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Discours / meetingFrançois-Xavier Bellamy· 18 février 2020 30 minAutoproduitFond programmatiqueEnvironnement & énergieEurope & internationalÉconomie & entreprisesAgriculture & alimentation

Conférence-débat à l'ENA – Transition écologique et Europe [extraits]

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Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 75 %Attaque 15 %Défensif 10 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 0:15Locuteur 1Fait
    « c'est effectivement un défi existentiel et que nous parlons sans doute là du lieu le plus fondamental de la responsabilité politique pour les décennies qui viennent »
  • 0:30Locuteur 1Fait
    « la famille politique que j'ai rejoint tu as mis beaucoup trop de temps à mesurer l'ampleur de ce défi »
  • 2:00Locuteur 1Promesse
    « il faut que notamment du point de vue jetair et on est en pleine discussion actuellement sur le cadre financier pluriannuel on puisse vraiment faire de ce green deal la matrice de nos politiques »
  • 4:00Locuteur 1Chiffre
    « l'union européenne contribuent peu aux émissions de carbone dans le monde en revanche elle contribue beaucoup à l'empreinte carbone »
  • 6:00Locuteur 1Fait
    « le mécanisme d'inclusion carbone à l'entrée du marché unique aujourd'hui nous avons construit ce qui est un atout extraordinaire pour nos économies »
  • 8:00Locuteur 1Chiffre
    « le vietnam est déjà un acteur commercial important pour l'union européenne c'est le deuxième partenaire commercial de l'union européenne en asie »
  • 10:00Locuteur 1Fait
    « la disparition des insectes la disparition des abeilles la disparition dans beaucoup de secteurs de la biodiversité »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1 · les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

alors pour en revenir à la question qui nous qui nous préoccupe ce soir d'abord je serai évidemment prêts à dire pour prendre vos mots je crois que c'est très important de le dire que c'est effectivement un défi existentiel et que nous parlons sans doute là du lieu le plus fondamental de la responsabilité politique pour les décennies qui viennent cette responsabilité que nous avons à l'égard des générations futures la responsabilité globale peut-être on y reviendra de de transmettre les conditions mêmes de la vie humaine à ceux qui nous suivront et je crois que là nous sommes vraiment c'est c'est la tâche particulière de notre génération devant devant un défi fondamental c'est une chance que ça nous réunissent et effectivement je serai le premier à dire sans aucune espèce de difficulté que la famille politique que j'ai rejoint tu as mis beaucoup trop de temps à mesurer l'ampleur de ce défi et moi je suis très heureux et je sais pas exactement à quoi vous faisiez allusion tout à l'heure mais je crois que c'est le cas aussi de notre groupe je suis vraiment très heureux que ce soit ursula von der leyen qui prennent la tête de ceux de ce défi vous avez employé le mot de conservatisme quand vous m'avez présenter je n'ai jamais pensé que ce mot pouvait englober une définition politique valable pour beaucoup de raisons mais enfin malgré tout c'est vrai que la droite a quelque chose à voir avec la tradition conservatrice si la droite avait été fidèle à cet héritage elle aurait dû avoir beaucoup plus tôt le sens de la nécessité de préserver et de transmettre cet héritage fondamentale est nécessaire à la vie humaine je crois que de ce point de vue larmes et j'espère que ce sera le cas dans tous les cas dans ce dans ce mandat du point de vue du but ne pouvons avoir une véritable communauté de vision nous aurons sans doute des divergences et c'est normal parce que c'est le fait de la politique que d'organiser nos désaccords maintenant du point de vue des moyens je vais pas revenir sur tout ce que vous avez dit parce que beaucoup de choses sont fondamentales notamment dans cette stratégie que le green deal présente pour une vision globale qui va servir de matrice politique au mandat qui vient en matière d'investissements je suis tout à fait d'accord avec ce que ce que vous disiez à l'instant sur le fait que je crois pas qu'il faille faire aujourd'hui de l'écologie une politique parmi d'autres et fauqué lyrique toutes les politiques que nous menons et donc il faut que notamment du point de vue jetair et on est en pleine discussion actuellement sur le cadre financier pluriannuel on puisse vraiment faire de ce green deal la matrice de nos politiques d'une manière très générale sur le sur le mandat qui commence peut-être si je parle que de nos points d'accord ce sera pas très intéressant alors je voudrais essayer de toucher du doigt ce qui me paraît peut-être être des points de divergence dans les dents les moyens à employer pour parvenir au résultat que nous espérons si j'ai une petite inquiétude pour ma part c'est que l'émotion qui naît sur la question du climat est décisive elle traverse aux sociétés elle est légitime mais notre travail à nous c'est effectivement de répondre à l'émotion par la raison et je le prendrais absolument les mots que vous avez en plus et je crois qu'il faut qu'on soit pragmatique qu'on sorte de toute idéologie pour essayer d'obtenir exactement l'effet que nous recherchons ce qu'on appellerait en matière de tactique militaire l'effet final recherché ça ne sert à rien de se donner les moyens les plus vertueux du monde si ces moyens sont contreproductifs du point de vue des conséquences or aujourd'hui je crois que dans la manière dont on aborde la question souvent on a un regard qui me paraît être un peu myope asymétrique excessivement européen au centré sur l'union européenne aujourd'hui comme vous le savez l'union européenne contribuent peu aux émissions de carbone dans le monde en revanche elle contribue beaucoup à l'empreinte carbone pourquoi parce que pendant très longtemps nous avons exporté notre capacité de production et donc nous achetons des produits qui sont fabriqués ailleurs dans le monde ça ne veut pas dire que nous soyons moins responsables et on se consolerait à bon compte en ne regardant que nos émissions ça ne veut pas dire que nous soyons moins responsables nous le sommes tout autant lorsque nous faisons produire par d'autres que nous des biens et des produits que nous achetons ensuite et que nous faisons circuler à travers le monde pour pouvoir les acquérir et je crois qu'aujourd'hui la question qui nous est posée n'est pas tant celle des réglementations supplémentaires que nous devons créer à l'intérieur de l'union européenne il le faut pour parfaire notre mode de production et nos méthodes de production il faut que nous continuions à faire ce travail législatif de réglementation et de normalisation toujours plus exigeants mais aujourd'hui la production européenne fait déjà partie prenez les parents de la question agricole l'agriculture européenne elle elle fait partie des agricultures les plus vertueuses du point de vue des standards environnementaux et écologiques on doit continuer d'aller de l'avant bien sûr mais notre but ne doit pas seulement être de devenir des modèles de vertu notre but doit être d'entraîner les autres avec nous non pas d'être les seuls mais d'être les premiers et de tirer avec nous toutes les autres régions du monde et tous les autres acteurs du monde et si nous ne faisons que nous fixer des règles de plus en plus sophistiquées sans regarder ce qui se passe ailleurs dans le monde il est parfaitement clair que nous n'aurons pour résultat que de rendre plus compétitive une production écologiquement moins vertueuses j'ai du mal à suivre le raisonnement vous aviez sur la question du prix par exemple est évidemment qu'on n'a jamais été sauvé par un prix en l'occurrence ça pourrait être peut-être le cas aujourd'hui pourquoi parce que et il ya un sujet dont on n'a pas parlé ce soir jusque là qui est je crois l'un des plus prometteurs et des plus fondamentaux le mécanisme d'inclusion carbone à l'entrée du marché unique aujourd'hui nous avons construit ce qui est un atout extraordinaire pour nos économies pour nos sociétés ce marché commun que nous partageons et ce marché aujourd'hui dans la passivité qui le caractérise il est simplement une cible facile beaucoup d'acteurs peuvent y est entrée et ressent souvent sans aucune espèce de réciprocité et sans respecter les règles que nous imposons à ceux qui produisent à l'intérieur de ce marché il est parfaitement clair que si nous continuons dans cette voie et si nous continuons à produire des règles de plus en plus sophistiquées sans que l'accès à ce marché ne soit rendue plus compliquée alors évidemment nous n'allons faire qu'une seule chose tirer des balles dans le tirer des balles dans le pied de notre propre économie rendre la transition écologique du coup socialement moins acceptable et simultanément encourager exactement le type de production que nous cherchons à dissuader le green deal pourrait à la fin si nous ne raisonnons que comme cela devenir l'occasion de rendre moins cher des produits qui correspondent exactement à ce que nous tentions d'empêcher le sujet le sujet fondamental me semble-t-il c'est d'être aujourd'hui capable d'entraîner les autres avec nous et comment est ce qu on le fait on sait très bien que les déclarations de bonnes intentions ne suffisent pas on sait très bien que les coptes qui se succèdent aboutissent aussi à des déceptions et à des impasses la grande question c'est comment est ce qu'on fait par exemple de ce marché un outil stratégique pour écrire la prochaine page de l'histoire de la mondialisation comment est ce qu'on dit à ceux avec lesquels nous échangeons aujourd'hui est très bien vous voulez échanger avec nous mais vous le ferez à nos conditions et surtout en respectant ces règles écologiques qui sont fondamentales pour nous et le mécanisme d'inclusion carbone est une manière de créer un signal de prix vous l'avez évoqué à l'instant il faut créer une alternative il faut utiliser la fiscalité pour produire une alternative si vous voulez venir chez nous alors dans ce cas eh bien ça suppose de prendre en considération les émissions de carbone que vous réalisez dans vos modes de production et à ce compte là oui je crois que nous avons l'occasion d'entraîner derrière nous d'autres régions du monde qui sinon resteraient sourde et ça c'est un défi européen singulièrement européen et c'est aussi une chance pour que l'europe retrouve un sens aujourd'hui ce marché il est pour une très large part l'une des causes de la défiance des citoyens envers l'union européenne parce que ce marché tout le monde voit très bien qu'en réalité il a trop souvent servi de but au lieu de rester un moyen si nous faisons de ce marché un moyen pour peser sur l'histoire de la mondialisation pour dire aux grandes puissances qui nous entourent qui pourrait aisément contournée chacun de nos pays séparément c'est ce que les britanniques vont d'ailleurs découvrir alors dépend probablement dans les négociations qui vont commencer la france tout seul ne peut pas imposer ses conditions à la chine aux états unis mais personne en revanche ne peut contourner le marché européen ni la chine ni les états ni ne le peuvent la question c'est comment est ce que nous arrivons à entraîner d'autres grandes puissances d'autres grands acteurs économiques avec nous si nous ne prenons pas en considération manière rationnelle ce but que nous devons nous fixer alors nous serons les plus vertueux nous serons les plus parfaits mais à la fin le défi climatique étant par définition un défi global nous finirons exactement à la catastrophe que nous cherchons à éviter aujourd'hui il y avait je veux je veux pas évité le sujet parce que c'est un sujet d'une actualité évidente aujourd'hui il y avait le vote de l'accord sur le sur le vietnam ça a été je veux dire à titre personnel et dans notre délégation ça a été un sujet très difficile de savoir ce qu'il fallait faire sur le vote de cet accord je crois je le dis à l'instant et ça inspire à notre action dans ce dans ce mandat que notre but c'est de faire y compris de notre politique commerciale un levier sur le terrain écologique et il m'a semblé il nous a semblé quand on regarde tous les paramètres et tous les facteurs que une situation dans laquelle on pouvait effectivement tenté de rapprocher le vietnam d'un engagement écologique était meilleure que celle dans laquelle on le laissait à l'écart mais c'est un choix qui est difficile et je ne prétends pas qu'il soit évident ce qui est vrai c'est que nous ne partons pas d'une situation neutre on ne crée pas de flux le vietnam est déjà un acteur commercial important pour l'union européenne c'est le deuxième partenaire commercial de l'union européenne en asie et donc la question c'est comment est ce qu'on fait en sorte aujourd'hui de fait de faire que ces flux qui existe avec le vietnam soit l'occasion au moins d'adopter une position commune le problème c'est que les engagements que le vietnam a pris dans le cadre de cet accord sont réels mais ils ne sont pas affectées d'un mécanisme de sanctions contraignantes c'est donc très insatisfaisant le problème est aussi que évidemment on le sait bien on discute avec un pays qui ne correspond pas du tout à nos standards en matière de droits de l'homme c'est un fait la question c'est que se passera-t-il si nous fermons la porte au vietnam pour le dire autrement si nous le laissons dans les bras de la chine et si nous les repoussons de ce côté là est ce qu'on peut en attendre une amélioration sur le plan des droits de l'homme je ne le crois pas est ce qu'on peut en attendre une amélioration sur le plan écologique je ne le crois pas non plus c'est la raison pour laquelle j'ai voté en faveur de cet accord mais ça n'avait rien d'une évidence c'est un pari je ne prétends pas que ce pari soit gagnant à tous les coups mais je crois quand tous les cas nous devons aller dans la voix maintenant et c'est évidemment ce qui se produira dans l'est dans les discussions à venir d'une politique commerciale qui affirme de façon beaucoup plus radicale cette dimension fondamentale de notre engagement en faveur de l'écologie et de ce point de vue là évidemment les grandes batailles qui sont devant nous vont concerner maintenant le mercosur potentiellement les états unis sur ce sujet là il est très clair que nous sommes opposés à céder à ces accords qui sont en tant que tel en tout cas pour le mercosur dont on dessine l'est dont on devine des contours et je pense que les etats unis se sera là même chose qui me qui nous paraissent être infiniment problématique du point de vue au contraire de la création qu'ils vont opérer des flux supplémentaire entre entre nos régions je termine pas un par un par un dernier mot en disant que là je crois que le débat sera sera passionnant sur sur ces sujets là parce que c'est je suis très très heureux de ce qui a été dit par flaubert c'est aurore la lucas l'instant je pense que nous devons pouvoir aborder ce débat dans l'esprit qui caractérise le travail européen c'est-à-dire dans un esprit constructif avec la volonté non pas de remettre en cause les intentions de nos partenaires mais de chercher à entrer dans le dialogue le plus exigeant possible sur les solutions à mettre en oeuvre pour atteindre le résultat il nous arrive d'être en désaccord sur les moyens on pourrait parler de beaucoup d'autres sujets on peut reparler de questions d'énergie sur lequel j'ai j'ai eu pour ma part beaucoup de d'étonnement devant quelques derniers développements au parlement européen on aura certainement des accords sur sur la question sur les questions agricoles aussi peut-être il ya beaucoup de sujets qui mériteraient de discuter je crois qu en tous les cas on a une chance je le disais c'est de redonner un sens à l'europe à travers ce grand défi c'est peut-être aussi de redonner sa consistance au débat démocratique en ce sens que nous devons pouvoir et je crois que c'est fondamental aussi dans la manière dont la vie politique évolue aujourd'hui nous devons pouvoir retrouver le sens du commun le sens du bien commun c'est un élément fondamental on le voit aujourd'hui peut-être par une forme d'individualisme peut-être par la montée d'une politique très identitaire ou de clivage sociologie très marqué la politique est devenue un lieu de confrontations et d'affrontements parfois très violents au lieu d'être une occasion de discussions de concertations de débats parfois exigeants et souvent contradictoire parce qu'elle est faite de pluralisme et qu'elle est faite de clivage sur cette question de l'écologie si nous avons la certitude que nous partageons le même but alors oui c'est vrai je crois que nous devons pouvoir redonner son sens à la politique à travers l'expérience du débat que cette question va entraîner sur ce qui vient d'être dit d'ailleurs je crois qu'il ya des points d'accord voilà je m'exprime à titre personnel mais qui sont qui sont réelles je crois effectivement que il faut évidemment changer de logiciel je le disais et je pense avoir fait quelques propositions ce soir mais il me semble que sur les questions effectivement sur le rapport que nous avons avec la mondialisation nous avons fait d'immenses erreur j'étais opposé au sénat je les dis ma famille politique s'est divisée sur le sujet mais les députés de droite ont voté presque unanimement contre à l'assemblée nationale tout récemment j'étais opposé au sénat en particulier parce que effectivement ça n'a aucun sens d'imposer des règles de plus en plus compliqués à ceux qui produisent en europe et ensuite de faire venir sur le même marché sans aucune barrière des produits qui ne sont pas développées en suivant les mêmes règles et c'est clair que typiquement vous parliez de la de la filière d'élevage bovin en tuant notre filière bovine ont fait une faute économique majeure en fait aussi une faute écologique dramatique dramatique et je suis totalement d'accord avec vous ça n'a aucun sens de faire venir des milliers de tonnes de boeuf qu'on sait parfaitement produire al'inverse sur la question du vietnam j'y reviens c'est c'est précisément des éleveurs bovins qui sont aujourd'hui en grande difficulté qui nous ont demandé de pouvoir avoir cette cet accord parce que pour eux aujourd'hui le marché est fermé donc c'est un marché sur lequel ça revient à l'alligator que vous évoquiez tout à l'heure qui ne produit pas typiquement sa propre alimentation encore une fois je ne dis pas que c'est pas été une question très compliquée mais je crois que là on était dans une configuration qui n'avaient rien à voir c'est ce qui explique aussi que j'en suis sûr on fera front commun sur le mercosur parce que je pense que là on a vraiment des enjeux qui sont d'ailleurs autrement plus significatif en termes de volumes et sur lesquels évidemment là on a en a un diagnostic et qui est partagé je suis d'accord avec vous aussi sur un autre sujet qui est la question de la planification et on sait qu'on parle ici à des gens qui sont demain conduit à assumer des fonctions d'administration je pense qu'on est dans un moment où on a besoin absolument de retrouver une puissance publique stratège capable d'investir capable je le dis aussi très simplement de chance c'est aussi un des grands défauts de notre gestion politique en europe et en france peut être en particulier capable d'assurer une vente de vision de long terme et une sécurité juridique de dire voilà dans quelle direction nous allons en exemple très simple la la la création de biogaz en france on a poussé les agriculteurs à investir pour pouvoir développer des méthaniseurs on a fixé un prix pour pouvoir leur permettre d'emprunter dans ces dispositifs et un an seulement après le développement de ce dispositif le prix a été révisée à la baisse par la puissance publique a elle même évidemment vous avez des agriculteurs qui sont déjà en difficulté qui sont déjà endettés dans des situations dramatiques à cause de nombreux revirements aussi et qui se retrouvent pris au piège parce que on change de stratégie en cours de route je crois qu'il faut qu'on arrive si on veut être efficace sur ces sujets si on veut recréer la confiance si on veut et je crois que c'est un terme qui a été un pays qui compte beaucoup qui est la question de l'espoir je pense pas du tout qu'il faille nier la réalité de la crainte qu'on a raison d'avoir devant l'enjeu dont on parle mais il faut aussi qu'on puisse effectivement redonner des perspectives et pour ça on a besoin d'avoir une puissance publique stratège qui soit capable de dire voilà où nous pouvons aller ensemble voilà on vous conduit et c'est clair que de ce point de vue là le marché ne suffira pas je crois pas à titre personnel qu'il faille alors ça ce serait un débat qui sans doute nous nous nous opposerait mais je sais pas s'il faut attendre d'avoir changé de modèle je sais pas complètement ce que ça veut dire d'ailleurs pour pouvoir évoluer et je sais pas tellement quel est le modèle alternatif encore une fois le lui l'union vous avez parlé de la planification soviétique c'est clair que le modèle soviétique était pas forcément écologiquement vertueux donc je suis pas sûr qu'il faille absolument attendre que on se rentrait dans un nouveau monde un nouveau modèle pour pouvoir se donner une stratégie il faut partir du réel il faut agir dans le réel mais évidemment aujourd'hui on a besoin d'avoir cette cette capacité stratégique et je pense que l'europe doit prendre aussi ce cap là on a on a eu une europe qui très souvent s'est contenté de d'appliquer des règles c'était nécessaire de le faire mais il faut aussi qu'elle puisse investir qu'elle puisse se donner un cap et je pense que c'est un des grands enjeux du mandat qui vient y compris du point de vue de l'histoire européenne en tant que telle le dernier point sur lequel je serai absolument d'accord avec ce qui vient des 10 et je crois que nous avons besoin si nous voulons que la transition écologique fonctionne nous avons absolument besoin qu'elles soient justes et cette dimension de justice ali fondamentale moi je vois encore une fois je les ai vus pendant six mois de campagne partout en france le sentiment de révolte qui averses la société c'est un sentiment de révolte devant cette injustice qui croient vous avez évoqué la concentration des richesses en tous les cas il ya des écarts de richesse n'avait jamais connu auparavant moi je ne crois pas je pense que la droite là aussi a longtemps fait erreur en croyant qu'elle était le camp qui défendent est uniquement l'entreprise privée et les profits économiques ou l'efficacité de marché peut-être que c'est l'un des effets sans doute dû de l'irruption du marxisme dans le champ magnétique de la vie politique qui fait qu'au fond on a été longtemps à l'est ou à l'ouest du mur de berlin et que si on était à l'ouest du mur de berlin on défende l entreprise privée mais ça devrait pas être l'alpha et l'oméga de la droite là est la grande question de la delà de la politique n'est pas n'est pas de défendre les riches contre les pauvres ce serait complètement aberrante je pense qu'on a besoin absolument de cette justice et je crois que de ce que je disais tout à l'heure sur la mondialisation qu'on fait partie aussi de cette dimension là beaucoup d'européens de producteurs européens de d'artisans d'ouvriers d'agriculteurs ont le sentiment d'être confrontés à une forme d'injustice parce que on leur impose en effet des règles qui sont extrêmement compliquées mais qu'ensuite on fait rentrer dans le même marché des produits qui ne se king qui n'ont pas du tout va subir les mêmes ray que ce qu'on leur avait infligé et là il ya un sentiment d'injustice qui est très profond qui fait partie aussi du problème et je pense que c'est à ça qu'il faut qu'on arrive à répondre sur la question de l'énergie non pardon j'ai été très elliptique et un peu rapide mais faisait allusion à ce sur quoi je suis revenu juste après c'est là c'est la question de notre stratégie énergétique dans la perspective de de la lutte contre le réchauffement climatique je disais au fait je faisais allusion à cette question parce que je disais que ce qui me frappe c'est que lorsque nous entrons sur le terrain des moyens pour le coup nous pouvons être en désaccord et que j ai le sentiment que le débat n'est pas toujours très rationnel il ya eu tout ce débat au tout début du mandat notamment entre nos groupes sur la question de savoir quelle devait être le pourcentage de réduction des émissions de gaz à effet de serre le carbone ça m'a beaucoup frappé parce qu'il ya eu des négociations longues et âpres savoir s'il fallait réduire de 50 % de 60% de 55% et moi je découvrais le parlement européen et ça me paraissait être un peu des débats byzantins au sens où en fait vous mettre d'accord sur le chiffre que vous voulez la vraie question c'est quelles sont les moyens que vous mettez en oeuvre pour parvenir à un objectif on était un peu dans la situation d'un ministre de l'intérieur qui arrivera en fonction en disant je vais faire pour reprendre votre exemple je vais faire baisser le nombre d'homicides de 50% mais la vraie question qui se pose c'est comment est-ce que vous développez par une politique de prévention par une politique pénale par une politique de justice efficace comment est-ce que vous développez les moyens de faire baisser le nombre d'homicides dans votre pays la vraie question politique c'est celle des moyens est pas tant celle d'une discussion interminable sur le sur le but visé est là il me semble que du point de vue des moyens effectivement il ya quelque chose qui pourrait paraître parfois contradictoires et notamment sur le terrain de l'énergie ce serait sans doute un débat très brûlant et je m'en veux de l'ouvrir ce soir mais votre question me pousse la semaine lors d'une session précédente de strasbourg nous avons voté une résolution sur l'urgence l'état d'urgence climatique ça a été un débat important on a voté cette résolution j'ai voté en faveur de cette résolution bien sûr sur l'état d'urgence climatique et la même semaine dans une autre résolution avait été introduit un amendement qui appelait à fermer le plus rapidement possible to find out as soon as possible toute l'ailé toutes les centrales nucléaires en europe et est là il ya quelque chose qui me paraissait effectivement un peu contradictoire et j'utilisais cet exemple comme comme un exemple de mon étonnement devant la question des delà de la rationalité de nos choix et je suis pas du tout un idéologue du nucléaire je pense que si on trouve des solutions alternatives il faut évidemment les développe et qu'il faut continuer la recherche que le nucléaire pose des problèmes de sécurité posent des problèmes de déchets qui sont réelles je ne mets pas de lien particulier avec l'industrie nucléaire aucun je suis professeur de philosophie donc vous voyez je suis très éloigné de ces questions mais il me semble que quand on est dans une situation d'urgence climatique et que vous avez de toute façon besoin aujourd'hui en d'énergie qui existe parce que votre système est ce qu'il est votre modèle il est ce qu'il est c'est très difficile de tirer une balle dans le pied d'un des moyens qui vous permet aujourd'hui de produire de l'énergie sans émettre de carbone ça pose encore une fois des problèmes très réelle mais si vraiment nous sommes dans un état d'urgence climatique ce que je crois profondément alors dans ce cas donnons nous les moyens de répondre dans cette urgence avec ce dont nous disposons à la crise que nous traversons et j'utilisais juste cet exemple comme comme un cadeau d'un d'un anneau désaccord possible c'est certain mais aussi qu'à d'étonnement pour moi et j'ai une forme mon inquiétude avis personnel je le dis très simplement c'est que nous nous nous restions dans ces débats là sur le terrain de l'émotion sur la question du climat sur la question de l'écologie cette émotion elle est légitime mais notre travail à nous comme parlementaire je crois comme responsable politique c'est d'essayer d'apporter des réponses rationnelles à cette émotion qui s'expriment sinon sur bien des sujets notre grand risque c'est d'aboutir qu'une fois aux conséquences exactement inverse de celle que nous espérions et certains de nos voisins européens sur cette question précise non plus parfois le montrer sur la question de la de la pac je suis vraiment pas un spécialiste de la pac donc je ne m'aventurerai pas trop sur ce terrain je vois qu'il ya évidemment aujourd'hui un moment décisif pour faire en sorte que la pac évolué et qu'elle accompagne la transition écologique là vous aviez tout à fait raison de dire tout à l'heure que le sujet n'est pas de faire de l'écologie une politique spécifique mais qu'il faut que l'écologie soit vraiment aujourd'hui et notamment la transition écologique soit là soit là vraiment la matrice de nos politiques sur la pac je pense ça doit être vraiment fondamental là encore n'oublions pas cependant un élément qui me paraît essentiel encore une fois je rends je ne rentre pas dans le détail puisque j'en suis pas du tout un spécialiste mais je crois qu'il ya un élément essentiel qu'il ne faut pas perdre de vue c'est que je le redis nous avons aujourd'hui en europe l'agriculture qui est de tous les modes de production celles qui supportent légitimement les normes les plus les plus exigeantes il faut continuer dans cette voie il faut maintenir cette exigence c'est une certitude mais je le dis très simplement tout ce que nous ferons contre l'agriculture européenne nous le ferons aussi contre une agriculture écologiquement responsable nous le ferons contre l'écologie et je pense qu'il faut accompagner l'agriculture dans sa transition et il faut être très vigilant dans un secteur qui est extrêmement fragilisée parce que si nous finissons de d'achever ce secteur déjà très attention et bien nous nous risquons aussi de de commettre une vraie erreur non pas seulement du point de vue de l'économie du point de vue des territoires du point de vue de notre tissu social mais nous ferions aussi une erreur du point de vue de l'écologie le site est tout à l'heure cet exemple du 10 mai date mais c'est un exemple parmi mille autres de cette espèce de myopie par laquelle nous avons fragiliser notre agriculture en ne considérant pas assez l'ouverture du marché qui produit des effets sur nos propres secteurs de production le dernier point ces caisses qui produit la conscience écologique alors il ya deux questions sur ce sur ce sujet et ce qu'il nous faudrait une immense catastrophe mais je pense que à bien des égards elle est déjà là c'est pas seulement d'ailleurs la question du climat vous l'avais dit dans un un discours que j'ai qui m'a beaucoup marqué justement sur le sur le green deal à la mini plénière de bruxelles quand il avait été présenté vous l'avez dit d'ailleurs et je suis entièrement d'accord avec ce que vous disiez dans ce moment là la question n'est pas seulement celle du climat la question c'est celle de la biodiversité dans son ensemble remplacer des abeilles par des pollinisateurs ce serait perdre beaucoup de la beauté du monde ce serait perdre aussi de ses grands équilibres très complexe que nous ne maîtrisons pas et la technique ne sera pas remplacé la complexité de cette biodiversité de cette biosphère je pense que nous avons de ce point de vue là déjà sous nos yeux une catastrophe en cours la disparition des insectes la disparition des abeilles la disparition dans beaucoup de secteurs de la biodiversité moi je suis dans la commission de de la pêche également et on le voit très bien sur les sur les dents dans l'est dans les océans l'impact de l'évolution du climat déjà visibles et au delà de la question climatique l'impact de une activité humaine déraisonnée sur la biodiversité elle est aussi manifesté donc on n'a pas forcément besoin d'attendre la catastrophe et je pense que c'est pascal qui dit dans les pensées que seuls ceux qui croient voix des miracles si vous attendez de voir des miracles pour vous mettre à corps en dieu dit pascal en substance pouvait attendre très longtemps parce que il faut avoir la foi pour pouvoir voir les miracles qui sont en train de s'opérer mais c'est un peu pareil sur la question de la crise écologique je pense que il faut avoir ce prisme d'analystes pour se rendre compte que quelque chose est en train de se passer ceux qui ne veulent pas voir continueront de ne pas voir mais la vérité c'est que par bien des aspects là la transformation de notre de notre environnement et est en cours qu'est-ce qui produit maintenant la conscience écologique moi je dirais que la chance qu'on a aujourd'hui c'est que j'ai le sentiment qu'elle traverse déjà toute la société de façon assez forte ça ne veut pas dire que nos pratiques évoluent les de ce point de vue là il me semble que la politique doit jouer son rôle pour faire en sorte que les comportements se transforme on ne peut pas seulement attendre que les consommateurs changent leur mode de consommation je crois pas qu'on puisse entièrement faire reposer sur la responsabilité individuelle la nécessité de ce changement profond dont nous avons besoin ce changement structurel pour pouvoir préserver notre notre environnement et c'est la raison pour laquelle effectivement je pense que dans dans notre rapport au monde qui se dessine et je leur dis cela je crois que dans son rapport à la mondialisation l'europe a un rôle très important à jouer je crois que le défi est dans l'esprit de tous il me semble que nous savons aujourd'hui c'est je crois très important ce que ce que disait hors tout à l'heure sur le fait qu' un enjeu fondamental c'est que nous arrivions à faire comprendre que l'enjeu c'est l'avenir de la condition humaine d'une certaine manière la question n'est pas seulement de sauver la nature en tant que tel même si nous avons aussi d'ailleurs hannah arendt avait été l'une des premières à le penser nous avons une responsabilité envers la nature en tant que fin en tant que finalité non pas la nature seulement en tant que moyen de notre survie mais en tant que finalité en soi je le crois profondément mais il y a aussi une responsabilité fondamentale envers la condition humaine elle-même je me permets de dire aussi par parenthèse que je crois que cette responsabilité pour faire en sorte que la vie humaine sur terre reste possible elle se joue aussi dans le rapport que nous aurons et ce sera une très grande question politique avec nos propres corps la question n'est pas seulement celle de l'environnement mais l'un des grands défis politiques de demain c'est la question de notre rapport à la finitude de nos corps vous parliez des limites et moi je crois profondément à ça et je crois que vous évoquiez tout à l'heure de fait j'ai pas été impliqué dans la création de sens commun mais oui j'ai été très impliqué je le suis toujours sur les grands débats qui ont lieu par exemple en france aujourd'hui sur la loi de bioéthique je crois que sur les questions de bioéthique nous avons aussi à faire entendre une voix authentiquement écologiques si nous croyons que l'humanité doit survivre si nous croyons comme le dit anzio naissent en 1974 est dans le principe responsabilité que l'humanité n'a pas droit au suicide alors nous devons aussi reconnaître que il y aurait deux manières pour l'humanité de se détruire la première manière ce serait en rendant les conditions de sa survie impossible la deuxième manière ce serait en se transformant elle-même au point qu'elle ne serait plus tout à fait humaine et je crois que sur la question de notre rapport à la technique à la technologie à la techno science la question de ce nouveau darwinisme qui pourrait bien provenir demain derrière le visage du transhumanisme de ces grandes entreprises de la silicon valley qui voit la démarche extraordinaire a fait pour leurs nouveaux profits sur la question de notre rapport aux limites et à la finitude de la condition humaine nous avons besoin d'une écologie cohérente je le dis parce que je sais que c'est un sujet compliqué c'est un sujet qui aujourd'hui clive mais je pense que nous avons besoin de cette cohérence trop longtemps peut-être la droite a était incohérente en ne prenant pas assez en compte la nécessité de l'écologie environnementale et j'espère que sur ces questions de bioéthique qui sont des questions politiques fondamentales pour notre avenir nous aurons une vision écologique cohérente venant de toutes les sensibilités pour pouvoir dire que si l'humanité mérite de continuer à vivre et bien c'est aussi en acceptant qu'elle est faite de ces limites qui importe d'être respectées je pense que sur cette question de la conscience écologique c'est un enjeu majeur nous ne devons pas attendre que la catastrophe se produise pour pouvoir réaliser les conséquences de nos erreurs nous l'avons fait trop longtemps sur le terrain de l'environnement j'espère que lorsque la nouvelle frontière sera nos propres records et nos propres vies nous saurons réagir à temps