BOYCOTT TF1 : MANIFESTATION CONTRE L’INTERVIEW DE NETANYAHOU / RETOUR SUR LA POLÉMIQUE MEYER HABIB
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Au mois de juillet, nous pourrons donc défendre la crédibilité de notre démarche, expliquer qu'une chaîne du côté des gens et non des puissants de l'argent, c'est possible. C'est d'autant plus beau que c'est historique. Jamais un média indépendant et populaire, qui n'est détenu ni par l'État ni par un riche actionnaire, n'a été aussi prêt d'arracher un canal aux milliardaires. Les canaux de C8, CNews, BFM TV ou encore LCI sont remis en jeu. Le Média pourrait remplacer une de ces chaînes. Nos journalistes, nos techniciens sont prêts. Notre petite équipe n'attend plus que le feu vert de l'Arcom. Et votre soutien, celui de milliers de citoyennes et citoyens.
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Bonsoir.
À mes côtés également, Anas Kazib, syndicaliste à Sudrail et militant à Révolution Permanente. On reviendra sur cette condamnation qui est tombée aujourd'hui. Le tribunal judiciaire de Paris a condamné à 1 500 euros pour organisation d'une manifestation non déclarée, suite à la tenue de prise de parole en devant la Sorbonne en février 2022. Nous y reviendrons au programme de la seconde partie d'émission Le Fond de l'Info avec Mathieu Slamart, Essayiste et Paul Elec, tous deux chroniqueurs politiques aux médias. Nous discuterons très largement de la réforme de l'assurance chômage annoncée par Gabriel Attal qui va de nouveau durcir les conditions d'indemnisation des demandeurs d'emploi.
Une réforme jugée brutale, la plus violente de tous les temps, s'alarme la CGT dans un communiqué qui devrait permettre au gouvernement de faire une économie de 3,6 milliards d'euros. Si le Premier ministre jure que c'est le plein emploi qui est visé, qu'en est-il vraiment ? Est-ce la réforme de trop qui risque de rallumer la mèche de la colère sociale ? L'autre actualité qui a marqué la semaine, c'est l'altercation à l'Assemblée nationale entre le député LFI David Guiraud et l'élu républicain Habib Meyer qui a de nouveau crié à l'antisémitisme. Cet incident largement commenté dans les médias fait suite au brandissement du drapeau palestinien par le député LFI Sébastien Delogu.
Nous nous interrogerons sur la temporalité de cette polémique qui intervient alors que le Premier ministre israélien poursuit son offensive militaire à Rafa malgré l'ordre de la Cour internationale de justice d'un cessez-le-feu. Benyamin Netanyahou, contre lequel le procureur de la CIP, de la Cour internationale pénale, a requis un mandat d'arrêt, sera interrogé ce soir par Darius Rochebin sur LCI. Une interview qui scandalise notamment la France insoumise qui appelle ce soir à un rassemblement devant le siège de la première chaîne d'Europe. On en parle après le Flash Info présenté par Juan Tandero tourné. C'est une nouvelle surprenante, je le disais.
Le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou sera l'invité ce soir de Darius Rochebin sur LCI.
Tout à fait, Nadia. Le Premier ministre israélien, du coup, comme tu l'as rappelé, Benyamin Netanyahou sera l'invité ce soir de Darius Rochebin, plus précisément à 20h30 pour un entretien de 30 minutes sur la chaîne LCI. Une invitation qui n'a pas manqué de faire réagir de nombreux internautes sur les réseaux sociaux dans l'après-midi. Un appel au boycott a même été lancé sur X avec le hashtag boycott TF1. Pour rappel, le procureur général de la Cour pénale internationale, CPI, et tu le redisais tout à l'heure, Nadia, a demandé l'émission de mandat d'arrêt contre Benyamin Netanyahou et son ministre de la Défense, Yoav Galante.
Suite à cette annonce, plusieurs personnalités politiques se sont exprimées pour montrer leur indignation, notamment à gauche avec les prises de parole de Rima Hassan, Benjamin Lucas ou encore Chloé Riedel. Un appel à manifester a été lancé par le collectif Action Palestine devant les locaux de TF1 et de LCI afin de, je cite, dénoncer l'apologie du terrorisme en cours, du génocide en cours à Gaza. Nos camarades et collègues Lisa Lapp et Nicolas Maillard sont déjà sur place. Nous vous donnerons plus d'informations avec eux en deuxième partie d'émission dans notre fond de l'info.
Cette prise de parole intervient également dans le cadre de plusieurs jours, journée de manifestation en soutien à la Palestine à travers la France.
En effet, Nadia, hier soir, plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées place Saint-Augustin près de la gare Saint-Lazare à Paris. La foule a ensuite été nassée par les forces de l'ordre pendant près de deux heures alors que les manifestants tentaient de déambuler dans les rues sous l'étroite surveillance de drones policiers. Par la suite, la police a emmené deux forces, des groupes, vers le métro. Plusieurs personnes ont tout de même tenté de continuer à manifester dans la gare Saint-Lazare ou vers l'Assemblée nationale. La fin de soirée a été le théâtre d'une forte répression policière.
Des témoins sur place nous rapportent la violence de coups de matraque ou de charges policières soudaines. Les journalistes sur place ont été aussi violentés et entravés. Des rassemblements pour la Palestine ont également eu lieu à Toulouse et Marseille hier soir. Ces soulèvements interviennent après la frappe de l'armée israélienne sur un camp de déplacés géré par l'ONU à Rafa Dimanche et qui a fait 45 morts. Malgré les condamnations, Israël continue son offensif sur la ville après avoir affirmé la veille avoir pris le contrôle d'une zone tampon stratégique entre la bande de Gaza et l'Egypte située à proximité de Rafa. Nouvelle épicente de sa guerre contre le Hamas, rapporte l'AFP.
Un débat spécial à l'élection européenne était organisé hier soir sur notre plateau Rouen. Si vous l'avez manqué, peut-être un petit résumé de ce qu'on doit retenir.
Tout à fait Nadia, pour rappel, les prochaines élections européennes auront lieu du 6 au 9 juin 2024 dans les 27 Etats membres afin d'élire les députés au sein du Parlement européen pour un mandat de 5 ans. Pour informer au mieux nos téléspectateurs, nos équipes ont préparé une émission spéciale où nous avons contacté les plus gros partis afin de leur donner un espace d'expression équitable. Malgré nos relances, seuls trois candidats ont pris part au débat d'hier soir.
Priscilia Ludovski, l'une des fondatrices des Gilets jaunes et candidate sur la liste Europe Écologie Les Verts, aux côtés de Marie Toussaint, Hélène Bidard, adjointe à la mairie de Paris en charge de la jeunesse et de l'égalité hommes-femmes, candidate sur la liste PCF menée par Léon Desfontaines, ainsi que Damien Carême, députée européen, ancien maire de Grande-Synthe entre 2001 et 2019, inscrite sur la liste européenne LFI menée par Manon Aubry. Au cours de la soirée, les candidats sont revenus sur plusieurs grandes thématiques et ont notamment expliqué leur positionnement sur la division de la NUPES.
Hélène Bidard est notamment revenue sur le, je cite, « fédéralisme souhaité par EELV et LFI » en s'opposant fermement à cette vision de l'Union européenne. On l'écoute. Mais les écologistes et les socialistes sont sur un projet d'Europe fédérale. Nous, nous ne sommes pas sur un projet d'Europe fédérale. Nous sommes sur un projet de peuple uni, associé, souverain, mais pas sur un projet d'Europe fédérale. – Après, il n'est pas question d'avoir un président de l'Union européenne. – Les socialistes et les écologistes sont sur une armée européenne. Nous sommes en profond désaccord. Ils sont sur un impôt européen. Nous sommes en profond désaccord. On porte tout le contraire.
Donc on est en désaccord sur le fond. Et je crois qu'avoir une gauche qui se serait unie en mélangeant la chèvre et le chou et en étant sur des projets, on tromperait les électeurs et on se tromperait complètement d'élection en plus. Là, c'est une élection proportionnelle. À chaque fois qu'on fait 5 %, on a 5 députés d'un coup. Le but du jeu, ce n'est pas d'arriver le premier en tête. Ça, c'est l'élection présidentielle, d'avoir les deux premiers pour être au second tour. On n'est pas du tout sur ce mode de scrutin. Donc il faut quand même rappeler ça.
Et moi, je pense que si les électeurs ne vont pas voter, c'est en effet à cause des trahisons, à commencer par la trahison des sociodémocrates, du gouvernement de François Hollande, des sociodémocrates et des écologistes en 2005 avec le traité constitutionnel européen. C'est ça qui fait tous ces Français qui sont allés voter en 2005 et qui ont été déçus de voir une alliance de Sarkozy aux écologistes en passant par les socialistes. Mais enfin, c'est ça qui a écœuré.
Du côté de la France insoumise, Damien Carême reste sur la ligne souhaitée par la numéro 1 de sa liste, Manon Aubry, pour le candidat, une union de la gauche est, je cite, « essentielle pour lutter contre les nombreuses crises à l'échelle française et européenne ». Écoutons-le. Je pense qu'effectivement et réellement sur les derniers mois que nous avons vécu et en France et en Europe ont été dramatiques, notamment la loi immigration en France telle qu'elle a été votée avant la censure du Conseil constitutionnel, est une loi qui dit combien aujourd'hui la droite est proche de l'extrême droite. Et donc la menace de l'extrême droite est présente.
Et donc moi, je participe à cette aventure de l'Union populaire menée par la France insoumise parce que je pense qu'il faut qu'on prépare dès maintenant les futures échéances en France et qu'on n'a pas beaucoup de temps pour le faire. Les prochaines, c'est les municipales en 2026. Et après, 2027, on a les législatives et les présidentielles. Ça nous laissera peu de temps pour trouver effectivement, et ce qu'on appelle encore de nouveau aujourd'hui, des points communs pour pouvoir aller construire un programme qui avait été d'ailleurs fait pour les législatives de 2022 et qui pourra peut-être réactualiser pour aller aux législatives et à la présidentielle de 2027. Ça me semble primordial.
Enfin, la candidate écologiste Priscilla Ludowski approuve une union de la gauche pour de prochaines échéances électorales. L'ancienne gilet jaune est notamment revenue sur les enseignements, les victoires et les échecs de la Nubes au cours des dernières années. Écoutons-la. Le 11 janvier 2024, avec Samuel Kripowski et Mao Chaudou et Delma, on a écrit un livre qui s'intitule « Gagner pour que la politique change vraiment nos vies » aux éditions Vauvert, qui est un appel à l'union des gauches et un appel à reformer la Nupes à partir de 2024 en direction de 2026 et 2027. Ce qui est intéressant dans ce livre, c'est qu'on dit ce que l'histoire a apporté dans les luttes progressistes.
Et on a toute une partie qui traite de chacun des partis politiques de gauche, donc PS, PC, écologistes et LFI, où on dit ce que ces partis politiques ont apporté aux luttes progressistes aussi. Et on dit en quoi elles ont pu aussi parfois commettre des erreurs et qui ont mené à ce qu'est devenu la Nupes aujourd'hui. Et en fait, on propose différentes...
On donne différentes recommandations à la fin du livre, après avoir raconté cette lutte, dont la crise sanitaire, dont le mouvement des Gilets jaunes et d'autres, où on dit qu'il faut une reconnexion entre les militants des mouvements sociaux et les partis politiques, mais avec un respect mutuel, avec une réelle intention de co-construire les choses et de travailler ensemble. et que tout ce qui fait qu'on critique les partis politiques de manière générale, ce qui fait aussi la forte défiance des citoyens et des citoyennes envers les institutions européennes, françaises, envers les élus en général, c'est aussi le fait d'erreur des partis en général.
Et donc en fait, on dit c'est bien, ça a apporté beaucoup de choses, on a beaucoup de droits qui ont été conquis. Maintenant, pour l'Union, il faut aussi se poser et être dans le respect des uns des autres. Et on fait cet appel à l'Union des gauches pour les échéances à venir.
Les pharmaciens étaient en grève aujourd'hui, entre 75% et 90% des officines sont fermées à l'heure actuelle et des manifestations ont eu lieu à travers la France. Pour quelles raisons ?
Oui Nadia, de nombreuses pharmacies à travers la France restent fermées en raison d'une grève nationale à l'appel de deux principaux syndicats de la profession, la Fédération des pharmaciens d'officine, aussi appelée FSPF, et l'Union des syndicats de pharmaciens d'officine, USPO. Avec environ 90% des officines fermées, selon l'USPO, les raisons de cette mobilisation sont nombreuses et pressantes. Les pharmaciens dénoncent la persistance des pénuries de médicaments, excusez-moi, affectant particulièrement les traitements essentiels comme la moxiciline, les anticancéreux et l'insuline.
En 2023, près de 5000 médicaments étaient en rupture de stock ou en risque de rupture, un chiffre en constante augmentation ces dernières années. Parallèlement, les syndicats s'inquiètent de la dérégulation du marché des médicaments et de la vente en ligne via des plateformes commerciales, ce qui, selon eux, menace le réseau pharmaceutique et transforme les médicaments en simples biens de consommation. La grève vise également à alerter sur les déserts pharmaceutiques des zones où l'accès aux soins devient critique. En 10 ans, près de 2000 pharmacies ont fermé, réduisant le nombre total d'officines à environ 20 000 en 2024.
Les pharmaciens demandent aussi une revalorisation significative de leurs zones horaires dès 2025. Actuellement, en négociation avec l'assurance maladie, ils soulignent que leur rémunération, largement dépendante des zones horaires versées pour chaque vente de médicaments, ne suffit plus à couvrir les difficultés économiques qu'ils rencontrent depuis 3 ans. Ils appellent également à une réforme du 3e cycle des études pharmaceutiques. Une trentaine de rassemblements ont eu lieu à travers le pays, avec une manifestation clé à Paris cet après-midi.
Frédéric Valtoux, ministre délégué à la Santé et à la Prévention, a rappelé que la rémunération des pharmaciens a atteint 7,3 milliards d'euros en 2023, marquant une augmentation de 20% depuis 2019, tout en affirmant sa volonté d'écouter leurs revendications. Malgré la grève, certaines pharmacies sont restées ouvertes, réquisitionnées par les autorités pour garantir l'accès aux médicaments essentiels.
Merci beaucoup Rouen pour ce flash d'actualité. On passe tout de suite à l'entretien d'actualité avec Anas Kazib, cheminot syndicaliste à Sudrail et militant à Révolution Permanente. En février 2022, alors qu'il devait tenir une conférence à l'Université de la Sorbonne, Anas Kazib, cheminot syndicé Sudrail et militant à Révolution Permanente, a finalement été forcé d'annuler sa venue à cause de menaces de l'extrême droite, l'export parole de Génération Identitaire, publié sur les réseaux sociaux cette vidéo.
Le 9 février, la Sorbonne à Paris accueillera Anas Kazib, le candidat islamiste à la présidentielle. Il y a un mois, cette université a organisé un colloque contre le wokisme et aujourd'hui, elle accueille tout ce qu'il y a de plus déshonorant dans le paysage politique français. Anas Kazib, c'est une chimère qui allie le pire de notre pays. L'islamisme radical est le wokisme le plus virulent. Sa venue est une insulte aux étudiants et à tous les génies qui ont marqué notre peuple, qui sont passés par ces bancs et dans ces salles. Partout et tout le temps, nous devons dénoncer ces compromissions avec les islamistes.
Les islamistes n'ont pas leur place ni dans nos universités, nulle part ailleurs dans notre pays.
Et donc à l'époque, différentes organisations, associations politiques et associatives étaient venues apporter leur soutien à Anas Kazib contre les menaces d'un groupe lié à Génération Identitaire. Bonsoir Anas.
Bonsoir.
Contre toute attente, le tribunal judiciaire de Paris t'a condamné aujourd'hui à 1500 euros d'amende pour organisation d'une manifestation non déclarée ensuite à la tenue de prise de parole devant la Sorbonne en février 2022. J'imagine que c'est une décision à laquelle tu ne t'attendais pas.
Oui, on ne s'attendait pas à cette décision. On est plutôt abasourdis par ça parce que c'est une décision politique qu'a pris le juge. Parce qu'en fait, on m'accuse d'organiser une manifestation comme si les candidats à la présidentielle organisaient leurs propres déplacements, leurs propres meetings et autres. Moi, j'ai rappelé devant le juge que j'ai fait plus d'une dizaine de facultés. J'avais fait Sciences Po Paris, Sciences Po Lille, j'avais fait le Mirail à Toulouse, j'avais fait Paris 8, Bordeaux-Montagne. Et systématiquement, en fait, c'est le même procès.
C'est-à-dire que ce sont des associations étudiantes, des syndicats étudiants qui proposent dans des cycles de conférences, notamment à Sorbonne. La semaine avant moi, il y avait Yannick Jadot et la semaine après, le 9 février, c'était Jean-Luc Mélenchon. Et donc moi, j'ai expliqué que, d'une part, déjà, je récusais totalement le fait d'être porté comme organisateur de quoi que ce soit. C'est-à-dire que moi, je suis dans le titre de conférencier candidat à la présidentielle face à une jeunesse de la Sorbonne pour répondre à des questions, expliquer le programme. Et donc malgré ça, il n'y a rien du tout dans le dossier.
Je veux dire, il y a deux tweets où je retweet le visuel proposé par les organisations d'étudiants. Et puis, on veut me faire porter la responsabilité, en fait, de pourquoi il y avait du monde sur le trottoir, etc. Pourquoi il y avait une sono ? Pourquoi vous n'avez pas vous appelé à disperser ? Enfin, il n'y a rien qui... C'est vraiment un truc assez terrible, quoi. Parce que c'était il y a deux ans et demi. Vous imaginez bien. Enfin, moi, je ne sais pas si on connaît beaucoup de personnes qui sont poursuivies deux ans et demi après pour le délu.
C'est-à-dire qu'ils enquêtaient pendant tout ce temps ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
Non, il n'y a rien. Il n'y a pas une virgule qui a changé depuis le dossier qui a été présenté devant le commissariat.
Parce que tu avais été convoqué au commissariat en mars 2022.
Voilà. En fait, il y a un PV d'ambiance qui explique qu'il y a du monde. On croit reconnaître des soutiens de M. Cazib. On me décrit dedans comme un professionnel de la manifestation. Le candidat trotskiste maghrébin s'est écrit comme ça. Professionnel de la manifestation. Et à partir de ce PV d'ambiance-là, ils prennent deux, trois tweets pour lier le tout. Et dire, voilà, c'est Anas Cazib qui a organisé cette manifestation non déclarée. Et je trouve que c'est assez incroyable ce qui est en train de se passer. Parce qu'en vrai, la déclaration de manifestation, il faut voir que c'est un truc administratif à la base. Enfin, c'est rien d'aller poser une manif en préfecture, etc.
Trois jours avant, on dit est-ce qu'il y a une sono ? Enfin, je veux dire, c'est quelque chose de bidon, très sincèrement, qui n'existe déjà pas dans des dizaines de pays. Il faut savoir que dans beaucoup de pays, il n'y a pas de déclaration de manifestation. En France, on nous l'impose depuis quelques décennies. Et donc, voilà. Et puis moi, je dis pourquoi vous voulez que je déclare une manifestation alors que je suis censé faire une conférence à l'intérieur de la Sorbonne ? Et ce qui est intéressant, c'est que le juge, en fait, se fiche totalement de pourquoi il y a eu du monde devant la Sorbonne. Ça, ça ne l'intéresse pas. C'est-à-dire...
Il y a des centaines de personnes, près de 300 personnes qui étaient venues en soutien ?
Oui, à peu près, ou peut-être un peu plus. Mais il y avait d'un coup, après les menaces de l'extrême droite, cette vidéo, il y avait un placardage avec une affiche islamophobe et raciste contre moi. 100% moquis, 100% islamistes. Il y a des menaces. On a menacé des jeunes de la Sorbonne en tractant. Il y a des gens qui se sont désinscrits. Je veux dire, c'était une pression terrible dans un moment qui est crucial. Je veux dire, les personnes qui connaissent les moments de la présidentielle, c'est un moment de bascule le mois de février. C'est-à-dire, on transfère les promesses de parrainage en parrainage officiel. D'accord ?
C'est-à-dire que pendant quasiment 7 mois, nous, on a collecté plus de 300 promesses de parrainage. C'est-à-dire que c'est des maires qu'après, vous recontactez et vous lui dites « Monsieur le maire, est-ce que vous voulez bien maintenant envoyer votre parrainage officiel au Conseil d'État ? » Et donc, ce moment-là, il est crucial. Si derrière, il y a des campagnes racistes sur vous, où on vous explique que vous êtes un islamiste, que vous avez des maires qui vous disent « Écoutez, moi, je suis gêné. » Parce que bon, ils ne vous le disent pas aussi directement, mais vous êtes un arabe, quoi. Et que dans leur bourgade, Marine Le Pen, elle fait 80% aux élections.
Et qu'en plus de ça, ils savent très bien que le jour même où ils vont envoyer leur parrainage, tout de suite dans le canard du coin, va y avoir « Monsieur Dupont » à parrainer Alaskazib, candidat d'extrême-gauche, etc. Et que derrière, il va se retrouver dans son petit village face à des concitoyens qui vont lui dire « Mais pourquoi t'as parrainé cette personne-là ? » etc. Donc ça sert à ça. Ça sert à mettre un coup de pression, en fait. Et aujourd'hui, pour moi, le juge a ni plus ni moins qu'adoubé l'extrême-droite. Il leur a dit « C'est pas grave. » Voilà.
Insulter les Arabes, insulter les Arabes, menacer les, placarder des affiches avec leur gueule en écrivant qu'ils sont 0% français, 100% islamistes. Et quand ces mêmes Arabes-là qui veulent faire de la politique en France auront le malheur de demander à faire front face à des groupes néo-nazis, on les condamnera pour vous. C'est ça ce qui est en train de se passer. C'est ça cette décision. Parce que c'est rien. C'est un truc administratif. Mais il faut le voir de manière éminemment politique, d'une part, mais aussi en lien avec la situation qu'on vit.
Moi, je ne sais pas s'il y en a qui sont capables de me citer dans les dernières années des syndicalistes et militants politiques comme moi ou Jean-Paul Delescot, qui sont condamnés pour une manif non déclarée ou des tracts syndicaux. Enfin, je veux dire, on est dans une autre dimension aujourd'hui, ou à l'image de ce que vous disiez tout à l'heure sur le reportage de Benjamin Netanyahou. C'est-à-dire qu'on met un tapis rouge au pire barbare, au pire criminel. Ils ont le droit d'être présents dans tous les médias.
Mais les militants antiracistes, les militants ouvriers, etc., ceux qui essayent de donner une autre parole, de représenter une partie de la population qui ne se sent pas représentée par l'élite politique, cette catégorie-là, on lui dit « Vous n'avez pas le droit à l'existence. Vous n'avez pas le droit d'être là. » Voilà. Et c'est ça, ce message-là. Ce qu'on m'a fait comprendre aujourd'hui, on m'a dit « Si tu te présentes en 2027, attention à ce qui va t'arriver. » Et on sait, c'est quoi une condamnation ? Parce que les gens ne s'emmerdent pas. Ça veut dire, valeur actuelle, ils te disent que tu es le candidat qui a un casier judiciaire.
Va chercher après le maire du fin fond du GERS qui va dire « Ah, mais j'ai entendu que vous aviez un casier judiciaire. Moi, écoutez, je ne veux pas... » C'est ça à quoi ça sert. C'est intimider et salir la personnalité des militants politiques, essayer de leur mettre des bâtons dans les roues. Et le pire, c'est qu'enfin, je veux dire, j'ai déclaré avec Sudrail un nombre de manifs. Je l'ai dit au juge. J'ai dit « Mais écoutez, monsieur le juge, rien qu'en 2021, j'ai déclaré presque quatre manifestations au titre de Sudrail. » Je dis « Mais j'ai aucun problème, moi. J'ai les numéros de la préfecture, on les a. On connaît les noms des policiers qui viennent systématiquement.
C'est toujours les mêmes. »
Alors du coup, le juge s'appuyer sur quoi ? Sur quel faisceau d'indices qui pourrait indiquer que tu es à l'origine de cet appel à un rassemblement ?
Sur rien, en fait, sur le simple fait d'avoir reposté des visuels. Voilà. Donc moi, je lui ai dit « Écoutez, moi... »
Tu devrais avoir retweeté.
Voilà. Juste parce que j'ai retweeté. Il m'a même demandé est-ce qu'en retweetant, je n'ai pas volontairement fait en sorte qu'il y ait beaucoup plus de monde que ce qu'il fallait. Je lui ai dit « Écoutez, je ne sais pas, moi. Prenez Jean-Luc Mélenchon ou n'importe quel candidat à la présidentielle. Je ne sais pas, on fait un meeting. Bien sûr, on veut qu'il y ait du monde. » Je lui ai dit « Ça n'a aucun sens. On me reproche quoi ? On me reproche d'organiser une manifestation non déclarée ou on me reproche d'être candidat à la présidentielle et de vouloir faire en sorte que la conférence, elle soit pleine ? » Je lui ai dit « Oui, comme n'importe quel candidat.
On me demande entre avoir une conférence qui est moitié pleine ou pleine. Je lui ai dit « Je vais souhaiter qu'elle soit pleine. » Et donc, c'est que des... On pense, on fait de l'intrigue, etc. Il n'y a rien qui va dans les PV. Un coup, on me dit que j'ai parlé 1h30. Dans un autre PV d'ambiance, on explique que j'ai parlé 20 minutes. À un moment, l'agent de sécurité dit que j'ai refusé de venir, de rentrer dans la fac. Quelques lignes plus en dessous...
Alors tu as été empêché de rentrer dans la fac.
Je veux dire, moi, quand j'arrive, la fac, elle est fermée déjà. La fac est fermée. Voilà. Et il écrit, le directeur de sécurité du Panthéon La Sorbonne, il écrit « Vu l'affluence, nous avons décidé de fermer les portes. » Et donc, le juge, en gros, ce qu'il dit, il dit « Vous aviez un amphithéâtre de 120 personnes et il y en a 400. Est-ce qu'en gros, vous n'avez pas fait exprès ? » Je dis « Bah écoutez, moi, je n'ai pas fait exprès déjà de coller des affiches 100% islamistes, de menacer les gens. » Je dis « Moi, il y a un formulaire fait par les étudiants où les gens se sont inscrits. Il y a plus de 380 personnes. » Je dis « Moi, je ne sais pas quelle est la taille de l'amphithéâtre.
» Et il me reproche, il me dit « Parce que vous avez dit rendez-vous au Panthéon La Sorbonne et vous n'avez pas écrit l'amphithéâtre B404. » Non, mais de qui on se fout ? Est-ce que vous pensez que Jean-Luc Mélenchon, Anne Hidalgo, elle sait dans quelle salle d'amphithéâtre ? On va demander à Jean-Luc Mélenchon « Ah non, tu n'as pas dit numéro de salle, étage, prenez l'ascenseur au fond, à gauche. » Donc procès politique, procès d'intention. Oui, c'est une mascarade en réalité. Enfin moi, pour moi, sincèrement, je suis assez abasourdi parce que j'ai compris que c'était un... Il y a des fois où il peut y avoir des procès où on se dit « Ah, 50-50, ça va être chaud.
» On s'est bien défendu mais pas sûr. Là, vraiment, je vous l'assure, de A à Z, et même il faudrait inventer d'autres lettres de l'alphabet, et il n'y avait rien du tout. Rien, rien, rien. Il n'y a pas une seule fois le mot « rassemblement », une seule fois le mot « manifestation », il n'y a rien du tout. Il y a même les organisateurs de la conférence qui se présentent aux policiers, qui leur disent « Nous sommes les organisateurs de la conférence. » Et ils ne prennent pas leur nom, etc., etc. Il n'y a personne qui a interrogé, en fait.
Je suis le seul convoqué et les seuls tweets qui sont extraits, ce sont les miens, alors qu'ils appellent ni plus ni moins qu'à venir massivement à la conférence. Je ne peux pas faire plus, quoi, enfin, je veux dire. Et donc, on me reproche ça, en fait. J'ai expliqué que dans les autres facultés, il y avait 400, 500 personnes, etc. Mais, enfin, je veux dire, on aurait pu poser la lune, comme on dit, dans la main droite du juge et le soleil dans la main gauche, et il n'en avait rien à taper. Je pense qu'il avait prévu et que c'était un... Voilà. Maintenant, on a fait appel. On va voir ce que ça va donner.
Vous avez interjeté appel, mais il est peut-être aussi bon de rappeler que ce procès intervient quelques semaines après ta convocation pour apologie du terrorisme.
Oui, c'est, en fait, c'est d'une certaine manière, déjà, d'une part, de me cibler moi et de cibler aussi Révolution Permanente, parce qu'on est dans une séquence très particulière, très autoritaire, où, en fait, il y a de la répression à tout va, où on est, moi, je n'oublierai pas qu'on est parti soulever des jeunes étudiants deux heures après le fait qu'ils rentrent à peine dans leur fac à la Sorbonne, à Sciences Po et ailleurs.
On est en train de voir des choses et il y a une normalisation de la violence d'État, là, vos images, où, en fait, ça devient normal de savater de la presse, ça devient normal de nasser des journalistes, etc., de nasser les gens, alors qu'on nous a expliqué mille fois que les NAS sont interdites, etc., etc., eh bien, on est, en fait, dans ça. Ils apprennent systématiquement de toutes les mobilisations. Je veux dire, toutes les méthodes, c'est celles qu'on a vues pendant les nuits du 49-3, etc., dans les rues parisiennes, avec la Bravem qui course les gens et autres. Donc, voilà, on est dans un temps, en fait, où il y a une répression qui est importante.
Et puis, il faut voir aussi qu'il y a une forme de réveil et que je pense que le fait d'aller me chercher sur un dossier aussi bidon que ça deux ans et demi après, c'est aussi pour essayer de découper certaines têtes dans la période. Parce que vu que toutes les histoires de l'antiterrorisme et d'apologie, pour l'heure, mis à part Jean-Paul Delesco, il n'y a rien, en fait, il n'y a pas d'autre procès. Ça s'est arrêté soit en convocation, on sait quasi d'office qu'il y a beaucoup de militants politiques qui, du fait, si tu te souviens, j'étais le premier, j'ai expliqué à tout le monde ce qui allait se passer. J'ai fait retour vers le futur.
Trois semaines avant, j'ai dit les noms, qui allaient être convoqués, etc., la méthodologie, qui était à l'origine de tout ça, alors que personne, les gens ne savaient même pas ce qui était en train de se passer. Heureusement qu'on a fait ça. Ça a permis notamment qu'il y ait une vague de soutien, etc. Nous, il y a eu une tribune de plus de 800 personnes, des intellectuels d'Harvard, de MIT, etc., des artistes, des chanteurs et autres qui se sont solidarisés. Ça a permis, pour l'heure, de couper, j'ai l'impression, les convocations pour d'autres.
Parce que je vous le dis, nous, dans la liste que nous, on avait par des contacts proches de ces dossiers, il devait y avoir beaucoup plus gros, en fait. Il devait y avoir Jean-Luc Mélenchon, il devait y avoir Philippe Poutou, Olivier Besancenot, etc. Donc c'est par le fait d'avoir été à l'offensive. Maintenant, il ne faut pas, en fait, attendre qu'on passe les uns et les autres au tribunal comme ça, à tour de rôle, et qu'on se mange tous des sanctions, qu'on se fasse tous réprimer. Mais il faut voir comment, en réalité, on fait front. Parce que derrière, l'objectif, c'est de dire « Allez-y ». Là, c'est la période. Allez-y.
D'ailleurs, sur ce même plateau, après t'avoir reçu, pour revenir justement sur cette convocation pour l'apologie du terrorisme, t'avais lancé un appel pour faire front, un appel dirigé vers les différents leaders de gauche et d'extrême-gauche. Est-ce qu'il a été entendu, cet appel ? Est-ce que vous vous êtes retrouvé autour d'une table ?
Non, malheureusement, il a été entendu que partiellement, par quelques organisations, mais c'est systématiquement sur le plus petit dénominateur commun. Je pense qu'il n'y a pas encore de volonté d'essayer de construire quelque chose de fort. Le 8 juin, on soutient une initiative qui est une sorte de meeting village, un peu dans Paris, à l'image du village Antifa. Mais on considère que ce n'est pas à hauteur de ce qu'on devrait faire, que la question, ce n'est pas... Moi, je regrette parfois le routinisme militant, en fait, où on se dit, « Waouh, il me faut tant de journées, tant d'affiches, tant de machins.
Là, il y a les ponts, mais tu comprends, pendant les ponts, les gens partent en vacances, du coup. » C'est faux, ça. C'est faux. Et Raphaël nous l'a démontré. Que tu peux sortir un visuel à 14h45, à 15h, les gens sont là 10 fois plus nombreux qu'avant. Parce que les gens, ils répondent au moment et à l'instant présent, à qu'est-ce qui les touche.
Et le moment où on était tous touchés,
le moment où il y a Mathilde Pano, Rima Hassan, etc., on doit frapper. On doit appeler une grande marche pour la liberté d'expression, contre la répression des militants politiques, syndicaux, etc., contre l'intimidation. On aurait dû frapper. Malheureusement, moi, je regrette, j'ai participé à une réunion où la première chose, c'était que pendant 45 minutes, on a parlé des ponts du mois de mai. Que non, on ne peut pas mobiliser là, parce qu'il y a les ponts du mois de mai. Après, là, il y a le congrès de Pierre-Paul-Jacques. À tel moment, il y a les élections. À tel moment, il y a ceci. Mais on ne veut pas faire parce que l'autre, il veut tirer plus la couverture.
Enfin, c'est vraiment, je pense que ce n'est pas à la hauteur des enjeux. Très sincèrement, ce n'est pas à la hauteur des enjeux. Moi, j'ai énormément... Je peux prendre toute la liste de tous les orgas possibles et imaginables et je peux dire, je peux rester trois heures à dire tous les désaccords politiques, stratégiques que j'ai avec les uns et les autres. Mais pour nous, on met ça sous le tapis. C'est-à-dire, le plus important, c'est de faire front parce que notre camp social est attaqué. Notre camp social est attaqué. Quand moi, je vois des secrétaires d'UDE comme Jean-Paul Delesco qui prenne un an de sursis pour un tract syndical, c'est terrible. Je veux dire, c'est incroyable.
C'est-à-dire, aujourd'hui, enfin, moi, les 1 500 euros... Enfin, je remercie d'ailleurs tous les soutiens. Je ne l'ai pas fait, mais je remercie énormément les gens qui sont venus. J'ai reçu des messages de gens aux États-Unis qui m'ont dit « S'il y a une cagnotte, on va la payer avec plaisir, etc. » « La paye pas, fais en sorte que tout le monde puisse la payer, etc. » J'ai reçu de nombreux messages de personnalités politiques ici en France, d'artistes et autres. Je pense que les gens ont banalisé aussi, peut-être. Peut-être que moi, je n'ai pas voulu en faire 3 tonnes pour pas... Peut-être par le fait d'être serein.
Peut-être moi-même, j'ai banalisé la violence d'État, en fait, en me disant « Bon, il n'y a rien du tout dans ce dossier. Franchement, on y va en marche arrière. » Et qu'en réalité, voilà quoi. Et j'ai reçu beaucoup de messages de gens qui étaient profondément choqués, qui pensaient que ça allait passer comme une lettre à la poste et qui trouvent que c'est incroyable ce qui est en train de se passer. Je veux dire, vous vous faites insulter d'islamistes, vous devez 1500 euros à l'État.
Et d'ailleurs, les militants d'extrême droite qui t'ont attaqué, ils se sont même déplacés pour empêcher ta venue à la Sorbonne. Et eux, eux, n'ont pas été inquiétés.
Oui, après, eux, il n'y a rien. Ça, le juge, ça ne le préoccupe pas. Et le parquet, ça ne les préoccupe pas. Il n'y a rien du tout contre ces personnes-là. Je rappelle qu'eux, ils disent, quand ils dissous Étienne Cormier, qu'on voit là, c'est le porte-parole de Génération Identitaire. C'est eux qui ont fait la banderole sur Aya Nakamura en lui disant « Ici, c'est Paris, c'est pas Bamako. » Oui, c'est eux. C'est-à-dire que c'est des gens qui sont spécialistes des coûts politiques pour attirer la lumière. Regardez pour Aya Nakamura, ça a duré un mois. Un mois, est-ce qu'elle chante bien ? De quoi elle parle dans ses clips ? De quelle origine elle est ? Avec qui elle est mariée ?
Et ceci, cela. Donc, en fait, on accrédite ça. Et c'est assez terrible parce que ce message-là, moi, je le vois aussi au travers de l'élection européenne. C'est-à-dire dans une semaine à peu près maintenant, on va avoir, semble-t-il, une victoire écrasante de l'extrême droite. C'est-à-dire que si on prend Reconquête et le Rassemblement national, les listes d'extrême droite, elles risquent de culminer à plus de 40 %, je veux dire. Et on a le pouvoir aujourd'hui parce que le procureur de la République, c'est le ministère de la Justice, c'est Dupond-Moretti.
C'est lui qui dit « Vas-y, pas de problème, deux piges et demi après, vas-y, va aller chercher le militant politique de révolution permanente. » C'est ça en fait. Donc à un moment donné, on voit clairement qu'ils sont main dans la main en réalité avec l'extrême droite, qu'ils sont en train de les adouber, qu'ils font des cadeaux au quotidien à l'extrême droite, que derrière, il va falloir compter, comme toujours, que sur nous-mêmes, que sur la solidarité, que sur le soutien. Et moi, j'espère qu'on va profiter de cette séquence-là, ce sursaut et ce réveil, cette indignation large autour de ce qui est en train de se passer à la fin.
J'espère que là, pendant qu'on parle, j'espère qu'il y a des milliers de personnes qui sont en dessous de la tour TF1 pour dénoncer ce qui est en train de se passer. Ça donne énormément de morale. Ça donne énormément de morale. Et il faut qu'on saisisse la balle au bon aussi pour être à la hauteur des enjeux. Les gens, la plupart, c'est des gens qui n'avaient jamais manifesté avant, qui sont des primo-manifestants, qui sont là, etc. Et je pense que les organisations politiques syndicales, elles ont un rôle central à jouer.
C'est aussi de donner un cap, de montrer de la détermination et de montrer qu'en fait, on ne va pas laisser les gens courir tout seuls dans les rues, se faire défoncer dans telle rue, dans tel bout du périphérique, etc. On a une responsabilité. Et moi, je regrette quand je vois qu'il y a des milliers de syndicalistes qui sont attaqués. Il y a un camarade, Christian Porta, d'ailleurs, c'est la bonne nouvelle de la journée, parce que Christian Porta, qui est notre camarade de l'usine Neuser, il vient encore de battre en justice le patron de In Vivo qui veut imposer la dictature patronale.
Et donc, ça montre à quel point, en réalité, on a raison de se battre, de donner du moral, de montrer aux gens que ce n'est pas en baissant la tête, en faisant marche arrière, qu'on va réussir, mais c'est en passant à l'offensive. Donc, j'espère que, voilà, on va commencer à se coordonner. Tous les syndicalistes réprimés, je pense qu'il est temps, j'envoie ce message-là à toutes les organisations syndicales, je pense qu'il est temps que les organisations syndicales appellent à des mobilisations à la grève dans ce pays, d'accord ? Je sais que vous allez parler avec Mathieu Slama et Paul Élec du chômage, je veux dire, la force des travailleurs, c'est la grève, d'accord ?
Et qu'à un moment donné, je pense que pour tout ce qui se passe, moi, je suis attaché à une tradition du mouvement ouvrier qui s'est forgée au moment de la Première Guerre mondiale, qui s'est forgée autour de la Commune de Paris, de la Seconde Guerre mondiale, des insurgés de Saint-Domingue, etc., etc., de toute cette histoire et ce poids du mouvement ouvrier, de ceux qui ont donné des valises pour aider les résistants colonisés à droite et à gauche, etc., qui ont dénoncé le code de l'indigénat. Le syndicalisme, ce n'est pas juste, je me préoccupe de mes repos et de ma retraite, etc. Le syndicalisme, c'est celui qui fait face dans des moments où l'impérialisme français, il est devant.
Et on devrait être face à l'impérialisme français et pas être silencieux pendant qu'il est en train de s'activer, pendant qu'il est en train de réprimer. Je ne suis pas à la CGT, mais je suis solidaire des camarades de la CGT. Et je pense, et j'envoie ce message à Sophie Binet, qui est la patronne de la confédération la plus combative de ce pays, qui a 100 ans et plus d'histoire. Je veux dire, qu'est-ce que la CGT, sincèrement, a gagné d'avoir 1000 syndicalistes réprimés, d'avoir des camarades dans des tôles qui subissent des liquidations, des plans sociaux, etc. Qu'est-ce qu'on a à gagner ? Si derrière, le mot CGT égale répression. Qui va aller se syndiquer à la CGT ?
Qui va vouloir faire du syndicalisme quand les gens vont dire, mais attends, t'es malade, toi ? Il y a un regard Jean-Paul De Lescaux, il est secrétaire d'une unité départementale. Qu'est-ce qu'il va me faire à moi, le petit ouvrier qui ne suis pas syndiqué ? Donc, on a une responsabilité face à tout ça. Et j'espère qu'à un moment donné, on va remettre la pression qu'il y avait, notamment l'année dernière, ce n'était pas il y a 50 ans, mais l'année dernière, je rappelle aux gens qu'il y avait des casseroleades, que Papendja, il était obligé de sortir par la porte arrière d'un TGV pour s'exfiltrer, qu'il y avait des ministres qui annulaient leurs conférences, etc.
parce qu'ils avaient peur de quelques casseroleades. Donc, c'est ça aussi, parfois, notre force, et il faut s'en rappeler pour pouvoir essayer de reconstruire quelque chose. En tout cas, si les gens sont indignés par cette condamnation, qu'ils ne pleurent pas ou qu'ils ne soient pas juste indignés, mais qu'ils se disent comment on fait pour faire front et se battre ensemble.
Merci beaucoup, Anaskia Zib, cheminot, syndicaliste à Sudra et militant révolution permanente. J'espère que ton message sera entendu. Est-ce qu'il y a la date de l'appel ? Enfin, l'audience d'appel, on la connaît ou pas encore ?
Non, il n'y a pas d'audience d'appel pour l'heure, mais si je peux donner juste un renseignement, on est en train de préparer une coordination des réprimés, ça, c'est peut-être un élément important, notamment avec plusieurs militants syndicaux, CGT et autres, qui sont attaqués en ce moment. Et on va essayer de coordonner le plus largement possible. Donc, s'il y a des gens qui vivent la répression actuellement, qui ne savent pas comment faire, qui n'ont peut-être pas d'avocat, qui ont besoin d'aide, de soutien, d'expérience et autres, qu'ils n'hésitent pas à me contacter sur Twitter, sur les réseaux sociaux, etc., pour que je leur donne les éléments. Et plus on est nombreux, et mieux ça sera.
Parfait, merci. Donc, vous pouvez retrouver les réseaux sociaux d'Anna Skazib et de Révolution Permanente, puisqu'il relaie systématiquement aussi tes appels, tes messages, tes vidéos. Merci encore, Anas, d'être venue sur notre plateau. Restez avec nous. On retrouve notre débat du jeudi, le fond de l'info, tout de suite, après ce petit instant promo. Je vous en parlais tout à l'heure, notre candidature pour arriver sur la TNT recevable. Nous passons au second tour des sélections. Nous attendons désormais l'audition de juillet pour défendre la crédibilité de notre démarche et expliquer qu'une chaîne du côté des gens et non des puissances de l'argent est possible.
C8, CNews, BFM TV, le média pourrait remplacer une de ces chaînes dès l'année prochaine.
Eh oui, ça fait des années qu'on subit ça. Des années qu'on n'a pas d'autre choix que ça. Des années qu'on ne supporte plus ça. Des années qu'on voudrait que ça s'arrête. Et qu'on rêve d'une chaîne d'info différente. Le média a déposé un dossier pour être diffusé sur la TNT. Le dossier a été déclaré recevable. Nous avons passé le premier tour. Nous serons auditionnés en juillet. Participez à l'aventure. TNT.lemediatv.fr On n'a jamais été aussi prêts de révolutionner la télé.
Bonsoir à celles et ceux qui nous rejoignent. Et merci à vous qui continuez de regarder toujours debout l'émission quasi quotidienne d'info et de combat. C'est l'heure du Fonds de l'Info avec Mathius Lamaïséiste, auteur de Adieu, la liberté, et Paul Elect, tous deux chroniqueurs politiques ou médias. Bonsoir messieurs. Bonsoir. Au programme de ce Fonds de l'Info, nous discuterons très largement de la réforme de l'assurance chômage annoncée par Gabriel Attal qui va de nouveau durcir les conditions d'anonymisation des demandeurs d'emploi.
Une réforme jugée brutale, la plus violente de tous les temps, s'alarme la CGT dans un communiqué qui devrait permettre au gouvernement de faire une économie de 3,6 milliards d'euros. Mais le Premier ministre jure que c'est le plein emploi qui est recherché à travers cette troisième réforme de l'assurance chômage en cinq ans.
Vous ne faites pas confiance au gouvernement, vous pouvez au moins faire confiance à la Dares, la Dares qui vient de remettre une étude en février qui montre que les réformes qui ont été conduites et notamment la réforme de l'assurance chômage de 2019 ont amélioré le taux de retour à l'emploi. C'est ça la réalité. Ce taux de chômage historiquement bas qui fait qu'on était à 9,5% de chômage en 2017, qu'on est à 7,5% de chômage aujourd'hui, ça ne tombe pas du ciel. C'est le fruit de réformes. Et donc oui, j'assume de dire qu'on doit poursuivre ces réformes. Maintenant, la question, c'est comment est-ce qu'on doit le faire ?
Comment est-ce qu'on doit le faire ? Voici les trois principales mesures de cette nouvelle réforme. Le raccourcissement de la durée d'indemnisation à 15 mois au lieu de 18, la nécessité d'avoir codisé un minimum de 8 mois dans les 20 derniers mois pour ouvrir des droits à une indemnisation. Et enfin, une réforme de la filière senior à laquelle il sera possible d'accéder à 57 ans et non plus à 55 ans, avec un raccourcissement des indemnisations de 27 mois à 22 mois et demi pour les concernés. Les syndicats et l'opposition fustigent une réforme dangereuse pour tous les travailleuses et travailleurs qui n'a aucun effet sur l'emploi.
Monsieur le ministre, vous n'avez de cesse de répéter que le chômage n'a jamais été aussi faible dans notre pays depuis longtemps et pourtant vous semblez vous acharner sur les chômeurs avec une troisième réforme en 5 ans. En vérité, ça n'est pas la courbe du chômage qui vous intéresse le plus. Ce qui vous intéresse, c'est de faire rentrer de l'argent dans les caisses de l'État sur le dos des chômeurs parce que la situation budgétaire de la France est extrêmement préoccupante. Vous êtes donc à la tête d'un gouvernement qui en vient à réduire les droits des Français pour atténuer le déficit de l'État.
Car vous savez très bien que le durcissement des règles n'a pratiquement pas d'effet sur le retour de l'emploi. Augmentation du temps de cotisation sur une durée plus courte pour une indemnisation moins longue. Ce n'est plus une réforme, c'est un coup de poignard dans le dos des Français. Des décennies de lutte pour davantage de droits et pour une meilleure protection des travailleurs renversés en un simple claquement de doigts. Qu'ont donc fait les personnes privées d'emploi pour mériter votre haine ? Les femmes et les hommes que vous ne cessez d'attaquer ont pourtant pour unique souhait de réintégrer le marché de l'emploi.
Mais votre seule réponse est de faire croire qu'ils sont responsables de leur situation. Comme quoi, vous n'êtes pas que des grands bourgeois cyniques, vous êtes aussi des incompétents notoires. Car ça fait maintenant 10 ans que vous touchez l'assurance chômage. Quand M. Macron a été nommé en 2014 ministre de l'économie et des finances, il y avait 6 millions de demandeurs d'emploi à Pôle emploi. Aujourd'hui, il y en a 200 000 de plus. Donc non seulement vous mentez, mais vous êtes dans l'échec.
D'ailleurs, messieurs, il n'y a pas que la gauche qui s'indigne à interroger sur France Info. Marine Le Pen assure que cette réforme ne va pas encourager l'activité et mettre une partie des seniors sans emploi au RSA. Est-ce la réforme de trop, messieurs, qui risque de rallumer la mèche de la colère sociale ? Paul Elec.
Ben, est-ce que ça va rallumer la mèche ? Ça, c'est une question qu'il faudra voir venir en fonction de ce que décident les syndicats, de ce que les gens saisissent de cette réforme. Parce qu'encore une fois, c'est toujours des modalités techniques. Il faut prendre le temps de l'expliquer. Mais ce qui est intéressant, c'est que je voulais réagir à l'intervention de Gabriel Attal, qui apparemment connaît la DARES. La DARES, qui est un service du ministère, qui a elle-même publié, avec un autre service du ministère du Travail, la Direction Générale de l'Emploi et de la Formation Professionnelle, une enquête pour expliquer qu'une réforme supplémentaire n'était jugée peu opportune.
Formulation qui, dans le monde de la recherche encadrée par le travail ministériel, veut dire est inutile, voire qu'il ne faut pas faire. Et en fait, il dit, oui, vous voyez bien qu'il y a un retour à l'emploi. Cette même DARES nous explique, dans le bilan de la réforme précédente, qu'en moyenne, la moitié des gens qui ont retrouvé un emploi ont retrouvé des CDD de mois ou de l'intérim.
Ce qui veut dire qu'en faisant cette nouvelle réforme, c'est-à-dire en allongeant à 8 mois les mois qu'il faut avoir travaillé pour avoir accès au chômage, on va pénaliser particulièrement ces gens qui sont dans cette situation de reprise d'emploi via des contrats courts, via l'intérim, ou voire par des gens qui s'insèrent dans le marché du travail en connaissant un cumul de ce genre d'emplois, on va dire, à durée déterminée, qui sont des contrats dérogatoires, enfin, qui sont nommés des contrats dérogatoires, qui ne devraient pas être la norme, et qui sont par exemple les jeunes, qui particulièrement vont avoir, entre guillemets, entre leur entrée du marché du travail jusqu'à l'âge des fois de 26, 27, 28 ans, une succession de petits emplois, et donc va les pénaliser particulièrement.
Donc oui, c'est une réforme particulièrement brutale, puisqu'en gros, ça va baisser l'indemnisation du chômage, comme ça l'a toujours fait, ça va rendre plus difficile l'accès au chômage, et encore, on y aura le droit beaucoup moins longtemps. Donc c'est une réforme brutale pour faire des économies ridicules, 3,6 milliards d'euros, alors qu'il existe des niches fiscales absolument, enfin, je veux dire, c'est 98 milliards d'euros, les niches fiscales, vous avez, en termes d'exonération de cotisation...
On aurait pu aller chercher l'argent ailleurs.
Mais bien sûr, en termes d'exonération de cotisation, données, quand on va dire, aux grandes entreprises, qui sont en plus inutiles et qui ne permettent pas l'emploi, selon les services même, quand on va dire, des ministères, des milliards d'euros. Et là, on nous annonce qu'en fait, sur le dos des chômeurs, on va pousser les gens vers, comment dire, la pauvreté, tout simplement, parce que je rappelle que le taux de pauvreté chez les personnes au chômage, il est d'environ, en 2019, c'est de 38%, quand il était de 14% dans la population générale. Donc vous voyez l'écart. Donc bref, il y a plein de choses à dire. Une dernière chose aussi, c'est que, un, ça va pousser les gens vers le RSA.
La même Dares annonce qu'en gros, là, on estime qu'à Minima, ou je ne sais plus si c'est la Dares ou l'Unédic, mais ça pourrait pousser 100 000 personnes au RSA, c'est-à-dire dans une pauvreté extrême, parce que le RSA est une allocation avec un niveau assez faible. Et deuxièmement, il y a une étude aussi qui est sortie dernièrement et qui montre que 30% des chômeurs ont des idées suicidaires. Et donc il faut se rappeler que le fait d'être au chômage, c'est aussi un risque de surmortalité. Et qu'en fait, quand on fait des réformes comme ça, non seulement c'est antisocial, non seulement c'est antisocial, mais en fait, ça tue les gens. Et il faut le dire, voilà, ça tue les gens.
Et ça ne favorise pas, d'ailleurs, le retour à l'emploi, contrairement à ce que prétend le Premier ministre, Gabriel Attal. Mathieu Stama.
Oui, ben, Paul a tout dit. Moi, je parlerais de harcèlement anti-chômeurs. Je pense qu'on peut parler de harcèlement à ce niveau. Je crois que c'est la troisième ou quatrième réforme. Troisième réforme en cinq ans. Voilà, en cinq ans. C'est une attaque sans précédent contre les droits fondamentaux. Parce que quand même, le chômage, c'est un acquis social essentiel. Je veux dire, là, c'est la destruction presque totale de ce droit. Enfin, je veux dire, on le réduit à peu de chagrin. On met des centaines de milliers de personnes dans l'extrême difficulté. Je crois que c'est 200 000 personnes qui sont concernées par l'augmentation de 6 à 8 mois d'obligation de travail pour toucher le chômage.
200 000 personnes, c'est énorme.
C'est dans les 20 derniers mois. Jusqu'à présent, c'est 18 derniers mois.
C'est ça. Donc, c'est beaucoup de gens qui sont touchés. Ça va pousser des gens vers le RSA. Ça va pousser des gens vers encore plus de pauvreté. Donc, c'est une précarisation de la société. C'est une précarisation du monde du travail. Comme ça vient d'être dit, ça va... En fait, on va vers un système allemand. Et je pense que c'est ça, le modèle que veut Emmanuel Macron, la fameuse flexibilité du travail. C'est que les gens aient plein de petits boulots, s'en sortent comme ils peuvent. Et finalement, on va avoir une explosion des CDD, des intérims, des petits boulots, des auto-entrepreneurs type Uber, Deliveroo, etc., qui sont des horreurs sociales.
Donc, c'est tout un système qui est précarisé, mais qui est précarisé volontairement pour, d'une part, faire des économies. Ça, c'est vraiment, pour moi, l'horreur de l'idéologie managériale qui est aujourd'hui au pouvoir. C'est vraiment... On fait des petites économies, de la comptabilité, de la basse comptabilité sur la vie des gens. Parce que c'est quand même, comme Paul l'a dit, c'est la vie des gens qui est concernée. Donc, faire des économies.
Et puis, également, tout ça avec derrière ce discours épouvantable de culpabilisation des chômeurs, parce qu'au final, derrière ces mesures-là, il y a toujours l'idée, il y a des profiteurs, il y a des gens qui ne veulent pas retourner dans l'emploi, qui profitent du chômage, profiter du chômage, vu comment, en plus, avec l'inflation, etc., on ne vit pas avec le chômage aujourd'hui, ou très mal, en tout cas pour les gens qui avaient des petits salaires quand ils ont perdu leur emploi.
Donc, derrière tout ça, il y a cette culpabilisation des chômeurs, cette espèce de discours sur l'assistanat, etc., il y a ça, derrière cette réforme, qui est un discours qui s'est installé depuis des années et qui est épouvantable. Et pour finir, juste en un mot, il ne faut pas non plus s'étonner de ces reculs, parce que d'abord, Emmanuel Macron fait reculer les droits sociaux de manière continue depuis son premier mandat. Mais que peut-on envisager d'autre quand c'est l'idéologie du travail, le discours du travail, qui s'est installé comme ça dans les débats politiques ?
À partir du moment où on installe l'idée que sans travail, on n'est rien, que le travail, c'est l'émancipation, qu'il faut travailler pour être heureux dans la vie, tout ce discours travailliste extrêmement culpabilisateur, d'une part, et puis deuxièmement, extrêmement autoritaire, parce que c'est vraiment l'idée « si vous ne bossez pas, vous n'êtes rien ». Voilà, je dis toujours, moi, que la phrase « ceux qui sont quelque chose, ceux qui ne sont rien » d'Emmanuel Macron, « ceux qui ont réussi et ceux qui ne sont rien », pour moi, c'est ceux qui bossent et ceux qui ne bossent pas. Et au fond, il y a ça derrière toutes ces réformes et cette casse sociale.
Il y a cette idéologie, il y a cette philosophie du travail comme outil de dépassement de soi, outil de libération personnelle, etc., qui, je le redis, est un discours effrayant et je dis ça aussi à la gauche, qu'il y a une certaine gauche, quand je vois le Parti communiste aujourd'hui nous parler de la France des allocs et nous faire l'éloge du travail, etc. Je dis aussi ça pour quelqu'un que moi, je respecte beaucoup, qui est François Ruffin, je dis attention avec le discours sur le travail, parce que le discours sur le travail, c'est aussi un discours qui culpabilise ceux qui ne travaillaient pas.
Effectivement, il faut donner peut-être encore quelques chiffres sur cette idée d'on peut vivre facilement du chômage. J'ai les chiffres de 2019, parce que c'est difficile de regarder dans toutes les études, mais en 2019, il y a seulement 5% des chômeurs qui gagnent plus de 1750 euros au chômage. Par contre, il y en a plus de 50% qui sont à moins de 860 euros par mois. C'est ça, la réalité. Donc, en fait, on ne vit pas en France avec 860 euros, où les gens qui vivent avec ça, ils survivent et ils survivent et ils font ce qu'ils peuvent et ils sont en grande difficulté.
Ce qui explique aussi qu'il y ait 9 millions de pauvres dans ce pays, qu'il y ait des files alimentaires qui se remplissent à mesure d'années et à mesure que des mesures de violence sociale sont appliquées par le gouvernement. Effectivement, derrière, il y a le discours. Quand il avait annoncé qu'il allait faire cette nouvelle réforme, le Premier ministre Attal, en mars, il avait dit le travail doit toujours mieux payer que l'inactivité, qui est vraiment ce dogme-là. Et c'est intéressant, je suis d'accord avec Mathieu sur un point, c'est que d'où vient cette idée de la réussite par le travail ?
À la base, c'est quand même l'idéologie parfaite qu'a produite la bourgeoisie dans une société où elle était une classe sociale en bataille avec une société d'ordre dans laquelle chacun avait une activité. Les nobles ne travaillaient pas, le prolétariat n'existait pas parce que c'était la paysannerie qui était massivement, en gros, dans du servage et qui n'avait pas vocation à sortir de sa classe. Et puis il y avait le clergé qui priait. Et il fallait bien, pour la bourgeoisie, justifier sa place en tant que réussite par le travail.
C'est cette vision méritocratique de réussite c'est là qu'elle émerge et elle s'impose ensuite sous la forme d'une subversion de la notion de valeur qui va donner aussi la révolution politique pour organiser la société selon les normes du libéralisme économique.
Et ça donne le capitalisme, tout simplement, c'est-à-dire une logique de valorisation de la valeur qui, aujourd'hui, colonise l'ensemble de nos relations sociales et qui arrive effectivement à ce paradoxe où aujourd'hui, on a une partie de la gauche qui, parce qu'elle veut flatter un certain nombre de milieux qui pensent trouver un signe de reconnaissance par leur travail parce que peut-être que ailleurs, dans d'autres formes de capitaux...
Quel milieu, typiquement ?
On va avoir des milieux, par exemple, populaires, blancs, qui ont peu réussi à l'école et qui ont des boulots très prolétarisés, qui vont, dans du petit salariat, trouver de la reconnaissance dans le travail. Pourquoi ? Parce que, un, le conflit de classe ne peut pas s'organiser dans des petites structures dans lesquelles le monde syndical n'existe pas ou peu. Et de l'autre côté, parce que, justement, contrairement à certaines stratégies des classes populaires, de valorisation de leur capital scolaire, c'est-à-dire de réussite par l'acquisition d'un capital culturel, etc., vont valoriser un signe de reconnaissance au travail. Et on peut comprendre d'où ça vient.
Le problème, c'est que la gauche ne doit pas flatter ça. Elle ne doit pas flatter ça, d'autant plus quand, effectivement, quand on commence à parler et à stigmatiser ce qu'on appelle les assistés, etc., on sait très bien qu'il y a une charge discursive derrière, que la droite et l'extrême droite ont organisé derrière ce mot d'assister et qui veut dire immigré, qui veut dire étranger.
Pourquoi l'extrême droite ne semble pas soutenir cette réforme de l'assurance-chômage ?
Oui. Alors, ça ne m'étonne pas non plus parce qu'en fait, souvent, quand on écoute, même sur les retraites, ils ont toujours ces espèces de formules très ambiguës en disant « Non, mais ce n'est pas bien. » Par contre, il faut regarder qu'est-ce qui se passe quand ils votent des dispositions sociales et là, il n'y a absolument plus personne. Mais ils n'abordent jamais frontalement cette question. C'était comme pendant les gilets jaunes, ils disaient « Ils n'allaient pas dire aux gilets jaunes, je suis contre l'augmentation du SMIC. » Juste, ils se taisent ou ils disent « Non, mais ce n'est pas bien les réformes, on fait toujours payer les mêmes.
» Des formules assez creuses mais qui permettent de ménager la chèvre du jour. Surtout que le RN parle des assistés, lui-même parle de l'assistanat, lui-même revendique une politique économique de baisse des charges des entreprises, donc une politique libérale. Donc, en effet, c'est de l'hypocrisie, c'est de la communication, il y a des élections, ils savent qu'ils ont un vivier électoral dans les classes populaires, qu'ils sont touchés par ce type de réformes. Donc, moi, je l'analyse plutôt comme ça.
Il y a des travaux de Nona Meilleur notamment qui montrent que beaucoup d'ouvriers ou de salariés, de petits salariés qui votent au RN ne sont pas forcément dans des situations où justement ils ont perdu leur emploi ou ils sont dans des situations de désastre social parce que c'est des situations où on peut au contraire développer des demandes sociales.
Mais par contre, des gens qui sont dans des emplois stables mais pourris, entre guillemets, la peur de perdre l'emploi, cette peur du basculement, cette peur du déclassement est effectivement un des motifs d'adhésion à ce discours sur l'assistanat et c'est vraiment quelque chose d'ancré dans une partie de la classe salariale malheureusement dans ce pays.
Merci messieurs. On va avoir passé au deuxième, au second sujet parce qu'il y a beaucoup de choses à dire et puis on a surtout nos collègues et camarades Lisa Lap et Nicolas Maillard qui sont en ce moment au siège de LCI donc on va devoir organiser un duplex. L'autre actualité qui a marqué la semaine c'est l'altercation à l'Assemblée nationale entre le député LFI David Guiraud et l'élu républicain Habib Meilleur qui a de nouveau crié à l'antisémitisme.
Vous leur donnez la parole. Comment vous leur donnez la parole ? À qui tu parles ? À toi je te parle. On n'a pas élevé les cochons ensemble alors respecte un peu la... Mais c'est toi le cochon. T'es dans la boue du génocide. C'est quoi la boue du génocide ? C'est la génocide ? Rélibérer les otages. Vous n'avez pas honte ? Quelle apologie du génocide ? Quelle apologie du génocide ? Moi je regrette la mort de tous les enfants. Il y a des justice dans ce pays vous serez plus suivi en justice monsieur. Je ne me touchez pas. Je suis en pleine interview. Je ne me touchez pas. Je ne me touchez pas. Je ne me touchez pas. Je ne me touchez pas. Vous voyez ces gens-là ? Ces gens n'en ont rien à faire.
Il y a un scandale. Vous vous faites honte à l'Assemblée nationale. Ces gens n'en ont rien à faire. Vous allez signer dans l'Assemblée. Vous avez des polémies. Ils s'en moquent. C'est bonheur. Regardez-le. Ce monsieur est un porc. Il défend génocide depuis le début. C'est un porc. Il a dit à l'Assemblée nationale que ça n'allait pas s'arrêter depuis le début.
Cet incident largement commenté dans les médias fait suite au brandissement du drapeau palestinien par le député LFI Sébastien Delogu. L'image a été reprise partout. Commenté à la télé sur les réseaux sociaux exclut 15 jours son indemnité parlementaire divisée par deux. Yaël Braun-Pivet, président de l'Assemblée nationale, soutient qu'il s'est rendu coupable de provocation. Mais le député insoumis ne regrette pas son geste. Il était d'ailleurs place de la République. C'était hier. Pour une manifestation en soutien à la Palestine. Il a expliqué devant la foule son geste. Et même au sein de la majorité, on conteste un peu cette sanction qu'on juge disproportionnée.
On va très rapidement donner la parole à nos camarades Isalap et Nicolas Maillard qui sont en ce moment au siège de LCI. Je rappelle que ce soir, il y a une interview de Benyamin Netanyahou, le premier ministre israélien, qui scandalise. Et pour cause, on rappelle quand même qu'Israël poursuit son offensive militaire en ce moment à Rafa, malgré l'ordre de cesser le feu qui a été ordonné par la Cour internationale de justice et malgré les mandats d'arrêt qui ont été émis contre lui pour crimes contre l'humanité, notamment par le procureur de la Cour pénale internationale. Isalap est avec nous. Oui, est-ce que vous m'entendez ? Oui, on t'entend.
On a l'impression qu'il y a un tremblement de terre. On a l'impression qu'on insiste à un séisme. Est-ce que tout va bien, Lisa ? Raconte-nous un petit peu l'ambiance.
On est sous la pluie actuellement, là. Il y a la tour TF1 qui est juste en face de moi. La manifestation est compliquée à tenir parce qu'il y a un gros, gros, gros parage policier tout au long du quartier. Les manifestations n'ont pas plus du tout approché la tour de TF1 et la tour de LCI. C'est impossible. Donc là, ils ont tenté de venir sur le périphérique blanqués aussi. Il y a une grosse présence policière. Il y a Rima Salle et Sébastien Delogu. Vous êtes combien à peu près, Lisa ? Là, on est vraiment des centaines. Je dirais quelques centaines.
Après, là, pour l'instant, on est dans la foule, mais ça prend quand même tout le début du périphère avec des gens très déterminés pour s'opposer à la venue de Benyamin Netanyahou sur LCI. On a Sébastien Delogu qui est juste derrière nous. Les fans qui sont venus. Et tout à l'heure, ça chante pour la Palestine, bien sûr, et contre le génocide en cours. Et donc là, on est en train de reculer parce que les manifestants ont essayé d'aller sur le périphérique. La police a bloqué, même si Sébastien Delogu et Rima Salle ont essayé de négocier, etc. Là, pour l'instant, on est en train de reculer dans le quartier de LCI et TF1. Et voilà, on est en direct sur le média. On me demande juste à côté.
Voilà.
D'accord. Donc, l'appel lancé a été visiblement, largement entendu. C'est quoi l'objectif de Rassemblement ? Bien sûr, protester contre l'interview de Benyamin Netanyahou. Mais il y a de grandes chances qu'il ait lieu. Qu'est-ce qu'ils attendent ?
Là, je suis désolée. Je pense qu'on est en train de prendre un petit peu la plume. L'objectif aujourd'hui, c'est vraiment de continuer la bataille culturelle. Oui, Lisa, on ne t'entend plus. Je suis désolée, on est en train de vous faire à cause de la pluie. Je vais vous laisser maintenant, parce que sinon, on va perdre le matériel. Le but ici, c'est de continuer la bataille culturelle contre le génocide en Palestine et de forcer la France à agir par rapport à Israël. Merci à toi, Lisa.
Merci également à Nicolas Maillard et Navré. C'est vrai que j'ai crié un peu dans le micro comme si j'étais avec eux dans le rassemblement. Avant de revenir sur ce rassemblement, je voudrais qu'on revienne sur l'altercation entre David Guiraud et Habib Meilleur, qui est député républicain, et un soutien inconditionnel à Israël et à Benyamin Netanyahou, qui est son grand ami. On peut, messieurs, peut-être s'interroger sur la temporalité de cette polémique qui a pris quand même une grande place dans les médias. Cette polémique intervient alors qu'on le rappelle, Israël poursuit son offensive militaire à Rafa malgré l'ordre de cessez-le-feu qui a été lancé par la Cour internationale de justice.
Est-ce qu'il n'y a pas une volonté finalement de faire diversion et de faire oublier tous ces massacres qui ont lieu ? Est-ce que, peut-être vous, ces insultes, porcs, par trois fois, vous ont choqué, Mathieu Slama ?
Alors déjà, c'est très important de dire que toutes ces polémiques sont dérisoires à côté de ce qui se passe à Rafa et que même, d'une certaine manière, en parlant de ces polémiques, on en oublie l'essentiel, c'est de parler de la tragédie de Rafa, des massacres qui ont lieu là-bas.
45 personnes tuées dans le camp de déplacer du quartier d'Otale.
Absolument, on a tous vu les images épouvantables. Donc évidemment que tout ça est dérisoire. Évidemment que les petites polémiques françaises entre les différents camps politiques sont dérisoires. Maintenant, je vais dire deux choses. La première, c'est que le fait que ce député LFI, donc Sébastien Deloglou, est eu la plus grosse sanction avec 15 jours d'exclusion. Avec effet immédiat. Avec effet immédiat. Et d'ailleurs, il a annoncé qu'il avait fait un recours devant la CEDH. Je trouve que c'est tout à fait intéressant.
Et qu'en termes de jurisprudence, ça sera très intéressant de voir la décision de la CEDH parce que je suis convaincu qu'il y a là un vrai sujet sur les libertés parlementaires, notamment. Je trouve ça ahurissant qu'un député qui, par solidarité avec un peuple opprimé qui subit actuellement ce qu'il subit à Gaza, qui simplement est brandi, ce drapeau-là, à l'Assemblée nationale, se retrouve avec la plus haute condamnation, la même condamnation que le député qui avait tenu des propos racistes...
Retourne en Afrique contre Carlos Bilongo.
Je crois que c'était l'année dernière. Exactement. On marche sur la tête. C'est délirant. Je ne comprends pas cette décision. Et il y a peut-être un donné où il faudra regarder ces règlements à l'Assemblée nationale. Il y a des règlements qui sont absolument grotesques. Et puis, on voit bien que là, il y a eu une pression, notamment de la droite et de l'extrême-droite, pour que la présidence de l'Assemblée nationale prenne... En tout cas, oui, la présidence prenne la décision...
Est-ce qu'elle avait besoin de ces pressions-là ? On rappelle quand même que Yael Broun-Pivet s'est rendu en Israël après l'attaque du 7 octobre en compagnie d'Athlime Meilleur.
En tout cas, de mon point de vue, c'est totalement disproportionné et c'est une honte. Et je considère qu'on devrait pouvoir, l'Assemblée nationale, de même pour l'Ukraine, pour le drapeau palestinien.
L'archer avait effectivement... C'était habillé du drapeau ukrainien.
Alors, je crois que c'était pas en France. C'était... Voilà. Mais en tout cas, toujours est-il que je ne vois pas où est le problème là-dedans. Et c'est vraiment un truc de règlement kafkaïen. D'ailleurs,
la présidente de l'Assemblée nationale a reçu un PINS.
Elle avait reçu un PINS. Absolument. Alors, quels sont les critères qui diraient un PINS et un drapeau ? Voilà. Première chose. Alors, deuxièmement et très rapidement. Donc, sur cette intercation, moi, elle m'a... Enfin, je l'ai trouvée... Violente ? Violente, mais surtout... Malvenue. Malvenue, mais le mot est faible. Je n'arrive pas à trouver les mots tellement je trouve ça grotesque. C'était... Tout était catastrophique dans cet échange. Meyer Habib, qui dit qu'on n'a pas élevé les cochons ensemble, je veux dire... C'est... C'est grotesque de dire ça.
Il interrompt quand même David Guirault qui s'adresse aux journalistes.
Il interrompt David Guirault dans son interview et qu'il dit qu'on n'a pas élevé les cochons. Enfin, bref, c'est dramatique. Et alors, David Guirault qui le traite de porc, moi, je suis désolé, mais non. D'abord, on n'animalise pas comme ça quelqu'un. Que ce soit un adversaire politique total, comme Meyer Habib, qui tient des propos absolument scandaleux, horribles, notamment, on se rappelle du... Le peuple palestinien est un cancer. Je veux dire, c'est des propos épouvantables, gravissimes, d'ailleurs, qui sont, d'ailleurs, à mon sens... Il pourrait y avoir un procès.
Il a réitéré le jour même. Donc, il pourrait être...
Il porte la mort en eux. Voilà. Donc, c'est des propos qui sont épouvantables. Bon, maintenant, on ne traite pas des êtres humains, d'abord, de porcs. On n'animalise pas des êtres humains et à fortiori les députés. Et le hashtag balance ton porc,
il vous a choqué ? Oui, alors, c'est vrai.
C'est vrai. Mais bon, en tout cas, des députés qui se traitent de porcs, moi, je n'aime pas ça. Et, deuxièmement, alors, je ne pense pas que David Guiraud avait une intention antisémite derrière ce mot. Enfin, en tout cas, je ne l'imagine pas, même si David Guiraud avait, on se rappelle, fait une référence au Dragon Céleste sur Twitter il y a quelques mois qui, moi, m'avait profondément choqué. Il a présenté ses excuses. Il a présenté ses excuses. Très bien. Mais là, il était allé beaucoup trop loin. Porc, on a vu après, sur les réseaux sociaux, le déferlement de haine antisémite contre Meilleur Habib, qui est pourtant quelqu'un de...
Est-ce que le mot porc en lui-même a un caractère antisémite qui génère ou qui provoque une déferme antisémite ? C'est autre chose. Non, c'est vrai.
Et c'est pour ça que je suis nuancier sur le sujet. Mais il y a derrière un imaginaire, un arrière-plan qui est aussi antisémite quand on parle d'une personne juive comme Meilleur Habib. Et on a vu le déferlement. Parce que les juifs
ne mangent pas de porc, c'est pour ça. C'est dans l'iconographie... Comme les musulmans,
on ne mangent pas de porc. C'est dans l'iconographie antisémite. Le juif a associé un porc. C'est quelque chose... Les historiens sont d'accord là-dessus. C'est quelque chose qui est historiquement lié à l'histoire de l'antisémitisme en France et d'ailleurs pas seulement en France.
Mais vous avez vu cette caricature d'un Israélien qui représente Netanyahou et son gouvernement en porc ?
C'est une caricature qui... Moi, je ne l'ai pas vue, mais je n'aime pas cette caricature. Donc, je dis simplement attention, parce qu'on a vu derrière... Comme on voit que l'antisémitisme explose dans le pays, et on a vu le déferlement de haines antisémites autour du mauport sur les réseaux sociaux qui, moi, m'a vraiment heurté. Donc, moi, je dis attention. Enfin, toute cette histoire, moi, me désole profondément et je trouve qu'elle n'est pas digne et que, d'ailleurs, il y avait un sondage le lendemain ou en tout cas, quelques heures après, l'ERN était à 34%. Voilà, 34%. 34%. L'ERN, 34%.
Donc, à un donné, il faut peut-être aussi réfléchir à tout ça et se dire aussi que ce type de polémique...
de l'ERN à 34%, mais des juifs qui auraient été confusqués par le propos d'Avignero ?
Non, mais se dire simplement que ce type de polémique, ça n'aide personne et surtout, par rapport à ce qui se passe à Rafa, pardon, mais voilà, je trouve que c'est... Mais est-ce qu'il est allé chercher
cette polémique ? Il nous répondra peut-être Paul Elec quand Habib Meilleur interpelle un député qui s'adresse aux journalistes. Est-ce que c'est pas cette polémique qu'il a cherché à voir et qu'il a d'ailleurs obtenu ?
Un mot juste très vite sur la sanction. Je rappelle aussi qu'il y a un député qui a fait un salut nazi dans l'hémicycle et qui a eu un rappel au règlement. C'est absolument aucune sanction.
Là, on est d'accord, Bauder, que c'est quand même un geste nazi antisémite. Non, mais voilà,
genre c'est un salut nazi. Donc c'est là où on voit que ça devient extrêmement grave la gestion par cette présidente qui est encore une fois plus condamnée des députés que n'importe qui dans les monétures précédentes. Et c'est une folie. On parle de sujet sérieux. Effectivement, on peut regarder, tu évoquais « balance ton porc ». Il y a plein dans l'histoire militante d'utilisation de ce mot. On peut le contester, j'en dirai un mot peut-être après, mais les Black Panthers parlaient de « pigs » et de « porc » pour parler de la police.
Et puis par extension de la police, ça a souvent été utilisé pour parler des fascistes à gauche en disant « mais c'est un porc lui, c'est un flic fasciste ou un raciste ». C'est comme ça que ça a été utilisé. Moi, je ne suis pas favorable nécessairement à l'animalisation. Mais encore une fois, je veux dire, là, David Guillaume est dans un contexte où il se fait brutaliser dans son interview, interrompre quelqu'un. C'est Meilleur Habib qui utilise le champ lexical du cochon parce qu'il dit « on n'a pas élevé les cochons ensemble ». Bon, je comprends le réflexe.
Moi, ce qui m'importe, c'est que justement dans la période, si on veut être fort dans la lutte contre l'antisémitisme, c'est de faire attention à ce que systématiquement les mots utilisés par ceux qui sont désignés comme les adversaires politiques de la France, à ce que la France insoubise, ne soient pas utilisés pour faire leur procès en antisémitisme. Quand c'est le cas, et quand David Guillaume présente ses excuses, c'est qu'il a estimé qu'il avait fait une erreur. Mais par contre, quand on nous a utilisé le mot « camper », quand on nous dit « à chaque… » « rescapé ». chaque mot est utilisé et qu'est-ce qui se passe ?
Eh bien, de fait, ça va faire en sorte que quand l'antisémitisme se présente, y compris sous la forme de harcèlement, de personnes ou d'organisations, eh bien, je dirais, on ne va pas être capable de lutter parce que le mot va perdre tout sens et toute valeur et donc, du coup, on va être démuni. Et c'est ça, le problème. Et c'est pour ça que les gens qui ont fait ces procès-là, que ça soit Mélio Rabhi lui-même ou on suit toutes sortes de commentaires politiques qui font les procès de la gauche en permanence sur les plateaux mainstream, ce sont des irresponsables.
Ce sont des gens qui jouent avec le feu et, encore une fois, qui participent à justifier ces espèces de deux poids, deux mesures dans la façon dont on traite le débat politique en France, ce qui en fait une catastrophe, un rejet massif chez beaucoup de gens dans la population et surtout un sentiment d'injustice. Et, encore une fois, moi, je le dis, en tant que militante gauche, c'est tellement difficile de venir produire un discours où, effectivement, face à la situation, des gens qui sont mal informés, mal armés, intellectuellement, peuvent très, très vite tomber dans des images d'un anti-sémis.
C'est tellement dur à gauche de militer et d'essayer de donner des grilles d'analyse sur ces questions-là qu'en fait, on n'est pas du tout aidé, encore une fois, par ce cycle médiatique, par les instrumentalisations insupportables et les appels, les larmes de crocodile de meilleur habile, qui sait très bien ce qu'il fait et qui est un provocateur. Et, encore une fois, je rappelle deux choses. Il y avait d'autres mots, effectivement, peut-être pour le traiter. D'abord, tricheur, parce que son élection a été annulée une première fois parce que le Conseil constitutionnel avait estimé que la sincérité du scrutin avait été altérée par les pratiques de campagne de meilleur habile.
En dehors de ça, c'est effectivement quelqu'un que Netanyahou décrit lui-même dans ses notes comme son représentant personnel en France, c'est-à-dire le représentant d'un ministre d'extrême droite qui a des propos en permanence qu'en dire raciste. Non seulement, il avait dit l'analyse et l'analyse et l'afrodisiaque des masses arabes. Excusez-moi, mais ça me semble être un propos raciste. Et puis, deuxièmement, je veux dire, pareil, c'est un apologiste de crime contre l'humanité. On va parler de ce sujet, mais il y a le délit d'apologie qui est aujourd'hui instrumentalisé contre les militants de gauche, il existe dans la loi qui encadre la liberté d'expression, celle du 29 juillet 1881.
Et l'apologie de crime a été redéfinie notamment par la jurisprudence par la Cour d'appel de Paris en 2018 ou en 2020. Il faudrait regarder, mais je crois que c'est 2018. Et elle dit il s'agit de présenter sous un jour favorable à un crime et de souhaiter son achèvement ou sa continuation. C'est-à-dire, Meilleur Habib a fait tous les plateaux de télé en expliquant que l'action de l'armée israélienne était saine, normale, démocratique, belle, ce que vous voulez, vous utilisez pour le justifier et qu'il fallait aller à son terme. C'est ce qu'il a dit. Bon, et c'est une infraction qui est passable de 45 000 euros d'amende et 5 ans d'emprisonnement.
Moi, je ne suis pas juge, je ne suis pas avocat, mais je pense que quand même dans l'état du débat politique, si on ne rompt pas avec ce deux poids deux mesures, on va avoir des gros problèmes et la situation ne peut que dégénérer.
Vous êtes d'accord, j'imagine, Mathieu Stammar.
Juste en un mot, Meir Habib a tenu des propos inadmissibles, scandaleux, défend coûte que coûte le gouvernement israélien, même dans ses pires dérives et ses pires politiques et tout ce qu'il est en train de faire à Gaza aujourd'hui. Donc, évidemment, que Meir Habib est un personnage tout à fait, tient des propos tout à fait scandaleux. Mais je dis aussi une chose, c'est que David Guiraud, je pense, est tombé dans son piège.
Il est tombé dans son piège en rentrant dans ce clash qui, à mon avis, ne fait pas du bien du tout ni à la politique de manière générale mais en particulier à LFI parce que ça entretient encore cette espèce de, comment dire, truc ambiant là qui est tout à fait instrumentalisé par les adversaires de LFI d'ailleurs mais qui est, ils bordellisent, etc. Ils tiennent des propos totalement scandaleux, etc. Alors, ça fait plaisir. Je voudrais dire une chose parce que c'est très révélateur de la stratégie de LFI dans ces élections européennes. Et là, je ne suis pas dans un regard critique, je suis purement analytique.
LFI, donc, ce clash-là a fait des milliers et des milliers de likes sur les réseaux sociaux. Ça a fait,
des centaines de milliers,
des millions de vues. Et des millions de vues, oui. Ça a été, mais incroyable. Enfin, je pense, c'est une des séquences avec Luc Boyard à TPMP. Ça a été une des séquences les plus likées. Voilà. Donc, ça fait plaisir, ça fait plaisir aux militants. C'est des séquences. Et David Guiraud, je pense, quelqu'un qui est aussi à LFI pour ça. Il est très fort dans ce type de séquences, dans les punchlines, dans avoir des moments forts comme ça qui font le buzz sur les réseaux sociaux. Ça crée de l'événement et je pense que ça conforte la base électorale de LFI. Et je pense que la stratégie de LFI, elle est dans ces élections européennes. C'est exactement ça. Moi, je l'ai compris là récemment.
En fait, leur stratégie, voilà, je suis un peu long, je suis désolé. Leur stratégie, ils savent que de manière des élections européennes, ce n'est pas leur élection, que leur base électorale ne se déplace pas trop pour ce type d'élection, qu'ils feront un petit score. Donc, leur but, c'est vraiment de mobiliser leur base militante avec un discours radical, pas dans le mauvais sens ou le bon sens du terme, juste, je dis analytiquement, pour que leur base électorale vraiment se mobilise, qu'ils touchent quelques jeunes qui ne vont pas forcément aller voter, etc. Et puis, pour avoir leur score de 7, 8 % grand max, à mon avis. Je pense qu'ils peuvent espérer 8 %, mais pas plus.
Donc, c'est une stratégie, je pense, qu'ils réfléchissent et je pense qu'ils savent très bien ce qu'ils font. Maintenant,
je dis... C'est ce que la droite dit. Elle dit que la France insoumise instrumentalise la cause palestinienne à des fins électorales. Non,
parce qu'après, il y a le discours qui est, moi, je pense, islamophobe ou raciste, qui est de dire qu'ils veulent toucher l'électorat musulman, etc. Alors qu'on voit bien que dans les mobilisations, on voit une diversité de... Bien sûr, mais c'est pas du tout ce que je dis. Il y a... Peut-être le besoin de clarifier... Oui, par ce qui se passe à Gaza, par ce qui se passe en Palestine. Et c'est ça, le sujet. Et à raison, l'EMU a raison. Donc, voilà. Et je dis simplement que le problème, à mon avis, l'erreur stratégique que fait LFI, c'est que ça flatte la base électorale et quelques nouveaux venus. Mais en revanche, ça dégoûte aussi beaucoup de gens. Et je dis pas...
Encore une fois, je dis pas que c'est... Peut-être que ça sera sur le long terme, on verra que ça marchera. Mais par exemple, on regarde Raphaël Glucksmann. Moi, je suis allé regarder. Il prend un tiers de LFI dans les gens qui votent... Qui avaient voté Mélenchon en 2022. Et qui vont voter aux européennes. Ce qui est beaucoup moins qu'un tien. Absolument. Il faut évidemment nuancer ça. Mais il prend chez LFI Glucksmann. Alors, chez des gens, évidemment, qui avaient voté Mélenchon surtout par vote utile, évidemment, et qui sont pas forcément des militants. Mais voilà.
Mais je dis attention parce qu'en fait, LFI renforce peut-être sa base électorale très mobilisée, mais perd aussi beaucoup de gens en cours de route. Donc, cette stratégie-là, moi, je pense que c'est une erreur. Voilà.
Il ne nous reste que 5 minutes. Est-ce que déjà, tu y vois une stratégie, toi ? Est-ce que tu penses qu'il y a quelque chose de concerté ? Moi,
je pense qu'en fait, effectivement, ça fait du bien à tous ceux qui s'opposent au massacre à Gaza de voir, quand dire, des élus qui vont fermer leur clapet à tous ceux qui font l'apologie de ce génocide et qui soutiennent inconditionnellement le gouvernement, que ce soit la présidente de l'Assemblée nationale ou des individus peu recommandables comme Meilleur Habib. Mais puisqu'il reste 5 minutes, voilà, peut-être un mot sur l'émission.
Sur l'émission, il fait l'interview de Benjamit Netanyahou ce soir, 20h30, sur LCI.
Moi, je suis scandalisé. Je rappelle qu'on est dans un contexte où M. Netanyahou est responsable de la mort de 202 journalistes depuis le 7 octobre. Je ne parle même pas des journalistes avant comme Shirin Abou-Rakley qui avait assassiné d'une balle dans la tête. Et on a une chaîne de la presse française qui vient lui tendre le micro. Il y a un seul endroit au monde dans lequel il faut interroger M. Benjamit Netanyahou. C'est dans la salle d'un tribunal pénal international pour qu'il réponde de ses crimes. Donc moi, je suis vraiment scandalisé et je suis très heureux que des gens aient spontanément dit bon, allez, on va se rassembler.
En tout cas, que ça fait trois jours qu'on a des ambiances de manifestations immenses, très très jeunes. Moi, j'ai fait celle de lundi, j'ai fait celle de mardi. Je me suis senti vieux. Et il y avait une ambiance un peu à la fois celle qu'on a eue devant le tribunal à l'appel de Assa Traoré à l'époque et pendant la période de Josh Floyd et à la fois pendant les manifs 49-3 retraite. Alors, c'était pendant 49-3, c'était un peu plus chaud. Il y a des poubelles qui brûlaient. Il y avait des arrêtements un peu plus tenaces. Mais il y a cette spontanéité dont Anas parlait tout à l'heure aussi en première partie.
Et en fait, effectivement, les gens sont touchés et je pense que c'est là que ça se joue. Vous voyez très bien le t-shirt que je porte ce soir. Moi, je pense que les gens doivent aller maintenant dans l'action parce que la seule question qu'ils posent aujourd'hui, c'est des sanctions. Il faut pousser la France à prendre des sanctions. Des sanctions économiques, des sanctions diplomatiques.
Par exemple, rompre avec l'accord d'association de l'Union européenne avec Israël qui est un accord qui est normalement soumis à la question du respect des droits humains et que cette mobilisation est plus importante que par exemple l'international de la social-démocratie qui nous propose d'éteindre les lumières des mairies pour pouvoir protester contre ce qui se passe. C'est un beau symbole quand même, non ? Mais moi, je m'en fous. Je veux dire qu'ils éteignent la lumière et qu'ils partent des mairies s'ils veulent. On s'en fout. Non, on s'en fout. La question, c'est combien il y a de personnes dans la rue ?
Combien il y a de personnes qui font qu'en fait il y a une pression dingue dans le pays ? Il faut que ça se devienne ingérable. Je ne sais pas combien de temps on va attendre. Et Rafa, la Cour de justice internationale dit arrêtez immédiatement.
Et on attend quoi ? Cette interview, c'est quand même un crachat qu'on jette quand même au visage de... On jette, on crache littéralement dessus. Je veux dire, un Premier ministre contre qui... Premier ministre Issalé, un contre qui ? Il y a des mandats d'arrêt en ce moment qui sont émis et qui seront bien évidemment examinés par les juges de la Cour internationale de... Dans la Cour pénale internationale. Il y a aussi ce mandat. Il y a exactement. Il y a aussi ce mandat. Ce mandat. Je vais y arriver. Ce cessez-le-feu qui a été ordonné à Rafa. Et aujourd'hui, LCI offre une tribune incroyable au Premier ministre.
Justement, est-ce qu'on imagine Milosevic invité en prime time sur TF1 en juillet 95 lors du massacre de Sébrenissa ? Je ne comprends pas. Quelle est la logique ? Moi, je comprends cet argument. Moi, je suis un peu partagé sur cette interview, je l'avoue. Vladimir Poutine avait été interviewé en 2022, je crois. Je crois que c'était sur LCI d'ailleurs. Et déjà, ça posait des questions éthiques très importantes parce qu'ils commettaient ces crimes de masse en Ukraine. Ça avait scandalisé ceux qui soutiennent l'interview de... Oui, c'est seulement un deux poids, deux mesures, je suis tout à fait d'accord. Bachar el-Assad, c'était plus tôt, c'était en 2017. Voilà, c'est ça.
Six ans de guerre déjà. Voilà, Bachar el-Assad qui a massacré des centaines de milliers de personnes, qui est un criminel de guerre et un criminel contre l'humanité. Je suis partagé parce que, pareil, par exemple, je crois que c'était la BBC qui avait interviewé des leaders du Hamas et c'était assez intéressant. Voilà, je suis partagé, je comprends ceux qui sont indignés.
Ça vous choquerait de voir des leaders du Hamas sur LCI ?
Je serais pari partagé parce que, d'un autre côté, c'est toujours intéressant d'avoir le regard des protagonistes, même les protagonistes les plus criminels. S'agissant de Netanyahou, voilà, je suis partagé. Il y a, d'un autre côté, quelque chose qui me rassure, je ne sais pas, mais celui qui va l'interroger, Darius Rochemin, est quelqu'un qui est, on peut le dire, un bon journaliste, qui est connu pour ne pas faire de concessions. Face aux Russes, il avait été notamment particulièrement durs dans ces questions. Face aussi à des porte-parole israéliens, il n'était pas du tout complaisant.
Donc, mon espoir, en tout cas, je comprends les arguments des uns et des autres, mais mon espoir, c'est que Darius Rochemin ait pu réussir à montrer les contradictions et puis l'inhumanité du discours de Benjamin Netanyahou. On a vu un extrait qui a été sorti que je trouve très intéressant. On voit déjà l'angle d'attaque de Netanyahou qui est, en fait, c'est l'enquête d'une guerre informationnelle. Donc, c'est ça aussi, je comprends ceux qui sont un peu choqués par ça parce que c'est de la propagande. C'est de la propagande de guerre.
Il vient quelques jours après un massacre terrible. On l'a vu un bébé décapité.
Exactement, c'est de la guerre. C'est une interview dans le cas d'une guerre informationnelle. Donc, en fait, ça fait partie de la guerre. Ça fait partie de la guerre. Et donc, on a vu l'axe de défense de Netanyahou, l'axe de défense, entre guillemets, ou d'attaque, c'est ce nom, où, en gros, il utilise l'argument de Bush, en son temps, de la guerre de civilisation. C'est, si nous gagnons, vous gagnez, vous, occidentaux, garants de la civilisation judéo-chrétienne. Donc, derrière ce discours, les musulmans contre la civilisation judéo-chrétienne, qui est un discours d'extrême droite absolument terrifiant, qui est entretenu par toute l'extrême droite en Europe. Qui est en train de faire
la campagne pour les européennes, là aussi, Netanyahou. Et en plus,
c'est vrai que ça s'inscrit dans le cadre des élections européennes. Donc, on voit bien que ça va être un discours particulièrement violent, particulièrement déshumanisant. et dans le cadre, je le redis, d'une guerre informationnelle qui fait rage en ce moment. Donc, voilà, je suis un peu partagé. Voilà. Mais j'espère vraiment que Darice Rogement...
Vous êtes très tranché. C'est vrai qu'on m'a beaucoup entendu. Moi, je suis profondément choquée. Je comprends. Mais 202 journalistes
assassinés, 202 journalistes. Qu'est-ce qu'ils foutent à TF1 ? Juste un mot. Il y a une manifestation ce samedi. C'est une manifestation de commémoration de la mort de Clément Méry, qui est un militant antifasciste, qui a été assassiné par des militants néo-nazis et fascistes dans ce pays. Et dans ce cadre-là, il va y avoir une solidarité aussi anti-impérialiste. Il y a un cortège palestine et un cortège kanaki qui va s'organiser. Donc, voilà, rejoignez la manifestation. Alors, je ne veux pas dire de bêtises. Donc, regardez sur les réseaux sociaux, mais c'est samedi après-midi pour honorer la mémoire de Clément. Place de la République, j'imagine.
Je crois, mais il faut regarder pour honorer la mémoire de Clément, qui est tombé et qui a été assassiné, il faut le dire, par des militants d'extrême droite et en solidarité avec tous ceux qui luttent contre les méfaits du colonialisme, qu'ils soient français, israéliens ou partout ailleurs dans le monde.
Merci beaucoup, Paul Ellec et merci, Mathieu Slama. Et merci à vous d'avoir suivi cette émission. J'essaie de regarder un petit peu les détails de la rencontre et du rassemblement. 14h, Place de la République. Merci beaucoup, Lisa Noyal à l'oreillette. Merci d'avoir suivi cette émission Toujours debout, c'est fini pour ce soir, mais nos programmes se poursuivent ici même à cette antenne que vous nous suiviez dans le flux 24-7 de YouTube ou sur le canal 350 de la Freebox. Le média tient à exprimer ses plus profonds remerciements aux donatrices et donateurs de la campagne Kiss Kiss Bank Bank de septembre dernier.
Les noms s'affichent dans le bandeau en bas de votre écran et sans qui, les programmes que vous appréciez n'existeraient tout simplement pas. Vous le savez, nous avons déposé notre dossier auprès de l'Arcom dans l'espoir d'obtenir un canal TNT. Imaginez un média de gauche engagé, indépendant et qui donne la parole à celles et ceux qui luttent sur toutes les télévisions de France Info et vous pouvez être sûr que nous donnerons jamais la parole à Benyamin Netanyahou. Ça, c'est certain. C'est l'un des plus grands défis de l'histoire du média qui nous attend et la première étape de ce défi a déjà été franchie car notre dossier a été jugé recevable.
Le média fait partie des 25 candidatures retenues pour être auditionnées cet été. Il nous reste donc un peu plus d'un mois pour nous préparer et défendre le rêve de millions de citoyennes et citoyens pour que ce rêve devienne réalité. Soutenez-nous, faites un don défiscalisé sur tnt.lemédiatv.fr. Donnez-nous les moyens de créer la télé de celles et ceux qui ne la regardent plus. Je vous souhaite une très bonne soirée sur les antennes du Média.
Anasse Kazib