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InterviewC à vous (sur YouTube)· 1 avril 2026 13 minContradictoireActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesRetraitesImmigration & asile

Retrait du drapeau européen, présidentielle, Moyen-Orient : D. de Villepin s’exprime

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %

Questions et réponses

Taux de réponse directe : 78 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)

  • 1:00OuverteRéponse directe

    Depuis 2007, selon vous, la France n'est ni gouvernée ni réformée ?

  • 3:00RelanceRéponse partielle

    Ce sont des solutions plus techniques que politiques, non ?

  • 5:00OuverteRéponse directe

    Au fil des crises auxquelles il faut s'adapter, ce qu'ont fait les présidents précédents.

  • 7:00OuverteÉludée

    Ce constat sur l'état de la France et le besoin de diriger autrement le pays, c'est un pas supplémentaire vers une candidature de votre part pour 2027 ?

  • 9:00OuverteRéponse directe

    Ces idées, vous les lancez dans le débat public. "Qui voudra bien s'en saisir ?" C'est ce que vous dites ?

  • 11:00FerméeRéponse directe

    C'est une perte de temps ?

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 2:00D.de VillepinFait
    « Nous sommes passés de présidents arbitres, garants, plus stratèges, à des présidents qui veulent tout faire par eux-mêmes, assumant même une verticalité très grande. »
  • 4:00D.de VillepinFait
    « Il y a un état d'urgence énergétique parce que dans 6 mois, nous aurons affaire, contrairement à ce que dit le gouvernement, à de vraies difficultés. »
  • 6:00D.de VillepinFait
    « Si le RN dirige la France, monsieur Bardella ou madame Le Pen, c'est la garantie que toute l'Europe passe du côté des populismes et que nous serons une colonie numérique. »
  • 10:00D.de VillepinFait
    « Nous avons même perdu le goût de la démocratie. Il n'y a qu'à regarder les faibles participations aux élections municipales. »
  • 13:00D.de VillepinFait
    « Je propose que nous regardions en face les 10 années que nous avons vécues. Je pense que le macronisme laisse un héritage. »
  • 16:00D.de VillepinFait
    « Ce qui est important, c'est que c'est adossé à un fonds de souveraineté et de solidarité. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Ces quelques maires se distinguent. Ca fait partie de la démocratie. C'est fait à l'école, et c'est bien fait.

C'est l'horizon dans lequel les jeunes vont devoir vivre, auront la chance de vivre dans les prochaines décennies, que l'on soit dans un système, un choix assumé ou un refus. - A.-E.Lemoine: Vendredi dernier, vous avez prononcé un discours à la Sorbonne.

Son titre: "Le Moment français". Depuis 2007, selon vous, la France n'est ni gouvernée ni réformée, piégée entre l'hyperprésidentialisation de la fonction et la banalisation des chefs d'Etat successifs. Depuis que J.Chirac a quitté l'Elysée et vous Matignon, rien ne va plus? - D.de Villepin: Il y a eu un changement profond dans le statut de la fonction présidentielle.

Nous sommes passés de présidents arbitres, garants, plus stratèges, à des présidents qui veulent tout faire par eux-mêmes, assumant même une verticalité très grande. Ca a été le cas de N.Sarkozy et d'E.Macron.

Ce n'était pas l'ambition de F.Hollande. Ca marginalise le Premier ministre.

C'est un changement institutionnel profond. Surtout, nous avons perdu de vue un certain nombre des grands principes fondamentaux, qui étaient l'héritage de la Ve République, et qui avaient survécu à l'ensemble des présidents, à F.Mitterrand et aux successeurs, jusqu'à N.Sarkozy.

L'objectif d'unité des Français, de rassemblement des Français, l'objectif visant à maintenir une ligne très claire de refus de toute compromission vis-à-vis de l'extrême droite, la ligne qui consistait à affirmer la volonté de souveraineté de la France, toutes ces batailles se sont quelque peu effritées avec le temps. C'est pour cela que je pense que nous sommes à la veille d'une refondation de la fonction présidentielle et de la stratégie française. Aujourd'hui, nous sommes devant des blocs politiques, mais nous sommes surtout devant une fragmentation du paysage politique.

Chacun cherche à se distinguer, à se différencier dans la prospective de la présidentielle, en particulier avec l'idée d'avoir chacun son champion. Je pense que l'heure est au rassemblement des Français, au contraire. Je me situe délibérément à contre-courant des autres responsables politiques, parce que je crois que le vrai défi français, aujourd'hui, c'est la capacité de rassembler nos compatriotes pour réussir quelque chose de très difficile, qui est le retour de la souveraineté pour les Français, le retour de l'unité.

C'est l'élément indispensable pour réussir. Ca suppose d'être capable de redresser l'Etat, de remettre en marche les politiques publiques. La politique d'immigration, par exemple, l'énergie...

La difficulté que nous avons à penser rapidement face à des crises...

Ponctuellement, sur l'énergie, on apporte une aide à quelques producteurs, mais comment aider ceux qui sont les plus défavorisés dans nos territoires? Quand on prend le cas d'une infirmière libérale, par exemple, qui, depuis février, perd 40 centimes par litre d'essence, c'est-à-dire 12 euros par plein, près de 300 euros à la fin du mois...

Je pense que nous devrions mettre en place un système de carte de carburant délivrée par les maires, par les intercommunalités pour ceux qui ne seraient pas capables de faire face à ces augmentations. C'est particulièrement vrai dans les territoires pour ceux qui sont complètement dépendants de la voiture. - P.Cohen: Ce sont des solutions plus techniques que politiques, non?

Ca revient à sortir le carnet de chèques. - D.de Villepin: Il y a également la possibilité de pratiquer un écrêtage en ce qui concerne l'évolution des taxes et un lissage en sens inverse, de façon à garder un périmètre constant et d'éviter de dépenser un argent que nous n'avons pas.

Il y a un état d'urgence énergétique parce que dans 6 mois, nous aurons affaire, contrairement à ce que dit le gouvernement, à de vraies difficultés. Il y a un choc pétrolier. Le gouvernement ne l'assume pas. - A.-E.Lemoine: Si! - D.de Villepin: Le ministre R.Lescure l'avait assumé, mais le Premier ministre est revenu dessus.

Il y a un choc économique structurel qui va être extrêmement profond. Ce choc économique structurel, il faut le préparer. Il faut un plan de transformation accélérée pour les lancements.

Il faut un plan de transformation pour les véhicules électriques. Tout ceci se prépare. Nous avons perdu le sens du temps, de l'avenir, de la planification.

Nous sommes en train de gouverner la France au jour le jour. - A.-E.Lemoine: Au fil des crises auxquelles il faut s'adapter, ce qu'ont fait les présidents précédents. - P.Cohen: La fermeture du détroit d'Ormuz, même D.Trump ne l'avait pas vue venir. - D.de Villepin: Surtout lui!

S'il y en avait un qui pouvait le prévoir, c'est bien lui. C'est une guerre de choix. C'est aussi une guerre d'humeur.

Selon son humeur, les choses changent en permanence. - A.-E.Lemoine: Ce constat sur l'état de la France et le besoin de diriger autrement le pays, c'est un pas supplémentaire vers une candidature de votre part pour 2027? - D.de Villepin: Ne résumons pas ça à un homme.

Mon 1er souci est de montrer qu'il y a une alternative à la politique que nous mettons en place, qu'il y a des grandes politiques publiques. J'ai parlé d'immigration, d'énergie. Dans tous les domaines, il faut que nous soyons capables de prévoir les évolutions.

Dans le domaine des déficits publics, par exemple, nous gérons, année après année, un budget toujours aussi difficile à faire. Une programmation pluriannuelle, une règle d'or, la possibilité par une loi organique de prévoir, non plus seulement l'annualité budgétaire mais une pluriannualité, la capacité de penser dans la durée avec une trajectoire...

La règle d'or nous éviterait d'avoir à faire de nouveaux choix difficiles. Nous serions dans une situation de contrainte. C'est pour cela que je propose une alternative qui s'accompagne de nouveaux instruments.

Dotons-nous d'un grand fonds de solidarité qui réunirait un certain nombre des outils dont nous disposons, comme la Caisse des dépôts, l'Agence des participations de l'Etat, la BPI, et faisons en sorte que cela soit transformé en un grand fonds de pension publique qui drainerait une partie de l'épargne publique des Français avec un rendement garanti. Tout ceci nous amènerait à retrouver de la puissance, de la visibilité, de l'énergie là où nous avons le sentiment, au jour le jour, d'abandon par les dirigeants français, de dépossession individuelle et collective. - A.-E.Lemoine: Ces idées, vous les lancez dans le débat public. "Qui voudra bien s'en saisir?" C'est ce que vous dites? - D.de Villepin: D'abord, moi.

Je travaille ces idées semaine après semaine et mois après mois. Je pourrais perdre mon temps à vouloir participer à une primaire ou au jeu partisan. - E.Tran Nguyen: C'est une perte de temps? - D.de Villepin: Non seulement c'est une perte de temps, mais c'est jouer contre son camp.

C'est la marmite au cannibale. On prend tous ceux qui ont des ambitions et qui veulent être sur l'affiche et, à partir de là, il s'agit de dégommer le voisin. Comment voulez-vous qu'un parti qui se lance dans cette aventure puisse sortir avec un candidat vivant? - A.-E.Lemoine: La multiplication des candidatures, ce n'est pas la route vers le chaos, vers la défaite assurée? - D.de Villepin: Nous sommes à plus d'un an des élections.

Les Français doivent apprécier ceux qui n'ont plus rien à dire...

Les partis politiques vont prendre leurs responsabilités. La question fondamentale est celle de savoir si nous acceptons de gaieté de coeur que le RN dirige la France en 2027. Si le RN dirige la France, monsieur Bardella ou madame Le Pen, c'est la garantie que toute l'Europe passe du côté des populismes et que nous serons une colonie numérique, mais pas seulement, américaine et, sans doute, un peu russe.

Ce schéma, je ne l'accepte pas. - P.Cohen: Vous prônez une sorte de sélection naturelle. - D.de Villepin: La politique est une sorte de sélection naturelle. - P.Cohen: Elle peut être organisée. - D.de Villepin: Je propose que nous regardions en face les 10 années que nous avons vécues.

Je pense que le macronisme laisse un héritage. Le sarkozysme a laissé un héritage. Le hollandisme aussi.

Une chose est claire: l'héritage du macronisme ne doit pas conduire à laisser des héritiers. De ce point de vue-là, faisons en sorte qu'ils soient tous déshérités. La France s'en portera mieux. le premier Premier ministre d'E.Macron: E.Philippe. - D.de Villepin: Pas de chance.

En 2016, monsieur Juppé était à 34 % et monsieur Macron n'était même pas testé. Vous confirmez ce que je pense. Que veulent les Français?

Ils veulent être surpris, en bien, par des gens qui vont leur dire des choses qui leur parlent et qui rentrent dans la réalité de leur vie quotidienne. Deuxièmement, ils veulent du collectif, des gens capables de travailler ensemble. J'ai dirigé un gouvernement avec monsieur Sarkozy, monsieur Borloo, madame Lagarde, monsieur Copé...

Il y avait des gens très différents. Nous ne pourrons pas gouverner la France en 2027 avec 50 plus 1 voix. Pourquoi?

La réforme des retraites, si vous la reprenez...

Si vous pensez qu'on va faire passer une nouvelle réforme des retraites au lendemain des présidentielles par une simple majorité, vous vous trompez. Il faut construire des consensus, accepter de rentrer dans des logiques référendaires, voire dans des conventions citoyennes. C'est tout un nouveau jeu démocratique.

Dans le fond, la politique a rétréci au lavage pendant 10 ans, pour ne pas dire près de 20 ans. Elle a rétréci au lavage. Nous avons même perdu le goût de la démocratie.

Il n'y a qu'à regarder les faibles participations aux élections municipales. Retrouvons le goût du débat, le goût de la France. C'est ça auquel j'invite les Françaises et les Français.

Aimons ce pays. Il s'agit aujourd'hui rien de moins que de le sauver. Notre pays est en voie d'être sinistré.

Faillite financière, incapacité à jouer dans la cour des grands en matière numérique, incapacité d'être véritablement au niveau des menaces qui pèsent sur notre sécurité...

Il faut réinventer une fierté française en Europe et dans le monde. Regardez ce que nos relations avec l'Afrique sont devenues. C'est une vraie tragédie française.

C'est un malheur français. Dans le mal-être des Français aujourd'hui, ce malheur pèse lourd. Les Français sentent ce déclassement.

Ils sentent cet appauvrissement de la France. J'ai la faiblesse de penser que ce que nous avons devant nous aujourd'hui, ce n'est pas la France. Il faut qu'ensemble, nous acceptions de le réinventer. - P.Lescure: Vous avez évoqué d'un mot la réforme des retraites.

On vous a entendu prôner la suppression de l'âge légal au profit d'une durée de cotisation. Vous avez bossé là-dessus? Vous avez déjà un barème en tête? - D.de Villepin: On y travaille.

Je ne rentrerai pas dans les détails aujourd'hui. Ce qui est important, c'est que c'est adossé à un fonds de souveraineté et de solidarité. de façon à pouvoir, à travers ce fonds de souveraineté qui aura vocation à être adossé à la richesse française plus une partie de l'épargne des Français...

Nous aurons une capacité que nous n'avons pas aujourd'hui: nous manquons d'outils. La capacité que nous avons à investir dans l'avenir...

Quand on regarde la transition écologique, c'est l'un des grands défis. Aujourd'hui, nous sommes en train de tourner le dos à l'avenir en compromettant notre avenir écologique. On le voit en matière énergétique.

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