Nasrallah tué : le Hezbollah décapité par Israël - C à vous : l’intégral - 30/09/2024
Bruno Retailleau Au micro : Anne-Élisabeth Lemoine, Emilie Tran Nguyen, Mohamed Bouhafsi, Lorrain Sénéchal, Pierre CohenSource d'origineTranscription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 50 %Défensif 40 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 93 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Jusqu'où ira Israël après l'élimination de Nasrallah?
- 4:00OuverteRéponse directe
Que reproche la justice au RN dans l'affaire des assistants parlementaires?
- 6:00RelanceÉludée
Le RN a-t-il produit de fausses preuves pour justifier l'emploi de Bardella?
- 8:00OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui pourrait sauver Marine Le Pen dans ce procès?
- 10:00RelanceRéponse directe
Pourquoi le RN a-t-il ralenti la procédure judiciaire?
- 12:00OuverteRéponse directe
Antoine Griezmann a annoncé sa retraite internationale. Quels souvenirs en gardez-vous?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 4:00P.CohenChiffre
« Le Parlement européen estime son préjudice à près de 3 millions d'euros. »
- 8:00M.Le PenFait
« Nous avons des arguments à développer pour défendre ce qui m'apparaît être la liberté parlementaire qui est en cause dans cette affaire. »
- 12:00A.GriezmannFait
« C'est une fierté d'être mâconnais et français. »
- 16:00I.LasserreChiffre
« Les Israéliens prétendent que 60 à 80 % des capacités militaires du Hezbollah ont été suffisamment endommagées. »
- 18:00G.AraudFait
« Israël est dans la situation de qui a un gros marteau considère que tout problème est un clou. »
- 20:00D.SimonnotFait
« Rien n'est fait en maison d'arrêt pour suivre les auteurs d'infractions à caractère sexuel. »
- 24:00B.RetailleauFait
« L'immigration n'est pas une chance, ni pour des immigrés qu'on n'est pas capables d'accueillir. »
- 26:00G.AraudChiffre
« Un certain nombre d'Etats interdisent qu'on s'oppose au vol dans un magasin si le vol est inférieur à 50 dollars. »
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
... - A.-E.Lemoine: Bonsoir.
Très heureuse de vous retrouver. On est en direct jusqu'à 21h avec toute l'équipe. Emilie? - E.Tran Nguyen: Jusqu'où ira Israël?
Après avoir éliminé le chef du Hezbollah, le ministre de la Défense israélien dit ne pas vouloir s'arrêter là. - A.-E.Lemoine: On parle de la situation au Liban avec G.Araud et la correspondante diplomatique du "Figaro", I.Lasserre.
Mohamed? - M.Bouhafsi: Nous sommes des millions de fans de l'équipe de France de football à être tristes.
A.Griezmann a annoncé sa retraite internationale. Vous découvrirez l'hommage de P.Pogba. - P.Cohen: Le procès des assistants parlementaires européens du RN s'est ouvert cet après-midi au tribunal de Paris.
M.Le Pen et 24 autres prévenus...
Elle joue son avenir politique. - A.-E.Lemoine: Pourtant, elle dit qu'elle est très sereine.
On en parle avec le journaliste à "Libération" T.Berteloot. Il signe "La Machine à gagner: révélations sur le RN en marche vers l'Elysée".
Dans ce livre, vous racontez comment la conquête du pouvoir du RN passe aussi par l'argent public dont il se dote. Vous révélez que J.Bardella aurait produit de fausses preuves afin de justifier son emploi d'assistant parlementaire, ce qu'il conteste.
Lorrain? - L.Sénéchal: La campagne américaine...
D.Trump trouve toujours le moyen d'être encore plus outrancier. Il accuse K.Harris d'être une handicapée mentale. - A.-E.Lemoine: Pierre? - P.Lescure: Un des premiers romans de cette rentrée.
L'auteur s'appelle Nagui Zinet. Il raconte la trajectoire exemplaire d'un raté. - A.-E.Lemoine: Après 20h, V.Bonneton, M.Youn et Y.Noah à l'affiche de la nouvelle comédie de N.Vanier qui alerte sur le changement climatique.
On recevra une légende de sa discipline, K.Bron, qui dévale des pentes vertigineuses en VTT. La belle-fille de B.Tapie, M.Griessinger Tapie, livre un portrait aussi intime que sans concession de son beau-père pas comme les autres.
C'est le retour en cuisine d'A.Alaoui, qui nous manquait. Il est aux côtés de Bertrand. - B.Chameroy: J'ai composé un petit poème que je vous livre.
Le lundi, d'ordinaire, c'est pourri, mais pas ce soir, car youpi, nous retrouvons A.Alaoui! - A.Alaoui: Hyper sympa!
Avant de prendre ma retraite, je vous fais des keftas. C'est du boeuf, de la tomate, de la coriandre et de la harissa. - A.-E.Lemoine: Tout de suite, L'Edito de Patrick.
M.Le Pen joue son avenir politique devant le tribunal de Paris. - P.Cohen: C'est pour elle un moment beaucoup plus grave que l'impression qu'elle en a donnée avant d'entrer dans la salle d'audience. - M.Le Pen: J'aborde ce procès avec sérénité.
Nous avons des arguments à développer pour défendre ce qui m'apparaît être la liberté parlementaire qui est en cause dans cette affaire. 2 mois sont prévus pour ce procès et pour démontrer que nous n'avons violé aucune règle. - P.Cohen: C'est une sérénité toute relative.
Celle qui est considérée aujourd'hui comme l'une des favorites de l'élection présidentielle de 2027 est menacée d'en être empêchée en cas de condamnation et d'inéligibilité prononcée. Elle se prépare depuis des mois. Elle a annoncé qu'elle serait là tous les jours ou presque pour se défendre, à raison de 3 demi-journées d'audience par semaine jusqu'à fin novembre, avec 8 autres anciens élus, 12 assistants parlementaires et 4 collaborateurs du parti. - A.-E.Lemoine: Que leur reproche la justice? - P.Cohen: D'avoir fait payer par le Parlement européen des assistants qui servaient au parti.
Gardes du corps, graphistes, chefs de cabinet...
Ils étaient à Paris et n'avaient aucun lien avec les députés auxquels ils étaient normalement rattachés à Bruxelles. La justice française considère ça comme un détournement de fonds publics. Le Parlement européen estime son préjudice à près de 3 millions d'euros.
Dans les milliers de documents saisis au siège du RN, les juges ont vu les preuves du caractère systémique des détournements en citant des échanges accablants. J.Odoul, assistant d'une députée parlementaire, demande à M.Le Pen 4 mois après sa prise de fonction: "Serait-il possible que je vienne à Strasbourg demain pour assister à une session et pour faire la connaissance de Mylène, à qui je suis rattaché?" Un courrier adressé à W.de Saint-Just: "Nous ne nous en sortirons que si nous faisons des économies importantes grâce au Parlement européen et si nous obtenons des reversements supplémentaires." M.Le Pen conteste la conception du Parlement européen en insistant que les assistants ont d'abord un rôle politique et qu'ils peuvent l'exercer loin de Bruxelles.
Elle souligne qu'il n'y a pas d'enrichissement personnel. - A.-E.Lemoine: Le RN a longtemps expliqué que d'autres partis s'étaient comportés de la même façon. - P.Cohen: Mais il ne le fait plus.
Un jugement de février sur les assistants parlementaires du MoDem a conduit à 10 condamnations, à de fortes amendes et à des peines de prison. Le tribunal soulignait que les détournements n'ont pas été systématiques. Ils ne portaient que sur une dizaine de contrats, pour moins de 300 000 euros de préjudice, et que rien ne permettait d'affirmer que F.Bayrou était au courant, contrairement à M.Le Pen.
Il n'avait pas bénéficié d'assistants rémunérés par le Parlement. Il a été relaxé. M.Le Pen n'est pas exactement dans la même situation. - A.-E.Lemoine: Qu'est-ce qui pourrait la sauver? - P.Cohen: Son entourage soutient que les juges n'oseront pas, qu'ils auront conscience des conséquences politiques de leur décision et qu'ils n'iront pas jusqu'à empêcher M.Le Pen de se présenter à la présidentielle.
Un mot sur une de ces juges. L'audience est présidée par une magistrate minutieuse. Elle a raconté dans un podcast comment, il y a une vingtaine d'années, alors qu'elle était consultante chez Ernst & Young, elle a décidé de changer de vie à 37 ans en regardant E.Joly à la télévision.
Pas sûr que ce soit de nature à rassurer M.Le Pen. - A.-E.Lemoine: Un procès avec de tels enjeux politiques, ça pourrait peser sur la décision des juges? - T.Berteloot: Les seuls qui en font un procès politique, c'est le RN.
Les juges n'ont pas à décider ou à se faire influencer par l'extérieur. Ce serait un problème. Je ne crois pas que cet argument va peser dans leur décision.
Je n'espère pas. - A.-E.Lemoine: En tout cas, cette affaire est la plus menaçante de sa carrière politique.
C'est la raison pour laquelle on peut douter de la sérénité qu'elle affichait aujourd'hui. - T.Berteloot: C'est intéressant de voir M.Le Pen arriver au tribunal en affichant une grande sérénité.
Tout au long de l'instruction, elle a refusé de se rendre aux convocations des juges. Elle a tout fait pour ralentir le process. Les avocats ont multiplié les recours, recours en annulation... - P.Cohen: Le RN a freiné en permanence. - T.Berteloot: Tout à fait.
A chaque fois, ils trouvent dans le calendrier quelque chose qui fait qu'on attaque le RN aujourd'hui parce qu'il y a une échéance électorale à venir...
A un moment donné, ils se demandaient s'ils allaient le juger avant ou après le MoDem. Ils ont ralenti la procédure. - A.-E.Lemoine: Elle a décidé d'être là tous les jours possibles à cette audience et de répondre à toutes les questions qu'on voudra bien lui poser.
Elle va le commenter au jour le jour? - T.Berteloot: Je ne sais pas.
Une fois sortie de la salle d'audience, elle ne commente rien. Elle est arrivée tout à l'heure avec cet air un peu grave en disant qu'elle était sereine. Quand elle a été appelée par la juge à la barre, elle a marché d'un pas lent et important.
C'était la personne importante. Elle était au 1er rang des prévenus. A côté d'elle, C.Griset, qui a été pendant des années rémunérée par le Parlement européen comme assistante accréditée à Bruxelles, un endroit où elle n'a pas mis un orteil plus de 12 heures en plusieurs années.
A sa droite, N.Crochet, le tiers payant qui faisait les contrats. On voyait les petits clans dans les prévenus, ceux qui étaient à l'arrière et ceux qui allaient plus parler. - A.-E.Lemoine: C'est le fonctionnement du parti qui est mis en cause.
Le FN s'est dopé, selon vous, à l'argent public. Il y a des éléments sérieux pour l'incriminer? - T.Berteloot: Ce que j'essaie d'expliquer dans mon livre, c'est que pendant des années, le FN, devenu le RN, s'est dopé à l'argent public.
Il s'est servi sur la bête. Il a été longtemps lourdement endetté. Il vivait au-dessus de ses moyens.
A un moment, les finances sont catastrophiques. W.de Saint-Just écrit à M.Le Pen en disant: "On ne peut pas s'en sortir si on ne fait pas d'économies sur le Parlement européen." - A.-E.Lemoine: Sur le dos du Parlement européen... - T.Berteloot: Il se retrouve avec 23 eurodéputés, avec un parti endetté et 23 eurodéputés qui ont des enveloppes mensuelles de 21 000 euros pour prendre des assistants.
Le RN, maintenant, s'invente une réécriture du Parlement européen, un peu comme quelqu'un qui viendrait jouer au "Monopoly" et qui déciderait des règles tout seul. - A.-E.Lemoine: Ils disent qu'on peut avoir un rôle même loin de Bruxelles.
Ca tient? - P.Cohen: Ce n'est pas dans le règlement européen. - T.Berteloot: Ce n'est pas du tout dans le règlement, créé en 2009, qui est assez précis.
Avant ça, c'était un peu l'anarchie. Après ça, c'était compliqué de détourner les règles. Mais c'était déjà en place quand J.-M.Le Pen était à la tête du FN.
Il faisait payer par le Parlement européen ses majordomes, son garde du corps... - A.-E.Lemoine: Un compromis aurait pu être possible avec l'UE en échange d'un remboursement.
C'est même presque la règle, d'arriver à un compromis. Le RN n'en a jamais voulu. - T.Berteloot: M.Le Pen a remboursé ce que le Parlement européen lui demandait.
Là, on arrive sur le volet judiciaire. Elle risque une peine d'amende énorme, comme d'autres, et une peine d'inéligibilité. Le RN a une relation avec les institutions et avec d'autres choses qui représentent la démocratie...
C'est un parti d'extrême droite. Il les voit comme des ennemis. La machine qui se met en route avec le lancement de l'enquête par M.Schulz, ça devient quelque chose qu'il faut arrêter.
Ils auraient pu discuter avec le Parlement, qui est plutôt conciliant, surtout avec les eurodéputés en début de mandat. "On s'est trompés, on va rembourser." Mais non, ils ont continué et ils ont créé un énorme système.
Charles Van Houtte distribuait l'argent sur les enveloppes à mesure qu'elles étaient disponibles. Ils ont aussi créé des faux. On va peut-être parler des faux de J.Bardella.
J'ai découvert que F.Philippot avait demandé à des gens de son équipe de créer un faux rapport pour une de ses assistantes. On a découvert que c'était 52 pages de copier-coller de Wikipédia qui n'existaient pas au moment où... - P.Cohen: Le système de défense de tous les assistants, c'est de dire qu'ils communiquaient par téléphone et qu'ils faisaient des revues de presse.
Le téléphone ne laisse pas de traces. - A.-E.Lemoine: J.Bardella n'est pas jugé.
Vous affirmez qu'il aurait produit de fausses preuves afin de justifier son emploi d'assistant parlementaire auprès d'un député européen. Le président du RN parle de fausses accusations et dénonce une tentative de déstabilisation. Que lui répondez-vous?
Pourquoi il est passé entre les mailles du filet? - T.Berteloot: Quand on sort une enquête sur le RN, c'est toujours la même défense.
D'abord, c'est une tentative de manipulation politique, avant une échéance électorale, quelqu'un qui veut leur faire du mal...
Ensuite, on essaie de descendre le journaliste ou son journal en disant que c'est un journaliste militant, un journal de gauche. Ensuite, on menace de porter plainte. Les plaintes arrivent rarement.
J.Bardella a participé à la fabrication de fausses preuves de travail. Il n'a jamais été entendu par la police ni par les juges, mais, en 2018, arrive dans le dossier un document fourni par le conseil du Parlement européen, P.Maisonneuve, qui répertorie tous les assistants parlementaires qui ont eu des activités incompatibles avec l'activité d'assistant parlementaire.
Apparaît pour la 1re fois le nom de J.Bardella pour un montant de plus de 10 000 euros qui correspond à son mi-temps. Cette équipe commence à paniquer.
Ils savent qu'il va falloir s'expliquer. Le patron demande à ses équipes de fabriquer des faux. J.-F.Jalkh commande le montage du dossier de J.Bardella à un stagiaire.
C'est écrit comme ça dans le mail. Il l'envoie sur un logiciel de fabrication de revues de presse, qui sera ensuite annoté de la main de J.Bardella.
Quand J.-F.Jalkh, l'eurodéputé, est entendu devant les juges en 2021, on lui demande s'il a des preuves de travail de son ancien assistant parlementaire.
Il répond qu'il a des revues de presse annotées de sa main. On a découvert que ces revues de presse étaient antidatées et qu'on avait enlevé au blanco le copyright de l'impression. Il y a aussi un document un peu plus grave, un calendrier 2015 qui a été acheté en 2018.
On a retrouvé le bon de commande. Il a été livré étonnamment au siège du FN de l'époque, avec l'écriture de J.Bardella.
Il a changé de version. Il dit maintenant que ça ressemble à son écriture mais que ce n'est pas la sienne, comme si un faussaire professionnel avait recopié sans aucun problème l'écriture de J.Bardella sur 12 pages d'agenda.
Ca ne tient pas, évidemment. Nous avons des témoignages recoupés... - A.-E.Lemoine: Si les enquêteurs ne se sont pas intéressés à lui, c'est parce qu'ils n'ont pas étudié tous les cas. - T.Berteloot: J.Bardella arrive très tard dans le dossier, même si on a parlé de lui au cours de l'enquête plusieurs fois.
Son eurodéputé n'est entendu qu'en 2021. C'est le dernier eurodéputé mis en examen. Le dossier est déjà énorme. "J.Bardella, 4 mois de contrat, 10 000 euros, on va s'arrêter là." - E.Tran Nguyen: L'autre absent, c'est J.-M.Le Pen.
Une expertise médicale a déterminé que le fondateur du FN n'était pas en état d'être jugé pour raisons de santé. Mediapart a publié une vidéo datant de samedi où J.-M.Le Pen chante en compagnie de musiciens d'un groupe néonazi. - ELLE AIME A RIRE, ELLE AIME A BOIRE. - E.Tran Nguyen: M.Le Pen a appris les faits par Mediapart.
Elle va porter plainte pour abus de faiblesse. Elle estime que les musiciens ont profité de l'état de faiblesse de son père. Comment avez-vous réagi en voyant cette vidéo?
Ca peut remettre en cause son absence au procès? - T.Berteloot: Je ne sais pas.
Je ne suis pas médecin. Je ne peux pas juger de la santé de J.-M.Le Pen.
Je l'ai vu pour la dernière fois en 2022, pour le soir du 2d tour de la présidentielle. J.-M.Le Pen et ses proches avaient bizarrement invité la presse à venir regarder ce qui allait se passer dans cette soirée.
En voyant cette vidéo, je vois des proches de J.-M.Le Pen qui sont là assez régulièrement.
Il y a un certain T.Joly, qui est au Parti de la France, un parti racialiste. On dirait un coup fourré.
Je ne sais pas à quel point J.-M.Le Pen est en capacité d'accepter ces gens ou non. - A.-E.Lemoine: Merci, T.Berteloot. "La Machine à gagner: révélations sur le RN en marche vers l'Elysée", c'est votre livre.
Restez avec nous. C'est la Story de Mohamed. - A.Griezmann: C'est une fierté d'être mâconnais et français.
J'ai oublié un petit truc. Acclamations. - C'est sans doute les 2 plus beaux trésors d'A.Griezmann. - M.Bouhafsi: C'est l'histoire d'une légende du football qui tourne la page de l'équipe de France.
A 33 ans, A.Griezmann a annoncé sa retraite internationale. C'était bien plus qu'un joueur extraordinaire.
C'était aussi une ambiance au sein des Bleus. - A.Griezmann: Salut, c'est Antoine. - Le coach t'a demandé...
Ca, c'est le travail de l'ombre! J'aime comment tu danses. - JOYEUX ANNIVERSAIRE! - Prêt pour ton 1900e match en Bleu? - Kylian a mis combien de buts? - M.Bouhafsi: Griezmann respirait football depuis le berceau.
En 98, il n'a que 7 ans. Il court déjà derrière les futurs champions du monde. Ecoutez bien la prédiction dingue de T.Henry. - 2 chasseurs d'autographes en culotte courte ce matin pendant l'entraînement des Bleus.
Ils se faufilent partout et sont tellement craquants qu'on ne peut rien leur refuser. Et Zidane, il va signer? Merci, Zizou. - Henry, Lizarazu, Barthez, R.Pirès, Karembeu... - C'est vous qui en avez eu le plus? - M.Bouhafsi: Son histoire nous touche par son destin.
Enfant, un club refuse de le recruter parce qu'il serait trop petit. Il s'exile en Espagne. Regrets éternels pour ceux qui se sont trompés.
Griezmann est devenu une des personnalités préférées des Français grâce à son engagement, notamment dans la lutte contre l'homophobie. - Quand un joueur fait la couverture de "Têtu", l'impact est énorme. Tout le monde va la voir.
Le message va être diffusé largement, éventuellement auprès de joueurs qui sont dans le placard et qui seront rassurés. Ils savent qu'ils auront son soutien. Ca montre l'exemple dans les clubs professionnels et amateurs.
Ca peut faire avancer la lutte contre l'homophobie dans les sports où elle est très ancrée. - M.Bouhafsi: En 2018, Griezmann est champion du monde avec P.Pogba.
Il a accepté de rendre hommage à son meilleur ami. - P.Pogba: Quelle triste nouvelle!
J'ai énormément de bons souvenirs. On a directement connecté. Tu étais comme...
Tu es plus âgé que moi, mais tu étais comme un petit frère. Quand tu es arrivé, c'était l'évolution de l'équipe de France. Je suis fier d'avoir fait partie de ça avec toi, d'avoir gagné et joué avec toi.
On est devenus des vrais potes du foot. Tu resteras à vie dans nos coeurs. - M.Bouhafsi: Vous aurez 3 minutes de cet échange après l'émission sur les réseaux digitaux de "C à vous".
Cet été, A.Griezmann est devenu le 1er supporter de l'équipe de France olympique. Le champion olympique en volley J.Patry s'est senti pousser des ailes grâce à lui. - J.Patry: Il a marqué l'histoire de son sport.
Il est plein de fougue et de folie. Il prend énormément de plaisir à jouer et on prend énormément de plaisir à le regarder jouer. Il a suivi énormément d'autres sports pendant les Jeux.
Il a mis en lumière plein de sportifs méconnus et leur a donné leur moment de gloire. Il aurait pu bien matcher avec l'équipe de France de volley. S'il veut se reconvertir, pas de souci. - M.Bouhafsi: Avec 137 sélections, Griezmann est le 3e joueur le plus capé des Bleus.
Son entourage nous a expliqué qu'il voulait profiter de sa famille et qu'il était fatigué par les déplacements. Il estime qu'il faut laisser la place aux jeunes. La grande classe. - E.Petit: Pour moi, il est sur le podium par sa longévité et son nombre de sélections.
Ses passes décisives et ses buts...
Son leadership, son humilité, son rapport avec les supporters...
Il arrivait à fédérer. Il va manquer. On n'a quasiment pas de joueurs comme lui.
On a des joueurs rapides et explosifs, mais pas de joueurs créatifs qui font le lien entre la défense, le milieu ou l'attaque. Il va nous manquer pour de multiples raisons. - M.Bouhafsi: E.Petit, on ne s'y attendait pas.
C'est un départ surprise. - P.Lescure: C'est vrai qu'on va tous le regretter parce qu'il avait la grâce.
Sa bouille de gamin petit ou aujourd'hui, c'était le plaisir du jeu. Il a accéléré, il a marqué. Ce sourire voulait dire que le football, même business, peut être plaisir. - A.-E.Lemoine: Il faut enchaîner avec une question. - P.Lescure: L'extrême droite autrichienne a signé hier un succès historique aux législatives en obtenant 29,1 % des suffrages, 13 points de plus que lors du dernier scrutin de 2019. - P.Lescure: M.Le Pen a adressé ses félicitations à H.Kickl, avec qui aucun parti ne veut bâtir une coalition en Autriche.
Ils sont encore plus radicaux que le RN ou le RN pourrait connaître aussi une difficulté à faire coalition? - T.Berteloot: C'est un parti créé par d'ex-nazis.
M.Le Pen, à chaque fois qu'un parti qui ressemble à son camp remporte une élection, se précipite pour les féliciter. Elle a aussi des alliés en Europe qui ne sont pas très éloignés, en tout cas dans les idées, de ce parti.
C'est aussi pour ça qu'il est classé comme un parti d'extrême droite par le Conseil d'Etat, parce que ses alliés sont d'extrême droite. - A.-E.Lemoine: Samedi, Israël a annoncé l'élimination du chef du Hezbollah, H.Nasrallah, avant de rappeler que cet objectif de guerre était une étape importante, mais pas la dernière.
Beyrouth a été la cible de frappes de l'armée israélienne, qui envisage toujours une intervention terrestre. Le Hezbollah annonce vouloir poursuivre la résistance. ... - A.-E.Lemoine: I.Lasserre, correspondante diplomatique au "Figaro", G.Araud, ancien diplomate de France en Israël et aux Etats-Unis.
Merci de votre présence. Après la mort du chef du Hezbollah, le Hezbollah semble sacrément fragilisé. Ca ne suffit pas.
Il n'est pas question pour Israël de s'arrêter là? - I.Lasserre: Non.
Un responsable israélien à qui j'ai parlé cet après-midi disait que l'objectif au Liban, c'était de faire appliquer la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui enjoint le Hezbollah à se retirer sur la rive sud de la rivière Ituri. Tant que ce retrait ne sera pas effectué, ils continueront. Par contre, ils disent que si le Hezbollah se retire, ils auront du mal à aller plus loin. - A.-E.Lemoine: C'est-à-dire à justifier une intervention terrestre.
Le Hezbollah est prêt à se retirer? - G.Araud: On a un peu l'impression qu'Israël est dans la situation de qui a un gros marteau considère que tout problème est un clou.
Il s'est lancé avec un succès extraordinaire dans l'élimination, dans la décapitation du Hezbollah. On a l'impression qu'il s'est lancé dans une redéfinition des équilibres du Moyen-Orient. Gaza, le Hezbollah...
Il a bombardé les Houthis au Yémen. Il y a quelque chose de frappant: il n'y a aucune perspective politique. On peut gagner des batailles, des batailles, des batailles, et ça ne crée pas pour autant un nouvel équilibre politique.
Qu'Israël s'engage sur le territoire libanais, il l'a déjà fait en 2006. J'étais à l'époque ambassadeur à Tel-Aviv. Ca a été très compliqué. - A.-E.Lemoine: Déjà à l'époque, l'objectif était d'atteindre le leader du Hezbollah. - G.Araud: Oui.
C'était d'essayer de repousser le Hezbollah. Je voudrais rappeler une chose. En ce qui concerne le Hezbollah, le Hezbollah avait dit: "Nous cesserons nos tirs sur le nord d'Israël s'il y a une armistice à Gaza." Il n'y a pas d'armistice à Gaza.
Les responsabilités sont partagées du côté du Hamas et du côté de B.Nétanyahou. Le Hezbollah l'aurait fait.
Comme Israël ne veut pas de ce cessez-le-feu, on va aller dans une opération militaire. Je suis d'accord avec ce qui vient d'être dit. L'armée israélienne a rassemblé ses forces.
Les Américains laissent déjà entendre qu'il y aura une opération, plutôt limitée. - A.-E.Lemoine: Le Hezbollah dit qu'ils sont prêts si les Israéliens décident d'entrer au sol.
Ils sont vraiment en mesure de riposter? - I.Lasserre: C'est compliqué.
Je veux ajouter une chose. Si cet armistice, si ce cessez-le-feu n'a pas eu lieu, c'est parce que les Israéliens mettaient comme condition la libération des otages et que le Hamas refusait de les libérer. Est-ce que le Hezbollah a la capacité de répondre contre Israël?
Selon les dernières informations, les Israéliens prétendent que 60 à 80 % des capacités militaires du Hezbollah ont été suffisamment endommagées pour ne plus pouvoir être utilisées aujourd'hui. Je ne sais pas si c'est vrai. Le fait est qu'il en reste beaucoup.
Il reste notamment tous les missiles, l'arsenal de missiles...
C'est la dissuasion de l'Iran. C'est ce qui empêche Israël de pouvoir attaquer l'Iran, notamment de viser les installations nucléaires iraniennes. Si le Hezbollah se sert de ses missiles, l'Iran n'aura plus de dissuasion.
C'est toujours un billard à plusieurs bandes. Ensuite, je pense que la réponse sera tellement violente du côté israélien qu'il est probable qu'ils y réfléchissent à 2 fois. - P.Cohen: B.Nétanyahou s'est adressé cet après-midi aux Iraniens, en anglais, dans une déclaration...
Les Iraniens ont créé et soutenu le Hezbollah avec une menace assez claire. ... - P.Cohen: Vous disiez tout à l'heure qu'il n'y avait pas de perspectives politiques.
Effectivement, B.Nétanyahou n'est pas champion des perspectives politiques. Il préfère de loin la force militaire.
Là, il y a quand même l'idée d'une possible déstabilisation du régime des mollahs en Iran. - G.Araud: Le régime iranien est faible, détesté.
On a vu le problème à plusieurs reprises. Il n'y a aucune alternative. Avec l'expérience de l'Irak, une expérience personnelle...
Je commence à m'inquiéter du regime change. S'il n'y a pas d'alternative...
Personne n'a réussi à percer. - P.Cohen: Comme en Irak il y a 20 ans. - G.Araud: Ca me semble dangereux et aléatoire.
Ce régime, détesté par une majorité des Iraniens, comme le dit B.Nétanyahou, sait utiliser la plus grande brutalité quand c'est nécessaire pour conserver le pouvoir. - I.Lasserre: Du côté israélien, l'objectif, en langue militaire dans l'armée israélienne Tsahal, on appelle ça "tondre la pelouse".
Tous les 5 ou 10 ans, il faut couper les têtes des proxies de l'Iran, donc le Hamas et le Hezbollah, notamment, pour éviter qu'ils soient capables de commettre un nouveau 7 octobre et d'attaquer frontalement Israël. On tond la pelouse et ensuite, la pelouse repousse. Du côté israélien, il est évident que l'on sait que les choses ne pourront pas être réglées tant qu'il n'y aura pas un changement fondamental en Iran.
On n'éradique pas plus le Hezbollah que le Hamas, puisque ce sont des idéologies. Ils vont se reconstituer, avec l'aide de l'Iran, et sans doute revenir plus forts et plus dangereux dans une dizaine d'années. Pour l'instant, l'objectif tactique...
L'objectif final est de provoquer un changement de fond en Iran. - G.Araud: Les Israéliens ont arrosé la pelouse.
Ils ont nourri et financé le Hamas. C'est une pelouse qu'ils ont arrosée. - A.-E.Lemoine: Qui pousse en partie grâce à eux et qu'ils tondent tous les 5 à 10 ans. - G.Araud: Ils préfèrent quand même le Hamas à l'autorité palestinienne.
Vous avez un gouvernement israélien qui ne veut pas de règlement politique. C'est la réalité. Un règlement politique imposerait de parler d'un Etat palestinien et ils n'en veulent pas.
Ils sont en train d'annexer la Cisjordanie avec une violence incroyable. L'armée couvre les violences des colons. Vous avez raison de décrire leur stratégie ainsi: c'est de taper, taper, taper, sans stratégie politique derrière. - A.-E.Lemoine: C'est très à court terme. - I.Lasserre: Pour moi, dans cette histoire, il faut différencier...
On peut critiquer B.Nétanyahou, la manière absurde et violente dont il a mené sa guerre à Gaza, dénoncer la colonisation sauvage et l'annexion rampante en Cisjordanie et dire qu'au Liban, vis-à-vis du Hezbollah, les Israéliens sont dans leur droit. Ils sont couverts par une résolution du Conseil de sécurité, donc par la légalité internationale.
Ils ont été attaqués. Le Hezbollah a attaqué et attaque quotidiennement, depuis le 7 octobre, Israël au nord de sa frontière et a provoqué 80 000 réfugiés qui ne peuvent pas retourner chez eux aujourd'hui. B.Nétanyahou est dans son droit. - A.-E.Lemoine: Avec des dommages collatéraux considérables pour les Libanais. - I.Lasserre: Il y a toujours des dégâts collatéraux dans les guerres.
Mais assez peu d'armées réussissent à éviter les dégâts collatéraux. C'est tout à fait déplorable. - E.Tran Nguyen: En attendant, les appels au cessez-le-feu se multiplient de la part des Etats-Unis cet après-midi encore.
Du côté de la France, J.-N.Barrot est arrivé au Liban, en visite officielle.
Il a une fois de plus plaidé pour une solution diplomatique. - J.-N.Barrot: Il faut mettre enfin pleinement en oeuvre la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU.
Rien de tout cela n'est impossible, pourvu que la volonté politique soit présente de part et d'autre. Nous attendons cette volonté politique aussi des dirigeants libanais. Ils doivent remettre leurs institutions en ordre de marche en élisant sans délai un président. - E.Tran Nguyen: Le Premier ministre libanais a déclaré que le Liban était prêt à appliquer cette résolution 1701 qui prévoit notamment le retrait du Hezbollah de la région libanaise située au sud du fleuve Litani.
La balle est vraiment dans le camp des Libanais? - G.Araud: Ce serait le scénario positif.
Mais dans les faits, vous avez un Etat failli. Après l'explosion dans le port, l'effondrement de la monnaie...
Les liens du Premier ministre avec B.Al-Assad...
L'Etat libanais est incapable de reprendre le dessus et d'imposer son autorité au Hezbollah. - I.Lasserre: Je crois que la solution diplomatique, pour l'instant, est inenvisageable.
En tout cas, tant qu'Israël considérera que tous les proxies de l'Iran n'ont pas été suffisamment neutralisés. Après, le scénario positif mérite au moins d'être mentionné. On a peut-être une opportunité historique de débarrasser le Liban de l'influence iranienne et de rendre aux forces démocratiques libanaises la possibilité de reprendre en main leur Etat.
Ca supposerait plusieurs choses. Ca supposerait un investissement considérable de la communauté internationale et des pressions très fortes sur l'Iran, ainsi qu'une union des forces démocratiques libanaises, ce qui, pour l'instant, n'a jamais été le cas. Ca vaudrait le coup d'être tenté. - G.Araud: L'avenir va être décidé par 2 capitales: Jérusalem et Téhéran.
Jusqu'où vont aller les Israéliens? A quelle brutalité? Quel sera le coût pour le Liban?
De l'autre côté, vous avez quand même l'Iran. L'Iran a reçu une série de claques ahurissante. Les humiliations subies par la République islamique, avec l'élimination de Haniyeh dans la résidence officielle des visiteurs...
Il y a ce que vient de subir le Hezbollah, l'un des instruments de la politique étrangère iranienne. Les Houthis se font bombarder. Le Guide s'est mis à l'abri à Téhéran.
Qu'est-ce qu'ils vont faire? Vont-ils accepter l'humiliation? C'est quand même leur statut de grande puissance dans la région qui est en jeu.
Ils ne sont pas suicidaires. Ils savent très bien que les Israéliens et les Américains n'attendent que ça pour frapper très fort et détruire le programme nucléaire. Mais quand même, Téhéran est acculé, au pied du mur.
Que vont faire les Iraniens? - I.Lasserre: Ils ont une carte en main: le nucléaire.
Dans les circonstances actuelles, après avoir acté leur faiblesse extrême et l'affaiblissement de leurs proxies, les Iraniens pourraient décider de pousser un coup d'accélérateur et de devenir un Etat nucléaire, ce qui les protégerait d'une intervention américaine... - G.Araud: Ca les expose à une intervention avant de parvenir à ce stade.
Les Américains et les Israéliens ne l'accepteraient pas. - P.Cohen: S'ils adressent une menace nucléaire, ils sont vulnérables. - I.Lasserre: S'ils fabriquent des têtes nucléaires sans le dire... - G.Araud: On sait à peu près ce qui se passe.
On connaît bien leur programme. Les Israéliens l'ont très bien infiltré. - A.-E.Lemoine: Merci à tous les 2 d'être venus sur notre plateau pour parler de cette situation au Proche-Orient.
Restez avec nous pour le reste de l'actualité. Les mots très forts d'une ancienne victime du meurtrier présumé de Philippine. - L.Sénéchal: "Je pense à Philippine et à sa famille." Cette jeune femme se dit immensément triste dans une lettre qu'elle a transmise à l'AFP.
Elle dit avoir tout fait pour que ce qui lui est arrivé à elle ne se répète pas. Elle a porté plainte et tenu bon pendant l'enquête et le procès. Son violeur a été condamné à purger sa peine.
Il a été visé par une OQTF et a récidivé, et même tué Philippine. pourquoi le système pénitentiaire a failli à prévenir cette récidive. Nous avons soumis ces questions à la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, D.Simonnot. - D.Simonnot: Rien n'est fait en maison d'arrêt pour suivre les auteurs d'infractions à caractère sexuel.
Rien n'est fait parce que rien ne peut être fait. Il y a trop de monde en prison. Il n'y a pas assez de soignants.
On a besoin de savoir ce qu'on attend d'une peine. On attend qu'une peine soit effective, que les gens soient punis de ce qu'ils ont fait, qu'ils soient mis à l'écart de la société. Ensuite, il faut tout faire pour qu'ils sortent meilleurs.
Là, on fait tout pour qu'ils sortent pires. - L.Sénéchal: Quel dispositif de coopération internationale existe pour prévenir la récidive de criminels expulsés?
Voilà ce que demande la victime du meurtrier présumé de Philippine. "Notre humanisme ne peut pas s'arrêter aux portes de nos frontières." Ces questions sont phagocytées par le débat sur l'OQTF.
La droite et l'extrême droite insistent uniquement sur ce point, comme ce week-end, lors d'une manifestation du collectif d'extrême droite Némésis à Paris. Une partie de la gauche estime que Philippine est devenue des slogans antifascistes ce week-end, en présence d'une députée ciottiste à Vienne, en Isère. - A.-E.Lemoine: Le nouveau ministre de l'Intérieur électrise le débat. - L.Sénéchal: B.Retailleau a affirmé au "JDD" que l'Etat de droit n'était pas intangible et sacré.
Ca choque Y.Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale. - Y.Braun-Pivet: J'étais inquiète quand j'ai vu les déclarations du ministre de l'Intérieur.
L'Etat de droit, c'est ce qui protège nos concitoyens. C'est la hiérarchie des normes. Un ministre ne peut pas prendre toutes les dispositions qu'il souhaite.
La Constitution fixe le champ entre ce que peut faire le ministre et ce que doit faire le Parlement. - L.Sénéchal: B.Retailleau reste droit dans ses bottes et martèle depuis sa nomination, et plus encore depuis le meurtre de Philippine par un étranger visé par une OQTF, qu'il faut mettre un coup d'arrêt aux entrées illégales, augmenter les sorties.
Il assume de ne voir l'immigration que comme un fardeau. - B.Retailleau: Je pense que l'immigration n'est pas une chance, ni pour des immigrés qu'on n'est pas capables d'accueillir...
C'est une fausse générosité d'accueillir parce qu'on n'est pas capables de fournir des logements décents...
C'est aussi une fausse générosité d'accueillir des individus qui peuvent être parfois dangereux. - L.Sénéchal: B.Retailleau a été soutenu par N.Sarkozy.
Pour lui, il faut choisir entre humanité et fermeté. On ne pourrait pas faire les 2. - N.Sarkozy: Si vous privilégiez la fermeté, ce que je souhaite, il y aura des problèmes d'humanité pour telle ou telle personne qui aurait voulu venir en France qui ne pourra pas venir. - L.Sénéchal: Cette vision s'oppose à celle de la Macronie. disait E.Macron à la jeunesse immigrée en 2021, depuis l'Afrique du Sud.
Aujourd'hui, G.Darmanin, redevenu député, porte une partie de ce discours. - G.Darmanin: L'immigration, c'est très complexe.
L'immigration illégale, c'est une malchance pour les immigrés illégaux eux-mêmes qui arrivent dans des conditions terribles sur notre sol, et pour la France qui n'arrive pas à les intégrer. Mais l'immigration légale, bien sûr que c'est une chance pour notre pays. - L.Sénéchal: Il a rappelé qu'il s'appelait "Gérald Moussa Darmanin".
Il cultive sa différence avec B.Retailleau et il cultive aussi son réseau politique pour sa rentrée chez lui à Tourcoing, en présence de 3 anciens Premiers ministres: G.Attal, pour la photo, contrairement à E.Borne et E.Philippe. - E.Borne: Je suis heureuse d'être à vos côtés dans une après-midi qui est peut-être un peu moins chaude que l'an dernier, mais dont le climat me paraît plus serein. - E.Philippe: Je suis venu ici parce que Gérald m'a demandé de venir et de faire bref.
Je peux dire merci à quelqu'un qui, pendant 7 ans, a consacré chaque minute de sa vie à essayer de servir les Français du mieux qu'il pouvait. - L.Sénéchal: Il n'y a pas un peu de RN dans la bouche de B.Retailleau, notamment quand il parle de l'Etat de droit ou des immigrés? - T.Berteloot: J'ai vu des réactions à l'extrême droite de gens qui sont vraiment à l'extrême droite dure se féliciter de cela.
Les députés qui reprennent le discours du RN ont en tête de se dire qu'ils vont couper l'herbe sous le pied, siphonner... - L.Sénéchal: Comme l'avait fait N.Sarkozy. - T.Berteloot: Ces gens-là imaginent que cet électorat va d'un seul coup changer d'idées, alors qu'il les déteste.
Ils ne comprennent pas quelque chose de fondamental avec le RN: il avance grâce à des victoires idéologiques. Dès que le RN ou l'extrême droite gagne une victoire idéologique, il va plus loin. Là, on a quelqu'un qui prend le discours de l'Etat de droit, en disant que l'immigration n'est pas une chance, mais il donne simplement des gages à un discours porté par l'extrême droite, qui va simplement aller plus loin après. - A.-E.Lemoine: D.Trump propose un jour de violence contre les voleurs. - L.Sénéchal: Il propose d'autoriser la violence contre ceux qui tentent de voler des magasins. - L.Sénéchal: D.Trump a aussi passé le week-end à insulter sa rivale K.Harris.
Il l'a traitée d'handicapée mentale samedi et dimanche. ... - L.Sénéchal: K.Harris peut aider à en finir avec l'ère toxique définie par D.Trump, selon le "New Yorker".
Il appelle à voter pour elle, sans surprise. Elle était en meeting dans le Nevada, dans l'un des Etats-clés. - L.Sénéchal: Trump refuse un nouveau face-à-face.
Quand vous voyez cette campagne et l'outrance développée par Trump, il vous surprend chaque jour en allant plus loin dans les insultes? - G.Araud: D'abord, la violence...
Ca correspond à quelque chose derrière. Un certain nombre d'Etats interdisent qu'on s'oppose au vol dans un magasin si le vol est inférieur à 50 dollars. - L.Sénéchal: Pour éviter des drames. - G.Araud: La conséquence, c'est qu'on a tous des petits films sur la télévision américaine, avec des gens qui entrent et qui se servent.
A San Francisco, vous le savez, il y a les SDF dans la rue, les drogués...
Il y a quand même cette atmosphère. Quand Trump joue là-dessus...
Il sent là où il y a un nerf et il appuie dessus systématiquement. Ca nous paraît étrange ou excessif...
L'homme est très intelligent. Il connaît son électorat, les Américains. Il sait comment y aller. - A.-E.Lemoine: Ca plaît à son électorat, qu'il traite K.Harris d'handicapée mentale? - G.Araud: C'est une catégorie en soi, aux Etats-Unis.
Vous avez vu ce qu'il a dit. Le type vous répondra avec un sourire: "C'est Trump." Ils sont au coude à coude.
Trump peut l'emporter. - P.Cohen: Oui, il faut le répéter. - G.Araud: On est tellement horrifiés qu'on l'oublie. - A.-E.Lemoine: Merci beaucoup, G.Araud.
Vous êtes ancien ambassadeur de France en Israël et aux Etats-Unis. I.Lasserre, on vous retrouve dans les colonnes du "Figaro". "La Machine à gagner", c'est aux éditions du Seuil, T.Berteloot.