Wauquiez cogne, Mélenchon déprime #cdanslair 30.10.2017
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 10 %Attaque 66 %Défensif 24 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 59 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 6:20OuverteRéponse directe
Quelle est la stratégie de Laurent Wauquiez avec cette interview ?
- 8:33OuverteRéponse directe
Pour bien comprendre, il est déjà passé après la course à la présidence des Républicains ?
- 16:49OuverteRéponse directe
Jusqu'où est-il prêt à aller sur les thèmes identitaires ?
- 19:57OuverteRéponse directe
Question SMS : qu'est-ce que Laurent Wauquiez trouve à redire sur le fond des réformes ?
- 31:16OuverteRéponse directe
Qu'est-ce qui se passe avec Jean-Luc Mélenchon ?
- 34:57OuverteRéponse directe
Roland Caïrol, qu'est-ce qui se passe avec Jean-Luc Mélenchon ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:31PrésentateurFait
« Ce qui me frappe chez lui, c'est le désert de l'âme. »
- 11:00InvitéFait
« Ce qui me frappe chez lui, c'est le désert de l'âme. Il n'est porté que par un seul projet, lui-même. »
- 12:50PrésentateurFait
« Ce n'est pas à la République de s'adapter aux étrangers. C'est aux étrangers de s'adapter à la République. »
- 25:26InvitéFait
« Il voudrait qu'on puisse mettre en camp de regroupement des gens qui seraient soupçonnés d'avoir des activités djihadistes. »
- 25:55InvitéFait
« Il est celui qui, sur le plan identitaire, tient le même discours que Marine Le Pen, y compris dans sa région, en défendant la préférence régionale. »
- 31:36Locuteur 6Fait
« Monsieur Macron, d'ailleurs, il s'en est vanté à son interview. Il a dit, j'y suis arrivé en cinq mois. »
- 31:44Locuteur 6Fait
« Il est arrivé, vous connaissez notre réplique. On lui a dit, bonhomme, attends, c'est pas terminé. »
- 38:43InvitéFait
« la France, elle a résisté jusqu'à présent aux assauts libéraux. »
- 38:55InvitéChiffre
« une majorité de Français étaient hostiles aux ordonnances. »
- 38:58InvitéChiffre
« une majorité de Français est hostile à la politique fiscale. »
- 39:08InvitéPromesse
« on devrait avoir un million de personnes dans les rues et cette politique devrait être contestée. »
- 39:21InvitéFait
« avec Martinez de la CGT, ça se passait mal. »
- 39:25InvitéFait
« avec Mailly, ça se passait mal. »
- 39:28InvitéFait
« Mais occupe-toi de tes problèmes. Nous, on fait de la contestation syndicale. On n'est pas dans le mouvement politique. »
- 39:43InvitéFait
« On ne comprend rien à sa révolution citoyenne. »
- 39:50InvitéFait
« Mon mouvement est gazeux. »
- 40:40InvitéFait
« celui qui était laïque et laïque, et qui avait une conception, y compris vis-à-vis des femmes, d'un grand respect de la laïcité. »
- 40:51InvitéFait
« quand un homme avait refusé de conduire un bus derrière une femme, c'était que du sexisme. »
- 41:11InvitéFait
« Il a un phénomène d'enquiétude, c'est d'être le dégagiste dégagé. »
- 41:21InvitéChiffre
« il est né en 51, je crois, 66 ans. »
- 41:33InvitéFait
« grosse dépression en 2002, après l'échec de Lionel Jospin. »
- 42:14InvitéFait
« Il a espéré une forte mobilisation à l'occasion de la réforme d'aujourd'hui sur l'entrée à l'université et éventuellement la sélection. »
- 42:31InvitéFait
« Manuel Valls est en traité en gros le groupe de la France insoumise d'être un peu noyauté par les islamo-gauchistes. »
- 42:51InvitéFait
« traité Valls de nazi sur le fond. »
- 44:05PrésentateurFait
« il a vraiment cru qu'il serait au second tour. »
- 44:19PrésentateurChiffre
« Il est quand même quatrième. »
- 44:28PrésentateurFait
« le côté « je suis l'opposant numéro 1 » »
- 44:32PrésentateurChiffre
« 17 députés. »
- 45:31InvitéFait
« quand vous remportez l'élection présidentielle, vous avez une légitimité populaire pour mettre en œuvre le projet que vous avez énoncé avant l'élection. »
- 46:02InvitéFait
« il n'y a pas d'assises populaires dans les réformes que fait Macron. »
- 47:05Locuteur 6Fait
« Je ne sais pas diriger un appareil politique. »
- 49:40Locuteur 6Promesse
« Je l'aiderai à émerger, je l'aiderai à prendre ses responsabilités. »
- 51:22InvitéFait
« Benoît Hamon, la politique se passe désormais en dehors du PS, au sein du mouvement du 1er juillet. »
- 53:34PrésentateurFait
« Faudra bien qu'il y ait des gens qui, sur sa gauche, ne sont pas contents de la politique menée. »
- 55:23InvitéFait
« Macron c'est du social-libéralisme, Mélenchon c'est une autre gauche qui va jouer contre le Parti Socialiste. »
- 56:50PrésentateurFait
« la droite a été au pouvoir, puis la gauche. »
- 57:12PrésentateurFait
« Il le voit assez régulièrement, ils ont déjeuné plusieurs fois. »
- 59:15PrésentateurChiffre
« il fait 24% au premier tour, 12 viennent de droite et du centre, 12 viennent de gauche. »
- 59:35PrésentateurFait
« tout ça a quand même été pulvérisé. »
- 1:00:01InvitéFait
« il a installé le clivage Europe-anti-Europe. »
- 1:00:11InvitéFait
« une France dans la globalisation plutôt heureuse et une France qui dit non. »
- 1:00:54PrésentateurChiffre
« Les Républicains c'est encore 100 députés. »
- 1:01:13PrésentateurFait
« son opposition principale, elle l'est chez les Républicains. »
- 1:01:26InvitéFait
« quand on lui a demandé plusieurs fois sa succession, s'il a formé quelqu'un. »
- 1:01:30InvitéFait
« François Delapierre qui est malheureusement décédé il y a quelques années. »
- 1:02:23PrésentateurFait
« ils veulent enclencher une troisième candidature à la présidentielle. »
Temps de parole
- Présentateur53 %
- Invité19 %
- Invité 215 %
- ?4 %
- Invité 33 %
- Invité 42 %
≈ 22,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Pas facile de s'opposer à Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon s'y casse les dents. Alors Laurent Wauquiez tente à son tour d'assiéger la citadelle de l'Elysée. Dans une interview au Vitriol accordé au journal du dimanche, le probable futur patron des Républicains dresse le portrait du chef de l'État. Une attaque au lance-flamme. Ce qui me frappe chez lui, c'est le désert de l'âme. Ou encore, il est hanté par une haine de la province. Pas de quartier, Laurent Wauquiez veut être le principal opposant à Emmanuel Macron. Un titre honorifique,
peut
-être bientôt abandonné par Jean-Luc Mélenchon. En tout cas, le leader de la France insoumise semble avoir un coup de blouse. Hier, il a reconnu avoir perdu la bataille du Code du Travail. Macron a marqué le point, a-t-il dit. Wauquiez cogne, Mélenchon déprime. On en parle ce soir avec nos invités. Bruno Jeudy, vous êtes rédacteur en chef du service politique de Paris Match. À la une de votre magazine cette semaine, François Hollande, Julie Gaillet, de l'ombre à la lumière. Roland Quairol,
vous
êtes politologue, directeur du Centre d'études et d'analyse. Je rappelle votre dernier livre, Les raisons de la colère, l'élection de la dernière chance, aux éditions Grincet. Françoise Fressoz, vous êtes journaliste et éditorialiste au journal Le Monde. À la une de votre journal daté de demain, le gouvernement veut encadrer l'entrée à l'université dès 2018. Votre dernière chronique est intitulée « Quand Mélenchon admet qu'il a perdu une manche face à Macron ». Nathalie Saint-Cricq, vous êtes chef du service politique de France 2. Bonsoir à tous les quatre. Merci de
vous
participer à cette émission en direct. Nous attendons bien sûr vos questions par SMS et Internet comme chaque soir. Le poids des mots, le choc des formules. J'ai un peu choisi pour vous
ça, Bruno Jeudy, qui est
représenté Paris Match. Laurent Wauquiez attaque Emmanuel Macron à l'arme lourde dans cette tribune du JDD. Il n'a pas de mots assez durs pour qualifier le chef de l'État. C'est calculé. Il n
'y a
pas de dérapage, c'est de l'écrit. Il assume tout. Il tente de conquérir le leadership de l'opposition. C'est son objectif dans la période actuelle. Au-delà de l'élection à la présidence des Républicains, vous l'avez dit, il y a assez peu de suspense. Ils sont trois, mais Laurent Wauquiez est le favori. Laurent Wauquiez a démarré une période où il veut à nouveau rendre les Républicains au libre. Et il veut surtout conquérir lui
en
tant que chef du principal parti de l'opposition. Il veut conquérir ce statut de leader de
l
'opposition et donc attaquer Macron. Il y va à l'arme lourde, peut-être très fort. Dans ses formules, il me fait penser, des formules quand même très ciselées,
il
me fait penser un peu à ce que François Beyrou avait fait en 2009 avec son livre « Habit de pouvoir » où il avait traité le président de l'époque, Nicolas Sarkozy, d'enfant barbare. Il a cherché des formules comme ça extrêmement violentes. Il ne
faut
pas se tromper, Laurent Wauquiez, aujourd'hui, il est sur une position très, très à droite parce qu'il est dans la conquête, il est dans l'élection des Républicains. Demain, lorsqu'il sera à la tête des Républicains, il faudra voir où est-ce qu'il se positionne et s'il se remet un peu au centre des Républicains. C'est à définir. Pour l'instant, ce n
'est
pas complètement arrêté. Mais ce qui est certain, c'est qu'il doit absolument accéder et s'imposer comme le leader de l'opposition. Et lui, sa lecture de l'opposition sous la cinquième, c'est qu'elle doit être intraitable. C'est sa lecture. Beaucoup la lui contestent. L'avenir dira s'il a raison. Roland Quairol, à l'instant, Bruno Jeudy disait qu
'il
est allé très loin, trop loin
dans
cette tribune, ce portrait du chef de
l
'État. Pour le moment, dans la situation où évoquiez, il ne peut pas aller trop loin. Plus il y va,
plus
il est content d'avoir une élection de maréchal. Les gens qui vont voter, c'est les adhérents des Républicains, c'est les militants.
La
partie des adhérents qui iront voter, c'est ceux qui y croient le plus. Et ils sont, on le sait bien, beaucoup plus à droite que l'ensemble de l'électorat des Républicains. Ils en veulent, ils veulent une droite qui soit vraiment à droite, ils ne veulent pas qu'on se dégonfle et ils ne sont pas séduits, eux, par Macron. Donc l'intérêt de Wauquiez, c'est de montrer qu'il est de tout cœur avec eux, qu'il est comme eux. Donc il ne peut pas en faire trop.
Pour
les autres, il en fait beaucoup, parce que quand même, c'est des attaques personnelles d'une assez rare violence, quand même, dans la politique française. Qu'il attaque sur le fond, il le fait. Il le fait sur l'économie, il a fait une émission de télé entre-temps, où il a balayé l'ensemble de la politique. Et à peu près rien ne trouve grâce à ses yeux dans ce que fait Macron. Mais voilà, le manque d'âme, les attaques personnelles sur la façon d'être, l'arrogance, etc. Je pense qu'il ne faut pas trop en faire. Je pense qu'il l'a fait une fois, tout le monde a compris. Je pense qu'il a intérêt à tout de même pas entrer trop dans cette logique d'opposition personnelle à un homme.
S'opposer à une politique et à celui qu'il incarne, oui. Il
dit,
attention quand même, cela dit, voilà, il veut non seulement être président des Républicains, mais il entame une marche qu'il pense être une marche vers le pouvoir. Ce n
'est
pas la direction de l'opposition seulement qui l'intéresse. C'est demain être président de la République. Il a un modèle, il a eu beaucoup de modèles dans la vie, Wauquiez. Il a beaucoup changé à la tête ou au sein des Républicains. Il a été le bébé chéri de M. Barraud dans son département d'origine qui était centriste, tout à fait central. Il a ensuite fait une droite sociale où il voulait au contraire être une espèce de gauche sociale des Républicains. Il est maintenant à la droite de la droite des Républicains. Et son modèle actuel, c'est évidemment Nicolas Sarkozy. C'est incroyable même ce que son vocabulaire fleurbont, le Sarkozy de 2008 et du discours de Grenoble.
Et je pense qu'il est parti pour être sur cette ligne-là, pas seulement jusqu'à l'élection du 10 décembre, mais pour les années qui viennent. Françoise Fressos, quelle est la stratégie de Laurent Wauquiez avec cette interview ? Est-ce qu'il veut d'abord tuer le match de la présidence des Républicains ? Alors,
moi je pense
qu'il est déjà dans un corner dans la mesure où Emmanuel Macron a fait la rasia sur ce qu'on peut appeler la gauche libérale et la droite libérale. Donc, si vous voulez vous opposer dans ces cas-là, vous êtes obligés d'aller très très à droite et c'est ce qu'il fait. Après, moi ce qui me frappe quand même, c'est le langage qu'il utilise, qui me rappelle énormément l'extrême droite des années 30. C'est une droite très nationaliste, c'est une droite... Il a ce propos mercredi en meeting. La vérité, c'est que je ne sens pas chez Emmanuel Macron cet amour de la
France.
C'est grave, c'est quand même des attaques extrêmement graves sur le thème. Finalement, c
'est
le représentant des élites mondialisées. Il n
'a
rien à voir avec nous les Français, il joue contre son camp. Pour lui, le terrain de jeu, c'est le village global et il n'aime pas la France. Donc ça, je trouve que c'est quelque chose de très important et ça peut marquer une rupture par rapport à tout ce qu'a été la tradition de l'UMP, c'est-à-dire essayer de faire une sorte de synthèse entre droite libérale et droite nationaliste. Vous dites, Roland Quirole, il s'inspire beaucoup Nicolas Sarkozy. Moi, j'entends du Patrick Buisson dans ce qu'il dit.
Et Patrick Buisson, il a théorisé cette rupture absolument forte entre la droite conservatrice, qui se reconnaissait dans un certain capitalisme familial, et maintenant la droite libérale, qui est dans le capitalisme financier. Et c'est ça que Laurent Wauquiez est en train de théoriser. Alors,
ce
qui est frappant aussi, c'est que je pense que Laurent Wauquiez se dit que s'il doit récupérer des électeurs, c'est du côté de l'extrême droite. Et je trouve que son discours
peut
abolir la frontière entre droite et extrême droite, notamment à cause de ses relents des années 30. Et donc, est-ce que son grand dessin, c'est de faire la réconciliation droite-extrême droite, pas pour Marine Le Pen, mais pour lui ? C'est peut-être ça qui est en train de se jouer, mais avec, je pense, des conséquences très importantes sur le parti Les Républicains, car je pense que les jupéistes sont extrêmement mal à l'aise. Donc, est-ce qu'à un moment, il y aura synthèse quand même, ou est-ce que Laurent Wauquiez persiste dans cette voie ? Et là, il peut y avoir une vraie déchirure.
Nathalie Saint-Cricq. Alors, pour bien comprendre, là, il est déjà passé après la course à la présidence des Républicains. Pour lui, c'est une
formalité.
Il faut dire que
c
'est une sorte de formalité, sachant que de toute façon, en plus,
il
n'y
aura
même pas de débat, où manifestement, il n'en veut pas. Donc, effectivement, il y va. Alors, il espère avoir la plus grosse élection possible, mais il voudrait quand même qu
'il
y
ait
peut-être quelqu'un, une ou deux personnes en face, pour pas que ça fasse complètement, pour pas dire de grossièreté, un score à l'africaine, sans vouloir être désagréable dans un certain nombre de non-démocraties. Je voulais juste rebondir deux secondes sur ce que dit Françoise. Il y
a
des termes qui s'inspirent de Maurice Barrès, c'est-à-dire la terre, l'amour charnel du pays, avec les bons Français, les mauvais Français, les vrais, les faux. Ce qu
'il
n'y avait pas chez Sarkozy, parce que le français de s'en mêler, c'est quand même quelque chose... Nicolas Sarkozy n'est jamais allé aussi loin.
Enfin,
pas systématiquement. Et il faut rappeler aussi
que
Patrick Buisson a été celui qui a été le plus longtemps conseiller de l'envoquer, alors même que d'autres s'en étaient détournés. Donc, toute la thématique identitaire, le fait de dénoncer les élites mondialisées qui ne sauraient pas où elles habitent, qui ne seraient pas vraiment françaises, c'est comme les banquiers, vous voyez, c
'est
l'espèce de banquier qui circule dans le monde et qui n'aime pas vraiment son pays. C'est une thématique qui est assez effrayante et que même parfois Marine Le Pen n'ose pas employer, mais qui est très clairement pour faire ce que disait Françoise Larrazia du côté de
l
'extrême droite. Et là, maintenant, il considère que cette ligne, même s'il est sur un parti un peu étriqué, étriqué, c'est-à
-dire
pas énormément de... Il n
'y aura
pas des masses derrière lui, que c
'est
la seule chose à jouer. Donc, il y va, et puis comme d'habitude, il n
'y
va pas avec des gants.
Ils
ne seront finalement que trois candidats à la présidence des Républicains et parmi eux, un grandissime favori, Laurent Wauquiez, partisan d'une droite dure. Il ne retient plus ses coups contre Emmanuel Macron, dont il compte bien devenir l'opposant numéro un. Barbara Aztec et Arnaud Fora.
Direct,
sans
complexe, Laurent Wauquiez sonne la charge.
Hier,
le favori à la présidence des Républicains n'a pas mâché ses mots envers Emmanuel Macron.
Sur
RT, allé dans les colonnes du journal du dimanche, il dresse un portrait sévère du locataire de l'Elysée.
Ce
qui me frappe chez lui, c'est le désert de l'âme.
Il
n'est porté que par un seul projet, lui-même. Dans sa façon de parler de la France comme de s'adresser aux Français, il n'y a pas d'amour, il y a de la morgue. Depuis jeudi, la campagne officielle pour l'élection du président des Républicains est lancée.
Un
scrutin qui devrait être sans suspense. Laurent Wauquiez affrontera Maël Decalan et Florence Portelli. Grand favori des sondages, la victoire lui semble acquise.
Lui,
comme toujours, pense au coup d'après,
même
s'il s'en défend.
La
prochaine étape pour moi, c'est juste de reconstruire la voie de la droite. C'est bien sûr que j
'ai
de
l
'ambition. J'ai de
l
'ambition pour moi, j'ai de l'ambition pour mon pays, évidemment. Mais je suis très lucide. Regardez ce qui s'est passé pendant 5 ans. Regardez comment est-ce qu'on a fini version puzzle. Donc celui qui croit que son histoire est écrite 5 ans avant, c'est qu'il n
'a
rien compris à ce qu'était devenu l'exigence des Français. Donc je veux juste construire étape après
étape.
Étape par étape. Énarque, ministre, maire, député et aujourd'hui président de région. Laurent Wauquiez avance méthodiquement.
Mais
c'est en 2011 qu'il se fait remarquer par le grand public en dénonçant l'assistanat.
Quelle
est pour moi la principale injustice dans notre pays
? C
'est que celui qui travaille
n
'est pas un véritable écart avec celui qui bénéficie des minimas sociaux. Cette situation-là est pour moi le cancer de la société française.
Lui
qui n'a jamais perdu une élection incarne alors la droite dure qui s'assume. Laurent Wauquiez devient un coutumier des formules chocs et provocantes.
Ce
n'est pas à la République de s'adapter aux étrangers. C'est aux étrangers de s'adapter à la République. Merci à d'autres.
Laurent Wauquiez surfe sur les thèmes chers au FN et se pose en porte-parole du peuple face aux élites.
Une
concurrence pour Marine Le Pen et une manière d'installer un duel avec Emmanuel Macron.
Déjà
président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, son laboratoire, Laurent Wauquiez teste sa politique et dirige ce territoire d'une main de fer.
Ses
adversaires locaux le décrivent comme impitoyable
et
dénoncent la méthode Wauquiez.
Il
est brutal dans ses méthodes avec les élus même de droite qui ne veulent pas passer sous ses fourches codines. Il a été capable par exemple de prendre en otage les subventions des institutions culturelles de la ville de Saint-Etienne à un moment où il avait un contentieux politique avec le maire de Saint-Etienne. Ce sont des méthodes brutales que Laurent Wauquiez assume parce que finalement, ça renvoie à l'idée qu'il
y a
enfin quelqu'un qui est capable de prendre des décisions. Et puis quand on est brutal, finalement on inspire de la crainte.
Laurent
Wauquiez, une personnalité clivante qui fait grincer des dents et divise même dans son propre camp. Pourtant, le 17 décembre, c'est bien lui qui a 42 ans devrait devenir le prochain patron des Républicains.
Clivant, brutal, Bono Jeudi, il assume ça
? Oui,
il assume. Il assume justement le fait d'être un représentant d'une droite dont il dit qu'il n'aime pas l'eau tiède. Il le répète depuis quasiment deux ans. Donc il assume ça, il le sait. Pour lui, manifestement, c'est une sorte de passage obligé. Il doit passer par là.
Il
est dans un parcours. Vous savez, Laurent Wauquiez, d'abord il est jeune. Il n'est pas du tout… il planifie les choses. Il a aussi analysé la situation de la droite. Il sait qu'une partie de la droite libérale, la bourgeoisie libérale, pour faire encore plus simple, est attirée par Emmanuel Macron. Il suffit juste de regarder aujourd'hui les sondages et on le voit tout de suite. D'ailleurs, une partie de la droite l'a quitté.
C'est
pas forcément les trois ministres et la dizaine de députés, mais aussi une partie de cette droite modérée en province, les adjoints. Beaucoup d'élus, on n'a pas fait attention pendant la campagne, ont ripé chez les marcheurs. Donc il le sait ça. Donc aujourd'hui, il repositionne la droite non plus une droite centriste, mais il repositionne une droite plus centrale. Certains diront plus dure,
je
ne sais pas. De toute façon, aujourd'hui, quand on parle de Wauquiez, il est forcément droite extrême. Moi, je crois qu'il ne faut pas non plus tomber dans la caricature. Je l'ai dit tout à l'heure, il tape trop fort, ça c'est certain. Mais en même temps, de toute façon, quand vous voulez être le leader de
l
'opposition, vous ne pouvez pas non plus dans la cinquième aller avec une épée en carton. Donc il est dans cette période-là. Il doit s'imposer. Aujourd'hui, la droite, juste un point. Nous publions donc notre baromètre habituel. Les oppositions, seuls 24% des Français considèrent que LR incarne bien l'opposition. Donc il y
a
du travail pour les Républicains. Et Jean-Luc Mélenchon est devant à 40%. Je ne sais pas si vous avez vu cette déclaration de Jean-François Copé ce week-end. Macron est en train de devenir le président de droite que les gens voulaient.
Oui,
c'est en partie vrai.
C
'est en partie vrai pour une petite moitié des électeurs de la droite et du centre qui, au fond, sont assez d'accord avec ce que fait Macron et qui ne sont pas non plus en désaccord avec le fait d'avoir un président qui préside et même qui gouverne. Donc c'est vrai, et c'est aussi pour ça
que
Wauquiez occupe la seule place possible, qui est la place d'une droite qui essaye en effet de récupérer les voix du Front National sur des thèmes qui sont d'abord des thèmes identitaires et des thèmes sécuritaires et des thèmes extrêmement négatifs à l'égard du pouvoir. Il n'y a pas d'autre place. Et la question, c'est de savoir si, est-ce qu'on est forcé à un moment, si on veut incarner cette droite rude, sinon dure, est-ce qu'on peut rester comme ça et rassembler quand même autour de soi de quoi faire un grand parti d'opposition capable de gouverner ? Mon hypothèse est que c'est ce qu'il va essayer de faire et que ça n'est pas forcément impossible. Après tout, regardons Sarkozy.
Il n'a pas beaucoup mis d'eau dans son vin à partir de 2008 sur les thèmes identitaires.
Tout
le monde n'était pas d'accord autour de lui.
Et
il se sent quand même progressivement habitué au fait qu'il y avait le patron. Soit ils en avaient peur, littéralement peur, des ministres qui n'osaient même plus lui parler de leurs doutes.
Soit
ils se disaient, si ça marche, et on avait le sentiment que dans l'opinion, les sondages montraient que ça marchait, qu'un certain nombre d'électeurs du Front National étaient d'accord avec la ligne. Donc si vous avez un Wauquiez qui fait peur, et il fait peur des fois, y compris dans sa région, les gens sont quand même le doigt sur la couture du pantalon en se disant qu'est-ce qu'il va nous faire, qu'est-ce qu'il va nous tomber dessus.
Et
puis, ils se disent après tout, si ça marchait, Marine Le Pen ne va pas très bien, le Front National est en proie à des doutes internes,
s
'il arrivait à nous ramener ces gens-là, c'est à lui qu'on le devra. Donc il n'est pas impossible, pas impossible, je ne dis pas que c'est une partie de plaisir, mais ce n
'est
pas impossible qu'il reste sur cette ligne d'une droite rude et d'arriver quand même à fédérer autour de lui.
–
Jusqu'où est-il prêt à aller sur les thèmes identitaires, sur la fameuse alliance avec l'extrême droite, il dit non jamais ?
–
Il dit non jamais, mais le cas de Sens commun par exemple n'a pas été examiné au dernier bureau politique, puisque ils sont contentés de faire passer les constructifs, même sans quorum ça va venir demain. Il y a quand même le président de Sens commun qui a fait une déclaration, alors je ne
parle
pas le CERD sur la plateforme avec le Front National, mais qui a dit qu'on était français quand on était chrétien, soit par des sens, soit de culture, tout ça, ça n'a pas été réglé. Mais
moi
je suis persuadée qu'il est capable d'aller très très loin. Ce qui m'étonne c'est la sorte de sidération qu'il y a dans son entourage. Il est clivant, vous l'avez dit, il
y a
un tas de gens qui ne peuvent pas le supporter, qui nous le disent en privé, mais même des gens qui étaient, enfin beaucoup, voilà, et des gens assez importants, et qui là finalement, entendent ces déclarations, ne bougent pas, attendent. On a vu Alain Juppé l'autre jour dire à Edouard Philippe, voilà la relève, qu'est-ce que les jupéistes vont faire ? Le pauvre Maël Decalan, la pauvre Florence Portelli, si tant est, qui ne sont pas entièrement d'accord sur la ligne, sont relativement inaudibles. Bernard Acoyer dit un certain nombre de choses, tout le monde a l'air d'assister à ça, et Vauquiez avance, avance, avance, et personne ne lui demande des comptes. Et tout ce qui se passe,
c
'est qu
'il y a
des gens qui désertent au bureau politique. Jean-François Copé, qui est un de ses ennemis de toujours, celui de la droite décomplexée, qui a trouvé une droite encore plus décomplexée que lui, attend ça en disant, on va voir ce qui va se passer. Mais c'est assez, moi je pense qu'il peut aller assez loin, puisque entre ceux qui de toute façon vont partir, ou sont déjà partis dans leur tête, et ceux qui sont là, personne ne va dire que ça commence à bien faire maintenant sur la ligne, est-ce qu'on pourrait avoir une certaine forme de cohérence et pas aller trop loin. Donc, il avance.
– Ça c'est intéressant, est-ce qu'il a au sein des Républicains, Françoise Fressos, une légitimité, beaucoup de soutien ?
–
Il
a, je pense, la base, la base du parti Les Républicains, il l'a, il la travaille depuis de nombreuses années. Il ne
faut
pas oublier aussi que la prochaine échéance électorale, ce sont les élections européennes, et qu'il va se mettre en position d'essayer de récupérer l'électorat FN anti-européen, parce que lui-même s'est mis sur une position, depuis 2014, sur une très très forte critique de l'Europe, en disant, on
ne
peut pas continuer comme ça, il fait une critique énorme de l'élargissement, déjà sur les mêmes thématiques que celles qu'il développe aujourd'hui, c'est-à-dire qu
'on
ne peut construire qu'une Europe qui est d'accord sur ses valeurs, donc par exemple, quand il dit qu'il faut revenir à l'Europe à 6, il ne met pas le Luxembourg, parce qu'il considère que le Luxembourg, c'est encore du capitalisme financier mondialisé, et il met l'Espagne, donc c'est de l'identité, c'est une Europe identitaire, et je pense qu'il va essayer de récupérer l'électorat FN à l'occasion de ses élections européennes. Il y
a
un autre indice qui ne trompe pas, c'est que c'est lui qui mène la bataille au sein des Républicains pour exclure tous les constructifs qui ont voulu soutenir Emmanuel Macron, donc il veut faire le ménage, et je pense qu'il n
'est
pas du tout dans l'idée de « on va faire une belle synthèse », il est dans l'idée que maintenant, le créneau pour s'opposer, c'est une droite nationaliste, réactionnaire, conservatrice, et c'est ça qu'il veut absolument incarner.
Donc il veut bien prendre le risque d'une implosion
des
Républicains ?
– Je
ne
crois
pas, moi.
–
Je ne crois pas qu'il ne prend pas le parti pour qu'il explose demain, il va essayer de… il sait qu'une partie est déjà un pied dehors et aura les deux demain, il y
a
déjà ceux qui vont être exclus, puis il y en a déjà une… Je vous dis encore une fois, on ne
l
'a pas assez vu, mais déjà pendant la campagne, il y a tous les élus qui sont déjà partis, il y a quand même une hémorragie, cette campagne présidentielle a créé un malaise très important à droite, il y a un certain nombre qui, pendant la campagne, d'ailleurs, il y a beaucoup de députés marcheurs qui étaient d'anciens LR ou anciens sympathisants et qui sont aujourd'hui députés de la République en marche. Donc de toute façon, il y
a
déjà qui sont partis, il le sait, il a envie de garder évidemment ceux qui sont encore aujourd'hui dans le parti et à un moment, il va essayer d'être le point de… le centre de gravité
d
'une droite plus
à
droite, ça c'est sûr
et certain. – Xavier
Bertrand, Valérie Pécresse, François Baroin, tous ces gens-là,
le
10 décembre,
ils
vont applaudir
Laurent Wauquiez
?
– Déjà,
on ne les entend plus beaucoup, vous voyez, donc ils attendent de voir comment lui,
il
va s'installer. Ils ont mis une ligne rouge, il n
'y
a pas de négociation avec le Front National, c'est ça pour l'instant la ligne rouge. Pour l'instant, Wauquiez, il n'est pas, j'allais dire, pris la main dans le sac de négocier quoi que ce soit avec le
FN. – Il n'a aucune raison
de le faire d'ailleurs. – Il n
'a
aucune raison de le faire et on verra ce qu'il fera, Nathalie a raison, on verra ce qu'il fera avec sens commun, là sur ce point-là, il aurait intérêt à aussi être un peu cohérent, s'il exclut les constructifs, d'exclure sans doute Christophe
Bihan, le président de sens commun,
qui manifestement a tenu des propos qui sont contraires avec la ligne rouge fixée par les uns et par les autres et ça, on verra s'il le fait. – Il est soutenu par Nicolas Sarkozy ?
–
Oui, il est soutenu par Nicolas Sarkozy aujourd
'hui. – Qui continue
un peu de tirer les ficelles ou c'est une légende ? Qu'est-ce qui se passe ? – Évidemment que Nicolas Sarkozy ne se désintéresse pas de ce qui se passe, est-ce qu'il a encore les moyens vraiment ? Je pense que Laurent Wauquiez copie beaucoup Nicolas Sarkozy aujourd'hui, mais viendra le moment où il prendra lui-même, il s'émancipera, mais aujourd'hui, il a le soutien de Nicolas Sarkozy.
–
Je crois que
pour Sarkozy, l'important,
c
'est qu'il estime que le clivage gauche-droite, ça a encore un sens. Et tout ce qui s'est passé dans la séquence passée a un peu bouleversé ses plans. Donc je pense qu'il est enclin à soutenir le plus à droite des candidats pour bien marquer que gauche et droite,
ce
n
'est
pas pareil et que ce n
'est
pas du tout un avenir commun. – Alors qu'il n'a jamais été un grand ami de Laurent Wauquiez, quand même Nicolas Sarkozy. Parce que Laurent Wauquiez a eu des relations difficiles, ah oui, oui, a quand même eu des relations difficiles avec Alain Juppé, ça c'est une évidence doctrinale, avec François Fillon et avec Nicolas Sarkozy. Je peux vous dire, pour l'avoir entendu tenir des propos qui n'étaient pas extrêmement aimables, c'est simplement une stratégie maintenant de le soutenir. Alors il trouve peut-être que Laurent Wauquiez a changé, ou qu'il est différent que Laurent Wauquiez le traite
de
façon plutôt agréable, mais ce n'est pas, pour revenir sur la personnalité clivante, Laurent Wauquiez est quelqu'un qui a toujours quelques frictions avec un certain nombre de cadres des Républicains.
– Il traite tout le monde,
Laurent Wauquiez, y compris Jean-François Copé, il
a
déjeuné avec lui, je pense que Jean-François Copé fait partie des premiers déçus, qui n
'a
pas dû sans doute avoir ce qu'il espérait, et on va voir comme
ça un certain nombre de personnes. – Ils attendent. – Parce
qu'il va renouveler Laurent Wauquiez, vous verrez, c'est quelqu'un qui va tourner la page aussi d'un certain nombre de personnalités à droite et qui va rajeunir autour de lui. – Question SMS, à part attaquer le président sur ses méthodes ou sa personnalité, qu'est-ce que Laurent Wauquiez trouve à redire sur le fond des réformes ? On imagine qu'il parie sur l'échec d'Emmanuel Macron, mais enfin il faut bien aussi qu'il dise des choses. – Il parie sur l'échec et en effet il critique l'ensemble de sa politique, sa politique économique et sociale, dont il pense qu'elle va dans le mur, qu'eux ils avaient fait parce qu'il est un des seuls à redéfendre aujourd'hui le bilan de la droite au pouvoir.
Il dit nous on avait fait des choses, on avait distribué du pouvoir d'achat, les heures supplémentaires, etc. Eux ce qu'ils font c'est uniquement en direction des gros patrimoines, mais il ne faut rien pour le pays, ce qui serait une des raisons de comprendre que Macron n'aime pas les Français, n'aime pas la France. Sur la politique sécuritaire, il va plus loin qu'à peu près tout le monde, puisqu'il voudrait qu'on puisse mettre en camp de regroupement des gens qui seraient soupçonnés d'avoir des activités djihadistes,
ce
qui est
en
contradiction avec toute la tradition pénale française depuis la Révolution française. Voilà, donc il va le plus loin possible, aller jusqu'à la tolérance zéro devant le soupçon d'être lié à des activités terroristes. Il est celui qui, sur le plan identitaire, tient le même discours que Marine Le Pen, y compris dans sa région, en défendant la préférence régionale, ce qui nous rappelle quand même quelque chose dans la vie politique française, la préférence, bon, pas nationale, mais régionale. Il n'y a rien qui trouve grâce à ses yeux. L'Europe, Françoise en a parlé, il est opposé à tous les aspects de la politique de Macron.
Il a dit simplement qu'il était pour que les députés, puisqu'il n'est pas député, que les députés votent l'autorisation des ordonnances sur le travail, mais il dit que finalement les résultats ne sont pas là, c'est très bien d'avoir assoupli le marché de l'emploi, mais que ça ne va pas créer de l'emploi. Et donc il ne reconnaît rien à Macron. Il n'est pas député, mais il est président de sa région. Et ça, il le dit, il le répète. Il met en avant tout ce qu'il fait dans la région, la fameuse région Ronald-Pauvergne. C'est vraiment un succès, à la fois la méthode, les résultats. Qu'est-ce qui se passe ?
Sur la région,
il faut lui reconnaître qu'il a réussi à prendre en main la région. Il s'est fait élire sur une politique et un discours très, très à droite. Et puis après, il a réussi à mettre dans sa poche les centristes, qui étaient plus ou moins consentants. Mais en tout cas, c'est vrai que maintenant,
jusqu'au Moselle, absolument,
qui normalement devait être l'opposant principal. Donc il a réussi ça. Maintenant, il y a une chose aussi qui est importante chez Wauquiez, dans son discours, c'est qu'il dit « Je veux récupérer l'électorat populaire ». C'est-à-dire que la droite ne peut être un grand parti que si elle est populaire. Et là, il touche effectivement une fibre difficile chez Macron. C'est que Macron fait des réformes, mais Macron n'a pas le soutien populaire, des classes populaires. Et donc, Wauquiez va essayer de faire tout un discours en disant « Il faut du pouvoir d'achat ».
Et c'est sa critique aussi très forte sur l'assistanat pour essayer de récupérer une partie de l'électorat de Marine Le Pen, ouvriers, employés, qui sont beaucoup sur cette théorie-là.
C'est vrai que je crois qu'il va faire… On voit bien qu
'il
veut faire évoluer la droite, qui sera sans doute
la
droite Wauquiez, on verra, qui sera plus à droite, mais qui sera sans doute moins bourgeoise, plus populaire, parce qu'aujourd'hui, c'est simplement une question électorale. Il voit bien que ça, c'est parti chez Macron, et qui va essayer de la recentrer sur une droite beaucoup plus populaire. Peut-être, vous savez, le RPR des années, des débuts,
c
'était quand même ça aussi, c'était une droite plus populaire qui s'est embourgeoisée, Wauquiez dit, sans le citer, un peu dans les années Juppé, justement. – Nathalie Saint-Cricq, il veut être l'homme qui lutte contre les élites. –
Là, ils sont plusieurs dans ce cas-là.
– Ça fait
presque sourire quand on voit le parcours de
Laurent
Wauquiez, qui
incarne… –
Effectivement, il n
'y a
pas
plus
de surdiplômés, et en plus, chaque fois qu
'il
fait une école, il en sort majeur. Donc, effectivement, les élites…
– Jusqu'à l'éna.
– Exactement, mais il est obligé de gommer cette… Alors, je ne
vais
pas vous refaire la fameuse histoire de celui qui s'exprime avec 200 mots, alors qu'il serait largement capable d'en utiliser infiniment plus. Oui, mais il a un discours anti-élite, mais c'est ce que disait Bruno, c'est qu'en gros, on a trois opposants. On a Marine Le Pen, on a Laurent Wauquiez, on a Jean-Luc Mélenchon, et tout le monde travaille avec la même surface de gens. Emmanuel Macron est censé représenter classe moyenne, classe moyenne supérieure, les gens un peu éduqués, un peu mondialisés, les gens de droite qui ne
sont
pas totalement à droite, les gens de gauche qui ont trouvé que la gauche n'était pas bien. Bref, il travaille avec une masse de gens, et en face, c'est l'électorat populaire, anti-européen, inquiet, un peu identitaire. Donc, ils sont chacun à leur manière, ces trois-là, à essayer de se partager ce segment-là, et chacun avec son style. Alors, le discours anti-élite,
ça
marche toujours, parce que c'est un grand classique. C'est les pauvres, les malheureux, les... Mais ça
marche,
même quand on a
été major de l'ENA ?
Mais attendez, ça marche. Je ne sais pas, est
-ce
que les gens, à un moment donné, se rendent compte de ce que sont véritablement les personnes qui sont candidats ? J'ai tendance à croire que oui, et qu'on ne peut pas, et qu'il y
a
la vérité d'un homme, ça se voit. Je ne pense pas non plus qu'à la télé, on peut...
Il compense aussi avec son ancrage au puits. Il a
des diplômes,
il est ultra-diplômé,
c
'est le représentant des élites, clairement,
parisiennes. Mais il est celle qu'on pensait avec son
ancrage au
puits. C'était Chirac qui... Tant que personne
ne le dira. C'est-à-dire que, je ne reviens pas à mon état de sidération, mais je ne
sais
pas si vous avez remarqué, hier, Laurent Wauquiez, enfin dimanche, passe son temps à dire des horreurs sur Emmanuel Maud quand on le traitait avec une violence. On l'a dit tout à
l
'heure. Est-ce que vous avez quelqu'un de la Macronie qui a réagi ?
Rien.
La consigne a été donnée de « on ne répond pas » pour faire monter Laurent Wauquiez. Donc, si vous voulez, à partir du moment où on n
'a
pas entendu Alain Juppé dire « pas nous, pas ça », j'en rappelle à l'UMP, etc. En gros, si vous voulez, personne ne répond. Donc, il peut continuer à faire son discours anti-élite. Et puis, son Mélenchon dépressif, on va en parler, je crois, Marine Le Pen et lui, a continué à taper sur ce système comme si faire partie d'une élite, c'était une honte.
Enfin,
un truc assez étrange. Il y
a
une
nuance. Et il y a les journalistes aussi, après.
Les journalistes aussi font partie des gens qu'il faut… Mais ce n
'est
pas grave, il a
le droit.
Il
y a peut-être
une nuance, c'est que pour avoir un discours vraiment anti-élite, il faut aussi avoir un rapport au peuple très charismatique. Est-ce que Laurent Wauquiez a le charisme ? Qu'avait d'ailleurs Nicolas Sarkozy. Qu'a Marine Le Pen, dans un certain sens. Et
qu'à Mélenchon.
Et qu'à Mélenchon. Ça, ça va être l'interrogation des mois qui viennent.
Laurent Wauquiez passe à l'offensive. Pendant ce temps, Jean-Luc Mélenchon déprime. Il n'a pas réussi à mobiliser les foules contre le code du travail. Et il reconnaît même sa défaite dans ce match avec Emmanuel Macron. Le leader de la France insoumise cherche un nouveau souffle. Lucie Lémar, Clotilde Bravko, Laurent Hirsch et Thomas Buyer.
Il était venu remonter le moral de la gauche grecque. Mais Jean-Luc Mélenchon, en voyage à Athènes, tourne le regard vers ses propres combats. Et des abusés dressent le bilan du match contre Emmanuel Macron.
Là, on est obligé de le constater. Monsieur Macron, d'ailleurs, il s'en est vanté à son interview. Il a dit, j'y suis arrivé en cinq mois.
Bon,
il est arrivé, vous connaissez notre réplique. On lui a dit, bonhomme, attends, c'est pas terminé. Bon, mais
pour
l'instant, c'est lui qui a le poids. Il ne
faut
pas chercher à le cacher. Parce que si on raconte des histoires, on n'est pas crédible.
Les
gens se disent, mais ils parlent de choses qui n'existent pas.
Donc,
voilà la situation. Bon, on
peut
espérer reprendre le point. Et c'est clair que si la jeunesse se met en mouvement,
ça
y est, c'est parti.
Mais
ce n
'est
pas le cas.
Découragé, au terme de la première bataille, lui qui, il y a encore quelques semaines, s'affichait comme le principal opposant du président. Pourtant, tous les ingrédients étaient là pour que la colère s'embrase. Mobilisation vite retombée. En septembre, les dates de manifestations s'accumulent. Le front social se divise. Impossible de fédérer, Jean-Luc Mélenchon abandonne même son rêve de faire défiler plus d'un million de personnes sur les Champs-Elysées.
Le
leader de la France insoumise, déprimé.
Non, non,
Jean-Luc Mélenchon n'a pas le blues. Donc, voilà,
je
vais
rassurer
tout le monde. Simplement analyser lucidement
la situation pour mieux savoir comment on combat
la
politique d'Emmanuel Macron. C'est toujours utile dans la
période. L'un de ses lieutenants, Éric Coquerel, reconnaît que les divisions avec les syndicats ont affaibli le mouvement. S'il n'y a pas une idée, il faudra peut-être trouver d'autres voies qui, quand même, montrent qu'on est majoritaire dans ce pays. Que nos idées sont majoritaires dans ce pays et qu'Emmanuel Macron ne l'est pas. Voilà, c'est une bataille, j'allais dire, ça sera une bataille de tous les jours. Mais la partie n'est pas... C'est pas parce qu'à un moment donné, on estime qu'il a gagné un point, que la partie est finie, loin de
là. Pour
gagner la partie, la France Insoumise, fragilisée, place tous ses espoirs dans la jeunesse. Au premier tour de l'élection présidentielle, le mouvement a recueilli un tiers des voix des moins de 25 ans. Parmi eux, Marianne, William et Augustin, étudiants et militants de la France Insoumise.
On fait
l
'accueil de la bibliothèque ? On
fait l
'accueil de la bibliothèque ?
À
Athènes. Mais aujourd'hui, ils ont du mal à faire passer le message. Non, pas intéressés
non plus. Y'a pas ceci,
bonne
journée.
Bonjour,
vous l'avez eu déjà, non ? Non,
pas intéressés, ça marche.
Bonne journée, au revoir.
Tout le mois de septembre et la première quinzaine d'octobre, les étudiants étaient assez mobilisés. On avait des retours vraiment favorables lorsqu'on distribuait notre acte. Les jeunes, on sentait vraiment qu'il y avait une volonté de s'opposer au gouvernement
dans
ces mesures. Et là, depuis la quinzaine d'octobre,
à
peu près, on sent, même au sein des militants, une démobilisation. On se dit, on a fait des manifestations, y'a eu aucun résultat, toutes les ordonnances se sont passées. Bon, on se dit, en fin de compte, ça marche pas beaucoup. Donc, je pense que ça explique cette démobilisation-là.
À
l'annonce de la réforme de l'université, les étudiants se préparent pourtant à descendre une nouvelle fois dans la rue le 16 novembre.
Mais contentement étudiant contre la sélection à la fac, une opportunité pour la France insoumise, qui promet déjà de soutenir le mouvement.
Bon,
Roland Caïrol, qu'est-ce qui se passe avec Jean-Luc Mélenchon ? Est-ce qu'il a, sans faire de psychologie de comptoir, une sorte de contre-coup de la présidentielle ? Qu'est-ce qui se passe ? Oui,
je
crois, bon, c'est vrai que déjà, il avait très mal encaissé de ne pas être au deuxième tour de la présidentielle, et que ça s'était vu,
et
qu'il s'était requinclé un peu avec cette histoire des ordonnances. Et il s'était persuadé qu'il allait y avoir finalement une mobilisation formidable. Rappelez-vous, on sera un million sur les Champs-Élysées, vous ne dites pas un truc comme ça, même si vous ne pensez pas le faire, vous pensez quand même que vous êtes
en
train de créer un mouvement qui va faire effet cumulatif dans le pays. Clairement,
il
n'y
en
a pas eu. On a tous eu, on a tous dit pendant ce temps-là, non, ça ne prend pas, les gens, ils savaient que ça se passerait comme ça, Macron l'avait annoncé, il le fait, c'est un combat d'arrière-garde, il n
'y a
que des militants, il y avait de moins en moins de gens dans les manifs, et il s'est raconté longtemps, Mélenchon, que non, non, non, ça prenait, ça allait prendre. Vous entendez ce jeune militant qui disait « jusqu'encore,
il
n
'y
a pas longtemps, on avait le sentiment qu'il y avait des gens qui voulaient se battre contre le gouvernement ». Ben non, c'est une erreur d'analyse.
Il
faut bien à un moment, ce n
'est
pas seulement qu'il a un coup de blouse, il a sûrement un coup de blouse, et on sait qu'il est en effet sujet au coup de blouse de temps en temps dans sa carrière, Mélenchon. Donc il a sûrement un coup de blouse, mais ce n
'est
pas seulement ça. Je crois qu'il lui faut maintenant tourner cette page-là pour espérer en ouvrir une autre. Sans quoi on va lui rappeler toujours « et alors ça vient, ta mobilisation, ton million sur les Champs-Elysées, il commence quand ? » Voilà, il faut qu'il accuse réception à l'opinion publique du fait que, bon, ça n'a pas marché ce truc-là, on va maintenant se recentrer sur les problèmes nouveaux de l'actualité. C'est ce qu'il a fait, donc, en disant « voilà, en gros j'ai perdu », il a dit « Macron a marqué le point ». C'est suffisamment rare pour être signalé
et
souligné. Absolument.
C'est
très rare qu'un homme politique comme ça, pour le coup, celui qui avait annoncé un automne social explosif, celui qui voulait faire déferler, avait annoncé une déferlante sur les Champs-Elysées, ça montre quand même le degré. À la fois, parce que la psychologie de Jean-Luc Mélenchon, sans tomber dans la psychologie de comptoir, c'est quand même un mélange à la fois de mégalomanie et quand même une petite dose de paranoïa. Donc, les deux, parfois, ça a créé chez Mélenchon des choses…
Moi, je me souviens, par exemple, en 2012, je l'avais interviewé pendant l'été, à son retour de son long séjour en Amérique du Sud, il m'avait vraiment dit qu'il n'était pas bien après la présidentielle de 2012 et qu'il avait eu besoin, pendant cinq semaines, de partir seul au Venezuela et en Amérique du Sud. Là,
il
y
a
sans doute un contre-coup, je crois que c'est ça. Il admet le point perdu et puis, avec sa formule, en reparlant du petit bonhomme, enfin, avec les formules à la Mélenchon, et puis, il espère se refaire. Mais je crois qu'au-delà de ça, il
y
a de l'inquiétude parce que c'est son mouvement aussi. Jean-Luc Mélenchon, il doit être aussi un peu lassé par… Il y a eu aussi quelques polémiques. On connaît Jean-Luc Mélenchon, les polémiques sur les logements de certains de ses proches, les propos de Mme Obono sur la laïcité. Tout ça,
c
'est la gestion quotidienne d'un mouvement. C'est quelque chose quand même que Jean-Luc Mélenchon n'aime pas beaucoup. Donc, je pense que c'est aussi une période qu'il n'aime pas trop en ce moment. Et du coup, il tire un peu le rideau et sans doute, espérant peut-être se refaire au mois de janvier, repartir sur de nouvelles bases. Parce que là, clairement, pour l'automne, il laisse le point à Emmanuel Macron. – François Sressose.
– Ce
qui est intéressant dans l'analyse qu'il fait, c'est qu'il dit en fait, la France, elle a résisté jusqu'à présent aux assauts libéraux. Et là, tout d'un coup, Macron marque un point. Et c'est vrai que quand on analyse froidement la situation, c'est vrai que les Français ne sont pas convertis au libéralisme. C'est vrai qu'une majorité de Français étaient hostiles aux ordonnances. C'est vrai qu'une majorité de Français est hostile à la politique fiscale. Et donc, je pense que Mélenchon s'est dit « La base sociologique fait que normalement, on devrait avoir un million de personnes dans les rues et cette politique devrait être contestée. » Et en fait, il ne s'est rien passé.
Alors, qu'est-ce qui s
'est
passé ? Est-ce que c'est les divisions syndicales ? Est-ce que c'est ses propres relations, lui, avec les leaders syndicaux ? On a vu qu'avec Martinez de la CGT, ça se passait mal. On a vu qu'avec Mailly, ça se passait mal. Et que sans arrêt, les leaders disaient « Mais occupe-toi de tes problèmes. Nous, on fait de la contestation syndicale. On n'est pas dans le mouvement politique. » Donc, je pense que le gros problème de Mélenchon, c'est comment est-ce qu'il va pouvoir… Il est l'opposant principal aux yeux des Français, mais sur quelle force il va s'appuyer ? Pour quelle politique ? On ne comprend rien à sa révolution citoyenne. Honnêtement, moi, j'ai lu sa grande interview dans le 1.
Il dit que
«
Mon mouvement est gazeux ». Vous comprenez ce que c'est, un mouvement gazeux, vous ? Donc, le débouché politique est incompréhensible. Et les forces politiques sur lesquelles il voulait s'appuyer, elles ne sont pas là. Donc, il est, pour le moment, le roi est nu et va être obligé de chercher un nouveau terrain pour essayer de rebondir.
Est-ce qu'il y
a
aussi un problème au sein de la France insoumise ? Bruno Jeudy a évoqué à l'instant ces polémiques à répétition, alors parfois un peu anecdotiques, Raquel Garrido sur C8, et puis des choses plus lourdes.
Il
y a des choses à la fois qu'on peut qualifier d'anecdotiques, y compris l'appartement de Daniel Simonnet. Mais c'est vrai que pour un mouvement qui se drape d'une forme de pureté quasiment révolutionnaire, ça fait un peu désordre.
Et il y a effectivement aussi, quand on connaît Jean-Luc Mélenchon, ou le Jean-Luc Mélenchon, l'ancien, celui qui était laïque et laïque, et qui avait une conception, y compris vis-à-vis des femmes, d'un grand respect de la laïcité, et qu'on voit les propos, parce que pour aller sur Daliel Obono, qui n'a pas considéré que quand un homme avait refusé de conduire un bus derrière une femme, c'était que du sexisme, alors que ça ne posait pas le problème d'une certaine façon de stigmatiser la population féminine. Je crois qu'il est un peu miné par ça, qu'il a aussi des personnes, des députés comme M. Ruffin, qui ne réussit pas très bien à maîtriser.
Je pense qu'il a un phénomène d'enquiétude, c'est d'être le dégagiste dégagé, c'est-à-dire de perdre la main. Je pense qu'il a aussi un phénomène d'âge, peut-être, c'est-à-dire qu'il est né en 51, je crois, 66 ans, et on ne peut pas vivre sans arrêt dans la perspective de la présidentielle sans se dire qu'à un moment donné, on n'aura plus forcément le courage de faire ça. Et en plus, c'est quelqu'un qui a toujours été avec des hauts et des bas, c'est-à-dire grosse dépression en 2002, après l'échec de Lionel Jospin, courage, on mobilise et puis après on se décourage, on refuse de croire qu'on n'est pas au deuxième tour le soir du premier tour.
Donc je pense qu'il est très cyclotimique et que là, on est dans une période, et qu'il cherche, mais comme disait Françoise, il est face à une société un peu atomisée, et que même s'il fait sa télé, même s'il se grise de ses propres troupes en essayant de communiquer directement, il a un mouvement d'abattement profond
et c'est dans
son tempérament.
Il
a toujours été comme ça. Il y a un autre élément qui est important pour lui,
c
'est que qui a voté pour Mélenchon, ce sont les jeunes. Il a espéré une forte mobilisation à l'occasion de la réforme d'aujourd'hui sur l'entrée à l'université et éventuellement la sélection, ça ne bouge pas du tout. Et donc là aussi, pour lui, c'est un indice compliqué de comment mobiliser la société.
Et puis j'ai juste oublié, quand on voit l'affrontement avec Manuel Valls, c'est-à-dire que Manuel Valls est en traité en gros le groupe de la France insoumise d'être un peu noyauté par les islamo-gauchistes, qu'il l'a, Manuel Valls dit qu'il l'a effectivement traité de nazi et tout, je pense que Jean-Luc Mélenchon doit être aussi triste de ses écarts, c'est-à-dire qu'à un moment donné, il appelle à la casserole-là, ça devient un truc assez pathétiquement ridicule, il traite Valls de nazi sur le fond. Quand on connaît Mélenchon, qui a quand même été secrétaire d'État de Jospin et tout, traité Valls de nazi, il a dû se dire quand même que ce n'était pas possible de dire des choses pareilles.
Donc je ne suis pas perçois de... Ah, bon.
C
'est quand même étrange. Alors il y
a
peut-être deux Mélenchon qui collabitent, et mettons que celui qui a traité Valls de nazi doit se dire que...
Qu'est-ce
que vous voulez dire, Roland Guirole
? Non,
non, moi je crois que tout ça doit jouer, mais je crois que l'essentiel, c'est quand même la déception devant la non-mobilisation sociale de toute cette période. Je crois qu'il a vraiment cru qu'il allait emporter le marceau, grâce
à la rue, grâce aux
troupes syndicales, grâce aux troupes militantes,
et
qu'il voit que rien n'a bougé. Ça veut dire que c'est une erreur d'analyse fondamentale. Quand vous aspirez à être le directeur de l'opposition, et que vous voyez que malgré des sondages qui paraissent dire « parce qu'a dit Françoise, les gens ne
sont
pas pour
», ça
ne marche pas, ça veut dire que
c'est quand même
un bilan à tirer. Regardez la question SMS. Dans son rôle d'opposant numéro 1 à Macron, c'est ce qu'on explique depuis des semaines, y compris ici. Mélenchon est-il encore crédible ? Voilà
la
question. Je crois que là encore, il s'est sans doute, d'une certaine manière, surestimé dans tous les paris qu'il a pu faire. Alors c'est vrai qu'il a vraiment cru qu'il serait au second tour. D'abord,
il
faut vraiment le dire, il a vraiment cru qu'il serait au second tour. Jusqu
'au soir de l
'élection.
Jusqu'au soir de l'élection, il n'est jamais apparu
dans les sondages possiblement secondes, enfin on sait que c'était serré. Il est quand même quatrième, il faut le redire.
Il était grisé ? Oui, il s'est laissé griser. Et
ensuite, dans l'opposition, le côté « je suis l'opposant numéro 1 », et c'est vrai qu'à 17, ils ont fait du bruit comme ça pendant tout l'été.
Et on l'a aidé en face. 17
députés. Et sans doute que les médias ont 17 députés.
Et
sans doute que les médias, effectivement, l'ont survalorisé.
Pas que les politiques
aussi. Emmanuel Macron a été absolument enchanté d
'avoir une caricature
d'opposition. Enchanté.
Pas une interview
d'Emmanuel Macron sans qu'il ne
cite Jean-Luc Mélenchon. Donc c'est vrai qu'il s'est aussi surestimé et il s'est enivré de ça aussi un peu. Parce que quand même, sa manif à la République annonçait une déferlante 1 million de personnes aux Champs-Elysées. Franchement, il y a eu un problème de lucidité. Et aujourd'hui, Jean-Luc Mélenchon, il revient à ce qu'il est. C'est
-à-dire quand
même quelqu'un qui est isolé, qui ne veut pas être avec les autres partenaires de gauche. Et finalement, ça commence à se voir que c
'est la France insoumise.
Il ne
veut
pas des communistes.
Il
ne
veut
jamais… il ne reverra des socialistes de pro de loin. Comment un jour il arrive au pouvoir sans avoir… Benoît. Peut-être Benoît Hamon, oui. Donc il fait aussi des erreurs d'analyse. François Spressoz.
Je pense qu'il a sous-estimé quelque chose de fondamental. C'est que quand vous remportez l'élection présidentielle, vous avez une légitimité populaire pour mettre en œuvre le projet que vous avez énoncé avant l'élection. C'est-à-dire qu'à chaque fois, Macron, à chaque fois qu'il y
a
eu une réforme, il a dit « J'avais tout dit avant. Il n
'y
a pas de zone d'ombre et je déroule mon projet. » Et ceux qui ne sont pas contents, ils se taisent parce qu'ils le laissent faire. Et les autres, ils disent « Ça y est, ils déroulent le projet. » Je pense que les ennuis pour Macron risquent de commencer quand il sera… Il aura terminé cette phase de dérouler son projet, qu'il devra choisir d'autres réformes. Parce qu'il y a quand même… Ce que sent Mélenchon et qui est vrai, c'est qu'il n'y a pas d'assises populaires dans les réformes que fait Macron.
Et donc, il restera à se disputer, et c'est d'ailleurs tous ceux qui veulent représenter la France du nom qui se mettent sur cette position d'opposant, sur « Il y a peut-être un mouvement populaire contre Macron à monter. » Mais là, Mélenchon, dans la première période, la première phase, il s'est planté, c'est sûr.
Alors, de son côté, le Parti socialiste est toujours en convalescence. Le PS se cherche un leader entre la nouvelle génération qui souhaite s'affirmer et une vieille garde qui ne lâche pas l'affaire. Georges Lédric, Pierre de Horme. Bernard Cazeneuve, tout sourire, dans la librairie favorite de François Hollande. Certains y voyaient le symbole
politique d'un homme capable de rassembler la famille socialiste.
On
va faire un petit dîner là
avec
Véronique.
Mais pour la dédicace de son livre, ce sont ses amis qui se sont déplacés. L'occasion d'une mise au point catégorique pour l'ancien Premier ministre.
« Je
ne sais pas diriger un appareil politique. Il y
a
des choses que je sais faire, mais il
y a
des choses que je ne sais pas faire. Donc je ne pense pas que je serais bon dans la direction d'un parti politique. Nous sommes dans une nouvelle période. Je pense qu'il faut qu'une nouvelle génération émerge. Je l'aiderai à émerger, je l'aiderai à prendre
ses responsabilités.
»
Une nouvelle génération qui aura la lourde tâche de relancer un parti aujourd'hui déboussolé. Opération Tractage pour les jeunes socialistes. Dans la rue, certains jugent le PS encore trop proche des idées d'Emmanuel Macron. « On est le mouvement des jeunes socialistes. On défend aujourd'hui notre campagne
contre Macron.
On défend notre
projet contre Macron. On est les jeunes socialistes.
Donc
on mène une campagne contre Emmanuel Macron et pour présenter notre projet. Je ne
sais
pas toi à ce que tu en penses un petit peu de tout ce qui est fait actuellement. Sur
le langage toi face à Macron,
oui,
engagement des jeunes socialistes, non.
Pas toujours facile d'être un jeune militant socialiste. Aujourd'hui, Estelle et Pierre en sont convaincus. La renaissance du PS passera d'abord par les idées.
« Je trouve que c'est un peu démagogique de dire que tout passe par le renouvellement des têtes. Je pense que le renouvellement doit aussi et surtout se faire par les idées.
»
« Les
militants aujourd'hui attendent une clarification de la ligne. Ils attendent que les débats soient tranchés.
»
Loin des projecteurs, rue de Solferino, Isabelle Thys Saint-Jean tente justement de relancer la réflexion. Peu connue du grand public, cet élu régional est en charge des forums de la refondation OPS. Des débats
organisés
chaque semaine.
«
La nouvelle équipe de direction, ça se passe assez bien en interne, contrairement à tout ce qu'on lit sur la presse, sur les calculs de machin bidu, les trucs qui, le congrès. La réalité, c'est qu'il y
a
quand même des gens qui bossent, qui mettent en place les forums, qui avancent. Donc l'ambiance est meilleure et il y a des débats au bureau national qui ne se tenaient pas avant.
»
Officiellement donc, le Parti Socialiste se remet au travail.
À
l'Assemblée Nationale en revanche, beaucoup de cadres du parti ne semblent même pas au courant.
«
Rue de Solferino,
il y a un débat qui est organisé demain.
»
« Là, vous me l'apprenez en fait. Vous êtes sûr qu'il y
a
un débat demain ? »
«
Vous serez au débat demain soir, rue de Solferino
? » «
Au débat demain soir, rue de Solferino. Sur quoi
? »
« Justement, c'est le premier débat qui est organisé par le Parti Socialiste. »
«
Ah, sur les forums, là ? »
« Oui. »
«
Écoutez, moi je travaille là aussi, sur une réflexion. J'aurai l
'occasion de m'exprimer d'ici fin novembre. Je dirais ce que je pense de toute une séquence qui est longue, à mon avis, qui part d
'assez loin.
»
« Des ténors pas concernés
et
des têtes d'affiches qui claquent la porte.
Pour
Benoît Hamon, la politique se passe désormais en dehors du PS, au sein du mouvement du 1er juillet. » «
Une dernière
initiative en date, une consultation nationale auprès des citoyens.
» «
De cette consultation naîtra un mouvement dont l'orientation sera inspirée de ces choses essentielles de la vie dont vous nous parlerez, mais aussi de la volonté qui est la vôtre, de fixer un principe, un fonctionnement, une démocratie qui nous permette de rompre avec tous les modèles qui ont pu exister auparavant et qui ne satisfont plus personne aujourd'hui.
»
« L'ancien candidat trace sa route quand l'ancien président multiplie les apparitions médiatiques, comme ici en Corée du Sud.
Prochain déplacement, une rencontre avec le Premier ministre portugais la semaine prochaine. »
« Et
une question toujours sans
réponse, quel rôle jouera François Hollande dans la reconstruction du PS ?
» «
Oui, la question est posée aussi par un téléspectateur. Regardez, François Hollande cherche-t-il à reprendre en main le parti social ? »
«
Tout le monde sourit. Écoutez, on est quand même bien obligé, Bruno Jeuny, de se poser la question. »
«
Bien sûr, la question du téléspectateur est tout à fait fondée. François Hollande, évidemment, qui suit tout ça de très près, évidemment, qui voudrait tirer les ficelles, qu'un proche puisse prendre le parti. » «
C
'est lui qui a un peu suggéré l'idée de Bernard Cazeneuve. Il a essayé d'en pousser d'autres. » «
Et
qu'un nom apparaît, il y a quelqu'un de la jeune garde, en l'occurrence Olivier Faure, qui est le président des députés Nouvelle-Gauche. »
«
Ça ne s'appelle plus parti socialiste, d'ailleurs, à l'Assemblée nationale, déjà. »
« Et
Olivier Faure, tout de suite, a dit « Mais bon, le renouvellement, ce n
'est
pas les anciennes têtes.
» « Il
y a, voilà, entre les anciens et le relève, ce qu'il en reste, parce qu'ils sont quand même peu nombreux, les députés sont dix fois moins nombreux, les adhérents n'en parlons pas, le parti licencie les deux tiers de ses permanents, les dettes, il y
a
une montagne d'argent qui a disparu et donc il n
'y
a plus de finances. Mais c'est un parti qui existe toujours, il y a des élus locaux et il y a une volonté de la part d'un noyau dur de jeunes d'essayer de relever le parti avec François Hollande pour eux le plus loin possible, mais un François Hollande qui va vouloir peser, évidemment. »
«
Donc, Nathalie Saint-Cricq,
on
est bien face à
une
situation où les éléphants sont toujours là.
»
« Il n'y
en
a plus beaucoup.
» « Bernard Cazeneuve.
» « Non, ce n
'est
pas un vrai éléphant.
» « Ce n'est pas un éléphant,
Bernard Cazeneuve. »
« Et puis
de toute façon, je crois que dans sa tête, il a vraiment envie d'autre chose. » « François Hollande, c'est une sorte d'éléphant.
» « Le dernier des éléphants.
»
« Mais
de fait, c'est sa vie, la politique, donc ça serait bien étrange qu'il arrête maintenant. »
« Il
a toujours été un obsédé de ce genre de choses. »
« Tous
les gens qu'il connaissait disaient qu'il était capable de vous citer quel était le député, qui était le candidat de la 3e de l'aube, et qu'il avait dit « Attention, là, il aurait une triangulaire en 1912 et tout,
que
c'est un connaisseur de la carte électorale. » « Il adore ce genre de choses. » «
Donc
évidemment qu'il essaie, évidemment qu'il est très humilié de la non-reconnaissance de son bilan, et qu'il pense qu'il doit y avoir aussi des gens qui portent cette parole. »
« C
'est-à
-dire
que ce n'est pas uniquement pour aller tirer des ficelles. »
«
C'est aussi parce qu'il considère qu'il est injustement traité, et qu'il doit bien y avoir des gens qui, sur le devant de la scène, dans les médias, disent « Attendez, il est gentil Emmanuel Macron, mais François Hollande avait commencé avant. » «
Voilà,
mais il a eu une retraite, une diète médiatique qui a dû durer, je ne
sais
pas, un mois et demi, deux mois, six semaines. »
« Et
il en rêve, voilà, il en rêve, et il continue. »
«
On ne
peut
pas lui demander non plus d'arrêter tout du jour au lendemain et de se mettre à la tapisserie.
»
« Je
pense qu
'il
finira sans doute par y avoir une place au fur et à mesure que, inévitablement, Macron rencontrera des problèmes et aura des échecs.
» «
Faudra bien qu'il y
ait
des gens qui, sur sa gauche, ne sont pas contents de la politique menée, et qui vont exploiter ces échecs, et qui peuvent faire renaître quelque chose qui ressemblera à un parti socialiste. » « Et on n'y est pas.
»
Donc, pour le moment, il s'agit de préparer la préparation d'un éventuel moment où on pourra vraiment faire quelque chose. Et on n'en est que là. Mais comme dans les partis politiques, on ne
peut
pas s'asseoir et dire « Attendons, on se tonne deux ans, puis on revient voir.
»
Eh bien, on fait semblant d'occuper le terrain. On commence à dire des choses dont on se souviendra demain, en disant « Ah ben oui, c'est vrai, il l'avait dit il
y
a deux ans. »
«
Ah ben voilà. » Donc,
on
en est là. C'est assez pathétique. Mais il n
'y
a plus d'éléphants. Tous les gens connus du Parti Socialiste ont disparu. Les jeunes ne sont pas encore déchiffrables. Et entre les jeunes et les éléphants, il y a les oliviers forts qui occupent gentiment le terrain sans imprimer rien. Et Hollande, lui, comme il a en effet un goût profond de la politique et de la vie politique et de la vie partisane, il essaye de penser avec deux ans d'avance, de voir les gens, de les recevoir au bureau de sa fondation, de parler avec eux, d'aller manger avec eux. Il est toujours aussi sympathique, me dit-on. Et donc, voilà, d'entretenir ce qui, un jour, sera une flamme
qu
'on pourra faire redémarrer. Mais il n'y a rien d'autre pour le moment.
– François
Sressos.
–
Je pense qu'il ne
faut
pas sous-estimer le traumatisme que François Hollande a subi de ne pas pouvoir se présenter à l'élection présidentielle. Et derrière, ça ne touche même pas tellement l'histoire de la Ve République, ça touche l'histoire du Parti Socialiste. Est-ce que ce qu'il a voulu incarner, c'est
-à
-dire la social-démocratie, est amené à disparaître ou est-ce qu'il peut la sauver encore ? Et je pense que c'est un peu ça qu'il a en tête, c'est de se dire, Macron c'est du social-libéralisme, Mélenchon c'est une autre gauche qui va jouer contre le Parti Socialiste, et moi je me dois d'essayer de sauver la social-démocratie. Alors il s'y emploie à la fois au Parti Socialiste avec peu de succès et puis il
y
a la Fondation Jean Jaurès qui est un autre lieu où Jean-Marc Ayrault va faire son entrée très prochainement et où ils vont essayer je pense de réfléchir à ce que peut être la social-démocratie dans les années à venir parce que ça c'est vraiment, ça fait partie de l'histoire du socialiste,
c
'est-à-dire est-ce que la social-démocratie va mourir avec Hollande ou est-ce qu'il y a une possibilité de reprendre ? Et ça je pense qu'il est très soucieux pour resituer son bilan dans cette histoire-là.
– Voici maintenant vos questions SMS et Internet.
Allez
on revient à Laurent Wauquiez, on l'évoquait en début d'émission, Laurent Wauquiez est-il l'homme qui va enfin faire l'union des droites ?
–
Moi je
pense que
c'est son objectif, je pense que vu la situation où Macron a pris vraiment l'option sur la droite libérale, il veut essayer de faire l'union des droites,
c
'est
-à
-dire droite et droite extrême.
– Lui-même dit, pas d'accord ni de près ni de loin avec les arrières boutiques du FN, avec les leaders du FN, mais évidemment que je veux faire revenir les électeurs partis au Front National, c'est le même Paris, ce que disait Roland Quairol que Nicolas Sarkozy, maintenant c'était en 2007, nous sommes en 2017, l'époque a changé, la droite a été au pouvoir, puis la gauche, le pari de Laurent Wauquiez reste le même, peut-être qu'il faut le modifier, mais ce qui est certain c'est que Laurent Wauquiez sait que si jamais il franchit cette ligne, alors là il perdra une grande partie des Républicains. – Laurent Wauquiez est-il conseillé par Nicolas Sarkozy ?
–
Il le voit assez régulièrement, ils ont déjeuné plusieurs fois, et quand on connaît Nicolas Sarkozy, on sait qu'il a toujours plein de conseils à
livrer.
– Ils ne
sont pas forcément
suivis par ceux qui les écoutent d'ailleurs.
–
Mélenchon n
'est
-il pas à la recherche d'un nouvel angle d'attaque ? – Alors ça pourrait être quoi le nouvel angle d'attaque
?
– Il est allé à Athènes chercher un plan B, il va essayer de faire une liste des plans B au niveau européen, mais comment
c'est gazeux ? – Il y a quand
même une évolution où il devient de plus en plus anti-européen, sur ce qu'il était moins pendant la campagne présidentielle, et là depuis la rentrée on sent qu'il essaie d'occuper, pour s'opposer à Emmanuel Macron qui a fait deux grands discours européens, il est vraiment en train de creper ça, et l'affaire du drapeau de ce point de vue-là a été plus que symbolique. – Wauquiez et Philippot pourraient-ils finir par s'entendre et s'allier ? –
Oui il
y a
des choses, ils ont des choses en commun dans la thématique, dans le discours, cette espèce de façon de voir une Europe assez restreinte, et puis on n
'a
pas parlé de Marion Maréchal tout à l'heure en répondant, mais ça dépend quel est le Front National de demain, parce que tout ça on est dans le temps long comme disait Roland, ça peut être dans deux ans,
ça
peut être dans trois ans, il est jeune Laurent Wauquiez,
il
voit les choses peut-être dans dix ans, et dans dix ans qui vous dit qu'il
n
'y aura pas une Marion Maréchal qui finalement sera très normalisée, et que si elle bouge un peu vers la droite et qu'il bouge un peu vers l'extrême, tout ça ça pourra travailler ensemble, Philippot pourquoi pas
? – Nathalie
Kosciusko-Morizet, ne pourrait-elle pas tenter un retour et créer un parti avec Valérie Pécresse ?
–
Pour l'instant non, Nathalie Kosciusko-Morizet cherche du travail, c'est d'ailleurs pas si facile que ça, dit-elle, pour en trouver, enfin en tous les cas chercher à faire une nouvelle carrière dans le privé et pas faire du lobbying comme le font beaucoup de politiques en fin de carrière, donc non, elle n
'est
pour l'instant pas du tout sur l'idée de revenir dans l'immédiat. Diviser pour régner, n'est-ce pas, en fin de compte, la méthode Macron ?
–
Écoutez, oui, on peut dire ça, il a fait toute une campagne présidentielle à savoir en effet comment casser la gauche et la droite, c'est une réussite spectaculaire, rendez-vous compte qu'il fait 24% au premier tour, 12 viennent de droite et du centre, 12 viennent de gauche. Il aurait voulu le faire exprès, il n'aurait pas fait mieux, et il a en effet durablement cassé les appareils de la droite et de la gauche, les appareils, les groupes parlementaires, les effectifs militants et
les
efforts idéologiques, c'est-à-dire que tout ça a quand même été pulvérisé, c'est Wauquiez lui-même qui disait dans le reportage tout à l'heure, façon puze quoi, et dans le puzzle, il reste maintenant à reconstruire de chaque côté des morceaux pour essayer de refaire un dessin qui soit reconnaissable.
– Et
pour compléter, il a installé le clivage Europe-anti-Europe,
c
'est-à-dire mondialisation-antimondialisation, et on voit que ça a sous-tendu toutes les missions, c'est-à-dire que maintenant on a vraiment deux hémisphères politiques avec une France dans la globalisation plutôt heureuse et une France qui dit non, qui est sur le recentrage national, et là-dessus il y a une part de marché et qui se dispute effectivement, trois personnes, Le Pen, Mélenchon et Wauquiez.
– En
tout cas c'est ce qu'ils ont intérêt à faire croire, nous ne savons pas si ça se passera comme ça, et nous ne savons pas si les éléments de protection que Macron dit qu'il va apporter aux catégories populaires vont suffisamment les intégrer dans un système macronien. Faisons pas comme si c'était sûr que cette dénonciation faite par ces trois opposants soit une réalité observable, c'est pas encore tout à fait le cas. – Juste quand même une nuance par rapport au tableau de la décomposition politique livrée par Roland Quairol, quand même entre le PS et les Républicains, je mettrais pas tout à fait la taille, c'est pas tout à fait la même chose.
Les Républicains c'est encore 100 députés, c'est un parti qui
reste quand même
avec
une assise
locale, alors que le PS est vraiment en voie, alors pour le coup d
'explosion, d'explosion. – D'ailleurs
au-delà de ça, l'horizon politique de la prochaine présidentielle paraît tout de même plus clair à droite qu
'à gauche. – Emmanuel
Macron sait très bien qu'aujourd'hui, son opposition principale, elle l'est chez les Républicains, et pas ailleurs. –
D
'où ses efforts.
–
Alors, sans Jean-Luc Mélenchon et son indéniable talent d'orateur, que resterait-il des insoumis ?
–
C'est-à-dire qu'il a dit lui-même que, quand on lui a demandé plusieurs fois sa succession, s'il a formé quelqu'un, il a dit que c'était François Delapierre qui est malheureusement décédé il y a quelques années, on voit mal effectivement quelqu'un qui puisse se faire respecter par les autres à ce point-là, quitte à avoir des méthodes un peu dictatoriales quand même, parce que c'est le chef et tout le monde doit se taire, et on voit des personnalités, que ce soit Alexis Corbière, enfin les gens qui… ou le jeune député du Nord, on voit mal qu'il pourrait fédérer
tout ça. – Adrien Quatennasse, en effet, émerger.
– Absolument, je me souviens de sa couleur de cheveux, mais je ne voulais pas l'appeler comme ça. On voit mal qu'il pourrait prendre la tête de tout ça et suivre la trace de Jean-Luc Mélenchon, mais d
'ailleurs
je pense qu'il ne souhaite pas non plus former trop un dauphin, c'est un parti qui est entièrement sur sa tête, qui se joue sur sa tête et sur son charisme, même s'il a réussi à exaspérer tous les syndicats, le PC, et que finalement, en dehors de Marie-Georges Buffet qui continue à lui être fidèle, il n
'y a
pas grand monde qui…
–
Mais
je crois que le problème de Mélenchon, toute proportion gardée, c'est aussi le problème de Marine Le Pen, c'est qu'ils veulent enclencher une troisième candidature à la présidentielle, et franchement c'est ça qui est difficile, c'est que pour le coup de tous les deux, alors Mélenchon voit les coups de mou, difficultés, et d'atteindre ce 2022, avec la difficulté évidemment d'enchaîner, Marine Le Pen, on ne
va
pas en revenir, mais alors elle, elle a raté, elle ne se remet pas de son entre-deux-tours raté, et en fait tous les deux, on voit qu'ils veulent être pour la troisième fois candidat, le sauront-ils ? L'avantage de Wauquiez, c'est que lui, il construit quelque chose de neuf, il n
'a
jamais été candidat, et il a l'avenir devant lui. – Oui, on a parfait le parallèle entre Mélenchon et Marine Le Pen, mais il y
a
un peu quand même le blues
débattu. – Absolument. –
Et le dégagisme, elle est dégagée, il disait ça et puis maintenant ça leur tombe dessus.
–
La chance de Wauquiez.
– Que
sont devenus les frondeurs du PS ?
–
Ils ont été battus pas mal aux élections d'abord.
–
Il
en reste
un à l'Assemblée nationale.
–
Il en reste
un. –
Régis Roi-Déco.
–
Jean-Luc Mélenchon, est-il capable de voir la politique autrement que comme un combat de boxe où l'on combat les points
? – Il
aimerait parce que parfois il essaye d'adoucir son image et en même temps il y a beaucoup de mal.
–
Il risque le chaos quand même. – Merci beaucoup à tous les quatre. Merci d'avoir participé à cette émission. Merci à l'équipe qui a préparé ce C'est dans l'air. Dans un instant, Alibadou pour C'est à vous. Ce soir, la redif est à 22h20. Très bonne soirée sur France 5.
À
demain.
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