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interviewLe Média — Podcasts· 15 octobre 2022 25 min

Menace de dissolution / Une députée répond à Macron : "Nous n'avons pas peur" | Danielle Simonnet

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

Chers auditeurs du Média, vous aimez nous écouter ? Vous êtes la garantie de notre liberté et de notre indépendance et nous avons besoin de vous pour continuer. Devenez sociaux et abonnez-vous sur lemediatv.fr slash soutien. La situation, elle est tendue en France, c'est le moins qu'on puisse dire, notamment dans l'hémicycle avec l'examen du projet de loi de finances. Depuis hier, plusieurs amendements ont été adoptés contre l'avis du gouvernement, notamment sur les super dividendes et sur le rétablissement de l'exit tax. Emmanuel Macron perdrait-il pied à l'Assemblée ? La tenaille de la rue et des députés de l'opposition pourraient-elles le faire plier ?

Pour parler de cette actualité parlementaire mouvementée et plus généralement de la colère qui grande dans le pays, je reçois Daniel Simonnet, député de la France Insoumise, de la NUPES de Paris. Daniel Simonnet, bonsoir. Bonsoir. Vous allez bien ?

0:53
Danielle Simonnet

Oui, j'arrive direct de l'Assemblée nationale et dès qu'on a fini, je refonce là-bas parce qu'il y a plein de votes extrêmement importants. Et comme vous l'avez bien introduit, il y a des victoires à arracher dans cet hémicycle où les choses ne fonctionnent absolument pas comme dans le quinquennat précédent.

1:10
Présentateur

Se tient notamment en ce moment le débat sur le budget à l'Assemblée. Les oppositions dont vous faites partie, vous avez remporté des petites victoires puisque plusieurs amendements ont été adoptés contre l'avis du gouvernement. c'est rude, ça a été très rude hier soir, ça a été très rude aujourd'hui. Que se passe-t-il ? Est-ce que ces amendements arrachés à la majorité sont suffisants ?

1:31
Danielle Simonnet

Alors bien sûr que ce n'est pas suffisant, mais ça montre une chose. C'est que finalement, la majorité présidentielle est minoritaire. Et donc, ils ne peuvent pas fonctionner comme dans le quinquennat précédent. Vous aviez les plus mobiles de la Macronie qui votaient comme un seul homme et finalement, ils s'en moquaient des débats à l'Assemblée et piétinaient le Parlement. Et on était vraiment dans la concentration du pouvoir exécutif qui faisait ce qu'ils voulaient. Là, ils sont dans une situation où ils ne sont pas majoritaires et où enfin, l'Assemblée nationale peut vraiment prendre sa place dans le débat. Bon, néanmoins, les débats, oui, sont rudes.

On a par exemple arraché une victoire qui est certes symbolique, mais le symbole est extrêmement important puisque vous savez que nous bataillons pour exiger une taxation des super profits parce que quand on voit Total qui a engrangé plus de 18 milliards sur le semestre précédent et que le gouvernement ne veut pas taxer les super profits, ne veut pas augmenter les salaires, ne veut pas bloquer les prix, ne veut pas baisser les loyers et que les gens sont pris à la gorge, tout ça est obscène. Et là, il s'est passé qu'à l'Assemblée, vous aviez un amendement du groupe Modem qui donc fait partie de la majorité présidentielle et qui proposait une taxation des super dividendes.

Donc, il était assez limité puisqu'il s'agit vraiment des super super dividendes redistribués qui sont taxés à 30% et là, on passait à 35%. Mais c'est un symbole et l'amendement a été adopté et y compris, vous avez eu non seulement le groupe Modem qui l'a soutenu, mais aussi des députés de Renaissance qui se sont abstenus et qui ont permis à ce que cet amendement soit adopté. Donc, c'est une bataille importante qui nous encourage d'autant plus à continuer parce qu'on va avoir d'autres amendements sur la question des super profits et qui posent par ailleurs un autre débat parce que le gouvernement a d'ores et déjà annoncé qu'il allait recourir au 49-3.

Donc, finalement, les batailles que nous avons pu mener, les amendements qu'on a arrachés, quand ils vont mettre à exécution l'outil qui est certes constitutionnel mais totalement antidémocratique du 49-3, qu'est-ce qu'ils vont garder dans le texte ? Est-ce qu'ils vont imposer leur texte d'origine ou est-ce qu'ils vont quand même un minimum respecter le débat démocratique du Parlement et garder les amendements adoptés ou les articles retirés ? Ça, on n'en sait rien pour l'instant. Mais on continue la bataille.

Il y a eu aussi, juste avant que j'arrive, je suis en retard parce qu'il y avait un vote qu'on a arraché qui était sur des aides fiscales pour les personnes âgées en EHPAD et puis c'était aussi pour restaurer une certaine équité que les personnes perçoivent des aides un peu équivalentes lorsqu'elles sont à domicile. Donc, parfois, tout d'un coup, il y a des sujets comme ça où on arrive à faire en sorte qu'une majorité se dégage, y compris contre l'avis du gouvernement.

4:25
Présentateur

Alors, si parfois vous arrivez à arracher des petites victoires, notamment si une taxation temporaire des dividendes a été arrachée, il y a tout de même une question qui continue à se poser, celle de la taxation des super-profits. Emmanuel Macron, hier, il était sur France 2 et il s'est exprimé au cours d'une interview sur le service public. On l'écoute.

4:41
Invité

Y compris en passant par une taxation des super-profits qui est une décision que l'Europe, d'une certaine manière, a imposée. Et c'est ce que l'Europe a repris à la France parce que c'est ce que cette contribution sur les sur-profits que faisaient les acteurs de ces secteurs, c'est ce que nous avons fait dès le début avec les acteurs, je ne veux pas être trop technique, mais en demandant par exemple à l'EDF de contribuer davantage et en garantissant de l'électricité par à l'arène ou en le faisant sur d'autres acteurs. On vous avait entendu dire que vous n'étiez pas favorable à la taxation des super-profits. On a l'impression que la décision s'est imposée par l'Europe. Non, je ne sais pas ça.

D'abord, ce n'est pas une taxation, c'est une contribution des profits qui sont faits par des acteurs du secteur dont les coûts de production n'ont rien à voir avec l'envolée des prix.

5:19
Présentateur

C'est plutôt surprenant, non ? C'est assez surprenant d'entendre ça quand on sait que le gouvernement a été plutôt vent debout contre la taxation des super-profits. Est-ce que c'est quoi ? C'est un énième revirement macroniste ?

5:29
Danielle Simonnet

En fait, depuis le début, quand nous on dit taxation des super-profits, on parle de la taxation de tous les super-profits. Et Emmanuel Macron et la macroniste sont opposés parce que, vous comprenez, il ne faut pas s'attaquer aux riches. On voit bien, tout le quinquennat précédent était un quinquennat qui a facilité l'enrichissement des milliardaires de ce pays qui ont vraiment pu engranger énormément de bénéfices. Néanmoins, face à la montée de cette revendication de la taxation des super-profits, qui est très populaire en France, mais qui, par ailleurs, est soutenue par des organismes qui ne sont pas spécialement très insoumis. Je veux dire, le FMI, l'ONU, la Commission européenne.

Vous avez plusieurs pays en Europe qui ont, par ailleurs, mis en place cette taxation des super-profits. Donc, le gouvernement, après, a dit « Ah ben non, mais il faut le faire à l'échelle européenne. C'est une façon de botter en touche. » Et là, ils atterrissent sur une contribution mais qui est quand même très limitée à certaines entreprises et qui pourrait rapporter 200 millions d'euros quand notre taxation sur les super-profits pourrait ramener plus de 20 milliards. Donc, on n'est vraiment pas du tout sur le même ordre de grandeur.

Mais voilà, il faut continuer, continuer, continuer la bataille parce qu'en ce moment, la question qui est posée, c'est celle de la redistribution des richesses. Et c'est vraiment...

6:43
Présentateur

C'est qui est posé par la grève, notamment.

6:45
Danielle Simonnet

Exactement. Je veux dire, la grève des raffineries de Total et de... Exxon, voilà, que nous soutenons, que nous sommes allés soutenir qui, aujourd'hui, est en train aussi de prendre de l'ampleur puisque vous avez des mouvements de grève qui, au niveau de centrales nucléaires, vous avez des mouvements de grève qui vont aussi rejoindre l'appel à la journée interprofessionnelle de mardi prochain où, d'ores et déjà, vous avez l'annonce non seulement de la CGT mais je crois aussi de l'IFO Sud Solidaire qui s'y joigne.

Donc, une unité syndicale dans la rue montre à quel point la question de la répartition des richesses est enfin en train vraiment de basculer et de s'imposer dans le pays et c'est essentiel. D'où aussi l'importance de notre marche dimanche contre la vie chère et contre l'inaction climatique qui pose aussi cette question de la hausse des salaires, du blocage des prix et de la baisse des loyers.

7:42
Présentateur

On va en parler mais d'abord, je voudrais poursuivre un petit peu sur ce qui s'est passé parce que c'est quand même un événement pour les observateurs politiques. Il y a 3500 amendements qui ont été déposés. Il y a la fronde des oppositions dans celle de la NUPES. Et la Macronie qui explose. Voilà. Pensez-vous, dans ce contexte-là, il n'y a pas un risque que le gouvernement décide en fait de passer le 49-3 ?

8:06
Danielle Simonnet

Tout à fait. Et c'est la menace qui plane depuis le début. À mon avis, ils ne vont pas le faire avant la marche. Sur les droits du budget. Ils ne vont pas le faire. C'est la menace qui plane depuis le début. Et ils ne vont pas le faire avant la marche de dimanche contre la Vichère. Ils ne vont pas le faire avant la grande journée interprofessionnelle de grève de mardi. mais pour eux, c'est quasi acquis qu'ils vont mettre en place ce 49-3. Parce que c'est la panique ? Et parce qu'ils sont en panique, ils ne sont pas majoritaires. Nous les mettons en minorité sur un bon nombre d'amendements.

Il faut savoir, par exemple, que sur la loi de programmation des finances publiques qui imposait une trajectoire d'austérité, c'est-à-dire, par exemple, pour savoir que pour les collectivités, on leur imposait des budgets sur les prochaines années. à chaque fois, des très faibles augmentations des dépenses publiques bien inférieures à l'inflation. Donc, des coûts de rabot dans l'ensemble des services publics. Donc, un encouragement à casser dans nos services publics, à les privatiser. Donc, un étranglement des collectivités territoriales qui sont déjà à l'os. Ça, on a réussi aussi à faire tomber un bon nombre d'articles là-dessus.

Donc, ils sont dans une situation où ils devraient respecter la démocratie par le materne, réaliser qu'il va falloir enfin composer, puisque ça a été toujours leur discours. On va gouverner autrement, on va dialoguer, puis en fait, que dalle. Ils n'intègrent jamais volontairement les amendements. Ils sont toujours en opposition aux amendements de l'opposition. Et pour autant, par le vote, on leur impose. Et ce recours au 49-3, c'est vraiment l'arme totalement antidémocratique de la Ve République, qui fait que l'exécutif peut décréter, qu'il piétine le Parlement et qu'il s'impose. Et qu'il impose sa politique, son budget.

Donc, il y a cette menace du 49-3 sur le budget, mais aussi sur le budget de la Sécurité sociale qui viendra juste après. Et on sait que dans leur dérive autoritaire, ils ont l'intention aussi d'imposer leur contre-réforme des retraites et nous faire travailler jusqu'à 65 ans, 67 ans. enfin, une régression.

10:17
Présentateur

Il pourrait succéder comme ça plusieurs 49-3.

10:19
Danielle Simonnet

Ça ne pourrait pas générer une crise politique ? On est de fait là dans une séquence de crise politique. On avait déjà vu en juillet à quel point les choses étaient tendues, qui n'avaient pas une majorité si facile. Il y avait déjà eu des votes que nous avions arrachés. Mais du coup,

10:34
Présentateur

si c'est une crise politique, est-ce qu'il n'y a pas le risque, plus que le 49-3, celle de la dissolution de l'Assemblée nationale ?

10:40
Danielle Simonnet

Il ne faut pas s'en inquiéter. Il n'y a jamais un risque de retourner vers le peuple. En tout cas, ce n'est pas...

10:44
Présentateur

Vous souhaitez une nouvelle élection législative ?

10:46
Danielle Simonnet

À la fois, la menace d'Emmanuel Macron de dissoudre l'Assemblée est une menace totalement scandaleuse parce que c'est vraiment le monarque qui décide de dissoudre les représentants du peuple comme si le monarque pouvait dissoudre le peuple. Et on voit bien que dans nos institutions, on devrait avoir le droit de révoquer les élus et donc le droit de révoquer le président de la République parce que ça, on est dans une situation où lui seul peut décider « Non, cette représentation du peuple ne me plaît pas. Je la dissous. » Mais peut-être que c'est au peuple de dire s'il est toujours d'accord pour être représenté par ce président de la République.

11:18
Présentateur

Un référendum révocatoire.

11:20
Danielle Simonnet

Exactement. C'est pour ça que nous nous sommes pour une sixième république qui instaurerait le référendum révocatoire. Mais je vais vous dire, s'il y a un retour aux urnes, nous n'avons pas peur.

11:30
Présentateur

Vous irez avec la NUPES vous ferez fonds commun à nouveau.

11:33
Danielle Simonnet

Exactement. Et ce sera justement l'occasion de pouvoir l'emporter. Et nous avons, nous sommes prêts, nous avons un programme de gouvernement. Nous avons un programme de gouvernement. Et dans ces batailles à l'Assemblée, ce qui est magnifique aussi, c'est de voir à quel point la NUPES est soudée et est homogène dans ses différentes composantes pour mener ensemble les batailles comme on l'a déjà démontré au mois de juillet sur la loi pouvoir d'achat.

11:56
Présentateur

Alors, on va sortir un petit peu de l'Assemblée nationale. Vous l'avez déjà un petit peu fait tout à l'heure, mais on va ressortir à nouveau pour parler de la situation politique dans le pays, notamment venons-en à cette grève qui secoue la métropole. Quelle a été votre réaction quand le gouvernement a annoncé la réquisition des salariés grévistes de plusieurs raffineries

12:16
Danielle Simonnet

et dépôts de carburant ? Mais c'est un scandale. C'est franchement un scandale. D'abord, invoquer la réquisition, c'est vraiment mépriser le droit de grève. C'est vraiment... Elisabeth Borne, en tant que première ministre, dit, ben voilà, je suis contre le droit de grève. C'est quoi ? On bafoue un droit constitutionnel ? Complètement. On bafoue un droit constitutionnel. Et par ailleurs, on utilise la réquisition pour ce à quoi elle ne doit pas servir. La réquisition ne sert pas qu'à seul droit de grève. La réquisition sert si vous avez vraiment un problème par rapport à nos pompiers, à nos ambulances, sur ces questions, entre guillemets, vitales.

Là, la réquisition de l'essence, oui, peut être compréhensible, mais on n'est pas du tout dans cette situation-là. Donc, on est sur un abus du recours à la réquisition pour casser le droit de grève. Et donc, c'est une remise en cause des libertés syndicales inacceptables. Sauf que le gouvernement est en train de se faire avoir à son propre piège. Parce que l'arme répressive qu'il a brandie, eh bien, de fait, encourage d'autant plus la détermination des grévistes et la détermination des autres salariés à être en solidarité. Nous avions donc des camarades qui ont pu se joindre à des raffineries.

Moi, j'ai pu hier participer à un rassemblement qui a été fait dans la journée à l'appel de l'union départementale de la CGT. Il y avait beaucoup de monde sur l'hôtel de ville. Ce matin, j'étais à 7h30 au Lila.

Donc, vraiment, pas loin d'ici parce qu'il y avait une mobilisation pour le premier jour de grève du dépôt de bus des Lilarmes de la RATP où ils ont organisé ce rassemblement et cette grève à la fois évidemment pour exprimer leur solidarité avec les grévistes des raffineries et puis encouragés par le courage des grévistes de raffinerie pour dire mais nous aussi on est en grève parce que nous on a un autre problème c'est qu'on privatise nos lignes de bus et du coup on dégrade totalement nos conditions de travail on leur impose on leur impose de travailler plus mais avec des salaires qui ne suivent pas et vous avez en ce moment à la RATP un nombre de démissions qu'ils n'ont jamais vues historiquement et c'est pour ça que je ne sais pas si vous en êtes rendu compte mais je peux vous dire que moi les habitants n'arrêtent pas de m'en parler je comprends bien parce que c'est l'enfer vous avez des retards de bus une désorganisation qui est complètement dingue en ce moment vous attendez une demi-heure un bus et ça depuis cet été mais parce que le système de privatisation qu'impose Pécresse et que soutient le gouvernement et bien casse totalement nos services publics des transports

14:47
Présentateur

alors par rapport à ces grévistes je voudrais revenir un petit peu sur le discours qu'on a actuellement avec le gouvernement et plus généralement avec cette majorité relative à l'Assemblée qui est d'opposer les grévistes à une majorité de français qui ne pâtirait des revendications salariales de quelques-uns on a notamment entendu Gabriel Attal dans l'hémicycle lui ministre délégué au comptabilité public à ce sujet on l'écoute

15:09
Locuteur non identifié

chose sur laquelle je veux insister et que je veux relever monsieur le député c'est que vous avez consacré à peu près un tiers de votre intervention cinq minutes à revenir sur le blocage des raffineries Total et Esso cinq minutes cinq minutes de votre intervention en cinq minutes d'intervention vous n'avez pas eu un seul mot pour les dizaines de millions de français qui sont empêchés de faire leur plein un mot pour les français qui ne peuvent pas faire le plein de leur véhicule vous avez dit nous soutenons ce conflit parce que nous soutenons les salariés et les travailleurs mais les travailleurs qui ne peuvent pas aller travailler parce qu'ils ne peuvent pas faire le plein de leur voiture quand est-ce que vous les soutenez les professionnels de santé qui ne peuvent pas exercer parce qu'ils ne peuvent pas faire le plein de leur véhicule quand est-ce que vous les soutenez la réalité c'est que vous êtes toujours du côté de ceux qui bloquent vous n'êtes jamais du côté de ceux qui font avancer notre pays qui travaillent qui se lèvent tôt le matin c'est ça la réalité et vous le démontrez en...

16:11
Danielle Simonnet

comment répondre ?

franchement d'abord dans l'intervention de Mathilde Panot qui intervenait qui faisait la question d'actualité pour le groupe La France Insoumise notre présidente de groupe elle était revenue justement sur la difficulté de cette période-là pour toutes celles et ceux qui travaillent et qui n'ont pas d'autre moyen de déplacement que leur voiture et qui sont en train d'attendre des heures et des heures en espérant avoir de l'essence et parfois vous voyez il faut être la queue et puis arriver à la pompe ça y est c'est fini à la pluie donc on sait très bien que c'est très dur donc on a d'abord exprimé aussi notre soutien avec ce que vivent les femmes et les hommes aujourd'hui mais tout le monde a bien conscience que cette bataille menée par les grévistes des raffineries elle est utile pour tout le monde parce que si eux arrachent l'augmentation des salaires qu'ils revendiquent de 10% et qui est légitime quand vous voyez l'inflation les salaires devraient être indexés sur l'inflation sinon vous perdez du pouvoir d'achat et les françaises et les français perdent du pouvoir d'achat en ce moment si eux arrachent cela demandent une revalorisation de 10% exactement si ils gagnent ça et bien ça va encourager d'autres secteurs à gagner cela et à ce moment là la question de la hausse des salaires et de la redistribution des richesses elle va pouvoir être posée par tout le monde et pouvoir être conquis par tout le monde et moi je peux vous dire j'avoue je suis venu en taxi pour aller au plus vite depuis l'Assemblée nationale alors que d'habitude je prends toujours les transports en commun et chauffeur de taxi il me demandait alors parce que vous êtes député peut-être vous savez l'essence là ça va durer combien de temps puis je lui dis bah écoutez là a priori c'est mal barré parce que pour l'instant les négociations totales proposent une augmentation de 6% alors que le patron de total il s'est augmenté de 50% et mardi vous avez une grande journée interprofessionnelle où il y a plein d'autres secteurs qui vont se mettre dans la grève et là il me disait mais de toute façon ils ont raison et donc le chauffeur de taxi lui vraiment s'il y a bien une profession qui défend de l'essence c'est bien celle-ci et bien le chauffeur de taxi le taxi n'était pas du tout contre les grévistes des raffineries il était contre ce gouvernement qui est responsable parce qu'il le sait très bien si le gouvernement avait décidé dès le mois de juillet quand nous le demandions et bien de taxer ces super profits de total qui n'ont pas été fait parce qu'ils auraient inventé quelque chose ou découvert un nouveau process ou je ne sais quoi non ils ont spéculé ils se sont gavés en profitant de la crise s'ils avaient taxé ces super profits pour les redistribuer la situation serait autre voilà on aurait un partage des richesses voilà

18:33
Présentateur

l'actualité politique c'est aussi la journée de dimanche 16 octobre vous en aviez déjà un petit peu parlé tout à l'heure mais on va développer donc c'est une journée appelée notamment par la NUPES une marche contre la vie chère et l'inaction climatique c'est un dimanche c'est pas forcément c'est pas appelé par les grandes confédérations syndicales est-ce que c'est une journée qui ne s'inscrit pas forcément dans le cadre d'une grève générale que certains espèrent

18:58
Danielle Simonnet

c'est une journée qui va permettre à toutes celles et ceux qui sont pas forcément aujourd'hui prêts à faire grève de pouvoir aussi converger et faire converger les colères et vous avez beaucoup de fédérations syndicales et de syndicalistes qui appellent à cette manifestation et elle va redonner du courage à tout le monde mais l'objectif

19:17
Présentateur

ce n'est pas la grève générale

19:18
Danielle Simonnet

oh mais écoutez la grève générale c'est pas à nous de la décréter et l'appel à la grève et la journée interprofessionnelle de mardi par contre va y contribuer de la même manière que la manifestation de dimanche va redonner de la confiance aussi à tout un tas d'hommes et de femmes qui n'attendent que ça de pouvoir se retrouver en manifestation pour exiger quoi la hausse des salaires le blocage des prix le blocage des loyers voire la baisse des loyers et aussi enfin des mesures de bifurcation écologique parce qu'on voit bien que l'urgence climatique est là et que ce gouvernement est en totale inaction climatique regardez tout le débat qu'on a sur l'énergie on n'a pas de souveraineté énergétique parce qu'on a pris des années des années de retard dans le développement des renouvelables des énergies renouvelables et que ce gouvernement oui tout est lié à l'inflation complètement la question sociale et écologique elles sont liées si vous les prenez pas ensemble à ce moment là vous n'y répondez pas ni à l'une ni à l'autre bon donc cette mobilisation de dimanche elle est déterminante et vous avez énormément d'associations et de syndicalistes qui y appellent et elle va contribuer aussi à redonner du courage aux mobilisations qui vont qui vont suivre mardi et vraiment il ne faut pas opposer les deux au contraire exactement il ne faut pas opposer les deux nous nous sommes sur les piquets de grève nous soutenons et nous appelons à cette marche de dimanche et je peux vous dire que sur nombre de piquets de grève vous avez aussi des appels à la marche donc à front uni j'ai soutenu aussi les agents de la ville de Paris du comité d'action sociale de la ville de Paris qui sont en grève également et qui disent c'est pas possible on est les oubliés du Ségur pourquoi est-ce que nos collègues certains ont eu la prime Ségur et d'autres sont oubliés la ville de Paris doit absolument aller au-delà du décret et ils veulent la prime Ségur pour toutes et tous et bien leur traque vous aviez un recto avec leur revendication de gréviste et puis au verso vous aviez l'appel à la marche de dimanche et plein d'organisations syndicales ont procédé ainsi au rassemblement de jeudi devant l'hôtel de ville vous aviez des syndicalistes qui ont terminé leur intervention de soutien aux grévistes à l'appel de la marche de dimanche

21:33
Présentateur

on va conclure sur cette dernière question mais on le voit à Fauss-sur-Mer il y a une raffinerie où les salariés ont décidé de mettre fin à leur grève donc c'est pas forcément gagné ce mouvement il se développe dans certains secteurs mais pas forcément partout sachant qu'en plus derrière il va y avoir la très controversée vous en avez parlé tout à l'heure contre réforme des retraites qui va arriver à un moment donné dans l'hémicycle qu'est-ce qu'on va pouvoir faire ?

21:59
Danielle Simonnet

alors nous on va continuer la bataille dans l'hémicycle mais c'est évident que pour mener cette bataille dans l'hémicycle il faut qu'elle s'articule avec une mobilisation dans la rue et inversement il faut qu'on marche sur ces deux jambes là ce sera pas l'un sans l'autre l'autre sans l'un je vois bien que lorsque l'on arrache des petites victoires et qu'on montre que ce pouvoir est aux abois que ce pouvoir est affaibli ça donne du courage aussi à celles et ceux qui sont peut-être hésitants d'aller dans la rue ou d'aller dans la grève donc un front uni syndicat parti politique notre souhait c'est de créer les conditions d'une mobilisation type front populaire c'est de cela dont nous avons besoin

22:36
Présentateur

de vous faire aussi dans l'Assemblée nationale le relais des luttes et de ce qui occupe les entreprises

22:39
Danielle Simonnet

vous savez on n'arrête pas depuis le début et c'est ce que faisaient par ailleurs les 17 députés insoumis dans la précédente mandature on n'arrête pas d'inviter la vraie vie d'inviter les résistances et leur donner voix dans nos interventions à l'Assemblée nationale parce que c'est de cela dont on se nourrit moi c'est de ma compréhension des combats qui sont menés sur le terrain de ma circonscription et ailleurs en France que se nourrit ma détermination à mettre en échec les politiques antisociales et antilécologiques de ce gouvernement et par contre je sais aussi quand je reviens sur le terrain et que les gens me remercient de mes interventions et de nos interventions à l'Assemblée ou dans les médias ils nous disent vous nous donnez de l'espoir et nous avons en tant que NUPES soulevé un espoir depuis l'élection présidentielle et le score de Jean-Luc Mélenchon un espoir très fort dans le pays qu'une autre politique est possible qu'un autre monde est possible et donc là ce qui se joue c'est non seulement l'opposition à Macron empêcher la casse des retraites par exemple mais ce qui se joue c'est la conquête du pouvoir tout simplement pour qu'on puisse gagner et mettre en place une autre politique

23:49
Présentateur

ou peut-être pourquoi vous n'êtes pas forcément contre une dissolution et un retour aux yeux

23:53
Danielle Simonnet

on n'est pas là pour passer le temps et jouer au théâtre à l'Assemblée je veux dire on est là pour changer la vie des gens avec eux et faire en sorte qu'eux puissent prendre en main leur destin

24:03
Présentateur

je vous remercie je vous remercie Daniel Simonnet je le rappelle vous êtes député France 1

24:07
Danielle Simonnet

et je vous invite tous et tous à la marche dimanche 14h place de la nation contre la vie chère et contre l'inaction climatique

24:15
Présentateur

merci merci d'être venu sur le plateau du média pour nous parler de ce moment de basculement de cette crise politique qui pointe le bout de son nez dans la deuxième partie de toujours debout Julien Théry reçoit Stefano Palambarini qui viendra nous parler de son dernier livre où va le bloc bourgeois co-écrit avec Bruno Amable ils parleront de l'évolution actuelle des rapports de force politique avec la présence à l'Assemblée Nationale d'une opposition au macronisme beaucoup plus forte que lors du précédent quinquennat on en parlait en fait à l'instant avec vous Daniel Simonnet c'est l'objet donc de cette dernière partie de cette émission