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ChroniqueBLAST (sur YouTube)· 26 novembre 2021 14 minAutoproduitActualité / polémiqueEnvironnement & énergieÉconomie & entreprises

POURQUOI L'INACTION CLIMATIQUE NOUS COÛTE "UN POGNON DE DINGUE" ?

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Madame, monsieur, bonsoir. Bienvenue dans ce journal, voici les titres de l’actualité. Le réchauffement de la planète a un coût écologique mais également économique.

Plusieurs centaines de milliards d’euros. Un chiffre hors du commun qui mérite quelques explications. Un changement climatique qui a des conséquences économiques.

On en parle ce matin en compagnie de Christophe Dansette. On va revenir sur cet été rythmé par plusieurs séries de catastrophes naturelles. Souvent, le réchauffement climatique est pointé du doigt.

Et tout cela évidemment a un coût. Le climat va avoir d’énormes impacts économiques aussi. Et oui, il faut le rappeler, 70% de l'activité économique est dépendante des évolutions de la météo et du climat.

Je ne vous apprends rien, l’inaction climatique a aujourd’hui des conséquences multiples sur notre environnement, notre santé mais aussi, et on en parle moins, sur notre économie. Et oui, l’inaction climatique risque de nous coûter cher, très cher même. La traduction des effets en cascade du changement climatique, vagues de chaleur, sécheresses, inondations, bouleverse nos sociétés.

La pandémie de Covid-19 en est l’exemple le plus frappant, elle a mis nos économies à l’arrêt durant des mois et exacerbé les inégalités sociales. Et si nous ne changeons pas de système, elle risque de se reproduire encore. En cause, le déclin de la biodiversité qui accélère l’émergence de virus dangereux pour les populations humaines et des maladies associées.

Mais je pourrais aussi vous donner l’exemple de la baisse des rendements agricoles, du manque d’eau ou de l'élévation du niveau de la mer. En bref, plus nous retardons l’action politique à la hauteur de l’urgence climatique, plus la facture sera élevée. Alors, comment traduire tout ça en termes économiques ?

Si l’évaluation de ces coûts est extrêmement complexe, et dépend beaucoup des méthodologies utilisées, tous les rapports que j’ai épluchés pour cette vidéo s’accordent sur deux points : Un : les coûts de l’inaction des pouvoirs publics sont considérables et, dans certains cas, représentent un frein important pour les économies nationales. Deux : le coût de l'adaptation est largement inférieur au coût de la réparation. En bref, il serait temps de prévenir plutôt que guérir.

Alors, quelle est la réelle facture de l’inaction climatique ? Nos investissements et politiques actuels sont-ils à la hauteur de ce qui nous attend ? Réponses dans cette nouvelle vidéo de la rubrique écologie de Blast.

Le réchauffement climatique n’est plus le seul apanage des scientifiques. Pour la première fois, un rapport britannique fait le point sur son impact économique à long terme. Et le constat est pour le moins alarmiste.

Une facture de plusieurs centaines de milliards d’euros, et la récession au niveau mondial. Un cri d’alarme relayé aujourd’hui par Tony Blair. L’économiste Nicholas Stern a été l’un des premiers à s’intéresser au coût du réchauffement climatique.

En 2006, et sur demande du premier ministre Tony Blair, il rendait le Rapport Stern. Un coup de tonnerre. Cette année-là, il expliquait déjà que si nous ne faisions rien, le changement climatique nous coûterait 5500 milliards de dollars d’ici à 2050.

Quand les gens ne paient pas pour les conséquences de leurs actes, les marchés s'effondrent. On peut s’attendre au plus grand krach de l’histoire de l’humanité. Sa conclusion : le coût de l’inaction est supérieur au coût de la prévention.

À l’époque, le coût de l’inaction est estimé, selon les scénarios, de 5 % à 20 % du PIB mondial, contre 1 % pour celui de l’action. Des ordres de grandeur qui ont tendance à se confirmer aujourd’hui. En 2006 déjà, Nicholas Stern regrettait que les économistes ne prennent pas en compte le changement climatique dans leurs travaux.

Quinze ans plus tard, les évolutions sont encore bien trop lentes sur ce sujet, pour Nicholas Stern. La crise économique mondiale de 2008 nous a fait perdre beaucoup de temps et l’économie se montre encore bien trop conservatrice. Il regrette que “les économistes laissent tomber le monde”.

Pour preuve, sur les dizaines de milliers d’articles publiés dans des revues académiques réputées en économie, moins de 0,1% concerne le thème du changement climatique. Pour l’économiste Stern, nous ne pouvons plus avoir “une vision parcellaire et étriquée de l’économie qui ignore les dégâts que nous causons”. Depuis, plusieurs études vont dans le sens de ce célèbre rapport.

En septembre 2021, 738 économistes affirmaient que les avantages d'une réduction nette des émissions, d'ici à 2050, l'emporteraient sur les coûts. Selon l'enquête, si le rythme actuel du réchauffement climatique se poursuit, les dommages économiques atteindraient 1700 milliards de dollars par an d'ici 2025, soit environ 2% du PIB mondial. En 2075, ces dommages pourraient atteindre 30 000 milliards de dollars par an.

Les trois-quarts des économistes interrogés, expliquent par ailleurs qu'une action “immédiate et draconienne” est nécessaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. En 2015, ils n’étaient qu’une moitié à être convaincus de la nécessité d’agir rapidement. Ces économistes affirment que les conséquences économiques de l'inaction climatique vont exacerber les inégalités de revenus entre les pays riches et les pays pauvres.

Et au sein même des pays, le changement climatique viendra accroître les inégalités entre les classes populaires et les plus aisées. C’est qu'on doit mieux prévenir, ça nous coútera moins. Et on doit mieux responsabiliser tous les acteurs.

Moi je pense que c’est ça le truc. Prévenir, responsabiliser. Dans la même ligne, en septembre 2021, la Banque centrale européenne publiait les résultats de son tout premier “stress test climatique” appliqué à l’économie européenne.

Après avoir testé l’impact du changement climatique sur plus de quatre millions d’entreprises dans le monde et sur 1 600 banques de la zone euro, l’institution est catégorique : l’inaction climatique pourrait laminer l’économie européenne. Luis de Guindos, vice-président de la BCE conclut : Le rapport identifie deux types de risques : les risques physiques liés à l’augmentation des catastrophes naturelles qui pourraient, par exemple, impacter des usines de production implantées dans les zones à risque. Mais aussi ce qu’on appelle le risque de transition, c’est-à-dire ce que coûteraient des politiques climatiques contraignantes aux industries très émettrices comme l’industrie fossile par exemple, qui devront faire face à des charges considérables pour réduire leurs émissions, “ce qui augmenterait leur probabilité de défaillance à court ou moyen terme”.

Malgré tout, la BCE soutient que : L’impact des catastrophes naturelles sur la croissance l’emporte sur les coûts de transition dans tous les scénarios. Sans mesures fortes, le PIB pourrait être, en 2100, de 10 % inférieur que dans le scénario d’un sursaut politique. Pour ce qui est des banques de la zone euro, si le changement climatique n’est pas pris en compte, elles pourraient être gravement touchées.

En cause, l’augmentation constante des catastrophes naturelles qui causeraient des pertes importantes sur les portefeuilles de prêts aux entreprises. On pourrait ici aussi citer la forte dépendance de ces banques aux énergies fossiles, qui les rend particulièrement vulnérables. Selon un rapport publié par l’Institut Rousseau et les ONG Reclaim Finance et Les Amis de la Terre, les onze principales banques de la zone euro cumuleraient un stock de plus de 530 milliards d’euros d’actifs liés aux énergies fossiles, équivalant à 95 % du total de leurs fonds propres.

Le problème, c’est que la valeur de ces actifs est amenée à chuter si l’accord de Paris sur le climat est respecté. Une dévalorisation qui pourrait générer une nouvelle crise financière selon les auteurs. En bref, selon l'étude, les actifs fossiles pourraient devenir les subprimes de demain.

Presque toutes les régions du globe ont été touchées par des catastrophes liées au climat en 2020. Et le coût des catastrophes naturelles a atteint un taux record cette année-là. Les dix catastrophes naturelles les plus coûteuses ont entraîné au moins 150 milliards de dollars de dégâts si l’on ne prend en compte que les pertes assurées.

En Europe, les tempêtes Ciara et Alex ont été les plus lourdes. Et nous sommes très inégaux face à ces pertes. En 2020, dans les pays pauvres, seulement 4 % des pertes économiques dues aux événements climatiques extrêmes étaient assurées, contre 60 % dans les pays riches.

Dans ces pays, les primes d'assurances pourraient être multipliées par trois d’ici à 2050. Une assurance-habitation, qui vous coûte aujourd’hui 150 euros, vous coûterait donc 450 euros en 2050. Enfin, le GIEC nous met également en garde : plus la température s'élève, plus les coûts pour protéger la société augmentent.

Selon son projet de rapport sur les impacts du réchauffement, d'ici 2050, les financements nécessaires pour l'adaptation pourraient ainsi atteindre 1 000 milliards de dollars par an dans certains scénarios d'émissions. Ça, c’est pour les arguments économiques. La question, désormais, est celle de l’action.

Qu’est-ce qui est fait face à ces données, qui donnent un argument supplémentaire, s’il en fallait encore, pour la mise en place de politiques climatiques ambitieuses ? Selon le Global Carbon Project, en 2021, nos émissions mondiales devraient augmenter de 4,9 %, ce qui nous ramènerait à des niveaux très proches de ceux d’avant-pandémie. En cause, une relance économique mondiale qui a profité aux énergies fossiles, notamment au charbon et au gaz.

En mars 2021, une étude publiée dans la revue Nature Climate Change affirmait que le taux de réduction des émissions devrait désormais être dix fois supérieur aux efforts actuels pour respecter l'accord de Paris. Selon eux, l'Union européenne, le Danemark, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et la Suisse font partie des rares pays à avoir mis en œuvre des plans de relance verts “substantiels” avec des investissements limités dans les activités basées sur les énergies fossiles. Mais, la plupart des plans de relance actuels sont en contradiction avec l'Accord de Paris sur le climat de 2015.

Là-dessus, l’Adaptation Gap Report du programme pour l'environnement de l’ONU, constate que : Le 21 octobre, un rapport de la revue The Lancet appelait également à une action urgente pour intégrer la lutte contre la crise climatique dans les plans de relance post-Covid. Le constat des auteurs est sans appel : "Les principales tendances s'aggravent et exacerbent les inégalités sociales et sanitaires déjà existantes". Tout ceci montre l’incapacité du politique à prendre en compte le temps long.

Malgré toutes ces données, tous ces rapports, certains pays, et singulièrement les plus développés sont totalement à côté de la plaque. Entre 2013 et 2018, les pays du G7, États-Unis, Allemagne, Japon, Angleterre, Canada, France et Australie, ont investi deux fois plus d’argent dans la construction de murs contre l’immigration que dans la finance climat. Plus généralement, les auteurs s’inquiètent du fait que les personnes qui migrent ne sont plus perçues aujourd’hui comme des victimes mais comme des menaces.

Autre connexion pointée par le rapport, la proximité entre les producteurs d’énergies fossiles et les industriels de la sécurité qui assurent la sécurité de leurs sites. Alors, évidemment, toutes ces données sur le coût de l’inaction climatique sont, par définition, imparfaites puisque la prospective est un art délicat et elles dépendent, pour beaucoup, des méthodologies utilisées. Dans l’idéal, il nous faudrait pouvoir comparer deux planètes, la nôtre et une autre planète sur laquelle il n’y aurait pas de dérèglement climatique.

On ne peut donc pas être totalement sûrs de ces chiffres, mais plutôt des ordres de grandeur. En revanche, une chose est certaine : les actions d’atténuation des effets du changement climatique sont une assurance. Car cette quantification en coût économique, n’englobe pas l’ensemble des impacts et a tendance à sous-représenter l’influence du changement climatique sur le bien-être des populations, les inégalités sociales, la capacité de travail, les pertes de production, de revenu etc… Voilà, je tenais à vous donner un autre aperçu, plus économique cette fois-ci, sur le changement climatique.

Le sujet est épineux et complexe, je ne pouvais pas rentrer dans tous les détails mais, pour aller plus loin, je vous ai mis comme d’habitude tous les liens sous la vidéo. Si vous avez trouvé cette vidéo instructive, n’oubliez pas de la liker, de la commenter, de la partager sur vos réseaux sociaux. Et pour ne rien rater de nos prochaines vidéos, abonnez-vous à la chaîne de Blast.

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