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interviewRMC· 27 mars 2022 13 min

Matinale Week-End : Interview complète d'Aurélien Pradié, porte-parole de Valérie Pécresse

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:00
Présentateur

RMC, la matinale week-end, l'interview politique. 8h42, Aurélien Pradier, bonjour. Bonjour. Député du Lot, secrétaire général des Républicains, porte-parole de Valérie Pécresse. Vous portez la parole d'une candidate qui l'a beaucoup perdue dans cette campagne et qui aujourd'hui est à l'isolement, malade du Covid. Vous avez de ses nouvelles ?

0:20
Aurélien Pradié

Oui, j'ai de ses nouvelles et merci d'en prendre. Elle va bien. Moi, je la trouve extrêmement courageuse, pas seulement d'avoir le Covid et de continuer à travailler, mais il faut dire que la campagne ne lui a rien épargné et qu'elle est sûrement en train de démontrer qu'une de ses grandes qualités que les Français ne connaissaient peut-être pas encore, que nous nous connaissions, c'est le courage et la force de caractère.

0:40
Présentateur

Mais oui, rien ne lui a été épargné. Il manquait plus que ça, presque, Aurélien Pradier. Comment le vit-elle d'être privé de terrain, de contact avec les Français dans cette dernière ligne droite ?

0:48
Aurélien Pradié

On vit forcément difficilement, quand on est responsable politique, dans un dernier instant de campagne électorale, de ne pas pouvoir être au contact des Français. Mais on a trouvé des solutions alternatives pour continuer à ce qu'elle puisse s'exprimer. Ce qui est certain, c'est que...

1:01
Présentateur

Elle est d'ailleurs en direct, je le précise, demain sur RMC et BFM TV à partir de 8h30.

1:06
Aurélien Pradié

Et elle continue à faire des médias, alors pas pour le plaisir de faire des médias, ni pour seulement répondre à vos invitations, mais pour pouvoir continuer à adresser aux Français un message en leur disant que les jeux ne sont pas faits. Et c'est peut-être le message fondamental de cette campagne électorale.

1:19
Présentateur

On est à 14 jours, vous y croyez encore ?

1:22
Aurélien Pradié

Mais on ne fait pas de politique si on ne croit pas en ses chances de l'emporter jusqu'au bout. Il n'y a pas de fatalité en politique.

1:27
Présentateur

Jean-François Copé disait vendredi sur notre antenne que cette campagne, comme vous d'ailleurs, était difficile, qu'il y a des alchimies irrationnelles. Les candidats, certains, prennent la main, d'autres la perdent.

1:39
Aurélien Pradié

Et nous sommes dans une période où tous nos repères démocratiques ont été perdus. On sort d'une période de Covid extrêmement brutale, où il faut le dire, notre démocratie a été mise sous cloche durant plusieurs mois. Nous rentrons à nouveau dans une période de grands conflits avec la question ukrainienne. Enfin, disons les choses, personne jamais n'a connu une situation de telle congélation. C'est uniquement le contexte.

2:01
Présentateur

Franchement, Aurélien Pradi, c'est uniquement le contexte.

2:03
Aurélien Pradié

Il n'y a pas eu des boupées dans la campagne de Valérie Pécresse ? Si vous me laissez terminer ma phrase, je suis certain que vous comprendrez mieux ce que je veux dire. Je disais simplement que nous sommes dans une période de congélation démocratique qui perturbe nos repères. Est-ce que la campagne est difficile ? Oui, elle l'est pour Valérie Pécresse, comme pour les autres candidats. Mais je suis certain que le moment venu, les Français auront un sursaut démocratique. Pour moi, rien n'est fait. J'en ai la conviction intime.

2:27
Présentateur

Perte de repères dans notre société, dites-vous, dans notre démocratie, sûrement. Est-ce qu'il n'y a pas aussi une perte de repères aux Républicains ? Elle est où la boussole de votre parti entre Éric Ciotti, entre Guillaume Larivet, et entre vous, entre Valérie Pécresse ?

2:42
Aurélien Pradié

Elle est chez ceux qui restent dans leur famille politique. Moi, je ne déteste rien autant que l'opportunisme politique. Et je pense d'ailleurs que les attitudes que vous venez d'évoquer de ceux qui sont allés à la soupe, non seulement ça fait du mal à l'image qu'ils peuvent donner de la politique, mais surtout ça fait du mal à notre démocratie. Je pense que les Français ont besoin aujourd'hui d'avoir des responsables politiques qui ont une colonne vertébrale.

Vous habitez à droite, vous habitez à gauche, vous habitez où vous voulez, vous défendez des convictions, mais ce qu'on vous demande, ce n'est pas de faire des petits calculs d'arrière-boutique pour espérer un jour devenir sous-ministre aux choux farcis comme ça l'est pour quelques-uns d'entre eux. Vous savez, quand j'écoute Éric Wörth aujourd'hui dire exactement l'inverse de ce qui l'a séné devant l'Assemblée nationale il y a quelques semaines, je me dis que c'est désespérant pour lui, mais je me dis que c'est surtout absolument désespérant pour l'idée que nos concitoyens peuvent se faire de la politique.

3:30
Présentateur

Ça veut dire, Aurélien Pradié, que quand Guillaume Larivé, qui est toujours chez vous, dit qu'au second tour et après, il faudra une alliance avec Emmanuel Macron, des convergences, c'est hors de question pour Valérie Pécresse ? Mais bien sûr que c'est hors de question. Alors comment la candidate peut dire c'est hors de question ? Et à l'intérieur du parti, des soutiens qui sont encore chez vous peuvent dire l'inverse ?

3:51
Aurélien Pradié

Je viens de vous expliquer qu'il y avait dans notre famille politique, comme dans beaucoup d'autres familles politiques, des femmes et des hommes qui avaient moins de colonnes vertébrales que les autres. Ça veut dire que Guillaume Larivé, il faut qu'ils partent ? Je ne suis pas le père spirituel de Guillaume Larivé, tant mieux pour lui et tant mieux pour moi. Tout ce que je sais, c'est qu'il n'a dans cette affaire-là aucune force de caractère politique. Voilà, dans une période aussi difficile que la nôtre, il y a ceux qui tiennent bon et puis il y a ceux qui ne tiennent pas bon.

4:14
Présentateur

Guillaume Larivé qui dit « Moi je suis Sarkozy, j'aurais préféré mettre un bulletin Sarkozy dans l'urne ». Nicolas Sarkozy, il est où ? À part déjeuner avec Bruno Le Maire, comme le révèle le point, et préparer justement ce rapprochement Macron-Pécresse au second tour ? Tout ça, ce sont des supputations.

4:29
Aurélien Pradié

Moi je crois les actes. Jusque-là, Nicolas Sarkozy ne s'est pas exprimé. Et puis vous savez, Valérie Pécresse...

4:34
Présentateur

Vous espérez qu'il vous soutienne dans la dernière droite ?

4:36
Aurélien Pradié

Valérie Pécresse n'est pas la candidate de l'un ou de l'autre. Elle n'est pas l'ombre ni de Nicolas Sarkozy, ni de je ne sais quelle autre figure tutélaire.

4:43
Présentateur

Pas besoin du soutien de Nicolas Sarkozy, Aurélien Pradier. Vous ne comptez plus ?

4:47
Aurélien Pradié

Lorsque l'on est candidate à l'élection présidentielle, on trace son chemin. Ça vaut pour Valérie Pécresse comme pour les autres. Arrêtons de vivre en permanence sur des héritages. Et c'est sûrement le moment devant les Français de proposer un projet politique qui n'est pas la suite d'un autre projet politique.

5:03
Présentateur

Vous nous dites ce matin, Aurélien Pradier, que Valérie Pécresse ne compte plus sur Nicolas Sarkozy et ne veut plus de cet héritage.

5:10
Aurélien Pradié

Je ne sais pas où est-ce que vous avez entendu ça, parce que je ne l'ai pas dit. C'est en filigrane dans ce que vous nous dites. Non, je vais préciser ma pensée, parce que manifestement vous l'avez mal comprise. Je vous dis simplement qu'il est temps de passer à autre chose et qu'on ne va pas en permanence se référer à des campagnes présidentielles passées. Valérie Pécresse, elle est candidate pour Valérie Pécresse et pour les Français. Point barre.

5:30
Présentateur

Aurélien Pradier, Jean-Christophe, est avec nous depuis la Haute-Savoie. Bonjour Jean-Christophe. Bonjour Mathieu. Vous comptez voter Valérie Pécresse aux deux tours. Aux deux tours. Aux deuxièmes, mais vous dites que ça ne sert à rien. Non, je ne dis pas que ça ne sert à rien. Je suis justeide. Je ne suis pas sûr que ce soit utile. C'est ce que vous nous écrivez, Jean-Christophe. Écoutez, ce n'est pas la première fois que je vais malheureusement perdre une élection. J'espère ne pas la perdre, mais bon, je ne le sens pas bien quand même. Mais je suis entièrement 200% d'accord avec ce qu'a dit M. Pradier à l'instant. des gens comme M. Larivée, des gens comme M.

Wörth, qu'ils aillent chez Macron, qu'ils aillent à la gamelle. Le jour où on comprendra que Macron n'est que le fils de Hollande et qu'un socialiste déguisé en mec de droite, peut-être que ça ira mieux. Jean-Christophe. Jean-Christophe. C'est juste, bon, c'est déplorable. Jean-Christophe, avant... Les gens iront à la soupe et ils iront à la soupe. Ça sera toujours comme ça, de toute façon. Alors avant de redonner la parole à Aurélien Pradier, je voudrais qu'on accueille aussi Daniel, parce que vous êtes nombreux à appeler. Bonjour, Daniel.

6:44
Locuteur non identifié

Oui, bonjour.

6:45
Présentateur

Lelotte avec vous. Vous aussi, Valérie Pécresse, au premier tour. Dommage qu'elle ait raté sa campagne.

6:51
Locuteur non identifié

C'est ce qu'il me semble. Moi, j'avais vraiment envie de voter pour une femme. D'abord, bonjour Aurélien. Il me reconnaîtra, je pense.

6:59
Présentateur

Eh oui, c'est votre département, Aurélien Pradier.

7:01
Locuteur non identifié

C'est même le même village.

7:03
Présentateur

Ah bah, c'est moi. Voilà. On se retrouve sur RMC.

7:06
Locuteur non identifié

Voilà. Et j'avais vraiment envie de voter pour une femme, parce que je pense que ça serait vraiment une plus-value. Et j'y croyais, à Madame Pécresse. Et puis cette campagne, j'ai l'impression qu'elle est passée à côté, alors plus sur la forme que le fond. Et je pense que, je ne sais pas si elle a été mal...

7:26
Présentateur

Vous n'arrivez pas à expliquer, en tout cas, Daniel. Aurélien Pradier, quand vous entendez Daniel, quand vous entendez Jean-Christophe, vos électeurs qui continueront de voter pour Valérie Pécresse, mais sans vraiment grande conviction, un peu désabusés, qu'est-ce que vous leur dites ?

7:42
Aurélien Pradié

D'abord, je leur dis qu'ils ont raison de rester fidèles à leurs convictions et à leur volonté que Valérie Pécresse puisse devenir présidente de la République. Mais vous savez, si demain, il y a beaucoup de Français qui se disent, au fond, peut-être que ça ne sert à rien, mais on va quand même continuer à défendre nos idées, alors ces idées, elles seront majoritaires. Oui, je leur dis, cette campagne a été difficile, mais vous savez, elle a été difficile pour tout le monde. Est-ce que vous avez vraiment vu un candidat émerger, donner un espoir, un enthousiasme fou pour le pays ?

Non, parce qu'il y a aussi, je leur dis, un contexte de congélation large autour de chacun des candidats et dans cette campagne. Et moi, j'ai vraiment l'intuition, et je le vis dans un département comme le Lot, que les Français ne se sont pas résignés. Les Français sont un peuple qui ne supporte pas qu'on leur dise quel est le scénario démocratique écrit à l'avance. Et d'ailleurs, si c'était le cas, ce serait dangereux.

Ce serait dangereux parce que, si nos concitoyens ont le sentiment que la démocratie ne peut plus fonctionner à plein, qu'il y a une forme de fatalité, à la fois au débauchage politique et à l'élection ou à la réélection de l'un ou de l'autre, alors on va au-devant de grandes difficultés démocratiques. Je ne le souhaite pas, et je pense qu'il y aura un réflexe chez les Français.

8:44
Présentateur

Aurélien Pradié, Poutine est un boucher, il ne doit pas rester au pouvoir. Est-ce qu'en déclarant ça hier, Joe Biden, le président américain, a franchi une ligne rouge ?

8:53
Aurélien Pradié

Je ne sais pas, je ne vais pas me porter la parole de Joe Biden. Ce qui est sûr, c'est que Poutine commet des crimes de guerre, aujourd'hui en Ukraine, que c'est un dictateur, que si ce que l'on voit est avéré, alors oui, on peut dire que c'est un boucher, dès lors que les crimes de guerre sont commis, comme manifestement ils le sont. Et la question désormais, et de savoir, au-delà des déclarations, ce que nous faisons, ce que le monde occidental fait, c'est bien beau de dire que Poutine ne doit pas rester au pouvoir. Mais si on dit cela, ça veut donc dire qu'il faut engager d'autres moyens derrière pour le sortir du pouvoir. Est-ce que nous y sommes prêts aujourd'hui ?

Moi-même, je n'ai pas la réponse.

9:30
Présentateur

Valérie Pécresse, à la tête de la France, dans un mois, comment s'y prend-elle ?

9:34
Aurélien Pradié

D'abord, elle renforce les sanctions, elle l'a dit depuis le départ, avec beaucoup plus de force que nous l'avons fait encore. Il n'y a pas lieu à hésiter davantage sur tous les moyens de sanctions possibles et imaginables. On aurait dû demander, dès l'origine, aux grandes entreprises françaises de quitter la Russie. On doit se poser...

9:52
Présentateur

Entièrement, Aurélien Pratier, c'est ma parole. C'est ce que Valérie Pécresse demande. Elle forcera Total, Auchan, Leroy Merlin, à quitter entièrement la Russie.

10:01
Aurélien Pradié

Oui, et pour ce qui est de la parole que je porte moi-même personnellement, je suis convaincu que nous aurions dû le faire déjà depuis longtemps. Aujourd'hui, c'est une situation de guerre. On ne peut pas accepter... C'est pas ce que dit

10:13
Présentateur

Xavier Bertrand, Aurélien Pratier.

10:15
Aurélien Pradié

Écoutez, moi, je porte aussi ma parole. On n'est pas tous des playmobiles chez les Républicains. Sinon, on s'appellerait la République en marche. Donc, on peut aussi parfois avoir des nuances.

10:22
Présentateur

Oui, mais on revient à cette situation de flou dont on parlait il y a quelques minutes. Comment vous pouvez porter plusieurs voix ? C'est quoi la voix officielle des Républicains ?

10:30
Aurélien Pradié

Quelle idée vous faites-vous de la politique ? C'est quand même incroyable. Mais il y a une seule candidate des Républicains. On est d'accord. Ça fait 40 ans qu'on a une vie politique animée. Et dans une famille politique, il arrive que parfois les uns et les autres, nous ayons des visions complémentaires. Ce n'est pas du tout un problème. Cette idée de caporalisation de la vie politique, c'est insupportable.

10:49
Présentateur

Pour être très clair, Valérie Pécresse forcera Total au champ le roi Merrin à quitter la Russie.

10:54
Aurélien Pradié

Elle l'a exprimée publiquement. Elle a déjà dit que Renaud aurait dû quitter le pays déjà depuis plusieurs semaines. Elle l'a redit la semaine dernière. Je ne vois pas en quoi ce que je vous dis est incohérent avec ce que Valérie Pécresse a défendu.

11:07
Présentateur

Elle fait aussi une nouvelle proposition pour les réfugiés ukrainiens, les loger dans des villas des oligarques russes en France. D'ailleurs, elle reprend la proposition du communiste Fabien Roussel. Concrètement, elle fera comment ?

11:19
Aurélien Pradié

Concrètement, je l'avoue aujourd'hui la possibilité de mettre la main sur un centre de biens des oligarques russes. Moi, symboliquement, je n'ai aucun problème à ce que les chalets à Courchevel et je ne sais quels autres biens de luxe soient utilisés pour loger des réfugiés ukrainiens. Vous savez, une bataille, c'est aussi fait de symboles. Et ça, je pense que ce serait un symbole politique qui aurait beaucoup de sens. Et je pense que quand Valérie Pécresse le défend, même si c'est aussi une proposition des communistes, au fond, elle défend une idée souveraine de notre nation et une grande idée des valeurs de la République française et de la France. Ça me paraît tout à fait cohérent.

11:55
Présentateur

Merci Aurélien Pradié, porte-parole de Valérie Pécresse. Merci d'avoir été avec nous ce matin dans l'interview politique. Je retiens que sur la campagne, vous nous dites que nous sommes dans une période de congélation démocratique. Oui, cette campagne est difficile, mais il y a encore des raisons d'y croire. Sur Nicolas Sarkozy, lorsque l'on est candidate, on trace son chemin, arrêtons de vivre sur ses héritages. Et sur la Russie, oui, Vladimir Poutine commet des crimes de guerre. Et oui, il faudra forcer toutes les entreprises françaises à quitter le pays. Merci Aurélien Pradié, merci à Jean-Christophe et à Daniel aussi d'avoir participé à cette interview. Vous êtes