Retailleau : "Je ne suis pas centriste" - 12/09
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 60 %Attaque 30 %Défensif 10 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 95 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:04OuverteRéponse partielle
Le mouvement des Gilets jaunes est-il en train de se reformer ?
- 0:40OuverteRéponse directe
Que ferait-il pour faire face à l'exaspération des Français sur le pouvoir d'achat ?
- 1:00OuverteRéponse directe
Quelles sont vos mesures sur le pouvoir d'achat ?
- 1:28RelanceRéponse directe
Est-ce qu'il faut s'attendre à un retour des Gilets jaunes ?
- 2:29OuverteRéponse directe
Que dites-vous aux Français qui veulent contester contre les prix de l'essence ?
- 3:37RelanceRéponse directe
Est-ce que tout est réuni pour une contestation susceptible de basculer dans la violence ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 1:57Invité politiqueFait
« Regardez le classement PISA, regardez cette chute de niveau, c'est incroyable. »
- 2:16Invité politiqueChiffre
« Sur les deux dernières années, c'est l'INSEE, un organe officiel qui nous l'a dit, il y a une chute du pouvoir d'achat, du niveau de vie ces deux dernières années. »
- 6:34Invité politiqueChiffre
« Vous vous rendez compte que le seul paiement des intérêts de la dette va nous coûter dans 2 ans 100 milliards d'euros. »
- 8:11Invité politiqueChiffre
« C'est la part qui frappe l'électricité que je veux voir disparaître. C'est quasiment 2 milliards d'euros qu'on restitue. »
- 9:38Invité politiquePromesse
« Je vais leur restituer en plus 2 mois de salaire de plus. »
- 11:23Invité politiquePromesse
« Je veux plafonner à 70% du SMIC les aides sociales que les uns ou les autres peuvent recevoir. »
- 11:46Invité politiquePromesse
« Moi je veux diminuer de deux mois la facture d'électricité, l'équivalent du paiement de deux mois d'une facture d'électricité des Français. »
- 13:33Invité politiqueChiffre
« Il y a quelques années, quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir, on mettait sur le marché tous les ans 420 000, 430 000 logements. Aujourd'hui 270 000. »
- 15:13Invité politiqueChiffre
« La retraite, c'est un quart de la dépense publique. »
- 18:26Invité politiqueFait
« Le droit du sol permettait à l'enfant de devenir français. »
Temps de parole
- Bruno Retailleau61 %
- Présentateur23 %
- ?9 %
- Locuteur non identifié7 %
≈ 81,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir à tous. Dans BFM Grand Soir, nous allons parler de cette question avec nos invités politiques. Le mouvement des Gilets jaunes est-il en train de se reformer ? Le renseignement territorial observe sur les réseaux sociaux des appels de plus en plus nombreux à se rassembler. Du coup, toute la journée, les responsables politiques ont parlé de cela et des prix de l'essence, sauf Bruno Rotaillot. Il en parle le moins. Du coup, je lui ai posé la question. Que ferait-il, lui, pour faire face à l'exaspération des Français sur le pouvoir d'achat ? Que ferait-il pour faire baisser les prix de l'essence ?
Il a accepté de répondre à nos questions la veille de la rentrée de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont. Et il fait même passer un message à Jordan Bardella. On écoute son interview et on se retrouve évidemment juste après. Bonjour Bruno Rotaillot.
Bonjour.
Ça y est, votre rentrée est officiellement lancée. Un cadre du parti, de votre parti, dit même que vous allez augmenter la sono dans les jours qui viennent, je le cite.
En
parlant de sono, il y
a
un sujet sur lequel on vous entend encore trop peu. Et on va prendre le temps d'en parler. C'est le pouvoir d'achat. On va parler de vos mesures. Mais d'abord, évoquons le mécontentement des Français, même l'exaspération des Français liée à cette question du pouvoir d'achat. Selon les informations du service police-justice de BFMTV, le renseignement territorial qui observe en ce moment attentivement les réseaux sociaux note des appels à se rassembler de plus en plus nombreux et invite, je cite, à une vigilance particulière en raison de possibles troubles à leur République. Est-ce qu'il faut, selon vous, s'attendre à un retour d'une grande ampleur tel que l'on a connu avec les Gilets jaunes
? Je
n'en sais pas plus que vous, pas plus que personne. Ce que je sais,
c
'est qu'il y a une colère en France, que la France est à bout de souffle et que les Français sont à bout de nerfs.
Mais
comment ne le serait-il pas ? Plus rien ne fonctionne.
On
n'a jamais autant payé d'impôts.
On
n'a jamais autant dépensé d'argent public.
Et
plus rien ne fonctionne. Regardez le classement PISA, regardez cette chute de niveau, c'est incroyable.
C
'est l'avenir de nos enfants qu'on est en train
de
massacrer. Regardez l'hôpital, les urgences, heureusement, il
y a
le personnel soignant
qui
tient à bout de bras, justement, ce grand service public. Regardez la justice
et
le pouvoir d'achat qui est en train de s'écrouler, puisque sur les deux dernières années, c'est l'INSEE, un organe officiel qui nous l'a dit, il y a une chute
du
pouvoir d'achat, du niveau de vie ces deux dernières années. Mais
du coup, vous leur dites quoi, Bruno
Retailleau, à ces Français précisément, qui veulent contester contre ces prix de l'essence, qui attendent une réaction du gouvernement ? Vous leur dites, allez dans la rue, allez sur les ronds-points. Est-ce qu'on peut même imaginer Bruno Retailleau sur les ronds-points
? Ce
n
'est
pas le problème. Ce qu'on attend d'un homme ou d'une femme politique, ce n'est pas sa présence sur les ronds-points. C'est qu'ils aient du courage, dire la vérité d'abord. Et moi, ce que je veux dire aux Françaises et aux Français, c'est que je veux leur rendre leur dignité. Parce qu'au fond de cette colère, il y
a
un sentiment, un sentiment d'avoir été méprisé.
Et
c'est vrai que lorsque le travail ne paie plus,
c
'est une question de dignité. Lorsque l'assistanat est encouragé. En France,
il
faut donner beaucoup plus à ceux qui le méritent et moins à
ceux
qui profitent. Et c'est le cœur d'ailleurs de mon projet. C'est ce que je veux porter. De même que, regardez, le peuple français est méprisé parce qu
'on
ne l'entend plus. Sa voix ne pèse plus. Moi, je veux leur rendre la parole par le référendum. Je veux assumer une
rupture
fondamentale pour que le peuple, enfin, puisse avoir la parole, puisse décider par le référendum de grandes questions auxquelles il est attaché. Et ça, ce sera le cœur vraiment de mon
projet présidentiel.
De votre programme. Mais vous diriez finalement, et là, je m'adresse aussi à l'ancien ministre de l'Intérieur, que tous les ingrédients sont réunis aujourd'hui que l'exaspération des Français est telle qu'on pourrait même s'attendre à une contestation susceptible de basculer dans la violence. Parce que ce qu'observe aussi le renseignement territorial sur les réseaux sociaux, c'est qu'il y a des appels plus radicaux à, par exemple, bloquer les stations-service, à s'en prendre à l'Elysée. Est-ce qu'il faut le redouter ? Est-ce que tout est réuni pour cela aujourd'hui, selon vous ?
Ce que j'observe, en tout cas, avec un certain recul,
c
'est que ce qui a déclenché les gilets jaunes, ça n'est pas seulement le prix de l'essence ou du gazole. Mais souvenez-vous, lorsque le mouvement s'est déclenché,
l
'essence était beaucoup moins chère que ce qu'elle est aujourd'hui.
La situation est pire
aujourd'hui ? Le
gazole aussi. Et la situation est pire. Donc, moi, je n'encourage certainement pas la violence. Je pense qu'il faut que l'ordre public craigne simplement ce que je veux dire à nos compatriotes
qui
sont exaspérés. C'est un, je comprends leur colère.
Mais
le moment, justement,
de
la grande explication, elle vient.
Il
faut être un peu patient. C'est dans huit mois. Et là, il faudra renverser la table. Et moi, je veux proposer précisément un projet de rupture.
Vous entendez leur colère. Mais du coup, est-ce que vous leur dites manifester, si bon vous semble, ou patienter ? Prenez votre mal en patience. Mon projet arrive.
Non,
mais la manifestation, c'est un droit constitutionnellement garanti, à condition qu'elle se passe tranquillement. Et moi, ce que j'ai craint, j'ai été ministre de l'Intérieur. À chaque fois, je craignais des infiltrations de black blocs, de mouvements très radicaux, l'ultra-gauche, l'ultra-droite, etc. Mais moi, ce que je veux leur dire,
c
'est que moi, j'habite, je suis un rural. Chez moi, on a besoin de la voiture pour aller faire les courses, pour chercher les enfants à l'école, pour se déplacer. Sans voiture,
il
n
'y a
pas de liberté. Sans voiture, on ne peut pas aller travailler. Donc, je sais ce qu'éprouvent notamment les ruraux. Parce qu'on n'a pas à nos dispositions les moyens, par exemple, de transport en commun.
Donc,
je comprends parfaitement. Et encore une fois, au fond de la colère française, il y a une question du pouvoir d'achat.
Vous
savez, désormais, le niveau de vie des Français est inférieur au niveau de vie des Européens.
Donc,
il y a eu... C'est terrible. On a appauvri les Français.
Alors,
vos
mesures, justement, Brune Retailleau. Vos mesures. D'ailleurs, juste un mot sur la forme. J'ai écouté attentivement votre discours aujourd'hui. Vous avez très peu parlé de pouvoir d'achat. Vous n'avez quasiment pas parlé de l'essence. Pourquoi ? Est-ce qu'il n
'y a
pas
un décalage
? Non, parce que ce n'était pas un discours programmatique. J'en ai parlé il
y
a bien longtemps du pouvoir d'achat.
Je
n
'ai
pas besoin d'y revenir sans cesse, simplement.
Mais il se passe quelque chose en ce moment.
Bien sûr qu'il se passe quelque chose. Mais je veux dire qu'on n'y répondra pas par les vieilles formules. On n'y répondra pas non plus en faisant des chèques en bois. Ça,
c
'est terminé. Parce qu'on est en train d'être étranglé par la dette. Vous vous rendez compte que le seul paiement des intérêts de la dette va nous coûter dans 2 ans 100 milliards d'euros. Toute la recette
de
ce que ramène l'impôt sur le revenu sera dévorée seulement par le paiement des
intérêts de la dette. C'est le même premier poste
de dépense
de l'État.
Vous, vous avez une baguette magique. Aujourd'hui, vous faites quoi sur les prix de l'essence
?
Ce que je fais sur les prix de l'essence, c'est que je supprime
un
impôt qui n'a jamais été voté,
qui
s'appelle les CEE, les Certificats
d
'économie d'énergie. Et cet impôt-là, il taxe à milliards, par exemple, l'électricité. Or, on veut demain électrifier les usages. Et là, c'est incroyable. Le gouvernement dit qu'il faut électrifier les usages, acheter des voitures électriques. Et les achats de véhicules électriques ont bondi
le
mois dernier. Et en même temps, on taxe
l
'électricité.
C
'est complètement dingue. Donc, je veux rendre cet argent aux Français. Et je veux faire en sorte que
les
Français qui utilisent leur voiture pour aller travailler, eh bien, ils puissent déduire de leurs impôts, justement, une part beaucoup plus grande que de cette somme qu'ils dépensent.
Très
concrètement, ce que je veux, c'est déverrouiller
le
barème qui vous permet de déduire les frais kilométriques,
parce qu'il a
été gelé depuis trois ans. Ça, vous voyez, rien que ça, c'est l'équivalent de plusieurs pleins rendus aux Français qui travaillent, qui payent des impôts tous les ans.
Donc, ça, c'est un réajustement de ce barème et ça soulagerait les Français immédiatement
? Bien sûr. Ça
soulagera les Français. Ce qui soulagera les Français, c'est de faire disparaître cet impôt qui s'appelle les certificats d'économie d'énergie et qui frappe. C'est la part qui frappe l'électricité que je veux voir disparaître. C'est quasiment 2 milliards d'euros qu'on restitue, plus justement ce dégel, si j'ose dire, pour les kilomètres, pour pouvoir les déduire. Mais moi, le cœur de mon projet,
c
'est d'encourager le travail, pas l'assistanat. Mme Le Pen, pardon, elle veut encourager l'assistanat. Sur
l'assistanat, Mme Le Pen,
elle dit qu
'il
faut baisser la TVA. Jean-Luc Mélenchon dit qu'il faut bloquer les prix.
Non
? À ces deux mesures ?
C'est 15 milliards. On ne peut plus. Malheureusement, les gouvernements précédents, M. Macron, demanda qu'il va nous laisser 3 600 milliards de dettes.
Et votre mesure, elle coûte combien
? Le
réajustement du barème ?
Ça ne coûte pas d
'argent ?
Ma mesure coûte très très peu d'argent. Très très peu d'argent.
Combien ?
Puisque,
écoutez,
2 milliards sur les certificats d'énergie, ça ne coûte rien, ça ne revient pas à l'État, puisque
c
'est redistribué. Un exemple d'une mauvaise redistribution, EDF,
subventionne
l'achat
de
véhicules chinois, de BYD, grâce
justement
à ce certificat d'énergie.
Parce
que ce certificat d'énergie ne va pas à l'État,
il
va dans des grandes entreprises pour encourager des actions.
Mais
on marche sur la tête, vous me comprenez ?
En
revanche, ce que moi je veux,
ce
n
'est
pas seulement par l'essence qu'on va améliorer.
Sur le travail, sur le salaire,
par exemple. C'est le salaire, c'est le salaire. En sorte que les
Français gagnent mieux leur vie.
Je
vais leur restituer en plus 2 mois de salaire de plus. Il suffira 2 mois.
Je
m'y prends comment
? D
'abord, je ne mens pas aux Français. Et je leur dis,
si
on veut gagner plus, il faut travailler un petit peu plus. Si on accepte de travailler seulement 30 minutes de plus par jour.
30
minutes, ça n
'a
jamais fait mourir personne. 30 minutes de travail, on annulera les cotisations sociales pour l'entreprise, mais aussi pour le salarié.
Et à
partir d'un certain seuil,
ça
fait l'équivalent de quasiment 2 mois de plus. Par exemple, pour un salaire médian. Le salaire médian,
c
'est un peu plus de 2 000 euros. C'est l'équivalent de 3 500 euros net dans une année. Personne d'autre que moi ne fait cette proposition.
Oui, mais comment vous l'appliquez ? Typiquement, vous demanderez à un bureau de tabac de fermer une demi-heure plus tard, et à moi, Alice Darfeuil, de prendre
l'antenne
une demi-heure de plus ?
Dans une entreprise... Est-ce que c'est vraiment
applicable dans le monde dans lequel on vibre une reteille
? Mais
bien sûr. Mais évidemment, vous vous rendez compte qu'au moment où on se parle, il y
a
d'un côté le chômage qui est en train de galoper, mais il y a de l'autre côté des entreprises qui ne parviennent pas à recruter. Donc l'idée principale, elle est de faire en sorte qu'à partir d'un certain seuil,
j
'évalue à 36 heures par semaine,
à
partir de ce seuil-là, ce sera zéro cotisation sociale. Ça vaut pour l'entreprise qui récupère, et là on baisse le coût du travail, et ça c'est bon pour le chômage. Et
c
'est aussi zéro cotisation,
comme
zéro impôt, pour le salarié.
C
'est tout bénef, c'est pratiquement deux mois de plus.
Sur le décrochage économique de la France...
Attendez,
juste un
mot. Moi
je ne me contente pas de faire ça. Vous
faites aussi des économies.
Non mais ce qui handicap les salariés, c'est le travail qui ne paie pas. Je finance d'ailleurs toutes ces mesures avec une mesure très simple. Je veux plafonner à 70% du SMIC
les
aides sociales que les uns ou les autres peuvent recevoir. Moi j'estime que le revenu du travail doit toujours être supérieur de 30% au revenu de l'assistanat. C'est pour moi fondamental. Ensuite,
ce
que je fais, c'est que les dépenses contraintes, je vais les diminuer.
Dans
les dépenses contraintes,
il
y a deux choses. L'énergie. On parlait à l'instant de l'essence. Eh bien moi je veux diminuer de deux mois la facture d'électricité, l'équivalent du paiement de deux mois d'une facture d'électricité des Français.
Ça
c'est très important parce que les prix
d'énergie ont
flambé. Et comment vous faites
? Je
le fais par exemple en faisant en sorte qu'on arrête
de
subventionner les énergies renouvelables. Pourquoi ?
Je
ne suis pas contre les énergies renouvelables. Mais on les subventionne alors que désormais ce sont des technologies qui sont parvenues à maturité. Et on produit trop d'électricité en France. Si bien qu'on en exporte et on exporte de l'électricité à un prix beaucoup beaucoup plus faible que ce que l'on produit. Ça sert à quoi de subventionner quand
on a trop... Fini les
subventions pour les énergies
renouvelables. C'est terminé.
Est-ce que c'est vraiment dans l'air du temps ça ?
Mais ce qui est dans l'air du temps c'est d'avoir une énergie abondante, décarbonée et bon marché. Grâce au nucléaire. Est-ce que vous savez qu'on est le pays au monde grâce au nucléaire
? Qui
avons l'électricité la plus décarbonée. 95% de notre électricité est décarbonée. Malheureusement une certaine idéologie a voulu fragiliser. D'ailleurs Emmanuel Macron,
son
gouvernement avec Euron Philippe avait fermé et fait son âme. Et bien moi je suis capable de restituer simplement
en
faisant en sorte qu'on remette les choses à l'endroit dans le bon sens. Deux mois sur la facture d'électricité et puis le logement. Posez-vous une question. Pourquoi est
-ce
qu'aujourd'hui les jeunes ne peuvent plus se loger ? Pourquoi est-ce que souvent ils doivent rester chez leurs parents
?
Pourquoi est-ce que les jeunes couples ne veulent plus faire d'enfants ? Tout simplement parce qu'ils manquent des mètres carrés. Ils n'ont plus les moyens. Pourquoi ils n'ont plus les moyens ? Parce qu'on tape sur le logement.
Vous
n'imaginez pas le nombre de normes entre le ZAN, le DPE, la loi Syrie. Le nombre de normes qui pèsent sur le logement. Et le logement, il y a quelques années, quand Emmanuel Macron arrive au pouvoir, on mettait sur le marché tous les ans
420
000, 430 000 logements. Aujourd'hui 270 000. On a créé une rareté. Et ce qui est rare est cher. Eh bien moi, par exemple, sur le DPE, on gardera le DPE comme un indicateur, une sorte de thermomètre,
pour
que quand vous achetez un appartement ou une maison, vous sachiez si c'est bien isolé ou pas. Mais on restituera sur le marché des centaines de milliers de logements
qui
ont été retirés.
Parce
qu'aujourd'hui, toutes ces normes, elles ont fait en sorte qu'on crée une pénurie. Et la pénurie de logements, c'est des loyers qui sont très chers, c'est des coûts d'acquisition qui sont très chers. Voilà. Donc, moins de factures en matière d
'énergie. Et là, c'est pour
le pouvoir d'achat.
Sur la baisse
des dépenses publiques, Bruno Retailleau, concrètement, vous, où vous allez chercher l'argent
? La
mesure la plus rapporteuse.
Je
vais d'abord chercher l'argent dans la dépense sociale. Voilà. C
'est,
primo, j'ai dit, le compte social unique, c'est cette idée de plafonner à 70%
la
totalité des aides sociales qu'un individu peut recevoir. Moi, j'estime que c'est profondément
injuste que
quelqu'un qui se lève tôt, qui part, qui gagne juste le SMIC, qui doit payer, par exemple, la crèche, une garderie pour son enfant, qui doit payer le plein d'essence, lui va gagner le SMIC et qu'à côté, il y a des gens
qui
vont gagner 2400 euros net avec deux enfants sans avoir besoin, justement, de les faire garder, sans avoir besoin de remplir le plein d'essence. Donc, on plafonne à 70%, notamment du SMIC, justement, la totalité de ces aides sociales.
Ce
que je fais, c'est que je fais une réforme des retraites. La retraite, c'est un quart de la dépense publique. Donc, toutes celles et ceux, Marine Le Pen et les autres, qui veulent même diminuer l'âge de la retraite, il ne
faut
pas être un savant mathématicien pour voir que ça conduit le pays dans le mur. Moi, quand je suis
né... Vous
êtes pour la retraite par capitalisation ?
Je suis pour sauver d'abord le régime par répartition.
Vous êtes d'accord qu
'il faut
travailler plus
?
Je suis bien sûr qu'il faut...
On
manque en France, justement, de travail. Et c'est pour ça qu'on s'appauvrit. Je n
'ai
vu
nulle
part dans l'histoire, nulle part au monde, un pays
s
'est enrichi en travaillant toujours moins. La gauche nous a vendu un boniment. J'ai parlé tout à l'heure des bonimenteurs. La gauche nous a dit, travaillez moins
et
vous vivrez mieux. Et on s'appauvrit aujourd'hui...
Mais la droite ne se mouille pas sur l'âge de départ. Edouard Philippe
ne
veut pas dire,
ne veut pas donner le
chiffre. Vous, est-ce que vous seriez capable de dire aux Français qui nous regardent ? Eh bien oui. Comme nos voisins espagnols, comme nos voisins italiens, il va falloir se préparer à travailler jusqu'à 66 ans, voire 67 ans. Vous pourriez le dire ?
Je dis aux Français, d'abord aux jeunes Français, aujourd'hui vous aurez une retraite de misère. C'est pour vous qu'on fera une retraite par capitalisation, puisque cette retraite par capitalisation, elle montera en puissance qu'au bout de 20 ans. Donc c'est tout de suite qu'il faut l'installer pour la nouvelle génération. Ça c'est absolument capital, parce que cette fracture intergénationnelle, je ne le veux pas. Je ne veux pas de ce combat entre les générations. Et ce que je dis
aux
Français,
c
'est que bien sûr, il faudra accepter
d
'augmenter l'âge de départ. J'y reviendrai, je présenterai.
66,
67 ans
? Non,
ce ne sera ni 66 ni 67 ans. Mais ce que je dis, c'est que, et ce sera fondamental, dans la loi c'est déjà inscrit depuis une réforme de François Fillon qui date de 2002-2003. J'inscrirai dans la loi, pour qu
'on
ne doive pas y revenir tous les ans, tous les 5 ans, un lien entre l'espérance de vie
et
la durée de travail. C'est normal que plus l'espérance de vie augmente, et bien il faut à ce moment-là repousser la durée de travail. En revanche, ce sera une mesure juste. Je pense que, et j'en connais, quand vous avez des travailleurs
qui
sont esquintés, qui sont fatigués, la pénibilité ça existe. Et donc je proposerai, dans cette réforme, qui sera une réforme
globale,
et qui va donc augmenter effectivement l'âge de départ, qui va avoir cette nouvelle équation, ce lien qui est un lien de bon sens. Voilà. Plus il
y
a d'espérance de vie, plus on accepte de travailler un peu plus tard, et avec, pour les jeunes générations, une capitalisation.
En parlant de justice, sur l'immigration, vous assumez une ligne de fermeté, c'est très clair, avec
notamment... Comme les Français.
Un durcissement des
conditions
d'accès à la nationalité française. Il
y
a cette phrase que vous avez prononcée, qui m'a interpellée. Vous avez dit, on ne peut pas devenir français par hasard
en
catimini. Ça veut dire quoi
? Mais
vous savez, c'est ce qui passait à Mayotte. Mayotte, ça a été une submersion.
Oui.
Est-ce que vous êtes allée déjà à Mayotte ?
Non.
Non.
C
'était la maternité
qui
était la maternité la plus... Comment dirais-je ? Celle où il y avait le plus de femmes qui venaient pour faire naître des enfants. Pourquoi ? Parce que c'était souvent
des
immigrés clandestins
qui
venaient faire naître l'enfant, et le droit du sol permettait à l'enfant de devenir français. Ça, ça n'est pas possible.
Je pense que, quand on est français... Mais vous voulez supprimer
le droit du sol
pour le
Retailleau sur l'ensemble
du territoire. Il y avait une
particularité à Mayotte. Là, vous dites, en gros, par exemple, vous et moi, nous sommes nés par hasard en France, et nous sommes bienvenus à être français,
mais
pas d'autres.
C
'est ça
? Ce
que je veux dire, c'est que
je
permettrai,
y
compris à ceux qui sont nés de parents étrangers, je leur permettrai de devenir français,
à
la condition d'aimer la France. Ils seront naturalisés. Ils pourront entrer de plein pied
dans
notre communauté nationale. Mais je ne veux pas voir des enfants, parce que le hasard
les
a fait naître, leurs parents sont étrangers,
et
le hasard les fait naître en France. Je veux un acte d'adhésion. Je veux que désormais, parce que
l'attimilation... Mais vous rendez compte
du message, moralement, ce que ça a dit, Bruno Retailleau ? Ça veut dire que, pour certains, le hasard fait bien les choses, et pas pour d'autres
? Mais
quand on est né de parents français, on est français. C'est le droit français depuis toujours. Le droit du sol, vous savez pourquoi il a été implanté en France
? Parce
qu'on avait besoin de combattants, de chair à canon. C'est ce qui a fait que la France a adopté le droit du sol, notamment, il
y
a plus d'un siècle. Oui, j'accepte parfaitement de dire aujourd'hui que l'immigration n'est plus une chance. Parce qu
'elle
est trop nombreuse, et surtout, que malheureusement, des nouveaux venus ne veulent plus épouser nos valeurs, nos mœurs. Et là, il y
a
un danger. Il y
a
un danger de fracture. Vous
assumez qu'il n'y avait
aucune maladresse dans ce message
? Mais
le message est réfléchi. Il est parfaitement réfléchi. Pardon si je vous choque, ou
si je choque la bienfoisse. Non, non, je m'interrogeais
sur le raisonnement.
Mais
je veux réduire l'immigration.
Je
veux réduire l'immigration légale, l'immigration illégale. Et
vous voulez la supprimation
du droit du sol sur l'ensemble du territoire
? Absolument. On a commencé.
Bien sûr, c'est applicable. Comme d'autres pays le font.
Parce qu'Ameriot, pour le coup, il a
été considérablement durci, mais pas
supprimé.
Non, il a été un peu durci. Il faut désormais, pour des gens qui sont clandestins, illégaux, il faut désormais, pour que l'enfant puisse devenir français, on réclame une année pour que les parents ne soient pas clandestins, mais qu'ils aient un titre légal, qu'ils soient venus légalement. C'est rien du tout. Simplement, on n'est plus aujourd'hui,
dans
les temps qui viennent, pour des demi-solutions.
La
Russie, ça ne marche plus. Et ce que je vais proposer pour l'élection présidentielle, c'est une rupture. Il faut renverser la table. On renversera la table. Et je le dis aux Français, eux qui trouvent qu'il y a trop d'immigration en France, c'est eux demain
qui
vont choisir. Ce n'est pas la cour de justice de je ne sais où, c'est les Français. Le peuple français, je soumettrai. Aujourd'hui, c'est interdit. Le référendum est aujourd'hui interdit sur cette question migratoire. Il est aussi interdit sur la justice pénale. Demain, je modifierai la Constitution pour que ce soit les Français eux-mêmes qui votent et qui déterminent la politique migratoire et
souhaitent. C
'est l'une
de
vos propositions phares.
Et
en matière d'immigration, finalement, il y
a
très peu de différences entre vous et le Rassemblement national. Demain, Marine Le Pen va faire sa rentrée à Hénin-Beaumont.
On
rentrait un peu chahutée au Rassemblement national. On rapporte régulièrement des tensions entre elle et Jordane Bardella depuis qu'elle a décidé
d'être
candidate à la présidentielle.
Je
vous vois lever les yeux au ciel. Ça se voit pour vous ? C'est une évidence
?
Le Rassemblement national nous a offert une rentrée époustouflante.
C
'était un feu d'artifice
entre
le cafouillage sur l'Ukraine, le cafouillage sur les retraites, le cafouillage aussi sur beaucoup d'autres sujets. Regardez l'acte de soumission de Jordane Bardella à Londres.
J
'ai dit tout à l'heure devant les jeunes LR réunis que je n'en revenais pas parce que c'était jadis le parti qui se réclamait de Jeanne d'Arc et qui se vend aux Anglais. C'est quand même pas banal.
J'ai même parlé de regroupement familial. Vous
lui diriez de quitter le Rassemblement national ?
Je lui dis de prendre garde parce qu'il y a une tendance. Le RN est un parti très particulier. C'est un peu une boutique familiale. Le regroupement familial, ça commence avec la nièce qui arrive
dans
le premier cercle du pouvoir.
Vous faites référence au retour de Marion Maréchal.
Oui, mais ce que je veux dire, c'est que plus profondément,
c
'est que le Rassemblement national est un mouvement...
Pour
le coup, vous n'avez pas
votre langue dans votre poche quand
il s'agit
du Rassemblement national. Vous dites quoi ? Que Marion Maréchal va prendre la place de Jordan Bardella
?
Non, je vais vous dire, je m'en fiche.
Je
vais vous dire, je m'en fiche à tel point
que
ce qui m'importe moi pour les Français,
c
'est de leur dire que faites attention
quand
vous allez accorder votre confiance. Voilà des gens
qui
vous promettent plus de pouvoir d'achat.
Et
pourtant, Marine Le Pen, elle est pour l'assistanat.
Elle
a voté contre la réforme de l'assurance chômage. Quant au Sénat, nous avions voulu les 15 heures de contrepartie au RSA parce qu'une aide sociale, ça n'est pas un dû. Elle a voté contre. Elle est pour l'assistanat. On ne peut pas avoir un pays qui reste dans l'assistanat, qui est en train de ruiner la France, et une candidate qui dit qu'à la fois elle veut faire des économies et rendre du pouvoir d'achat. Non, le pouvoir d'achat, c'est valoriser le travail. Et aujourd'hui,
pourquoi
il y
a... Mais qu'est-ce que vous
dites
aux électeurs du RN qui sont précisément un peu déboussolés en ce moment de voir ces deux lignes au sein du parti sur des sujets importants
? Vous leur dites
quoi ?
Je leur dis que c'est la neuvième fois
qu
'un bulletin de vote à la présidentielle portera le nom de Le Pen.
Pour
la
neuvième fois, ce sont les mêmes promesses. Et ce sera le même échec.
Mais elle est en
tête dans tous les sondages. Elle est en tête aujourd
'hui. Elle est en tête aujourd'hui. On est à huit mois. Mais simplement, il faut faire confiance à des gens sérieux.
Pas
à des amateurs. Moi, je ne dis pas, par exemple, qu'il faut baisser l'âge de la retraite pour que les retraités vivent mieux. Pour que demain, nos jeunes aient une vraie retraite. Ça, c'est du mensonge. C'est de la démagogie. Je ne dis pas non plus qu
'en
réalité, il faut favoriser l'assistanat. Parce que si on favorise l'assistanat, il n
'y
aura pas de gens pour travailler. Et du coup, il fera faire venir des immigrés d
'ailleurs. Alors justement,
là-dessus, Jordan Bardella, lui, il est libéral. Il est beaucoup plus libéral. Il assume un
discours
de droite entrepreneuriale.
Il le dit.
Il est pour l'union des droites.
Il
a été reçu plusieurs fois par Nicolas Sarkozy, qui aurait même dit qu'il lui fait penser au RPR à l'époque de Chirac. Est-ce qu'il n'est pas en train de devenir au fur et à mesure un candidat crédible de droite, Jordan Bardella ?
Il
faut oublier Jordan Bardella.
C
'est Marine Le Pen qui sera candidate. La patronne, c'est Marine Le Pen. Voilà. Et il est en train de la prendre
à
ses dépens. Il
a fait un rêve. Il a commencé la politique. Il a fait un rêve.
Vous lui dites, Jordan, prends garde, prends ton envol.
Rien
à faire. Mais rien à faire. Vous n'imaginez pas. Ce que moi, je veux... On est en train de parler,
en
individualisant, en personnalisant, avec telle ou telle personnalité, les questions politiques.
Mais
parce
qu'il y a des électeurs derrière ce parti aussi. Et vous
allez peut-être avoir
besoin d'eux pour
élargir votre sort.
Et les Français
voient que la France est en train de tomber. Voilà. Ce que moi, je veux dire aux Français, c'est que je mets sur la table une rupture comme aucun autre ne l'a fait. La preuve de cette rupture, c'est que je vais modifier la Constitution
pour
leur rendre la parole. Je vais la modifier pour pouvoir contredire. Ils pourront contredire les jurisprudences folles parfois du Conseil constitutionnel. Voilà. Ça, c'est une rupture. Et cette réforme-là, elle est la condition de toutes les autres. Je veux, moi, être en réalité le candidat du bon sens et de la rupture. Je veux que
le travail
paye.
Deux dernières
questions là-dessus.
Sur vos
engagements, Bruno Retailleau. Quelles promesses ? Parce que c'est important de savoir si votre parole est fiable, si elle compte. Vous avez été deux ans Place Beauvau, ministre de l'Intérieur. Un
an.
Avez-vous
fait
des promesses ? Un an et plus qu'un an. Un an et 20
mois. Quelques
jours.
Oui. Un an et 20 jours, j'ai
regardé.
J'en suis parti parce que j'étais en profond désaccord avec Emmanuel Macron
et avec le gouvernement. Alors ça, vous ne cessez de le
dire. Mais du coup, moi, je me demandais comment ça s'est passé quand il était Place Beauvau ? Il y avait des
engolades tous les trois
jours avec le président ?
C'était fréquent. Oui, vraiment ? L'Algérie, l'immigration, il y
a
eu beaucoup, la Corse, bien sûr.
Non, mais sincèrement, maintenant, vous pouvez le dire, il y a eu des coups de sang ?
Non, il n
'y
a jamais de coup de sang. Non, non, il n
'y a
pas eu de coup de sang. Mais j'avais une ligne et je n'en ai jamais quitté. Vous avez posé
une question... Vous avez fait des
promesses à l'époque qui ont été tenues aujourd'hui.
Attendez, vous m'avez posé une question. Vous avez dit qu'est-ce qui peut
montrer
aux Français
que
ce que vous dites aujourd'hui,
vos
promesses aujourd'hui, vous tiendrez demain.
Ce
que je dis, moi, à ces Français, c'est qu
'ils
peuvent remonter à 10 ans, à 20 ans, à 30 ans. Certains de vos confrères l'ont fait cette semaine
pour
voir mes déclarations sur l'immigration, sur le travail, sur autre chose.
Ce
que je disais
il
y a 20 ans ou il y a 30 ans, je le dis toujours.
Je
n'ai jamais changé avant,
je
ne changerai pas après.
Je
suis sincère. On peut être pour ou contre
mes
options politiques, mes convictions,
mais
j'ai une constante, j'ai une cohérence. Et le problème
avec
Emmanuel Macron, c'est le « en même temps ». Le « en même temps » a mis la France par terre et moi, je veux la relever, mais je la relèverai, pas tout seul, avec les Français. C'est pour ça que je vais leur redonner le pouvoir de choisir pour que l'État qui est totalement impuissant aujourd'hui, on a un État, mais tellement impuissant qui se venge sur les Français, par la bureaucratie, en étant tracassier au jour le jour, sur les mers, je ne cesse pas d'en rencontrer, sur les agricultures, sur les chefs d'entreprise, ce n'est plus possible.
Dernière question, oui ou non, s'il vous plaît, Bruno Retailleau, Édouard Philippe a réitéré son appel aujourd'hui en disant « il faut qu
'on
se retrouve à la Toussaint pour évoquer l'union, les conditions d'un rassemblement entre la droite et le centre », en disant « attention, il n
'est
pas question de dire l'un se désiste ou l'autre, mais il s'agit de discuter et d'évoquer la suite ». C'est comme ça, ce sont les mots qu'il emploie aujourd'hui. C'est oui, c'est non.
Une fois pour toutes, je ne suis pas centriste. Je n'appartiens pas au bloc central.
Gabriel
Attal appartient au bloc central. Édouard Philippe aussi.
Ce
sont deux anciens
premiers
ministres d'Emmanuel Macron
qui
discutent
entre
eux.
Ça
ne me concerne pas.
C
'est non, donc
?
C'est donc non.
Merci Bruno Retailleau. Merci pour cet entretien.
Merci
à vous.
Voilà
donc pour cet entretien réalisé évidemment avec toutes les équipes de BFM TV sur le terrain, là où faisait sa rentrée. Donc Bruno Retailleau, nous sommes allés à lui. Thierry Arnaud, bonsoir. Bonsoir Alice. On va en parler dans un instant avec un premier invité politique, un représentant du Rassemblement National, Thomas Méninger, que Bruno Retailleau cible à plusieurs reprises. Mais d'abord, un mot avec vous global sur cet entretien. Est-ce que vous en retenez ?
On
en retient l'affirmation d'une ligne politique claire à droite. On reste sur sa fin. En tout cas, c'est mon cas. En revanche, sur les solutions concrètes que propose Bruno Retailleau. Lorsque vous l'interrogez, lorsque vous le poussez un peu dans son retranchement sur les retraites, sur l'âge de la retraite, il pousse la balle un peu plus loin en disant je présenterai mon plan mais ce n
'est
pas tout de suite. Lorsque vous lui posez la question de savoir pourquoi il ne s'exprime pas davantage ces dernières heures et ces derniers jours sur le pouvoir d'achat, sur le prix de l'essence. Il dit, j'en ai parlé depuis longtemps mais aujourd'hui, ce n'est pas vraiment mon sujet. Alors après, il déroule un certain nombre de propositions qu'il vous fait.
Mais
ce qui me surprend un peu dans ses choix et dans le choix de se donner encore davantage de temps avant de faire des propositions précises et détaillées, c'est qu'il y
a
urgence de mon point de vue pour la candidature de Bruno Retaille. Aujourd'hui, il est à 6 à 8% dans les sondages. Au moment où on se parle, il n'a aucune chance d'être qualifié pour le deuxième pour le deuxième
et
on ne
voit
même pas très bien comment il maintient sa candidature jusqu'au bout. Donc s'il veut élargir l'espace qu'il occupe, et on voit bien que c'est compliqué parce qu'il est à la fois, si j'ose dire, un peu à gauche du Front National et un peu à droite d'Édouard Philippe et il essaye de pousser des deux côtés. Pour l'instant, manifestement, encore une fois, si on en croit les sondages sans véritablement réussir à élargir cet espace. Comment peut-il élargir cet espace sinon
qu
'en faisant des propositions très précises, très détaillées et en s'engageant concrètement ? Et enfin, dernière remarque,
sur
la dernière question, précisément pour toutes ces raisons-là, quand il dit « ce n
'est
pas mon sujet de participer à cette réunion avec Édouard Philippe, à l'appel Édouard Philippe
», moi,
je pense que c'est complètement son sujet parce qu'encore une fois, il faut que ces gens-là arrivent à se mettre d'accord et on comprend bien qu'à un moment donné, soit il va jusqu'au bout de la logique consistant à dire « j'accepte le risque
d
'un deuxième tour entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon » ou bien, si je considère que pour le pays, il faut l'écarter, à ce moment-là, il est dans l'obligation d'aller discuter avec Gabriel Attal et Édouard Philippe.
Sur
le Rassemblement National et on fera réagir Thomas Ménager, qu'est-ce que vous retenez de plus fort
?
Deux actes
?
Deux choses. Sur ce qu'est le parti aujourd'hui, c'est une entreprise familiale qui porte le nom de Le Pen, c'est la raison pour laquelle Jordan Bardella se retrouve dans cette situation inconfortable aujourd'hui. Sur le fond, beaucoup de critiques qu'il résume en un mot, amateur.
Sous
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ST' 501
Bruno Retailleau