L'invité de Bourdin Direct : Jean-Luc Mélenchon - 03/12
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RMC Bourdin Direct, Jean-Jacques Bourdin.
Jean-Luc Mélenchon, bonjour. Bonjour. L'Avenir en Commun, c'est votre livre programme publié aux éditions du Seuil. On va parler du meeting, votre premier meeting de campagne.
Ne me dites pas ça, M. Bourdin, j'en suis au cinquième ou au sixième.
Oui, mais un meeting auquel vous tenez particulièrement. On va expliquer pourquoi. Ce matin, on va parler du Covid d'abord, parce que c'est l'actualité. Aggravation très rapide de l'épidémie. Jean-François Delphré, c'était à votre place hier matin. Président du conseil scientifique, il parlait de vaccination. Il disait dix fois plus de risque de se retrouver en soins intensifs pour un non-vacciné, dix fois moins de risque de finir en réanimation pour un vacciné. Alors que feriez-vous ? Faut-il rendre la vaccination obligatoire ? L'Allemagne y réfléchit et va le faire. L'Autriche l'a déjà fait. D'autres pays sont en cours. Qu'en pensez-vous ?
Bon, d'abord, moi j'ai suivi le raisonnement qui vous a tenu hier matin. Je suis vacciné pour cette raison. Je veux que les gens... J'ai tout fait. Pas le troisième, là, c'est en route. Troisième, non ? J'ai le rendez-vous. Non, et je veux qu'on m'entende. Je fais mon boulot à ma place d'homme politique qui porte une parole publique. Donc l'Organisation Mondiale de la Santé dit qu'il faut convaincre et pas contraindre. Moi, je ne suis pas virologue et je ne sais pas à quelles conditions, d'une manière générale, l'OMS dit qu'on peut rendre obligatoire. Donc je m'inscris là-dedans. Et je dis aux gens que je me suis fait vacciner pour diminuer le risque. Et en effet, on diminue le risque.
Vous donnez l'exemple ? Je ne sais pas si je donne l'exemple, mais je donne à réfléchir. Voilà. Chacun dans sa partition doit faire ce qu'il a à faire. Mais je ne dis pas faites ceci ou faites cela. Je ne le dis pas. Parce que je sais que ça ne sert à rien, au point où on en est. Mais par exemple, si je donne une manière de faire, ça fait réfléchir. Après, mon rôle politique, c'est plutôt de trouver le chemin. On nous dit convaincre, pas contraindre. Quand les gens ne sont pas convaincus, on s'en prend aux pas convaincants, les gens comme moi. Plutôt qu'aux pas convaincus. Et puis, deuxièmement, on dit la vérité. Le pass sanitaire n'est pas une garantie du tout. Donc c'est un danger.
Parce qu'il vous fait croire que vous ne présentez plus aucun risque. D'ailleurs, vous êtes vacciné. Je suis vacciné. On se parle tous les deux. Mais on n'en sait rien. Un de nous deux est peut-être contaminé. Alors, au moins, essayons de nous concentrer sur des choses concrètes qui peuvent avoir un résultat immédiat. Pardon, c'est les réveillons. Tout le monde doit faire les réveillons. C'est un risque sacré en France. C'est normal. Eh bien, il faut que les tests redeviennent gratuits pour que chacun puisse aller à la fête de famille en responsabilité. Si vous êtes contaminé, les gens...
Mais ils sont gratuits pour les vacciner, les tests.
C'est ce que je ne comprends pas. Alors, il faudrait savoir. Soit les vaccinés... Ils sont gratuits pour les vacciner. Mais ce n'est pas eux qui posent un problème. C'est les autres. Ah si, les vaccinés peuvent transmettre. Bien. Donc, puisqu'ils peuvent transmettre et que c'est gratuit pour eux, pourquoi pas pour les autres ? Pourquoi, Jean-Luc Mélenchon ? Mais attendez, M. Boudin, arrêtons-nous sur cette contradiction. Oui. Si on est tous d'accord pour dire que le test est gratuit pour les vaccinés parce qu'ils peuvent continuer à contaminer, en plus forte raison, ceux qui ne sont pas vaccinés. Donc, il faut que le test soit gratuit.
Mais la vaccination est gratuite aussi, Jean-Luc Mélenchon. Pour ceux qui sont vaccinés, pas pour les autres. Oui, mais quelle est l'utilité de la vaccination ? Elle n'est pas... Attendez, on s'est emmêlé. Excusez-moi, là, je viens de m'emmêler. Elle n'est pas pour... Oui, vous êtes emmêlé. Oui. Eh oui, vous êtes emmêlé. Elle n'est pas pour freiner, Jean-Luc Mélenchon. La vaccination est gratuite, mais le test n'est pas gratuit.
Oui, non. On est d'accord. Le test n'est pas... Mais alors, M. Boudin, donnez-moi... Ça ne va pas vous arracher la bouche. De me donner acte du fait que c'est une meilleure idée d'avoir un test gratuit que de voir quelqu'un qui arrive à la fête de...
Mais la vaccination, elle est gratuite. Vous savez pourquoi je vous parle de la vaccination gratuite et de la gratuité de la vaccination ? Parce que la vaccination permet, non pas de ne pas transmettre, mais surtout, elle permet de ne pas envoyer à l'hôpital des malades graves. Mais vous n'avez pas me convaincre. Et c'est le plus important. Je suis vacciné. Bon, ben c'est le plus important. Donc, ben voilà. Donc, et le test est gratuit pour les vaccins.
Vous savez quoi ? Vous devriez faire la même chose pour l'inscription sur les listes électorales parce qu'il n'y a aucune campagne publique. Oui, aucune campagne publique. Là, je suis d'accord. Là, je suis d'accord avec vous. C'est une honte. Oui. Enfin, franchement, tout le monde a... On n'arrête pas de se... On a un Français sur dix qui n'est pas inscrit. On a trois millions de personnes qui sont mal inscrites. Et après, on vient faire des numéros sur la démocratie et tout ça. Donc, M. Bourdin, vous et moi, ce matin, on fait un petit sketch de deux secondes pour dire il faut s'inscrire et on dit à M. Macron... Ça, je suis d'accord. S'il vous plaît, s'il vous plaît, faites cette campagne...
Inscrivez-vous, inscrivez-vous sur les listes électorales. La démocratie est le meilleur rempart contre le virus de la haine et de l'indifférence aux choses publiques. Alors, ce virus de la haine, il se répand aujourd'hui en France, Jean-Luc Mélenchon ? Il faut bien admettre que oui. Par qui ? Par des gens qui en font, en quelque sorte, en font les portes-paroles.
Des gens avec lesquels vous avez débattu, par exemple ?
Oui, M. Zemmour, il a même été condamné pour ça, pour haine raciale. Donc, lui, il porte une vision... Veux-t-il d'ailleurs abroger la loi Guesso ? Nous verrons.
Pourquoi abroger la loi Guesso ? Je dis ça, parce que c'est peut-être dans son programme, je ne sais pas. Je lui poserai la question, d'ailleurs, il y a mardi prochain.
Vous lui poserez la question, mais si vous voulez, entre l'extrême droite et, disons que moi, le problème n'est pas tant le programme. Bon, eux, c'est classique, c'est un programme de droite classique. C'est une vision du monde. Pour lui, le futur est un passé toujours recommencé. Ça n'existe pas, ça n'est nulle part. Ça n'a jamais existé, ni dans l'histoire de France, ni dans celle du monde. La marche du monde, c'est l'horizon de l'universalisme, et même droit pour tout le monde, ce qui n'est pas le cas dans beaucoup de pays du monde.
Et puis, la vie de tous les jours nous amène à cet horizon par la créolisation, c'est-à-dire que tous, nous produisons quelque chose d'imprévu, aux contacts de cultures qui ne sont pas les nôtres. Vous entendez bien, M. Bourdin, que je distingue ça du métissage. Le métissage, bon, c'est la vie, quoi. C'est l'amour. Mais dans ce que je raconte, moi, il y a quelque chose, la créolisation, que j'ai empruntée comme terme à Édouard Glissant, c'est la culture. Quelque chose que nous mettons en commun. Sa fille sera là dimanche.
Oui, oui, oui. Elle sera là dimanche. Oui, vous voyez la transition. Pas mal, la liaison est pas mal. Pas mal, pas mal. La transition, parce que, donc, dimanche, à la Défense, vous réunissez votre premier Parlement Union Populaire, de l'Union Populaire, avec plusieurs personnes qui vous soutiennent, porte-parole d'attaque, il y aura Annie Ernaud, Yann Le Bolloc, par exemple.
Excusez-moi, je sais que vous n'avez pas de mauvaise intention, mais c'est important de mettre chacun à sa place. Elle-même n'est plus la présidente d'attaque, la porte-parole d'attaque, donc je crois qu'il faut respecter... Pas de passe sanitaire, dimanche. C'est interdit et c'est illégal de le réclamer. Je voudrais redire aux gens...
Des masques et du gel.
Je recommande à tout le monde d'amener son masque, de respecter les gestes barrières. C'est pas un si gros effort. Écoutez, franchement, j'ai vu des gens qui me faisaient un procès, parce que je porte le masque, j'ai dit, écoutez, c'est un minimum de discipline. Quand j'étais gamin, en Afrique du Nord, on mettait du permanganate de potassium, quand on prenait les légumes, on mettait ça dans l'eau, ça faisait violet. Bon, on nous avait à tous appris, alors nos parents nous disaient, ben tu vois, ça tue les bactéries ou je ne sais quoi. Enfin bref, c'était des gestes de tous les jours. On n'a pas offert une affaire comme si c'était une brimade épouvantable. Ce n'est pas vrai.
Ces quelques gestes sont-ils vraiment à 100% efficaces ou pas ? Au moins, ça fait un petit peu, c'est déjà ça de pris.
Bien, parlons de politique rapidement. Le congrès LR avec Ciotti, Éric Ciotti et Valérie Pécresse, qui arrivent en tête. On a fini sur mon vote. Ah bon, on va y revenir. Vous inquiétez pas. Il faut que je vous parle de son confère. Oui, oui, Éric Ciotti et Valérie Pécresse. Qu'en pensez-vous ? C'est la droite d'aujourd'hui ? C'est la droite dite républicaine d'aujourd'hui ?
Moi, j'ai été très déçu par leur débat, y compris certains personnages. Je les ai trouvés dans des rôles auxquels je ne m'attendais pas. Voir M. Barnier faire de la surenchère sur des thèmes d'extrême droite, comme l'aide médicale d'État ou des choses comme ça, qui sont des bêtises incroyables que raconte l'extrême droite. Bon, si on ne soigne pas les gens malades, où on va, tout le monde tombera malade. Il n'y a pas besoin d'être un aigle pour comprendre ça. Mais voir M. Barnier dans ce numéro, bon. Donc, je trouve que je déplore la disparition de la droite républicaine, mais au sens, si vous voulez, apaisé. J'ai presque envie de leur dire la République bourgeoise.
C'est la Troisième République. C'est-à-dire des gens qui défendent ardemment les principes républicains, mais qui ne vont pas dans l'excès comme ça.
Des ouvriers, des employés qui votaient à droite. Moi, j'ai connu ça. Mais bien sûr.
Il y avait beaucoup de gens qui étaient autrefois dans la démocratie chrétienne, qui se reconnaissaient dans le RPR ensuite. Bon, maintenant, ce n'est plus ça. C'est un discours hargneux. Alors, je pense que leur destin promis, maintenant, c'est de se faire dépouiller d'un côté par l'extrême droite et de l'autre côté par M. Macron, qui incarne une droite, aux yeux des gens de droite que je peux connaître, plus civilisés. Parce que les gens de droite que je connais, figurez-vous, je me connais. Certains sont même des amis personnels. Bon, ça les horrifie. Et vote Macron. Et vote Emmanuel Macron. Oui, ça les horrifie un truc pareil.
Bien, Jean-Luc Mélenchon. Un mot sur la gauche, l'union populaire. La fameuse union populaire.
Est-ce que vous lancez un nouvel appel ce matin à l'union populaire ? Alors, il faut bien comprendre ce que j'essaye de faire. Il n'y a pas d'union au sommet. J'ai essayé. Il n'y en aura pas. Il n'y en aura pas. Personne n'a l'intention de changer d'avis. Donc, oui, ça ne sert à rien, si vous voulez, que chaque personne de gauche qui rencontre M. Bourdin vienne pleurer dans son gilet en disant « Ah, s'il n'y a pas l'union, nous sommes perdus. » Parce que M. Bourdin va répondre « Si vous êtes perdus, qu'est-ce que vous faites encore là ? » Évidemment, ça tombe sous le sens. Donc, cette machine à répéter tout le temps « L'union fait la défaite », c'est une machine à se résigner.
D'autant que ce n'est pas vrai, historiquement. François Mitterrand a gagné, il y avait 6 candidats et le communisme faisait 16%. Ce n'est pas rien, à l'époque. Donc, il ne faut pas prendre le problème comme ça. C'est une manière politicienne d'aborder la question. Puisqu'on ne peut pas faire au sommet avec un programme commun, faisons par la base avec un programme commun. L'union populaire, c'est l'union à la base pour un certain nombre d'idées. Pas pour un homme, bien sûr que c'est un homme qui porte la candidature, mais pour des idées. On a poussé la malice jusqu'à aller faire des sondages pour vérifier si nos idées étaient populaires. Et là, on s'est retrouvé avec un problème.
Nos idées sont extraordinairement populaires, ultra majoritaires, mais nous ne le sommes pas. Donc, c'est cette contradiction que nous devons régler. Comment allons-nous la régler ? En faisant campagne, bon sang. Une démocratie, c'est une campagne. On expliquait qu'à la fin, le peuple vote et c'est lui qui a raison, c'est lui qui décide. Donc, il faut faire campagne. Mais il faut faire campagne dans des conditions où le programme est porté par des gens significatifs. Quand Mme Aurélie Trouvé accepte de participer au Parlement de l'Union Populaire, nous, nous lui proposons de... Ancienne présidente d'Attaque. Ou porte-parole d'Attaque. Elle ne l'est plus. Porte-parole.
Oui, c'est pour ça que je dis ancienne. Pourquoi on pense qu'elle est bien placée pour faire ce travail ? C'est parce que justement, à Attaque, il y a tout le monde dedans. Il n'y a pas de parti particulier. Donc, elle a le savoir-faire. Mais bien d'autres, des intellectuels, des syndicalistes, des représentants d'associations. Pour nous, c'est ça l'Union Populaire. C'est des gens qui s'engagent pour faire vivre des idées, faire avancer les idées d'un programme. Parce que le programme que je porte, ce n'est pas le programme de 10 publicitaires et 4 experts. C'est un programme qui vient des associations et des syndicats. Je vais revenir sur la gauche
et sur cette gauche populaire qui ne vote pas, qui s'abstient, ou qui vote Marine Le Pen et qui ne vote pas forcément à gauche. Si, Jean-Luc Mélenchon, ça existe, vous le savez mieux. Moi, je n'ai pas dit de bon temps. Mais un mot. Bon, d'accord. L'affaire Hulot. Est-ce que l'affaire Hulot fragilise Yannick Jadot ? Mais quel rapport avec la gauche populaire ? Non, mais je vous dis que s'abstient.
Parce que vous avez un bon diagnostic creusoleux.
Vous n'allez pas me faire Éric Zemmour. Face à Gilles Boulot. Quoi ?
Qu'est-ce qui s'est passé ? Je n'ai pas regardé.
Je n'ai pas regardé. Bon, d'accord.
Non, non, parce que... Excusez-moi, mais... J'étais à Centrale Nantes à la même heure, une école d'ingénieurs où je me faisais expliquer comment on allait remplacer les centrales nucléaires. C'est moi qui pose des questions.
J'ai juste deux questions sur Hulot. Est-ce que l'affaire Hulot fragilise Yannick Jadot ? Je vous dis ça parce que, apparemment, à Europe Écologie Le Vert, on savait beaucoup de choses. On savait beaucoup de choses.
Non ? Je ne sais pas, je ne suis pas, moi. Non, puis je n'aime pas accabler... Vous savez, cette histoire de l'homme qui a vu l'ours qui connaît le pingouin, qui... Je ne sais pas, je ne sais pas. Ça ne vous intéresse pas ? Pas vraiment, pour être honnête. Parce que, si vous voulez, avec Yannick Jadot, qui est le candidat désigné d'Europe Écologie Le Vert, il y a des terrains de proximité sur le programme qui sont hyper évidentes. Il y a des divergents. On peut en parler. Ça me paraît être le vrai sujet. Le Vert ne mérite pas d'être réduit à un événement, finalement, assez fortuit. Alors, à propos du meeting... Je veux dire, fortuit, c'est par hasard que ça se produit.
Ça aurait pu se produire à un autre moment. Ça tombe dans la campagne présidentielle. Ça aurait pu être à un autre moment. C'est une situation qui est importante, qui est grave. Mais je ne vais pas... Moi, je ne vais pas discuter de ça avec eux. Je vais discuter avec eux de savoir si la planification écologique, ça part du terrain, comme je le souhaite, ou de l'État, comme ils le disent.
Jean-Luc Mélenchon, Éric Zemmour doit tenir un meeting, lui aussi, dimanche. Le président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis veut interdire ce meeting. C'est stupide ou pas ?
Je ne sais pas pourquoi il le décide. Si c'est à cause des opinions de M. Zemmour, il a tort. Et ce n'est pas son rôle. Si c'est parce qu'il y a un risque de trouble à l'ordre public, ça fait partie des prérogatives du président d'une assemblée que de dire qu'il y a trouble de l'ordre public et de demander qu'une réunion publique soit interdite. Ce que je veux dire, c'est que si jamais quelqu'un avait l'illusion que c'est en interdisant un meeting qu'on fait reculer des idées, un, ce n'est pas juste parce que le principe de la démocratie, même, c'est d'écouter aussi ce qui vous déplait. On n'écoute que ce qui vous plaît, alors tout le monde est du même avis. Ça ne sert plus à rien.
Mais un, c'est le principe de la démocratie, mais deux, surtout, ça ne sert à rien. Je voudrais rappeler que pendant des années, à l'appel de nos glorieux chefs, nous avons pratiqué comme ce que M. Cambadéli s'appelait le harcèlement démocratique. Dès que M. Le Pen arrivait quelque part, on arrivait avec nos pancartes et on faisait obstacle. Ça a donné le résultat magnifique que vous savez. C'est elle qui est au deuxième tour et M. Cambadéli qui est disparu. Oui.
Donc, j'invite à... Donc, oui, à réfléchir. À réfléchir. J'ai compris. Est-ce que vous demandez comme Fabien Roussel l'inéligibilité pour les personnes condamnées pour incitation à la haine raciale ?
Alors, là, on patauge dans la confusion parce que ça existe déjà. D'accord ? Ça existe déjà. C'est déjà prévu. Il y a pas longtemps une loi sur la confiance dans le truc public et nous, on avait fait un amendement pour dire que tous ceux qui profèrent de la haine raciale sont inéligibles. Alors, LREM, les macronistes, en ont rajouté. Ils ont mis tous les délits de la loi de 1981. Pouf ! Inéligibilité derrière. Alors, là, le Conseil constitutionnel a dit que vous allez trop loin parce que dedans, il y avait injure. Imaginez-vous qu'on rend inéligible quelqu'un pour injure. La moitié de la France est inéligible. Bon, donc, le Conseil constitutionnel a eu raison.
C'était exagéré, comme il dit, disproportionné. Donc, là, M. Fabien Roussel a déposé une résolution à l'Assemblée nationale qui est brillante et il l'a défendue avec beaucoup de talent. Et elle, elle dit autre chose. Elle dit le garde des Sceaux doit dire au procureur que dans leur plaidoirie, ils doivent demander au juge l'inéligibilité. Bon, ça mange pas de pain. C'est une indication. Voilà. Eh bien, malgré ça, ils ont quand même voté contre à l'Assemblée nationale. Donc, on a trouvé ça un peu étrange. Bon, voilà. Moi, je suis pour qu'on rende inéligible pour la raison suivante. Je parle de la haine raciale. Je parle pas du reste. Le reste, c'est la polémique. La haine raciale.
Parce que comment vous pouvez prétendre représenter le peuple français si vous arrivez en disant le peuple français, oui, mais pas ceci, mais pas cela, pas celui-là parce qu'il a telle religion, pas celui-là parce qu'il a telle couleur de peau. Vous n'êtes donc plus représentatif puisqu'en France, l'élu n'est pas représentatif d'une religion ou d'une couleur de peau, mais d'une idée. Donc, à mon avis, on ne peut pas être éligible quand on est raciste. Ça me paraît... Mais les juges peuvent le faire. Je me rappelle que ça existe. Je vais terminer
sur le peuple de gauche. Dans une élection, chacun cherche son peuple. Vous allez être d'accord avec moi, Jean-Luc Mélenchon. Non, mais bon... Je veux regarder. 62% des Français estiment que les chômeurs pourraient trouver du travail s'ils le voulaient vraiment. C'est une erreur. Vous avez vu ça ? Oui, c'est une erreur. Mais 62% des Français le pensent. Mais vous êtes d'accord pour dire que c'est une erreur ? Je ne sais pas être d'accord ou pas. Mais si, c'est des maths.
Si vous prenez le nombre d'emplois qui sont soi-disant offerts et le nombre de chômeurs, vous avez... Supposons qu'il y ait vraiment un million d'emplois non satisfaits parce que les gens ne veulent pas aller bosser. Vous avez 6 millions de chômeurs, ça vous en fait 5, qui restent jades. Donc, ce n'est pas vrai que les gens ne veulent pas travailler. Je vous le démontre comme vous voulez.
Vous voulez vous adresser aux classes populaires, mais elles ont beaucoup changé ces classes populaires. Vous le savez, les ouvriers, les employés ont été remplacés par... Il y a moins d'ouvriers, il y a plus de métiers. Si, c'est vrai. Il y a plus de personnes, classes populaires, qui travaillent dans la logistique, qui travaillent dans la livraison, qui travaillent dans les services, à la personne. Si, au sens large. À la sous-traitance, par exemple, à la sous-traitance, ça a beaucoup changé. Mais ils ne se sentent plus représentés, ni par les politiques, ni par les syndicats. Comment allez-vous faire pour les reconquérir ? Beaucoup sont partis chez Marine Le Pen. Beaucoup de ceux-là.
Qui ne vivent plus en centre-ville. Parce qu'ils n'ont plus les moyens de vivre en centre-ville. Vous dites tout pour moi, là.
Non ? Très bien, Bourdin, il ne vous reste plus qu'à voter pour moi. Mais c'est ce que je dis. Alors, d'abord, commençons par le truc traditionnel des ouvriers qui votent Marine Le Pen. C'est toujours pareil. Les classes populaires, quand il y a les gilets jaunes, bouh, ils sont antisémites. Quand on va voter, bouh, ils sont pour l'extrême droite. Bref, ils ont tous les défauts du monde. Non, il faut arrêter avec ça. Il y a toujours eu... Mais attendez, laissez-moi parler. Oui, alors allez-y. C'est moi qui vous pose les questions et vous répondez. Allez-y, allez-y. Ne perdons pas de temps. Non. Donc, je... Vous me faites perdre en cours de vie. Allez-y, allez-y.
Les gens, il y a toujours eu dans la classe ouvrière une proportion d'ouvriers qui votaient, c'est normal, à droite. Et ces ouvriers ont ensuite... Ils n'étaient pas nombreux. Au début, ils étaient 30%. Et puis, ils ont été entraînés. Pourquoi ? Parce que la gauche a fait ce qu'on appelle la gauche. Qu'on a appelé la gauche, ça s'est terminé en eau de boudin avec du Hollande. C'est-à-dire, c'était plus rien. Ça ne voulait plus rien dire et ça ne apportait rien à la condition ouvrière. Donc, je voudrais vous rappeler qu'elle reste dominante. Vous m'avez fait la concession de dire, en fait, c'est les statuts qui ont changé. Monsieur Bourdin, tout est là-dedans.
Là où vous aviez avant des grands ensembles avec des grandes conventions collectives, des statuts communs, maintenant, vous avez une poussière de statuts et les gens se sont atomisés parce que les solidarités professionnelles se sont effondrées en cours de route. Mais elles renaissent vite dès qu'il s'agit de réorganiser la répartition. Laissez-moi finir. Alors, très vite. Comment les faites-vous revenir chez vous ? En défendant des idées et elles sont offertes et on peut se regrouper sur elles. Premier élément, c'est pour les élections. Si vous voulez la retraite à 60 ans, vous pouvez trouver ça déraisonnable.
Mais si vous voulez la retraite à 60 ans, votez pour moi parce que moi, je vous la propose pour prendre cet exemple. Si vous voulez qu'on bloque les prix parce que vous trouvez que c'est complètement fou cette histoire d'augmentation des prix de première nécessité, votez pour moi. Si vous n'en voulez pas, votez pour un autre. Vous votez pour M. Zemmour ou pour M. Macron. Bref, il faut accepter le jeu de la démocratie. Et puis après, il y a autre chose qui est très importante. On ne va pas tourner autour du pot. C'est la lutte. Vous avez vu comment l'inflation a ranimé la lutte de classe ? Bien mieux que 10 000 discours.
C'est-à-dire que les gens se sont dit « Ah ben non, déjà on nous serrait le kiki comme ça, pas moyen d'avoir une paie correcte. Et en plus, maintenant l'inflation vient nous manger ce qui nous permettait de tenir la tête hors de l'eau. » Donc ça vous a donné chose incroyable dans des secteurs où on pensait qu'il n'y aurait jamais de grève, la grande distribution, le commerce, toutes sortes d'entreprises de cette nature qui se mettent en mouvement. Pour la première fois, avec la SAM dans l'Aveyron où ils font une fonderie, pour la première fois, les gens occupent l'usine et vont déverser du métal sur la route.
Vous n'avez pas fini d'en voir parce qu'avoir cru que le peuple subirait tout en fermant sa bouche, c'est une illusion. Il faut à un moment donné partager. Moi, ce que je vais dire dimanche, maintenant c'est l'heure du peuple. Il y en a qui se sont gavés pendant 20 ans, maintenant c'est le tour des autres de prendre un peu et de recevoir la part qui mérite parce que c'est eux qui font tout tourner.
Merci. C'est déjà fini votre affaire ? Ça passe vite. Vous parlez tout le temps. C'est bien que nos gens. 8h53, vous êtes sur RMC BFM.
Jean-Luc Mélenchon