Ma réponse à Pap Ndiaye et mes projets pour Reconquête
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
RTL Matin
RTL 7h43, Amandine Bégaud, vous recevez ce matin Eric Zemmour.
Eric Zemmour, vous avez réuni hier vos militants au Palais des Sports à Paris pour le premier anniversaire de votre mouvement Reconquête. Et alors déjà, une promesse non tenue, puisque vous aviez promis de finir votre discours avant la fin du coup d'envoi France-Pologne. C'est raté.
Ah non.
Ben si, à la Marseillaise. Il y avait eu la Marseillaise et le match s'était joué depuis trois minutes, j'ai tout regardé.
J'ai fini à moins une. Oui mais moi-même j'avais une Marseillaise. Mon discours a fini avant le match de foot.
Bon, plus sérieusement, c'était quoi l'objectif de ce meeting ? Dire je suis toujours là, raviver la flamme des militants ?
Écoutez, on voulait d'abord fêter notre anniversaire, ça vous arrive vous aussi de fêter des anniversaires. Et puis, il faut dire qu'on avait un an, ça se fête, on a bien grandi depuis. Vous savez, il y a un an, le 5 décembre, je faisais ce meeting de Villepinte et on créait le parti Reconquête. Le jour même, il y avait 10 000 adhésions et ensuite, surtout le mois, il y en a eu 60 000. Là, nous sommes dans la phase de réadhésion. Je peux vous dire qu'uniquement, la journée d'hier, on a eu 15 000 réadhésions. C'est pas mal.
Alors, 130 000 adhérents et 80% je crois des adhésions arrivent à échéance dans les semaines qui viennent.
Donc, 15 000 réadhésions le jour même, hier. Donc, vous voyez, ça va continuer. Vous savez, en période non électorale, les partis politiques ont beaucoup plus de mal, c'est normal, à avoir des adhérents. Si on arrive à 30 000, c'est-à-dire la moitié des 60 000, je ne parle pas des 130 000, on fera quelque chose qu'aucun parti politique n'a jamais fait. Vous savez, la plupart des partis politiques se contentent de 20 000 adhérents, ils sont tout contents.
Le RN, c'est 40 000, LR, c'est 100 000 ?
Le LR, ce n'est pas 100 000. LR, c'est 90 000 quand ils sont en élection. Et après, ça redescend en dessous de 40 000. Et le RN, ce n'est pas 40 000, c'est 20 000, à tout cas, c'est... Mais peu importe, ce n'est pas l'important.
Donc, votre objectif, c'est quoi ? 30 000 ?
Mon objectif, c'est non. C'est là, dans un premier temps, sur les 60 000 qui avaient adhéré... Au tout début ? Au tout début, de faire un taux de 50% de réadhésion. Donc, 30 000. Ça serait déjà, je vous assure, un exploit. Et on est bien parti, point.
On peut adhérer à Reconquête pour un an, pour deux ans, et même pour cinq ans. Ça veut dire quoi ? Que vous serez candidat en 2027 ?
Vous savez, on verra. L'important, on dit pour cinq ans, parce que c'est l'échéance normale de la vie politique française depuis l'instauration du quinquennat.
Voilà. Bon, avant ça, il y a les Européennes. Mais 2024, vous serez candidat ou là ou pas ? Hier, vous avez dit, je ne dis rien, on verra. Oui, parce que...
Mais vous en avez envie ou pas ? Non, mais on va se décider entre nous. C'est loin, les Européennes, vous savez. Donc, ça, ça n'intéresse que vous, qu'un petit milieu microcosmique.
C'est une élection importante, c'est l'élection importante avant la présidence.
Vous avez raison, mais c'est dans un an et demi, donc j'ai le temps. Avant, on se décidera, vous inquiétez pas. Vous serez en temps et en heure. Et puis, on se décidera entre nous. Et puis, je dirais ce qu'il faut. Mais l'important avant, c'est ce qu'on a décidé hier, ce que j'ai dit hier, c'est-à-dire notre triptyque, idée, action, élection. Élection, vous en avez parlé, mais il faut parler des idées et de l'action. Parce que, soit un mouvement n'est qu'un mouvement d'idées, et c'est un mouvement intellectuel, très bien, moi, ça me plaît beaucoup, c'est ce que j'ai fait. Voilà, exactement. Mais, c'est pas un parti politique. Soit, on ne fait que l'action.
Et là, c'est très bien aussi, sauf qu'on devient uniquement un parti composé d'ambitieux, qui ne pense qu'à la prochaine échéance, et qui ne réfléchit plus aux idées, etc.
Mais, à partir de 100 députés, Éric Zemmour, c'est pas compliqué, au quotidien ?
Vous savez, d'abord, nous avons des députés. Nous avons même des sénateurs, nous en avons même deux. Vous n'avez pas de députés ? Nous avons des députés européens. Oui, mais pas l'Assemblée nationale. Mais, vous savez, le Front National a vécu des décennies sans députés. Vous voyez, ça ne l'a pas empêché de croître et d'embellir.
Le seul moyen de gagner, dites-vous, et vous l'avez encore répété hier, c'est l'union des droites. Union des droites que vous voyez comme un moyen. Comment ça peut se faire ? Ni les LR, ni l'ERN ne veulent en entendre parler. Ça se fera sans parti, sans les partis ?
Non, non, vous savez, moi, je crois, la politique, j'ai appris ça quand j'étais journaliste politique, la politique, c'est le rapport de force. Donc, si ceux qui sont favorables, les électeurs, je parle des électeurs, j'ai bien compris que les appareils n'en voulaient pas, chacun croit qu'il va gagner seul, sauf que ça fait 15 ans qu'il perd à chaque fois. C'est leur problème. Maintenant, moi, j'essaye de trouver les moyens de gagner. J'en fais pas, vous savez, l'union des droites, j'en rêve pas la nuit. C'est un simple moyen, comme vous l'avez dit. Donc, si les appareils n'en veulent pas, très bien, j'en prends acte. Les électeurs, je vois les sondages, mes électeurs sont à 95% favorables.
Les électeurs du RN sont à 70% favorables à cette union des droites. Intéressant. Les électeurs de LR, moitié, moitié. Les moitiés sont pour, moitié sont contre. Ce qui prouve que ce parti, d'ailleurs, est mort, et qu'il y a une moitié qui est avec moi et avec nous, et une moitié qui est avec Emmanuel Macron.
Le parti est mort, quel que soit le président, Bruno Rotaillot ou Éric Ciotti. Hier, c'est Éric Ciotti qui est arrivé en tête. D'ailleurs, vous avez cité dans votre discours Bruno Rotaillot, et pas Éric Ciotti, c'était volontaire ?
Oui, j'aurais pu citer Éric Ciotti. C'était pour l'équilibre, l'harmonie, puisque j'avais cité Jordan Bardella, il en fallait qu'un. Vous savez, je pense que ce n'est pas le problème des personnes. Moi, j'ai beaucoup d'amitié, je les connais depuis longtemps, et de respect pour Éric Ciotti, pour Bruno Rotaillot. Ce n'est pas le problème. Le problème, c'est l'ADN de ce parti. Mais vous seriez prêt ? Attendez. L'ADN de ce parti, c'est l'union, l'alliance, pour le coup, entre la droite et le centre. Qu'est-ce qui se passe ? Et depuis la création de l'UMP, il y a 20 ans, qu'est-ce qui se passe ? La droite se soumet toujours au centre, et le centre se soumet toujours à la gauche.
Donc, finalement, les électeurs de droite qui votent LR sont toujours floués. On l'a vu avec Éric Ciotti. Éric Ciotti, franchement, il parlait comme moi l'année dernière à la primaire. D'ailleurs, ça lui a permis de faire un score remarquable. Et qu'est-ce qu'il fait là, dans la campagne ? Il commence à dénoncer M. de Fournasse comme la presse de gauche, comme la presse de gauche, etc. Vous vous souvenez de cette histoire ? Attendez, non ! Je veux dire que, inexorablement, inéluctablement, parce qu'il a peur, comme toujours, que la famille se disloque, que les centristes aillent chez Macron. Donc, il est obligé de donner des gâts.
Je vous dis encore une fois, je ne veux pas câbler Éric Ciotti. C'est comme ça, c'est dans la logique de LR.
Pas d'avenir pour LR, dites-vous.
Pardon ?
Pas d'avenir pour LR, dites-vous.
Moi, je crois qu'ils sont morts, d'ailleurs. Je crois que Nicolas Sarkozy, qui l'a fondé, pense la même chose.
C'est ce qu'il vous a, soi-disant, confié lors d'un déjeuner. Pourquoi soi-disant ? Soi-disant, je ne sais pas, c'est vous qui le racontez. Nicolas Sarkozy ne l'a pas confirmé.
Ah, mais ne dites pas soi-disant, alors dites, c'est vous qui le racontez.
Ça sert à quoi, d'ailleurs, de raconter ce que vous vous dites avec Nicolas Sarkozy ?
Ça sert à tester ce que je dis. Et vous savez, c'est lui qui a révélé notre déjeuner. Donc, je me sens assez libre.
Avant ces européennes, il y a le livre que vous avez écrit, sortu prévu en mars prochain. Vous aviez d'ailleurs, je crois, remis le manuscrit la semaine dernière.
Vous êtes bien informé.
Il a un titre ? Quel sera le titre ?
Non, il n'a pas encore de titre. Vous savez, moi, je trouve les titres au dernier moment, et ce n'est pas toujours moi qui trouve les titres.
Vous revenez sur la présidentielle, et alors on nous dit, pas de mea culpa, ni de regret. Vous ne regrettez rien ?
On regrette toujours des choses.
Vous regrettez quoi ?
Vous verrez, vous me lirez.
Non, mais dites-vous un peu.
Non, mais vous me lirez. Il y a des choses que je regrette, il y a des choses que je ne regrette pas. Si vous voulez, ce que je ne regrette pas, c'est d'avoir fait campagne sur les thèmes sur lesquels j'ai fait campagne. Est-ce que vous regrettez parfois certaines... Toute la France sait ce qu'est le grand remplacement, c'est ça qui m'importe. C'est le front qui m'importe. Et pour ça, c'est très important.
Vous regrettez, je ne sais pas, certaines postures, certains gestes ? Certaines attitudes ?
Mais vous verrez, j'ai un chapitre entier consacré et que j'ai intitulé « Mea culpa ».
Bon, Papendiaï, le ministre de l'Éducation nationale, a dit de vous hier sur Radio-J, « Il n'a pas sa place en politique, ce type de personnage, et je cite un poison lent contre lequel il faut mettre les Français en garde. » Lorsqu'on dit que Pétain a sauvé les Juifs, on n'a plus grand-chose à dire sur quoi que ce soit. Voilà ce qu'a dit hier le ministre de l'Éducation nationale. Vous lui répondez quoi ce matin ?
Je réponds que moi, contrairement à M. Papendiaï, je n'attaque pas la France alors que je suis ministre aux États-Unis. Et je ne dis pas que la France, il est difficile de parler des races. Je ne suis pas un intellectuel indigéniste qui dit que la France est raciste parce qu'elle est simplement assimilationniste. Moi, vous comprenez, comme M. Papendiaï, la France m'a tout donné. J'ai pu faire des études passionnantes, j'ai pu avoir des diplômes, comme M. Papendiaï. J'ai pu élever mes enfants très correctement, comme M. Papendiaï, qui les met dans une école privée et qui fait après la leçon à tout le monde. Seulement moi, je fais l'éloge de la France. Contrairement à M.
Papendiaï, qui commence son temps dans toute son œuvre à cracher sur elle alors qu'elle lui a tout donné.
Bon, voilà, pour une réponse qui, effectivement, ne manquera sans doute pas d'être commentée. Je disais aucun regret, aucun regret après l'affaire Lola, après les accusations de récupération politique.
Vous savez, je ne comprends pas cette histoire de récupération politique.
Mais il n'y a pas de limite, c'est-à-dire qu'il n'y a pas un moment où on se dit, par respect pour une famille.
Est-ce que vous dites ça à ceux qui défendent Adama Traoré ? Est-ce que vous dites ça à ceux qui ont manifesté pour la mort de George Floyd, le noir américain ? Est-ce que vous dites ça à François Hollande quand il est allé voir le petit Théo, soi-disant, là pour le coup, molesté par des policiers ? Est-ce que vous leur dites ça ? Alors la récupération, c'est que de mon côté. Non, je suis désolé, cette petite enfant a été massacrée de façon ignoble. Il fallait le dire et il n'est pas interdit d'essayer, car on peut me contester, d'essayer de trouver des raisons à ces crimes, à ce que j'appelle des francocides. Je suis désolé, je dois donner des clés de compréhension au pays.
Merci beaucoup Eric Zemmour. Merci à vous.
Éric Zemmour