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Discours / meetingEmmanuel Macron (sur YouTube)· 25 mars 2021 5 minAutoproduitFond programmatiqueEurope & internationalInstitutions & élections

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Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:10Emmanuel MacronFait
    « nous commémorons cette semaine les deux cents ans de la Révolution grecque, les deux cents ans de la naissance de la Grèce moderne ; les deux cents ans d’une certaine idée de l’Europe. »
  • 0:30Emmanuel MacronFait
    « La guerre d’indépendance grecque fut sanglante, terrible. Elle a interpelé les consciences européennes de l’époque par sa violence. »
  • 1:00Emmanuel MacronFait
    « Les révolutionnaires grecs avaient lu les philosophes des Lumières. »
  • 1:30Emmanuel MacronFait
    « un mouvement international, intellectuel, humanitaire, un mouvement de volontaires, s’est levé à travers toute l’Europe pour libérer la Grèce. »
  • 2:30Emmanuel MacronFait
    « la guerre d’indépendance grecque a suscité le premier élan proprement populaire de solidarité internationale de l'Histoire »
  • 3:30Emmanuel MacronFait
    « Cette idée que nous nous faisons aujourd’hui, nous, Européens, de nous-mêmes, de notre continent, de ce que nous attendons de l’Europe, de notre solidarité commune, cette idée nous vient aussi, je le crois profondément, des combats de 1821. »
  • 4:30Emmanuel MacronFait
    « Sur un continent qui l’a payée au prix fort, la liberté ne s’hérite pas, elle se conquiert. »
  • 5:30Emmanuel MacronFait
    « votre liberté, c’est la nôtre. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Chers amis, nous commémorons cette semaine les deux cents ans de la Révolution grecque, les deux cents ans de la naissance de la Grèce moderne ; les deux cents ans d’une certaine idée de l’Europe. Cette année marque également les quarante ans de l’adhésion de la Grèce à ce que l’on appelait alors la Communauté économique européenne et je vois dans la conjonction de ces deux dates un symbole fort. Malheureusement, je ne peux pas être présent auprès de vous, physiquement, en raison de la pandémie de Covid-19 mais je tenais à m’associer à ce moment si fort pour vous, pour les Grecs, pour les Européennes et les Européens, pour les Françaises et les Français, par ces quelques mots que je vous adresse.

La guerre d’indépendance grecque fut sanglante, terrible. Elle a interpelé les consciences européennes de l’époque par sa violence. Elle fut une guerre d’idées, aussi, gagnée grâce au théâtre, à la musique, par la plume des poètes, la générosité des anonymes d’un bout à l’autre du continent européen, et singulièrement en France.

Les révolutionnaires grecs avaient lu les philosophes des Lumières. Ils avaient, pour certains, combattu dans les guerres de la Révolution française et de Napoléon et, en retour, en 1821, un mouvement international, intellectuel, humanitaire, un mouvement de volontaires, s’est levé à travers toute l’Europe pour libérer la Grèce. Ce mouvement, ce fut celui de combattants de la liberté, de Grecs qui périrent dans des scènes d’une cruauté terrible, pour l’indépendance, la liberté, l’avènement de la Grèce moderne.

Les porte-drapeaux de ces combats étaient Byron, Delacroix, Hugo, Pouchkine, Chateaubriand. Et au-delà de ces philhellènes illustres, la guerre d’indépendance grecque a suscité le premier élan proprement populaire de solidarité internationale de l’Histoire, où chacun pouvait contribuer en achetant une partition, en assistant à un spectacle, en donnant un sou, en vivant une part de ce combat. L’envie de liberté grecque a été et demeure un point de référence, un point d’ancrage, une lumière pour l’Europe.

Cette idée que nous nous faisons aujourd’hui, nous, Européens, de nous-mêmes, de notre continent, de ce que nous attendons de l’Europe, de notre solidarité commune, cette idée nous vient aussi, je le crois profondément, des combats de 1821. Alors ressourçons-nous aux idéaux de 1821, à l’énergie populaire, à l’élan intellectuel et solidaire. Rappelons-nous, par ce bicentenaire, que notre relation d’amitié avec la Grèce est passée par les armes, avec la bataille de Navarin et l’expédition militaire française de Morée, mais surtout par les lettres, les arts, l’engouement populaire pour une cause juste, le sentiment qu’être Européen, c’était être amoureux de la liberté, qu’être Européen, c’était défendre une civilisation et une certaine idée de celle-ci.

Sur un continent qui l’a payée au prix fort, la liberté ne s’hérite pas, elle se conquiert. Alors face aux retours du nationalisme, face aux logiques impériales, elle reste au cœur de nos engagements et de nos combats. Nous aimons votre pays aujourd’hui encore, avec l’enthousiasme des premiers philhellènes.

Nous l’aimons, et ses valeurs, nous les portons toujours, nous tous ensemble. Nous les portons quand les moments de tension réapparaissent, quand l’angoisse se fait jour, et nous continuerons de les porter. Et je voulais vous dire avec beaucoup de force, de conviction et d’amitié, que je ne pense pas simplement à l’histoire, je pense à notre présent, à notre avenir.

Nous sommes là, et nous serons là à vos côtés quand l’histoire est injuste avec vous, quand la solidarité, parfois, a pu faire défaut ou quand la menace revient. Parce que votre liberté, c’est la nôtre.