Premier Conseil des ministres de François Bayrou : "C’est une réunion de l’ancien monde", tacle le député RN du Loiret Thomas Ménagé
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Bonjour Thomas Ménager. Bonjour, merci de votre invitation et bonne année à tous. Bonne année, meilleur vœu. On l'a appris ce matin, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barraud, vient d'arriver en Syrie pour un déplacement conjoint à Damas avec son homologue allemande. Et un point d'orgue dans cette visite, une rencontre avec Ahmad Al-Shara, c'est le nouveau chef des autorités syriennes. Il fallait que la diplomatie française fasse ce déplacement, se rende sur place quelques semaines après la chute du régime de Bachar Al-Assad ?
C'est un sujet qui est complexe parce que c'est vrai qu'on sait parfois peut-être la diplomatie française un peu réjouie rapidement de la chute de Bachar Al-Assad. On pouvait tous se réjouir de la chute d'un pouvoir autoritaire, mais un pouvoir autoritaire remplacé par des personnes dont on peut douter de la volonté réelle de mettre en place une démocratie respectueuse de la liberté d'expression puisque ce sont des islamistes historiquement proches d'Al-Qaïda. Donc tout dépendra de l'issue, des échanges. Je ne sais pas ce qui pourra se dire entre M. Barraud. Vous dites des islamistes, pas qu'il y a aussi des rebelles, il y a des citoyens syriens.
Le leader d'HTS, et HTS c'est un mouvement islamiste proche d'Al-Qaïda historiquement. Il y a déjà certains retours en Syrie qui peuvent être inquiétants, d'un certain nombre de femmes qui connaissent une certaine pression vis-à-vis du voile, vis-à-vis d'un certain nombre de sujets. La question c'est, moi je me réjouis, je crois qu'il y a une rencontre avec les chrétiens d'Orient. Après il y a une forme d'hypocrisie à peut-être s'être réjoui, et puis d'aller voir, constater ou s'inquiéter de la montée des islamistes vis-à-vis des chrétiens d'Orient, vis-à-vis des minorités, vis-à-vis des femmes, vis-à-vis de la liberté d'expression.
C'est ça l'objectif de cette visite selon vous ?
C'est vérifier qu'il n'y a rien ou c'est d'établir des contacts ? Je ne suis pas le porte-parole du Quai d'Orsay et du ministre des Affaires étrangères. J'espère que ça permettra de fixer un certain nombre de conditions très claires s'il y a des relations, peut-être froides avec la Syrie et avec les islamistes, mais un certain nombre de conditions et que la voie de la France porte dans l'intérêt du peuple syrien et du respect d'un certain nombre de valeurs démocratiques.
Thomas Ménager, il y a un autre objectif important dans cette visite, c'est de permettre, en tout cas de tenter de permettre la réouverture de l'ambassade de France à Damas qui est fermée depuis 12 ans. Le ministre des Affaires étrangères va d'ailleurs se rendre dans les locaux de cette ancienne ambassade. Est-ce que ça aussi c'est un symbole important ? Il faut que la France retrouve sa place en Syrie ?
Sur la réouverture, Jean-Anne Barrière et Marine Le Pen s'exprimons précisément. Après, pas à n'importe quelles conditions, mais ça peut avoir un intérêt qu'il y ait une ambassade qui rouvre, déjà pour les Français qui sont basés en Syrie, pour ce que nous nous souhaitons, c'est-à-dire pour les demandes d'asile, ça ne concerne pas que la Syrie, mais dans tous les pays du monde, puissent être faites dans le pays d'origine, dans l'ambassade. Donc, pourquoi pas ?
Mais pas à n'importe quelles conditions, c'est-à-dire que si on avait rompu les relations avec Bachar Al-Assad qui avait la fermeture de cette ambassade, ce n'est pas pour la rouvrir si c'est avec des personnes qui ne sont pas plus en phase avec les valeurs démocratiques, avec un certain nombre de valeurs que l'on cherche à porter, nous la France, à l'international.
Alors, Thomas Ménager, au moins sept personnalités politiques du RN ou qui en ont été proches, en tout cas, ont rencontré le dictateur syrien Bachar Al-Assad entre 2014 et 2021, comme l'eurodéputé Thierry Mariani ou encore Andréa Cotarac, qui est l'un des plus proches conseillers de Marine Le Pen. Est-ce que vous regrettez, vous condamnez ces déplacements de vos collègues du RN à l'époque ?
À l'époque, je tiens à le rappeler, c'était dans le cadre de la lutte contre le terrorisme islamiste. Et tous ces déplacements ont été faits pour les relations qui pouvaient y avoir avec la Syrie dans le cadre de la lutte contre l'État islamiste que partageait Bachar Al-Assad. C'était un contexte différent. Nous, on a dit qu'on était, entre guillemets, qu'on se satisfaisait de la chute de Bachar Al-Assad parce que c'était un pouvoir autoritaire, mais qu'un pouvoir autoritaire remplacé par un pouvoir islamiste, c'était une autre période.
Est-ce que pour aujourd'hui, il fallait s'afficher avec le pouvoir de Bachar Al-Assad ? Ça pouvait être, selon votre avis, un allié dans cette lutte contre le terrorisme ? Est-ce qu'il fallait s'afficher, lui donner le crédit de ce qu'est un parti d'un pays comme la France ?
À l'époque, c'est tout cas d'André Cotarac, il était à la France insoumise, il n'était pas encore à l'Assemblée nationale, pour le cas de Thierry Marini, c'était autre chose. Ce qui est certain, c'est que parfois, vous avez des adversaires, des personnes que vous combattez, mais qui peuvent être des alliés dans l'intérêt du peuple français pour lutter contre l'État islamiste, contre des personnes qui tuent sur votre sol. Et c'est toute la discussion qu'il peut y avoir aujourd'hui avec ce pouvoir en place, c'est de se dire quel niveau de relation qu'on peut avoir.
Et des fois, il y a un niveau de relation, même si ce sont des personnes que vous combattez, mais qui peut servir l'intérêt, la sécurité du peuple français.
Mais Thomas Ménager, c'est quand même un boulet que vous traînez depuis de nombreuses années, comme par exemple vos relations qui sont reprochées à Marine Le Pen avec Vladimir Poutine.
Mais pour les mêmes raisons, l'échange entre Vladimir Poutine et Marine Le Pen, bien avant l'invasion de l'Ukraine, les mêmes relations qu'avait Emmanuel Macron avec Vladimir Poutine et d'autres pays, c'était sur la base de la lutte contre le fondamentalisme islamiste. Alors même que je tiens à le rappeler, dans ces années-là, c'est les années où nous avons vécu toutes ces attaques islamistes qui ont tué des Français sur notre sol, avec la montée du fondamentalisme islamiste, du djihad sur notre territoire, et qu'il y avait un intérêt pour le peuple français, mais qui n'étaient pas des visites pour aller valider les principes démocratiques, la ligne politique d'une personnalité.
Vous savez, la diplomatie, c'est ça. Vous pouvez avoir des adversaires et des alliés qui sont des adversaires sur certains sujets et des alliés sur d'autres dans l'intérêt de votre peuple.
Alors Thomas Ménager, je voudrais qu'on parle un petit peu de Mayotte à présent avec ce déplacement de Marine Le Pen trois semaines après le passage du cyclone Chido. Elle s'y rend, Marine Le Pen, de dimanche à mardi prochain. En quoi ce déplacement peut permettre d'aider les Maorais concrètement ? Je vous pose cette question parce que Marine Le Pen n'a pas de marge de manœuvre. Elle n'a pas de pouvoir décisionnaire pour faire changer les sauges sur place.
Alors déjà, c'est aussi une marque d'affection de Marine Le Pen qui est allée à multiples reprises. Il y a été déjà, rien qu'en avril dernier, elle n'a pas attendu, contrairement à d'autres personnes dans la classe politique, le cyclone pour se rendre compte de la situation de ce 101e département français qui n'a absolument pas les infrastructures, qui n'est absolument pas respectée par la métropole et accompagnée. Et elle a un poids politique majeur. Marine Le Pen est aujourd'hui la mieux placée à la présidentielle. Elle est à la tête du premier groupe à l'Assemblée nationale. Et il y aura des débats sur la loi spéciale.
Et ce déplacement, au-delà de l'affection que ça peut avoir pour les Maorais qui ont besoin de l'avoir, qui l'ont placé très largement en tête au second tour des élections présidentielles à 60%, c'est aussi une pression supplémentaire sur le gouvernement, sur M. Bayrou, en disant cette fois-ci, il faudra associer les paroles aux actes. Il ne suffira pas d'aller se déplacer et de faire de la communication comme ils l'ont fait, mais vraiment au moment de la loi spéciale, au moment des budgets.
Parce que je tiens à rappeler que l'année dernière, au moment du PLF, on a déposé un amendement de 100 millions d'euros pour l'accès à l'eau en Outre-mer et notamment à Mayotte et que tous les groupes politiques, à l'exception du Rassemblement national qu'il avait déposé, ont voté contre.
Alors, Thomas Ménager, pardon Antoine, Thomas Ménager, si Marine Le Pen était au pouvoir, si votre parti était au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez pour Mayotte que ne fait pas le gouvernement actuel selon vous qui pourrait permettre de régler rapidement la crise causée par le citoyen ?
Pour le moment, je ne vais pas juger le gouvernement avant d'avoir vu en détail la loi spéciale. Non, mais alors vous, qu'est-ce que vous feriez ? Par contre, parce que l'idée, ce n'est pas de polémiquer sur un sujet aussi important que... Je ne vais pas critiquer le gouvernement alors qu'on n'a pas encore vu. Ce qui est certain, c'est qu'aujourd'hui, il y a la question des infrastructures, donc des moyens, des moyens financiers qu'il faut donner.
Quand on voit qu'on donne 100 millions d'euros à la Chine, des millions d'euros à l'Algérie qui n'ont pas besoin dans l'aide publique au développement mais qu'on n'est pas capable de développer des réseaux électriques, des réseaux d'eau suffisants à Mayotte, il y a déjà quand même une question à se poser sur les choix budgétaires qu'il y a à avoir, notamment pour ce département.
Et puis, il y a la question de l'immigration parce qu'aujourd'hui, ce qui se passe, c'est que ce département est submergé, que l'on a créé des bidonvilles, que l'on ne rentre pas dans une relation de fermeté avec les Comores, que l'on ne met pas fin au droit du sol et donc on a tout un arsenal au-delà des besoins médicaux, sociaux, d'accès à l'eau ou d'accès à la nourriture. Il y a une question, bien entendu, d'avoir une population contrôlée sur ce territoire pour pouvoir que les infrastructures tiennent.
Alors justement, Thomas Ménager, François Bayrou, le Premier ministre, lui propose pour lutter contre l'immigration massive à Mayotte, notamment en provenance des Comores, de supprimer les bidonvilles. Vous êtes d'accord avec ça ? Et franchement, comment il est possible de supprimer tous les bidonvilles de l'archipel ?
Il y a d'abord une question, c'est de reconduire tous ceux qui sont en situation illégale sur le territoire.
Si les Comores ne veulent pas reprendre leurs ressortissants ?
Les Comores, il y a aujourd'hui de l'aide publique, il y a de l'argent qui est versé aux Comores chaque année. Donc à un moment, ça sera du donnant-donnant. Vous ne pouvez pas aujourd'hui aider les Comores dans son développement, mais que les Comores, eux, prennent ce qui les arrange, mais ne reprennent pas leurs ressortissants. Parce qu'aujourd'hui, ça a été aussi, et ce cyclone l'a prouvé, un danger, même pour ces migrants. C'est-à-dire que ça a été un cimetière à ciel ouvert, ces bidonvilles, et donc il faut régler...
L'immigration n'est pas responsable du cyclone.
Non, mais l'immigration n'est pas responsable du cyclone, mais l'absence de gestion de l'immigration est responsable des manques d'infrastructures, de la faiblesse des infrastructures, des morts indirectement, notamment chez les personnes en situation irrégulière qui ont été mises dans ces bidonvilles. Donc c'est aujourd'hui, cette fausse générosité, ce laxisme, cette absence de fermeté vis-à-vis de l'immigration qui a créé des morts et qui crée une situation où les hôpitaux sont submergés, où les écoles sont submergées, où il n'y a pas assez d'eau, pas assez d'électricité.
Donc il faut, bien entendu, augmenter les moyens pour ces infrastructures, mais il faut aussi réduire la population pour qu'il y ait la population et que ça soit là pour les Mahorais, en priorité, bien entendu. Thomas Ménager,
sur Amayotte, il y a plusieurs dizaines, voire des centaines de milliers de personnes qui sont en situation irrégulière pour beaucoup comoriennes, celles qui se trouvent actuellement, à peu près 100 000 personnes, qui se trouvent actuellement sur le territoire français. Si vous étiez au pouvoir, qu'est-ce que vous feriez pour les renvoyer dans leur pays d'origine ?
Je ne comprends pas vraiment votre question. Je veux dire, il y a un bras de fer avec les Comores, il faut les laisser passer et il faut les mettre dans des bateaux. Il faut que ces personnes soient... Bah oui, excusez-moi, on fait quoi ? C'est-à-dire qu'il y a 100 000 personnes ? Vous le dites, c'est-à-dire que c'est quand même énorme en proportion de la taille de l'île, en proportion de la population maorais française territoire. Donc, à un moment, ça prendra du temps, ça va demander des moyens logistiques, ça va demander un bras de fer diplomatique, mais il n'y a pas d'autre solution.
Est-ce que c'est un investissement qui coûterait très cher alors que cet argent pourrait être utilisé directement
pour l'aide d'urgence ? Je pense que ça coûtera
beaucoup plus cher, je vous le dis, de faire en sorte qu'une île puisse atteindre ses capacités en matière d'infrastructure pour toute cette population, pour ces 100 000 personnes supplémentaires et si ce n'est plus, plutôt que de renvoyer ces personnes et de reconstruire, bien entendu, parce qu'il y a quand même une question d'infrastructure en matière, je vous le dis, sur les questions d'école, d'accès à l'eau ou de soins qu'il faut mettre, bien entendu, aussi en priorité.
Un mot sur la loi d'urgence pour Mayotte qui devait être présentée en Conseil des ministres. Je rappelle qu'il y a le premier Conseil des ministres de François Bayrou ce matin du côté de l'Elysée. Finalement, cette loi ne sera pas présentée lors de ce Conseil des ministres, mais la semaine prochaine. Est-ce que vous regrettez vis-à-vis de l'urgence de la situation à Mayotte qu'elle ne soit pas présentée ?
Oui, nous le regrettons. On avait même demandé, nous, qu'il y ait un retour au travail et une fin de la pause parlementaire habituelle qu'il y a à Noël et pour les fêtes de fin d'année pour revenir plus tôt au travail face à l'urgence. Donc, on le regrette. Moi, je ne comprends pas ce choix non plus parce que c'est une loi d'urgence. Et aujourd'hui, moi, j'étais chez vos confrères avec l'ancien ministre de l'Outre-mer, M. Buffet, il y a dix jours, qui avait déjà la loi qui était rédigée, qui avait déjà tout en main, qui lui-même appelait à ce que l'on mette fin à la trêve.
Et je m'interroge, et j'espère que ce n'est pas le cas parce que ça serait très cynique, d'une volonté du gouvernement et de François Bayrou de reporter le plus loin possible cette loi d'urgence qui nécessitait qu'on se mette au travail le plus rapidement possible. Parle de concertation, qu'il faut des concertations encore avec des élus locaux. Oui, mais le texte était là, les concertations, après, il y a plus d'un mois de débat.
On sait que le gouvernement retarde la présentation d'une loi d'urgence,
mais volontairement des gens en danger pour son agenda politique. Non, mais je m'interroge si la volonté de M. Bayrou n'est pas de lier le texte à son avenir en faisant en sorte que la nécessité du vote consensuel voulu, notamment par le premier groupe qui est le Rassemblement National, de cette loi d'urgence pour Mayotte soit corrélée au vote du budget et à l'absence de censure.
Parce que ce texte est prêt il y a près d'un mois de débats parlementaires entre la commission, la séance, au Sénat, même si le texte n'était pas totalement finalisé, le gouvernement a toujours la possibilité de déposer des amendements, les groupes sont là pour faire leur travail parlementaire et déposer les amendements. Ce que vous dites,
c'est que le gouvernement serait en train d'utiliser le sort, la détresse des maorais pour essayer de faire voter ce budget.
Je ne le dis pas, je dis juste que c'est le bruit qui se dit dans les couloirs parce que ça a été reporté. Le texte était prêt par l'ancien ministre de l'Outre-mer il y a plus de dix jours. Oui, mais ils ont des remontées de terrain des élus locaux et peut-être qu'ils veulent le peaufiner. Je l'espère, j'espère que c'est de raison. Je n'ai aucun élément qui permet d'accréditer ce bruit de couloirs et ces rumeurs mais j'espère que ça ne serait pas le cas parce que ça serait très cynique et très inquiétant pour les maorais.
Le 8.30 France Info, Antoine Comte, William Guay-Costa. Thomas Ménager, porte-parole du Rassemblement national et député du Loiret. Vous êtes toujours avec nous dans le 8.30 France Info. On vient d'en parler. Le premier conseil des ministres a lieu ce matin du côté de l'Elysée. Qu'est-ce que vous en attendez et que doit dire Emmanuel Macron à ses ministres ?
Je ne sais pas si on peut en attendre grand-chose parce qu'il n'y a quasiment rien à l'ordre du jour. Il n'y a ni le budget ni la loi d'urgence sur Mayotte. C'est une réunion de l'ancien monde, une sorte de retour de l'UMPS où il y a des personnes qui se combattent faussement en période électorale pour souvent se rassembler au second tour, pour se désister les uns pour les autres, pour s'aider à garder le pouvoir. C'est un conseil des ministres pour rien ? C'est ce que vous dites ? S'il n'y a rien à l'ordre du jour, c'est une réunion sympathique. C'est un pot de rentrée de la nouvelle année où ils vont se souhaiter la nouvelle année.
J'aurais aimé qu'il y ait le budget parce qu'il y a urgence à ce qu'il y a de budget. J'aurais aimé qu'il y ait la loi d'urgence qui soit inscrite à l'ordre du jour de ce conseil des ministres pour que nous, nous puissions à l'Assemblée nationale, représentant du peuple, travailler au plus vite dans l'intérêt des Français globalement et notamment des Mahorais.
Vous parlez de l'Assemblée nationale. Le chef de l'État, dans son discours du 31 décembre, semble vouloir peut-être court-circuiter le Parlement en passant par le référendum. C'est ce qu'on a pu comprendre. Est-ce qu'utiliser le référendum, c'est quelque chose qui serait judicieux pour le Président de la République ? Est-ce que vous le soutiendrez dans ce cas-là ?
Nous, nous l'avons demandé à plusieurs reprises. Nous avions dit, et c'était une des mesures que Marine Le Pen et Jordan Bardella, lors des rencontres qu'il y a pu y avoir avec le Président de la République, avaient mis sur la table en disant quand il y a un blocage parce qu'il y a aujourd'hui un équilibre à l'Assemblée Nationale qui ne permet pas de dégager des majorités facilement, loin s'en faut, c'est de donner la parole au peuple. Et vous savez, c'est jamais concircuté les représentants du peuple élus par le peuple de demander directement au peuple sur un certain nombre de sujets sur leur opinion.
Aujourd'hui, nous, nous le revendiquons sur un sujet depuis de nombreuses années, mais il peut y en avoir d'autres. C'est la question d'un référendum sur l'immigration, donc sur un texte, sur une loi, comme on l'avait fait à l'époque du référendum. Mais la référendum, c'est validez-vous le projet de loi annexé comme on l'avait fait, vous savez, en 2005. Tout le monde nous pose à chaque fois la question. On ne l'avait pas fait, justement, en 2005. Voilà. Ça avait été... Si, si, il y avait eu un vote. On s'était assis sur le vote au moment du référendum et tous ceux qui, aujourd'hui, vont peut-être vouloir des référendums se sont assis dessus.
Donc, il y a ça où il y a 7 Français sur 10 qui attendent un référendum sur l'immigration en posant une question sur un texte précis avec des mesures précises. Et après, il y a d'autres sujets sur lesquels on peut le faire.
Oui, parce que l'immigration, on sait que c'est un petit peu un des thèmes phares du Rassemblement national. Mais un référendum sur quoi ?
Il pourrait y en avoir d'autres. La question des retraites, la question de l'abrogation de la réforme des retraites peut être aussi un autre sujet qui peut être mis sur la table quand aujourd'hui, tout est mis en place. Oui, mais tant mieux. Vous savez, moi, nous n'avons pas peur du peuple. Et tant mieux si les Français peuvent s'exprimer directement sur des sujets aussi clivants, aussi importants.
Mais je tiens à rappeler quand même qu'Emmanuel Macron nous a promis des dizaines de fois des référendums qu'en 2017, il s'était présenté en disant je respecterai le référendum sur Notre-Dame-des-Landes et quand il est arrivé, il a fait l'inverse des résultats du référendum de Notre-Dame-des-Landes. C'était un référendum local sur la construction d'un nouvel aéroport. C'était un référendum local. Non, mais pour information. Oui, oui, pour vos auditeurs. Mais c'était un référendum et il a fait l'opposé de la même manière qu'en 2005, on s'est assis sur les résultats. Donc si c'est un référendum, c'est pour écouter le peuple. Quand le peuple s'exprime, il faut l'écouter. Thomas Ménager,
un mot rapide sur ce « mea culpa », sur la dissolution d'Emmanuel Macron lors de ses voeux également. Vous le croyez sincère, le chef de l'État ? Vous savez, moi je ne suis pas là à sonder l'âme
du président de la République ou à faire la psychologie. Est-ce qu'il fallait le faire ? Le problème, le péché original, ce n'est pas la dissolution. De donner la parole au peuple, encore une fois, c'est une bonne chose. C'est que tous les alliés des Républicains aux Macronistes, à la France Insoumise, à la gauche, se sont désistés les uns pour les autres dans une grande partie unique qui va de Jean-Luc Mélenchon à Laurent Wauquiez en passant par Gabriel Attal et Édouard Philippe et qui a fait qu'il n'y a pas une majorité parce qu'ils se sont juste sauvés les uns les autres pour conserver le pouvoir.
Donc après, il devrait faire un « mea culpa » sur toute sa politique en matière de santé, en matière de pouvoir d'achat, en matière d'économie, en matière d'immigration et de sécurité qui malheureusement a été néfaste ces sept dernières années pour les Français. Si vous dites que la dissolution
n'était pas le péché originel, c'est peut-être parce que vous en espérez une quand ce sera de nouveau possible,
un an après la précédente ? On l'a dit, aujourd'hui, il n'y a pas 50 solutions. C'est-à-dire qu'il peut y avoir des référendums pour tenir un petit peu et faire en sorte que le pays avance. Il y a un remaniement, il faudra qu'il y ait un budget, on va tout faire de manière constructive mais vigilante dans le respect de nos électeurs avec ce nouveau gouvernement.
Il y a comme possibilité une dissolution qui pourra être possible qu'au mois de juin prochain et nous, on pense qu'aujourd'hui, vu ces trois blocs à l'Assemblée nationale, il faut aujourd'hui qu'il y ait une majorité mais il faudra peut-être préalablement qu'il y ait un changement du mode de scrutin pour être certain que les mêmes causes ne produisant pas les mêmes effets, il y ait une vraie majorité qui se dégage dans cette Assemblée.
Alors toi, Ménage, il y a peut-être une dissolution, on verra ça en juin ou en septembre mais quelle est désormais la stratégie de votre parti de l'Assemblée nationale à court terme ? Est-ce que vous allez vous comporter, désolé de le dire comme ça, mais de la même façon qu'avec Michel Barnier ? C'est-à-dire que vous regardez, vous jugez sur pièce et après vous censurez. Quelle est la différence finalement entre Michel Barnier et François Bayrou ?
Il n'y aura pas de différence de notre côté. Ce sera la différence de savoir si M. Bayrou, lui, sera différent de M. Barnier, c'est-à-dire qu'il ne sera pas dans un respect de façade mais au final, on veut vos voix, on veut votre absence de censure mais on ne veut pas du tout les mesures attendues par vos électeurs et donc on fait notre tambouille entre nous mais encore une fois, on n'écoute pas le premier groupe de l'Assemblée nationale.
Nous, on sera toujours dans une logique constructive mesurée et responsable parce qu'on n'a pas de majorité donc en demandant un certain nombre de lignes rouges que ce soit traité la question du pouvoir d'achat, l'absence de hausse d'impôts et de taxes sur les classes populaires et les classes moyennes, d'éviter d'augmenter le coût du travail dans notre pays parce que les entreprises ont des difficultés et on a déjà un coût de travail important et puis de faire des vraies économies structurelles pour réduire le déficit parce qu'il faut contrenailler la dépense publique.
Donc nous, on ne changera pas à savoir si ce gouvernement lui changera au moment du budget parce que la censure n'est pas une fin en soi. On souhaite qu'il y ait un budget pour notre pays. On fera tout pour mais la balle est dans le camp de M. Bayrou.
Merci Thomas Ménager d'avoir été avec nous député RN du Loiret porte-parole de votre parti. Merci Antoine Comte et merci à vous de nous avoir suivis. L'info continue sur France Info. Merci Antoine Comte
Thomas Ménagé