Michel Barnier, avis de tempête - Éric Ciotti est l'invité des 4 vérités du mercredi 27 novembre 2024
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:25OuverteRéponse directe
Quel est votre regard à vous ? Est-ce que la France est au bord du précipice ?
- 1:08OuverteRéponse directe
Vous l'avez reçu comment, vous, cet appel de Michel Barnier ?
- 1:56RelanceRéponse partielle
Est-ce que ça peut vous convaincre de ne pas voter la censure ?
- 3:26ComplaisanteÉludée
Vous dites, s'il y a des coupes sur l'AME, d'accord, on ne vote pas la censure, ça a plus l'électricité, voilà, c'est ça les deux points.
- 3:47FerméeRéponse directe
À ce stade, vous l'avez voté la censure ou pas ?
- 4:10OuverteRéponse directe
Ce que vous a dit Michel Barnier hier, c'est que ce sera encore pire si vous faites tomber le gouvernement.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueChiffre
« M. Macron, ses 1 000 milliards d'euros de dettes, ce sont ses déficits. »
- 2:05Invité politiqueChiffre
« Dans ce budget, il y a 40 milliards d'euros d'impôts en plus. »
- 2:47Invité politiqueFait
« On va réduire le remboursement des médicaments, les dépenses de santé. »
- 2:57Invité politiqueFait
« Le gouvernement refuse les mesures que nous proposons de suppression de l'aide médicale d'État pour les clandestins. »
- 3:16Invité politiqueFait
« Les retraités qui travaillent, ils auront une désindexation de leur retraite et on va leur baisser le remboursement des médicaments. »
- 3:36Invité politiqueChiffre
« La France est le pays au monde où nous payons le plus d'impôts. »
- 4:03Invité politiqueChiffre
« On met aujourd'hui 20 milliards d'euros de plus sur nos entreprises. »
- 5:14Invité politiqueChiffre
« Le budget de M. Barnier, c'est une augmentation de 2,1% de la dépense publique. »
- 5:20Invité politiqueChiffre
« On va, par rapport à 2024, augmenter de 60 milliards. »
- 8:46Invité politiqueChiffre
« Le maire de Nice vient d'augmenter les impôts de 25%. »
Temps de parole
- Éric Ciotti79 %
- Présentateur18 %
- Présentateur 23 %
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C'est justement l'heure du rendez-vous politique et c'est Éric Ciotti qui est président de l'Union des droites et député de la première circonscription des Alpes-Maritimes qui est votre invité, Julien, et vous allez parler de tout ça. Bonjour et bienvenue. Bonjour Éric Ciotti. Bonjour. Alors c'est un tableau apocalyptique qui vient d'être dépeint et c'est aussi le tableau qu'a voulu afficher le Premier ministre hier soir. Il présente donc ce tableau très inquiétant de la situation. Il parle de risque de tempête financière. Quel est votre regard à vous ? Est-ce que la France est au bord du précipice ?
Naturellement. Mais pourquoi est-elle au bord du précipice ? Parce que ceux qui la gouvernent, je dirais depuis 7 ans, les macronistes l'ont mis dans cette situation. M. Macron, ses 1 000 milliards d'euros de dettes, ce sont ses déficits. On disait qu'il y a une augmentation des taux d'intérêt depuis la dissolution. Certes, mais parce que depuis la dissolution, il y a aussi la révélation de la gravité de la situation qui a été dissimulée. Et d'ailleurs, je serai rapporteur d'une commission d'enquête dont les travaux vont commencer la semaine prochaine à l'Assemblée nationale pour rechercher les causes qui ont conduit à ce dérapage.
Mais aujourd'hui, c'est Michel Barnier qui est aux commandes et qui a lancé hier cet appel. Vous l'avez reçu comment, vous, cet appel de Michel Barnier ? Vous connaissez bien.
Ce que je dis et ce que j'ai dit à Michel Barnier, c'est que je n'ai pas compris qu'il gouverne avec ceux qui nous ont mis dans cette situation. Cette alliance électorale avec les macronistes au mois de juin dernier, au moment des élections législatives, entre les anciens LR qui ne m'ont pas suivi avec les macronistes, et pire, au second tour, avec les amis de M. Mélenchon. On aurait pu avoir un gouvernement, une politique différente avec une alliance des droits. Donc, regardons la situation telle qu'elle est aujourd'hui. Il y a eu des mains tendues. Les responsabilités, elles sont quand même là. Sur le fond, que faut-il faire aujourd'hui ? Il faut changer ce budget.
C'est ce que nous disons.
Quel point ? Parce qu'hier, notamment, il a évoqué la hausse de la taxe sur l'électricité. Il a dit qu'en gros, il y avait une petite fenêtre là-dessus. Est-ce que ça peut vous convaincre de ne pas voter la censure ?
C'est un point. Il fait partie d'un ensemble. Dans ce budget, il y a 40 milliards d'euros d'impôts en plus. Ça, ce n'est pas supportable. Et alors, il fait combien ? Qu'est-ce qui est supportable ? Quel niveau est supportable ? Il faut faire des économies, comme dans tout ménage. Quand il y a une crise, quand il y a la dette, quand les dépenses sont supérieures aux recettes, aux revenus, les ménages, les entreprises font des économies. L'État ne fait pas d'économies. C'est ce que nous reprochons. Et c'est ce qui peut nous conduire à refuser ce budget, très clairement, si l'État ne fait pas les économies.
Et s'il fait peser l'effort uniquement sur ceux qui bossent, sur ceux qui travaillent, il y a des mesures qui me choquent. On va réduire le remboursement des médicaments, les dépenses de santé, notamment pour des personnes âgées qui doivent avoir une complémentaire alors qu'elles ont travaillé toute leur vie. Et de l'autre côté, le gouvernement refuse les mesures que nous proposons de suppression de l'aide médicale d'État pour les clandestins. C'est-à-dire que ceux qui, venant de l'étranger, vont se faire recoller les oreilles et je ne force pas le trait aux frais du contribuable français. Eux n'auront pas d'effort.
Et les retraités qui travaillent, ils auront une désindexation de leur retraite et on va leur baisser le remboursement des médicaments.
Pour que les termes de la négociation soient clairs. Vous dites, s'il y a des coupes sur l'AME, d'accord, on ne vote pas la censure, ça a plus l'électricité, voilà, c'est ça les deux points.
Nous, on veut revoir la copie globalement. Moins d'impôts, la France est le pays au monde où nous payons le plus d'impôts. Et il y a cette paresse intellectuelle, on a une crise. Les macronistes nous ont mis dans la mouise. À ce stade, vous l'avez voté la censure ou pas ? Au lendemain de cette intervention de Cheval ? Oui, parce que ce budget, il est mauvais pour le pays. C'est un budget qui va conduire à la récession, c'est un budget qui va pénaliser les entreprises. Il va y avoir un choc récessif. On met aujourd'hui 20 milliards d'euros de plus sur nos entreprises. Pourquoi Michelin a fermé des usines ?
Ce que vous a dit Michel Bardier hier, c'est que ce sera encore pire si vous faites tomber le gouvernement.
Il y aura une incertitude, une instabilité et ce sera le naufrage. Ça, ce n'est pas un argument. Nous, nous voulons le meilleur pour le pays. Le meilleur pour le pays, c'est aider les entrepreneurs, c'est aider les entreprises, c'est baisser les impôts de production, c'est faire en sorte que le prix de l'électricité pour les ménages et pour les entreprises soit plus faible. Comme l'impose la production, notre production autonome avec de l'énergie nucléaire, nous espérons qu'il avance. Nous sommes ouverts à la discussion. Je lui ai dit lundi, Marine Le Pen, lui a dit aussi... Ça s'est passé comment, votre entretien avec lui ?
De façon très courtoise, j'ai du respect pour lui, mais il fait fausse route. Il a fait fausse route politiquement. Et il vous a donné à ce moment-là quelques pistes ? Avec cette alliance. On ne gouverne pas avec les macronistes qui nous ont mis dans ce pays. Oui, mais ça ne va pas changer. Donc aujourd'hui, on négocie avec les forces telles qu'elles sont en présence. Écoutez, en tout cas, sur le fond, les orientations ne nous vont pas. Nous voulons moins d'impôts et plus d'économies. Vous savez, le budget de M. Barnier, c'est une augmentation de 2,1% de la dépense publique. C'est-à-dire qu'on va, par rapport à 2024, augmenter de 60 milliards.
C'est-à-dire que finalement, si ce budget n'était pas voté, s'il n'y avait pas de budget pour 2025, on reprendrait celui de 2024. Vous êtes coordonné avec Marine Le Pen ?
Vous lui avez parlé hier soir après cette intervention ?
Absolument. On a tenu une réunion de groupe hier commune ensemble, dans notre intergroupe. On a une vision de protection de notre pays, des entreprises et des Français. Je répète, parce qu'on joue aussi à se faire peur, si le budget 2025 n'est pas adopté, on reprend celui de 2024. C'est-à-dire que pour le coup, c'est celui où il y aurait le plus d'économies, puisqu'on aurait 60 milliards de dépenses publiques en moins, celles qui sont prévues pour 2025, et on n'aurait pas d'augmentation d'impôts. Donc arrêtons aussi de faire peur et mettons-nous au travail.
Prenons des mesures enfin courageuses, arrêtons de taper sur ceux qui travaillent et imposons de nouvelles règles, beaucoup plus restrictives, des économies sur l'immigration, arrêtons tout cela.
Sur l'immigration, vous avez entendu Bruno Retailleau, vous le connaissez bien, Bruno Retailleau, vous êtes en phase avec lui sur à peu près tout. Je suis en phase sur le discours. Maintenant, j'attends les actes. Oui, mais lui, il dit, laissez-moi à Beauvau. Si vous faites tomber le gouvernement, je n'y serai plus à Beauvau. Il y aura peut-être Louis Boyard qui me remplacera. Non, mais le fait de faire tomber le gouvernement, vous faites tomber Bruno Retailleau.
Il n'y aura pas les actes. Tout cela est un fantasme. Il ne peut pas y avoir de gouvernement, nouveau Front populaire. Il ne tiendrait pas une minute.
Non, mais de gauche peut-être.
Il ne tiendrait pas une minute. De gauche peut-être. J'appelle mes anciens amis, ceux avec lesquels j'ai appartenu à la même famille politique. Je l'ai quitté parce qu'ils se sont alliés avec M. Macron. Et nous voyons où cela nous conduit. Moi, je voulais une alliance des droites. Eh bien, aujourd'hui, je leur dis, conduisons, faisons une vraie politique de droite. Et une vraie politique de droite, c'est la baisse des impôts. Ce sont de vraies économies, pas de fausses économies. Est-ce que votre rôle, ce n'est pas ? Aujourd'hui, où on va chercher à prélever encore plus, encore plus, toujours, des taxes, des taxes, des impôts. Vous savez, le malus. Non, mais justement.
Tout est mauvais dans ce budget. Le malus écologique sur les voitures. On va taxer les Clio, les Peugeot 206, les Tassia Sandero. C'est ridicule. Les efforts, on dit, on va prélever sur les riches.
Mais c'est faux. Pourquoi ne pas aller chercher des victoires, comme le fait, par exemple, Laurent Wauquiez. Des victoires politiques, s'entend, sur les retraites. Laurent Wauquiez, il dit, par exemple, hier, il a aussi obtenu l'arrêt du projet de travail de 7 heures travaillées non rémunérées. Pourquoi ne pas dire, si on obtient ça, ça et ça, c'est bon pour nous. Et on essaie d'être concret, comme le RN le fait depuis longtemps.
C'est ce que nous avons dit lundi. Nous avons fait des propositions. Il y a des contre-budgets qui ont été présentés. Il y a des mesures d'économie très puissantes. Notre main est tendue à Michel Barnier de discuter. Mais il faut qu'il discute avec l'intergroupe RN-UDR. Il faut qu'il discute, qu'il accepte cette discussion. Qu'il fasse des avancées. Mais, encore une fois, la copie est à reprendre quasi intégralement.
Un mot sur les municipales, malgré tout, Eric Ciotti. Parce que vous avez entendu Anne Hidalgo hier, qui a un peu ouvert le bal, si j'ose dire. Et vous, on connaît votre attachement à Nice. Que pensez-vous du bilan de votre meilleur ami, je mets ça avec des guillemets, Christian Estrosi, sur Nice, qui est plutôt bien jugé par l'Enisoir ?
Non, il n'est pas très bien jugé. Il est notamment assez mal jugé sur un point essentiel, c'est la fiscalité. Le maire de Nice vient d'augmenter les impôts de 25%. Parce que comme M. Macron, d'ailleurs, c'est un soutien premier de M. Macron, il a conduit notre vie dans une situation de quasi-faillite.
Il vous traite de petits politiquaires, vous répondez quoi ?
Ça fait 45 ans qu'il fait de la politique, en ayant changé à peu près tous les camps. Il a été élu au début avec le soutien de Jean-Marie Le Pen, c'était en 88, et désormais avec M. Macron. Donc je crois qu'il a fait tous les specs de l'échiquier. Vous êtes candidat ? Je servirai ma ville pour la redresser. Parce qu'aujourd'hui, elle n'a pas besoin de politique de bling-bling. Elle a besoin de la redresser, elle a besoin qu'on donne la chance à ceux qui travaillent. Elle a besoin d'une vraie politique aussi, qui ne bétonnise pas les derniers terrains, notamment dans la plaine du Var, où il y a un risque d'inondation. Je l'ai dit hier à l'Assemblée, donc je travaille pour Nice.
On ne lance pas la campagne déjà il y a encore du temps. Merci beaucoup.
Merci. Merci à vous deux et merci également. Il faut surtout qu'Éric Ciotti reste, pardon Fabie. Oui, je remercie juste Fabrice Penneau pour la traduction en langue des signes.
Éric Ciotti