François Ruffin : ""L'honneur réclamerait qu'Emmanuel Macron pose sa démission"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 70 %Défensif 20 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
Je vous ai vu vous étrangler un peu sur les 211 milliards et la lecture de François Langlais.
- 0:44FerméeRéponse directe
Est-ce que vous faites partie de ceux qui vont mettre à coup sûr un clou sur le cercueil du gouvernement de François Bayrou le 8 septembre prochain ?
- 2:19OuverteRéponse directe
Mais la situation telle qu'elle est aujourd'hui, ça sera stop ou encore pour François Bayrou ?
- 2:27RelanceÉludée
Vous ne prenez pas la main tendue ? Ce n'est pas le moment d'essayer de mieux travailler avec lui ?
- 3:14OuverteRéponse directe
Vous n'écoutez plus François Bayrou, parce qu'hier il a dit qu'il voulait demander un effort spécifique aux hauts revenus.
- 3:55OuverteRéponse directe
Vu l'état du pays, vu les taux d'emprunt à 10 ans, qu'on fait déjà pire que l'Espagne, le Portugal et même la Grèce, il n'y a pas un moment où il faut que tout le monde se mette autour de la table ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:49Invité politiqueFait
« Oui, à coup sûr, oui, je refuserai la confiance au gouvernement Bayrou. »
- 1:01Invité politiqueFait
« Quand on décide, et évidemment c'est la mesure phare, d'aller chercher deux jours fériés sur les salariés, mais qu'on décide aussi d'aller chercher de l'argent sur les retraités, qu'on décide également d'aller chercher sur les malades longue durée »
- 1:55Invité politiqueChiffre
« Une baisse de 55 milliards, dont la baisse de l'impôt sur les sociétés, dont la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, dont l'instauration de la flat tax, et ainsi de suite. »
- 2:03Invité politiqueChiffre
« On arrive à 55 milliards de baisse d'impôt à l'arrivée. »
- 2:59Invité politiqueFait
« Pour vous, on est en 1788, on est à la veille de la révolution en France ? »
- 3:31Invité politiqueFait
« Le gouvernement Barnier, qui n'avait pas non plus ma grande sympathie sur le plan du fond, avait instauré un impôt exceptionnel de deux ans sur les grandes entreprises et sur les hauts revenus. »
- 3:46Invité politiqueFait
« Il a supprimé cet impôt exceptionnel qui devait durer deux ans et qui finalement n'a duré qu'une seule année. »
- 4:23Invité politiqueChiffre
« Les 500 fortunes qui représentaient 5% du PIB il y a 30 ans maintenant, qui représentaient 20% du PIB à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, qui aujourd'hui ont dépassé les 40% »
- 5:24Invité politiqueFait
« Je rappelle que le dernier budget en équilibre, c'est 1974. »
- 5:27Invité politiqueChiffre
« Jamais on a eu un déficit à hauteur de 5,8%. »
- 6:15Invité politiqueFait
« L'homme qui est le verrou qui empêche de mener une autre politique fiscale et qui souhaite faire une politique de l'offre en déversant des centaines de milliards comme il l'a fait sur les grandes entreprises et les grands patrimoines, sans que ça produise des effets. »
- 6:28Invité politiqueChiffre
« Parce qu'on a aujourd'hui une industrie qui est passée sous les 10% du PIB. »
- 8:10Invité politiqueFait
« Jamais la demande de logement sociaux n'était aussi importante dans notre pays. »
- 8:28Invité politiqueChiffre
« Quand on dit que sur les dix dernières années, il y a une baisse de 20% de la natalité »
- 9:54Invité politiqueFait
« On a l'impression d'une répétition de l'histoire, et 30 ans après, ce sont les Français qui viennent dire non au plan Bérou. »
Temps de parole
- François Ruffin81 %
- Présentateur15 %
- ?4 %
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Il est 7h42, l'invité d'RTL Matin. Ce matin, François Ruffin, député NFP de la Somme. Bonjour et bienvenue sur RTL, François Ruffin. Bonjour. Je vous ai vu vous étrangler un peu sur les 211 milliards et la lecture de François Langlais. C'est comme ça, on remet à peine les pieds sur le tarmac, qu'on a le
droit à un vote de confiance qui sera refusé à François Béroud d'un côté et ça secoue. Et puis pour se réveiller, on a aussi François Langlais. Je pense que vous devriez organiser un débat avec Fabien Gué, l'un des co-rapporteurs communistes du rapport. Et je pense qu'il ne voit pas dans le rapport ce que vous y lisez. Mais voilà, il est évident que c'est une source. Moi, j'ai toujours dit ciblage, on n'a pas de ciblage des aides. Contrepartie, contrôle. Aujourd'hui, ces trois choses-là n'existent pas.
Bon, François Ruffin, est
-ce
que vous faites partie de ceux qui vont mettre à coup sûr un clou sur le cercueil du gouvernement de François Bayrou le 8 septembre prochain ?
Oui, à coup sûr, oui, je refuserai la confiance au gouvernement Bayrou. Donc vous voterez contre ? Je voterai contre, pour des raisons d'évidence qui sont d'abord l'injustice du plan Bayrou. Quand on décide, et évidemment c'est la mesure phare, d'aller chercher deux jours fériés sur les salariés, mais qu'on décide aussi d'aller chercher de l'argent sur les retraités, qu'on décide également d'aller chercher sur les malades longue durée, et que dans le même temps, pendant tous ces mois, on ne renonce pas le mot dividende,
on
ne prononce pas le mot patrimoine,
on
ne prononce pas le mot héritage, on ne prononce pas le mot profit et qu'on n'en fait pas la priorité, quand on sait qui sont les grands gagnants de la politique d'Emmanuel Macron depuis 8 ans maintenant, c'est une évidence qu'on a là une politique qui est foncièrement injuste. Donc vous allez vous ranger du côté du chaos, comme l
'a
dit François Bayrou ? Vous savez, les hommes du chaos, ils sont aujourd'hui au gouvernement et il est à l'Elysée. Jamais dans notre pays, on a creusé le déficit public de cette manière-là. Comment ils l'ont fait ? Comment a fait le Mozart de la finance ? Il ne
l
'a pas fait en augmentant les dépenses de l'État, il l'a fait en baissant les recettes. Une baisse de 55 milliards, dont la baisse de l'impôt sur les sociétés, dont la suppression de l'impôt de solidarité sur la fortune, dont l'instauration de la flat tax, et ainsi de suite. On arrive à 55 milliards de baisse d'impôt à l'arrivée. Il y a eu un rapport, une commission d'enquête qui avait été lancée sur la dette publique, à laquelle j'appartenais, et les économistes qui définaient, venant nous dire que le problème, ce n'est pas la hausse de dépenses de l'État, c'est la baisse des recettes de l
'État.
Mais la situation telle qu'elle est aujourd'hui, il
y
a ce rendez-vous du 8 septembre, ça sera stop ou encore pour François Bayrou, il a dit qu'il était prêt à se battre comme un chien pour convaincre. Vous ne prenez pas la main tendue ? Ce n
'est
pas le moment d'essayer de mieux travailler avec lui, peut-être même de lui mettre la pression, puisqu'il joue son poste ? Il a eu des mois et des mois
pour faire de la justice fiscale sa priorité. Vous savez, moi je considère... Mais trop tard ! En 1788, la France avait à l'époque un immense déficit, le roi avait creusé les caisses, pourquoi ? Parce qu'on avait mené la guerre d'indépendance aux côtés des États-Unis contre notre ennemi héréditaire, l'Angleterre. Et à ce moment-là, le roi décide de mener les États généraux, qui... Pourquoi ? Parce qu'à l'époque, on a à la fois le clergé et l'aristocratie qui refusent de payer. Pour vous, on est en 1788, on est à la veille de la révolution en France ? Je ne lis pas dans une bouche de cristal.
En rejoint, je sais qu'on est dans la même situation sur le plan fiscal et sur le plan d'un blocage sociologique.
C
'est-à-dire qu'aujourd'hui, ceux qui ont l'argent refusent de payer. On peut penser
au GAFAM en
particulier. J'ai l'impression que vous
n'écoutez plus François Bayrou, parce qu'hier,
il
a dit qu'il voulait demander un effort spécifique aux hauts revenus. Ça doit vous parler, ça. Il a eu
des mois pour nous proposer ça. Il a eu des mois pour mettre comme priorité la justice fiscale. Il ne l'a pas fait. Et même quand il dit ça, ça reste très flou et très vaille. Le gouvernement Barnier, qui n'avait pas non plus ma grande sympathie sur le plan du fond, avait instauré un impôt exceptionnel de deux ans sur les grandes entreprises et sur les hauts revenus. Ça ne vous a pas empêché de le faire tomber ? Mais qu'a fait le gouvernement Bayrou ? Il a supprimé cet impôt exceptionnel qui devait durer deux ans et qui finalement n'a duré qu'une seule année.
Mais ça, s
'il vous disait, on y va, on le remet pour une année supplémentaire, non,
c
'est pas... Vu l'état du pays, vu les taux d'emprunt à 10 ans, sachant qu'on emprunte quasiment au même coût que l'Italie, qu'on fait déjà pire que l'Espagne, le Portugal et même la Grèce, il
n
'y
a
pas un moment où il faut que tout le monde se mette autour de la table et que vous discutiez ? Je vous dis,
M. Soto, que je suis prêt à discuter avec n'importe qui qui fera de la justice fiscale de sa priorité. C'est-à-dire qu'il dira que dans son budget, suite à son budget, dans notre pays, le capital sera taxé au moins à l'égal du travail. Et qu'est-ce qui se passe après ? Et que dans notre pays, les 500 fortunes qui représentaient 5% du PIB il
y
a 30 ans maintenant, qui représentaient 20% du PIB à l'arrivée d'Emmanuel Macron au pouvoir, qui aujourd'hui ont dépassé les 40%, que ces 500 fortunes seront au moins taxées à l'égal de vous, du vigile qui se trouve à l'entrée. Aujourd'hui, on est dans un pays où ces gens-là payent à peu près deux fois moins d'impôts en proportion que la femme de ménage qui va venir s'occuper de
ce sujet.
Qu'est-ce qui
se
passe le 9 septembre,
une fois que le gouvernement est
tombé
?
Eh bien, c'est le président de la République qui a malheureusement la main. Moi, je crois que sa responsabilité est engagée.
Ça veut dire quoi ? Parce
que quand vous parlez du chaos tout à l'heure...
C'est pas moi, c'est
François Bayrou.
Quand vous reprenez les mots de François Bayrou à propos du chaos, mais le chaos, l'homme du chaos, c'est le premier, c'est Emmanuel Macron. Ça veut
dire quoi ? Qui doit partir
?
Un chaos
social installé avec les gilets jaunes, les réformes sur les retraites, un chaos budgétaire, je l'ai dit, imaginez que ce soit la gauche qui ait creusé, le déficit de cette manière-là.
Elle a ça pas, François Bayrou l'a dit,
tout le monde.
Je rappelle que le dernier budget en équilibre, c'est 1974. Jamais on a eu un déficit à hauteur de 5,8%. Si la gauche faisait ça, on n'accepterait pas ça.
Il y aurait tous les jours des éditorialistes qui
reviendraient dire, c'est le Titanic, c'est tragique. Enfin, chaos politique, on a un Emmanuel Macron qui l'an dernier a opéré une dissolution improvisée. Et je dis, sur cette
question de la justice fiscale... Attendez, je voudrais juste qu'on aille au bout d'une idée quand même. Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron doit partir
?
Oui. Je pense que l'honneur réclamerait qu'il pose sa démission, qu'éventuellement il se représente à nouveau devant les Français pour réclamer leur confiance. Il l'a abîmé au fil de ces huit années. Et je le dis qu'aujourd'hui, quand on réclame la justice fiscale dans notre pays, le verrou se trouve à l'Elysée. C'est Emmanuel Macron qui mène... Donc vous dites, attendez,
pour qu'on comprenne bien. Je vais ouvrir
mon idée à moi. L'homme qui est le verrou qui empêche de mener une autre politique fiscale et qui souhaite faire une politique de l'offre en déversant des centaines de milliards comme il l'a fait sur les grandes entreprises et les grands patrimoines, sans que ça produise des effets. Parce qu'on a aujourd'hui une industrie qui est passée sous les 10% du PIB. Donc en plus ça ne marche pas. L'homme qui est un verrou pour que soit menée une autre politique dans notre pays, une autre politique fiscale, une autre politique économique, c'est Emmanuel Macron.
Est-ce que vous soutenez Jean-Luc Mélenchon qui veut lancer une procédure de destitution ?
Ça peut être l'un des outils dont on sait que, comme il faut deux tiers des parlementaires à la fois à l'Assemblée nationale et au Sénat, elle n'aboutira pas. Donc la clé est entre les mains d'Emmanuel Macron, qui, je pense, devrait de lui-même poser sa démission dans la balance. Et une dissolution, vous y êtes favorable ou pas
?
C'est une clé... Je pense que le mandat qui est en jeu, c'est celui du Président de la République, plus que celui des députés, qui vient d'être renouvelé l'année dernière. Mais vous savez, moi ce qui m'apporte, c'est comment on fait pour rouvrir une espérance dans notre pays ? Comment on fait pour rouvrir un horizon ? Et ce que je vois de désespérant dans la politique menée ces dernières années, c
'est que non seulement
elle est injuste, mais en plus,
elle ne répond pas à une question fondamentale.
Ce n'est pas l'ensemble de
la classe politique incapable de se mettre autour d'une table, de discuter
de droite, de gauche, du milieu et d'ailleurs... Rassembler
autour de cette table n'importe qui qui est d'accord pour que la priorité soit mise à la justice fiscale et à ce que le capital soit taxé à l'égal du travail, et je ferai... Mais vous savez,
l'inquiétude qui ronge
les Français, c'est de se dire, je vis moins bien que mes parents, et demain mes enfants vivront encore pire.
L
'inquiétude
qui ronge les Français, vous parlez du Titanic, c'est qu'ils ont l'impression que la classe politique aujourd'hui, c'est l'orchestre qui joue, non ? Pendant que le bateau sombre.
Écoutez, moi je ne joue pas, d'accord ? Moi je vois les soucis de logement par exemple, qu
'ont
en particulier les gens. Vous savez, jamais la demande de logement sociaux n'était aussi importante dans notre pays.
Oui, mais pour tout ça, j'entends bien,
mais pour tout ça, il faut un gouvernement, quel qu'il soit. Est-ce que par exemple Emmanuel
Macron... Non, pas
quel qu'il soit justement, parce qu'il nous faut un gouvernement qui se dise, ok, on règle la question budgétaire, mais il y a d'autres phases du redressement. Il y
a
un redressement industriel qui est nécessaire, et il
y
a un redressement en termes de logement par exemple. Quand on dit que sur les dix dernières années, il y a une baisse de 20% de la natalité, la première cause chez les jeunes couples, c'est de
se
dire, qu'est-ce qu'on va faire en matière
de logement ? Si Emmanuel Macron
vous proposait de former un gouvernement,
est
-ce que vous étudieriez la question, vous
?
Écoutez, je pense que l'hypothèse n
'est
franchement pas sur la table, et je vous dis, je refuse de... Qui a Matignon après Bayrou ? Je vous dis, n'importe qui,
je
ne me place pas dans le jeu des petits noms et de petites ambitions. Ce n
'est
pas un jeu, ce
n
'est pas un jeu. N'importe qui, du moment que la première chose qui est posée sur la table, c'est la question de la justice fiscale. De dire, on va demander aux Français des efforts. Il y a deux conditions pour moi pour ça, pour qu'il
y ait
des efforts qui soient demandés aux Français. C'est que ça se soit des efforts qui soient faits dans la justice, que les petits payent petits et que les gros payent gros, et qu'on n'est pas à l'inverse un pays où c'est les petits qui payent gros et les gros qui payent petits. C'est la première chose. Et la deuxième chose, c'est que ça rouvre un horizon, qu'on dise aux Français, voilà l'effort que vous allez faire, mais voilà pour quel réconfort, parce que votre pays va mieux se porter, parce que vous allez pouvoir mieux vous loger, mieux vivre, simplement vivre de votre travail.
Bloquons tout, ça a encore un sens le 10
septembre
? Écoutez, moi je pense que notre rôle est de débloquer tout dans le pays, mais évidemment... Vous êtes plus débloquons tout que bloquons tout ? Je pense qu'il nous faut un débloquons tout, mais vous savez ce qu'il faut débloquer ? C'est ce disque rayé qui circule depuis 40 ans, et qui fait qu'on nous dit concurrence, croissance, mondialisation, marché, et que c'est un mantra qui est aujourd'hui mort. Il y a 30 ans déjà, on était en 1995, et il y a 30 ans déjà, les Français disaient non à ça, ça s'appelait le plan Juppé. On a l'impression d'une répétition de l'histoire, et 30 ans
après, ce sont les Français qui viennent dire non au plan Bérou.
de revivre ce qu'on a
vécu il y a un an. Merci François Ruffin. Parce que les
politiques ne changent pas d'orientation, alors il y a un désir profond chez les Français d'en changer. Regardez,
il
est là,
avec des oreilles, il va vous
donner son regard sur tout ça. A tout de suite.
François Ruffin