Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewBFM TV (sur YouTube)· 1 juillet 2026 16 min

Annie Genevard, ministre de l'Agriculture, était l'invitée du Midi BFM

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

la ministre de l'agriculture annie genevar bonjour madame merci d'être avec nous invité exceptionnel du midi bfm parce qu'on sait les Les agriculteurs ont souffert la semaine dernière durement. Vous allez leur répondre, faire des annonces dans un instant alors que l'on se prépare à l'arrivée d'une nouvelle vague à la semaine prochaine alors que par endroits les températures n'ont même pas baissé à l'intérieur. Madame Genevard, comment vous qualifiez la situation actuelle ?

Elle est très préoccupante, elle est sérieuse. Les effets de la canicule sur le monde agricole qui est en première ligne, lui aussi, et qui a connu cette année des crises successives, paient un lourd tribut. Au niveau des productions végétales, c'est moins 50 % probablement de rendement sur le maïs, moins 20 % sur l'arboriculture, il y a de la mortalité dans la filière velaille très importante donc et puis une population qui est quand même structurellement fragile qui a encaissé des crises sanitaires qui a encaissé l'augmentation du la disponibilité des engrais, l'augmentation du GNR.

Donc c'est une prise supplémentaire. Alors vous allez nous détailler tout ça dans quelques instants, toutes vos annonces dans un instant. Mais c'est vrai que les préoccupations sont majeures et que les conséquences de cette canicule que l'on vient de vivre alors qu'une nouvelle s'annonce, nous continuons Roselyne à les vivre.

Les agriculteurs et d'ailleurs tous les français parce que dans certains logements alors que la canicule est terminée, la température n'est toujours pas descendue, les murs restent chauds, l'intérieur des placards aussi Combien de jours faut-il pour espérer refroidir son appartement avant que ça recommence ou sa maison ? On voit ça avec Julien Migaud-Muller, Kevin Drouan de BFM Alsace et Léa Sombré. La canicule oui, elle est passée mais chez vous C'est encore compliqué La chaleur, ça ne s'évacue pas la nuit Et j'en veux plus J'en ai marre La chaleur ne diminue pas Sans ventilateur, sans climatisation C'est parfois compliqué Alors pour tenter de passer des nuits et un peu plus sereine, le bonheur ne se trouverait-il pas entre ces rayons ?

Bonjour ! Est-ce qu'ils voient des ventilateurs ? On n'en a plus du tout, ils sont tous partis hier déjà.

En 30 minutes. Bon pour cet homme c'est raté, il faut aller ailleurs. Comme lui par exemple qui cherche désespérément un deuxième climatiseur.

En fait on en a déjà une qui sert à refroidir la chambre mais pour ce qui est du salon où on travaille malheureusement on n'en a pas une donc c'est pour ça qu'on essaie d'en trouver depuis des semaines. Mais au fait pourquoi nos logements restent-ils si chauds malgré la baisse des températures dehors ? Les murs vont se chauffer et durant les canicules donc tous les matériaux de construction à l'intérieur qui sont lourds, qui sont denses comme du béton ou de la Comme ça, ils vont accumuler cette chaleur durant une semaine durant la canicule.

Et puis après, ils vont devoir se décharger en fait. D'une certaine manière, il faut presque une semaine pour les refroidir. Et pour ne rien arranger, les températures devraient encore monter dans les jours qui viennent.

Marc, ça repart ? Oui, en effet, les températures vont repartir à la hausse, surtout en deuxième partie de week-end, donc à partir de dimanche. Et cette hausse devrait se poursuivre en début de semaine prochaine.

Je vous rappelle que la précédente canicule, c'était de 38 à 42 sur une grande partie du territoire et cette canicule, dans l'état actuel des prévisions, on est sur des valeurs comprises entre 34 et 38 et très localement peut-être dans le sud-ouest des pointes à 40 degrés. Autrement dit, il y a urgence et on pense évidemment aux agriculteurs, aux éleveurs qui ont perdu des bêtes, des volailles. Je ne sais pas si on peut les voir sur ces images par milliers, par dizaines de milliers.

Ils ne savent pas comment ils vont s'en sortir. Qu'est-ce que le gouvernement peut faire ou va faire immédiatement madame jeunes d'abord on est entrés en mode crise pour avoir un suivi absolument heure par heure de ce qui se passe sur le territoire moi je pense d'abord aux hommes et aux femmes qui travaillent dans le monde agricole, qui ont subi des crises successives. On a mobilisé tout le réseau d'accompagnement psychologique de nos agriculteurs avec la mutualité sociale-agricole, avec les syndicats agricoles.

Il est très important que la nation comprenne qu'elle est aux côtés de ses agriculteurs. La meilleure psychologie, ce sont des mesures, des signaux envoyés. Quels sont les signaux que va envoyer le gouvernement ?

Je réunis cette semaine les assureurs pour que l'indemnisation soit très rapide pour qu'ils se sentent épaulés. Ça veut dire dans quel délai ? Dans un délai que nous allons négocier le plus rapide possible parce qu'il y a des besoins en trésorerie.

Ils se font tirer l'oreille les assureurs, c'est compliqué de les mobiliser ? Non, On a un dialogue régulier avec eux et ce sont des gens responsables qui ont bien compris l'urgence de la situation. Pour que chaque récolte, chaque animal perdu soit indemnisé ?

Alors pour que le système assurancier agricole puisse fonctionner mais toute façon il y a des dispositifs nationaux qui s'appellent l'indemnité de solidarité nationale pour les agriculteurs qui sont assurés et pour ceux qui ne le sont pas. Parce qu'ils sont nombreux, c'est ce que j'allais vous dire, souvent c'est trop cher. Oui, oui, même si l'État prend en charge près de l Etat et l'Europe prennent en charge près de 70 % des polices d'assurance.

Mais encore une fois, pour les rassurer, soyons très précis, Madame Genevard, ces agriculteurs, ces éleveurs qui ont perdu, ils peuvent espérer être indemnisés sous quel délai Mais écoutez, ça, je vous le dirai à nouveau si vous avez la gentillesse de m'inviter lorsque nous aurons travaillé avec eux et c'est pour...

Il faut aller vite parce qu'il y a une nouvelle félicule qui s'annonce. Oui, oui, tout à fait. Vous les rencontrez cette semaine, donc fin de semaine, on a un délai qui peut être...

Normalement, on a un délai Donc on se revoit vendredi, ici même Deuxièmement, on a eu une mortalité, en particulier dans la filière volaille, très importante En Bretagne, qui est une région tempérée et qui n'a jamais connu ces hausses aussi spectaculaires. On a eu jusqu'à 6 000 tonnes de volailles qui ont péri parce qu'au-delà de 40 degrés, les volailles ne ventilent plus, c'est constitutif que ce soit des petits ou des grands élevages dehors ou dedans, voilà. Donc là, nous allons débloquer dans les jours qui viennent des prêts de trésorerie pour que les agriculteurs, les éleveurs puissent s'équiper en système de brumisation et de ventilation. pour se préparer aux prochaines canicules ça c'est extrêmement pardonnez-moi on a du mal à trouver des climatiseurs débrumisateurs est ce que c'est pas aussi vrai dans la filière écoute et collez ce qu'ils vont pouvoir avec cet argent de la vie vite c'est qu'ils et pour anticiper l'été qui s'annonce.

En tout cas dans les élevages qui sont les plus exposés il faudra évidemment se fournir là où on peut fournir des brumisateurs et des ventilateurs mais ce ne sont que des prêts là on est d'accord ce sont des prêts ce sont des prêts un éleveur me disait je lisais dans la presse qu'il avait équipé son bâtiment de brumisateur pour 20 000 euros. Un brunisateur pour un poulailler, ça coûte 20 000 euros ? Je ne sais pas quelle était la taille en espèce du poulailler, mais chez moi, dans ma région, qui n'est pas une région caniculaire, le Doubs, j'ai vu que l'ancienne présidente des jeunes agriculteurs que je connais bien avait installé un brumusateur dans un bâtiment d'élevage bovin parce que les bovins ont besoin de cela aussi.

Ce qui est important c'est la disponibilité de ce matériel. Ils sont garantis par l'État, ils sont à taux zéro. L'argent arrive quand ?

J'ai discuté avec le Premier ministre de ce point et il me disait qu'il solliciterait la BPI pour garantir les prêts. J'ai pris des mesures réglementaires aussi. Un exemple tout simple, il y a des surfaces agricoles qui doivent régulièrement rester en jachère.

On n'y fait rien, on ne fauche pas. J'ai autorisé les jachères pour plusieurs raisons et ils ne perdront pas leur Z-MAC d'abord parce qu'une jachère c'est un on laisse la terre au repos en fait c'est un ça fournira du fourrage, on va faciliter le transport du fourrage parce que l'autre catastrophe, c'est que l'herbe va manquer dans les élevages pour nourrir les animaux. Donc on va faciliter le transport du fourrage.

Voilà, les premières mesures...

Je voudrais vous interroger sur l'eau. Oui. C'est à la une de très nombreux quotidiens régionaux ce matin.

Et les agriculteurs disent qu'on manque d'eau, il pleut trop peu, on aurait dû être capable de stocker les eaux de pluie. Et pour les syndicats, le gouvernement doit actionner des leviers d'urgence. Qu'est-ce que vous en dites ?

Alors je dis que l'eau est au cœur du sujet. On a on vit un exercice grandeur nature aujourd'hui. On a eu des inondations terribles cet hiver.

Mais parlons concret, le Sénat a voté des assouplissements supplémentaires de stockage d'eau. Est-ce que vous approuvez oui ou non ? Alors – Non, on a dans cette loi des mesures de stockage de l'eau.

Cette loi d'urgence agricole, elle comporte trois articles fondamentaux pour faciliter le stockage de l'eau. Voilà. – C'est des stockages supplémentaires.

Ça veut dire des bacilles ? Un stockage. Oui ou non.

Alors, des stockages supplémentaires, le Sénat a voté hier soir une disposition qui permet de doubler le stockage de l'eau agricole. Vous vous approuvez Oui ou non, madame ? C'est simple.

Moi, j'approuve le principe d'un stockage amélioré de l'eau. Mais il se fait qu'il faut aussi vérifier la disponibilité de l'eau, qui est un bien commun, qui sert déjà à la vie, à l'alimentation humaine. Celle-là, elle est prioritaire de chez prioritaire.

Mais je peux vous dire, monsieur, madame, et à vous tous très solennellement, que si nous n'augmentons pas le stockage de l'eau, et j'ai été constante dans cette position. Nous ne pourrons pas faire face au dérèglement climatique et au réchauffement climatique. Et donc on va compromettre une fonction vitale de la nation qui est de produire l'alimentation.

Parce que à tous ces bien-pensants qui nous disent les agriculteurs s'approprient indûment l'eau, je leur dis mais l'eau agricole c'est l'eau de l'alimentation, c'est l'eau de la nourriture. Sauf que madame Barbu, la ministre de la Transition écologique, dit que ses objectifs de stockage d'eau sont pharaoniques. Et elle dit c'est une priorité qui serait donnée à l'usage agricole de l'eau au détriment de l'eau potable et de la sécurité civile.

Quel est le choix que vous allez faire ? Alors, hier soir, ma collègue ministre de la Transition écologique, lorsque les sénateurs ont proposé le doublement du stockage de l'eau agricole, a donné un avis favorable à l'idée du doublement de ce stockage. Aujourd'hui, il tombe 500 milliards de mètres cubes d'eau en France par an.

L'agriculture en prend entre 2 et 3 milliards, sur 500 milliards. Alors, sur ces 500 milliards, il y a la moitié qui est en évapo-transpiration. Mais, franchement, on n'y rit que 7 % des terres.

C'est très peu. La France est le pays le plus pluvieux d'Europe, c'est celui qui reçoit le plus d'eau. Depuis le 1er mars, il ne pleut quasiment pas.

Les restrictions de l'usage de l'eau augmentent à vitesse grand V. Les nappes phréatiques sont en train de De diminuer, les sols sont très secs et il n'y a rien dans les pluviomètres pour les 15 prochains jours. C'est bien pour ça, monsieur, qu'il faut la stocker quand elle abonde.

C'est le bon sens, c'est l'élimination. Justement, on veut entendre les premiers concernés, les agriculteurs, pour qui vous êtes là, aujourd'hui sur ce plateau. Bonjour Jordi Banchot, vous êtes éleveur de blondes d'Aquitaine en Vendée, vice-président du syndicat des jeunes agriculteurs.

Vous avez eu, vous, de grosses dépenses imprévues justement pour faire face à la chaleur, protéger vos bêtes. Votre sentiment face aux annonces de la ministre à l'instant avec écoutez des annonces on en attend et je remercie madame la ministre pour ces annonces là maintenant nous ce que l'on a besoin c'est deux pas de temps c'est d'une de la réactivité face à la cellule de crise comme il était dit que nous vivons en ce moment. De la réactivité, on n'en a pas assez.

Il nous a fallu 15 jours pour avoir le droit de récolter nos jachères. Mais en 15 jours, nos jachères sont devenues de la paille, donc ils n'ont aucune valeur alimentaire pour nos animaux. C'est beaucoup trop Je prends un autre exemple très concret d'un manque de réactivité.

On a mis en place un dispositif avec des arrêtés d'assouplissement pour l'enfouissement des petits volumes, notamment dans la région de l'Ouest. Cet arrêté est caduque ce soir à minuit. On attend toujours qu'il soit reconduit et sur votre bureau, madame la ministre.

L'ensemble des corps décentralisés de l'État font un travail énorme au local en concertation avec les agriculteurs. Il y a beaucoup de bon sens qui se met en place. Mais aujourd'hui, on a un degré de validation qui est beaucoup trop long par rapport au terrain.

Et à côté de ça, nous on travaille avec du vivant et j'ai peur que là, nous ne sommes pas en train d'apprendre de ce que nous avons vécu il y a une semaine alors qu'on est face à nous dans quelques jours à la même chose. – Annie Genevard, ralentir en fait les procédures administratives, c'est ce que dit cet agriculteur. – Oui je connais bien Jordi que je salue et à qui je dis tout mon soutien comme à tous les agriculteurs, c On peut les accélérer les procédures ?

Mais moi je...

Sur l'enfouissement, sur l'écarissage, parce qu'il faut bien prendre la mesure, Jordi qui a une responsabilité nationale et à même de comprendre que quand on a une situation d'une telle ampleur, sur l'évacuation des bêtes mortes, on a eu très rapidement une embolisation de l carissage oui du coup on les a enfouis il a fallu en urgence déterminer une procédure mais quand on enfouit des bennes qui sont mortes il faut veiller à ce qu'ils aient pas d'accord de l'eau qui soient contaminés dans les sols ça demande quand même un tout petit peu de précaution maintenant on sait faire je peux vous dire peut-être aller plus vite là vous décrivez un exemple qui correspond à ce que je dis c'est à dire si on va plus vite ben on évite effectivement l Il faut éviter de prendre des mesures qui emportent des conséquences qui sont problématiques. Les éleveurs touchés, pardon, les céréaliers aussi, je voudrais qu'on donne un peu de temps à Pierre-Olivier Caille qui est avec nous aussi. Alors vous, vous avez été victime de l'effet sèche-cheveux, des orages aussi de cette fin de canicule.

De quoi vous auriez besoin ? Est-ce que la ministre répond à vos attentes ? Aujourd'hui, ce qu'on a besoin, c'est de soutien.

Et d'ailleurs, je tiens à vous remercier d'être là aujourd'hui dans le camp brésil venir prendre de nouvelles aujourd'hui nos attentes c'est principalement du soutien il ya beaucoup de personnes ici dans notre secteur qui sont pas assurés et des personnes d'assurer parce qu'aujourd'hui ça a un coût tout ça et après on ne maîtrise pas tout et on compte sur Mme la Ministre pour faire le maximum. – Soutien financier Pierre-Olivier, quel type de soutien immédiat soutien psychologique aujourd'hui pas psychologique bien sûr je pense beaucoup à des collègues qui ont des exploitations qui se sont touchés en partie mais aujourd'hui j'ai une exploitation qui est touché en partie j'ai des collègues qui sont touché à 100 % donc c'est à dire qu'aujourd'hui n'ont plus rien sur l'espace de 12 minutes ils ont perdu toute leur culture donc c'est une catastrophe je sais pas si vous rendez compte c'est le travail d'une année réduit à néant sur douze minutes et une grosse pensée aujourd'hui pour tous nos collègues, tous les techniciens aussi qui passent régulièrement au champ pour constater, voir où on s'en va, combien on va perdre. On se pose beaucoup de questions aujourd'hui pour notre avenir.

Vous l'évoquiez au début de l'interview, madame, ce suivi psychologique, ça veut dire vraiment des gens qui vont aller jusqu'aux exploitations, venir à la rencontre des agriculteurs ? Il y a tout un réseau d'abord territorialisé, un réseau qu'on appelle « sentinelle déployée par la mutualité sociale agricole ». Les agriculteurs ont mis en place, eux aussi, les syndicats, je veux dire, ont mis en place leur propre réseau pour ne pas laisser les gens dans la solitude de l'épreuve « Les grandes cultures ont toute mon attention déjà depuis plusieurs mois parce que les cours mondiaux sont des commodités, donc les cours sont mondiaux, les cours sont bas et les charges d'exploitation ne cessent d'augmenter ».

Donc ils sont sous l'effet le CISO. J'ai négocié à l'Europe avec mes collègues ministres de l'Agriculture, le déblocage d'aides d'urgence pour leur permettre d'acheter les engrais pour les prochaines cultures. C'est très important.

Ils en ont besoin dans les mois qui viennent. La France, qui est le plus grand produit pays céréalier d'Europe, touchera plus de 100 millions d'aides qui iront directement. Et puis il y a toute la solidarité de l'État qui sera là.

L'État a toujours été aux côtés des agriculteurs dans les périodes de crise et il le sera aujourd'hui et demain. Voilà, il faudrait que l'aide arrive évidemment très vite, mais je crois que vous l'avez compris évidemment merci anny genevard merci à vous et donc à très bientôt pour les délais