Bolloré publie son « Manifeste » pour inspirer l’extrême droite
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Chapitres
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Questions et réponses
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- 1:18OuverteRéponse partielle
En quoi ce club de réflexion est-il un danger ?
- 5:20OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ce club de réflexion a de nouveau par rapport à l'élection présidentielle précédente ?
- 6:40OuverteRéponse partielle
C'est quoi exactement le danger avec ce club de réflexion par rapport à ce qu'il a déjà fait aujourd'hui ?
- 14:29OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que ça dit du retour de Jean-Marc Morandini et Sébastien Coët dans les médias ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:24PrésentateurFait
« la volonté d'abaisser considérablement les dépenses publiques, une réduction drastique de l'immigration, l'abrogation du recours à l'avortement que nous avons fait entrer dans la Constitution en 2025 »
- 0:39PrésentateurFait
« comme les cérémonies de levée de drapeau et le retour de l'uniforme à l'école »
- 1:59PrésentateurFait
« ce club de réflexion se focalise clairement autour des thématiques d'extrême droite »
- 2:40PrésentateurFait
« il produit maintenant un programme politique »
- 4:42PrésentateurFait
« il y avait l'idée de faire la levée des drapeaux dans les écoles »
- 5:07PrésentateurFait
« Vincent Molloré est le parfait exemple de la jonction entre les intérêts du grand capital et de l'extrême droite »
- 8:59PrésentateurFait
« il y a des ponts avec l'ERN, il y a des mesures communes, il y a aussi des ponts avec Eric Zeman »
- 15:19PrésentateurFait
« la grande grève de Itélé en 2016, elle a démarré parce qu'il y avait Morandini à l'antenne et que Morandini était accusé justement de VSS déjà à l'époque »
- 17:31PrésentateurFait
« il y a une forme d'hypocrisie de Vincent Bolloré ou en tout cas, un Janus, il a vraiment deux visages »
- 18:46PrésentateurFait
« il est pour l'arrêt des subventions au planning familial »
Temps de parole
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Le milliardaire Vincent Bolloré a monté un club de réflexion, un sing-sang comme on dit, pour imposer ses termes de prédilection et soutenir ses candidats dans la campagne de l'élection présidentielle. Créé l'an dernier, cet institut de l'espérance, qui se veut d'inspiration chrétienne et conservatrice, a produit un texte de 36 pages et sans proposition sur des thématiques chères à l'extrême droite.
La
volonté d'abaisser considérablement les dépenses publiques, une réduction drastique de l'immigration, l'abrogation du recours à l'avortement que nous avons fait entrer dans la Constitution en 2025 et des mesures plus folkloriques dans l'âme, mais qui fleurbonnent le pétainisme, comme les cérémonies de levée de drapeau et le retour de l'uniforme à l'école.
Quand
un homme puissant comme Vincent Bolloré prend la peine de s'investir à ce point dans le débat public, c'est inquiétant, parce qu'il est à la tête d'un empire médiatique qui pèse lourd, de CNews à Canal+, du JDD à Europe 1 et des titres de presse qu'il empile frénétiquement depuis des années.
Parce
qu'avec le groupe Canal+, aussi, il est un des plus gros financeurs du cinéma français et qu'avec ses maisons d'édition et les fameux relais dans les gares, il peut à la fois créer et propager les idées d'épurance de façon très large.
Je
suis Caroline Constant du service Culture de l'Humanité et je suis avec Bruno Ritt du service politique. Bruno, première question, en quoi ce club de réflexion est-il un danger
?
Alors, c'est un danger déjà parce que Vincent Bolloré n'est pas tout seul sur ce créneau, puisqu'il y avait déjà Pierre-Edouard Sterrin avec le projet Périclès, dont l'Humanité avait révélé, qui avait déjà ce milliardaire français qui est expatrié en Belgique et qui avait déjà pour ambition de soutenir l'extrême droite dans sa conquête du pouvoir. Donc finalement, Vincent Bolloré arrive derrière Pierre-Edouard Sterrin avec exactement le même projet, puisque en soi, créer un club de réflexion, bon, ce n
'est
pas un danger, alors certes, ça peut toujours être un peu énervant, puisque ce club de réflexion se focalise clairement autour des thématiques d'extrême droite. Mais là, en fait, ce que révèle le livre enquête « La droite de Dieu, Vincent Bolloré, un milliardaire en mission », qui est écrit par deux journalistes de l'Obs, avec ce manifeste, en fait, c'est un véritable programme politique qui est proposé par Vincent Bolloré et son club de réflexion. Ça fait dix ans que Vincent Bolloré met sa fortune au service de la bataille culturelle, c'est de la métapolitique, c'est-à-dire que l'idée,
c
'est finalement d'aller dans les espaces qu'on considère comme non-politiques, donc ça va être les événements festifs, la culture, etc., pour essayer de façonner un peu les mentalités, pour faire pénétrer le discours d'extrême droite au sein de la société. Là, en fait, il passe à l'étape d'après, parce qu'il produit maintenant un programme politique. L'idée, c'est presque, finalement, de fournir un programme politique aux différentes têtes de pont de l'extrême droite française pour réaliser son fantasme d'une France plus chrétienne, plus identitaire, moins mélangée.
Et donc, c'est dangereux parce que, déjà, Vincent Bolloré, au même titre que Pierre-Edouard Stéhérin, même plus, puisqu'il a plus de revenus, c'est quelqu'un qui a beaucoup d'argent, qui a aujourd'hui, qui s'est forgé en dix ans, un empire médiatique énorme, et finalement, qui a créé une forme de dépendance avec certains responsables politiques, parce qu'ils viennent tous le voir les uns après les autres, pour essayer un peu d'avoir son soutien, ou en tout cas, sa non-agression. Ça a été le cas pendant très longtemps d'Emmanuel Macron, qui, finalement, espérait ne pas être trop attaqué par Vincent Bolloré.
Et puis, finalement, les choses ont un peu évolué à partir du moment où l'État français a décidé d'expulser la protégée de Vincent Bolloré pour ses positions plus que... de propagande par la France. Donc, c'est dangereux, parce que, finalement, Vincent Bolloré, aujourd'hui, ne se limite plus à la bataille culturelle, qui était déjà un élément assez important, et qui a quand même modifié énormément le paysage médiatique français en une dizaine d'années, avec les journaux, avec ses télés, ses radios, les maisons d'édition, qui donnaient quand même une assise sur la production intellectuelle, journalistique, quand même très puissante.
Maintenant, ce que nous révèlent nos confrères de l'Ouble, c'est que c'est plus simplement une bataille culturelle, c'est aussi une bataille politique concrète, avec un manifeste. Tu l'as dit, c'est un manifeste qui a été donné à des convives lors d'un événement dans ce cercle de réflexion. Donc, c'est 36 pages, une centaine de propositions très concrètes, très précises. Et d'ailleurs,
c
'est sûrement une coïncidence,
je
n'ai pas d'élément pour dire qu'il y
a
un lien direct. Mais tu as cité que dans ce manifeste,
il
y avait l'idée de faire la levée des drapeaux dans les
écoles.
Et on voit qu'Éric Ciotti a proposé exactement cette mesure. Donc, on voit que finalement, il y a quand même... Voilà, ça énerve un peu le champ de l'extrême droite. Et surtout, à l'approche de la présidentielle, on voit bien qu'à la fois l'extrême droite, mais aussi le capital, et finalement, Vincent Molloré, est le parfait exemple de la jonction entre les intérêts du grand capital et de l'extrême droite, a décidé de se mettre en ordre de bataille pour peser sur l'avenir de la France.
Et
c'est quoi la différence avec l'élection présidentielle précédente, où il avait quand même mis ses antennes à la disposition d'Éric Zemmour,
en
fait, qu
'il
avait beaucoup soutenu. Au dernier municipal, il a beaucoup soutenu Sarah Knafo, dont il vient de publier le dernier bouquin chez Fayard. Qu'est-ce que ce club de réflexion, dont même le titre, cet institut de l'espérance, fleurbons encore une fois l'extrême droite, qu'est-ce que ça a de nouveau, en fait ?
– C'est un pas de plus. – Parce
que, je vais dire, y compris le CNews européen, les médias Bolloré aujourd'hui, mais demain, la culture qui sera fabriquée par Bolloré, dont on a une petite idée, quand on passe devant un relais aujourd'hui, on voit bien que les bouquins qui sont mis en avant, c'est rarement des bouquins de gauche, on va dire, il
y a quand même
un prisme de ce côté-là. Donc cette bataille culturelle, il y est déjà engagée depuis un moment. Il y a ce qu'il a déclaré, enfin, de ce que ses sbires ont déclaré sur le cinéma aussi, et on sait qu'il va couper le robinet à un certain nombre d'artistes,
parce
que c'est exactement ce qu'il a fait dans les médias quand il y
a
eu contestation. C'est quoi exactement le danger avec ce truc-là, par rapport à ce qu'il déjà fait aujourd'hui ? – En fait, c'est un pas de plus, c
'est
-à
-dire
que
c'est
une continuité.
C
'est-à-dire qu'en fait, il a commencé par cette bataille culturelle et maintenant, il la concrétise par un programme politique. Et donc, effectivement, il avait déjà commencé à soutenir, effectivement, Éric Zemmour en 2022. Sarah Knafo, il l'a largement soutenu pendant les municipales, notamment à travers le JDD, le JD News et toutes ses déclinaisons, puisqu'elle a eu le droit à plusieurs unes pour la soutenir dans sa tentative de conquête de Paris. Et donc, en fait, c'est un pas de plus. C'est presque, en fait, une manière... C'est des tabous qui sautent, en fait.
Parce que jusqu'à présent, c'est pas nouveau que des grandes fortunes décident de soutenir directement ou indirectement des candidats. Ça se faisait de manière plus discrète. Là, maintenant, c'est affiché que Vincent Molloré veut avoir un rôle de plus en plus important dans le destin de la France, notamment en produisant maintenant un programme politique. C'est-à-dire qu'on ne se contente pas simplement de créer, on va dire, un environnement médiatique qui permettrait à les différentes chapelles d'extrême-droite d'exister, de réussir à passer à la télé. Parce que c'était dans les différents plafonds de verre de l'extrême-droite, des personnalités d'extrême-droite il y
a
encore une dizaine d'années.
C
'était ça. C'était finalement la possibilité de déverser sa propagande sur les ondes, à la radio, à la télé, dans les journaux. Bon, finalement, Vincent Molloré a créé un écosystème médiatique favorable à ça puisque maintenant, ils ont leur ronde-serviette dans toute la Bolloré-Sphère. Et maintenant, il passe à l'étape d'après. C'est-à-dire qu'il a un programme poétique et il n'attend plus qu'une chose, c'est de trouver le ou la candidate parfaite. Alors, ils avaient, et à un moment donné, c'est ce que nous expliquent les journalistes de Jobs, en fait, il avait grand espoir avec Jordan Bardella qui collait très, très bien à ce qu'il voulait, c'est-à-dire un identitaire très libéral.
Donc, apparemment, il aurait été un peu plus refroidi par la candidature de Marine Le Pen.
Il
ne l'estime pas énormément. Dans différents portraits qui ont pu sortir sur lui, on sait qu'il ne
l
'estime pas énormément. Et en même temps, quand on regarde effectivement les différentes mesures que préconise Vincent Molloré, et bien, finalement, il y a des ponts avec l'ERN, il y a des mesures communes,
il
y
a
aussi des ponts avec Eric Zeman. Donc, voilà. Donc, lui, vraiment, l'idée, c'est un pas de plus, un pas de plus et finalement, sans tabou, c'est-à-dire sans retenu. C'est-à-dire qu'il y a 10 ans, il n'aurait pas osé. Aujourd'hui, il se sent tout à fait libre de le faire. Alors, j'aurais tendance à dire, il y a 10 ans, Sarkozy le faisait entrer au conseil d'administration de Lagardère, en fait, qui était en difficulté. Entre-temps, il a fait du chemin, mais c'est aussi, si on parle de responsabilité politique, il y a aussi l'ombre de Sarkozy derrière
tout ça, en fait.
Et ce n
'est
pas complètement anodin avec ce que tu dis. Parce que là, quand on voit les gens qui sont dans son club de réflexion, là, il y a la ministre de l'Agriculture
qui
est une LR, en fait, à la base. Même si elle a dû renoncer à ses responsabilités au sein de son parti parce qu'elle a choisi de rester au gouvernement, mais
à
la base, elle est LR. Il a annoncé devant la commission sur l'audiovisuel public de Charles Aloncle, donc un sciotiste dont tu parlais, qu'il était en train de faire ce think-sang.
Et
voilà, il allait... On a quand même le sentiment dans le club de réflexion, il y a des tas de noms, en fait, qui sont des noms de gens de droite, voire du centre. On a le sentiment qu'il essaye de draguer et qu'il y arrive, en fait, qu'il y
a
une extrémisation de la droite. C 'était dans le projet politique depuis le départ. En fait, il y a deux éléments de réponse. Le premier, en fait, et c'est tous les portraits qui racontent ça, c'est qu'en fait, il y a dix ans, Vincent Molleray était focalisé sur la question de son empire, de sa fortune
et
de sa succession. Et qu'en fait, en dix ans, il a complètement ouvrillé et que, finalement, même la question de la postérité et de sa succession est vraiment secondaire. Et aujourd'hui, il a un objectif, et c'est pour ça qu'il est d'ailleurs plus séduit par une Sarah Knafo que par une Marine Le Pen, c'est de pousser à l'union de la droite et de l'extrême droite. C'est vraiment son objectif politique. C'est pour ça qu'une figure aussi comme Jordan Bardella, qui est plus libérale et qui, du coup, pouvait séduire peut-être plus facilement une partie de la droite, avait plutôt sa préférence. Sarah Knafo, elle défend cette union de la droite et l'extrême droite.
Et lui, c'est vraiment son objectif. Il a vraiment... On est passé d'un milliardaire qui était focalisé sur sa fortune, sur ses affaires, à quelqu'un qui, finalement, a décidé de mettre tout son argent au service de son idéologie. et il y a vraiment une évolution assez importante et qui est racontée dans les différents portraits qu'on peut voir. Donc, c'est assez intéressant et au même temps inquiétant parce que, comme je l
'ai
déjà dit, il y avait déjà un Pierre-Edouard Sterrin qui était sorti du bois et qui
a... Même là,
on est sur d'autres dimensions.
Et puis surtout, maintenant, ils sont deux. Ils sont deux. C
'est-à-dire que, déjà, un, Pierre-Edouard Sterrin a effrayé pas mal de rédactions quand il a essayé de les racheter ou quand il s
'est
approché d'elles, maintenant, on a un Bolloré qui, finalement,
Il les a déjà
et il assume le même objectif que Pierre-Edouard Sterrin. C'est-à
-dire
vraiment peser concrètement sur la politique française et porter l'extrême droite au pouvoir. Dans le fait de mélanger cette droite et cette extrême droite, il y a quelque chose qui relève du projet mais qui est très récent, en fait, sur le coup, parce que, comme tu le disais, il y a 10 ans, en fait, il était sur autre chose. Mais il
y a
10 ans, en même temps, il se servait déjà de ces médias. Il y a quand même eu quelque chose d'assez instantané dans la transformation de ITV en CNews.
Il y a
quand même eu quelque chose de... On est monté dans la violence des propos. On est monté dans la violence. On s'est habitué à cette violence, à cette instrumentalisation du fait divers, cette instrumentalisation de thèmes comme l'immigration, l'islam qui sont... C'est devenu quelque chose qui fait quasiment partie de la vie.
Et
ils ont... Dans les médias, en fait, ça a déverrouillé un petit peu aussi le langage et ça a aussi fait tomber des barrières morales sur le sujet, notamment sur le sujet du racisme. Il y a des choses tous les jours qui sont tenues qui tombent sous le coup de la loi et qui ne sont pas punies en vérité. Mais d'ailleurs, c'était même son objectif.
C
'est pour ça qu'au départ,
je
disais, ça faisait 10 ans progressivement qu'ils menaient la bataille culturelle. Et la bataille culturelle, c'est exactement ça. C'est
-à
-dire que c'est finalement influé sur des espaces qui sont politiques mais qui ne sont pas des partis politiques. Donc ça va être les médias, ça va être la culture, la production culturelle, etc. Pour que peu à peu, pour peu à peu la modeler et faire entrer des thématiques, des mots, aussi des responsables politiques d'extrême droite. Et peu à peu, finalement, il a mené cette bataille culturelle pendant une dizaine d'années en l'accélérant, d'ailleurs, ces dernières années. Et maintenant, il passe à une étape d'après qui est le programme politique. Il ne manque plus qu'un candidat.
Il
y a une question qui n
'a
pas l'air comme ça de toucher à la même chose mais je pense que sur le fond,
peut
-être un petit peu si. Mais là, en cette rentrée, on a le retour de Jean-Marc Morandini qui a été condamné pour des violences sexuelles sur des jeunes garçons, mineurs et pas. Et il y a le retour de Sébastien Coët dans une quotidienne sur Europe 1 alors qu'il est accusé de viol. Qu'est-ce que ça dit, ça aussi, dans la période qu
'on
traverse quand même où il y a, comme on a pu le voir avec Bruel, il y a quand même une offensive féministe pour faire cesser ces représentations et ces figures-là en fait de masculinité plus que toxique dans les médias et dans la culture. Qu'est-ce que ça dit en fait de l'homme le fait qu'il soit à ce point dans la défense ? Je rappelle que la grande grève de Itélé en 2016, elle a démarré parce qu'il y avait Morandini à l'antenne et que Morandini était accusé justement de VSS déjà à l'époque. Ça dit deux choses. Je pense que la première chose et c'est ce qui ressort de beaucoup de portraits qui lui ont été consacrés, c'est que c'est quelqu'un qui est, comment dire, c
'est
un peu jeanus, c'est-à-dire que c'est à la fois quelqu'un qui se présente en bon chrétien, qui va tous les dimanches à la messe pour qui en fait la question du catholicisme est très importante et en même temps qui a une vie privée très dissolue. Et en fait, c'est peut-être la très bonne diminution de ce que c'est qu'un catholique identitaire, c'est-à-dire que la religion en tant que telle, le message religieux en tant que tel importe peu. Je veux dire, je ne
suis
pas sûr que Vincent Molloré s'intéresse énormément aux évangiles et à la parole du Christ. En revanche, ce qui leur importe, c'est le rôle social que peut avoir la religion en tant qu'organisation humaine, notamment pour contrôler les individus, etc. Et pour eux, c'est un facteur de stabilité. Donc, c'est plutôt ça. L'autre élément aussi qui joue, je pense, c'est que, comme toutes les personnes d'extrême droite, Vincent Molloré est en croisade contre ce qu'il appelle les wokistes. Donc, potentiellement, je pense qu'il refuse de céder justement aux demandes de
féministes. pour viol.
Effectivement, notamment parce que ces dénonciations viennent beaucoup de la gauche, mais pas qu'eux, mais viennent beaucoup de la gauche. Et donc, pour lui, peut-être dans sa tête, je ne suis pas dans sa tête, je rassure tout le monde,
je
ne réfléchis pas comme lui, mais je peux imaginer qu'il se dit que je tiens bon face aux féministes. Ceci dit, ça en dit long aussi sur cette hypocrisie, effectivement, sur ces questions de mœurs parce que d'un côté, on se présente comme un homme de foi, très soucieux de la moralité et en même temps, on soutient des gens qui ont totalement enfreinté la loi et les questions.
Il
y
a
des crimes, en fait. Exactement. Et donc, il y a une forme d'hypocrisie de Vincent Bolloré ou en tout cas, un Janus, il a vraiment deux visages. D'un côté, il veut se présenter en bon catholique qui va à la messe tous les dimanches et en même temps, il explique à ses amis que l'un de ses grands problèmes, c'est qu'il n'arrive pas à résister aux femmes et donc, il multiplie les aventures.
C
'est ce qui traverse tous ses portraits. Mais il y a surtout, avant tout, le fait qu'il faut le recadrer poétiquement, c'est que c'est un homme d'extrême droite et donc, effectivement, pour lui, c'est des wokistes. C'est impossible dans sa tête. Donc, mieux vaut soutenir des personnes qui ont commis des crimes plutôt que de céder à la gauche wokiste, etc. Ça va avec l'abolition du droit à
l
'avortement, en fait, aussi.
Absolument. Sur
les questions qui concernent la vie et la santé des femmes, on est quand même...
C'est
ça. C'est
-à
-dire que lui, d'ailleurs, dans son manifeste, dans ce programme politique de son proposition, parmi les propositions, il
y a
la suppression du délit d'entrave dans les lois concernant la vie. Il veut notamment interdire aux associations... Non, pardon. C'est les dispositifs légaux qui interdisent aux associations pro-vie de faire pression. Donc, lui, il voudrait permettre... Comme
un américain.
Exactement. Et surtout, il est pour l'arrêt des subventions au planning familial. Donc, voilà. Bon, ça, c'est les marottes de l'extrême droite classique, catholique. Mais on voit bien que la religion est un prétexte. C'est-à
-dire
que c'est moins le message religieux des évangiles qui intéresse Vincent Molleray que vraiment l'usage et la vision qu'il a du rôle social que doit avoir la religion en France.
D
'accord. Face à un empire, une pieuvre comme Molleray, qu'est-ce qu'on a comme recours pour pouvoir le contrer ? Moi, d'un point de vue journalistique, tout l'enjeu de Molleray, mais pas que lui, c'est d'utiliser les médias pour créer une vérité alternative. Donc, nous, en tant que journaliste,
je
pense que c'est de continuer à ce qu
'on
fait à l'humanité et dans d'autres médias indépendants. C'est d'essayer de continuer à travailler, à raconter la réalité et à se battre pied à pied sur la question des faits et de la réalité.
C
'est tout l'enjeu, puisque lui, il a créé une grande machine un peu orwellienne pour renverser la réalité et finalement pour la rendre complètement illisible. C'est tout l'enjeu de Vincent Molleray. Donc, en face, la réponse journalistique,
c
'est de continuer à faire notre métier du mieux qu
'on
peut et pour les consommateurs d'informations, de soutenir les médias indépendants qui vont être de plus en plus importants, surtout dans un système médiatique de plus en plus verrouillé. Voilà, donc,
peut
-être avoir à un moment donné une loi aussi sur la concentration des médias et sur le fait que ce n
'est
pas possible de posséder comme ça tout un pan de la vie culturelle et médiatique dans ce pays. Voilà. Bruno, merci. Merci à toi. Je t'en prie. Au revoir.