Attentat en Allemagne : Poutine fait-il un pas de plus vers la guerre contre l'Europe ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 70 %Défensif 30 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 83 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 1:13OuverteRéponse directe
On peut vraiment parler d'attentat, de tentative d'attentat ?
- 2:24RelanceRéponse partielle
Pourquoi ? On en est arrivé là. On n'était jamais allé aussi loin.
- 2:56OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que c'est une attaque hybride ? Il faut rappeler ce que c'est exactement.
- 5:03OuverteRéponse partielle
Est-ce qu'on a vraiment répondu ?
- 7:10RelanceRéponse directe
Donc on fait comme les Russes, on agit en douce ?
- 7:48OuverteRéponse directe
Mais alors, la question n'est plus est-ce que la Russie finira par attaquer plus directement...
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:17InvitéFait
« Ah oui, très clairement. On ne peut plus parler d'attaque hybride. Une attaque hybride, c'est quand on ne sait pas très bien si c'est la guerre ou la paix. »
- 1:32InvitéFait
« Et s'il avait fonctionné, c'est uniquement parce que son dispositif de mise à feu a dysfonctionné que l'explosion n'a pas eu lieu. »
- 2:14InvitéFait
« Ce qui fait que le lendemain, le directeur de la CIA, c'est une des raisons pour lesquelles le directeur de la CIA part à Moscou. »
- 3:25InvitéFait
« C'est parce que les Allemands ont des élections ce week-end et parce que le parti d'extrême droite allemand, l'AFD, qui est très pro-Poutine, est en tête des sondages »
- 4:05InvitéFait
« La Russie est enlisée en Ukraine sur le terrain et essaie par tous les moyens d'essayer de couper l'aide apportée par les Occidentaux à l'Ukraine »
- 4:25InvitéFait
« Dans l'espace russe, c'est la recomposition d'un espèce d'empire soviéto-tsariste. Donc récupérer les républiques qui avant appartenaient à la sphère russe ou soviétique. »
- 4:49InvitéFait
« Et si l'OTAN à ce moment-là ne répond pas, la Russie aura gagné, l'OTAN sera mort. »
- 5:51InvitéFait
« Mais c'est juste fou. Les Russes le savent très bien puisqu'ils voient les prix à la pompe monter au quotidien. »
- 6:49InvitéFait
« grâce aux armes qu'on les a aidées à mettre au point. Je rappelle que les drones de longue portée qu'utilisent les Ukrainiens, ils sont guidés grâce à des modules qui sont fournis par les industriels européens. »
- 7:52InvitéFait
« Vladimir Poutine mise sur la lassitude des Européens. Et jusque-là, ça a toujours été le cas. »
- 8:34InvitéFait
« On a toujours mis des limites. Au début, on ne voulait pas donner de chars. Ensuite, on ne voulait pas donner d'avions. »
- 10:11InvitéFait
« ils ont préparé un plan pour le faire, pour justement obliger les Européens à dire « on accepte une confrontation directe ou on se rétracte ». »
- 10:44InvitéFait
« les Russes ont cette tentation d'utiliser une arme nucléaire tactique. En tout cas, ils ont remis les plans sur la table. »
Temps de parole
- Invité39 %
- Invité 236 %
- Présentateur20 %
- ?3 %
≈ 26 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
L'enquête de
police,
le mode d'opératoire ainsi que des informations des services
de renseignement, tout indique qu'il y a une responsabilité
russe à Leipzig.
C'est le ministre de l'Intérieur allemand Alexander Dobrindt. Dans la nuit du 5 au 6 août, un drone chargé d'explosifs a été découvert dans la zone sécurisée des opérations de frais de l'aéroport de Leipzig à proximité d'un avion cargo ukrainien. Car cet aéroport est une plaque tournante pour le matériel militaire de l'OTAN. Alors le drone était russe selon les autorités allemandes. On a appris ce matin qu'un ADN avait permis de confirmer la responsabilité russe. Que cherche Moscou ? Jusqu'où ira Poutine ? Est-ce que la réponse allemande, européenne, est à la hauteur du danger ? On en débat avec les grands esprits se rencontrent.
Face à face, Isabelle Lasser, correspondante diplomatique au Figaro et ancienne correspondante à Moscou. Bonsoir. Bonsoir. Et Guillaume Ancel, ancien officier et écrivain français, auteur du site d'information Ne Pas Subir. Bonsoir. Bonsoir. Alors c'est une tentative d'attentat qui a eu lieu sur l'aéroport de Leipzig en Allemagne dans la nuit du Saint-Costitut. On peut vraiment parler d'attentat, de tentative d'attentat, Guillaume Ancel ?
Ah oui, très clairement. On ne peut plus parler d'attaque hybride. Une attaque hybride, c'est quand on ne sait pas très bien si c'est la guerre ou la paix. Mais là, c'est une attaque militaire. Ce n pas un drone.
C
'est trois drones.
Et
en plus, on a la vidéo du drone principal qui va attaquer l'avion ukrainien. Et s'il avait fonctionné, c'est uniquement parce que son dispositif de mise à feu a dysfonctionné que l'explosion n'a pas eu lieu. Mais il allait taper un des réservoirs de carburant qui sont dans les ailes des avions. C'est un avion cargo civil ukrainien. Mais on est bien sur un aéroport civil qui n'est pas un aéroport militaire. J'insiste. Si l'avion avait été touché,
il
aurait probablement explosé. Il aurait probablement fait plusieurs morts et blessés et touché d'autres avions autour. Donc,'est vraiment une attaque militaire sur une emprise civile en Allemagne au cœur de l'Europe. C'est à ça qu'on a assisté début août. Et d'ailleurs, les services de renseignement allemands se sont empressés de prévenir tous les pays de la coalition des volontaires et aussi les États-Unis. Ce qui fait que le lendemain, le directeur de la CIA, c'est une des raisons pour lesquelles le directeur de la CIA part à Moscou. Parce qu'il a des informations qui montrent
que la Russie a
passé un stade sur le sujet.
Pourquoi ? On en est arrivé là. On n'était jamais allé aussi loin. Les Russes n'étaient jamais allés aussi loin dans leurs attaques contre l'Europe et contre l'Allemagne.
Oui. Alors, il y a une accélération depuis plusieurs mois des attaques hybrides qui, d'ailleurs, n'en sont pas.
Oui.
N'en sont plus. Parce que, comme le disait Guillaume Ancel, si jamais cet avion avait explosé, il y avait des dégâts. Enfin, on est sortis de la guerre hybride. D'ailleurs, qu'est-ce
que c'est une attaque hybride ? Il faut rappeler ce que c'est exactement. Une guerre hybride, plus exactement.
La guerre hybride, c'est une guerre qui n'est pas conventionnelle. Vous voyez, par exemple, si je vous fais avec des images, ce n pas les chars qui franchissent les frontières d'un pays, mais c'est une attaque cyber. Ce sont des attaques des informations. Ce sont des opérations de sabotage. Voilà. Alors, les Russes montent le niveau de la guerre hybride jusqu'à atteindre une espèce de limite qui pourrait provoquer une réponse des Européens. Alors, pourquoi ils font ça maintenant ? Il y a plusieurs réponses du côté allemand.
C'est parce que les Allemands ont des élections ce week-end et parce que le parti d'extrême droite allemand, l'AFD, qui est très pro-Poutine, est en tête des sondages et que les Russes ont toujours tenté d'influencer les pays dans lesquels des élections pouvaient être influencées et faire plutôt pencher la balance de leur côté. C'est la même chose pour la France. On a des élections l'année prochaine. Il
y
deux parties à l'extrême droite et à l'extrême gauche sont plutôt plus favorables que les autres. On peut le dire comme ça à la Russie de Vladimir Poutine et il faut les encourager. Ça, c'est la raison de politique électorale. Sur le fond, la Russie est enlisée en Ukraine sur le terrain et essaie par tous les moyens d'essayer de couper l'aide apportée par les Occidentaux à l'Ukraine pour enrayer en fait cette aide qui lui pose des problèmes. puis alors, si on voit le tableau de manière encore plus générale, la Russie a des buts. Dans l'espace russe, c'est la recomposition d'un espèce d'empire soviéto-tsariste.
Donc récupérer les républiques qui avant appartenaient à la sphère russe ou soviétique. Et puis vis-à-vis de l'Occident, c'est d'essayer de détruire l'OTAN et de faire se décomposer sur elle-même l'Union Européenne. Donc en testant l'OTAN, la Russie analyse nos réponses et un jour il y aura sans doute un plus gros test. Et si l'OTAN à ce moment-là ne répond pas, la Russie aura gagné, l'OTAN sera mort. On
n est pas
encore là. Alors justement, est-ce qu'on a vraiment répondu ? Alors il y a eu un petit peu d'agitation, des réunions, a fermé des représentations diplomatiques allemandes. Mais est-ce que c'est suffisant pour dissuader Poutine ?
Ce n pas la réponse. Ce n pas la réponse militaire. Les Allemands procèdent de manière très organisée. C'est-à-dire qu'ils n'ont pas voulu, comme les inciter en fait à faire la Russie, une espèce de réponse hyper réactive et provocatrice. On est, je le rappelle, dans une situation qui est extrêmement dangereuse.
Parce
que les Russes
sont
bloqués sur le front militaire.
Et
en plus, Poutine retrouve la guerre qu'il a voulu lancer contre l'Ukraine jusqu'à Moscou. Donc il est dans
une situation où
les drones ukrainiens pénètrent sur le territoire russe.
Encore aujourd'hui, il a essayé de faire croire aux Russes qu'ils avaient intercepté tous les drones et qu'ils avaient réparé 90% des installations pétrolières. Mais c'est juste fou. Les Russes le savent très bien puisqu'ils voient les prix à la pompe monter au quotidien. Donc Poutine est dans une mauvaise situation. Et il escalade la situation. C'est ce qu'il a fait avec l'Allemagne. Mais c'est ce qu'il a fait aussi. Il y a eu des incendies dans des usines d'armement en Italie,
en
Pologne.
On
sait très bien que ce sont pas des causes naturelles. Ce sont des actions qui sont de plus en plus violentes et ouvertes contre les pays européens pour faire comme l'a rappelé Isabelle,
pour
mettre les Européens au pied du mur. Alors vous voulez continuer à soutenir la résistance ukrainienne ? Mais vous n'avez pas peur ? Vous n pas peur pour vous ? Et donc nous, il faut qu fasse très attention à notre réaction. La réaction des Allemands, ça a été de se coordonner. Et c'est pour ça qu'ils ont d'abord prévenu tous les pays de la coalition des volontaires. Et ils ont décidé que, bien évidemment, il y aura des déclarations officielles. y aura une réunion de l'OTAN qui dira, nous apportons un soutien défectible à la résistance ukrainienne.
Mais
les opérations seront secrètes. Et dans ces opérations, il y a par exemple le fait qu'on aide les Ukrainiens
à
faire des frappes encore plus compliquées pour la Russie grâce aux armes qu'on les a aidées à mettre au point. Je rappelle que les drones de longue portée qu'utilisent les Ukrainiens, ils sont guidés grâce à des modules qui sont fournis par les industriels européens. Les Ukrainiens ne savent pas faire des modules d'une telle sophistication. Ce sont des industriels européens qui leur fournissent.
Donc on fait comme les Russes, on agit en douce. On ne les attaque pas directement.
Non,
on ne pas comme les Russes, parce que les Russes, eux, nous attaquent directement. Mais là, quand on équipe les Ukrainiens face
à une manière de
répliquer, c'est ça que je veux dire. 'est la réponse.
Mais le soutien européen
à
l'Ukraine, il est complètement ouvert. Il est d'ailleurs assez ancré dans le temps. Il est régulier. aujourd'hui, il est quasiment le seul, puisque les Américains ne fournissent plus que les renseignements. Mais
est-ce que le jour où il y
des
morts, on pourra là aussi se contenter de dire « On ne tombe pas dans le piège, on va continuer à soutenir l'Ukraine ».
Il y un moment. Alors, Vladimir Poutine mise sur la lassitude des Européens. Et jusque-là, ça a toujours été le cas. C'est un jeu dangereux, parce que je pense qu'un jour, moi, les Européens et l'OTAN vont répondre. Et là, on risque un conflit ouvert avec la Russie. Donc, jusqu'où Vladimir Poutine va pousser la provocation, on ne le sait pas encore. Mais quand même, je voudrais dire quelque chose. C'est que les menaces de la Russie, ses attaques, etc., depuis le début de la guerre en Ukraine, depuis février 2022, ça a quand même relativement fonctionné. Parce que même si les Européens aident l'Ukraine, ils ont toujours aidé l'Ukraine en appuyant au début sur le frein.
On a toujours mis des limites. Au début, on ne voulait pas donner de chars. Ensuite, on ne voulait pas donner d'avions. Ensuite, on ne voulait pas fournir de missiles en disant qu'on a peur de l'escalade éventuelle de Vladimir Poutine, laquelle n'est finalement pas venue, en tout cas pas sur la question nucléaire, ce qui faisait beaucoup peur aux pays européens. Si on avait donné tout ce qu'on a donné à l'Ukraine d'un seul coup au tout début de la guerre, la guerre serait peut-être finie aujourd'hui. Et les Ukrainiens ne seraient pas en si grande difficulté. Donc, vous voyez, on les aide, mais on ne protège pas leur ciel. Donc, c'est toujours une aide qui est contenue.
On leur permet de tenir, mais on ne leur permet pas de gagner la guerre. Or, plus elle dure, plus la Russie durcit son escalade, et plus on arrive à une espèce de limite où les choses peuvent déraper.
Mais alors, la question n'est plus est-ce que la Russie finira par attaquer plus directement et à faire des morts dans un des pays européens, mais quand le fera-t-elle en fait ? On
est
sur cette trajectoire. C'est-à que les pays de l'OTAN se préparent à une agression de trois types. Je dirais que ça constitue presque une forme d'escalier. La première, c'est des attaques limitées contre des installations industrielles. Aujourd'hui, les services de renseignement danois ont dit à tous leurs industriels de défense qu'il faut vous préparer à des actions de sabotage et de destruction d'usines.
Parce qu'il des
élections aussi au Danemark prochainement, peut-être
?
Je ne sais pas, mais parce que le Danemark est très impliqué dans le soutien à la résistance ukrainienne. Le deuxième point qui inquiète beaucoup les pays de l'OTAN, parce qu'ils le savent grâce aux services de renseignement américains,
c
'est que les Russes préparent
une
attaque limitée contre un pays européen frontalier de la Russie. Ils se donnent les moyens, ils ont préparé un plan pour le faire, pour justement obliger les Européens à dire « on accepte une confrontation directe ou on se rétracte ». Et ça, ça inquiète tellement les Américains qui, de fait, seraient impliqués, qu'ils ont envoyé leur directeur de la CIA le 25 août dernier pour aller dire à son homologue russe « on sait ce que vous préparez ». Surtout, n'y allez pas, parce qu'on sait ce que vous préparez. Et puis, le troisième point qui inquiète encore plus les pays de l'OTAN, c'est que
les
Russes ont cette tentation d'utiliser une arme nucléaire tactique. En tout cas, ils ont remis les plans sur la table. Encore une fois, ce sont les services de renseignement qui nous le disent. Et
le
message qu'a délivré le directeur de la CIA, c'est de dire « on sait quand vous allez manipuler une arme nucléaire, n'y pensez même pas ». Mais on voit bien que la Russie est dans une forme de fuite en avant qui nous expose à une aire de tous les dangers. Et bien sûr que les pays de l'OTAN se préparent et espèrent pouvoir réagir et surtout dissuader. Parce que finalement,
si
on veut défendre la paix, il ne faut pas avoir peur de se battre.
Merci beaucoup Guillaume Ancel, Isabelle Lasserre pour ce face-à-face dans les grands esprits, se rencontre. À présent, on va entendre le meilleur de nos invités, de nos humoristes, de nos auditeurs. C'est la story RTL de Florian Gazon.
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