vous n'y croyez pas du tout ?
Mais quelle concertation ? Mais enfin, attendez. Le Premier ministre nous dit « Circuler, il
n'y a
rien à voir, je ne changerai rien ».
Enfin, force est de constater que les enseignants ont obtenu des concessions, les policiers
ici, les
militaires aussi. Non, vous
ne trouvez pas du tout ? Ils lèvent leur
préavis de grève.
Les
pilotes de lignes. Et même les
pilotes de ligne.
Mais actuellement, il n'a jamais tenu ses promesses. Sur les enseignants, vous savez, le coût que représenterait l'intégration des primes dans les enseignants, c'est 10 milliards.
10 milliards d'euros.
10 milliards, c'est impossible. Impossible. Mais non, mais il a promis 500
millions. Il s'est engagé à le faire. Non, il ne
s'est pas engagé. Il s'est engagé comme il s'était engagé à pas mettre 64 ans. Vous savez, le problème de ce gouvernement dans l'ensemble, moi je vois bien les gens, j'étais dans ma circonscription, dans ma ville, c'est que plus personne ne les croit. Même M. Berger, qui est leur principal soutien, ne les croit plus. Si vous voulez, il
y
a un moment, il
y a
un problème de légitimité, mais moi je vais vous dire comment ça va se finir. Moi ce que je dis aux Français, c'est qu'il
y a
le combat syndical, moi j'entame un combat politique. Cette réforme,
il
faut d'abord sanctionner aux municipales toutes les municipalités qui se prévalent d'En Marche. Il faut les sanctionner. Si vous êtes contre la réforme des retraites, sanctionnez-les. Et puis il faudra faire de cette réforme en 2022 un enjeu majeur politique. Vous
serez candidat en 2022 ?
Je n'en sais rien. Mais en revanche, ce que je sais, c'est que ce sera un enjeu majeur. C'est ce qui s'était passé en Italie. En Italie, Salvini et 5 étoiles ont gagné parce qu'ils ont dit clairement nous n'appliquerons jamais cette réforme. Et bien moi je prends l'engagement. Je me battrai jusqu'au bout. Il faut que les Français sachent que s'ils continuent avec Emmanuel Macron, ils auront la baisse des retraites. Si ils choisissent une autre voie, on peut éviter cette baisse des
retraites si
on a une autre politique.
La campagne de 2022 est lancée, le pays s'arrête, il n
'y a
plus aucune réforme,
on est en campagne permanente.
Mais la réforme, moi j'aimerais qu'on réforme pour baisser les charges des PME, ce que n'a pas fait le gouvernement. J'aimerais qu'on réforme pour qu
'il
y
ait
un peu plus de justice. Parce que quand il s'agit de donner 5 milliards aux plus riches de France, il les donne.
Ça, il
les donne très facilement. Quand il s'agit de baisser les APL, il est toujours là pour les plus pauvres. Donc moi je veux bien des réformes. Il faut des réformes dans le pays. Je ne
suis
pas du tout contre les réformes. Mais
il faut des
réformes justes. Il faut des réformes qui ne
fassent pas baisser le niveau de vie des retraités. La réforme parfois, elle est
annoncée.
Mais
pas du tout comme celle-là.
Pas
du tout comme celle-là. J'étais au débat avec M. Macron, j'étais candidat à la présidentielle. Ce n'était pas du tout ça qu'il avait prévu. Pas du tout. Il avait prévu, ce qui était une bonne idée d'ailleurs au départ, de corriger des situations très injustes, notamment sur les conjoints d'agriculteurs, de commerçants,
de remonter un plafond.
Mais non, parce qu'en même temps, il supprime les 25 meilleures années.
Ce
que personne ne dit,
c'est quand vous passez des 25 meilleures années pour calculer votre retraite à
l'ensemble de votre vie professionnelle. Mais pourquoi les Français sont hostiles malgré les grèves
?
Expliquez-moi.
Tout
simplement parce qu'ils ont fait leur calcul. Nos compatriotes ne sont pas idiots. Vous savez, cette réforme d'ailleurs va pénaliser les jeunes. Parce que les jeunes vont avoir une retraite beaucoup plus faible. Et c'est mécanique. C'est mathématique.
Une question. Pour sortir de la crise, Marine Le Pen, que vous aviez soutenue au second tour de la dernière présidentielle, propose un référendum.
Mais bien sûr, c'est une très bonne idée.
C'est une bonne
idée ?
Mais bien sûr, c'est une bonne idée. Mais on sait très bien que le gouvernement ne la fera jamais. Donc le référendum, ça sera la prochaine présidentielle. Et moi, je crois qu'il faut être très clair. Vous savez, Emmanuel Macron a été élu sur un mensonge.
Il
a fait croire aux Français que ça allait être merveilleux, qu'il allait tout faire et qu
'il
ne souffrirait pas. C'est l'homme, c'est l'homme qui détruit
un
système social et économique hérité du Conseil National de la Résistance qui faisait consensus dans le pays.
On
peut réformer le pays. Moi, je suis pour des réformes. Baisser les charges des PME. Inciter à produire français. Protéger nos frontières. Je
rappelle encore les points positifs
puisque...
C'est normal. C'est normal.
On le rappelle, le taux de chômage
qui baisse, les créations d'emploi... Mais il n'y a pas un
Français qui le croit, madame.
Mais
les
chiffres...
Mais les chiffres... Quel chiffre
?
Quel chiffre ? La réalité, c'est que nos compatriotes sont toujours plus pauvres, c'est que les plus riches sont toujours plus riches et c'est qu'Emmanuel Macron est en train de détruire un système social qui avait assuré une cohésion nationale et qu'il se réjouit du malheur des Français parce qu'en fait, il a une sorte de plaisir à voir le pays à l'arrêt. Moi, je pense que c'est du gâchis et je pense qu'on ferait mieux d'inciter à produire français, qu'on ferait mieux de baisser les charges encore une fois, de relancer la machine. Ils ne relancent pas la machine.
Là,
elle est paralysée.
Une
dernière question.
Oui, on a eu
la loi Pacte justement pour aider les entreprises qui a quand même abouti à des améliorations. Vous ne pouvez pas
dire le contraire.
Mais moi, je suis désolé. Les PME n'ont pas vu leurs charges baisser. Ce n
'est
pas vrai. Les très riches, oui. La loi Pacte favorise l'entrée des fonds de pension américains. Oui, bravo. C'est extraordinaire. Et
il faut que les Français sachent quand même... J'aimerais
que les Français sachent quand même que sur les 300 000 plus hauts salaires de France ne vont plus cotiser à la Sécurité sociale.
D
'accord ? Ça va faire perdre 3 milliards de recettes au système. 3 milliards de recettes. Pendant ce temps-là, le système va continuer à payer. C'est normal. Les retraites des prêts hauts salaires qui partent en retraite. Donc, on nous dit qu'on va faire des économies. La première chose,
c
'est qu'on ouvre la voie aux fonds de pension américains. Et d'ailleurs, ce n
'est
pas bon pour les hauts salaires parce qu'ils vont être obligés de souscrire à des contrats qui ne vont pas être terribles. Donc, c'est quand même incroyable ce qui se passe dans le dos des Français. Donc, il faut que... Vous savez, il y a l'apparence oui,
c
'est bien si elle est utile, mais pas si elle fait le jeu d'intérêts étrangers.
Autre sujet qui fait parler ce matin, ce sont... Vous avez sûrement vu cette vidéo de Jordan Bardella qui s'indigne du fait qu'Emmanuel Macron n
'a
pas souhaité Joyeux Noël aux Français. Ils sont plusieurs responsables du Rassemblement National à s'indigner de ça. On va écouter justement Jordan Bardella sur Twitter. Il a posté la vidéo.
Nous
sommes le 26 décembre et beaucoup se sont déjà indignés, se sont aperçus que le chef de l'État, que le président de la République et donc le président de tous les Français n'a pas dénié souhaiter Joyeux Noël à ses concitoyens. Ça fait partie d'un héritage que le président de la République est censé protéger, qu'il est censé défendre. Et on est très heureux qu'il célèbre régulièrement sur ses réseaux sociaux chaque année la rupture du jeûne, la fin du Ramadan. Mais on aimerait qu'il le fasse, en l'occurrence, pour des traditions qui sont inscrites dans le calendrier.
Voilà,
Nadine Morano en remet une couche aussi sur Twitter.
«
J'ai attendu, mais notre président communiquant professionnel n'a pas souhaité Joyeux Noël à son peuple. À part critiquer la France à l'étranger, l'aimer et honorer ses traditions, ses racines chrétiennes, c'est si difficile. Votre avis là-dessus ?
» Écoutez, c'est vrai que moi j'ai toujours été surpris. On souhaite la fin du Ramadan et puis Noël n'existe
pas.
Il l'a fait une fois au moment d'indigner au Conseil français
et du Président. Oui, mais il l'a fait. Il l'a souhaité
Joyeux Noël l'année dernière
et l'année d'avant. Écoutez, moi
je crois que le rôle d'un président de la République c'est de rassembler les Français. Et rassembler les Français c'est comme l'a fait le président américain Boris Johnson, c'est quand même un moment d'avoir un petit mot pour Noël.
Donc vous vous indignez aussi comme Jean-Anne Bardella ? Mais ce n'est pas la question d
'indignation.
C
'est que, je vais vous dire, notre pays souffre beaucoup. Je crois que le rôle d'un président ce n
'est
pas de jeter de l'huile sur le feu, ce n'est pas de provoquer, c'est de rassembler. Je pense qu'il
y a
des réformes à faire, il faut les faire intelligemment. Et ce qui me déçoit dans ce qui se passe, on peut être adversaire. Moi je conteste la politique d'Emmanuel Macron mais je ne cherche pas à être son adversaire systématique. Mais ce qui me déçoit
c
'est qu'il a une sorte de plaisir malsain à voir la France diviser. Et il ne rassemble pas. Et je pense que très vite il faudra un autre président pour rassembler les Français.
On sent votre impatience.
Oui parce
que les Français souffrent il y en a assez. Et
que de temps perdu. Mais vous imaginez l'image de la France à l'étranger. On nous avait dit ce jeune président il va moderniser la France. La France est à l'arrêt.
La
Chine et les Etats-Unis investissent pour l'avenir. Investissent dans la science. Moi j'aimerais qu'on parle des grands investissements publics qu'on doit faire ou privés. J'aimerais qu'il y
ait
une ambition pour le pays.
On est dans
un malthusianisme. Malthusianisme.
Vous
savez le malthusianisme
c'est
on se recroqueville. Mais enfin il y
a
autre chose à faire. quand même pour le pays.
Merci Nicolas Dupont-Aignan d'avoir pris le temps de répondre à nos questions
ce matin. Merci de votre invitation. Et bonne fête. Et joyeux Noël.
Également c'est passé. Maintenant c'est peut-être la bonne
année. Ah non mais il ne faut pas le
souhaiter à l'avance. Espérons que 2020 sera meilleur que 2019 pour le
pays. Allez on
parle beaucoup de politique ce matin. Sous-titrage Société Radio-Canada
Sous-titrage
Société
Radio-Canada
Nicolas Dupont-Aignan