35e édition de la Journée du Livre Politique - remises de prix | Évènements
Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
Bonjour à tous. Bienvenue aux téléspectateurs d'CP Canal 8 qui viennent de nous rejoindre pour suivre en direct les remises de prix de cette 35e édition du livre politique ici à l'Assemblée nationale. On va commencer pour remettre le prix des députés.
Trois députés vont faire les loges des trois livres en compétition aujourd'hui et puis ensuite on aura le lauréat tout à l'heure. On va suivre évidemment tout ça en direct. propose à Alexis Corbière de commencer son éloge du livre de Denis Baranger Olivier Beau, la dissolution de la 5e République.
On vous écoute. Je vous cède ma place tout de suite. Bonjour à toutes et tous.
Il va de soi que les loges que je fais de cet ouvrage tiens quand même à saluer les trois ouvrages qui sont finalistes de grande qualité, que ce soit celui de Marc Lazar, de Gérald Berner ou celui que je présente donc qui a pour titre la dissolution de la 5e République et qui est l'auteur et qui a pour auteur Denis Baranger et Olivier Beau. La question est simple, je vais la faire de manière un peu légère. Peut-on faire une bonne musique avec de mauvais instruments ?
Peut-on faire de la bonne cuisine avec de mauvais ingrédients ? Et peut-on faire s'épanouir la souveraineté populaire ? En particulier dans une République, peut-on faire s'exacerber la démocratie dans des institutions qui peut-être, et vous me connaissez, c'est mon analyse, en réduise l'expression.
La question ne se résume pas peut-être seulement à la pratique des institutions, mais institutions elles-mêmes, mais l'ouvrage que je tiens à à présenter avait pour principale qualité, de mon point de vue, mais aussi je crois de beaucoup de collègues qui composent ce jury, c'est le sujet qui l'abord, la question de nos institutions. Il ne s'agit pas là d'un hors sujet par rapport aux préoccupations qui concernent les Français, préoccupation sociales, préoccupation écologique, mais je crois que cela fait partie du cœur du problème. Précisément, bien souvent, je fais partie de ceux qui pensent que ce qui exacerbe les difficultés que nous rencontrons trouve naissance dans ces institutions.
Donc, débattre de nos institutions, c'est pas un à côté des problèmes, c'est sans doute le problème, la grande question. Et c'est pourquoi je suis pleinement reconnaissant à nos deux auteurs d'avoir permis par cet ouvrage, ils ne sont pas les seuls de nous proposer un ouvrage sérieux, non pas aride mais sérieux. Il s'agit de deux juristes qui de manière rigoureuse essaient d'apporter un regard sur l'état de nos institutions.
Bien sûr, il a pour point de départ la dissolution du 9 juin 2024 et ses conséquences. Euh peut-on considérer qu'il y a là quelque chose qui était un phénomène politique courant ? Non, évidemment.
Et nos deux auteurs dans cet ouvrage nous disent cette phrase, je les cite, "Il apparaît certain que la dissolution du 9 juin 2024 a été autant un séisme politique qu'une cisure dans l'histoire constitutionnelle de notre pays. C'est donc un événement majeur qui mérite d'être analysé pleinement, pas seulement pour le fait historique le représente, mais pour la séquence politique qu'il ouvre. Comment permettre donc dans ce cadre-là que la pleine expression populaire se retrouve et s'exprime à tout moment ?
C'est je crois une grande question. Nous sommes aujourd'hui dans ce que je considère comme étant un moment où c'est sans doute ce que j'appellerai pardon la formule le piège du présidentialisme qui nous pose une difficulté. Nous sommes dans un moment où notre vie démocratique, je dis cela à 1 an d'une élection présidentielle, se résume peut-être trop souvent à la recherche du grand personnage, souvent le grand homme qui apportera la réponse que recherchent les Français.
Et je crois que ce rapport aux électeurs infantilise chacun d'entre nous. Nous devons donc réfléchir à tout moment sur qu'est-ce qui permet non pas que la prochaine élection présidentielle soit le moment où le peuple soit convoqué pour choisir son prochain souverain mais permettre toutes les conditions que dans l'élection qui vient le prochain souverain qui sera désigné soit respectueux du peuple et que en 5e et qu'en République le souverain reste le peuple. C'est cette question.
Dans ce livre de nos deux auteurs, il y a cette phrase également qui considère que finalement, ils le disent avec une forme d'ironie, comment faire une start-up nation avec un monarque d'ancien régime ? Le propos est cruel envers le président actuel, mais c'est le fond de la question, me semble-t-il. Y a-t-il seulement dans la pratique de la 5e République un problème ou y a-t-il dans nos institutions elles-mêmes quelque chose qui doit être pensé ?
Évidemment, pour ma part, je suis favorable à un changement de régime, à passer à une 6e République. Ça n'est pas le cas de nos deux auteurs. C'est peut-être un petit regret que je leur ferai, mais ils ont l'honnêteté de dire que ça n'est pas leur rôle d'apporter ça.
Je leur dirai, n'hésitez pas à faire prochainement un tome 2 qui nous permettra à chacun d'entre nous de réfléchir là-dessus. Mais voilà, tout simplement la commande était de faire bref tout mon remerciement que j'apporte à ces deux auteurs. D'abord pour la rigueur de leur analyse, le regard critique qu'ils apportent là-dessus, les difficultés, parfois le regard désabusé des juristes qu'ils ont sur ce qui s'est produit.
Je le dis devant madame la présidente de l'Assemblée nationale leur interrogation sur le fait que la Constitution qui demande à ce que normalement le président du Sénat et la présidente de l'Assemblée nationale soit consulté et non seulement informé de la dissolution. Sans doute que ce ne fut pas le cas. C'est ce que vous nous dites à juste raison et des problèmes que cela pose mais je veux pas par gourmandise en dire trop.
Vous aurez compris mon propos. Je remercie nos deux auteurs de permettre et j'invite chacun à lire leur ouvrage que nous réfléchissions désormais tous ensemble comme citoyens sur l'état de nos institutions et je le vous l'aurez compris de ma part sur l'appel qu'il y a à permettre qu'elle change afin que notre peuple soit pleinement souverain et que la grande promesse de la République qui réaffirme que le seul souverain si chacun d'entre nous soit respecté dans la période qui vient. Je vous remercie.
Merci beaucoup Alexis Corbière pour cet éloge, cette plaido Aole Duvart, vous venez à présent présenter le livre de Gérald Broner à l'assaut du réel en 3 minutes s'il vous plaît pour qu'on puisse tenir notre en 3 minutes et inviter à nous exprimer devant un souverain qui par le passé a eu l'autorité de couper la parole à Hugo Chavez d'un tenuit truant Caaté. Je ne m'aventurerai pas à dépasser les 3 minutes. Euh simplement pour rendre hommage à Gérald Broner et à son livre À l'assaut du réel qui dont sans trahir le secret des délibérations, nous pouvons tous dire qu'il nous a énormément mobilisé, interpellé à la fois d'abord parce que en tant que député, nous sommes témoins, parfois victimes des symptômes qu'il décrit sur la délicence du débat public.
Euh et c'est vrai que euh y compris lors de ces campagnes électorales récentes, nous avons tous été témoins euh de situations, de propos que nous avons lu, entendu de la part de nos concitoyens ou vu sur les réseaux sociaux et qui il y a quelques temps encore auraient relevé de la fiction complète. Euh il y a là quelqu un phénomène étrange de sur quant à la réalité qui nous interpelle en sachant que ce livre avait quand même été écrit avant euh la locution du président des États-Unis depuis le balcon de la Maison Blanche à côté d'un lapin géant de pâqu euh où il nous a livré son analyse de la situation internationale. Donc la fiction aujourd'hui dépasse la réalité et ça fait partie des motifs d'inquiétude profond animent.
La le 2e motif qui nous a interpellé, c'est que en tant que député, nous sommes les acteurs d'une vie politique française qui dans sa capacité à nier la réalité euh enregistre chaque jour des performances significatives euh avec une objection immédiate dans nos débats, c'est de savoir qu'est-ce qu'il y a de nouveau finalement dans ce que nous vivons aujourd'hui par rapport à ce que nous avons vécu à travers l'histoire. Et il suffit de relire nos grands écrivains, nos économistes, nos dirigeants, parfois aussi nos journalistes dans l'histoire de France pour voir que cela fait des siècles et des siècles que nous sommes nombreux en France et notamment ici à Paris à considérer que la réalité est un concept forgé par des gens qui ne pensent pas comme nous pour essayer de nous inhiber dans nos désirs de réformer l'univers et de remodeler le genre humain selon nos convictions, c'est-à-dire généralement à notre propre image. Et cette conviction là, elle nous a évidemment amené à nous demander ce qu'il y avait de nouveau.
Mais c'est là la force réelle de ce livre, c'est d'avoir mis en regard un phénomène qui s'appelle les réseaux sociaux qui ne sont pas régulés, qui amènent à des phénomènes excessifs et étranges avec la conviction que rien de tout ce que nous voyons dans le débat public et dans ces excès n'aurait été possible s'il n'y avait pas d'abord au niveau des idées même de la psychologie et des représentations du peuple français un une tendance à l'individualisme, au court termisme, au repli sur soi, à l'identitarisme qui rend finalement possible l'ensemble de ces dérives. Et c'est là la la grande force de ce livre avec une mécanique d'accumulation de saturation qui finalement amène parfois une lecture très pessimiste de des dangers qui pèsent sur la démocratie mais aussi un sentiment de révolte et pour ma part à chaque fois que je l'ai relu, j'y ai retrouvé des choses nouvelles, d'ailleurs le propre des grands ouvrages, mais aussi une perpétuelle un renouvellement de la conviction qui doit être la nôtre de nous battre pour la démocratie et pour l'émancipation de l'esprit humain par la l'éducation, la culture. Donc vive la République et vive la France.
Merci beaucoup à présent Isabelle Roche pour pour l'amour du peuple de Marc Lazar. On vous écoute. Merci.
Et toujours pour 3 minutes, mais les 3 minutes parlementaires pour certains c'est un peu plus. C'est 3 minutes 3 minutes par non, je sais mais c'était de l'humour puisque quelques nous avons tendance peut-être un peu déborder mais c'est aussi euh parce que nous avons été convaincus et enthousiasmés par la sélection et par ce que nous avons pu faire. Donc vraiment félicitations aux trois finalistes puisque c'était vraiment des ouvrages de grande qualité.
Mais 3 minutes pour prononcer un éloge effectivement c'est peut-être un peu court surtout quand on doit le faire pour l'amour du peuple de Marc Lazar. un livre danse mais un livre qui arrive au bon moment, un livre qui arrive au moment exact où on en avait besoin peut-être sans le savoir mais il est là. Mais je dois vous avouer quand même quelque chose parce que ce n'est pas l'héritage graphique de la blanche et sa densité propre à l'héritage de la Nouvelle Revue française qui nous a d'abord convaincu.
Mais il faut savoir passer outre le confort de lecture pour s'attacher à une autre densité, celle du propos. Et quel propos ? Nous vivons une époque où le mot populisme est devenu une arme.
On l'agite, on l'accuse, on s'en défend. Mais qui prend vraiment le temps de le comprendre ? Marc Lazar lui l'a fait avec la rigueur d'un historien, la profondeur d'un sociologue et c'est plus rare la clarté qui respecte son lecteur.
Et ce livre a posé une question presque vertigineuse parce que con en commun boulanger et Marine Le Pen, les maoïstes et les gilets jaunes, Mélenchon et Bernard Tapi, les êtres qui se détesteraient et pourtant il partagent une même logique, l'exaltation d'un peuple uni face à des élites rejetées en bloc. Et c'est précisément ce continuum historique, cette ligne souterraine qui relie des épisodes en apparence disparate qui éclaire avec une force saisissante la période que nous vivons aujourd'hui. Mais Marc Lazar refuse la facilité du concept fourtou.
Il nous avertit d'emblé. La science politique distingue et même oppose les différentes façons de définir le populisme idéologie stratégie phénomène culturel. Le chercheur étant quasiment appelé à choisir son camp.
Or précisément Marc Lazar refuse de choisir. Pour lui, le populisme est un syndrome à la fois une idéologie, une stratégie, un style, une entreprise de mobilisation culturelle, pas l'un ou l'autre. Les trois à la fois à des degrés variables selon les cas.
Et justement, je le cite, il n'existe pas de populisme pur. Chaque manifestation est polymorphe, fluide, graduelle. Ce n'est pas une étiquette qu'on colle, c'est une dynamique qu'on doit décrypter.
Et quand elle prend durablement racine, elle forme un système de croyance, un narratif cohérent, un discours performatif, un discours qui ne décrit pas le monde mais qui le transforme. Car le populisme nous enseigne ce livre n'est pas l'apanage de quelques formations politiques identifié comme tel. Il est dépend entier de notre vie politique et il me semble caractériser l'une des principales difficultés de notre mandat.
Comment faire partager la complexité ? Comment ne pas tomber dans la facilité d'une explication simple et binaire du monde quand tout se révèle si compliqué, si interdépendant ? C'est la tentation permanente et Marc Lazar aide à la nommer pour que nous puissions nous mieux lui résister.
Marc Lazar ne prend pas partie mais il nous aide à nous forger notre opinion et l'auteur nous donne les outils effectivement pour voir cette dynamique à l'œuvre des deux côtés du spectre politique sans œillère idéologique. Dans un paysage intellectuel souvent partisan. C'est un acte de courage autant qu'un acte de méthode.
Et pour conclure, je dirais qu'au fond, ce qui rend ce livre si précieux pour nous et qui nous a amené à débattre vraiment euh longuement aujourd'hui, c'est qu'il nous aide à mieux voir notre démocratie. ces tensions profondes, ces frustrations récurrentes, ce décalage qui se creuse entre les institutions et les citoyens. Comprendre le populisme, c'est comprendre ce que la République n'a pas encore résolu.
Et donc Marc Lazar nous a donné un livre dont on aura besoin encore très longtemps. Merci. Vous avez donc salué les grandes qualités des trois ouvrages en compétition, mais il faut annoncer un lauréa et c'est la présidente de l'Assemblée nationale Yel Brunet qui va l'annoncer.
Merci. Merci. Je vais refaire quelques salutations votre majesté.
Mesdames et messieurs les ministres, premiers ministres, mesdames et messieurs les parlementaires, madame la présidente du jury du prix du livre politique, mesdames et messieurs les membres du jury, monsieur le vice-président de lire la société, mesdames et messieurs les auteurs, éditeurs, journalistes, mesdames et messieurs, lire c'est boire et manger. L'esprit qui ne lit pas maigrit comme le corps qui ne mange pas. Alors, ça n'est pas de moi, c'est un de nos anciens collègues députés, un certain Victor Hugo.
Et en effet, pour filer cette métaphore gastronomique, le menu de cette 35e journée du livre politique se révèle une fois de plus fort appétissant. Toutefois, du rallex, il ne peut y avoir qu'un vainqueur pour notre prix des députés. Avant de dévoiler le lauréat, je voudrais remercier les équipes de lire la société et vous cher Lu Perot pour le succès de cette 35e édition anniversaire.
Je voudrais également évidemment remercier les membres du jury. Nos délibérations ont été apresées. Nous avons beaucoup échangé et nous avons décidé de d'attribuer ce prix des députés 2026 à messieurs Denis Barranger et Olivier Beau pour leur livre La dissolution de la 5e République.
Alors je vais dire un mot et je passe la parole à D'accord. Restez avec moi. Alors cher Denis Barranger, cher Olivier Beau, mon collègue Alexis Corbière a d'ors et déjà dressé les loges de votre livre, mais vous m'en permettrez d'en rajouter un petit pot, car je partage en de nombreux points votre constat sur les institutions.
Tout d'abord, cette fameuse dissolution, tu en as parlé Alexis le 9 juin 2024, une information, une consultation, un échange. Nous en avons beaucoup parlé, mais ce qui est sûr, c'est qu'effectivement le moment où nous en avons discuté avec le président de la République était un moment où la décision avait été prise et donc il n'y a pas eu de consultation dans le sens que l'on pourrait attribuer à ce terme qui est un moment d'échange pour se forger une opinion et prendre une décision. Et nous pouvons le regretter puisque nous deux, le président du Sénat et moi-même, en tant que président du Parlement, nous avions une relation intime avec la vie politique de notre pays et je suis convaincu que nous avions une vision à partager qui n'était pas celle qui a conduit le président de la République à prendre cette funeste décision.
Alors effectivement notre régime parlementaire est en souffrance pour autant pour autant nous devons le préserver parce que ici c'est la maison du peuple c'est la maison où délibèrent les représentants du peuple c'est le cœur battant de notre démocratie et lorsque l'on voit ce qu'il se passe dans le monde aujourd'hui nous voyons que nos démocraties sont questionnées nous voyons que nos démocraties sont en danger Et nous devons veiller, quel que soient nos partis politiques, queles que soient nos convictions, à préserver au maximum la vie démocratique dans notre pays et donc l'Assemblée nationale que j'ai l'honneur de présider aujourd'hui. Donc merci pour votre regard, merci pour vos apports et je crois que c'est en croisant ces regards que nous pourrons rendre notre démocratie plus forte et faire que l'Assemblée nationale continue à remplir ces missions essentielles dans l'intérêt de chacun de nos concitoyens. Bravo à vous.
Bravo ! Encore bravo. Alors, je vais vous laisser passer.
Allez-y. Bien, il y avait une chance sur trois donc j'ai essayé de préparer un discours au cas où. Le paradoxe, c'est que nous sommes deux auteurs et il n'y a qu'un seul auteur ici présent, Olivier Beau.
Denis Barranger n'a pas pu être présent malheureusement donc il m'a chargé de le représenter et son absence est d'autant plus paradoxale que c'est lui qui a eu l'idée du livre qui a été si on peut dire dans la figure du tandem. C'est lui qui était devant et qui pédalait et qui tenait le guidon et j'étais derrière. Et donc c'est pourtant moi qui l'honneur et la chance de recevoir ce prix.
Mais évidemment je vais parler en are nom. Je serai bref, mais vraiment bref parce que je dois d'abord évent exprimer des remerciements. Remerciement évidemment au jury, aux membres du jury de nous avoir décerné ce prix très prestigieux euh qui va à des universitaires qui écrit essai grand public.
Donc ça nous touche beaucoup. Remerciement aussi à notre éditeur les petits matins, son directeur Olivier Souzinger et à notre éditrice Aaldia Lacos qui est se présente qui nous ont accepté alors que rare que les juristes puissent accéder à des grands auteurs éditeurs grand public parce que les universitaires et les juristes ont la réputation d'être ennuyeux donc il a fallu essayer d'être vivant et donc on leur on leur est très reconnaissant d'avoir donné cette chance. On est aussi très reconnaissant à Thierry Pêche qui nous a mis en contact avec les petits matins et donc qui a permis l'éclosion de ce livre.
Et puis aussi, on est très reconnaissant aux membres de notre université, l'université Paris Panté à SAS, anciennement Paris 2, à tous ceux qui travaillent dans l'ombre, c'estàd qui font ce travail administratif qui est très lourd à l'université, qui permettent à des gens comme nous d'écrire des livres. Et si on écrit des listes, c'est parce queil y a des gens qui travaillent pour nous, qui nous déchargent de toutes ces obligations et qui nous ont permis d'avoir 2 mois tranquilles pour écrire ce livre qu' en général c'est très difficile à avoir. Et puis également, je voudrais inciter les juristes, les universitaires à faire ce qu'on a essayé de faire, c'est on a essayé de faire la vulgarisation scientifique, la vulgarisation du droit constionnel, ça va utiliser notre savoir en tant qu'universitaire mais au profit du grand public.
Et ce que font souvent les les juristes, les universitaires anglo-saxon qu'on fait rarement en France et j'invite donc tous les juristes ici présents ou qui nous écoutent à tenter cette expérience qui s'avère en tout cas fructueuse dans ce cas présent. Et là je parlerai pour finir un titre plus personnel. Donc Denis Baranger n'est pas impliqué et engagé par mes propos.
Je profite de cette tribune pour alerter les élus de la nation sur la situation catastrophique des universités françaises. Nous sommes très mal traités. Nous sommes très mal traités.
Il y a l'enseignement privé supérieur qui est souvent de mauvaise qualité qui gagne de plus en plus de pourcentage dans les étudiants qui malheureusement vont étudier et payer cher ces mauvaises formations. Et à l'université, on nous demande un paris impossible, recevoir de plus en plus d'étudiants avec de moins en moins de moyens. Ce qui fait qu'aujourd'hui, il faut le savoir, les universités coupent dans ce qui est le plus essentiel, c'est le recrutement des professeurs des ma de conférence.
Et ce message s'adresse aussi à tous nos docteurs doctorants qui n'ont pas de poste alors qu'ils sont brillants. Permettez-moi donc de alerter l'opinion publique puisque j'ai cette tribune sur cette situation catastrophique qui est l'opinion publique est totalement indifférente à ce point. Donc je profite de cette tribune et je m'arrête là et je vous remercie tous de votre attention.
Merci et félicitations. Le prix spécial à présent. J'ai l'honneur d'accueillir Agnette Viviorka.
Vous êtes présidente du jury du prix du livre politique et grande historienne. Je vous laisse. Merci.
Merci un petit peu parce que je suis pas très très grande. Votre majesté, je prononce ces mots pour la première fois. Quelle situation étrange !
Une historienne dont le père a été naturalisé seulement au début des années 60 remet le prix spécial du jury du livre politique un roi dans les locaux de l'Assemblée nationale né de la révolution française qui fut régicide. Mais l'ouvrage écrit par sa majesté Ran Carlos avec la collaboration de sa biographe et amie Laurence de Bré s'intitule réconciliation. Une leçon.
Notre jury a unanimement aimé votre livre pour ce qu'il apporte à la connaissance de la grande histoire. Il éclaire deux moments où Ron Carlos désigné par Franco comme son successeur joua le rôle décisif dans le passage de l'Espagne d'une dictature à la démocratie. Le roi y explique en détail comment les institutions franquistes ont été démantelées l'une après l'autre sans purge.
Comment le choix fut fait de ne pas rouvrir les blessures combien profondes de la guerre civile ? Comment fut construite une nouvelle Espagne sans traumatisme radical ? roi des démocrate, Juan Carlos fut mis à l'épreuve la nuit du 23 février 1981, le 23F, quand suivant ces termes et je vous cite, des militaires ont tenté de bafouer par les armes la jeune démocratie espagnole mon œuvre.
Une nuit de cauchemar à laquelle il mit fin avec un exceptionnel courage. J'ai choisi de relever dans ces mémoires trois moments symboliques qui me sont chers. avec la passionaria d'abord une légende du camp républicain avec son inusable na passarane.
La seule députée élue en 1936, réélu en 1977, revenue de son exil en Union soviétique et qui ouvrit la session du premier parlement démocratiquement élu. Imaginez la scène et je cite un roi nommé par Franco au côté de la plus revêche des staliniennes avec Gernika. Une commande du gouvernement républicain pour l'exposition universelle de 1937 pain à Paris de retour en Espagne en 1981 sant la normalisation démocratique.
Enfin la réconciliation amorcée en 1992 500 ans après que les juifs ont été contraints à l'exil ou à la conversion. Les sepharades ne sont plus des espagnols sans terre, a annoncé le roi. Et de préciser que 20 ans plus tard, une loi permettra la diaspora sifarade de demander la nationalité espagnole et d'acquérir en même temps un passeport européen puisque c'est encore sous le règle de R Carlos que l'Espagne est entrée dans l'Europe.
Les rois ne se confient pas. Leur secret reste enfui dans la pénombre des palais. Sa majesté Rine Carlos n'a pas respecté le conseil de son père pour notre plus grand bonheur.
Car ces mémoires ne sont pas seulement des mémoires politiques. Un homme sensible s'y découvre. Une vie marquée par les exils, les séparations, par un sentiment récurrent de grande solitude.
C'est ce mélange dans le récit quand la quotidienneté d'une vie d'une vie où chacun peut se reconnaître joue le destin d'un pays qui procure un si grand bonheur de lecture. C'est donc pour moi un immense honneur de vous remettre le prix spécial du livre politique. là pardon madame le présidente.
Madame Yel Prê, je vous remercie de votre chaleureux accueil. Mes remerciement aussi madame Lulus Perot de m'avoir convié à cet événement. Madame Annette Bivolka, je suis très honoré pour votre discours.
Permettez-moi de vous répondre. Je sais qu'il n'est pas habituel que Ram écrive ses mémoires. Mon père m'a écrit, m'a déconseillé de le faire et probablement dans l'abstrait, il avait raison.
Mais notre vie ne résume pas, pardon. même pas à des à des abstraits à à des abstractions à des abstractions pardon dans une large mesure nos attitudes notre notre comportement et nos décisions parfaitement que roi tel examen minutieux s'exerce sur une personne dont la dimension publique est aussi marquée que celle de d'un homme politique et aussi marqué que celle d'un roi. Mais j'ai souvent pensé qu'il manquait à ces milliers de pages, quelques centaines de plus, milliers de de quelques centaines de pages écrites à la première personne par le protagoniste lui-même, celui qui pouvait apporter le plus de connaissance sur sur lui, sur ce qu'il a fait et sur pourquoi Quoi il l'a fait, c'est-à-dire modestement moi-même, un personnage qui connaît les risques liés à à l'entreprise d'écrire et de publier des mémoires sur lui-même et sur son action en tant que chef d'état d'un vieux pays européen qui précisément Bon parce que qu'il est vieux, c'est ce qui se sont montré hyper critique envers presque tout et d'autant plus envers celui qui a exercé pendant plus de 40 ans sa plus haute magistrature.
Mais les risques s'accompagnent souvent d'opportunités et savent les mettre en en valeur et un art dans lequel on réussi parfois et que l'on se trompe on se trompe d'autrefois. Je vais tenter d'expliquer pourquoi je pense que cette fois-ci je ne me suis pas trompé. Enfin, je l'espère.
Tout d'abord parce que la version française originale de mes mémoires élaboré pendant 2 ans avec une écrivaine historienne aussi habile et rigoureuse que Laurence Debré a connu un bel accueil ici en France et reçoit encontreieux prix qui lui est décerné aujourd'hui. Je suis particulièrement honoré que bien que je ne suis pas français, un pays qui met aussi cher que la France où ma famille plonge ses racines dans le temps où et accueilli ce livre avec tant d'intérêt et de générosité. Je sais par ailleurs que sa version espagnole a été un vrai succès éditorial, ce qui confirme que des nombreux espagnols souhaitaient eux aussi découvrir comment le roi perçoit sa vie et son règne et lire l'un et l'autre avec c'est et presque bon mais surtout parce que j'ai moi-même pu verser dans ces pages au côté au côté de fait et de données que je juge pertinent pour l'histoire et dont je dont je suis légitimement fier des émotions, des sentiments et des espoirs qui appartiennent à mon histoire personnelle. tout comme les comme la faiblesse, les erreurs que j'ai pu commettre en tant que être humain et dont je ne peux pas être fier.
Tout cela fait partie de ma vie et je suis et je viens et je sens que cela appelé à être partagé publiquement en toute liberté. C'est ce que j'ai fait et j'en suis très frière. Je n'ai pas choisi par hasard le titre de mes mémoires.
Réconciliation, je pense que c'est le mot qui résume le mieux les principales la principale réussite de ma vie politique. initier et encourager la réconciliation de l'Espagne avec elle-même après une longue dictadure et une guerre civile. après et en la conduisant on la conduisant à passer aussi pacifiquement que possible et en très peu de temps à une démocratie pleine et entière.
En 1975, j'ai hérité avec le trône de tous les pouvoirs que je que le régime de l'époque avait. comme comme entre les mains de de du chef de l'État du général Franco et depuis depuis celle cette position privilégiée, je les ai utilisé pour mon défaire les rendre à leur propriétaire légitime, le peuple espagnol. La couronne que j'ai alors assumé souhaiter faire de l'Espagne un état social et démocratique de de droit dans le cadre d'une monarchie parlementaire dans où la souveraineté rendrait dans le peuple espagnol.
Ce changement qui représente une rupture radicale par rapport au système institutionnel antérieur a été a été consacré dans l'article 1er de la constitution publicité en 1978. une constitution qui a été qui a doté aux espagnols d'institution démocratique et d'un cadre de liberté et des de et de droits qui ont favorisé le progrès de l'Espagne dans les domaines. Je prenais loin.
Merci pour moi. Pardon. Il arrive souvent dans l'histoire que des figures exceptionnelles émergent dans en des temps aussi exceptionnels dans cette conjoncture véritablement extraordinaire en un moment de grave inquiétude pour le présent et et d'incertitude quant à l'avenir l'aspiration et la liberté du peuple espagnole et la lucidité d'une élite politique remarquable de gauche comme de droite on permis à l'Espagne suivant la vôtre la voix tracée par la couronne d'entreprendre résolument ce processus que nous connaissons dans sous le nom de la transition qui a ouvert les portes de vos pays à la liberté et à la démocratie et la racé remplacer et la placer au sein de la communauté internationale à la place qui lui revenait.
J'ai toujours eu depuis mon enfance que ma destinée du coïcident avec ma mon ma vocation le service de mon pays. Aujourd'hui, je regarde en arrière, le présent ne m'accable pas même en parfois je l'avoue, il peut me m'attrister. Je suis conscient que nul est prophète dans son pays et qu'il est il qu'il a toujours des jugements divers sur presque tout.
Mais moi qui a toujours eu clairement à l'esprit que la démocratie, le respect des droits de l'homme et le progrès de la société espagnole étaient les objectifs pour lesquels je devais toujours œuvrer. J'ai voulu faire état dans mes mémoires ma fierté de voir comment l'Espagne s'est transformé de manière radicale et pass et positive à tous les niveaux au cœur de vos règnes. Et je pense que c'est précisément ce le ce témoignage personnel qui est reconnu par ce prix. spécial du livre politique.
Je suis très reconnaissant et touché de le recevoir aujourd'hui parmi vous à l'Assemblée nationale. Je vous en remercie. et pardon parce que pardon très Merci Merci majesté.
J'ai un faible pour les révolutionnaires, peut-être parce qu'il me porte chance. En 2018, mon livre fille de révolutionnaire remportait ici même trois prix. Aujourd'hui, un autre révolutionnaire me ramène devant vous, ce roi qui n'a jamais rien fait comme les autres. et il a même voulu raconter son histoire à la première personne et dans une langue étrangère, la nôtre, bousculant décidément toutes les traditions.
Et pour cela, en plus il choisit une femme, une française, une républque, une républicaine et donc une fille de révolutionnaire. Alors, un bourbon d'Espagne, descendant direct de Louis XIV, honoré ici à l'Assemblée nationale et distingué par Annette Vivorka. Cela pourrait sembler osé, mais c'est à l'image du parcours hors du commun du roi au destin digne d'un roman.
Merci majesté de nous faire à tous l'honneur de votre présence en venant d'Abou Dhabi en s'étant malheureusement troublé. Cela rajoute un brinde romanesque à une vie déjà très riche en rebondissement. Pour moi, ce livre est l'aboutissement de l'intérêt que j'ai développé jeune pour le rôle du roi dans la dans la transition.
Mais même après trois livres et un documentaire, lorsque le roi m'a invité à travailler avec lui, j'ai hésité impressionné par le défi. Alors, il m'a dit cette phrase que je n'ai jamais oublié. Pourquoi tu n'as pas confiance en toi alors que moi j'ai confiance en toi ?
Merci majesté de m'avoir fait confiance et de m'avoir aidé à avoir confiance en moi. Moi aussi je vous ai fait confiance pour parler à cœur ouvert, sans calcul ni artifice, bien loin de la langue de bois alors que ce projet d'écriture était bien loin de faire l'unanimité. Mais je savais que vous le militaire Avarmot avait bien des choses à nous raconter, des choses longtemps en fluit. pas seulement le succès d'un roi, mais aussi les émotions et les ombres d'un homme.
Nous avons commencé à travailler à l'hiver 2022 au moment où Poutine envahissait l'Ukraine. À l'heure du populisme débridé et des prédateurs, l'histoire de ce souverain qui n'a jamais eu l'obsession du pouvoir contraste singulièrement avec celle des hommes qui voudraient aujourd'hui être roi. Comme il le rappelle dans son livre, il est plus facile de déconstruire des institutions démocratiques que d'en construire.
Il a l'avantage de l'expérience. Comme le jury l'a bien compris, ses mémoires sont d'une profonde actualité. Merci à tous d'être là.
Merci. Tout de suite, on va passer au à la remise du prix du livre politique. Les différents livres en liste peuvent me rejoindre sur scène.
Olivier Pérou et Charlotte Bellaï pour la meute et Émilie Fresche pardon pour un séisme et Marc Lazar pour son amour du peuple. Et pour faire leur éloge, on va commencer avec Philippe Méchet pour l'éloge de la meute et on poursuivra avec Anna Cabana et Briseurier. 3 minutes. 3 minutes.
Merci. Je vais essayer de radraper le retard, mais c'est difficile sur un livre aussi aussi grand que la meute, cette plongée dans les rouages de la France insoumise. Le jury a été sensible au livre Laameute qui est un ouvrage d'investigation majeure réalisé par les journalistes Charlotte Bellaich, journaliste à Libération et Olivier Pérou au monde.
Ils ont publié ce livre après de années de travail, ce qui témoigne d'une enquête profonde et compliquée consacrée au fonctionnement interne d'un parti politique, la France insoumise et bien sûr à la figure centrale de son leader Jean-Luc Mélenchon. Plus de 200 témoignages ont été recueillis auprès d'anciens cadres, de militants et de membres toujours actifs, ce qui en fait l'une des investigations politiques les plus approfondies de ces dernières années. J'insiste dessus.
La méthode des auteurs est solide. Entretien multi, occupement systématique des informations, collecte de documents internes, analyse des témoignages convergents ou divergent. Rien n'est laissé au hasard.
Et à mesure que leur enquête progresse, il révèle un système marqué par une très grande opacité et une organisation très centralisée autour du chef où la loyauté absolue semble être un principe fondateur. L'un des apports essentiels du livre est d'exposer la mécanique interne d'un mouvement souvent perçu de l'extérieur comme innovant alors que c'est un fonctionnement vertical structuré autour de la figure du leader. Au fil des pages, la meute dévoile également des pratiques internes, souvent brutales et éviction soudaine, harcèlement moral mise à l'écart de figures historiques du parti comme François Ruffin, Clémentin Raquel Garido ou nous l'avons vu tout à l'heure Alexis Corbière.
D'après les témoignages, ces exclusions n'étaient pas sur des fautes politiques, mais simplement sur des désaccords stratégiques. Ce travail d'enquête met ainsi en lumière l'absence de structure démocratique interne, les décisions unilatérales et un fonctionnement que plusieurs sources comparent explicitement à celui d'un groupe fonctionnant comme une secte. Béich et Perérou montre comment un parti fondé sur un projet de transformation démocratique peut progressivement glisser vers une logique de contrôle et d'emprise.
Ce qui rend cette enquête particulièrement forte, c'est la capacité des deux journalistes à restituer une mosaïque, une mosaïque réellement de témoignage cohérent. Il donne la parole non seulement aux exclus ou au déçus, mais aussi à ceux qui sont restés, permettant ainsi d'obtenir une vision nuancée, pluriel et crédible de ce qui se joue en coulisse. L'approche est d'autant plus remarquable que LFI est un mouvement réputé fermé où la communication est ultra contrôlée.
Réussir à obtenir autant de sources directes témoignent de la persévérance des journalistes et de leur capacité à inspirer confiance. Et le livre ne se contente pas de dénoncer. Il analyse, contextualise, explique.
Il montre comment certaines pratiques ont évolué depuis la création du mouvement en 2016. Comment les ambitions politiques personnelles peuvent se transformer en mécanisme de verrouillage interne et comment une organisation née dans l'espoir d'un renouveau démocratique peut progressivement devenir un appareil centralisé. C'est frappant de constater que la manière dont l'image publique du parti s'est construite en décalage avec sa totale réalité interne.
La meute n'est pas seulement un livre politique, je dois le dire ici. C'est un exemple puissant de journalisme d'investigation. Un ouvrage qui éclaire avec précision et avec courage les zones d'ombre d'un mouvement politique majeur.
Grâce à ce travail patient, méthodique et approfondi de Charlotte et Olivier, nous disposons d'une compréhension rare des dynamiques internes, des tensions et des dérives d'un parti souvent perçu à travers le seul prisme de la communication. Je vous remercie et je crois ça fait 3 minutes 20. Merci beaucoup Anna Cabana pour nous présenter le livre d'Émilie Frache, un séisme qui a promis d'essayer d'être succente.
On va voir. On n'est pas obligé de croire aux promesses. Bon, bonjour.
Un séisme est bien plus que le journal de bord danse, ardent, dérangeant d'une écrivaine qui a couvert pour le point le procès de huit individus majeurs ayant concouru à l'assassinat de Samuel Patti. Ce serait déjà beaucoup. Ce serait déjà essentiel mais c'est davantage.
Le livre d'Émilie Fresh est traversé comme habité par des dessins formidables par une expérience personnelle et par une réflexion sur notre temps. Il s'inscrit dans cette tradition exigeante des écrivains qui prennent actes au plus près de ce que le réel a de plus tragique. Le procès des hommes devient le procès de notre condition humaine, pas uniquement des crimes, mais de tout ce qui autour les rend possibles et notamment le mensonge.
De Truman Capote à Emmanuel Carrer, le mensonge est souvent l'acteur principal des procès vu par les écrivains qui ont toujours un rapport d'artiste et de philosophes à la vérité. Comment ne pas penser aussi à la banalité du mal dénudée par Arent dans Aichman à Jérusalem ? On prend conscience qu'Aichman est un minable et qu'il a fallu des mécaniques tragiques pour donner une ampleur monstrueuse à un antisémitisme.
Et bien dans un séisme, les minable sont légion. Et ceuxa même qui avaient la parole haute quand il se sentait en situation de force pour menacer un professeur et lancer contre lui une fatoie sur les réseaux sociaux, ceux même se font maintenant tout petit à la barre du tribunal essayant de faire croire à un gigantesque malentendu. On tremble et on reste en colère quand on entend dès le début les propos de cette collégienne de 13 ans, la fille de Brahim Schnina à l'origine de tout.
Elle admet enfin avoir menti quand elle disait qu'elle était présente au fameux cours de Samuel Patti. Mais on comprend que cet aveu est en fait un nouvel acte tactique pour exonérer son père. Ce père sans rien sans qui pardon rien ne serait arrivé s'il n'avait voulu jouer avec la la flamme du fanatisme islamiste pour attaquer un professeur d'une République qui l'exéc.
Émilie Fraîche, votre tour de force dans ce livre, c'est d'être la gréfière par-delà les minutes du procès des folies et des impostures de l'époque. Vos considérations sur la sur l'inversion accusatoire sont lumineuses. L'inversion accusatoire, ce mécanisme qui consiste à faire porter la faute sur la victime ou sur ceux qui tentent de défendre les principes fondamentaux est omniprésent chez les accusés qui n'en finissent pas d'adopter des postures victimaires. l'inversion accusatoire donc comme le fil rouge de ce procès mais aussi comme un fil rouge de notre époque.
Vous avez Émilie Fresche le courage de faire le lien avec ce que vivent les Juifs depuis le 7 octobre. Vous relevez si justement que ce sont toujours les hommes de paix que l'on assassine. Samuel Patti en était un, Isaac Rabin un autre.
Et rappeler son assassinat comme vous le faites, c'est rappeler qu'il y a eu des bifurcations dans notre histoire récente qui ont été autant de route vers la tragédie. Voilà un livre qui oblige à regarder en face non seulement les coupables directes mais aussi les complicités diffuse, les silences, les accommodements, les renoncements. Il révèle combien une société peut-être fragilisée lorsque la vérité elle-même devient contestée, retournée, instrumentalisée.
Dès lors, un séisme ne se referme pas comme un livre achevé. Il se prolonge en nous comme une question. Sommes-nous à la hauteur ?
À la hauteur d'un homme qui dans l'exercice de son métier a voulu transmettre les principes de la liberté d'expression à la hauteur d'un professeur qui a cru jusqu'au bout à la mission de l'école républicaine à la hauteur enfin d'un citoyen qui n'a pas renoncé. Cette exigence n'est pas abstraite. Elle se joue dans nos paroles, dans nos choix, dans notre capacité à ne pas céder à la peur ou à la confusion.
En ce sens, Émilie Fresche, votre livre est une mise en demeure. C'est pourquoi il mérite aujourd'hui non seulement l'hommage que nous lui rendons par ma voix, mais notre reconnaissance. Merci pour le dernier éloge Brisenturier pour l'éloge du livre de Marc Lazar.
Pardon. Bonjour. J'ai le plaisir et et l'honneur de défendre, de faire l'éloge d'un livre formidable, celui de Marc Lazar pour l'amour du peuple.
C'est un livre formidable d'abord parce qu'il porte sur un sujet qui est un sujet complexe, totalement d'actualité, au cœur de ce qui concerne la démocratie. Et il est formidable parce qu'il est porté par une rigueur, une exigence intellectuelle qu'il faut vraiment saluer, doublé d'une finesse, d'une subtilité dans l'analyse qui permet à ce livre d'embrasser et véritablement de nous faire comprendre ce qu'est non pas le populisme mais les populismes. L'effort introductif de Marc Lazar, c'est d'abord d'essayer de trouver une définition du populisme qui ne soit pas une définition trop large qui absorberait tout sans rien expliquer, mais qui ne soit pas non plus une définition trop restrictive qui viserait à gommer la diversité des formes du populisme.
Parce que le populisme, cela a été dit d'ailleurs tout à l'heure, selon Marc Lazar, n'est pas un phénomène pur. il est hybride, il est changeant, il emprunte à différentes idéologies, il est stratégie de conquête du pouvoir mais également d'exercice du pouvoir et donc il est difficile de le qualifier. Cela n'empêche pas Marc de distinguer les populismes, le populisme intégral dans lesquels il va faire ranger ensuite il va introduire toute une série de phénomènes politiques de notre histoire du populisme intermittent qu'il classe en deux familles dans les populismes intermittents.
Celui que l'on peut trouver dans le communisme, le socialisme, le gaulisme mais les pages sur le gaolisme sont d'une subtilité telle qu'elle montre plutôt que le gaolisme est très loin du populisme précisément. et puis celui qui concerne un populisme strictement occasionnel pour conquérir le pouvoir. Et là, ce sont des figures telles que Jacques Chirac, François Beou, Nicolas Sarkozy ou Emmanuel Macron qui peuvent être convoqués.
Après avoir posé les bases de ces définitions, Marc Lazar continue à définir le populisme en le différenciant d'autres concept, d'autres types de régimes, le le fascisme notamment, l'autoritarisme ou les systèmes totalitires. Et une fois vous avez lu ce premier grand chapitre qui est, j'insiste sur ce point, non pas un chapitre aride, non pas un chapitre qui serait difficile de lire ou d'absorber, mais au contraire un chapitre extraordinairement éclairant et Descart disait que les idées vraies sont des idées claires et distinctes. Et bien, c'est ce que produit Marc Lazar.
Après avoir produit ces définitions, vous avez droit à un voyage dans le temps où vous comprenez véritablement, vous relisez ou vous retrouvez ce que sont ces phénomènes mais vous les comprenez davantage. Ce qu'est le boulangisme, ce qu'est dans la famille donc des populismes euh radicaux, ce qui est le boulangisme. Il y a des analyses aussi sur les ligues des années 30 avec tout ce qui est les différenci, le dorgérisme, le poujadisme, le populisme de gauche et donc une fois encore de Bernard Tapi.
Mais vous avez aussi des figures telles que Bernard Tapi, le nationalisme populisme de droite et donc là on parle du rassemblement du Front National d'abord du Rassemblement national ensuite d'Éric Zémour avec une jolie formule Éric Zémour populiste mais pas populaire alors que Marine Le Pen est populiste et populaire et puis de Jean-Luc Mélenchon avec un décryptage qui fait écho au livre dont on a parlé extrêmement fin. Merci donc à Marc Lazar de nous éclairer à ce point. Je vous invite mais chaleureusement à lire son livre.
On attend le tome 2 sur les populismes en Europe, le tome 3 sur les populisme en Amérique latine, le tome 4 sur Donald Trump dans l'ordre qu'il voudra. Merci. Anette Jorquia, présidente du prix du jury du livre politique.
Je vous laisse annoncer le lauréat. Alors très rapidement euh ça a été un jury formidable où on a discuté jusqu'à ce matin très serré les trois laurés les trois finalistes. une enquête journalistique exemplaire, un livre d'histoire et de sociologie fondamentale et un livre que je n'arrive pas à caractériser mais le prix est donné à Émilie Frache pour un séisme mais normalement voilà.
Merci merci infiniment. Un petit mot ? Oui.
Oui. C'est pas moi le mien un petit mot. Euh merci beaucoup.
Je suis voilà très ému de recevoir ce prix politique d'abord parce queon est dans un moment où je trouve que c'est très très dur de faire de la politique et que l'écriture puisse être un territoire de combat. C'est ce que j'ai toujours considéré dans tous mes livres. Donc vraiment, je suis très honorée pour cela et très émue aussi parce que ce livre n'était pas prévu du tout.
En fait, j'ai eu la chance de pouvoir suivre pour le point euh le procès de l'attentat contre Samuel Pat d'être pendant 7 semaines en cours d'assise. Ça a été une matière passionnante parce que c'est une affaire collective. Euh c'est beaucoup de gens qui à la fois ont participé à donner de l'écho à cette fatua numérique et des gens qui n'ont pas qui n'ont pas pu l'arrêter.
Euh et ces renoncements euh effectivement euh ils nous disent quelque chose euh de notre terreur aussi d'être taxé de racisme comme si on pouvait être raciste en défendant nos valeurs. Et l'une de nos valeurs fondamentales, c'est je crois la laïcité parce que sans laïcité il n'y a pas de liberté. Il n'y a pas d'égalité, il n'y a pas de fraternité.
Cette liberté qui était si chère à Samuel Pat et dont beaucoup d'écrivains aujourd'hui sont privés dans le monde. Donc c'est avec eux que je veux partager ce prix. Et notamment à l'un d'entre eux, Boem Sansal que j'ai croisé en arrivant ici.
Le livre lui est dédié à au moment où je terminais ce texte, il était encore emprisonné. Donc merci infiniment pour l'honneur que vous me faites avec ce prix. Bravo !
Merci ! On va clôturer cette matinée avec un mot voilà d'une femme engagée. La présidente de l'Assemblée nationale, Yel Bron Piibé.
Cet après-midi, évidemment, les tables rondes continueront. Donc en conclusion de cette matinée, je voudrais revenir sur le thème de la 35e édition de cette de ce prix du livre politique et vous avez choisi le thème de l'engagement, s'engager. L'engagement, c'est un mot qui me tient à cœur, qui nous tient à cœur, je crois à tous.
Et je crois qu'on a plus que jamais besoin de personnes qui s'engagent. Alors, on voit dans notre République aujourd'hui, nous avons des écrivains engagés, nous avons des jeunes hommes et à nouveau rendre hommage à Amine Kessassi qui depuis des années a décidé de s'engager dans son association, dans son quartier. Il n'y a pas d'âge pour s'engager.
Il y a évidemment toutes nos forces de l'ordre, les pompiers, ceux qui au quotidien ont fait de l'engagement leur profession. Il y a les professeurs et vous l'avez évoqué à travers la personne de Samuel Patti qui défendent jour après jour les valeurs de la République, la liberté d'enseigner, la transmission. Et pour autant, alors que l'on peut se dire que l'on doit célébrer l'engagement, l'engagement de tous, il y a un engagement dans notre société qui est vilipendé, qui est foulé au pied, qui est un engagement déshonorant, qui est sale, c'est l'engagement politique.
Aujourd'hui, faire de la politique, c'est être corrompu, c'est ne pas défendre les valeurs de la République. On nous accuse les uns et les autres, quoi qu'on dise, d'être raciste, d'être antisémite. Alors moi, si vous saviez, je suis génocidaire, je viole les petits enfants, je ne sais plus, je suis islamophobe évidemment.
Et ça, voyez-vous, je crois que ça doit nous interroger collectivement parce que si aujourd'hui et demain nous n'avons plus d'engagés en politique, c'est notre démocratie qui mourra. Je ne vois pas d'autres systèmes qui fassent que nous respections les droits des uns et des autres, les libertés, les valeurs de notre République si nous n'avons pas des hommes et des femmes qui sont élus par d'autres hommes et d'autres femmes et qui acceptent cette charge là. Elle n'est pas facile.
Nous ne sommes pas parfaits. Nous commettons tous des erreurs comme vous. Mais pour autant, nous avons décidé à un moment de nos vies de consacrer nos vies à l'engagement et à l'engagement pour vous.
Et quelles que soient nos opinions politiques, croyez-le, nous faisons de notre mieux. Et si j'ai un cré du cœur aujourd'hui à faire devant vous, c'est celui-là. Célébrons l'engagement, mais célébrons l'engagement de tous. parce que nous en avons besoin pour faire société et pour faire société ensemble.
Je vous remercie. Merci beaucoup madame la présidente. Merci à tous.
On se retrouve à 14h15 pour la suite des tables rondes sur LCP. On se retrouve à 16h50 pour suivre en direct la remise des prix étudiants. à tout à l'heure.
Jean-Luc Mélenchon