Nicolas Dupont Aignan invité de Politique Matin
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 74 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:21OuverteÉludée
Est-ce que, pour vous, elle a été relégitimée hier ?
- 0:53OuverteÉludée
Mais vous pensez qu'elle peut être la candidate incontestable pour 2022 ?
- 2:08RelanceRéponse partielle
Mais ça veut dire quoi, tout ça ?
- 2:24OuverteRéponse partielle
Mais un projet sur les idées, les idées nouvelles du FN, vous les avez vues hier ?
- 3:02OuverteRéponse directe
Mais c'est possible avec ce que vous avez entendu hier, par exemple, l'immigration ?
- 3:54RelanceRéponse partielle
Mais Marine Le Pen, avec qui vous étiez allié, est contre l'union des droites.
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 3:05PrésentateurFait
« l'immigration légale et illégale n'est pas tenable. »
- 3:34Invité politiqueFait
« Produire en France, revaloriser le pouvoir d'achat, un peu plus de justice sociale, défendre les territoires, notamment ruraux, qui sont massacrés aujourd'hui, assurer la sécurité et réduire l'immigration. »
- 5:12Invité politiqueChiffre
« 90%. 4%. »
- 6:51Invité politiqueChiffre
« Une partie. Mais cette partie la souhaite, 30%, 40%, comme toujours, parce que les autres, ils votent déjà Macron. »
- 7:00Invité politiqueFait
« Et si les Républicains continuent leur politique d'isolement avec un discours et une pratique inverse, ça finira comme le Parti Socialiste. »
- 12:35Invité politiqueChiffre
« nos électeurs, 10,5 millions quand même au second tour, et puis des millions qui n'ont pas voulu voter »
- 14:37Invité politiqueFait
« C'est la soumission de la France à un ordre mondial de Bruxelles qui est en train de détruire la solidarité, l'exception française, la justice sociale. »
- 15:01Invité politiqueChiffre
« les sondages sont en baisse constante. »
- 16:15Invité politiquePromesse
« Mais je l'ai réclamé, c'était dans mon programme présidentiel. »
- 16:24Invité politiqueFait
« Il a menti quand même sur le pouvoir d'achat. »
- 16:40Invité politiqueFait
« c'est-à-dire la hausse des taxes sur l'essence, sur le fuel, sur le forfait hospitalier, etc. »
- 17:41Invité politiqueFait
« Reconnaissance du vote blanc, référendum initiative populaire. »
- 18:02Invité politiqueChiffre
« 100 députés à la proportionnelle sur 400. »
Temps de parole
- Nicolas Dupont-Aignan72 %
- Présentateur16 %
- ?7 %
- Locuteur non identifié3 %
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Il est 9h, c'est l'invité de la matinale. Nicolas Dupont-Aignan, bonjour. Vous êtes président de Debout la France,
vous
êtes député de l'Essonne. Alors le Front National a tenu hier son congrès à Lille. La présidente du FN a été réélue, alors son candidat face
à
elle. On la disait affaiblie depuis le débat raté de l'entre-deux-tours. Est-ce que, pour vous, elle a été relégitimée hier
?
Écoutez, l'avenir le dira. Moi, écoutez, je ne
suis
pas au Front National, je n
'ai
pas commenté ce qui s'y passe. Je lui souhaite de faire évoluer son parti, de le changer.
Je
ne suis pas sûr qu'un nom suffise, surtout qu'il me paraît très proche. Mais au-delà de ça, c'est à elle maintenant de faire son chemin avec son parti. Je n
'ai
pas à juger aujourd'hui, j'en suis incapable d'ailleurs, comme tous les Français. Mais vous
pensez
qu'elle peut être la candidate incontestable pour 2022 ?
Ou vous avez un doute
? Comment pouvez-vous parler de 2022 ? Vous n'avez pas été, comment dire, échaudé par ce qui s'est passé en 2017 ? En 2017,
il
y a eu un président de la République élu.
Est
-ce qu'en 2013, quelqu'un le connaissait
? Donc
moi, je dis à tous ceux qui s'agitent autour de 2022 d'arrêter. Je le dis d'ailleurs, je regardais sur votre écran les résultats de la Guyane.
Un
combat entre la France insoumise de Mélenchon et la République en marche.
Et
je le dis très clairement, si à droite et du côté des patriotes
et
des républicains,
M.
Wauquiez continue comme il continue, M. Le Pen, M. Philippot, moi-même et d'autres,
eh
bien on assistera à
quoi
en 2022 ? On assistera à Macron-Mélenchon.
Et
des millions d'électeurs
qui
veulent sauver la France, qui veulent une autre politique, seront écoeurés. Donc la question n'est pas du tout la question des petits chevaux jusqu'en 2022. La question, c'est de savoir si on est capable des républicains à un Front National rénové, je l'espère. Et l'avenir le dira. Mais
vous n
'avez pas l'air d'être
convaincu par cette
fondation, vous, du FN. Mais ça veut
dire quoi, tout ça ? Moi, ce qui m'intéresse, et c'est ce que j'ai fondé avec les amoureux de la France, avec des personnalités à la fois des républicains et du Front National, et Jean-Frédéric Poisson, c'est d'avoir un projet sérieux
qui
tire les leçons de l'échec de 2017.
Oui,
mais un projet sur les idées, les idées
nouvelles
du FN, vous les avez vues
hier ? Mais
quelles idées nouvelles ? Pour l'instant, j'attends de voir, je regarderai. Mais de grâce, il n
'y a
pas que les appareils politiques dans la vie. Il y a les électeurs, et moi les électeurs, je les vois, je les connais. Et ils me disent tous la même chose. Ils me disent, mais quand est-ce que vous allez vous unir
?
Pourquoi M. Wauquiez ne
veut
pas parler à Mme Le Pen
? Pourquoi M.
Philippot est parti ? Moi, je serais le militant inlassable d'une coalition qui respecte les partis, mais qui ne dépend pas des partis. Et je suis convaincu que ça passe d'abord
par
un programme commun, c'est-à-dire des solutions pour résoudre les problèmes des Français.
Mais c'est possible avec ce que vous avez entendu
hier, par exemple, l'immigration, l'immigration légale et illégale n'est pas tenable. C'est ce qu'a dit M.
Le Pen hier. Mais ça, tout le monde le
pense, il n
'y a
pas qu
'au
Front National qu'on le pense. D
'accord, donc vous, vous êtes totalement d'accord avec
les idées qui ont été exprimées hier
par Marine Le Pen ?
Mais non, ne procédez pas par amalgame. Je dis quoi ? Je dis que du côté de M. Wauquiez, du moins des Républicains qui ne vont pas à la soupe, du côté de Debout la France, du côté, je le pense, d'une grande majorité des membres du Front National et des militants ou des électeurs raisonnables, il y a un accord fondamental sur quelques grands axes. Produire en France, revaloriser le pouvoir d'achat, un peu plus de justice sociale, défendre les territoires, notamment ruraux, qui sont massacrés aujourd'hui, assurer la sécurité et réduire l'immigration. Est-ce qu'on n'est pas capable de dépasser les boutiques pour travailler un programme commun ?
C'est le sens des réunions publiques, des amoureux de la France que nous faisons avec Jean-Frédéric
Poisson dans toute la France. Mais Marine Le Pen, avec qui vous étiez allié,
est contre l'union des droites.
Mais Marine Le Pen, c'est Marine Le Pen. Moi, je vois des électeurs. Et je vois des électeurs qui en ont assez, des querelles de chefs. Donc je dis, en tout cas, moi c'est mon boulot, à Debout la France. Nous développons Debout la France.
D
'ailleurs, nous avons beaucoup de ralliements impressionnants de gens qui viennent du front des Républicains. Mais au-delà de Debout la France, avec les amoureux de la France, nous, de manière permanente, militerons pour un programme commun sérieux. Et c'est à partir du sérieux de notre offre politique. Pas des slogans, pas des noms, des sérieux de la diversité de notre programme. Et nous avons le temps de le faire.
On
va écouter Lydia Guérousse,
qui
est porte-parole du parti Les Républicains et qui s'est exprimé à ce sujet ce matin.
Nous,
nous restons fidèles à notre héritage, celui de De Gaulle, celui de Jacques Chirac, de Nicolas Sarkozy et Laurent Wauquiez, qui a eu une parole très claire sur le sujet. Aucune alliance.
Très claire,
vraiment
?
Très claire. Il l'a dit à plusieurs reprises, aucune alliance avec le Front National. Et ceux qui seront tentés de faire des alliances avec le Front National seront rejetés par le parti. Une alliance qui paraît impossible
aujourd'hui à droite.
Mais vous avez vu le score des Républicains en Haute-Garonne à l'élection partielle hier ?
Vous
l'avez vu ? Oui,
c'est pas la deuxième chose.
90%. 4%.
Mais
ça veut dire quoi ? Que les
Républicains sont
mortes aujourd'hui ?
En ont assez de ces zoukazes stupides de dirigeants des Républicains qui d'ailleurs ont des discours parfois plus durs que Marine Le Pen, qui copient des discours mais qui refusent l'idée de l'Union. Moi, je ne copie pas les discours de Marine Le Pen. Moi, je suis différent. Tout le monde le sait. D'ailleurs, j'ai toujours dit que j'étais différent. Mais je veux que l'on rassemble justement des Républicains, debout la France, chrétiens-démocrates, des gens du Front National pour faire mentir le piège de Mitterrand qui dure depuis 30 ans et qui fait que la droite et au-delà de la droite, ceux qui aiment la France, perdent toutes les élections à cause de leur division stupide.
Vous avez écrit à Laurent Wauquiez sur ce sujet. Est-ce qu
'il
vous a répondu
? Pas encore. Mais j'ai dit à Laurent Wauquiez ce que pensent tous les Français. On ne peut pas avoir un discours
et
une pratique. On ne peut pas être allié au Modem
qui
soutient
Macron dans sa
région et dans toutes les régions de France. En Haute-Garonne hier, parce
qu
'il faut regarder parfois les élections partielles, en Haute-Garonne, l'UDI
a
soutenu En Marche. Et les Républicains sont alliés à l'UDI. Donc moi, dans la vie, il faut être clair. Moi, debout la France, on est clair. Nous sommes dans une opposition totale, frontale, avec Emmanuel Macron. Mais nous sommes aussi pour un projet alternatif sérieux. Et, inlassablement, je tenterai de rassembler les uns et les autres, parce que je sais que les électeurs, ils veulent ça.
Sauf qu'il y
a
eu un sondage la semaine dernière, et les adhérents des Républicains, eux, refusent...
Les adhérents
?
Les alliances avec...
Attendez.
...avec le FN.
Une partie. Mais cette partie la souhaite, 30%, 40%, comme toujours, parce que les autres, ils votent déjà Macron.
Ils
sont déjà partis chez Macron. Donc, 4%, 5% le score des Républicains en Haute-Garonne. Et si les Républicains continuent leur politique d'isolement avec un discours et une pratique inverse, ça finira comme le Parti Socialiste. Je ne le souhaite pas, parce qu
'il y a
des gens très bien. Nicolas Duyck, ancien député de cette maison, a rallié debout la France il
n
'y a pas longtemps. Thierry Mariani, hier, dans le JDD, a dit clairement que
ma démarche était
la bonne. Mais ma démarche,
ce
n
'est
pas la fusion. Ce n'est pas l'alignement sur le Front National. Ma démarche, c'est un programme commun et que chacun fasse des pas. Et c'est ça, la vraie nouveauté.
Mais au début
de cette interview, vous avez émis des doutes sur la refondation
de Marine Le Pen et
du Front National. Est-ce que dans cette circonstance
-là, c'est possible de faire des alliances
? Mais les électeurs l'obligeront.
Mais
les électeurs, ils voient bien, est-ce que
c'est le Front National ou
ce que sera le Rassemblement
National ? Mais c
'est du temps au temps, on verra. En tout cas, moi, je vois que Laurent Wauquiez a changé de discours, pas de pratique. Donc je lui demande de changer aussi de pratique. Je vois que Marine Le Pen évolue sur certains sujets. Eh bien, je laisse le temps faire. En tout cas, moi, je ne change pas de ligne. Debout la France est au parfait centre de gravité. Nous sommes les seuls, d'ailleurs, à parler à tout le monde. Et nous voyons sur le terrain que nous progressons énormément. Parce que nos électeurs ont très bien compris, ils ont beaucoup plus de bon sens. Ils ont très bien compris que sinon, on aurait la domination d'Emmanuel Macron et de Jean-Luc Mélenchon à vie.
Et moi, je ne veux pas que mon pays disparaisse. Et les retraités, le pouvoir d'achat, l'abandon des zones rurales, ça c'est concret, c'est la vraie vie, ce n
'est
pas la propagande du gouvernement.
Alors
Marine Le Pen, elle veut dédiaboliser son parti. Vous avez sûrement entendu les mots de l'assistant parlementaire de Sébastien Chenu, qui, à la sortie d'une boîte de nuit, a traité le videur d'espèces de nègres de merde dont il se défend. Est-ce que finalement, cette dédiabolisation, elle a eu lieu ? C
'est très simple dans mon esprit. Très simple dans mon esprit, ces paroles abominables, j'espère que Marine Le Pen le sanctionnera et le
virera. Alors il est suspendu à titre
conservatoire, il dément avoir
tenu ses propos. De surcroît un
assistant parlementaire de cette maison, c'est indigne. Voilà, c'est clair. Et je fais confiance à Marine Le Pen pour faire le ménage. En tout cas, vous savez, elle est face à ses responsabilités, je lui ai dit, soit elle évolue, soit son parti restera dans un corner politique. Et ce ne sera pas bon pour la France, parce qu'il y a des millions d'électeurs, il y
a
des militants sincères que je respecte, que j'ai appris à connaître, et eux, ils veulent que ça change. Et vous savez, le rétrécissement idéologique n'est jamais bon. Donc, la vraie question, encore une fois, moi je ne suis pas Front National,
il
faut inviter quelqu'un du Front National pour parler du Front National. Moi, avec Debout la France, nous proposons toujours le même patriotisme, humaniste, républicain, et nous sommes convaincus que c'est le bon, et que c'est ce qui permettra de rassembler.
On va écouter quand même Sébastien Chenu, du Front National, qui a parlé du...
Mais, il a invité
quelqu'un du Front National, moi je ne
suis
pas au moment du
Front National.
Non, mais vous avez quand même conclu une alliance avec
elle, c'est un partenaire,
c'est un
partenaire.
J'ai soutenu
Marine Le Pen au
second tour, et je l'assume, mais je ne suis pas redevable de ce qui se passe au Front National.
Certainement, je voudrais juste avoir votre
réaction sur le nouveau non, parce que c
'est
Sébastien Chenu
qui en parle
ce matin.
Quand on accolle un autre adjectif à rassemblement,
on
lui fait dire, évidemment, différentes choses. Et le rassemblement pour la République, vous parlez du rassemblement... Vous parlez de Tic-Sévillancourt, vous parlez d'égoliste avec le rassemblement pour la République, ce sont deux choses. Si on s'était appelé le rassemblement en marche, on serait donc devenu macroniste. Non, en réalité, le rassemblement, c'est un beau mot qui dit exactement ce que nous souhaitons, c'est-à-dire rassembler des hommes de droite et de gauche, des hommes et des femmes de droite et de gauche, qui considèrent que la nation est primordiale.
Que nos idées irriguent maintenant énormément l'espace politique français, et que des électeurs qui ont pu voter à droite ou qui ont pu voter à gauche se reconnaissent en nous.
Ce nouveau nom, il rappelle le rassemblement national populaire de Marcel Déat, collaborationniste. Qu'est-ce que ça vous inspire, vous
?
Ah ben, ça n'a rien à voir, heureusement.
Vous ne
faites
pas de parallèle entre les deux ? C'était aussi le slogan de campagne en 1986 de Jean-Marie Le Pen ?
Vous voyez,
je ne suis
pas responsable du Front National.
Non, mais vous êtes un observateur... Non, je suis un acteur politique
et je développe un parti qui s'appelle Debout la France.
Mais ça ne vous gêne pas de vous allier avec quelqu
'un qui
choisit un nom qui peut être associé au
pire de l'heure de l'histoire ? Ce nom, ce n'est pas le même d
'ailleurs, totalement. Et puis, ce qui compte, c'est le fond des choses. Moi, j'attends le projet de ce parti. Je suis Debout la France, vous le savez. Je regarde les choses et je veux sauver mon pays. Et je ne tomberai pas dans la critique permanente. Vous savez, les hommes politiques français passent leur vie à se débiner les uns les autres. Moi, je refuse. Parce qu'au-delà, il faut rassembler sur un beau programme pour sauver notre pays. Et je ne veux pas que M. Macron profite de notre division. Donc, moi, je trace ma route et j'appelle justement au rassemblement sur un beau projet. Et c
'est
ce que nous faisons. Point. Les partis, ils ont leur vie. Vous savez, il y a des hauts et des bas.
Pour se rassembler, il faut nouer des alliances. Vous en aviez fait à la présidentielle. Est-ce qu'il pourrait y en avoir pour les européennes
? Mais
je n'en sais rien parce que ça, ce sont des manœuvres d'appareil. Ça ne m'intéresse pas. Ce qui m'intéresse, c'est en tout cas, c'est à quoi
je travaille. Mais c'est bien ce que vous
avez fait à la présidentielle.
Non, à la présidentielle, il y avait un second tour.
J
'ai choisi et heureusement, et je l'assume,
comme
M. Fillon a choisi pour M. Macron. D'ailleurs, 15 minutes après, moi, j'ai négocié une évolution du programme. Et d'ailleurs, ça a eu des conséquences et j'en suis ravi. Là, il
y a des
européennes. Je parle du fond. Oui, j'ai un défaut, c'est que je parle du fond en politique. Pas des petites histoires.
Alors, Marine Neubel n'a rien
parlé de l'Europe hier. Vous êtes d
'accord avec elle ?
Le
fond,
je défends un projet européen. Nous y travaillons à debout la France. Nous y travaillons aux amoureux de la France. Et je vous en parlerai. Mais je m'adresse autant aux républicains. Je ne suis pas prisonnier d'un tête-à-tête avec le front. Je m'adresse autant aux républicains qu'au front national. Parce que je sais
que
c'est comme ça qu'on gagnera demain. Et je sais que nos électeurs, 10,5 millions quand même au second tour, et puis des millions qui n'ont pas voulu voter, ces électeurs, ils attendent de nous de l'esprit de responsabilité, pas de la vie de parti. Et c'est là-dessus que vous verrez aux européennes.
Vous parlez du fond, elle
en a parlé hier, elle en a
parlé de l'Europe.
Mais je ne suis pas là pour commenter
le discours de Marine Le Pen.
Pour l'Europe
contre l'Union
Européenne, avec l'euro qui n'est pas une priorité, vous aussi vous
êtes d'accord avec ça ? Mais c'est grâce à moi,
si je puis dire, puisque j'avais demandé cela
dans l'accord. Là, vous êtes sur la même
longueur d'onde.
J'en suis ravi qu'elle évolue, comme je suis ravi que Laurent Wauquiez évolue sur l'Europe. Jamais les positions des principaux partis de droite n'ont été si proches. Alors, je ne cèderai pas au petit jeu médiatique qui veut qu
'on
vienne sur un plateau critiquer l'un ou critiquer l'autre. Je n'ai qu'un objectif, c'est rassembler pour gagner. Parce qu'il n'y a aucune raison que la France soit abîmée par de mauvaises politiques. Et je reviens à l'essentiel. L'essentiel, c'est que les retraités sont massacrés, c
'est
que les zones rurales sont abandonnées, c'est que les Français vivent douloureusement ces réformes, et qu'il n
'y
a pas d'issue,
que
c'est une fuite en avant d'Emmanuel Macron. Et qu'il faut proposer une alternative. Et cette alternative, elle se fera autant avec des républicains qu'avec des gens du Front National. J'en suis convaincu, c'est la leçon de l'histoire, c'est ce qui se passe en Italie, c'est ce qui s
'est
passé en Autriche. C'est les leçons que vous
tirez de ce scrutin en
Italie
?
Au-delà des épiphénomènes, de la vie partisane, des petites histoires qu'il y
a
dans tous les partis. Parce que la vie d'une nation, ce n
'est
pas la vie des partis politiques. Moi, en tant que gaulliste, j'estime que ça dépasse les partis politiques. Donc je ne me laisserai pas entraîner dans les petites histoires partisanes. Ça
ne m'intéresse pas.
On va parler encore d'Emmanuel
Macron. Déjà, chez
moi, ça ne m'intéresse pas, dans mon parti, alors en plus dans les partis des autres.
En Inde, Emmanuel Macron a dit que le rythme des réformes allait se poursuivre. Est-ce que pour vous, c'est le bon tempo, c'est la bonne méthode ?
Mais ça ne veut rien dire. Le rythme des réformes, pourquoi faire ? Si les réformes, c'est de massacrer les retraités, si les réformes, c'est de casser les territoires et les villes moyennes, quel intérêt ? Ça veut dire quoi, l'accélération ? On est dans la com,
la
communication.
Donc
il
n'y
a rien, en fait, dans ces réformes ?
Il
y
a
des choses très graves, très dangereuses. C'est la soumission de la France à un ordre mondial de Bruxelles qui est en train de détruire la solidarité, l'exception française, la justice sociale. C'est en fait des réformes pour récompenser ceux qui l'ont élu.
Avec
une opinion, quand même, là,
au-delà de celle
qu'il a défendue à la présidentielle, une opinion qui est largement favorable à
cette réforme. Non, ce n'est pas vrai. Ce n'est pas vrai,
les sondages sont en baisse constante. Et je renvoie d'ailleurs à ce qu
'on
disait tout à l'heure, Emmanuel Macron n'est fort que de nos faiblesses.
Et
c'est pourquoi, moi, je dis aux électeurs de droite, remontez sur votre cheval, nous allons gagner un jour, on ne va pas laisser la France détruite par cet ordre de Bruxelles. Il faut voir ce que les Français souffrent. Ils n'ont même pas le droit de le dire. On a une propagande incroyable. Mais rassurez-vous, il
y
a la propagande, et puis il
y
a la vraie vie, et les Français, malheureusement, la vivent. Et moi, je souhaite qu
'on
leur apporte des solutions. Regardez le travail détaché, par exemple. Rien n'a changé. C'est du vent. C'est un ventilateur, Emmanuel Macron. Alors le ventilateur tourne très vite, il a du talent, mais derrière, qu'est-ce qu'il y a comme résultat
? Ça veut dire
qu
'il
n
'y
aura pas de résultat pour vous.
Mais pire que ça, il y a des souffrances incroyables dans le pays. Quand on voit qu'il va privatiser l'aéroport de Paris,
c
'est-à-dire que ce sont à nouveau les autoroutes, c'est-à-dire un monopole qui est donné à des intérêts privés. Quand on voit ce qui s'est passé sur quantité de thèmes, mais c'est ahurissant. Alors évidemment, il noie
tout
ça par un rythme effréné. Mais c'est une agitation. Ce n
'est
pas un gouvernement.
Benjamin Griveaux a dit que la suppression des cotisations sociales sur les heures supplémentaires, qui était une promesse de campagne d'Emmanuel Macron, serait faite en 2020. Bonne nouvelle ça pour
le pouvoir d'achat ? Mais je l'ai
réclamé, c'était dans mon programme présidentiel. Mais je vois que ça vient très tard. C'est curieux, d'ailleurs, les taxes viennent avant les gains de pouvoir d'achat qui, pour l'instant, ne viennent pas. Il a menti quand même sur le pouvoir d'achat. Personne ne le dit, mais il a menti. On a sorti un site internet, la vraie facture macron.fr.
Il avait prévu, il a retraité,
qu'il y aurait une hausse de ACG, qu'il serait massivement
touché. Il avait
dit un petit geste de solidarité. Il n'avait pas prévu la triple peine, c'est-à-dire la hausse des taxes sur l'essence, sur le fuel, sur le forfait hospitalier, etc. Le site internet qu'on a lancé à debout la France montre bien la vraie facture macron.fr. Allez-y. Vous voyez concrètement ce qui se passe. Mais les Français se taisent parce que l'opposition est nulle.
Et
l'opposition doit relever la tête et arrêter de se chamailler. Voilà. Et prendre un peu de hauteur peut-être.
Alors il y
a
une autre réforme qu'on n
'a
pas évoquée, c'est la réforme de la Constitution qui est en préparation. Est-ce que vous, vous êtes favorable à la proportionnelle qui est souhaitée par Emmanuel Macron
?
Oui. Bien là, je vais une fois ne pas mentir, de ne pas être dans la critique permanente. Loin de là. Je suis favorable à cette réforme. Je ne comprends pas d'ailleurs que les Républicains s'y opposent. Parce que, en tout cas moi c'est ce que j'avais proposé, réduire le nombre de parlementaires, mettre de la proportionnelle. Je voulais même qu
'on
supprime le Conseil économique et social régional. Il y a trop d'entassements d'élus. Il faut un grand ménage. Simplement, je me méfie un peu, parce que comme toujours avec Emmanuel Macron, je crains l'enfumage. C'est-à-dire, je voudrais qu'on aille plus loin. Reconnaissance du vote blanc, référendum initiative populaire.
Alors ça, ce n'est pas dans la réforme.
Référendum sur le CETA. Ce n
'est
pas dans la réforme, mais ça ne sert à rien de réduire le nombre de parlementaires si on ne rééquilibre pas les institutions par l'appel au peuple.
Quelle dose de proportionnelle pour vous ?
On est entre 10 et 25%. Moi, j'avais proposé 10
% sur 500 ou 400. J'avais proposé pendant la campagne, pour être précis, 100 députés à la proportionnelle sur 400. Ça me paraît un bon chiffre,
parce
qu'il ne faut pas revenir à l'instabilité de la quatrième. Il faut être raisonnable. Mais encore une fois, oui à cette réforme, dans cet esprit, on n'est pas là pour défendre les privilèges.
Oui à la limitation du nombre de mandats dans le temps, qui est une ligne rouge de Gérard Larcher.
Pourquoi pas, les choses doivent évoluer. En revanche, il faudrait accompagner cette réforme d'un vrai appel au peuple par le référendum. Et le référendum d'initiative populaire, c'est-à-dire le fait, comme en Suisse,
qu
'un certain nombre de citoyens puissent mettre sur le tapis un vrai sujet politique, sans avoir le filtre des députés, c'est fondamental pour aérer. Et là, je vois qu'Emmanuel Macron a très peur du référendum.
Pourtant, le référendum, on pourrait y venir pour cette réforme de la Constitution. Est-ce que vous, vous pensez que c'est un pari du Président ?
Mais je
ne raisonne pas comme cela. Je raisonne dans l'intérêt général. Et l'intérêt général, c'est d'oxygéner la vie politique, c'est de la bouleverser, c'est de faire un grand ménage. Mais
c
'est de faire confiance aux Français. Et j'aimerais que le Président de la République aille au-delà de cette réforme pour faire appel au peuple. Et je remarque malheureusement que sur, par exemple, le CETA, j'avais demandé un référendum, comme beaucoup, comme Jean-Luc Mélenchon. Et évidemment, il n
'y
a pas de référendum parce qu'il continue sa politique à marche forcée, d'européanisation au mauvais sens du terme, qui détruit la France. Et ça sera un des enjeux absolument essentiels des élections européennes. Mais
vous, vous êtes
plutôt favorable à cette réforme. S
'il n'y a pas d
'accord dans les mêmes termes entre l'Assemblée nationale et le Sénat, vous dites oui, on va au
référendum, il faut y aller. Mais c'est les
journalistes, de toute façon. Et puis, il faut arrêter de
défendre... C'est dangereux, hein.
De Gaulle l'a payé en 69.
Mais De Gaulle respectait le peuple à la différence de la plupart de ses successeurs.
Merci à vous, Nicolas Dupont-Aignan, d'avoir été
avec
nous ce matin, président de Debout la France et député de l'Essonne. Merci et très bonne journée à vous.
Merci à vous.
Nicolas Dupont-Aignan