Guerre en Ukraine : la visite des émissaires de Donald Trump va-t-elle réellement avoir un impact ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Attaque 30 %Défensif 70 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 100 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:34OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qu'il faut attendre de cette négociation, médiation ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Vous pensez que Poutine a reçu cette leçon, ou en a tiré peut-être des conclusions ?
- 2:52OuverteRéponse directe
Est-ce que vous pensez qu'il y a réellement sur la table une nouvelle proposition américaine ?
- 3:40OuverteRéponse directe
Vous avez l'impression que ce conflit, qui est parti pour durer, est dans une forme d'impasse militaire ?
- 4:58OuverteRéponse directe
L'économie russe qui devait mettre un genou à terre en 15 jours, elle tient en réalité le choc. C'est parti pour durer, cette affaire.
- 5:55OuverteRéponse directe
La seule concession qui serait acceptable pour le président russe, quelle serait-elle ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:45Invité politiqueFait
« ces deux émissaires, qui sont fondamentalement des agents immobiliers, n'ont jamais réussi une négociation »
- 1:50Invité politiqueFait
« leurs positions ont toujours été très très proches de M. Poutine »
- 3:13Invité politiqueFait
« La seule nouvelle proposition, je le rappelle, ça serait de revenir à la position qui consiste à dire cessez le feu, puis discutons »
- 3:21Invité politiqueFait
« le président Poutine a toujours refusé cette position-là »
- 4:36Invité politiqueFait
« les troupes russes ne progressent pas beaucoup, mais grignotent quand même un peu de terrain »
- 5:12Invité politiqueFait
« Elle tient, mais elle souffre quand même »
- 5:35Invité politiqueFait
« un certain nombre d'oligarques qui commencent à se poser des questions sur le fait qu'ils vont finir par perdre de l'argent plutôt qu'en gagner »
- 6:16Invité politiqueFait
« Poutine est allé trop loin pour ne pas aller plus loin »
- 6:38Invité politiqueFait
« on me pendra, ils vont me pendre si je perds cette guerre »
Temps de parole
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Sud Radio, le grand matin week-end, 7h10h, Jean-François Kéli. Et Sud Radio vous explique ce matin, nous allons évoquer cette négociation qui se déroule en ce moment même entre Moscou et Kiev. Bonjour Général Dominique Trinquant.
Bonjour Jean-François.
Bonjour, heureux de vous avoir ce matin. Vous êtes l'ancien chef de la mission française auprès de l'ONU et auteur de N'ayons pas peur, publié par Robert Laffont. Bon, le 8 octobre prochain, votre prochain essai, Général Dominique Trinquant. Alors, très concrètement, les deux émissaires américains, Jared Kochner et Steve Witkoff, qui ont été reçus hier, vous me corrigez, mais je crois que ça a duré trois heures par Vladimir Poutine, sont attendus à Kiev ce matin. Ils doivent rencontrer évidemment le président Volodymyr Zelensky, Général Dominique Trinquant. Qu'est-ce qu'il faut attendre de cette négociation, médiation
?
Écoutez, la première chose qu'il faut saluer, c'est le fait qu'ils se rendent à Kiev. C'est la première fois qu'ils se rendent à Kiev. Donc, on démarre ce qu'on appelle des navettes dans le langage diplomatique, c'est-à-dire une visite à Moscou, une visite à Kiev, pour échanger les points de vue. Donc ça, c'est un point de vue positif qu'il faut saluer. Le deuxième point qu'il faut saluer, c'est que les deux présidents, Zelensky et Poutine, ont acté le fait qu'il n
'y
aura pas de frappe ni sur Moscou ni sur Kiev pendant cette période-là, même si le président Zelensky avait proposé un cessez-le-feu qu'a refusé le président Poutine. Ça,
ce
sont les points positifs. Les points négatifs, c'est que pour l'instant, ces deux émissaires, qui sont fondamentalement des agents immobiliers, n'ont jamais réussi une négociation. Donc, il va falloir voir, on sait que leurs positions ont toujours été très très proches de M. Poutine, il va falloir voir si les choses ont évolué, si le président Poutine lui-même a évolué, ce qui reste douteux pour l'instant. Mais enfin, après, j'allais dire, la leçon donnée par le Premier ministre, M.
Baudi, lors du sommet de Bishkek au président Poutine, celui-ci se rend bien compte que sa guerre est impopulaire, non seulement, probablement, dans le peuple russe, mais également auprès de ses amis les plus proches.
Vous pensez que Poutine a reçu cette leçon, ou en a tiré peut-être des conclusions ? Parce que c'est vrai que la séquence a été dure pour lui, et filmée en plus.
Alors, la séquence a été effectivement très dure, je ne suis pas convaincu du tout qu'il en ait tiré des leçons. Le président Poutine est enfermé dans un couloir de nage, comme on dit, et il n'en sort pas.
Est-ce que vous pensez qu'il y a réellement sur la table une nouvelle proposition américaine, comme d'habitude le président Trump a semblé dire qu'il y avait une sorte d'accord de paix en marche, ou est-ce que c'est encore une forme de gesticulation
?
Écoutez, moi j'ai beaucoup de mal à croire qu'il y a vraiment des nouvelles propositions. La seule nouvelle proposition, je le rappelle, ça serait de revenir à la position qui consiste à dire cessez le feu, puis discutons. Or, pour l'instant, le président Poutine a toujours refusé cette position-là. On verra dans les jours. D'ailleurs, la partie américaine est très prudente. Elle dit que des propositions vont être faites, il y a eu des discussions substantielles, et on verra dans les semaines qui viennent. Donc, vous voyez que l'accord n'est pas proche.
Vous avez l'impression que ce conflit, qui est parti pour durer, le général Dominique Trinquant, au fond, est dans une forme d'impasse militaire. Tantôt, nous avons des actions spectaculaires ukrainiennes qui font mal aux infrastructures russes, et puis soudain, quelques semaines, jours après, il
y a
une forme de bascule avec des multiplications de bombardements très ravageurs, russes cette fois sur le sol ukrainien. Quelque part, ça ne bouge pas, ou ça évolue très peu, en réalité
? Ça
évolue très peu. Moi, je prends toujours l'image de deux boxeurs sur Harry, qui se frappent et qui attendent que l'un d'entre eux ait un chaos. Et en fait, ça ne se présente pas. Donc, pour l'instant, c'est effrayant. C'est un combat à mort, aussi bien sur le front, entre les troupes ukrainiennes et russes, et les troupes russes ne progressent pas beaucoup, mais grignotent quand même un peu de terrain. Et également, dans la profondeur, contre la population ukrainienne, on a vu les frappes terribles qu'il y a sur Odessa et sur Kiev, et puis la volonté ukrainienne de faire craquer l'économie russe en frappant dans la profondeur.
Mais pour l'instant, on ne voit pas d'évolution sur les positions des deux belligérants.
L'économie russe qui devait mettre un genou à terre en 15 jours, souvenez-vous, certaines déclarations, jadis, au tout départ du conflit, elles tient en réalité, elles tient le choc. C'est parti pour durer, cette affaire.
Elle
tient, mais elle souffre quand même. Je veux dire par là qu'il y a bien sûr les difficultés d'approvisionnement au pétrole, on l'a vu, mais aussi le financement de la guerre. Et ça, ça ne peut se faire que sur du très long terme. Donc évidemment, pas dans les 15 jours que vous citiez tout à l'heure. Et on ne voit pas aujourd'hui de craquements, si ce n'est peut-être dans l'entourage du président Poutine, un certain nombre d'oligarques qui commencent à se poser des questions sur le fait qu'ils vont finir par perdre de l'argent plutôt qu'en gagner.
Mais Poutine tient toujours le système dans une main de fer, j'imagine. Encore une question avec vous, général Dominique Trinquant. La seule concession qui serait acceptable pour le président russe, quelle serait-elle ?
C
'est de récupérer les territoires ukrainiens, le tiers de l'Ukraine, grosso modo, en quelque sorte.
Oui, mais ça c'est la volonté. Encore, parce que les extrémitistes parlent de la Novorossia, qui va jusqu'à Odessa. Le problème, c'est que c'est une fuite en avant. Je cite toujours l'ambassadeur Lévy, qui était ambassadeur de France à Moscou, qui dit que Poutine est allé trop loin pour ne pas aller plus loin. C'est une course vers l'avant. Et donc, on ne voit pas très très bien quelles concessions il pourrait faire aujourd'hui. Il aurait même dit, mais c'est soumis et c'est contesté, on me pendra, ils vont me pendre si je perds cette guerre. Parce que cette guerre, c'est lui qui l'a voulu. Et donc l'arrêter, il en est quasiment dans l'incapacité.
Merci à vous, en tous les cas, pour cet éclairage, général Dominique Trincant. Nous verrons bien ce qui va sortir de ces discussions. J'imagine peut-être des premières déclarations à la sortie à Kiev, peut-être, dans la journée. Nous verrons bien s'il sortira quelque chose de cette tentative de médiation, négociation.