Nathalie Delattre : « L'électrique n'est pas un gros mot »
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Vous écoutez Bonjour Chez Vous, un podcast de Public Sénat.
Nathalie Delade, vous êtes sénatrice RDSE de la Gironde et vous présidez le Parti Radical. Vous êtes d'ailleurs la première femme à occuper cette fonction à parler de l'électrification puisque l'exécutif accélère sur l'électrique après le plan d'électrification présenté le mois dernier par Sébastien Lecornu. C'était au tour d'Emmanuel Macron de passer la seconde. 200 patrons et représentants du secteur réunis hier à l'Elysée, une équipe de France de l'électrique pour sonner la mobilisation face à l'urgence d'une transition accrue par la guerre au Moyen-Orient qui montre les conséquences dans nos porte-monnaie de notre dépendance aux énergies fossiles.
Nathalie Delade, les hydrocarbures importés, ils représentent encore près de 60% de l'énergie consommée en France. Est-ce que la crise au Moyen-Orient, elle nous fait toucher du doigt les conséquences concrètes de cette dépendance ?
Oui, tout à fait. En fait, ce plan est la suite des annonces de 2022 qu'avait déjà fait le président Emmanuel Macron. Nous voyons que cette électrification des usages est impérative compte tenu du changement climatique et puis de la problématique géopolitique que créent les différentes guerres. L'Ukraine, on s'était déjà aperçu de notre dépendance. Et puis là, le Moyen-Orient, puisque 60% de notre consommation se fait sur des énergies fossiles. Aujourd'hui, nous avons quand même 27% de production électrique via le nucléaire. Donc une production complètement décarbonée. Il nous faut continuer à accentuer effectivement cette production électrique.
Et je crois que les annonces d'Emmanuel Macron d'hier viennent compenser un plan pluriannuel de l'énergie qui s'est fait attendre et qui est quelque peu timide par rapport à ces annonces alors que nous avons besoin d'accélérer. Alors, sur cette électrification, mais moi, j'insiste aussi, et je crois que le débat du Sénat l'a fait hier soir, a rappelé aussi la nécessité d'avoir un bouquet énergétique. C'est-à-dire que nous devons miser sur l'électricité, mais aussi sur les renouvelables. Et puis, le gaz n'est pas un gros mot. Nous produisons aujourd'hui 3% de gaz vert et il faut continuer.
Mais parce qu'aujourd'hui, ce sont les Français qui payent l'addition, qui voient les conséquences dans leur porte-monnaie de cette transition tardive.
Mais vous savez, de toute manière, ce sont toujours les Français qui payent. Parce que nous avons un modèle de solidarité, de prélèvement. Les services que nous avons, au final, ce sont les Français qui les payent. Donc, bien évidemment que cela compte pour le pouvoir d'achat. Cela compte sur le fait que demain, nous devons ne plus dépendre d'autres pays. Nous savons faire, nous avons un savoir-faire français. Parce que c'est aussi un gaz de souveraineté.
Aujourd'hui, l'électrification de nos visages, c'est un gaz de souveraineté.
Bien sûr, souveraineté énergétique est très liée aussi à la souveraineté numérique. Le Président parlait de l'investissement que nous devons faire demain sur le quantique. Donc, ce sont des gros data centers qui sont derrière. Donc, nous avons cet enjeu de la réindustrialisation des emplois. C'est vrai que ces emplois, les annonces des entreprises hier, consolidées, vont faire que 12 000 emplois vont être créés par an et 3 000 au niveau des apprentis. Donc, on voit bien les enjeux de cette électrification des usages.
Allez, dans ce contexte, justement, on en parlait de tensions sur les prix de l'énergie. Emmanuel Macron a donc réuni hier l'équipe de France de l'électricité industrielle énergéticien.
Pas facile à dire.
C'est dur à dire, ça. Pour accélérer l'électrification de l'économie.
Effectivement, avec une ambition, Auriane, convaincre les Français qu'il faut sortir du pétrole et du gaz. À l'Élysée, il y avait du monde, effectivement, l'équipe de France de l'électrification, pour reprendre les termes du chef de l'État. Il y avait EDF, Stellantis, mais aussi des fabricants de bornes électriques et des artisans chauffagistes de quartier. Tous sont venus écouter Emmanuel Macron, remotiver les troupes. Écoutez. C'est vous qui portez les solutions. Ce sont les Français qui choisiront.
Et donc, je crois à cet égard qu'il faut leur faire confiance, mettre en capacité d'avoir cette mobilisation collective sur les usages et rendre le passage à l'électrique, en quelque sorte, naturel et désirable.
Nathalie Delatron, on l'a entendu, il appelle à la mobilisation. Il y a besoin de donner envie d'électricité aux Français ? C'est vécu comme une contrainte, aujourd'hui, le passage à l'électrique ?
Nous avons des habitudes. Regardez, quand nous parlons des bâtiments, du tertiaire, par exemple, la moitié appartient aux collectivités locales et territoriales. Les mairies, les écoles, les salles des fêtes. Eh bien, nous avons là aussi énormément de bâtiments qui sont encore chauffés de manière fossile. Et nous devons, effectivement, aider ces collectivités. 62% des bâtiments sont encore chauffés avec des énergies fossiles. Donc, nous devons accompagner ces collectivités territoriales pour passer à l'électrique. Mais pour ça, il faut aussi un plan de rénovation énergétique, de rénovation thermique.
C'est-à-dire que mettre une pompe à chaleur dans un bâtiment qui n'est pas isolé n'a pas de sens, que ça soit un bâtiment public ou des particuliers. Donc, nous devons avoir et persuader que ces mesures sont nécessaires et les accompagner.
Mais juste sur le côté, il faut que ce soit naturel et désirable pour les Français, c'est ce que dit le chef de l'État. Est-ce que le côté contrainte, il a ici aussi été renforcé par la décision de l'Union européenne d'interdire la vente de véhicules à moteur thermique à partir de 2035 ? Est-ce que du coup, les Français se sont dit, c'est une contrainte, on va devoir revoir nos habitudes ? Ça n'a pas favorisé un passage fluide et l'envie d'électrique ?
Je crois que c'est surtout le prix à la pompe qui favorise le prix du… Enfin, en tout cas, le passage à l'électrique. Je crois qu'à un moment donné, effectivement, rappelez-vous, les gilets jaunes étaient dans la rue parce que nous allions atteindre 1,60 euro et quelques. Aujourd'hui, on est plus, on le voit tous, on est plus à 2 euros. Donc, on voit bien la nécessité de cette électrification. Maintenant, il faut aussi qu'elle apparaisse facilitée. Et quand on parle de leasing social, les gens aujourd'hui sont encore effrayés. C'est-à-dire, ça va me coûter combien ? Ils ne savent pas quelles sont les conditions.
Et je pense qu'il faut qu'on rende très accessible cette information par les maisons France Service, par exemple. Nous avons tout un réseau équipé parce qu'on parle, effectivement, on a beaucoup parlé dans le débat hier sénatorial, du fait que ce soit une équité territoriale dans nos zones rurales. Est-ce que ce n'est pas le cas ? Effectivement, nos zones urbaines. Eh bien, nous voyons que l'information est plus difficile à parvenir dans nos ruralités. L'accompagnement est beaucoup plus difficile. Donc, il faut que l'on mette nos maisons France Service justement au service des particuliers pour mieux appréhender ces changements, pour mieux travailler sur cette révolution énergétique.
Alors, Steve, pourquoi il y a besoin de remobiliser ce secteur ?
Effectivement, parce qu'il y a urgence, parce que la transition patine, la voiture électrique ralentit en Europe. Les Français hésitent à changer de chauffage. Les prix de l'électricité inquiètent. En clair, la transition écologique coûte cher, très cher, et ça devient un sujet politique sensible. Hier, Emmanuel Macron voulait refaire de la pédagogie autour de son grand plan d'électrification présenté il y a un mois. Objectif, faire passer la part de l'électricité dans la consommation d'énergie de 27 à 34 % d'ici 2030. Ça veut dire plus de voitures électriques, plus de pompes à chaleur et plus d'usines électrifiées, Auriane.
Alors, concrètement, il y a eu des annonces.
Oui, notamment sur l'automobile et les infrastructures. Stellantis, par exemple, va investir 1 milliard d'euros dans son usine de Mulhouse. Et Emmanuel Macron a surtout insisté sur les bornes de recharge. C'est l'une des grandes angoisses des automobilistes. Écoutez le chef de l'État. Les opérateurs de bornes de recharge ont donc un rôle essentiel à jouer. Ils se sont engagés à déployer 240 000 bornes, dont 60 000 points de charge rapides et ultra-rapides. Ces bornes et ces annonces viendront compléter des plus de 185 000 bornes déjà en service pour atteindre notre objectif de 400 000 points de recharge ouverts au public en 2030.
Madame la sénatrice, c'est des annonces à la hauteur de l'enjeu ou c'est un peu un exercice de com ?
De toute manière, il faut que ces annonces soient concrètes demain, même très rapidement. Donc je pense que les Français jugeront effectivement aux services qui seront disponibles sur le territoire. Ces bornes de recharge, elles sont indispensables. Évidemment que les Français ne veulent pas être contraints dans leur mobilité. Mais vous avez vu, le grand absent quand même, c'est le rail, le ferroviaire, le grand absent des discussions, c'est aussi la mobilité du quotidien que nous devons interroger. Donc il y a effectivement ces bornes de recharge, mais il y a aussi le développement ou la rénovation des lignes du quotidien à ferroviaire.
Mais juste sur les bornes, Emmanuel Macron, Steve l'a dit, il fixe un objectif de 400 000 points de recharge d'ici 2030. On est à moins de 200 000 aujourd'hui. Ça vous paraît réaliste ?
Ça peut l'être si les industriels font le nécessaire et si les collectivités effectivement sont accompagnées pour le faire. Vous savez, je viens de vivre six ans sous une municipalité écologiste qui aurait dû, en la matière, promotionner les recherches électriques. Je n'en ai pas vu une seule installée pendant le mandat de six ans. Donc je sais qu'effectivement, avec Thomas Cazenap, notre majorité à Bordeaux, nous allons avoir un plan ambitieux de développement des bornes de recharge. Donc évidemment, il y a les annonces. Mais vous vous dites les collectivités, mais c'est quoi ?
Les collectivités, c'est financier ? C'est qu'elles n'ont pas encore en tête ? L'électrification, ce n'est pas dans les usages des élus ? C'est quoi le problème ?
Nous avons aujourd'hui des aides. Nous pouvons recourir à des aides sur les collectivités. Il y a le FACÉ. Je vous parlais tout à l'heure de la rénovation énergétique. Nous avons un programme acté. Voilà, nous avons des programmes d'aide. Après, ce sont des choix politiques, bien évidemment. Et ces choix politiques, ils doivent être répercutés sur l'ensemble du territoire.
Steve, sur les pompes à chaleur.
Oui, effectivement. Non, je crois que vous voulez parler de Yannick Jadot.
Oh, ben aussi. Alors, parlons de Yannick Jadot.
Parce qu'il y avait effectivement ce débat organisé hier au Sénat, l'initiative du groupe ALER. Et à cette occasion, l'écologiste Yannick Jadot a insisté sur notre retard en matière de renouvelables. Il a aussi fait une proposition au gouvernement en matière de voitures électriques. Écoutez. Évidemment, il faut passer à la voiture électrique. 100 km avec une voiture thermique, aujourd'hui, c'est 12-13 euros en moyenne. Avec une voiture électrique, c'est 3 euros. Donc, c'est intéressant, évidemment, pour le pouvoir d'achat.
On attend aussi de transformer les flottes d'entreprises, parce qu'on sait que les flottes d'entreprises, c'est à la fois un marché important de débouchés pour nos groupes automobiles, et c'est ce qui alimente le marché de l'occasion. Et là aussi, c'est essentiel. J'aimerais un peu une réponse sur cette question de l'obligation pour les flottes d'entreprises d'acheter électrique. Vous êtes en faveur de cette obligation pour les entreprises d'acheter électrique, précisément ?
Alors, vous savez... Aujourd'hui, il y a des incitations fiscales. Pour qu'on comprenne bien, il y a des incitations fiscales. Je suis une libérale solidariste, certes, mais je suis pour la liberté d'entreprise. Je crois que nous n'avons pas forcément besoin d'obligations. Nous avons besoin de bon sens. Aujourd'hui, et ça, je partage ce que Yannick Jadot dit, c'est que nous avons de l'électricité décarbonée. Nous devons accentuer notre programme nucléaire, et je suis bien placée pour le savoir, puisque nous attendons une décision dans le Blaillet, à Blaille, en Gironde, pour avoir une paire de PR2, parce que notre site est vieillissant, et que ça fait partie des enjeux de demain.
Mais nous devons aussi garder une part d'énergie renouvelable, c'est-à-dire un bouquet énergétique. Mais nous savons, par exemple, en comparaison avec l'Espagne, qui a misé beaucoup sur le renouvelable, qu'elle n'arrive pas, effectivement, à répondre à tous les usages. Donc, nous devons avoir ce développement électrique décarboné par le nucléaire, et continuer aussi la diversification des énergies renouvelables.
– Ça a un peu manqué, le nucléaire, hier, dans le discours d'Emmanuel Macron ?
– Parce que c'est un acquis, c'est ce qu'il a prononcé en 2022. Donc, ce programme continue, il y a des décisions qui sont importantes et qui vont être prises dans les mois qui viennent. La PPE l'a rappelé.
– La programmation plurinuelle de l'énergie.
– Voilà, tout à fait. Et aujourd'hui, c'est vrai qu'il faut donner un coup de pouce sur l'explication, sur l'électrification des usages, à savoir, encore une fois, dans les bâtiments, mais aussi dans la mobilité qui pèse lourd dans cette électrification. – Mais, est-ce que… – Et je suis tout à fait d'accord, c'est qu'à côté de la flotte des particuliers, nous avons l'usage, effectivement, de ces utilitaires. Mais ce qui a été absent du débat jusqu'à maintenant, c'est les enjeux des utilitaires à grosse capacité. On n'a pas parlé des avions, on n'a pas parlé des portes-conteneurs. Voilà, donc là aussi, on sait qu'ils pèsent lourd dans notre consommation et dans le problème climatique.
Donc, nous savons que l'électrification des usages ne sera pas suffisante, qu'il faut passer là sur des e-fuels. Donc, c'est pour ça qu'il faut continuer à parler de l'ensemble de nos déplacements et des moyens d'y parvenir.
– Et notamment des énergies renouvelables, puisque l'objectif, c'est également de diversifier les énergies. Notre reportage en région nous emmène dans un département pointe de renouvelables. C'est l'Allier. On regarde ce reportage de Clémentine Louise.
– Une immense botte de paille de 4 mètres de hauteur.
– Ça, c'est notre matière première. C'est de l'herbe ou c'est des culteurs intermédiaires qui sont à base de blé, d'orge, d'avoine, de seigle. Donc, un agricole, c'est une machine qui les coupe, une ensileuse, exactement comme pour les animaux.
– Cette matière première est livrée par des agriculteurs du département, tous engagés dans une filière de méthanisation.
– Une fois qu'elle est posée, elle a introduit tout doucement dans ce qu'on appelle le digesteur, qui n'est plus némoins un estomac, un estomac de vache. C'est une grosse fisse qui incorpore la matière à l'intérieur de l'estomac.
– Dans cette cuve, des milliards de bactéries digèrent la matière et libèrent du biogaz, un mélange de méthane et de CO2.
– Donc, sur cette partie-là, notre biogaz est épuré et ensuite contrôlé et mesuré par GRDF, compté par GRDF avant d'être envoyé sur le réseau de distribution du gaz naturel.
– Un site de méthanisation comme celui-ci produit du gaz pour environ 2 à 3 000 habitants. Dans l'allié, près de 20% des besoins en gaz sont couverts par des méthaniseurs.
– Ça amène les agriculteurs à avoir une source de revenu complémentaire, à s'organiser de plus en plus pour travailler ensemble. Et après, c'est une vraie opportunité en matière de souveraineté énergétique si on le raisonne au niveau départemental, puisque dans des départements assez agricoles comme les nôtres, le potentiel, c'est largement la consommation du département.
– Mais ce n'est pas le seul atout de l'allié en matière d'énergie. Le département représente aujourd'hui près d'un quart de la production d'électricité renouvelable de la région Auvergne-Rhône-Alpes. Cette avance repose en grande partie sur le photovoltaïque.
L'allié compte environ 10 000 producteurs. – Alors pourquoi ça s'est développé dans l'allié ? On a un prix de location des terrains qui, par rapport à d'autres régions, est assez faible. Il a fallu convaincre un peu quelques collectivités réticentes parce qu'on ne va pas transformer le département en champs photovoltaïques et on va utiliser moins de 1% des surfaces. Résultat, c'est tout à fait acceptable.
– Mais à force de multiplier les champs de panneaux photovoltaïques, les infrastructures commencent à atteindre leurs limites. Les postes de transformation, indispensables pour injecter l'électricité sur le réseau national, se retrouvent saturés. Mais aucune mesure pérenne d'investissement, de création de lignes et de postes de transformation n'ont encore été évoqués.
– Comment vous réagissez à ce reportage, Nathalie ? Parce qu'on le voit, effectivement, l'allié sève partie des départements en pointe, mais ce reportage, il montre aussi finalement les limites. Est-ce qu'aujourd'hui, le développement du renouvelable,
il a atteint un certain plafond ? – Alors non, il n'a pas atteint son plafond. Il faut simplement débloquer certaines situations. C'est-à-dire d'abord, je voudrais saluer le reportage sur le biogaz, le méthaniseur, parce que je ne cesse de le dire, le gaz n'est pas un gros mot, il peut être vert. Nous avons investi des millions, via l'ADEME notamment, sur le montage de ces méthaniseurs en ruralité, parce que nous avons des déchets et c'est le moyen de les valoriser. Donc c'est une chose qu'il faut continuer et injecter ce gaz dans notre réseau. Ensuite, on le voit sur les panneaux photovoltaïques, le problème est le raccordement.
C'est-à-dire que jusqu'à maintenant, nous avons un tas de projets qui ne voient pas le jour. Et parce qu'ils sont les premiers à arriver sur la pile, eh bien, ils bloquent les autres. Et c'est tout le sens de la loi que nous avons posée au RDSE, via mon collègue Michel Massé du Lot-et-Garonne, c'est premier prêt, premier servi. Et donc, nous devrions avoir des raccordements beaucoup plus massifs demain par cette règle du premier prêt, premier servi. Donc la loi va faire sa navette, mais surtout, cela permet de parler de cette problématique. Et nous voyons, le président de la République a évoqué avec Enedis RTE cette nécessaire ramification dans le territoire de raccordement.
Et ça, c'est une des préoccupations. Les trois préoccupations dans le débat que nous avons soulevé hier, c'est effectivement la stabilité réglementaire, normative, fiscale, dans ce coût d'électrification, mais aussi le raccordement et la possibilité d'aller très vite dans cette réorganisation d'électrification.
Et si, on va terminer avec une question et non des moindres, qui va payer ?
C'est toute la difficulté, effectivement, Yann, parce que l'électrification massive de l'économie représente des investissements gigantesques. Selon une étude du cabinet Aster, le coût net pourrait atteindre 70 milliards d'euros par an d'ici à 2030. Madame la sénatrice, est-ce qu'on dit vraiment la vérité aux Français ? On a l'impression que cette transition, elle est financée par l'État, mais en fait, c'est le contribuable qui paye, qui va payer. Et le consommateur ?
Bien sûr qu'effectivement, il y aura une part payée par les consommateurs, mais il y aura l'aide de l'État. Vous savez, ce sont des investissements qui s'amortissent sur du long terme. Quand vous parlez de 70 milliards, je vous parle de 60 milliards par an des énergies fossiles. Donc, on voit bien l'économie que l'on peut faire. Et puis, cette production électrique, aujourd'hui, nous la vendons. N'oublions pas que nous avons exporté 93 TWh l'année dernière et que ça répond à 17% de notre export. Donc, nous sommes en capacité de récupérer des financements grâce à cet export. Donc, il faut continuer à exporter notre électricité. Je suis bien placée là aussi pour vous le dire.
En Gironde, nous ne sommes pas très loin de l'Espagne qui a connu un blackout. Et si RTE investit massivement aujourd'hui en Nouvelle-Aquitaine, c'est justement pour permettre cette exportation suite à notre production d'électrification.
Allez, on va aller en Gironde, justement, dans votre département, puisqu'on va terminer en regardant les unes de la presse régionale. On les regarde ensemble, d'abord la une de Sud-Ouest, la vôtre et votre département de la Gironde. Particulièrement touchés par la vague de chaleur, pas le choix, il faut s'adapter. Titre le journal, trois départements de la région Nouvelle-Aquitaine en vigilance orange rencontrent avec des néo-aquitains qui racontent comment ils s'adaptent ou ont intégré à leur métier le facteur chaleur. La deuxième une, c'est celle du Dauphiné. Guerre des gangs, un mort, trois blessés. Nouvelle fusil à dire à Grenoble, au quartier Mistral.
Un mort, trois blessés et l'ombre de la guerre des gangliés au narcotrafic qui plane sur cet acte. Et puis la dernière une, celle de Nord-Éclair. Une centaine de postes supprimés à la redoute. La concurrence en ligne est rude pour la marque dans un contexte de consommation compliqué. Le plan de transformation de l'entreprise implique la disparition de 171 postes dans une centaine au siège de Roubaix. Mais de quelle une avez-vous envie de nous parler ?
Celle du Sud-Ouest. Effectivement, nous voyons là des effets de la vague de chaleur qui ne sera pas simplement temporaire. Je pense qu'il faut s'attendre que nous ayons des cycles réguliers de chaleur, de ce réchauffement climatique. Et donc oui, nous n'avons pas le choix. Il faut s'adapter. Il faut que les collectivités accompagnent effectivement dans cette adaptation. Il faut que l'État accompagne les collectivités aussi.
Mais il le fait, évidemment, parce que là, on est dans une vague de chaleur depuis samedi, dimanche. Sébastien Lecornu, il préside d'une réunion interministérielle demain après-midi, soit quasi à la fin de l'épisode de chaleur. Il y a un problème de réaction ?
Nous en avons déjà connu des épisodes de chaleur. Nous en avons déjà connu. Il faut aussi que chacun se responsabilise. C'est à chacun aussi de savoir s'hydrater, de s'isoler du soleil, c'est-à-dire de rester à l'ombre et d'être très prudents. C'est-à-dire que nous, nous avons malheureusement déjà enregistré deux décès suite à des noyades. Donc là aussi, il faut continuer à en appeler à la vigilance de chacun, à la responsabilité de chacun. Les collectivités doivent appuyer les plus fragiles, les personnes qui aujourd'hui sont sans abri, les enfants et les seniors. C'est essentiellement là que l'État et les collectivités doivent être présentes.
Je reste dans votre département de la Gironde, Nathalie Delatte. Vous avez annoncé que vous serez de nouveau candidate au sénatorial. Vous ferez quoi ? Une liste d'union qui va d'où à où ? Est-ce qu'il y aura les LR, l'ensemble du Bloc central sur votre liste ?
Écoutez, oui. Les LR ont confirmé qu'ils allaient soutenir ma candidature. Les commissions d'investiture vont se dérouler début juin, puisque la dernière fois, nous étions partis sur des listes séparées. Qu'est-ce qui fait l'union ? C'est le risque RL sur votre territoire ? J'indique à chacun qu'effectivement, il y a une nécessité de faire union aujourd'hui, parce que le RL est en embuscade, mais partout sur notre territoire. C'est-à-dire qu'effectivement, on peut avoir l'impression qu'il y a peu d'élus encore, mais dans le secret de l'isoloir, il y a des voix qui peuvent être données au RN et par surprise, effectivement, arriver à gagner un siège.
Donc plus il y a de listes, et plus ça abaisse le seuil nécessaire pour accéder à un siège de sénateur. Donc il faut être vigilant. Et j'essaye, effectivement, de porter ce discours sur le rassemblement. Et ça vaut aussi pour la présidentielle.
Je le disais, vous êtes présidente du Parti radical. À titre, vous discutez avec Gabriel Attal, Édouard Philippe, le Modem avec Hervé Marseille sur un candidat commun. Comment vous allez le trouver ? Est-ce que les discussions doivent inclure Bruno Retailleau ?
Alors vous savez, moi, au-delà des discussions, je pense, et c'est ce que je porte, nécessaire de travailler sur le programme. Chaque candidat travaillera sur son programme. Moi, ce qui m'importe aussi, c'est de commencer à travailler sur le contrat de législature. Puisque le Parti radical n'aura pas de candidat. Nous sommes effectivement neutres par rapport à la prochaine présidentielle. Neutres, pardon, c'est quoi ?
C'est-à-dire que vous soutiendrez Édouard Philippe, Gabriel Attal, Bruno Retailleau,
celui qui est désigné ? Nous aurons, par rapport à la présidentielle, un programme. Je présenterai dans l'automne un manifeste. C'est-à-dire que nous travaillons sur des thèmes essentiels comme la démographie, la natalité. Nous en avons parlé du changement climatique, aussi des conditions de notre démocratie. Nous verrons qui incarnera ces dossiers et qui est le plus à même de porter, à travers cette présidentielle, nos idées du socle commun. Moi, ce qui m'inquiète beaucoup, ce sont les législatives. Et donc, c'est de travailler déjà à ce contrat de législature, c'est-à-dire le post-présidentiel. Comment nous pourrons gouverner ensemble ?
Parce qu'obtenir une majorité sera un véritable défi demain, après la présidentielle.
Merci Nathalie Delattre. Merci à vous. Merci d'avoir été notre invitée.
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Nathalie Delattre