SÉBASTIEN CHENU est face à BENJAMIN DUHAMEL sur FRANCE INTER !
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- 0:02OuverteÉludée
Être avec nous ce matin sur France Inter, près de 48 heures après la publication par Mediapart d'une enquête attribuant des écrits antisémites à Jordan Bardella datant de 2013.
- 2:16RelanceÉludée
Quand bien même des documents authentifiés seraient publiés, est-ce que Jordan Bardella pourra rester président du RN, futur Premier ministre de Marine Le Pen ?
- 3:41OuverteRéponse partielle
Je voudrais essayer de comprendre qui peut être derrière ces révélations, puisque vous parlez d'une barbouzerie.
- 4:51OuverteRéponse partielle
Encore un point sur les arguments que vous opposez à Mediapart : la proximité idéologique entre Jordan Bardella et Alain Soral.
- 7:20OuverteRéponse directe
Si vous étiez au pouvoir, comment est-ce que vous géreriez cette crise des blocages de lycées ?
- 9:47FerméeRéponse directe
Est-ce qu'il pourrait être ministre des Affaires étrangères d'un gouvernement RN ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:39Invité politiqueFait
« Il y a évidemment dans cette manipulation un peu lourdingue de Mediapart, un écueil pour Mediapart, c'est où Mediapart manipule l'opinion publique. »
- 1:15Invité politiquePromesse
« Jordan Bardella a annoncé que tout ça se terminerait devant les tribunaux. »
- 1:46Invité politiqueFait
« Ils ont considéré, en relayant des déclarations disant que c'était de la résistance, que le Hamas était de la résistance. »
- 4:27Invité politiqueFait
« Marine Le Pen a viré un certain nombre de personnes en 2011, à son élection à la tête du Front National à l'époque, puis du Rassemblement National ensuite. »
- 7:42Invité politiqueFait
« Moi, je veux condamner la violence. Et notamment, l'instrumentalisation de cette violence par la France insoumise. »
- 9:13Invité politiquePromesse
« Nous, on a une proposition qui est d'augmenter leur rémunération de 3% par an, c'est-à-dire 15% sur 5 ans. »
Temps de parole
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- ?6 %
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Bonjour Sébastien Chenu,
merci
d
'être avec nous ce matin sur France Inter, près de 48 heures après la publication par Mediapart d'une enquête attribuant des écrits antisémites à Jordan Bardella datant de 2013. Je rappelle que le président du RN a démenti formellement, a dénoncé des faux, une barbouserie et a annoncé porter plainte pour diffamation contre Mediapart. Il y a quelques instants, le journaliste de Mediapart Fabrice Arfiche et nos confrères de France Info promet la chose suivante, la suite de nos révélations arrive. Si aujourd'hui, demain, des documents authentifiés sont publiés par Mediapart, est-ce que Jordan Bardella pourra rester président du RN, futur Premier ministre de Marine Le Pen
? Il
y a évidemment dans cette manipulation un peu lourdingue de Mediapart, un écueil pour Mediapart, c'est où Mediapart manipule l'opinion publique. On l'a déjà vu, on se souvient d'ailleurs, il y a bien longtemps même avant Mediapart, Edoui Plenel, Cloan Opilori, Dominique Baudis, tout ça,
vous
vous rappelez... Ce n'était pas donc Mediapart, il
était à l
'époque, c
'était les mêmes, c'était les mêmes, c'était
les mêmes. Où Mediapart se fait-il lui-même enfumé par des gens qui veulent évidemment nous nuire ? Dans les deux cas, cette perturbation de la campagne électorale aura des suites judiciaires, raison pour laquelle Jordan Bardella a annoncé que tout ça se terminerait devant les tribunaux.
Et nous, nous considérons que Mediapart, si vous voulez, qui est un média revendiqué d'extrême-gauche, avec des gens qui font la guerre au Rassemblement National, c'est leur ligne de conduite, n'a ni la légitimité, d'abord pour distribuer les bons points et les mauvais points sur l'antisémitisme, parce que quand on considère leurs écrits, l'euphémisation du 7 octobre, etc., on peut dire que Mediapart n'est pas un média...
Et quels
écrits sur l'euphémisation du 7 octobre ? Lorsqu'ils ont relativisé,
lorsqu'ils ont soutenu la
masse, oui, vous pourrez reprendre un certain nombre de déclarations qui ont été faites par des journalistes de Mediapart. Non,
mais vous avez un exemple, c'est pas un chelou
? Oui, je veux bien vous dire qu'ils ont euphémisé. Ils ont considéré, en relayant des déclarations, disant que c'était de la résistance, que le Hamas était de
la
résistance, ils ont considéré...
Je ne vois
pas exactement quel article de préférence, mais... Mais moi,
je le vois très bien. Simplement, vous n'avez pas des grands précis. Et puis, donc, peu de légitimité sur ça, et peu de crédit, puisque c
'est
un média qui fait la guerre au Rassemblement National. Donc, nous, on le dit, ou c
'est
une manip de Mediapart bien lourdingue, bien crasseuse, ou alors, Mediapart s'est lui-même fait manipuler. Dans les deux cas, tout ça se termine au tribunal.
Alors, si on reste sur Mediapart, et je reviendrai ensuite sur les conséquences politiques de tout ça, vous avez peut-être vu hier une enquête publiée par ce site d'information sur le périscolaire à Paris, qui cible notamment l'ancien adjoint d'Anne Hidalgo, Patrick Bloch. Je ne
l
'ai pas vu. Bon, difficile de considérer que Mediapart ne cible que la droite et le Rassemblement National. Là, dans le cas d'Espèce, c'est la gauche à la mairie de Paris. Est-ce que ce n
'est
pas un mauvais argument que de considérer seulement que Mediapart... Alors,
je n'ai pas vu l'enquête
auquel vous faites référence, mais que Mediapart soit un média d'opposition au Rassemblement National, c'est un fait. Je ne l'invente pas. Ça fait partie de leur ligne éditoriale. Donc, nous, nous...
Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas d'autres
inimitiés. Ça ne veut pas dire qu'ils n'ont pas d'autres inimitiés ou d'autres comptes à régler, mais ils mènent depuis toujours une guerre, une hostilité au Rassemblement National. Ça, il n'empêche, cher Benjamin Duhamel, que dans ce cas de figure... D'ailleurs, j'ai vu hier le communiqué de Mediapart disant « On va révéler en tenant compte de la protection des sources ». Je vois bien que finalement, les affirmations de Mediapart sont peut-être un peu moins vociférantes que
de par le passé. Mais
donc, par rapport
à ma question Sébastien Chenu, quand bien même des documents authentifiés seraient publiés, c'est circulé, il
n'y a
rien à voir, aucune conséquence
politique. Par qui, par quoi ? Par la justice, par des experts, par qui, par quoi ? Eh bien, tout ça, je vous le dis, se terminera devant les tribunaux. Et je pense que Mediapart me semble être beaucoup moins solide dans ses affirmations ce matin qu'il y a quelques heures. Je
voudrais essayer de comprendre qui peut être derrière ces révélations, puisque vous parlez d'une barbouzerie. Je lis dans Le Parisien ce matin votre collègue député Franck Alizio, qui imagine que cela vient du pouvoir actuel. Je vais le citer. « Les gens qui sont au pouvoir vont devoir le quitter en raison de l'alternance, donc ils deviennent très agressifs. »
Jean
-Philippe Tanguy, lui, vise hier matin des racailles antisémites, je le cite, qui auraient été purgées par le parti. Alors, est-ce que c'est une sorte de cabinet noir qui serait à l'Elysée ou est-ce que c'est des racailles antisémites purgées par
le parti ? Il y a beaucoup de gens qui veulent du mal au Rassemblement National et à la connaissances de Marine Le Pen et à celle de Jordan Bardella. Beaucoup de gens souhaitent nous voir en échec.
Ils
peuvent venir
de l'extrême droite.
Deux lignes
très différentes. Oui, ils peuvent venir de l'extrême droite, de l'extrême gauche, du pouvoir en place. Beaucoup de gens ne souhaitent pas nous voir arriver. Mais en fait, vous avez, évidemment, pour des raisons très différentes d'ailleurs. Effectivement, quand Marine Le Pen a viré un certain nombre de personnes en 2011, à son élection à la tête du Front National à l'époque, puis du Rassemblement National ensuite, elle s'est fait quelques ennemis. Quand Jordan Bardella est reçu en Israël, il se fait quelques ennemis probablement aussi. Donc oui, il y a des gens qui
nous veulent du mal. Mais vous imaginez comme focalisez-vous que
le pouvoir actuel puisse être derrière ces révélations ? Je n
'ai
pas dit ça, mais vous savez, en matière politique, on peut tout imaginer, mais je n'affirme évidemment pas cela.
Encore un point, Sébastien Chenus, sur les arguments que vous opposez à Mediapart. Quand Mediapart pointe la proximité idéologique entre le jeune militant Jordan Bardella et l'essayiste antisémite Alain Soral, on est alors en 2013, Jordan Bardella a répondu, c'était sur CNews avant hier soir, « n'avoir, je cite,
jamais
eu de proximité ou de rencontre avec des personnes sulfureuses ». Quand on sait que son actuel directeur de cabinet, François Paradolle, a admis lui-même avoir été membre du mouvement d'Alain Soral, ça s'appelle « Égalité et réconciliation », est-ce qu'on peut dire n'avoir jamais eu aucune proximité, relation avec des personnes
sulfureuses
? Admis, elle a regretté, mais vous voyez par exemple, David Guiraud, qui est le maire de Roubaix, qui était mon collègue de la France Insoumise, a commencé en étant lui-même, disait-il, fasciné par Alain Soral. Il l
'a regretté aussi.
Mais
il s'avère que je n'ai
pas quelqu'un de la France Insoumise en France.
D'accord, mais vous
voyez, et donc c'est la même chose, ça veut dire que David Guiraud ou la personne à laquelle vous faites référence ont eu peut-être ces proximités qu'ils ont regrettées. Donc nous pouvons prendre acte de cela, mais ça n'engage pas Jordan Bardella.
Je
vois bien que par capillarité, vous voudriez que le voisin de la cousine du collaborateur de Jordan Bardella puisse hum... C'est un
chenu, c'est pas exactement le voisin de la cousine. Si on reste sérieux et qu'on reste
sur les faits, vous avez la plume actuelle de Jordan Bardella qui, en 2012, dans ses conseils de lecture, recommandait de lire un livre d'Alain Soral. Vous avez aujourd'hui son directeur de cabinet qui a admis avoir été membre du mouvement d'Alain Soral. C'est difficile de dire qu'on n
'a jamais rien eu
à voir avec cette sphère-là quand on a ses plus proches collaborateurs qui eux-mêmes ont eu à
voir avec cette essaye. Jordan
Bardella l'a dit, ce n'est pas parce que vous citez deux personnes, enfin, quelqu'un qui vous incite à lire un bouquin. Moi, je vous incite à lire tous les livres
du monde. Ah bon ? Les livres complicités de série d'Alain
Soral ? Moi, je ne les ai jamais lus, ça ne m'intéresse pas beaucoup. Mais je pense que si j'avais la capacité de lire l'ensemble de la littérature du monde, je la lirais pour ma culture personnelle. et probablement pour mieux la détruire et pour mieux m'y opposer.
Alors là, ce n'était pas pour s'y opposer. Au-delà
de ça, ce que vous êtes en train de faire n'a pas beaucoup de sérieux, n'a pas beaucoup de sens, permettez-moi de vous le dire. Vous avez...
Où il y a des faits
? Non mais où il y a des faits ? Et Jordan Bardella les conteste. Et nous les contestons avec lui. Et de manière formelle. Et Mediapart s'est fait ou manipuler ou a manipulé l'opinion. Et où il n'y a pas de faits. Et fermez le banc. La réalité, c'est qu'aujourd'hui, il n'y a rien là-dedans. C'est une manip parce que, on voit bien, on vient de gagner les sénatoriales. On vient de former un groupe. On fait la course en tête. C'est la situation la plus difficile que celle de faire la course en tête. Et si, paradoxalement, beaucoup de gens nous veulent du mal, beaucoup de gens nous veulent du bien aussi. Et donc, effectivement, tous les coups sont permis.
Et les mauvais coups des loyaux, en l'occurrence, le sont.
Sébastien Chenu, je voudrais qu
'on
parle du mouvement de blocage des lycées. Hier, 338 établissements étaient concernés. Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nunez, a fait état de 440 interpellations. L'éducation nationale parle de 10 blessés parmi les élèves et les personnels de l'éducation. Si vous étiez au pouvoir, comment est-ce que vous géreriez cette crise ? Peut-être différemment du pouvoir actuel. Et qu'est-ce que vous diriez aux forces de l'ordre ? Quelles
consignes
vous leur donneriez
?
Plusieurs choses là-dedans. D'abord, moi, je veux condamner la violence. Et notamment, l'instrumentalisation de cette violence par la France insoumise. Quand j'entends M. Bagayoko dire que la violence peut être légitime, si un député Rassemblement National, un maire Rassemblement National avait dit ça, mais vous seriez en édition spéciale ici, matin, midi et soir. Vous leur
poseriez la question comme on a hier, poser la question à Emmanuel Gompard. La question, vous seriez
en édition spéciale si un maire Rassemblement National légitimait la violence. Donc d'abord, condamnation de la violence, de la récupération et de l'utilisation que fait LFI de la situation de ces lycéens. Deuxième chose, on est face à 40 ans de décrochage, si vous voulez. Que ce soit en termes de niveau scolaire, que ce soit en termes de pouvoir d'achat des professeurs, que ce soit en termes de moyens. Il y a donc des problèmes de fonds qu'il faut traiter. Et moi, je commencerais, vous me disiez, qu
'est
-ce que vous feriez ? D'abord, par traiter, écouter les problèmes
de fonds. On a des propositions. Là, sur la crise
précise et sur les blocages qui sont faits par les lycéens, est-ce que vous diriez aux forces de l'ordre, attention, il faut une forme de ménagement, de tolérance, ou est-ce qu'au contraire, vous assumeriez le recours à la force pour débloquer les
lycéens qui sont
bloqués
?
Nous sommes dans une démocratie. Moi, j'entends, et je vous dis, il y a des préoccupations soulignées par les lycéens qui m'interpellent, qu'on peut prendre au sérieux, qu'on doit prendre au sérieux et qu'il faut traiter. Mais les lycées n'ont pas à être bloqués, évidemment. Ce n'est pas une méthode légitime, s'il n
'y
a pas de violence, évidemment, de dire... Oui,
mais le problème, c'est qu'il y a des violences.
J'ai entendu qu'il y avait un million d'euros de dégâts en Ile-de-France. Il y a des violences, c'est bien ça le problème. Donc, d'abord le dialogue, toujours le dialogue, considérer les problèmes sur le fond. Le problème des professeurs est notamment leur rémunération. Nous, on a une proposition qui est d'augmenter leur rémunération de 3% par an, c'est-à-dire 15% sur 5 ans. C'est une proposition qu'on met dans le débat. Mais faire œuvre de propositions. Je vois d'un côté une instrumentalisation par l'extrême-gauche. Je vois de l'autre côté un pouvoir politique qui est totalement débordé, mais qui, comme d'habitude, n'a jamais anticipé les choses.
Je vous dis, ça fait 40 ans de décrochage, 40 ans qu'on est toujours sur les mêmes problématiques et qu'aujourd'hui, entre les classes surchargées et l'absence de prof devant les élèves, on est face à un défi qui est manifeste devant nous. Donc, là encore une fois, un pouvoir politique aux abois débordé.
Un tout dernier mot Sébastien Chenu. Vous avez été interrogé la semaine dernière chez nos confrères de BFMTV sur l'eurodéputé RN Thierry Mariani, que vous avez qualifié de patriote qui défend les intérêts de la France. Il qualifie la menace russe de diversion. Il a voyagé à plusieurs reprises en Crimée après son annexion par la Russie. Est-ce qu'il pourrait être ministre des Affaires étrangères d'un gouvernement RN ? Non, je ne
crois
pas que ce soit son
ambition. Et la diversion,
c'était sur le... Non, la sienne, je ne sais pas, mais est-ce que... Ce
n'est pas la nôtre en tous les cas. Et la diversion à laquelle il faisait était sur le débat en lui-même.
Mais c'est un patriote,
Thierry Mariani ? Oui, Mariani, c'est un patriote.
C
'est quelqu'un qui a voté contre les traités européens, qui se bat pour la souveraineté de la France. Donc, reprendre les éléments de langage de Vladimir Poutine, ça fait de...
Non, non, non,
ce n'est pas ce que je viens de vous dire.
Je
vous dis que, d'ailleurs, Thierry Mariani fait partie des rares parlementaires qui ont voté contre les référendums européens. Ça en fait, à mes yeux, en tous les cas, un très honnête patriote. Mais pour autant, pas un ministre des Affaires étrangères
du Rassemblement National. On ne peut pas tout être en même
temps. Merci Sébastien Chenu d'être venu au micro d'Inter.
Sébastien Chenu