L'échec annoncé d'un SMIC européen !
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« les partenaires sociaux, c'est-à-dire les syndicats, ont annoncé qu'ils utiliseraient – citons-les dans le texte – tous les instruments politiques et juridiques à leur disposition pour empêcher l'adoption d'une directive européenne qui imposerait un salaire minimum européen. »
- 1:21Invité politiqueChiffre
« au Danemark est de l'ordre de (NDLR : 100 couronnes danoises), c'est-à-dire de 15 €, ce qui n'est pas si mal que ça pour des salaires d'embauche. »
- 2:44Invité politiqueFait
« la Commission européenne avait publié un premier travail où elle évoquait l'instauration de salaires minimum « décents », entre guillemets, dans les pays européens. »
- 4:11Invité politiqueFait
« la Commission européenne a pris un masque d'agneau pour faire le loup. Sous prétexte de suggérer des SMIC pas trop bas, elle imagine de créer des SMIC à géométrie variable suivant les branches d'activité. »
- 5:34Invité politiquePromesse
« la FI, si elle arrivait au pouvoir, voulait instaurer un SMIC dans chaque pays européen à 75% du salaire médian, avec un mécanisme de convergence rapide entre les pays, vers un SMIC européen digne. »
- 7:00Invité politiqueFait
« LREM est exactement pareille. Lors des dernières élections européennes, le programme officiel de LREM, du parti de M. Macron, avait proposé l'idée d'un SMIC européen, qui serait fixé à hauteur de 50% du salaire médian de chaque pays. »
- 8:17Invité politiqueChiffre
« le SMIC au Luxembourg est supérieur à 2 000 € par mois, tandis que le SMIC en Bulgarie est de l'ordre de 350 € par mois. Et en France, il est de l'ordre de 1 200 et quelques euros par mois, (NDLR : 1 219 € net) 1 250 €, 1 280 € par mois. »
- 8:58Invité politiqueChiffre
« si l'on aboutissait... Si ensuite, on proposait une convergence de tous ces SMIC, il y aurait très probablement une convergence qui se situerait aux alentours de 700 € à 800 € par mois. »
- 10:18Invité politiquePromesse
« nous proposons de sortir de l'UE, convaincus que nous sommes qu'il n'est pas possible d'avoir un SMIC européen, qui conviendrait au peuple français, en tout cas. »
- 11:37Invité politiqueChiffre
« Boris Johnson a décidé d'augmenter le SMIC britannique, d'un seul coup, de +6,2%. Ce qui laisse très loin derrière les augmentations ridicules, en fait l'absence d'augmentations qu'il y a en France depuis des années. »
Temps de parole
- François Asselineau100 %
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Mes chers compatriotes. Nous sommes aujourd'hui le dimanche 19 janvier 2020. Je voudrais vous parler d'un sujet qui revient assez régulièrement, qui est celui de l'instauration éventuelle d'un SMIC européen, d'un salaire minimum européen. Le 15 janvier, il y a 4 jours, le journal Le Monde, le grand quotidien du soir français, a publié un article franchement intéressant qui nous apprenait que les pays scandinaves sont en fait vent debout contre l'instauration d'un tel SMIC européen.
En Suède, en Finlande et au Danemark, les partenaires sociaux, c'est-à-dire les syndicats, ont annoncé qu'ils utiliseraient – citons-les dans le texte – tous les instruments politiques et juridiques à leur disposition pour empêcher l'adoption d'une directive européenne qui imposerait un salaire minimum européen. Ils assurent – tous les syndicats scandinaves – qu'une telle mesure pourrait tout simplement anéantir le modèle économique et social nordique. Et pourquoi cela ? Parce qu'il y a une très solide tradition dans les pays scandinaves de négociation par branche. Il n'y a pas de SMIC uniformisé.
Il y a des salaires minimum à l'embauche, et qui d'ailleurs au Danemark est de l'ordre de (NDLR : 100 couronnes danoises), c'est-à-dire de 15 €, ce qui n'est pas si mal que ça pour des salaires d'embauche. Et il y a donc des salaires minimum qui sont différenciés selon les branches professionnelles. Et c'est un accord, une espèce de cogestion entre le patronat et les syndicats de travailleurs, et qui fonctionne à la satisfaction générale des Danois, des Suédois, des Finlandais depuis des décennies.
Et les Suédois, les Danois et les Finlandais ne veulent absolument pas qu'on touche à ce système, dont ils sont très fiers, et ils exigent donc le rejet de tout projet de directive de SMIC européen. Alors je vous dis ça pourquoi ? Je vous dis ça parce que ça permet de bien comprendre comment fonctionne la construction européenne, et surtout de bien comprendre comment les Français se font enfumer, manipuler par les européistes, par les partis politiques européistes qui leur font des promesses qu'ils ne peuvent pas tenir.
En avril 2012 – faisons un retour en arrière –, il y a près de 8 ans, la Commission européenne avait déjà fait des propositions de SMIC européen, puisque sous la pression notamment de la France, eh bien elle s'était sentie obligée de le faire. Je rappelle que la France et les partis européistes français, en général, nous expliquent qu'il faut plus d'Europe, que ça n'est pas parce que l'Europe marche mal qu'il faut l'arrêter, qu'il faut plus d'Europe. Et en général, c'est une espèce de fuite en avant, où l'on explique qu'il faudrait tout simplement augmenter les salaires pour tout le monde, de façon à ce qu'il n'y ait plus de concurrence. En gros, c'est ça.
Alors en avril 2012, pour aller un petit peu dans le sens de la France, la Commission européenne avait publié un premier travail où elle évoquait l'instauration de salaires minimum « décents », entre guillemets, dans les pays européens. Ça, c'était pour aller un petit peu dans le sens de la France. Mais elle allait également dans le sens notamment des pays scandinaves, dont je viens de parler, en disant qu'il fallait qu'il y ait une différenciation de ces salaires par branche, par branche professionnelle.
Donc à la Commission européenne, face à des conflits et à des États qui ont des intérêts totalement différents, qui ont des traditions politiques, économiques et syndicales totalement antagonistes, eh bien la Commission européenne, elle essaye de trouver une espèce de modus vivendi, hein, de chaud-froid, comme on dirait pour une volaille, de chèvre-chou, un truc qui tienne un peu de tout en même temps, comme dirait l'autre. Alors ce qui est intéressant, c'est que le 16 avril 2012, voyant les déclarations de la Commission européenne, M.
Mélenchon – c'était il y a bientôt 8 ans – avait fait un scandale – et vous en trouverez la trace d'ailleurs sur Internet – et avait publié un communiqué furibard, comme il en a l'habitude, où il disait : la Commission européenne a pris un masque d'agneau pour faire le loup. Sous prétexte de suggérer des SMIC pas trop bas, elle imagine de créer des SMIC à géométrie variable suivant les branches d'activité. Autant dire « plus de SMIC du tout » et une législation sociale éclatée, organisant la concurrence entre eux de tous les travailleurs. Fermez le ban. C'est ainsi que M. Mélenchon s'était indigné de la proposition de la Commission européenne.
Or, ce que nous apprend l'article du journal Le Monde du 15 (janvier) 2020, c'est que c'était pas la Commission européenne qui était à la manœuvre. C'était les syndicats, les syndicats de gauche scandinaves, qui ne veulent pas justement de ce SMIC européen, et qui veulent conserver leurs négociations par branche. Ce que M. Mélenchon condamnait. Non seulement M. Mélenchon apparaît là-dedans comme étant totalement ignorant de la situation dans les pays scandinaves, mais on voit bien qu'au passage, il promet quelque chose, il propose quelque chose qui est inapplicable.
Dans le programme L'Avenir en commun de la FI, qui est son programme législatif, il y avait mentionné expressément que la FI, si elle arrivait au pouvoir, voulait instaurer un SMIC dans chaque pays européen à 75% du salaire médian, avec un mécanisme de convergence rapide entre les pays, vers un SMIC européen digne. Mais le problème, M. Mélenchon, c'est que les Suédois, les Danois, les Finlandais n'en voudront pas. Il y en a bien d'autres, d'ailleurs, peuples... N'en veulent pas ! Et je rappelle que sur des sujets de cette nature, il faut l'unanimité des États membres. En d'autres termes, les électeurs... Et vraiment, là, (Bafouillage)... Je m'adresse ici à tous les électeurs de la FI.
Est-ce que ce que je dis est difficile à comprendre ? Est-ce que c'est d'une complexité folle ? Je ne le pense pas. Est-ce que vous pouvez comprendre... Je m'adresse ici à tous les électeurs de la FI, et d'autres, d'ailleurs – on va le voir dans un instant –. Que l'on ne peut pas avoir de SMIC européen, puisque les autres pays et les autres peuples, les autres syndicats n'en veulent pas, et qu'il faut l'unanimité. En d'autres termes, dire qu'il faut rester dans l'UE... Et certes, c'est très mal, mais qu'on va avoir une harmonisation sociale et un SMIC européen, sous-entendu un SMIC élevé par le haut, ça n'arrivera pas.
Donc dans ces conditions, promettre ça, c'est en fait inciter les gens à rester dans une structure qui est en train de les détruire. Est-ce que c'est compliqué à comprendre ? Alors j'ai parlé de la FI, mais LREM est exactement pareille. Lors des dernières élections européennes, le programme officiel de LREM, du parti de M. Macron, avait proposé l'idée d'un SMIC européen, qui serait fixé à hauteur de 50% du salaire médian de chaque pays, donc – vous voyez – moins-disant par rapport à la FI, qui parlait de 75%. En marche était plus modérée, avec 50% du salaire médian de chaque pays. Mais ça, même cela, n'aura pas lieu.
Et d'ailleurs, même si ça avait lieu, à quoi tout ceci aboutirait : d'avoir un SMIC comme ça, différencié selon les pays ? Pas à grand-chose, si ce n'est que ce serait le doigt dans l'engrenage pour qu'une fois que tous les pays aient adopté un SMIC euro... Un SMIC... Ça serait le principe européen d'un SMIC. Ensuite, on nous expliquerait qu'il faudrait une convergence des SMIC européens. Or, actuellement, le SMIC au Luxembourg est supérieur à 2 000 € par mois, tandis que le SMIC en Bulgarie est de l'ordre de 350 € par mois. Et en France, il est de l'ordre de 1 200 et quelques euros par mois, (NDLR : 1 219 € net) 1 250 €, 1 280 € par mois.
Il est bien entendu que si l'on avait un SMIC européen, c'est-à-dire un SMIC dans chaque pays représentant 50% du salaire médian de chaque pays, eh bien si l'on aboutissait... Si ensuite, on proposait une convergence de tous ces SMIC, il y aurait très probablement une convergence qui se situerait aux alentours de 700 € à 800 € par mois. Ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, par exemple, en France, où le SMIC actuel est de l'ordre de 1 280 € net par mois, eh bien le nouveau SMIC européen serait aux alentours peut-être de 800 € par mois.
Et on voit d'ici un certain nombre d'entreprises françaises qui se mettraient à recruter des Bulgares, des Roumains, etc., au niveau du SMIC européen médian, c'est-à-dire de 800 €. Vous avez compris la manœuvre ? C'est-à-dire que sous couvert d'avoir un SMIC européen, le risque majeur est, après des procédures extraordinairement compliquées, où tous les États vont se taper les uns sur les autres, en s'opposant leur économie, le niveau de vie, leurs traditions syndicales, leur raisonnement par branche, leurs trucs et leurs machins... Au bout du compte, le précipité final de tout ceci risque fort d'être un SMIC médian qui serait pour l'ensemble de l'Europe aux alentours de 700 € par mois.
C'est-à-dire que tout est à perdre pour les salariés français. Je conclurai cette petite analyse en rappelant ce que nous, nous proposons. Nous, nous proposons de sortir de l'UE, convaincus que nous sommes qu'il n'est pas possible d'avoir un SMIC européen, qui conviendrait au peuple français, en tout cas. Nous, nous sommes convaincus qu'il faut redonner du pouvoir d'achat aux Français, et notamment aux catégories les plus modestes d'entre eux. Nous sommes convaincus – ça figurait dans notre programme – qu'il faut donner une augmentation très substantielle du SMIC.
Mais ceci n'arrivera pas tant que nous resterons dans l'UE, tant que nous subirons la concurrence acharnée des pays membres de l'UE où le SMIC est, comme en Bulgarie, de 350 €. Sortir de l'UE, c'est permettre au gouvernement français de proposer aux Français une augmentation très substantielle du SMIC, qu'il faudra bien, pour rattraper le temps perdu, qu'elle soit au moins de l'ordre de +12% à +15% du SMIC actuel. Certains diront que je vaticine, bien entendu. Sauf que, bah sauf qu'on a l'exemple de Boris Johnson, le Premier ministre britannique. Le Royaume-Uni sort de l'UE le 31 janvier prochain. Et Boris Johnson a décidé d'augmenter le SMIC britannique, d'un seul coup, de +6,2%.
Ce qui laisse très loin derrière les augmentations ridicules, en fait l'absence d'augmentations qu'il y a en France depuis des années. Et d'ailleurs, le SMIC britannique vient de passer maintenant au-dessus du SMIC français. Voilà ce que nous, nous proposons. Et je voudrais vraiment que les gens qui m'écoutent réfléchissent en leur âme et conscience à ce que je viens de dire, qu'ils revisionnent éventuellement cette vidéo, pour bien comprendre... Il faut qu'ils comprennent qu'entre l'augmentation du SMIC et l'appartenance à l'UE, il faut choisir. Vive la République et vive la France.
François Asselineau