Crise agricole, traité du Mercosur, salon de l'agriculture, le "8h30 franceinfo" d'Annie Genevard
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France Info
Bonjour Annie Gennevard. Bonjour. Merci d'être avec nous sur France Info. Bonjour Paul. Bonjour Agathe Bollandamministra. Je vous dis merci d'être là juste avant de prendre la direction de Bruxelles au moment où la colère des agriculteurs repart. Ça fait bientôt un mois que vous vous débattez avec cette crise entre détresse, maladie, fake news et Mercosur. Ce traité maudit, on va y revenir. Vous n'avez pas le job le plus simple du gouvernement. C'est un euphémisme. D'autant plus qu'après deux jours de consultation à Matignon, on a entendu ça dans l'ordre FNSEA, Coordination Rurale, puis Confédération Paysanne.
Ce qui compte aujourd'hui, ce ne sont plus les mots, mais les actes.
De toute façon, à Paris, on y montera quoi qu'il en coûte. Et là, on se heurte à un mur. Alors, vous savez, la Coordination Rurale, on est têtu. Et sur nos revendications, on ne lâchera pas. Ce que le Premier ministre a dû annoncer, c'est clairement pour répondre à des faux sujets qui ne sont pas le cœur même de la colère. Et on leur a dit, tant que vous ne lâcherez rien, on continuera.
Ces réunions, ces efforts, à les jeunes Vars, ça n'a servi à rien ?
Ah non, on ne peut pas dire ça. D'abord, on a passé avec chaque syndicat agricole près de deux heures. Donc, des conversations qui ont été d'abord respectueuses, attentives. Le Premier ministre a souhaité ses rencontres pour montrer que les questions agricoles sont prises en compte au plus haut niveau de l'État. L'ensemble du gouvernement était réuni hier pour évoquer les différents sujets agricoles qui concernent la consommation, qui concernent le budget, qui concernent la recherche, qui concernent l'environnement. Donc, le gouvernement est vraiment mobilisé sur les sujets qui préoccupent les agriculteurs. D'accord, mais vous entendez leur mécontentement, là ?
Mais bien sûr que nous l'entendons. D'abord, il y a des raisons structurelles à ça. Depuis longtemps, les agriculteurs considèrent que leur travail est entravé par trop de normes, par trop de contraintes, que souvent ils sont l'objet d'attaques injustes, injustifiées, que leur rôle, qui est infiniment précieux, qui est de nourrir la population, n'est pas suffisamment reconnu, que les contraintes internationales comportent des riches. C'est la PAC, c'est le Mercosur, c'est la taxe carbone aux frontières. Donc, il y a une conjonction de choses, là, qui suscitent de l'inquiétude et puis, bien sûr, sur fond de maladies sanitaires qui s'en prennent à nous chepter le bovin.
Et on va prendre dans l'ordre tous ces sujets qui préoccupent particulièrement les agriculteurs. Mais la coordination rurale, par exemple, accentue la pression à l'issue de ces réunions. Elle prévoit de monter à Paris, malgré l'interdiction par arrêté préfectoral des convois de tracteurs. Bertrand Venteau assure que les membres de son syndicat iront d'une façon ou d'une autre, même si la moitié doit finir en garde à vue.
Qu'est-ce que vous répondez ? Ne soyons pas alarmistes. D'abord, manifester, c'est un droit dans notre pays. Donc, chacun peut manifester, mais ça obéit à certaines règles qui supposent des dépôts de demandes d'autorisation. Vous n'organisez pas une manifestation quand vous êtes un grand syndicat agricole, comme l'est la coordination rurale, comme ça, de votre propre autorité, sans se coordonner avec les pouvoirs publics. C'est toujours comme ça que ça se fait. Là, ils n'ont pas souhaité le faire. Donc, il y a aussi des questions, et particulièrement en ce moment, avec les conditions météo, il y a quand même quelques conditions à remplir.
Est-ce que c'est parce que la crise agricole vous échappe, qu'elle vous échappe et qu'elle n'est pas forcément encore pilotable politiquement, que vous en êtes à interdire les tracteurs ? Non, alors, il ne s'agit pas de piloter politiquement la crise agricole, il s'agit d'avoir des réponses. Moi, depuis que je suis arrivée à la tête de ce ministère, c'est ce que j'ai fait continuellement. Leur première demande, c'est une demande de simplification. J'ai mis en place le contrôle unique, qui d'ailleurs fait école au niveau de l'Union européenne.
Ils voulaient un texte de loi qui consacre l'agriculture comme étant d'intérêt général majeur, c'est ce qu'on a fait avec la loi d'orientation agricole. Lever les entraves qui pèsent sur l'agriculture, c'est ce qu'on a fait avec la loi dite la loi du plomb. C'est la réforme sur les 25 meilleures années de la retraite, pour la prise en compte de la retraite. Et c'est ce que nous venons de faire. C'est la lutte contre la concurrence des loyales. C'est la décision que je viens de prendre d'interdire, avec l'accord du Premier ministre, des substances qui sont interdites. Au journal officiel ce matin, quatre substances.
Cinq substances qui vont empêcher l'importation de productions qui ne respectent pas les normes européennes. On se bat pour avoir une PAC digne de ce nom. On se bat contre le Mercosur dans les risques auxquels il expose notre agriculture.
Est-ce que Paris sera bloqué demain ? Et qu'est-ce que ça signifie interdire les tracteurs ? Ça veut dire que c'est terminé l'indulgence avec les agriculteurs ?
Non, ça veut dire qu'on peut manifester, mais on ne peut pas bloquer Paris. On ne peut pas bloquer Rungis, qui nourrit 10 millions de Français en Ile-de-France. Non, on peut manifester, on ne peut pas bloquer, on ne peut pas dégrader. Donc, voilà. Ça veut dire que vous allez arrêter, avec le ministre de l'Intérieur Laurent Nunez, tous les agriculteurs qui sont actuellement sur nos tracteurs, sous la neige, qui montent sur Paris. Ça, ça relève de la compétence du ministre de l'Intérieur, mais il est clair qu'on ne peut pas bloquer Paris. Il y a des gens qui viennent travailler à Paris, qui doivent pouvoir continuer de venir travailler.
Et du reste, je pense qu'il y a une solidarité entre gens qui travaillent. Il faut aussi le respecter.
Annie Gennevard, la bête noire des agriculteurs, c'est le Marc-Aussure, cet accord de libre-échange avec des pays d'Amérique du Sud. Là aussi, vous avez échoué, vous n'avez pas réussi à épargner les agriculteurs de ce traité ?
Alors, plusieurs choses. D'abord, nous nous battons contre ce projet d'accord parce qu'il expose des filières sensibles, le bœuf, le poulet, le sucre, l'éthanol, le miel. Donc, il est dangereux pour certaines de nos filières. Ensuite, il a été décidé autoritairement d'en signer un projet il y a un an par la présidente de la commission à un moment où la France était, c'est vrai, en difficulté. Le gouvernement Barnier avait été censuré. Nous étions en affaires courantes. Donc, pour un pays fondateur comme la France, ce n'était pas très élégant, ce n'était pas très loyal de faire ça. Vous vous battez, mais vous perdez ce combat. Je voudrais vous dire une chose.
Tant qu'un combat n'est pas achevé, il n'est pas perdu. Donc, ce combat, il est mené, il sera mené jusqu'au bout. J'ajoute un point important pour vos téléspectateurs. Ce n'est pas la fin de l'histoire, le 12. Ça n'est pas la fin de l'histoire. Tout simplement parce que le 12, le Conseil des chefs d'État va se prononcer, mais après, ça va partir au Parlement européen. Et ce sera l'affaire des parlementaires européens. Et moi, j'entends bien sensibiliser les parlementaires européens. Et du reste, vous savez, il n'est pas du tout garanti que l'accord soit validé par le Parlement européen.
Mais vous êtes seule aujourd'hui avec la Pologne, la Hongrie, ce que vous n'avez pas réussi à faire pendant deux mois, les jeunes bars. Vous pensez vraiment que c'est réaliste aujourd'hui de trouver une minorité de blocage et de bloquer ce traité pour la France ? Vous le pensez vraiment ou vous dites ça pour temporiser ?
Ça fait six mois que je vais de capitale en capitale rencontrer mes homologues. Et la France a pris le lead sur ces sujets. Parce que la France est regardée dans les décisions qu'elle prend. Vous parlez de la Pologne, vous parlez de la Hongrie, de l'Autriche, de la Belgique, de l'Irlande, de l'Italie. Tous ces pays nous ont aidés à repousser. L'Italie nous a lâchés depuis. L'Italie probablement votera en faveur du Mercosur. Mais donc c'est fini pour la France ? Non, mais c'est fini pour la France. Comme je viens de vous le dire, le combat n'est pas achevé. Et il continuera. Le 12, l'histoire n'est pas achevée.
Et ce projet d'accord, nous n'avons eu de cesse que d'en corriger les effets négatifs. C'est à la demande de la France. Elle a pris le lead sur la clause de sauvegarde, sur la réciproceté des normes, sur les contrôles. Maintenant, il n'empêche que même si nous avions toutes ces améliorations, et nous les aurons sans doute, si l'accord est validé, néanmoins, d'abord, aujourd'hui, le compte n'y est pas d'une part. Et d'autre part, ce projet d'accord, c'est un vieil accord, c'est un accord d'admétrage, c'est un mauvais accord. C'est 25 ans qu'il est en négociation, qu'il est en conversation.
J'aimerais juste qu'on écoute la conférence de presse de Jean-Luc Mélenchon hier soir, qui cible le président de la République. Sur l'affaire Mercosur, il est coupable. Parce qu'il n'a pas fait ce qu'il fallait faire à temps. Il pouvait tout bloquer avant. Tout bloquer avant, vous parlez d'un vieil accord. Depuis 25 ans, Emmanuel Macron s'y était opposé publiquement. Il avait dit publiquement que ça ne passerait pas. Ça va passer. Est-ce que c'est une humiliation pour le président de la République ? Non, je crois qu'il faut raison garder dans les mots qu'on utilise. L'Union Européenne est faite de 27 États membres qui sont souverains dans leurs décisions.
La France est regardée, la France est écoutée, la France pèse. Mais pour autant, la France ne décide pas pour les 26 pays de l'Union Européenne. Ce que demandent les agriculteurs, c'est qu'il y ait une équité, une justice. On ne peut pas admettre, et ça, c'est inacceptable, imaginer que des produits qui n'obéissent pas aux règles auxquelles ils sont assujettis eux-mêmes, auxquelles nos paysans doivent répondre, soient tolérés de la part de production importée. En effet, Annie Jeanne-Barn,
Est-ce que cet accord n'a pas été aussi diabolisé ? C'est une opportunité aussi pour certaines filières agricoles, pour le lait, pour les vins espiritueux, pour le fromage. On parle de droits de douane qui étaient à 30%, qui vont revenir autour de 7%. On parle d'un marché de centaines de millions de consommateurs. Pour eux, vous dites quoi ?
Alors, je dis, d'abord, on les a peu entendus. Les pros, la posture. Et on les a peu entendus, mais parce qu'il y a une chose qui est propre au monde agricole, c'est qu'il est solidaire. Et cette solidarité contre le Mercosur, elle s'est exprimée aussi de cette façon-là. Ensuite, s'il y a des filières qui sont gagnantes, et je pense qu'il y en aura tant mieux pour elles, mais on ne peut pas ignorer que pour beaucoup d'autres, et notamment pour l'élevage et pour l'éthanol, c'est-à-dire une filière qui concerne énormément d'agriculteurs en France, ce sera très, très défavorable.
Mais on disait la même chose sur le CETA à l'époque. Ah oui, mais c'est pas... On disait qu'on allait être submergé de viande bovine, et finalement, il n'y en a quasiment pas en provenance du Canada, et les exportations sont plus importantes que les importations aujourd'hui. Alors qu'on avait dit le pire sur ce traité. Est-ce qu'on n'est pas aujourd'hui un peu dans la même logique ?
Nous verrons bien ce qu'il en sera lorsque s'appliqueront les droits de douane sur les productions canadiennes, s'il n'y aura pas un réfléchage sur l'Union Européenne des productions. Mais heureusement que les accords de libre-échange ne sont pas tous mauvais. On n'est pas des protectionnistes qui ne voulons plus d'accords de libre-échange. La France veut commercer avec les autres pays, qu'ils soient des États membres ou des pays tiers, mais à des conditions qui soient équitables, qui soient justes. Or, ce projet d'accord, quand je dis que c'est un vieil accord, c'est qu'il a été pensé il y a 25 ans à une époque où les conditions géopolitiques étaient tout à fait différentes.
On voit bien ce qui se passe aujourd'hui. Vous avez d'un côté la Chine qui fait des enquêtes anti-dumping, qui augmente ses droits de douane. Vous avez de l'autre les États-Unis qui augmentent les droits de douane de façon très importante et qui perturbe énormément les conditions économiques de nos producteurs en Europe et singulièrement en France. Donc, c'est pour ça qu'aujourd'hui, les accords de libre-échange, ils doivent être équilibrés, ils doivent être profitables aux deux parties. Ça ne peut pas être volaille contre voiture. Ça ne marche pas. Les peuples se rebellent, les agriculteurs se rebellent. Et moi, ma position, elle a été constante.
Vous le savez, je ne suis pas favorable à cet accord. Je n'y suis pas favorable. Et je l'ai dit de toutes les façons. Parce que moi, je suis la voix des agriculteurs et je suis aussi leur bouclier. Donc, je ferai tout pour les protéger de ça.
Mais est-ce que vous savez leur parler, aux agriculteurs, notamment s'agissant de la dermatose nodulaire contagieuse ? On en parle dans un instant. Le 830 France Info, Agathe Lambret, Paul Larouturou. Avec Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Souveraineté Alimentaire. Paul, on va aborder un autre sujet, celui de la dermatose nodulaire contagieuse et ses réactions à la gestion du gouvernement.
Oui, Agathe et oui, madame la ministre de l'Agriculture, pendant le fil d'info, vous nous confiez que vous étiez une fille de la montagne et que vous n'aviez pas peur de la neige. Mais nous, on va continuer à dérouler cette crise agricole. Et hier, un ancien président de la République était sur votre chaise et il vous a laissé un message.
C'est très douloureux pour des agriculteurs, et j'en connais ici dans mon propre département, la Corrèze, de vivre la destruction de leurs cheptels. Il faut chercher à chaque fois des alternatives quand elles sont possibles. Et c'est ce que la ministre de l'Agriculture doit trouver. Et trouver aussi les mots. Il y a un moment, être au pouvoir, c'est prendre une responsabilité.
Le gouvernement n'a sans doute pas su trouver les mots, dit François Hollande. C'était aussi un argument utilisé massimement par ceux qui actuellement sont sur la 64 entre Toulouse et Bayonne et qui la bloquent. Vous ne trouvez pas les mots, madame la ministre de l'Agriculture. Vous savez, je viens d'un territoire d'élevage. Ça fait 30 ans que je travaille avec les éleveurs. J'y compte beaucoup d'amis. Et je peux vous dire que lorsque cette maladie terrible a surgi, j'ai pris immédiatement la mesure de ce que cela représentait pour un éleveur de perdre son cheptel. D'ailleurs, toute l'histoire de l'élevage est traversée par ces grandes épidémies qui ont conduit à des abattages.
C'est la fièvre afteuse, c'est la vache folle, c'est la tuberpulose bovine, aujourd'hui la DNC. Et chaque fois, la mémoire de ces abattages reste non seulement chez l'éleveur lui-même, mais dans sa famille, dans les villages. Et il continue d'en parler longtemps après parce que c'est quelque chose d'infiniment, profondément bouleversant. Et chaque fois que la maladie a surgi, que ce soit en Savoie, en Haute-Savoie, dans le Jura, je suis allée, et en Occitanie aussi, je suis allée à la rencontre des premiers éleveurs dont l'éceptel avait été abattu. Je n'en ai pas fait état. Je n'ai pas amené les caméras. Je n'ai pas amené mes services, mon cabinet, le préfet.
Je les ai rencontrés en tête-à-tête pour les écouter.
C'est un faux procès. Est-ce qu'il y a de la désinformation ou de l'instrumentalisation dans cette crise agricole aussi depuis plusieurs semaines ?
Alors, il y a eu beaucoup de bêtises qui ont été racontées dans les médias, beaucoup de désinformation, beaucoup d'instrumentation. D'ailleurs, ça a été signalé par certains de vos confrères. Certaines puissances étrangères ont instrumentalisé sur les réseaux sociaux.
Des ingérences quoi ?
Des ingérences, des ingérences étrangères, on va dire.
Et vous avez fait quelque chose ?
Nous, ce qu'on essaie de faire, c'est de ramener de la raison. Cette maladie, elle est terrible, elle est dangereuse, elle peut affecter l'intégralité du cheptel bovin français fait de 16 millions de bêtes d'une qualité exceptionnelle et il nous faut la vaincre. L'ennemi, c'est le virus. On en est où, d'ailleurs, de cette crise ? Alors, l'épidémie, elle est sous contrôle sanitaire aujourd'hui. Depuis le 11 décembre, il y a eu neuf foyers. Principalement dans le sud-ouest ? Alors, oui, en Occitanie, on a surtout déployé la vaccination parce que la façon la meilleure de lutter contre l'épidémie, l'épizotie, c'est la vaccination. On est aujourd'hui à 80% de bêtes vaccinées une à une.
Je ne sais pas si vous mesurez l'exploit. Et je voudrais rendre hommage aux vétérinaires, les vétérinaires libéraux, les vétérinaires d'État, les vétérinaires militaires, parce qu'on a sollicité l'armée. Les éleveurs qui ont aidé à la vaccination, 80% des 750 000 bêtes occitanes de Sud-Ouest ont été vaccinées.
C'était vraiment la seule solution, Anne-Yennevar, pardon, mais par exemple, les Insoumis, responsables politiques, disent qu'il n'y a pas de consensus dans la classe politique, enfin, chez les scientifiques, pardon, pas de consensus chez les scientifiques sur cet abattage de tout un troupeau pour une seule bête. Vraiment, il n'y avait pas d'autre solution ?
D'abord, je veux dire que, je veux redire que les abattages, c'est en dernière extrémité. Et c'est quand il y a de l'infection, et le narratif qui consiste à dire, une bête malade, on abat tout le troupeau, en réalité, quand une bête est malade, d'autres bêtes sont malades aussi. Toujours, on l'a vu dans tous les foyers qui ont été concernés par la maladie. Mais il faut un chemin d'espoir pour les éleveurs, parce que, d'abord, cette maladie peut être vaincue. On l'a vaincue en Savoie, dans le Rhône, dans l'Inde. Et dans le Jura, elle est sur le point d'être éradiquée, puisqu'on va lever la zone réglementée. Et la vie va pouvoir reprendre son cours. En combien de temps ?
Quel est votre calendrier pour la vaincre, cette maladie ? Moi, je pense qu'une fois qu'on aura tout vacciné, là, on va voir ce qui s'est passé dans les autres territoires. Les contaminations s'effondrent. Ce qui pose un problème massif pour les exports. On est entre 5 et 10 milliards d'euros, c'est cela ? Oui. Il y a une très grosse inquiétude économique aujourd'hui ? Bien sûr, bien sûr, parce que, dès que vous êtes en zone réglementée, c'est-à-dire une zone dans laquelle la maladie a frappé, il n'y a plus de mouvement possible. Et il ne faut pas qu'il y ait de mouvement, parce que ce sont les mouvements qui propagent la maladie. Donc, je le redis aux éleveurs, pas de mouvement.
Là, le froid nous aide beaucoup parce qu'il fait très froid dans les Pyrénées et les mouches ne se développeront pas avec de telles températures. Donc, merci, merci la météo. Et puis, donc, pas de mouvement pour ne pas disséminer la maladie. Et la vaccination et la protection. Un animal vacciné, au bout de 21 jours, il peut être piqué par une mouche, il ne sera pas infecté. C'est ça, notre chemin d'espoir.
Les agriculteurs, certains syndicats s'opposent toujours à cette méthode. Il y a aussi le Mercosur qui s'apprête à être signé. De nouvelles mobilisations qui sont annoncées dans les jours qui viennent. Comment vous faites pour mettre fin à cette crise ? Est-ce que ça va durer encore des mois ?
Écoutez, j'espère que ça ne durera pas deux mois. D'abord parce que c'est épuisant pour les agriculteurs eux-mêmes. Ils sont dans le froid, ils sont dans des conditions difficiles, ils perturbent. Forcément, les manifestations ont une incidence sur la vie locale et c'est compliqué avec la population quelquefois, même si les agriculteurs jouissent d'un grand soutien de la population. Et ça, c'est quelque chose qui est réjouissant. Ça veut dire que ce lien particulier de la population et que les agriculteurs est très fort. Ce qui explique aussi le rejet du Mercosur de l'ensemble de la société, du Parlement et singulièrement de leurs ministres.
Avant la question de qui, vous disiez merci le froid d'empêcher les moustiques de piquer les vaches mais vous allez le braver le froid pour aller à Bruxelles. Réunion extrêmement importante avec tous les ministres de l'agriculture, tous vos homologues européens, pour parler du Mercosur, pour parler de la PAC. Très concrètement, qu'espérez-vous obtenir aujourd'hui ? Alors aujourd'hui, on va parler de la PAC. Il y a une déclaration qui a été faite hier sous la forme d'un courrier adressé aux Etats membres par la présidente de la Commission qui augmente le budget de la PAC. Donc ça, c'était une demande forte de notre part. Maintenant, il y a encore des choses à négocier.
En réalité, la négociation de la PAC commence aujourd'hui. Nous, ce que nous voulons, la demande de la France qui est celle de très nombreux pays européens, c'est un budget suffisant, un budget autonome, une politique agricole qui soit véritablement commune, communautaire. Et aujourd'hui, il faut bien considérer que cette négociation, elle va être très importante parce qu'on a encore des gains à obtenir. Et notamment sur le fait que dans le budget de la PAC, on tient compte de l'inflation. Parce que... Donc ça n'est pas garanti encore. Juste, Agathe Lambray, est-ce qu'il y aura des...
Mais une chose, pardon Agathe Lambray, une chose importante, le Premier ministre et moi avons dit très clairement, les 65 milliards de la PAC aujourd'hui seront garantis dans la future PAC à minima. Agathe Lambray, juste, il y aura-t-il des vaches
au Salon de l'Agriculture en février ?
Je l'espère, on fait tout pour. Je lisais ce matin que les Montbéliardes, qui est la race de chez moi, sera présente au Salon de l'Agriculture. Les Charolais, la race charolaise également, qui est une race magnifique. Mais pas l'Occitanie, du coup ? Alors, tout ce qui est dans les zones réglementées ne pourra pas, sauf si dans 45 jours, mais ça fait un mois et demi, ça risque d'être juste, en effet. Et je pense que dans les zones réglementées, les bêtes ne bougeront pas. En revanche, il y a des zones indemnes, il y a des zones où les bêtes ont été vaccinées. Peut-être que les éleveurs accepteront de venir au Salon.
Je voudrais dire aussi qu'il y a, évidemment, les vaches sont les stars du Salon, mais il n'y a pas que les vaches, il y a beaucoup d'autres animaux. Et on aura une vache, la vache égérie du Salon, et maorèse, comme vous le savez. C'est un nom de grand-dueur.
Vous reviendrez en parler sur France Info à ce moment-là, Annie Gennevard, parce que, comme tous les jours, c'est le moment de la question qui a retrouvé sur les réseaux sociaux de France Info. Aujourd'hui, la question qui pardonne. Vous avez été suspendu de LR après votre entrée au gouvernement. Si demain, Bruno Retailleau se lance pour 2027, vous lui dites quoi ? Je te soutiens, tout est pardonné, ou tu m'as suspendu, tu te débrouilles ?
Alors, vous savez, je connais bien mon parti, j'en ai occupé à peu près toutes les fonctions dirigeantes. Bon, la décision qui a été prise, j'en prends acte, je la regrette, je regrette que Bruno Retailleau ait quitté le gouvernement. Mais c'est ainsi, en tout cas, ce que je souhaite, moi j'appartiens toujours à mon parti, vous savez, je n'en ai pas changé. Et vous le soutiendrez ? Vous avez été suspendu quand même. Ce que je souhaite, c'est que LR pèse dans l'élection présidentielle. Je souhaite que LR pèse de tout son poids parce que nous avons un message à délivrer, nous avons une histoire à honorer, nous avons un projet à proposer, et donc LR doit être présent.
Après, le départage entre les différents candidats, nous verrons bien. Est-ce que vous allez payer votre cotisation LR pour 2026 et est-ce que vous envoyez vos vœux à Bruno Retailleau ? Mais alors, d'une part, j'acquitte toujours scrupuleusement ma cotisation, je suis toujours présidente de ma fédération départementale, donc je suis pleinement membre de mon parti. Simplement, je ne peux pas m'exprimer au nom du parti nationalement.
Merci beaucoup, Annie Gennevard.
Vous savez, l'histoire n'a pas dit son dernier mot.
Merci. Merci, Annie Gennevard, d'avoir répondu aux questions de France Info.
Merci, Paul. A demain.
Sous-titrage Société Radio-Canada
Annie Genevard