Valérie Pécresse : réseaux sociaux, "Je suis absolument contre l'anonymat"
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
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Questions et réponses
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- 0:15OuverteRéponse directe
Valérie Pécresse est donc votre invitée. Bonjour et bienvenue.
- 0:22OuverteRéponse partielle
Sept personnes en garde à vue après la mort d'un jeune de 17 ans. Qu'est-ce qui cloche dans notre pays ?
- 2:07RelanceRéponse directe
Faudrait une brigade devant chaque lycée ?
- 3:09RelanceRéponse directe
On a l'impression que vous êtes impuissants tous. Qu'est-ce qu'il faut faire ?
- 4:28RelanceRéponse directe
Francis Piner dit que la comparution immédiate pour mineurs ne sert à rien. Qu'en pensez-vous ?
- 5:56OuverteRéponse directe
Quel moyen pour la justice ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:33Invité politiqueChiffre
« Neuf jeunes tués en quatre ans, rien qu'en Essonne. »
- 0:36Invité politiqueChiffre
« À Paris, le nombre d'affrontements entre bandes rivales a doublé en un an. »
- 0:40Invité politiqueChiffre
« Six morts au cours des douze derniers mois. »
- 1:56Invité politiqueChiffre
« On a multiplié par 4 les effectifs. On est 100, ils sont 100. »
- 2:15Invité politiqueChiffre
« Elles ont fait 1000 interventions cette année depuis septembre. »
- 3:46Invité politiquePromesse
« La sanction des familles défaillantes. Quand des parents ne se rendent pas à une convocation d'un juge, il faut une amende. »
- 3:58Invité politiquePromesse
« Il faudrait que les conseils des droits et devoirs des familles, qui étaient obligatoires avant, soient à nouveau obligatoires dans toutes les villes. »
- 5:43Invité politiquePromesse
« Il faut oser des sanctions vraiment dissuasives. Il faut oser des courtes peines de prison pour les délinquants les plus violents, y compris mineurs. »
- 7:05Invité politiqueFait
« Je suis absolument contre l'anonymat sur les réseaux sociaux. »
- 9:14Invité politiquePromesse
« Il faut bannir les signes religieux dans le sport. »
- 9:31Invité politiqueFait
« Teddy Riner est en train de devenir l'idiot-utile des frères musulmans. »
Temps de parole
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- Présentateur22 %
- ?4 %
- Présentateur 22 %
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Il est 8h16, l'interview d'Amandine Bégaud au cœur de l'actualité. Trop, c'est trop. Après la mort d'un ado poignardé devant un lycée en début de semaine, la présidente LR de la région Île-de-France a décidé de prendre la parole. Valérie Pécresse est donc votre invitée. Amandine, bonjour et bienvenue à vous. Bonjour. Bonjour Valérie Pécresse et merci d'être avec nous en studio ce matin. Sept personnes sont toujours en garde à vue ce matin après la mort de ce jeune de 17 ans tué. Thomas le rappelait lundi lors d'une rixe devant un lycée à Yer dans l'Essonne. Des rixes qui sont de plus en plus violentes. Neuf jeunes tués en quatre ans, rien qu'en Essonne.
À Paris, le nombre d'affrontements entre bandes rivales a doublé en un an. Six morts au cours des douze derniers mois. Et à chaque fois, Valérie Pécresse, les politiques montent au créneau, réclament plus de fermeté, disent qu'il est temps que ça change. Et pourtant, la liste ne cesse de s'allonger. Qu'est-ce qui cloche dans notre pays
? Il
faut qu'on tire un signal à l'arme, il faut surtout qu'il y
ait
une vraie prise de conscience. Ça n'arrive pas qu'aux autres et ça n'arrive pas qu'ailleurs. Et c'est ça que je suis venu dire aujourd'hui. Parce que rien que la semaine dernière, vous avez cité le nombre de morts dans des rixes, mais
ça
va beaucoup plus loin que ça. Aujourd'hui, on est face à une violence des jeunes qui est hors contrôle. Elle est hors contrôle. La semaine dernière, on a eu à Paris, je dis bien à Paris, on a eu un jeune qui a étranglé, tenté d'étrangler un assistant d'éducation. Un autre qui a fait une clé de bras à un improviseur. On a un collégien qui a lancé un cocktail Molotov dans son collège parce qu'il avait une phobie scolaire. Il était contre l'institution. On a eu un jeune qui est venu avec un sabre pour régler ses comptes à la sortie d'un lycée avec un autre de ses camarades.
On a, nous la région, mis en place des brigades régionales de sécurité qui se déplacent pour prévenir les intrusions, les violences lorsqu'il
y a
des rixes.
Il
y
a
20 brigades aujourd'hui
en Ile-de-France. On a multiplié par 4 les effectifs. On est 100, ils sont 100. Il y
a
20 brigades. Aujourd'hui, j'en ai 19 qui ont été réquisitionnés en urgence absolue dans 19 lycées d
'Ile-de-France. Mais ça veut dire qu'il en
faudrait une devant chaque lycée ?
C'est ce qui est la caricature. Quand je vous
écoute, j'ai l'impression que la marmite est en train d'exploser. La vérité aujourd
'hui, c'est qu'elles ont fait 1000 interventions cette année depuis septembre. 1000 interventions dans tous les lycées d'Ile-de-France, les 500 lycées. Et qu'effectivement, j'ai des dizaines, je dis des dizaines de lycées qui me demandent de les laisser à l'année.
Parce
qu'en fait, elles viennent plusieurs semaines pour ramener le calme. Ça marche. Et dès qu'on les retire, c'est des brigades où il y a 3 à 5 personnes. Ce
ne sont pas des policiers.
Ce sont souvent des anciens policiers municipaux, des anciens agents de sécurité, mais qui ont été formés à la médiation en milieu scolaire par le rectorat. Donc, ils sont extrêmement professionnels pour ramener le calme et la sérénité.
Valérie Pécresse, j'entends tout ça. Et effectivement, vous essayez d'agir. Ça fait un peu plus de 9 ans que vous êtes présidente de la région Île-de-France. Plus de 20 ans au conseil régional. Et ce que vous nous dites ce matin, il faut agir, il faut qu
'on
prenne conscience, ça n'arrive pas qu'aux autres. On l'entend tout le temps, mais qu'est-ce qu'il faut faire ? On a l'impression que vous êtes impuissants tous. Non,
mais
c'est simple. Il faut arrêter de détruire toutes les figures d'autorité et il faut arrêter l'impunité. L'impunité. Parce que c'est cette impunité qui fait qu'aujourd'hui, nos jeunes n'ont plus de repères, ils n'ont plus de limites. Alors, qu'est-ce qu'on fait ? Là, c'est en ce moment, au moment où on se parle, et c'est pour ça aussi que je viens, il y a une loi, la loi Attal, qui a été déposée au Parlement. Elle ne va pas assez loin. Elle part de bonnes intentions.
Elle
ne va pas assez loin. Il faut la durcir. Cette nuit, les sénateurs ont réintégré dans ce projet toute une série de dispositions cruciales. La sanction des familles défaillantes. Quand des parents ne se rendent pas à une convocation d'un juge, il faut une amende. Il faut aller rechercher les pères, qui sont aussi responsables des actes de leur fils. Il faudrait que les conseils des droits et devoirs des familles, qui étaient obligatoires avant, soient à nouveau obligatoires dans toutes les villes, que les mères puissent convoquer les familles et voir avec elles ce qui ne va pas prendre
des mesures.
Il faut
des sanctions
plus rapides, des comparutions immédiates. Tout le monde n
'est
pas d'accord, y compris au sein des Républicains. Je vous cite Francis Piner, qui est sénateur des Républicains, et qui est avocat, je le rappelle. Lui, il dit que ça ne sert à rien, la comparution immédiate pour les mineurs. Il ne faut pas confondre justice et justice expéditive. Qu'est-ce que vous lui dites ce matin ?
Je lui dis qu'il se trompe. Aujourd'hui, nous avons besoin
de
sanctions immédiates. Il
n'y a
pas seulement de comparution immédiate. Nous avons besoin que les jeunes soient jugés immédiatement quand ils commettent un acte et qu'il y ait une sanction immédiate. Aujourd'hui, non seulement il n
'y a
pas de comparution immédiate, mais il
y
a la césure.
C'est
-à
-dire que vous
avez plusieurs mois entre le moment où vous êtes pris en train de violenter un professeur, en train de violenter un de vos camarades. Il y a des mois qui se passent avant que vous soyez convoqués par le juge. Et ensuite, il y a des mois qui se passent avant la condamnation à la sanction. Qu'est-ce qui s'est passé lors du meurtre du petit Elias à Paris ?
Oui,
mais c'est ce que j'allais vous dire. Le voyou qui l'a poignardé avait été jugé coupable. Il n
'y avait
pas
encore de sanctions, mais il avait
interdiction, par exemple, de fréquenter l'autre jeune homme qui était avec lui au moment où ils ont poignardé Elias. S
'ils
n'auraient pas dû être ensemble, et pourtant ils étaient ensemble. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas de sanctions.
Parce qu'il n'y a pas de
sanctions
de l'interdiction de paraître. Aujourd'hui, le sujet, c'est qu'il faut oser des sanctions vraiment dissuasives. Il faut oser des courtes peines de prison pour les délinquants les plus violents, y compris mineurs. Il faut des peines de privation de liberté, dans des centres spécifiques pour mineurs, bien sûr. Mais on fait
ça
avec quel moyen, Valérie Pécresse
?
Quel
moyen pour
la
justice
?
Quel
moyen pour les prisons ? Vous avez tout à fait raison, madame Léveau. Moi, je pense que protéger son peuple, c'est la première urgence d'un pays. Et je pense que l'État, aujourd'hui, il doit faire des choix.
Mais vous aviez dit qu'on a cramé la
caisse. Oui.
On a plus les moyens de faire
ça. J'ai dit qu'on a cramé la caisse, mais j'ai dit aussi qu'il y a trois missions essentielles de l'État. Trois. Pas quatre, pas cinq, pas six. Protéger, éduquer, soigner. Aujourd'hui, le président de
la
République se rend compte que la défense est prioritaire, c'est protéger. La justice est prioritaire, c'est protéger. Quand je me suis présentée en 2022, j'avais demandé un plan d'urgence pour la justice. On doit y aller. Par ailleurs, il y
a
la loi narcotrafic. Parce que qu'est-ce qui déstructure ces quartiers ? C'est aussi les guerres de bandes entre trafiquants. C'est aussi les armes que les trafiquants ont mis, j'allais dire, en circulation libre dans les quartiers. La culture
de
la force, la culture des bandes, tout ça, c'est lié aussi à ce narcotrafic. C'est pour ça que la loi narcotrafic... Mais
le budget de la justice, il a été augmenté.
Il y
a
une dernière chose, les réseaux sociaux. Les réseaux sociaux sont un amplificateur du déconome
social.
Mais
qu'est-ce qu'on fait ? Aujourd
'hui, je suis absolument contre l'anonymat sur les réseaux sociaux. Mais on les
interdit pour les mineurs
?
Au niveau européen, il faut interdire l'anonymat sur les réseaux sociaux. Est-ce que vous accepteriez d'avoir des gens cagoulés dans la rue ? Non. Sur les réseaux sociaux, c'est le cas. Les réseaux sociaux sont un amplificateur de la violence des jeunes. Il faut lever l'anonymat. Il faut travailler sur le zéro portable en cours. Moi,
j
'ai fait une expérimentation qui marche très bien aujourd'hui dans 100 lycées de Ville de France volontaires. Je pense qu'il faut généraliser le zéro portable en
cours.
J
'étais dans une classe d'élèves
de CM1 hier, avant-hier. La moitié des élèves, 9 ans, avaient un téléphone portable.
Eh bien, zéro portable en cours. Parce qu'on ne peut pas se concentrer quand
on a un portable. Non, mais chez eux, ils
en ont. Mais oui, mais en
fait, vous règlez...
Et par ailleurs, il faut qu'on ait, vous avez raison, une conférence de consensus citoyenne avec les Français sur l'usage des réseaux sociaux par les enfants et les adolescents. Il faut qu'on y réfléchisse tous ensemble.
J
'ai deux petites questions encore, Valérie Pécresse. Elisabeth Borne, ministre de l'Éducation nationale, qui, dans les tout prochains jours, met en place ses fouilles à l'entrée des lycées et des collèges. Fouille des sacs. Efficace ou pas efficace, ça ne sert à rien ? Mais bien sûr, il
faut
l'autoriser. Mais le problème, c'est qu'il faut vraiment un sursaut. Un sursaut de redressement civique et moral. Ça veut dire qu'un jeune, s'il se comporte mal, s'il touche un prof, eh bien, il doit être exclu. Tout de suite. Définitivement. Tout de suite et définitivement. Je veux dire, et pas avec une possibilité de se réinscrire dans l'établissement d'à côté. On doit sanctuariser les figures d'autorité aujourd'hui. Et on doit sanctuariser l'école. Et par ailleurs, on doit mettre en place, et c'est ça, là, où on aura besoin de moyens,
on
doit mettre en place les structures pour que ces jeunes retrouvent le chemin du droit, de la loi.
Le jeune,
une fois que vous l'avez exclu, vous n'allez pas le laisser dans la
rue
? Non, il faut le mettre dans un centre, dans un centre de réinsertion scolaire.
Vous acceptez, vous, d'en construire
des centres, tiens,
par exemple, dans votre région ? Mais il faudra. De les
financer aussi ? Mais il faudra.
Mais
bien sûr. Bon. Une toute dernière question sur le voile. On en parlait avec Manuel Valls. Vous avez sans doute vu les déclarations de Teddy Riner qui dit qu
'on
perd notre temps. Pensons plus à l'égalité que s'acharner sur une seule et même religion. Manuel Valls disait que Teddy Riner se trompe. C'est ce que vous répondez aussi ce matin ?
Moi, je crois qu'il faut bannir les signes religieux dans le sport. Il faut surtout une règle pour tous qui soit la même. Il faut se méfier vraiment. Et je le dis parce que moi, j'ai entendu aussi Maillard Monchipour qui mettait en garde. Il faut se méfier. Aujourd'hui, Teddy Riner est en train de devenir l'idiot-utile des frères musulmans. Vous le diriez pareil ? Je dirais surtout que derrière la volonté de voiler les jeunes filles, il y a aussi la volonté de les empêcher de faire du sport à la fin. Donc on commence par les voiler. Puis ensuite, demain, on
ne
peut pas les mettre en short parce que ce n
'est
pas décent. Vous savez, il y
a
un ordre moral derrière. Et il y a un entrisme des islamistes qui utilisent
la
pudeur des jeunes filles pour petit à petit gagner du terrain. Et un jour, ils les empêcheront de faire du sport. Merci beaucoup Valérie Pécret. No te dirais le cas.
Valérie Pécresse