Coût de la grève dans les transports, mission de Ségolène Royal, pesticides... le "8h30 franceinfo" d'Élisabeth Borne
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Questions et réponses
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Ça sert à quoi de négocier ?
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Le gouvernement aurait donc envoyé ce texte aux partenaires sociaux avant la reprise des négociations d'aujourd'hui, ce matin même.
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Le téléphone est coupé entre la CGT et le gouvernement. Les documents n'arrivent plus ?
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Est-ce que le Premier ministre, Elisabeth Borne, est devenu un obstacle à la résolution de cette crise ?
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Précisément, au sein de la majorité, Elisabeth Borne, de plus en plus de voix chez les députés marcheurs, demandent le retrait de l'âge pivot à 64 ans, qui figure bien dans le projet de loi.
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Mais dans le même temps, il a semblé refermer toutes les autres portes possibles, que ce soit la hausse des cotisations retraite, la durée de cotisation.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« C'est bien normal qu'il y ait un texte de travail qui a été transmis au Conseil d'État. »
- 0:20Invité politiqueFait
« Mais clairement, ce texte, il peut évoluer en fonction des concertations d'ici à la présentation en Conseil des ministres le 24 janvier. »
- 5:50Invité politiqueChiffre
« Je pense que quand on dit qu'on veut un minimum de retraite à 1000 euros, voire plus, puisque c'est une demande de certaines organisations syndicales, on voit bien que ça coûte de l'argent. »
- 5:54Invité politiqueChiffre
« Réciproquement, vous savez aujourd'hui que les régimes spéciaux, c'est 7,5 milliards par an pour soutenir l'équilibre de ces régimes spéciaux. »
- 9:32Invité politiqueChiffre
« L'ordre de grandeur, c'est 20 millions d'euros par jour de pertes pour la SNCF. »
- 13:31Invité politiqueFait
« C'est une politique qui est engagée depuis 2008, qui devait permettre de réduire de 50% les pesticides entre 2008 et 2018. »
- 13:40Invité politiqueChiffre
« Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est effectivement une augmentation de 25%. »
- 14:56Invité politiqueChiffre
« Vous savez, on doit dépenser 400 millions d'euros par an pour réduire l'usage de ces pesticides. »
- 15:36Invité politiquePromesse
« Le président de la République a dit qu'il souhaitait qu'on mette fin à l'essentiel des usages d'ici 2020. »
- 15:53Invité politiqueFait
« Il y aura éventuellement des exceptions pour des cas particuliers. »
- 22:42Invité politiqueFait
« Carlos Ghosn, comme tout ressortissant français qui est mis en cause par la justice dans un pays, a droit à la protection consulaire et il l'a eu. »
- 23:01Invité politiqueFait
« Je pense que c'est naturel que n'importe qui qui est mis en cause par la justice en France réponde de ces actes. »
Temps de parole
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Bonjour Elisabeth Borne. Les négociations reprennent ce matin sur les retraites à Matignon et pourtant, dès hier soir, le gouvernement a envoyé le projet de loi aux partenaires sociaux. Ça sert à quoi de négocier ?
C'est bien normal qu'il y ait un texte de travail qui a été transmis au Conseil d'État. Mais clairement, ce texte, il peut évoluer en fonction des concertations d'ici à la présentation en Conseil des ministres le 24 janvier. Et puis ensuite, il pourra évoluer, bien sûr, dans la discussion parlementaire. Tout est modifiable ? Enfin, c'est le principe même d'un texte de loi. Vous savez, il peut d'abord, je vous dis, évoluer d'ici à la présentation au Conseil des ministres. Et ensuite, il y a un débat au Parlement. C'est fait pour faire évoluer les textes de loi.
Alors, le gouvernement aurait donc envoyé ce texte aux partenaires sociaux avant la reprise des négociations d'aujourd'hui, ce matin même. Mais il y en a un qui n'a pas reçu le texte. C'est Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT. Voilà ce qu'il affirmait sur France Info il y a quelques minutes. À la CGT, on n'a pas de texte. Mais si on discute de choses qui sont déjà écrites, vous comprenez que ça ne me ravit pas d'aller faire, je vais le dire, l'imbécile devant le Premier ministre pour m'apercevoir que ces discussions ne servent à rien. Mais c'est un peu l'impression qu'on a depuis deux ans et demi.
Le téléphone est coupé entre la CGT et le gouvernement. Les documents n'arrivent plus ?
Écoutez, je n'ai pas de doute qu'on va retrouver le projet de loi destiné à M. Martinez. Je pense que ce qui est important, c'est de dire qu'il y a des syndicats, peut-être la CGT en fait partie, qui contestent le principe même de la réforme, qui ont un positionnement politique par rapport à cette réforme. Il y a d'autres syndicats, la CFDT, l'UNSA, la CFTC, qui souhaitent avoir des négociations, qui veulent des améliorations. Le gouvernement a dit qu'il est prêt à faire évoluer le texte. C'est le sens des négociations qui ont repris depuis le début de la semaine et qui se tiennent aujourd'hui même autour du Premier ministre.
Est-ce que le Premier ministre, Elisabeth Borne, est devenu un obstacle à la résolution de cette crise ? Le Premier ministre, il est au cœur des négociations qui sont attendues par certaines organisations syndicales. D'autres ne souhaitent pas discuter du texte de loi. Il est au cœur de ces discussions. Et donc la concertation, elle se tient aujourd'hui même autour du Premier ministre.
Précisément, au sein de la majorité, Elisabeth Borne, de plus en plus de voix chez les députés marcheurs, demandent le retrait de l'âge pivot à 64 ans, qui figure bien dans le projet de loi, dans le texte tel qu'il a été transmis. Celui qui s'accroche, celui qui veut absolument cet âge pivot dans le texte, c'est bien le Premier ministre.
En fait, c'est tout le contraire. Le Premier ministre, il a dit qu'il était, enfin qu'il trouvait que la proposition qui a été faite par la CFDT d'une conférence sur le financement était une bonne idée.
Mais dans le même temps, il a semblé refermer toutes les autres portes possibles, que ce soit la hausse des cotisations retraite, la durée de cotisation. On dit aux partenaires sociaux négocier, mais on ferme toutes les portes sur le chemin.
Je ne pense pas. Le Premier ministre a dit clairement qu'on pouvait travailler sur un bouquet de solutions pour revenir à l'équilibre et qu'ensuite, il faudrait trouver aussi une réponse. Et je pense que les Français ne comprendraient pas qu'on leur présente une réforme sans se préoccuper de l'équilibre.
Est-ce qu'on pourrait, par exemple, Elisabeth Borne piocher aujourd'hui dans les caisses de retraite où il y a entre 20 et 30 milliards d'euros ? C'est une possibilité ou c'est un interdit ?
Je ne vais pas faire les discussions qui se tiennent ce matin avant qu'elles aient lieu. Il y a différentes hypothèses qui sont sur la table. Le principe d'une conférence de financement, parce que ce n'est pas un sujet qui se règle dans un claquement de doigts, qui a été proposé par la CFDT et le Premier ministre a dit que c'était une bonne idée. Les modalités, le périmètre de cette convention sont calendriers. C'est l'objet des discussions qui se mènent ce matin à mettre en compte.
Est-ce qu'il serait socialement juste que les Français les plus aisés cotisent davantage que ce qui est prévu dans le texte pour sortir de la crise ? Ça fait partie des hypothèses qui sont sur la table.
La hausse des cotisations n'est pas un tabou ? Je pense que ce qu'il faut avoir en tête, c'est que d'une part, on ne va pas augmenter les cotisations payées par les salariés et leur faire baisser leur pouvoir d'achat. Il faut être évidemment attentif aux enjeux de compétitivité de nos entreprises. Ensuite, ces discussions, c'est des sujets qui sont sensibles. Ça mérite qu'on prenne le temps. C'est le sens de la conférence de financement dont je ne vais pas faire les conclusions avant qu'elle ait lieu.
Et la hausse des cotisations patronales dont le MEDEF ne veut pas entendre parler ?
Vous voyez qu'il y a des débats entre les partenaires sociaux. Ça sera l'objet de la conférence qui se tiendra et qui doit prendre un certain temps. Il faut en définir les modalités et le calendrier. C'est l'objet des discussions ce matin.
Mais vous comprenez que certains syndicats aient peut-être le sentiment d'être un peu piégés puisque effectivement le MEDEF ne veut pas entendre parler par exemple de la hausse des cotisations patronales et que le Premier ministre soumet l'abandon de l'âge pivot à un accord entre les partenaires sociaux sur ce cocktail de mesures. C'est exactement ce qui s'était produit lors de la réforme de l'assurance chômage.
Écoutez, je pense qu'on a des syndicats, certains syndicats qui partagent la préoccupation de l'équilibre de notre système de retraite. Donc ensuite, évidemment, il y a des débats entre partenaires sociaux, c'est bien normal. Et moi je ne doute pas que tout le monde est attaché à ce qu'on trouve un compromis. C'est le sens des discussions qui se tiennent aujourd'hui à Matignon et ça sera le sens de la conférence qui se tiendra dans les prochaines semaines. En tout cas, la réforme a gagné hier un nouvel adversaire.
Elisabeth Borne, c'est le président du Sénat, Gérard Larcher.
Comment voter une réforme qui porte sur 14% du PIB sans étude d'impact ? On ne peut pas s'engager sans savoir combien, au fond, cela va coûter. Mais aussi dans ses conséquences, dans ses coûts et ses bénéfices, mais aussi dans ses conséquences sociales.
Après 18 mois de concertation sur cette réforme, Elisabeth Borne, est-ce que vous savez si elle va coûter de l'argent ou en rapporter ?
Il y a évidemment des mesures de justice sociale qui sont des dépenses supplémentaires. Lesquelles ? Je pense que quand on dit qu'on veut un minimum de retraite à 1000 euros, voire plus, puisque c'est une demande de certaines organisations syndicales, on voit bien que ça coûte de l'argent. Réciproquement, vous savez aujourd'hui que les régimes spéciaux, c'est 7,5 milliards par an pour soutenir l'équilibre de ces régimes spéciaux. Donc il y a aussi des économies.
L'HPV, ça va rapporter de l'argent, on est d'accord ?
Vous savez, il y a différentes mesures qui rapportent de l'argent. La réforme du précédent quinquennat, la réforme touraine, qui demande plus de trimestres. Donc il y a des mesures qui coûtent de l'argent, il y en a d'autres qui en rapportent. Et je pense qu'effectivement, il faut prendre le temps de cette conférence de financement. On n'a pas la certitude que cette réforme, au final, ne va pas coûter plus cher qu'elle va rapporter ? Je pense que c'est important, et les Français l'ont exprimé très fortement, vous savez, à la fin de l'année dernière et au début de cette année, ils ne souhaitent pas qu'on alourdisse les impôts.
Donc il faut aussi prendre en compte cette dimension et chercher un équilibre du système qui ne nécessite pas des nouveaux impôts.
Elisabeth Borne, vous restez avec nous, on va parler dans quelques instants d'une question qui intéresse quelques millions de Français, c'est celle du remboursement des billets et des abonnements depuis le début de la grève à la SNCF et à la RATP. On s'interrompt d'abord quelques instants avec Stéphane Milhomme pour le rappel de l'actualité.
La CGT n'a pas reçu le projet de loi sur la réforme des retraites. Philippe Martinez le déclare sur France Info. Le secrétaire général du syndicat se rendra bien aujourd'hui à Matignon, mais il précise « Je ne suis pas ravi d'aller faire l'imbécile devant le Premier ministre sur des choses déjà écrites ». Alors la réforme, c'est un texte de loi transmis hier soir aux représentants syndicaux. Représentants syndicaux appelés à s'entendre sur un moyen de parvenir à l'équilibre financier. Sinon, c'est bien le système de l'âge pivot qui sera mis en place. La France est prête à apporter son expertise, selon le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian.
Après le crash du Boeing mercredi à Téhéran, l'avion ukrainien aurait été abattu par un missile iranien accidentellement. Ce sont les mots de Justin Trudeau, le Premier ministre canadien. L'Iran rejette cette hypothèse sur les 176 passagers. 63 avaient la nationalité canadienne. Et puis les suites de l'enquête sur l'incendie Lubrizol à Rouen. Le parquet de Paris pointe désormais des manquements en matière de sécurité. L'entreprise chimique est montrée du doigt, tout comme sa voisine, la société Normandie Logistique. Lubrizol a partiellement repris ses activités le mois dernier.
France Info. Et tout est plus clair.
Elisabeth Borne, après six semaines de grève dans les transports et même un peu plus, finalement, les abonnés au TER et ceux qui disposent d'un pass Navigo en région parisienne seront remboursés du mois de décembre. Il faudra pour cela remplir un formulaire à la fin du mois. Il n'y avait pas plus simple.
On ne pouvait pas rendre ça automatique. Il y a un site qui a été ouvert, par exemple, en Ile-de-France, dont chacune des régions, des modalités seront trouvées. Moi, je souhaitais, évidemment, que tous les usagers qui ont eu un service très dégradé au mois de décembre... Puisque c'est tout le monde, ça ne pouvait pas être automatique. ... ne payent pas, effectivement, leur abonnement. Donc, les modalités, elles doivent être définies entre la SNCF et les régions avec la RATP en Ile-de-France. Je ne doute pas que les opérateurs ont à cœur de faire des choses simples.
Justement, la SNCF choisit plutôt la distribution de bons, de bons d'achat, plutôt que le remboursement automatique de ses usagers. C'est assez compliqué pour les usagers.
Écoutez, je pense qu'il y a une avancée importante. Les Français qui ont été pénalisés par un service très dégradé n'auraient pas compris de payer leur abonnement. Le principe a été posé qu'il y aurait un remboursement intégral des abonnements du mois de décembre. C'est quelque chose d'important. Il faut maintenant que les opérateurs trouvent les bonnes modalités.
Est-ce que vous avez chiffré le coût total de la grève à la SNCF, que ce soit le manque à gagner, avec les trains qui n'ont pas roulé, et le dédommagement des clients ?
Il y a un coût considérable. Je pense qu'il faut que chacun en ait conscience. L'ordre de grandeur, c'est 20 millions d'euros par jour de pertes pour la SNCF. Et sans compter qu'on a aussi un certain nombre de clients du fret ferroviaire qui trouvent des solutions différentes, qui repassent sur la route. Donc, c'est évidemment très mauvais pour le fret ferroviaire. Et donc, c'est très mauvais pour la planète qu'on ait plus de camions sur les routes. On a aussi un certain nombre de Français qui vont changer leurs habitudes, qui prendront peut-être davantage leurs voitures.
Donc, voilà, il y a effectivement un coût important, à la fois pour les entreprises, et puis je dirais même pour la planète, si on prend des mauvaises habitudes.
Un rapide calcul, 20 millions fois 37 jours de grève, on n'est pas loin de 700 millions d'euros. Ça, c'est uniquement pour le manque à gagner, plus le dédommagement des clients. On est quasiment à un milliard ? Je pense qu'on sera sur des sommes considérables, comme vous le dites.
Qui va payer ?
Écoutez, c'est l'entreprise, vous voyez, qui est pénalisée, évidemment, dans ses futurs investissements. Jean-Pierre Farandou a dit qu'il y aurait peut-être des possibilités de faire des sessions pour ne pas pénaliser le programme d'investissement, qui est indispensable. Vous savez qu'on a un retard très important à rattraper dans l'entretien de nos réseaux ferroviaires. Voilà, mais effectivement, une grève, ça a des conséquences.
Ça veut dire que cette grève, à terme, elle menace même la survie de l'entreprise, si elle menace ses investissements ?
Écoutez, je ne vais pas employer des phrases aussi fortes que ça. Je pense que, clairement, c'est très pénalisant pour les usagers, d'abord. C'est évidemment très pénalisant pour les deux entreprises. Moi, je souhaite qu'on puisse sortir de cette grève. Vous savez, dès le mois de décentreur...
Le mot d'investissement, la sécurité du trafic ferroviaire pourrait être à terme menacé ?
Évidemment, la sécurité, c'est la première des priorités. Donc, je ne vais pas, effectivement, dire qu'on va menacer la sécurité. Ce qui est important, c'est qu'il y a besoin d'investir très fortement dans le ferroviaire. Moi, je souhaite, évidemment, qu'on puisse développer le transport ferroviaire, notamment autour de toutes nos métropoles qui sont engorgées par des embouteillages tous les matins, y compris dans nos territoires où on a des petites lignes sur lesquelles il faut investir. Et donc, voilà, c'est effectivement pénalisant pour l'entreprise de perdre des centaines de millions d'euros.
Vous serez tout à l'heure, Elisabeth Borne, devant la Commission citoyenne sur le climat, au même titre qu'Emmanuel Macron, qui va venir s'exprimer devant ces Français tirés au sort. Ils sont 150 et qui plongent depuis des mois déjà sur les moyens d'assurer la transition énergétique en France. Est-ce que vous pouvez leur dire, et à travers eux, aux auditeurs et à téléspectateurs de France Info, que toutes les mesures que prendront ces Français seront répercutées dans la loi en France dans les années qui viennent ?
C'est clairement l'engagement qui a été pris par le Président de la République. Et comme vous le dites, il sera devant eux ce soir pour échanger avec ces 150 citoyens auxquels je voudrais rendre hommage, parce qu'ils prennent sur leur temps deux week-ends, depuis plusieurs semaines, pour pouvoir faire des propositions. Des propositions qui soient à la hauteur de l'urgence climatique et en même temps des propositions qui prennent en compte les contraintes des Français et donc qui soient acceptables par eux. Donc évidemment, ces propositions, le Président de la République l'a dit et il pourra le redire ce soir, elles seront reprises sans filtre par le gouvernement.
Précisément, Elisabeth Borne, si parmi ces propositions pour lutter contre le réchauffement climatique réémerge, réapparaît la fameuse taxe carbone, ça veut dire que le gouvernement la soumettrait soit au Parlement, soit à un référendum ?
Vous savez, je ne vais commenter aucune des mesures sur lesquelles travaille la Convention citoyenne, parce qu'ils sont très attachés à ce qu'on n'influence pas leur travail. Je suis convaincu qu'ils ont vécu, pour un certain nombre d'entre eux, les difficultés qui étaient liées à la hausse de la taxe carbone, donc je n'ai pas de doute qu'ils feront des propositions qui prennent en compte les préoccupations des Français.
Si ce n'était pas le cas, s'ils décidaient d'une mesure que vous avez supprimée ou dont vous ne voulez pas...
Le principe qui est très clair, c'est qu'on reprend les propositions...
Les citoyens aura le dernier mot.
Les propositions seront reprises sans filtre, ça a été dit par le Président, ça pourrait être confirmé ce soir.
On a appris que malgré tous les efforts de votre gouvernement et des précédents, les ventes de pesticides ont bondi en France de plus de 20%. Est-ce que vous considérez que c'est en partie votre échec ?
C'est une politique qui est engagée depuis 2008, qui devait permettre de réduire de 50% les pesticides entre 2008 et 2018. Ce qu'on constate aujourd'hui, c'est effectivement une augmentation de 25%. Donc je pense effectivement qu'on n'est pas sur le bon chemin et qu'il faut redonner un nouveau souple. Vous savez, réduire les pesticides, c'est important à la fois pour les agriculteurs qui utilisent ces produits chimiques, c'est important pour les riverains et puis c'est évidemment important pour notre environnement. Donc on n'a pas le choix, il faut trouver un chemin et donc il faut redonner un nouveau souffle à cette politique. Je précise qu'il faut réduire aussi les usages non agricoles.
Là, on a une baisse très importante avec les interdictions qui ont été posées pour les collectivités, pour les citoyens, une baisse de 70% pour les usages non agricoles. Et moi, je souhaite qu'on aille plus loin et qu'on interdise tous ces usages non agricoles avant cet été.
Les usages non agricoles sont en baisse, dites-vous. Donc cette hausse de 20% globale de l'usage des pesticides, c'est bien de la faute des agriculteurs ?
Je ne vais pas répondre, je ne vais pas parler de faute. Vous voyez, je pense que les agriculteurs, ils sont les premiers à utiliser ces produits avec éventuellement des conséquences pour leur santé. Je suis convaincu que de plus en plus d'agriculteurs soient passés à autre chose. Il faut qu'on les accompagne. Et ça ne se traduit pas dans ces chiffres ?
Alors, comment les accompagner ? Est-ce qu'il faut mettre en place un système de bonus-malus avec des pénalités qui seraient imposées à ceux qui continuent d'utiliser des pesticides et en revanche, des incitations pour ceux qui en sortiraient ?
Il y a un accompagnement important. Vous savez, on doit dépenser 400 millions d'euros par an pour réduire l'usage de ces pesticides. Avec un résultat dont on peut douter. Je pense que la politique...
400 millions d'euros, pardon. Vous ne considérez pas qu'on a jeté cet argent par les fenêtres au vu des résultats ?
Je pense qu'on ne peut pas du tout se satisfaire de la situation. Il faut trouver des nouveaux leviers. La prochaine politique agricole commune, elle doit aussi avoir ça au cœur même de sa conception, de dire qu'il faut évidemment soutenir les usages les plus vertueux en termes d'environnement. Et donc, il faut qu'on accélère dans ce domaine-là. On ne peut pas se satisfaire de ces augmentations.
Est-ce que ça signifie qu'il va falloir repousser la date de sortie du glyphosate ?
Le président de la République a dit qu'il souhaitait qu'on mette fin à l'essentiel des usages d'ici 2020. On y travaille. Et effectivement, je pense que c'est important qu'on tienne cet engagement.
À l'essentiel, vous rappelez ? Donc la sortie totale ?
Il y aura éventuellement des exceptions pour des cas particuliers. Mais en tout cas, l'essentiel des usages, on doit en sortir d'ici la fin de l'année.
Les incendies en Australie, Elisabeth Borne, on en est à 10 millions d'hectares dévastés par les flammes. Ça représente quasiment une quinzaine de départements chez nous en France. Les premiers pompiers français sont arrivés sur place en renfort. Combien il y en aura-t-il à terme ? Est-ce que vous le savez ? Et quelle sera la forme de l'aide que peut apporter la France à nos amis australiens ?
Alors, je crois qu'il faut effectivement noter que c'est une catastrophe humaine, puisqu'il y a eu des pertes de vie dans ces incendies. C'est une catastrophe environnementale. Ça nous montre que vraiment, ce dérèglement climatique, c'est une menace pour la planète et c'est une menace pour l'humanité. On doit agir pour réduire nos émissions de gaz à effet de serre. Et c'est vraiment le sens de l'engagement de la France. C'est le sens des propositions qu'on attend de la part des citoyens et de l'engagement qu'on doit prendre tous ensemble. Et effectivement, dans l'immédiat, la France avait proposé une assistance et a envoyé des pompiers en Australie.
On a dit qu'on était prêts à aller plus loin. Et puis, on est aussi prêts à travailler. L'Australie vous a répondu déjà ? L'Australie a répondu et c'est ce qui a conduit à envoyer des premiers pompiers sur place. On pourra renforcer effectivement les équipes si c'est la demande des Australiens.
La ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne, est l'invité de France Info pour quelques minutes encore. On va parler dans un instant des 90 km heure et puis de quelqu'un qui vous a précédé au ministère qui s'appelle Ségolène Royal. D'abord, l'essentiel de l'info à 9h moins 10 avec Stéphane Milhomme.
La réforme des retraites et depuis une demi-heure, Edouard Philippe reçoit successivement les syndicats à Matignon pour évoquer la conférence de financement des retraites. Un texte remis hier soir parle bien d'un âge pivot, mais les syndicats ont un délai pour s'entendre sur un moyen de parvenir à l'équilibre financier. Ce texte peut évoluer avec cette concertation et avant sa présentation devant le Conseil des ministres le 24 janvier. Confirmation d'Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique et solidaire sur France Info.
37e jour de grève à la SNCF, 4 TGV sur 5 circulent deux tiers des TER, grève à la RATP, des dépôts de bus et de tramway bloqués également ce matin à Marseille, Nancy, Dijon ou encore à Nantes. 37e jour de grève côté passagers. La FNOT, fédération d'usagers des transports en commun, appelle la SNCF et la RATP à rembourser automatiquement les abonnements. L'Iran parle de mise en scène douteuse et appelle le Canada à partager ses informations. Le Premier ministre Justin Trudeau l'avance. Le Boeing ukrainien aurait été abattu involontairement par un missile iranien avant-hier près de l'aéroport de Téhéran. La mort de plus de 176 passagers, dont 63 d'origine canadienne.
France Info, et tout est plus clair.
Elisabeth Borne, le département de la Haute-Marne est revenu cette semaine aux 90 km heure sur son réseau secondaire. Vous souhaitez qu'il y en ait d'autres qui fassent la même chose dans les semaines qui viennent ?
Ce n'est pas ma décision. Vous savez qu'on a donné la possibilité aux départements qui le souhaitent, après une étude de sécurité routière, et un avis de la Commission départementale de sécurité routière, de relever la vitesse sur certains axes. Le gouvernement pense que baisser la vitesse, ça permet de sauver des vies. Ensuite, on a voulu permettre aux départements d'exercer leurs responsabilités. C'est ce que vient de faire la Haute-Marne.
Donc baisser la vitesse, ça permet de sauver des vies, mais on autorise quand même des départements à augmenter la vitesse.
Je pense qu'il faut faire confiance aux collectivités dont c'est la responsabilité. La possibilité leur a été donnée par la loi, la loi mobilité en l'occurrence qui a été promulguée cette fin d'année. Et donc voilà, les départements qui font des études de sécurité, qui auront un avis de la Commission départementale de sécurité et qui souhaitent faire ce choix, prennent leurs responsabilités. Renaud Delis ?
Après des révélations de la cellule, l'investigation de Radio France, Ségolène Royal a été mise en cause pour la façon dont elle exerce sa mission d'ambassadrice des pôles. Elle est invitée à s'expliquer prochainement devant l'Assemblée nationale par des députés qui l'ont convoquée. Elle lui reprochait notamment d'avoir séché un certain nombre de sommets annuels, les sommets de l'Arctique. Est-ce que vous, Elisabeth Borne, vous êtes satisfaite de la façon dont Ségolène Royal exerce sa mission d'ambassadrice des pôles ?
Pour ceux qui nous suivent uniquement à la radio, ça a suscité sur les lèvres de notre invité un large sourire, cette question de Renaud Delis.
Moi, je n'ai pas eu l'occasion de la rencontrer depuis que je suis à la tête de ce ministère. Rappelez-nous, depuis quand vous êtes ministre ? Moi, je suis depuis le mois de juillet. Elle n'a pas jugé utile de venir me parler de sa mission et elle aura l'occasion de s'expliquer devant les députés.
Elle doit s'expliquer ?
Je pense que c'est important qu'il confirme aux députés qu'elles mènent bien cette mission avec tout l'engagement nécessaire parce que les pôles, c'est évidemment un enjeu important, vous savez, de façon générale...
La ministre de l'Environnement en France n'a pas de lien avec l'ambassadrice des pôles qui représente la France ?
Écoutez, j'ai été bien occupé depuis que j'ai été nommé à ce poste. Je note que Mme Royal n'a pas jugé utile de venir me faire un point sur sa mission. Elle va rester en fonction ? Écoute, je pense que Mme Royal aura l'occasion de s'expliquer. Je note aussi qu'elle critique le gouvernement très fortement depuis quelques semaines. Est-ce que c'est bien compatible avec un poste d'ambassadeur qui appelle une certaine réserve ? On peut se le demander.
Elle est soumise à un devoir de réserve, selon vous ?
Quand on est un ambassadeur et qu'on porte effectivement la parole de la France, je pense que c'est important d'avoir un devoir de réserve. Oui, ça doit faire partie du poste. Vous pensez que ça lui a été rappelé ? Je pense que ça pourra lui être rappelé.
Carlos Ghosn s'est livré avant-hier depuis le Liban. Elisabeth Borne a un plaidoyer pour sa défense. Il affirme qu'il a été victime d'un complot de la justice et de Nissan qui aurait voulu l'écarter parce qu'il voulait rapprocher Renault de Nissan. Est-ce que vous l'avez trouvé convaincant dans ses arguments ? Ou est-ce que vous partagez, et je vais d'abord vous proposer d'écouter, les arguments de votre collègue au gouvernement, Marlène Schiappa ?
C'est le cadet de mes soucis, Carlos Ghosn. Sincèrement, je n'ai aucune sympathie pour le personnage. La vie semble avoir été dirigée par l'appât du gain. C'est injusticiable comme les autres, ni plus ni moins. Je n'ai pas envie de parler de Carlos Ghosn et je pense qu'il y a beaucoup de Français qui ne se réveillent pas en se disant « Mon Dieu, comment va Carlos Ghosn aujourd'hui ? »
Vous êtes déjà condamné, Carlos Ghosn, dans votre esprit ? Écoutez, moi je ne suis pas du tout là pour faire le procès de Carlos Ghosn. Je dois dire qu'effectivement, il a voulu s'expliquer. Je ne peux pas dire que ça m'intéresse beaucoup non plus. Je pense que ce qui nous importe, c'est l'avenir de Renault-Nissan, que cette entreprise maintienne des emplois en France.
Il dit que depuis qu'il est parti, il avait Resina, que les chiffres ont plongé, les profits aussi.
C'est exact ou pas ? C'est son point de vue. Je pense que Renault est très engagé, moi ce qui me tient à cœur, vous savez, dans la transition énergétique, dans les véhicules électriques et c'est ça qui m'importe.
Et certains vous reprochent, reprochent au gouvernement de ne pas avoir pris suffisamment de précautions, justement de protections en tout cas pour un ressortissant français qui était détenu à l'étranger. Vous pensez que le gouvernement a assumé sa mission vis-à-vis du sort de Carlos Ghosn ?
Je pense que Carlos Ghosn, comme tout ressortissant français qui est mis en cause par la justice dans un pays, a droit à la protection consulaire et il l'a eu.
Il y a deux enquêtes préliminaires ouvertes en France, notamment sur les soirées, j'allais dire présumées, fasteuses, au château de Versailles. Vous souhaitez qu'il soit jugé un jour en France, qu'il réponde de ces faits s'ils sont confirmés par la justice ?
Je pense que c'est naturel que n'importe qui qui est mis en cause par la justice en France réponde de ces actes. Même quand on s'appelle Carlos Ghosn ? Il n'y a pas des citoyens au-dessus des lois.
Les élections municipales, Elisabeth Borne, c'est maintenant dans à peine deux mois. Il n'y a pas beaucoup de membres du gouvernement qui se présentent à ces élections, qui sont candidats. Est-ce que vous-même, vous serez candidate aux élections municipales ?
Écoutez, moi j'ai réfléchi et j'ai pris le temps de la réflexion. Le président de la République a eu l'occasion de le dire dans ses voeux. Je pense que 2020 est une année cruciale pour la transition écologique et solidaire. Et donc moi je souhaite être 100% sur ma mission. Donc je ne serai pas candidate, mais j'irai bien sûr soutenir nos candidats. Je pense que l'écologie sera un thème très important, donc je serai en soutien de nos candidats.
Emmanuel Macron a dit qu'il fallait s'engager pour la planète. Il a aussi demandé à ses ministres de s'engager au municipal. Visiblement, la parole présidentielle porte assez peu sur ce thème.
Pourquoi personne n'y va ? Non, je pense qu'on ne peut pas dire que personne n'y va. Je ne doute pas que Gérald Darmanin ira. Vous avez vu qu'on a des candidats à Biarritz. Vous avez même deux candidats, deux marcheurs à Biarritz, pour l'instant. Marlène Schiappa a elle-même dit qu'elle s'engageait à Paris. Enfin, voilà, chacun fait ses choix aussi. Moi je suis effectivement dans un domaine dont je pense que, enfin vraiment, l'année 2020 est cruciale. Vous savez, on a une urgence climatique. On a des échéances très importantes. La COP26 qui se tiendra à la fin de l'année où tous les pays doivent rehausser leur engagement. On a la COP sur la biodiversité qui se tiendra en Chine.
Avant, on a le congrès de l'UICN, le congrès de la nature à Marseille en juin. Et donc voilà, chacun fait ses choix. En tout cas, j'irai soutenir nos candidats sur ce sujet fondamental qu'est la transition écologique et solidaire.
Merci à vous Elisabeth, ministre de la Transition écologique et solidaire. Invité de France Info dans deux minutes, il sera 9h. Et l'info politique, n'oubliez pas, c'est aussi un podcast original sur France Info. Paris, la bataille, le feuilleton des municipales. Un nouvel épisode tous les vendredis. Un podcast à écouter sur franceinfo.fr, disponible aussi sur l'application Radio France.
Élisabeth Borne