Attentat d'Arras : les commémorations restent "un moment douloureux" pour Isabelle, la femme de Dominique Bernard
Audio original de l'émission.
Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.
Analyse automatique
Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie
Chapitres
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 86 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:50OuverteRéponse directe
Comment réagissez-vous aux faits de violence récurrents dans les établissements scolaires ?
- 1:35OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est une journée que vous appréhendez ou un moment dont vous avez besoin ?
- 2:23OuverteRéponse directe
À quoi ressemble cette œuvre intitulée Trisamard ? Quel est son sens ?
- 3:13OuverteRéponse directe
Est-ce que c'est important pour vous qu'il y ait dans l'espace public des endroits pour rappeler qu'ici, un drame s'est produit ?
- 3:59OuverteRéponse partielle
Est-ce que vous aimeriez qu'il y ait un lieu qui s'appelle Dominique Bernard, quelque part dans la ville d'Arras ?
- 4:38OuverteRéponse directe
Est-ce que dans leurs écrits, les milliers d'élèves qui participent à ce prix évoquent la mémoire de votre mari ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:40Invité politiqueFait
« Bonjour Isabelle Bernard. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Bonjour. »
- 0:40Invité politiqueFait
« Hier à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, un principal et une enseignante ont été blessés par balle par un élève de 14 ans au fusil de chasse dans un couloir du collège. »
- 0:48Invité politiqueFait
« Leurs joueurs ne sont pas en danger. »
- 0:50InvitéFait
« Alors pour moi, c'est un fait de violence d'abord extrêmement triste pour les gens qui en sont victimes, évidemment. »
- 1:04InvitéFait
« Et puis qui pose un problème un peu différent de celui que nous avons vécu, puisqu'il ne s'agit pas a priori d'un acte terroriste, »
- 1:13InvitéFait
« mais je pense que cela pose le problème de la santé mentale chez les jeunes. »
- 1:17InvitéFait
« C'est un sujet dont il faut s'occuper et qui pose aussi le problème de psychiatres dans la société française. »
- 1:26InvitéChiffre
« Le nombre de médecins est également insuffisant. »
- 1:45InvitéFait
« C'est toujours un moment douloureux. »
- 1:48InvitéFait
« Évidemment, ça remue chaque instant, chaque minute de ce jour-là. »
- 2:27InvitéFait
« Alors, le Trisamard, c'est un mot créé, je le crois en tout cas, par Antoine Dauchniac qui a imaginé cette œuvre après de longues heures de discussions, de débats vraiment avec lui sur ce que devait être le trophée du prix Dominique Bernard. »
- 2:45InvitéFait
« Et il a eu l'idée de proposer une sculpture en lien avec la nature, la graine qui germe. »
- 2:52InvitéFait
« Et il a choisi donc la graine de l'érable qui s'appelle la Samard. »
- 2:57InvitéFait
« Alors, quand il y a deux ailes au bout de ses graines, alors on appelle ça le Dizamard. »
- 3:02InvitéFait
« Et comme lui, il en a imaginé trois parce que je voulais que ce soit une œuvre tripartite pour le prix Lire, Penser, Écrire. »
- 3:09InvitéFait
« Donc, il a trouvé ce nom, le Trisamard. »
- 5:00InvitéFait
« Les élèves, en fait, réfléchissent et s'approprient une valeur humaniste ou deux valeurs humanistes, comme c'était le cas l'an dernier. »
- 5:05InvitéFait
« Le thème de cette année, « Ose penser par toi-même ». C'est vous qui avez choisi ce thème ? »
- 5:15InvitéFait
« c'est avec des amis, on en discute, avec ceux qui sont très proches de moi et qui réfléchissent, qui participent aux cérémonies, soit du prix ou soit du 13 octobre. »
- 5:28InvitéFait
« Donc, c'est tout un cheminement qu'on fait ensemble. »
- 5:36InvitéFait
« Non, parce que je pense que c'est déjà bien. »
- 5:40InvitéFait
« Et puis, l'ambition, c'est d'apporter réellement quelque chose aux jeunes qui vont participer au prix. »
- 5:53InvitéFait
« Bien sûr, oui, je suis membre du jury, du jury académique et puis du jury national. »
- 5:59InvitéFait
« Ce que je retiens, la jeunesse est belle. »
- 6:02InvitéFait
« Et que quand on a des jeunes qui sont capables d'écrire des textes absolument magnifiques, »
- 6:11InvitéFait
« Parfois, c'est très poétique. »
- 6:15InvitéFait
« Parfois, c'est aussi parfois apolitique. »
- 6:19InvitéFait
« C'est tout à fait étonnant. »
- 6:20InvitéFait
« Et puis, les messages que les jeunes nous livrent à travers leurs écrits sont souvent très beaux et plein de ces valeurs que l'on recherche, la fraternité, la liberté d'expression. »
- 6:34InvitéFait
« Ils y croient, ils défendent ça. »
- 6:58InvitéFait
« En revanche, on sait que, oui, certaines colères sont légitimes. »
- 7:03InvitéFait
« La qualité de vie dans les établissements diffère en fonction des bâtiments, etc. »
- 7:14InvitéFait
« Ici, à Arras, on a la chance d'avoir des établissements qui sont plutôt calmes parce que je pense que la région est sensible, peut-être, ou la ville en tout cas est sensible aussi au bien-être des élèves. »
- 7:28InvitéFait
« Et voilà, les politiques, de les écouter. »
- 7:34InvitéFait
« Oui, avec bonheur et passion, avec des élèves qui sont vraiment très chouettes. »
- 7:42InvitéFait
« C'est un métier, en tout cas, moi, qui m'apporte beaucoup. »
- 7:50InvitéFait
« Et puis, j'aime le faire. »
- 8:19InvitéFait
« Alors déjà, j'espère qu'il aura lieu en 2027. »
- 8:23InvitéFait
« J'attends que la justice réponde. »
- 8:37Invité politiqueFait
« Mohamed Mogouchkov n'a jamais exprimé de regrets. »
- 8:40Invité politiqueFait
« Il a même eu des propos déplacés envers votre mari depuis qu'il est en prison. »
- 8:44Invité politiqueFait
« Je regrette que votre proche soit en enfer. »
- 8:48InvitéFait
« Je pense qu'il est dans une logique et qu'il n'arrive pas encore à en sortir. »
Temps de parole
- Invité72 %
- Dominique Bernard16 %
- Présentateur11 %
≈ 1,1 interruption / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
A 7h43, c'est l'invité d'Issi Matin et sa parole est rare. Trois ans après l'attentat d'Arras et l'assassinat du professeur Dominique Bernard devant la cité scolaire Gambetta-Carnot, Isabelle Bernard, sa veuve, a accordé un entretien à Issi Nord. Une rencontre alors qu'aura lieu ce soir à 17h, l'hommage à son mari organisé chaque année depuis le drame. Il y aura à cette occasion des prestations artistiques, des lectures de textes, des chants. Isabelle Bernard participe également au prix littéraire créé en hommage à l'enseignant. Elle répond aux questions de Vanessa Lamarre.
Bonjour Isabelle Bernard. Bonjour. Hier à Aubagne, dans les Bouches-du-Rhône, un principal et une enseignante ont été blessés par balle par un élève de 14 ans au fusil de chasse dans un couloir du collège. Leurs joueurs ne sont pas en danger. Comment vous réagissez à ces faits de violence qui sont de plus en plus récurrents dans les établissements scolaires ?
Alors pour moi, c'est un fait de violence d'abord extrêmement triste pour les gens qui en sont victimes, évidemment. Et puis qui pose un problème un peu différent de celui que nous avons vécu, puisqu'il ne s'agit pas a priori d'un acte terroriste, mais je pense que cela pose le problème de la santé mentale chez les jeunes. C'est un sujet dont il faut s'occuper et qui pose aussi le problème de psychiatres dans la société française. Le nombre de médecins est également insuffisant. Voilà, donc que fait-on de la santé mentale des jeunes ? Ça, c'est un nouveau problème qu'il va falloir aborder.
Vous vous apprêtez à vivre aujourd'hui, Isabelle Bernard, une troisième journée de commémoration en hommage à votre époux. Est-ce que c'est une journée que vous appréhendez ou un moment dont vous avez besoin ?
C'est toujours un moment douloureux. Évidemment, ça remue chaque instant, chaque minute de ce jour-là. Alors, est-ce que je l'appréhende ? Non, c'est plutôt difficile, mais je le prépare avec une équipe, avec des amis, avec la mairie d'Arras. Et chaque fois, on essaie de faire passer un message. Et cette année, c'est une cérémonie qui me tient tout particulièrement à cœur parce qu'on va dévoiler une sculpture, une œuvre d'art qui se trouve sur le parvis du lycée Gambetta, là où mon mari a été assassiné. À
quoi ressemble cette œuvre intitulée Trisamard ? Quel est son sens ?
Alors, le Trisamard, c'est un mot créé, je le crois en tout cas, par Antoine Dauchniac qui a imaginé cette œuvre après de longues heures de discussions, de débats vraiment avec lui sur ce que devait être le trophée du prix Dominique Bernard. Et il a eu l'idée de proposer une sculpture en lien avec la nature, la graine qui germe. Et il a choisi donc la graine de l'érable qui s'appelle la Samard. Alors, quand il y a deux ailes au bout de ses graines, alors on appelle ça le Dizamard. Et comme lui, il en a imaginé trois parce que je voulais que ce soit une œuvre tripartite pour le prix Lire, Penser, Écrire. Donc, il a trouvé ce nom, le Trisamard. Est
-ce
que c'est important pour vous qu'il y ait dans l'espace public des endroits, des œuvres pour rappeler qu'ici, un drame s'est produit ? Par
rapport au parvis devant le lycée Gambetta,
je
trouve ça très bien. Et en plus, cette sculpture, cette œuvre, c'est le trophée du prix Dominique Bernard. Donc, je pense que ça a énormément de sens. Et cette quête de sens, pour nous, je dis nous, parce que derrière le prix, je ne suis pas seule. Je travaille avec d'autres personnes de l'Éducation nationale, de la mairie d'Arras. On forme vraiment une très belle équipe. Et puis, des amis, des collègues de Dominique, notamment des collègues de Gambetta. C'est une équipe qui veille à rappeler ce qui s'est passé, qui veille à rendre hommage à Dominique.
Est-ce que vous aimeriez qu'il y ait un lieu qui s'appelle Dominique Bernard, quelque part dans la ville d'Arras ?
Je laisse le maire. Mais ce qui est important, ce n
'est
pas tant les lieux, les noms, que toute l'action qui est mise en œuvre, en l'occurrence, pour la ville d'Arras. Franchement, je suis très heureuse de pouvoir travailler avec eux. Et je pense qu'on avance la main dans la main depuis l'attentat.
À
7h47, l'invité d'Issy-Nord, ce matin, Isabelle Bernard, l'épouse du professeur de lettres Dominique Bernard, assassinée le 13 octobre 2023 devant la cité scolaire Gambetta-Carnot d'Arras. Vous en parliez il y a un instant. Le prix
Dominique Bernard, c'est un prix que vous avez créé il y a deux ans, un prix littéraire. Aujourd'hui, ce prix est ouvert aux élèves de toute la France, 4e, 3e et lycéens. Est-ce que dans leurs écrits, les milliers d'élèves qui participent à ce prix
évoquent la mémoire de votre mari ? Non, parce que ça fait partie de ce que l
'on
ne souhaite pas. Les élèves, en fait, réfléchissent et s'approprient une valeur humaniste ou deux valeurs humanistes, comme c'était le cas l'an dernier. Ils s'approprient ces valeurs et ils imaginent une histoire autour de ces valeurs. Le thème de cette année, « Ose penser par toi-même ». C'est vous qui avez choisi ce thème ? C'est moi et pas tout à fait, en fait, parce que quand on cherche le thème, c'est avec des amis, on en discute, avec ceux qui sont très proches de moi et qui réfléchissent, qui participent aux cérémonies, soit du prix ou soit du 13 octobre. Donc, c'est tout un cheminement qu'on fait ensemble.
Quand je parle des amis, je parle des gens qui sont victimes aussi de l'attentat. Est-ce que vous avez d'autres projets pour continuer à faire vivre la mémoire de votre mari ? Non, parce que je pense que c'est déjà bien. Et puis, l'ambition, c'est d'apporter réellement quelque chose aux jeunes qui vont participer au prix. C'est ce qui leur apporte quelque chose qui m'importe à moi. Qu'est-ce que vous retenez de ces écrits ? Quand vous les lisez, vous êtes membre du jury ? Bien sûr, oui, je suis membre du jury, du jury académique et puis du jury national. Ce que je retiens, la jeunesse est belle.
Et que quand on a des jeunes qui sont capables d'écrire des textes absolument magnifiques, c'est vraiment assez réjouissant de voir ce qu
'ils
sont capables de créer. Parfois, c'est très poétique. Parfois, c'est aussi parfois apolitique. Parfois, on est dans de la politique fiction. C'est tout à fait étonnant. Et puis, les messages que les jeunes nous livrent à travers leurs écrits sont souvent très beaux et plein de ces valeurs que l'on recherche, la fraternité, la liberté d'expression. Ils y croient, ils défendent ça. Et je pense que quand on sait tout le cheminement de ces nouvelles, les débats que ça a pu occasionner, la réflexion, je trouve ça très beau. Vous dites
que la jeunesse est belle. En ce moment, la jeunesse est en colère. Qu'est-ce que ça vous évoque ? Est-ce que Dominique Bernard aurait eu une réflexion par rapport à ce qui se passe en ce moment pour le mouvement des lycéens ?
Je
ne me prononcerais pas sur ce que mon mari dirait. En revanche, on sait que, oui, certaines colères sont légitimes. La qualité de vie dans les établissements diffère en fonction des bâtiments, etc. Ici, à Arras, on a la chance d'avoir des établissements qui sont plutôt calmes parce que je pense que la région est sensible, peut-être, ou la ville en tout cas est sensible aussi au bien-être des élèves. Et tant mieux pour la ville d'Arras. Mais on peut comprendre que, dans d'autres lieux, les jeunes disent que ça ne va pas. Et voilà, les politiques, de les écouter. Vous enseignez toujours l'anglais, avec bonheur et passion ?
Oui, avec bonheur et passion, avec des élèves qui sont vraiment très chouettes. C'est un métier, en tout cas, moi, qui m'apporte beaucoup. Et puis, j'aime le faire. Mais vous savez, c'est un métier qui diffère aussi d'un établissement à l'autre. Il y a des profs qui vivent des situations extrêmement difficiles. Et je tiens à le rappeler. Mais là, maintenant, je suis dans un établissement où, finalement, on est confronté à peu de difficultés. Ce n
'est
pas le que partout. J'ai déjà été dans des établissements beaucoup plus difficiles.
L
'année 2027, Isabelle Bernard sera peut-être marquée par le procès de l'assaillant présumé de votre mari, Mohamed Mogouchkov. Il sera jugé par la cour d'assises spéciale des mineurs pour assassiner en relation avec une entreprise terroriste. Qu'est-ce que vous
espérez de ce procès ? Alors déjà, j'espère qu'il aura lieu en 2027. Premier point. J'attends que la justice réponde. Et voilà, je suis confiante dans cette justice. Cette attente, elle est longue ? Oui, c'est une attente qui est longue. Oui, et voilà, il nous tarde de savoir quand aura lieu le procès.
Mohamed Mogouchkov n'a jamais exprimé de regrets. Il a même eu des propos déplacés envers votre mari depuis qu'il est en prison. Je regrette que votre proche soit en enfer. Je le cite.
Est-ce que cela vous choque ? Je pense qu'il est dans une logique et qu'il n'arrive pas encore à en sortir. Alors j'espère que, est-ce que la prison pourra l'aider à prendre de la distance par rapport à ses propos et peut-être acheminer vers quelque chose de plus positif, je le souhaite. Merci beaucoup Isabelle Bernard d'avoir accepté ce matin d'être l'invité d'ici Nord.
Je vous en prie, je vous remercie beaucoup. À 11h, une minute de silence sera observée au pied de l'hôtel de ville en mémoire de Dominique Bernard et de Samuel Paty assassiné le 16 octobre 2020. Les sirènes de la ville retentiront à cette occasion. L'hommage se poursuivra à partir de 17h au square Frachon devant la cité scolaire Gambetta Carnot.