Nouvelles preuves de Mediapart : Bardella peut-il encore tenir ?
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 9 %Attaque 57 %Défensif 28 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 81 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:08OuverteÉludée
Jordan Bardella peut-il continuer à nier être l'auteur des cris antisémites ?
- 1:40OuverteRéponse partielle
Mediapart publie de nouvelles preuves. Peut-on prouver qu'il s'agissait bien de son compte ?
- 2:11OuverteRéponse directe
Les taux se resserrent-ils sur Jordan Bardella ?
- 4:20OuverteRéponse directe
Mediapart établit un lien direct entre le compte Twitter officiel et les écrits antisémites. Exemple ?
- 6:29OuverteRéponse directe
Le Canard Enchaîné révèle l'effacement de messages Facebook. Qui a pu le faire ?
- 8:07OuverteRéponse directe
Jordan Bardella conteste les accusations. Que dit-il exactement ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:19PrésentateurFait
« Mediapart publie ce vendredi de nouvelles preuves dénichées sur les réseaux sociaux. »
- 0:27PrésentateurFait
« Jordan Bardella aurait effacé ces derniers jours toutes les données d'un de ses comptes Facebook. »
- 1:27PrésentateurFait
« Merde quand même. Ce gimmick d'Alain Soral est dieudonné utilisé par Jordan Bardella jusqu'en 2018. »
- 4:32PrésentateurFait
« On est le 12 septembre 2013 à 22h50. Jordan Bardella publie sur Twitter le conseiller économique de François Hollande employé par la banque Rothschild. »
- 6:20PrésentateurFait
« Jordan Bardella aurait effacé ces derniers jours toutes les données d'un de ses comptes Facebook. »
- 8:07InvitéFait
« Je conteste les accusations de Mediapart. Je conteste les propos qui sont rapportés par Mediapart. »
- 14:36InvitéFait
« Jordan Bardella avait alors 17 ans et aurait écrit notamment dans des conversations privées « Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser, les voler. » »
- 15:34InvitéFait
« Je suis absolument certaine que nous sommes confrontés à une manœuvre infâme de la part de Mediapart et je maintiens totalement à 1000% ma confiance en Jordan Bardella. »
- 15:54InvitéPromesse
« La politique que je mènerai rétablira un équilibre primaire en 18 mois. »
- 16:21InvitéFait
« Avec le RN, les calculs ne sont pas bons. »
- 17:32InvitéFait
« Non seulement non, mais quand je suis arrivé au Front National à l'époque, en 2012, Alain Soral avait déjà été mis à la porte du parti. »
- 32:44PrésentateurFait
« « Jordan Bardella, il est dans une stratégie de survie par le mensonge. » »
- 33:27PrésentateurChiffre
« « 4 points pour Marine Le Pen, 3 points pour Jordan Bardella. » »
- 39:18PrésentateurFait
« « Une vieille, elle a percuté un bougnoule apparemment. » »
- 39:23PrésentateurFait
« « Ils roulent vite, ces bougnines. Hier, ils étaient sur un chameau. Aujourd'hui, une voiture. » »
- 43:25InvitéFait
« « c'est terminé » »
- 50:10PrésentateurFait
« « bouclier des juifs » »
- 51:03PrésentateurFait
« « Jordan Bardella ne pourrait pas être Premier ministre s'il avait vraiment tenu ses propos » »
- 52:21PrésentateurFait
« « désormais 73 ans, l'ancienne ministre s'est lancée dans la primaire de la gauche sociale démocrate » »
- 53:44Locuteur 4Fait
« Pour diriger un pays, il faut avoir un métier. Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise, c'est dangereux. »
- 55:55PrésentateurChiffre
« « 140 000 personnes qui sont inscrites » »
- 56:17PrésentateurChiffre
« « on a eu jusqu'à 2,5 millions, 3 millions de votants » »
Temps de parole
- Présentateur66 %
- Invité20 %
- Invité 24 %
- ?3 %
≈ 17,1 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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Bonsoir
à tous, bienvenue dans C'est dans l'air. Jordan Bardella peut-il continuer à nier être l'auteur des cris antisémites ? Mediapart publie ce vendredi de nouvelles preuves dénichées sur les réseaux sociaux. Autre enquête du canard enchaîné cette fois-ci. Jordan Bardella aurait effacé ces derniers jours toutes les données d'un de ses comptes Facebook. C'est-il trahi lui-même ? Le président du RN réagit. Il va attaquer en diffamation le canard. Dans une interview, il balaye, je cite, une affaire dont tout le monde se moque. Est-ce vraiment le cas ? Ces révélations peuvent-elles compromettre son avenir politique ?
Nouvelle preuve de Mediapart, Bardella peut-il encore tenir ce titre de notre émission ce soir avec Bruno Jeudy ? Bonsoir. Bonsoir Aurélie. Vous êtes directeur délégué, éditorialiste à la Tribune dimanche. Pierre-Stéphane Faure, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes journaliste, réalisateur. Votre livre « Le grand remplaçant, la face cachée » de Jordan Bardella est publié chez Studio Facts. Et vous lancez une newsletter sur la plateforme Substack qui s'intitule
«
Fort à propos ». Vos investigations sur l'extrême droite. Jérôme Fourquet, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes directeur du département opinion de l'IFOP et on va analyser votre tout dernier sondage sur la perception que les Français ont de cette affaire dans un instant. Vous êtes aussi l'auteur d'Homo Occidentalis aux éditions du Seuil. Enfin, Aurore Malval, bonsoir. Bonsoir. Vous êtes grand reporter au service politique de Marianne, chargé du suivi de
l
'extrême droite. Je cite vos révélations. Merde quand même. Ce gimmick d'Alain Soral est dieudonné utilisé par Jordan Bardella jusqu'en 2018. Et elle a une du dernier numéro. Jean-Luc Mélenchon, colère lycéenne. Il joue avec le feu. On va prendre le temps d'expliquer les nouvelles révélations de Mediapart. Mediapart a d'abord la preuve technique grâce à un téléchargement de la maison mère de Facebook qu'un compte prétendant être celui de Jordan Bardella a eu des écrits antisémites. Rester ensuite à prouver qu'il s'agissait bien de celui de Jordan Bardella. Les écrits sont tellement précis sur la vie de Jordan Bardella que Mediapart fait le lien. Et puis il
y
a de nouveaux éléments aujourd'hui. Bruno Jeudy, il a publié sur son compte officiel Twitter les mêmes choses que sur son compte Facebook dont il dit qu'il n'est pas le sien à seulement deux minutes d'intervalle. Est-ce qu'on peut dire que les taux se resserrent sur Jordan Bardella ? Oui, les taux se resserrent sur l'idée que Jordan Bardella aurait menti dans ses premières déclarations et même les suivantes. Il a déposé ensuite deux plaintes, notamment une pour faux usage de faux puisqu'il conteste être le propriétaire du compte en question, celui sur lequel il aurait proféré ses écrits antisémites. Donc
les
nouvelles déclarations, on va dire que c'est la troisième salve de révélations sur ses écrits antisémites. Évidemment,
il
resserre un peu plus les taux autour de Jordan Bardella. Mais ce que je constate, c'est que un, pour l'instant, à votre question, puisque c'est la question de l'émission, oui, il tient pour l'instant. Il tient comme président du RN. Il sera même soumis à réélection dans quelques jours, à la fin du mois. Deux, Marine Le Pen le soutient, je la cite, à 1000%. Elle l'a redit deux fois cette semaine et il n
'y
a aucun cadre du mouvement qui, pour l'instant, ne fait défaut à Jordan Bardella. Et trois, on en parlera tout à l'heure, il n
'y
a pas encore eu beaucoup d'enquêtes d'intention de vote. Mais dans les sondages, même si les sondages de popularité baissent un peu, demain, on publiera, demain soir dans la tribune, dimanche, le baromètre mensuel de la popularité des personnalités politiques, lui recule de trois points mais reste en tête de ce baromètre. Marine Le Pen recule de quatre points mais reste une seconde du même baromètre. Ça dit quand même quelque chose. Ça dit quand même qu'il y a
une
partie de l'opinion qui s'interroge sur la personnalité de Jordan Bardella et puis sur peut-être son aptitude demain être Premier ministre, enfin tout ce que Marine Le Pen promet. Mais on ne peut pas dire que pour l'instant, l'incroyable portée des mots qu'on attribue à Marine Le Pen dans ses extraits de presse ne crée un choc dans l'opinion qui disqualifie pour l'instant, qui le disqualifierait aux yeux de cette même opinion pour
poursuivre
la campagne en tandem avec Marine Le Pen. Donc on va expliquer ce que Mediapart révèle aujourd'hui. Et Mediapart dit établir un lien direct entre le compte Twitter officiel de Jordan Bardella et le fil de conversation Messenger aux écrits antisémites. Je vous donne un exemple. On est le 12 septembre 2013 à 22h50. Jordan Bardella publie sur Twitter le conseiller économique de François Hollande employé par la banque Rothschild. Deux minutes plus tard, le compte assimilé, attribué à Jordan Bardella écrit sur Messenger. J'étais sur Internet, je lisais un truc intéressant. Tu savais que le conseiller économique d'Hollande était employé de la banque Rothschild. Et ce qui frappe
quand
on regarde ces écrits, normalement tels qu
'ils
sont rapportés par Mediapart, c'est qu'il y a une faute d'orthographe.
Ce
n
'est
pas la première fois qu'on remarque ces fautes d'orthographe communes entre les canaux de discussion officiels de Jordan Bardella et ceux qui sont cachés. Quand, avec complément d'enquête, en 2024, nous avions révélé le compte Twitter anonyme, Repnat du ghetto de Jordan Bardella, qu'il utilisait de manière anonyme sur les réseaux sociaux pour insulter des opposants, des journalistes, pour faire l'apologie de Jean-Marie Le Pen ou d'Alain Soral, etc. Il y avait les mêmes occurrences, en fait, entre le compte Twitter officiel de Jordan Bardella et son compte anonyme. Par exemple,
je
vous donne un exemple. Jordan Bardella tweetait avec son compte officiel la visite de Marine Le Pen au Salon de
l
'Agriculture. Il y était lui-même, il était avec Marine Le Pen. Et quelques minutes ou une heure plus tard, sur son compte officieux, son compte caché, il tweetait d'autres photos du Salon de l'Agriculture en se moquant des électeurs du PS et de l'UMP. De la même manière, Jordan Bardella, je ne sais pas pourquoi, écrivait sur son compte Repnat du ghetto, mètre carré, mètre carré avec un accent circonflexe, et il faisait la même erreur, exactement la même, sur son compte officiel. Donc, ce sont quand même des éléments probants, parce que qui, à part Jordan Bardella, peut reproduire exactement les mêmes fautes d'orthographe ou se trouver au même lieu que son compte officiel ? Il y
a
d'autres révélations du Canard Enchaîné. Jordan Bardella se serait connecté ces derniers jours à l'un de ses comptes personnels Facebook entre le 28 septembre et le 2 octobre, et il aurait effacé le contenu de toute sa messagerie privée. Oui, absolument. Alors, cette enquête du Canard Enchaîné, à laquelle j'ai participé avec Tristan Bertelot, le journaliste du Canard Enchaîné, elle est extrêmement simple. Qu'est-ce qu'elle révèle
?
Nous avons pu avoir accès à des extractions de conversations messengers entre Jordan Bardella et un ancien militant du Front National 93. Ces conversations, elles s'étalent sur deux années, 2013 et 2014. Ce sont des discussions très banales entre deux militants qui s'organisent pour militer, qui se donnent rendez-vous, qui parlent de matériel, de flyers, etc., de tracts.
La
première extraction de ces conversations a eu lieu le 28 septembre 2026 à 8h37 du matin, soit quelques heures avant l'article, le premier article de Mediapart. Donc, notre source procède à cette extraction quelques heures avant le premier article de Mediapart.
Et
les messages de Jordan Bardella apparaissent bien dans l'extraction. C'est-à-dire qu'on voit les messages de Jordan Bardella, il n
'y
a aucun problème.
La
deuxième extraction est faite par la même source le vendredi 2 octobre 2026 à 12h47, soit quatre jours après la publication des articles de Mediapart.
Tous
les messages de Jordan Bardella ont disparu.
Ils
ont tous disparu. Donc là, il y a deux pistes, en fait, deux options quand on fait l'investigation. Soit Meta a changé sa politique, ne communique plus les données des conversations avec votre interlocuteur, donc les messages de l'interlocuteur. soit quelqu'un s'est connecté au compte officiel de Jordan Bardella, car il s'agit de son compte officiel, et manuellement a effacé l'ensemble des messages en question. Et ça,
ça
pose question parce que, mardi, Jordan Bardella affirmait devant la presse, quand on lui demandait « Mais pourquoi est-ce que vous ne produisez pas l'historique de vos conversations Messenger comme preuve de votre bonne foi ? » Il assurait face caméra, devant un parterre de journalistes, qu'il n'avait plus accès à ses comptes Facebook. Je vais le citer, je n'utilise plus Facebook depuis très longtemps, j'ai une page qui est gérée par le service de communication du parti, mais je n'ai pas de compte Facebook. Vous faites référence à cette déclaration. Absolument. Et donc, qui a bien pu se connecter au compte officiel de Jordan Bardella pour effacer les messages,
si
ce n'est Jordan Bardella
?
Est-ce qu'il se défend mal ? Et est-ce qu'il reste encore un doute ? Parce que l'extraction des données et des conversations faites par Meta montre en effet que les conversations n'ont pas été altérées. Ensuite, il
y a
un faisceau d'éléments, ces fautes d'orthographe, qui se répètent, ce nettoyage qui peut aussi interroger, mais on n'a pas la preuve absolue qui montre que c'est bien Jordan Bardella qui a eu des
écrits antisémites.
Il
y
a
aussi des éléments biographiques qui ont été rappelés par les journalistes de Mediapart qui ont mené l'enquête, c'est-à-dire qu'il y a des détails que Jordan Bardella, en tout cas que l'émetteur, le comte de Jordan Bardella, qui utilise le comte de Jordan Bardella, livre des détails qu'à l'époque, en fait, seul Jordan Bardella peut connaître, ou en tout cas, quelqu'un qui lui serait extrêmement proche. Donc ça devient un petit peu de la théorie du complot si on imagine que quelqu'un, à ce moment-là, se serait fait passer pour Jordan Bardella dans le but, finalement, une dizaine d'années plus tard, de sortir en
disant...
Il
y a
une théorie au RN, peut-être, qui a eu l'usurpation d'identité.
Il y a cette théorie de l'usurpation d'identité au RN, ou en tout cas, chez des sympathisants. On a envie de croire un petit peu en toutes les théories qui pourraient le disculper. Certains se disent, et pourquoi ce ne seraient pas, finalement, des messages que Jordan Bardella aurait transférés ? C
'est
-à
-dire
qu'il n'en serait pas l'auteur, mais il aurait transféré ces messages à la personne avec laquelle il conversait. Bon, on voit qu'en tout cas, il y a quand même, je dirais, beaucoup de gens, je pense, au Rassemblement National, qui se doutent bien que cette enquête de Mediapart, elle est fiable et que c'était bien Jordan Bardella qui est derrière. Ils essaient de se raccrocher à ce qu'ils peuvent pour faire bloc et pour rentrer, en fait, dans cette stratégie. Parce que, comme l'ont dit certains, le plan de défense consiste pour Jordan Bardella à dire « C'est faux, je n'y en bloc, ce n'était pas moi », c'est un aller sans retour.
On ne peut pas dire ça et puis ensuite dire « Ah ben non, finalement, je me suis trompée, c'était bien moi, j'ai fait une connerie, j'étais jeune ». Ce n
'est
pas possible. Donc, il faut y aller et il faut y aller, finalement, tout le temps. Il y
a
aussi ce que dit Jérôme Cahuzac, qui est quand même
un
expert en la matière. La première déclaration emporte tout. Il est mort, mais il ne le sait pas encore.
Alors, je
ne sais pas encore. Là, on est dans la psychanalyse. Je pense que, comme ça a été dit, à partir du moment où vous choisissez cette ligne de défense de nier en bloc,
vous
vous exposez à des révélations ultérieures qui ne manquent pas d'arriver et qui vous fragilisent. Alors, ça le fragilise lui, mais ça fragilise également Marine Le Pen,
qui
lui a apporté son plein et entier soutien. Elle déclare avoir toute confiance en lui et on peut penser que le jour des révélations,
il
y
a
quand même eu une discussion assez franche entre eux en disant « Est-ce que oui ou non, tu as tenu ce type de propos et tu as fait ses écrits ? » Et donc, soit il lui a dit la vérité, soit il a menti à Marine Le Pen. Mais
elle a
choisi de le croire. Elle dit qu'elle a choisi de le croire. Et donc, on revient là, vous citiez Jérôme Cahuzac, François Hollande et Jean-Marc Ayrault, qui à l'époque était président de la République et premier ministre, avaient convoqué Jérôme Cahuzac, ministre du Budget,
et
les yeux dans les yeux, selon la formule consacrée, il leur avait assuré... Devant la représentation nationale
aussi.
Et puis aussi
devant le président
et le premier ministre qui ne
l
'avaient jamais eu de compte. Moralité,
il
en avait un. Et donc, vous voyez que c'est à la fois l'individu qui est incriminé, mais aussi son entourage et en l'espèce Marine Le Pen. Alors, ce qui peut, j'allais dire, amoindrir la charge, c'est que cette affaire éclate maintenant
et
que Marine Le Pen a encore le temps, si vraiment les choses s'enveniment encore davantage, elles le sont déjà bien, eh bien, se désolidariser progressivement ou mettre Jordan Bardella en retrait
de
sa campagne. Pour l'instant, dans les sondages en termes de popularité, effectivement, il y a une légère baisse, mais face à la déflagration, c'est quand même une des baisses qui sont assez limitées. Quand on demande aux Français est
-ce
que les propos qui ont été tenus sont graves, on a trois quarts des Français qui les jugent graves, mais c'est que 45% de l'électorat du Rassemblement national. Alors, on peut dire, c'est quand même la moitié.
Et
puis ensuite, on dit, est-ce que ça change votre image
de
Jordan Bardella ?
L
'électorat RN, aujourd'hui, lui, est scotché, si l'on peut dire, derrière ce candidat. On rappelle aussi que cette affaire, elle ne tombe pas comme ça.
Il
y
a
un contexte national, il
y a
la mobilisation lycéenne qui est marquée par beaucoup de scènes de violence. Et donc, l'électorat du RN, quand il entend l'affaire Bardella et qu'il voit les images de lycées saccagées ou autres, dans la balance, eh bien, cet électorat, pour l'instant, reste fidèle. Vous voulez tous réagir,
on
va entendre Jordan Bardella et ensuite, on va continuer ce dialogue. Jordan Bardella, ni encore aujourd'hui être l'auteur d'écrits antisémites, peut-il continuer à le faire après les nouvelles preuves publiées ce vendredi par Mediapart ? Mathieu Lignot, Erwann Lillot.
Et
si l'ennemi de Jordan Bardella,
c
'était lui, Jordan Bardella jeune
?
Nouvelle révélation dans l'affaire des messages antisémites du
président du RN. Selon le canard enchaîné, il aurait effacé récemment son ancien compte Facebook. Aujourd'hui, Mediapart enfonce aussi le clou avec de nouveaux éléments de preuves.
Mediapart a découvert que Bardella publie simultanément la même chose sur son compte Twitter de l'époque et dans la conversation Messenger en question.
Le
président du RN dément ces nouvelles accusations. Il se défendait déjà hier sur LCI.
Je conteste les accusations de Mediapart. Je conteste les propos qui sont rapportés par Mediapart. Cette affaire est faite pour que l'intégralité des émissions de télé où nous sommes censés, pardon, parler de l'élection la plus importante qui va se poser au pays depuis très certainement l'élection du général de Gaulle soit fait à parler de polémiques et d'affaires dont, pardon, tout le monde se moque.
Une
heure et quart d'interview
où
il a nié avoir tenu les propos antisémites révélés par Mediapart. Jordan Bardella avait alors 17 ans et aurait écrit notamment dans des conversations privées « Le juif doit dominer les autres peuples, les écraser, les voler. » Extrait de réseaux sociaux authentifiés par
huissiers, 18 témoins et des fautes d'orthographe troublantes.
On
avait une au lieu de partir, quand il voulait parler d'une charte déontologique, d'une charte de bonne conduite, il écrivait Chartres comme la ville de Chartres. Bon, l'une de nos 18 sources qui n'avait pas connaissance de ces écrits-là nous appelle en disant «
C
'est incroyable, vous avez laissé les fautes d'orthographe. » On a dit «
Bah
oui, mais pourquoi c'est incroyable ? » Il dit « Parce que Chartres, il faisait toujours cette erreur, Jordan Bardella.
»
L'affaire a déjà visiblement des conséquences sur l'opinion. Ce mois-ci, le RN dévise dans les sondages moins 5 points et 30
% de code de popularité pour Bardella, moins 4 points pour Marine Le Pen.
La
candidate du RN continue de soutenir Jordan Bardella. « Je suis absolument certaine que nous sommes confrontés à une manœuvre infâme de la part de Mediapart et je maintiens totalement à 1000% ma confiance en Jordan Bardella.
»
Mais le RN aimerait bien passer à autre chose. Cette semaine, le parti présente son contre-budget pour 2027.
«
La politique que je mènerai rétablira un équilibre primaire en 18 mois.
»
Avec quelques approximations dans les chiffres. « C'est de ma faute. Nous avons travaillé tard et il y a quelques coquilles. Voilà,
vous,
c'est 15 milliards le bon chiffre. Je vous présente toutes mes confuses.
»
Des projections économiques critiquées et jugées irréalistes par d'autres candidats. « J'ai étudié en détail le soi-disant budget de Marine Le Pen et comme d'habitude avec le RN, les calculs ne
sont
pas bons. »
«
Ce n'est pas un projet sérieux. Très franchement, tous les observateurs avec un peu de recul et sans faire de la politique politicienne qui ont regardé ce projet sérieusement, en ont conclu au manque de sérieux justement à une forme d'amateurisme. » Un programme critiqué et une affaire Jordan Bardella qui continue de coller à la peau du RN. D'autant que certains
députés
du parti le défendent avec des arguments douteux.
«
Qui se souvient de ce qu'il disait à ses copains à 17 ans ? À l'âge où on peut dire un bon mot pour amuser la galerie. Qui n'a jamais tracé une croix-gammée avec son compas sur une table au lycée ou à la faculté
? »
Dans l
'hémicycle,
les
adversaires du
RN
en profitent.
«
Monsieur le Président, je crois avoir vu des collègues dessiner sur leur
pupitre et comme j'ai lu dans la presse que certains faisaient des croix-gammées au compas quand ils étaient
jeunes, il faudrait qu'on vérifie que le
matériel...
»
je suspends pour deux minutes.
»
Pour se défendre, Jordan Bardella annonce attaquer en justice Mediapart
et le
canard
enchaîné.
«
On va réécouter un extrait de l'interview de Jordan Bardella hier soir. Il a choisi d'être très précis dans ses dénégations.
» «
Sur Soral, par exemple, est-ce que vous l'avez rencontré, oui ou non ? »
«
Mais monsieur Rochebin, non seulement non, mais quand je suis arrivé au Front National à l'époque, en 2012, Alain Soral avait déjà été mis à la porte du parti. Je ne le connais pas, je ne connais pas non plus... »
«
Dieudonné ?
»
«
Je
l'ai jamais vu. » « Jamais, jamais, jamais. »
«
Jamais aller à son
théâtre ? » « Non, mais
jamais,
jamais. »
«
Est
-ce que... » Quand vous analysez cette interview, est-ce qu'il est trop précis dans cette façon de nier sa relation avec Alain Soral ? Il prend le risque que demain, il y
ait
une photo ou une preuve ? « En tout cas, il y
a
un élément qui retient mon attention de journaliste d'investigation. Je me souviens parfaitement qu'Alain Soral, bien avant les révélations de Mediapart, donc il y a environ un an, avec toutes les précautions, Alain Soral, ce n
'est
pas une source fiable, mais tout de même, il y a plus d'un an, Alain Soral racontait dans un podcast qu'il avait rencontré Jordan Bardella, donc c'était bien avant toute cette affaire, qu'il s'était promené ensemble du côté du Jardin du Luxembourg avec sa petite amie de l'époque. Et Alain Soral disait même qu'au cours de ses conversations, Jordan Bardella paraissait bien calé en révisionnisme historique. Et tout ça, ce sont des déclarations d'Alain Soral qu'on peut retrouver aisément sur les réseaux sociaux. Après, on peut
contester
la véracité de ce que dit Alain Soral. Évidemment, bien sûr, mais en tout cas, ce qui est intéressant de noter, c'est que le récit est il y a plus d'un an. Vous, vous avez enquêté justement sur l'atmosphère soralienne autour de Jordan Bardella.
Oui, effectivement, Alain Soral, il quitte le Front National en 2009. Il est mis à la porte différent. Il veut se présenter sur la liste aux européennes et on ne lui donne pas cette place. Et donc, il claque la porte du Front National. Il est aussi mis un peu dehors. Pas du tout pour des questions d'ailleurs d'antisémitisme. Ce qui pose problème à l'époque, ce n
'est
pas ce que peut dire déjà un petit peu par ailleurs Alain Soral. Mais il reste en fait, en étant à l'extérieur du mouvement, assez actif, comme d'ailleurs auprès, je dirais, de toute une génération, ce qu'on appelle un petit peu peut-être de manière extensive la génération Soral, en tout cas des jeunes hommes qui sont nés dans les années 90-2000 et qui vont venir à la politique avec les vidéos d'Alain Soral et du Dieudonné. Souvent d'ailleurs de Dieudonné qui l'amène à Alain Soral.
Nous, ce qu'on a documenté, en fait, c'est justement cette ambiance un petit peu soralienne qui pouvait y avoir sur les blogs, sur les sites internet et où justement ces gimmicks, ce qu'on appelle aussi les dog whistles,
c
'est-à-dire des expressions qui finalement paraissent parfaitement anodines mais qui, pour ceux qui savent, eh bien, prennent un sens très précis. Et il y en a une, par exemple, c'est le fameux « quand même ». « Quand même », c'est une expression, en fait, qui sort de la bouche de Manuel Valls lorsque, dans une interview à Radio Judaïka en 2011, il se déclare éternellement lié à Israël par sa femme « quand même
». Et
cette séquence, elle est isolée, elle est repartagée. Alors, elle est repartagée sur le web de l'époque qui est beaucoup un web, eh bien, de gifs, d'humour, sur le forum jeuxvideo.com, par exemple, où on s'échange ces extraits-là et où la galaxie, je dirais, Soral Dieu Donné est extrêmement présente.
Et
en fait, ce qui se passe, c'est que le 6 février 2014, Florian Philippot, qui à l'époque est numéro 2 du Front National, il va utiliser ce « quand même » dans un débat face à Manuel Valls. Et juste après, on voit, eh bien, le jeune Jordan Bardella, jeune militant FN, qui va utiliser aussi, dans des tweets, cette expression, même en la reprenant avec un hashtag.
Mais est-ce qu'il a le
lien ? Est-ce qu'il
fait
le lien avec Soral ou est-ce
qu
'il le
fait
parce que c'est Florian Philippot
?
Alors, il le fait pas personne à l'époque que, si Florian Philippot le dit, c'est pour faire un clin d'œil à la galaxie de Soral. D'ailleurs, vous avez à l'époque un tweet de Laurent Ozon, qui est un essayiste identitaire, qui était d'ailleurs brièvement cadre du Front National en 2011, et qui dit « ce soir, les Soralos dieudoniens ou dieudonos soraliens, je ne sais plus, ont trouvé leur champion en la personne de Florian Philippot, hashtag quand même. » Donc, il n'a échappé à personne qu'à ce moment-là, c'est un appel du pied de Florian Philippot au réseau Soral.
Dans le parcours de Jordan Bardella, il
y
a un épisode qui me paraît intéressant, c'est qu
'il
crée le collectif Banlieue Patriote. On doit être de mémoire en 2014 ou 2015. Et il met en ligne un épisode d'un café, en fait, une émission télé web patriote, il n'en aura qu'une. Et l'invité est Kamel Béchic. Donc, c
'est
Jordan Bardella qui présente, qui pose des questions à son invité, ils sont dans un café. L'invité Kamel Béchic. Et sur le site Égalité et Réconciliation d'Alain Soral, plusieurs postes, dont j'ai les traces encore aujourd'hui, les archives, dans lesquels Alain Soral se félicite bruyamment en disant, finalement, les idées d'Alain Soral, les idées d'Égalité et Réconciliation arrivent au FN. Pourquoi ? Parce que Kamel Béchic est très proche d'Alain Soral et du mouvement Égalité et Réconciliation. Et d'ailleurs, quand Alain Soral se félicite que ses idées et percées au FN, la photo qui est sur le poste, c'est celle de Jordan Bardella. La question de Valérie dans la Sarthe.
Comment expliquer l'invisibilité de Jordan Bardella après les révélations de Mediapart ? A-t-il été coaché pour travailler sa défense ? Pour en revenir à l'interview d'hier soir, est-ce que vous avez trouvé que c'était de la bonne communication de crise
? C
'est difficile, la communication de crise. Et pour Jordan Bardella, depuis maintenant une dizaine de jours que ses révélations sont sorties, chacune de ses interventions, il en a quand même fait quelques-unes, dès le soir d'ailleurs des premières révélations de Mediapart. Il sort les rames, c'est difficile. Alors, il prend la posture classique de tout est faux, je porte plainte, une première fois, une deuxième fois. Au passage, la plainte, on rappellera qu'il a choisi un mode de plainte, de procédure qui va être long. Avec constitution de parti civil. De parti civil, qui fera une procédure sur 12, 18 mois.
Donc, bien après la présidentielle, il aurait pu choisir un mode de procédure plus court, de citations directes,
il
aurait
pu
tout de suite avoir... C'est un peu étonnant parce que si vraiment il était sûr de lui,
il
serait sans doute allé en citation. Mais il aurait pu, est-ce qu'il aurait pu, comme certains se le demandent, faire lui-même l'extraction de ces conversations Facebook ? Après, maintenant, il prétend ne pas avoir de compte. Donc, c'est en effet
une autre
difficulté. Maintenant, il prétend qu'il
n
'y en a pas. Avant, il disait que ce n'était pas le sien, c'était faux. La question a été posée à un cadre du Rassemblement national qui était bien embarrassé pour répondre. Il faut dire qu'eux-mêmes sont embarrassés pour répondre à la place de Jordan Bardella qui choisit ses interviews, qui essaie, j'allais dire, de laisser passer la tempête.
En
fait, c'est ça. Parce qu'ils ont un élément de calendrier qui est quand même important pour le Rassemblement national. C'est l'élection, le congrès du Rassemblement qui aura lieu du 23 au 25 à Orléans. Et évidemment, Jordan Bardella est candidat à sa réélection. Il devrait être réélu sans coup faire rire. Sauf que ça tombe en pleine pendant cette affaire. Donc, il y a un élément de calendrier pour Marine Le Pen.
Il
est
mis
sur le temps et ils se disent, après le premier week-end dernier, ils se sont rassurés tous en se disant, on n'en parle pas sur les marchés dans nos circonscriptions. Donc, circulons, il n
'y a
plus rien à voir. J'insiste quand même, Bruno Jody. Il dit, en fait, je n
'ai
pas de compte Facebook donc il n
'y a
pas d'histoire. Et après, il y a l'enquête du Camar enchaîné qui nous dit, il y a quand même des comptes personnels Facebook de Jordan Bardella qui ont été nettoyés entre le 28 septembre et le 2 octobre. C'est étrange. À chaque fois qu'il essaye de contre-argumenter, il y
a
une sorte de contre-preuve qui surgit. Ça peut durer longtemps comme ça ? Est-ce que ça peut empoisonner la campagne ? Là, on voit quand même que la souricière est en train de se refermer progressivement. Donc, on ne voit pas tellement. Alors, il y aura peut-être d'autres investigations. Mais, encore une fois, dénier avoir tenu ses propos, ensuite avoir eu ce compte, maintenant avoir effacé les messages sur le compte. Donc, il n'y a plus tellement grand-chose derrière, sauf encore d'autres comptes, etc. Je pense que le mal est fait. Et je rejoins l'avis de Bruno. On va voir d'abord ce qui va se passer au congrès du Rassemblement national.
Et surtout, ce qui est important maintenant, c'est de voir quelle va être l'attitude de Marine Le Pen. C'est elle qui a les clés. Parce que c'est elle qui peut dire qu'il faut qu'il se mette en retrait de la campagne. Comme vous l'avez dit, l'actualité a été quand même très chargée avec le mouvement lycéen et autres. On s'est un peu fait oublier. Et c'est très bien de se faire oublier de manière plus importante encore, de se faire un petit peu invisibiliser et essayer de trouver, parce que c'était quand même un élément très important dans le dispositif de campagne, c'était ce fameux tandem ou ce ticket. Et Marine Le Pen perd son plan B. Donc, il faut trouver un plan B au plan B.
Ça pourrait être qui ? On ne sait pas encore parce que tout ça n'était pas prévu. Moi, ce qui m'a paru aussi très très frappant, ça a été la première réaction de Marine Le Pen au salon du bâtiment le jour où vos confrères l'interrogent sur l'affaire qui vient d'éclater. La dinguerie. Voilà. Et elle n'est manifestement pas au courant. Quand elle dit que
c
'est une dinguerie. Voilà. Et donc là, on se dit qu'il y a quand même eu un peu de tangage. Et tout ça interroge encore et toujours sur l'antisémitisme réel ou supposé de ce parti politique, mais aussi de son amateurisme. Vous avez passé tout à l'heure dans le reportage, il y
a
une erreur de virgule en milliards sur la proposition
de
contre-budget du RN.
Contre
-budget. Là, on voit ce flou dans la communication. Et donc, tout ça n'augure rien de bon pour la campagne. Mais encore une fois, sur la base
électorale
du premier tour, elle est de mon point de vue consolidée aujourd'hui, sauf révélation encore plus fracassante. Ce qui se joue là,
c
'est le second tour. C'est la capacité qu'aurait Marine Le Pen, si elle était qualifiée au premier tour, de rassembler 50% des voix plus une et percer
finalement
ce célèbre plafond de verre. On rappelle qu'au municipal, le RN a conquis des dizaines de mairies, mais qu'il a échoué aussi dans des villes comme Toulon ou autre parce qu'il y avait toujours ce plafond de verre qui va se trouver réactivé par ce type de révélation. La question de Valérie dans la Sarthe, Marine Le Pen croit-elle à l'innocence de Jordan Bardella ou fin-t-elle d'y croire pour ne pas compromettre les chances du RN
?
Je dirais qu'elle est
probablement
fin d'y croire. C'est un petit peu l'ambiance, en tout cas, dans le parti.
Je
pense aussi que le fait que Jordan Bardella nie en bloc doit susciter quelques interrogations. Il faut bien voir, d'ailleurs, et je pense que c'est ça aussi la stratégie du RN, c'est de créer un front finalement anti-Mediapart et de faire de cette affaire non pas une affaire Bardella mais une affaire Mediapart contre Bardella. Et d'ailleurs, je pense que ce n
'est
pas étranger aussi à l'idée, justement, pour ne pas compromettre les chances du RN, de pouvoir réaliser cet élargissement vers la droite en se disant que finalement, la droite LR, elle déteste Mediapart aussi. Et il y a ce côté de remettre en question, de considérer Mediapart... Attends, je cite juste le sondage Cluster 17, justement, qui dit qu'il
perd 16 points chez LR, 9 chez ceux de reconquête et 5 chez les électeurs Renaissance, ce qui montre quand même que la droite est embarrassée par cette affaire.
Les électeurs de droite. En tout cas,
je
pense que, oui, effectivement, il y a forcément une déperdition, en tout cas, d'électeurs dont le RN n'est pas le parti d'adhésion. Évidemment que ça peut les ébranler. Après, on est encore très tôt dans la campagne et encore une fois, je pense qu'il y a cette idée, en tout cas, en appuyant, en appuyant très fort sur ce côté,
c
'est Mediapart. Mediapart est un proxy de LFI qui est très répété, justement, par les cadres du RN et qui trouve un écho chez LR. Vous n'avez pas entendu Bruno Retailleau réagir et condamner ses propos, même avec toutes les précautions d'usage. Il me
semble
que s'il a dit si c'est vrai, c'est grave. En gros, je paraphrase.
Oui, ils ont dit que ce sont des propos très graves,
mais pas aller quand même très fort dessus. Vous avez des réactions, en tout cas, évidemment, à gauche ou même au centre qui sont quand même beaucoup plus féroces et qui... On
pouvait
lire quand même dans Le Parisien le week-end dernier, pour elle, c'est assez probable que les échanges sont réels. Ce sont ceux d'un gamin de 17 ans intoxiqué par Soral qui n'est plus le même aujourd'hui et c'est un visage du
dispositif de campagne qui dit ça aux Parisiens.
Admettons que ce soit vrai.
En
tous les cas, ce n
'est
pas la stratégie qu'a choisi Jordan Bardella. Donc, de toute façon, maintenant, il est embarqué, il n'y tout, il ne peut plus faire marche arrière. Pour Marine Le Pen, la difficulté, c'est que Jordan Bardella peut ou pour encarner deux choses. Il incarnait cette dédiabolisation et même, quelque part, l'achèvement de cette dédiabolisation parce qu'il séduisait une partie de l'électorat LR. Donc, elle perd sur deux tableaux, la dédiabolisation et la possibilité de séduire des électeurs LR. Elle en a déjà récupéré pas mal si on regarde la progression, notamment, chez les retraités. Je pense qu'aujourd'hui, c'est plutôt un poison lent parce que c'est vrai que ça arrive tôt.
Or, à raison, ça arrive tôt dans la campagne.
C
'est plutôt un poison lent. A mon avis, ça ne
va
pas forcément avoir beaucoup d'impact sur le premier tour. C'est un impact sur un éventuel second tour. Si elle n'est pas face à Jean-Luc Mélenchon ou qu'elle est face à un autre candidat... Ce que j'allais vous demander, ça profite
à qui ?
Là, il y aura une vraie difficulté pour elle. Elle sera obligée de changer de stratégie. Elle ne pourra plus vraiment compter sur un Jordan Bardella comme futur premier ministre. Elle sera obligée de changer de stratégie. Soit aller chercher un LR, soit aller chercher une autre personnalité. Mais c'est un renversement dans sa campagne. Marine Le Pen a fait beaucoup de campagnes. Je pense qu'elle réfléchit déjà à tout ça.
Est
-ce qu
'il y a déjà un plan B ? Enfin, un plan C ? Non.
Aujourd'hui, le parti fait bloc autour d'elle. Et puis, ils vont jusqu'au congrès. Ils vont regarder les prochaines vagues. Ils vont déjà regarder les prochaines vagues que Jérôme et ses collègues vont produire dans les deux ou trois mois qui viennent. Et à ce moment-là, elle verra. Mais il ne faut pas regarder que ça, Bruno. Ce qu'il se demande aussi, c'est s'il va y avoir d'autres révélations. Puisqu'on a l'impression que la défense de Jordan Bardella aussi se positionne face aux nouvelles révélations à chaque fois. Je ne
vais
pas vous demander qui sont vos sources, mais est-ce qu'elles sont inquiètes ? Est-ce qu'elles sentent une pression sur elles ? Est-ce qu'il
y a
un climat paranoïaque en ce moment au Rassemblement national
?
Alors, je n
'ai
pas dit que mes sources étaient au Rassemblement national. En tout cas, vous parliez tout à l'heure d'un climat d'une fronde anti-Médiapart. En fait,
il
n
'y a
pas seulement Mediapart désormais. Le Canard Enchaîné publie cette enquête qui prouve que Jordan Bardella, ces derniers temps, ces derniers jours, a effacé certains messages de ses comptes Facebook alors qu'il prétendait n'y avoir plus accès. Il y a deux heures, je crois, Libération vient de publier un article dans lequel ils disent avoir retrouvé la trace d'un autre compte Facebook de Jordan Bardella toujours en ligne, toujours actif alors qu'encore une fois, il a nié face aux journalistes avoir aucun compte actif sur Facebook pour justifier le fait qu'il ne peut pas produire ces fameux listings de messages qu'il aurait écrits il y a plusieurs années.
Donc, on voit en fait que les journalistes travaillent dans toutes les rédactions ou pas uniquement chez Mediapart et qu'en creusant partout, aujourd'hui, le numérique, vous ne pouvez plus effacer les traces, elles sont partout et d'autant plus avec l'IA, c'est facile à retrouver, etc. Donc, je pense que d'autres révélations suivront sans doute puisque,
en
fait, Jordan Bardella semble, en tout cas, c'était les propos rapportés par le canard Enchaîné la semaine dernière de Jérôme Cahuzac qui disait « Jordan Bardella, il est dans une stratégie de survie par le mensonge. » C'est très fort comme propos. Et
c
'est un petit peu le sentiment qu'on a parce que Jordan Bardella se défend tout de suite derrière. Il y
a
des enquêtes de presse qui démontrent sa défense, qui montrent que ce qu'il dit face caméra n'est pas vrai et donc, il s'enfonce petit à petit dans ses dénégations. Jusqu'où ? Jusqu'où est-ce que ce sera tenable et jusqu'où, en fait, Marine Le Pen tolèrera ça ? Parce que, si quelqu'un doit débrancher Jordan Bardella eu égard à son immense popularité parmi les militants, il n'y a que Marine Le Pen qui peut dire à Jordan Bardella « C'est fini, c'est la seule. » À quel moment elle aura une alerte rouge quand elle regardera les sondages ? C'est à quel moment qu'il faut vraiment s'inquiéter ?
Là, il y a l'enquête Ipsos que nous cite Bruno Jeudy qu'on pourra lire dans la tribune dimanche qui nous montre un décrochage de 4 points.
C
'est ça, Bruno ? 3 points pour Jordan Bardella, 4 points pour Marine Le
Pen. 4 points
pour Marine Le Pen,
3 points pour Jordan Bardella. Voilà, c'est sur la cote de
popularité, ce qui est plus volatile que des intentions de vote. Là, la vraie alerte, c'est si dans les sondages d'intention de vote, il y avait un vrai décrochage.
Ils
vont le regarder attentivement. Il y aura également les retours sur le terrain. Et puis aussi, sans doute, lire la rumeur sur d'éventuelles nouvelles révélations
qui
pourraient faire dire à Marine Le Pen et à son entourage qu'il faut arrêter les frais
et
qu'il faut ensuite débrancher, comme on dit vulgairement, Jordan Bardella. Alors, sans doute, ne le fera-t-elle pas de manière trop brutale pour ne pas donner le point à Mediapart, son ennemi juré ? En disant, même là, on est dans un registre psychologique. Ça leur ferait trop plaisir.
Et
donc, fort heureusement pour eux, pour le Rassemblement national, cette affaire survient quand même assez loin dans la campagne. Donc,
il
y a, d'ici la fin de l'année, encore le temps d'écarter progressivement Jordan Bardella,
elle,
de réfléchir à qui pourrait-on faire appel pour occuper la place laissée vacante dans le dispositif. Vous voyez,
ce
n
'est
pas comme si cette affaire avait éclaté en janvier ou février 2027 à trois mois du premier tour. même si ça pose bien évidemment beaucoup de problèmes et de fil d'artort dans Marine Le Pen.
Est-ce qu'on en est déjà là à chercher le qui
?
Non.
Alors,
justement, moi, j'allais dire, c'est finalement assez intuitif de ne pas en avoir. C'était l'originalité de Marine Le Pen et du RN d'arriver avec un ticket président-premier ministre. Les choses sont généralement beaucoup moins écrites, notamment quand on veut, comme Marine Le Pen, élargir, en tout cas, réussir à attirer dans son giron de faire, en gros, que des élus de droite, de la droite LR, fassent défection. Donc, ne pas avoir quelqu'un, ça dépend à quel moment ça arrive, mais ne pas avoir un nom en disant, ben voilà, vous allez élire un binôme, ce qui n'était d'ailleurs pas tout à fait dans les institutions de la Ve République.
Le chef du gouvernement, c'est celui qui est issu de la majorité parlementaire. La majorité parlementaire, c'est une autre élection. Ce sont les élections législatives, finalement, pour Marine Le Pen.
C
'était, mais en tout cas, certains qui disaient c'était difficile, elle s'était mis une contrainte, finalement, d'arriver en disant c'est ça notre ticket, c'est ça qu'on va faire. Comment réussir à rallier finalement les gens ? Alors, quand vous discutez avec des cadres du RN, ils vous disent Jordan Bardella,
c
'est une évidence. Qui pourrait-on mettre à la place ? Il n'y a personne, nous n'avons personne chez nous, nous ne
voyons personne.
Est-ce que
ça peut être Marion Maréchal Le Pen
? Je
ne pense pas. Très honnêtement, je ne vois pas du tout Marion Maréchal Le Pen avoir cette... Enfin, l'impact n'est déjà pas du tout la même popularité.
Oui, à Lyon, je balancez nos.
Je ne
vois
pas non plus. Il faut quelqu'un qui justement serve Marine Le Pen dans ce projet d'ouverture et de montrer un visage du RN qui soit différent. Ça ne
peut pas
être des cadres anciens. Il n
'y en
aura pas. Et ce ne
sera
même pas, elle ne dira probablement pas même, ce sera Éric Ciotti. Ça ne lui apporterait rien de plus que ce qu'elle a déjà aujourd'hui. Donc ce sera... Elle
ne dira...
Il n
'y aura pas de nom.
Elle ne dira rien. Ce qui est intéressant,
c'est de savoir si elle
redira que Jordan Bardella sera son Premier ministre. Ça, bon alors, elle n
'a
pas fait de grands discours depuis que l'affaire a éclaté. Mais enfin, à un moment, ça va venir. On verra si elle le redit déjà. Ça, c'est la première étape. Et la deuxième étape, à mon avis, il n'y
en
aura pas. Elle ne le dira pas. Donc, je fais campagne. Elle fait campagne et on verra. C'est une affaire, je dirais, qui va se poser lorsqu'on se rapprochera du premier tour et surtout de l'entre-deux-tours. C'est dans ce contexte que le nouveau maire RN de Carcassonne a inauguré cette semaine une stèle en mémoire des victimes du 7 octobre 2023. Il a exclu l'opposition de gauche de cette cérémonie et le seul média qui pouvait la couvrir. Ses coups d'éclat font souvent parler de lui. Juliette Vallon, Christophe Roquet.
Les
élus RN de l'Aude réunis en hommage aux victimes du 7 octobre. Mercredi matin, commémoration à Carcassonne. Images symboliques une semaine après les révélations de Mediapart sur des écrits antisémites attribués à Jordan Bardella. Discours solennel du maire de la ville. Dès ce 7 octobre funeste, je m'étais promis
que
si j'étais un jour maire, je ferais installer une stèle ou un monument en mémoire de toutes ces victimes massacrées ce jour-là.
En
pleine polémique, un parti toujours soudé autour de Jordan Bardella.
Vous savez, moi, ça fait deux ans que je fais la commémoration à Perpignan et il n
'y
avait aucune révélation particulière. Il
n'y a
pas de preuves. Il y
a
un constat d'huissier, mais on attend de voir les preuves, justement.
Mais
à Carcassonne, ce sont d
'autres polémiques qui
défraient la chronique depuis
plusieurs mois.
En cause, le comportement de Christophe Barthès et ses vidéos postées sur les réseaux sociaux. Un coup, en murant la fenêtre d'un squat. La propriété privée, c'est sacré. À Carcassonne, l'esquadre, c'est terminé.
Ou
en arrosant des manifestants syndicalistes.
Allez,
un peu de fraîcheur.
Un
style fracassant, loin de la stratégie de la cravate revendiquée par le RN. Christophe Barthès assume, lui, que certains surnomment déjà le Trump occitan. C'est un surnom qui vous va ?
tout me va. Vous savez, je suis quelqu'un qui est assez moqueur. Donc, je ne peux pas accepter de me moquer des gens et ne pas accepter quand on se moque de moi. Donc, ça me fait rigoler. J'assume complètement se fera me parler.
Je
suis comme ça. Si vous m'avez connu quand j'avais l'âge de 15 ans, j'étais le même gars que je suis aujourd'hui.
Mais ces dernières semaines, une vidéo diffusée par un quotidien local a braqué un peu plus les projecteurs sur Carcassonne. On y entend un policier municipal tenir des propos racistes en 2025.
Une vieille, elle a percuté un bougnoule apparemment. Ah, génial !
Ils
roulent vite, ces bougnines. Hier, ils étaient sur un chameau. Aujourd'hui, une voiture.
élu en mars dernier, le maire aurait reçu des signalements sur ce policier sans suspendre immédiatement le fonctionnaire en question.
Pas
de quoi choquer ses habitants. L'édile a été élu avec 40% des voix. Ce que disent les policiers, il y a beaucoup de gens
de
chez nous ou de la France qui pensent pareil qu'eux. On a entendu qu'on s'assure sur le RN, évidemment. Ils ont une peur comme ça. Ils sont catastrophés. C'est tout. Ils ont fait que des conneries. Vous avez vu où est la France ?
En
quelques mois, Christophe Barthès a fait installer une statue de Jeanne d'Arc, pris un arrêté anti-mendicité et coupé les subventions d'un festival culturel. Alix Soler Alcaraz fait partie de l'opposition. Il dénonce des méthodes brutales, notamment lors du conseil municipal. de
l'apprentissage. Là, c
'est le moment où on essaie de prendre la parole, justement. Les micros sont coupés.
On
demande des interventions qui nous sont refusées.
On l'inscrira au procès-verbal. Que je vous ai mis en cause et que je ne vous donne pas la parole, on l'inscrira.
À
partir du moment où il a pris le pouvoir, le jour même où il était élu maire, il a arraché les drapeaux européens et tout le reste qui s'en est suivi.
Il
a agressé des jeunes lycéens dans une boucle WhatsApp où il les a menacés directement. Donc, voilà le type de comportement que l'on aura demain si le RN prend le pouvoir en France. La CGT, elle aussi, s'inquiète. Après une manifestation contre l'extrême droite, le syndicat s'est vu ordonner de quitter ses locaux occupés depuis 89 ans. Ils décident qu'il n'y
a
plus d'union locale. Non, mais c'est quoi ça ? C'est outrepassé ses pouvoirs ? Un maire, il n'a pas le droit de faire ça. Et d'autres organisations subissent les foudres du maire. D'autres associations dont la Ligue des droits humains qui a eu sa subvention supprimée, énorme subvention de 330 euros parce qu'ils se sont opposés et ils ont critiqué plutôt, simplement critiqué des positionnements du maire.
Un
maire qui empêche aussi certains journalistes d'exercer leur métier. Depuis l'arrivée de Christophe Barthès à la mairie de Carcassonne, des reporters de la presse locale se voient régulièrement interdire l'accès à des événements de la ville.
La
question de Frédéric dans le Vaucluse, le comportement du maire Christophe Barthès est-il révélateur de ce que serait la France dirigée par un gouvernement RN
? En
tout cas, on voit dans de nombreuses municipalités gagnées par le RN un visage assez différent de celui affiché à Paris par les cadres dans la stratégie de la dédiabolisation. J'ai par exemple en tête Elne dans les Pyrénées-Orientales qui, très récemment, le maire a décidé quoi ? Il a décidé de débaptiser la salle de cinéma municipale qui portait le nom de René Vautier. René Vautier, c'est une figure du cinéma français, c'est un militant anticolonialiste qui a produit des documentaires spectaculaires extrêmement intéressants, qui a été décoré pour ses actes dans la Résistance, etc. Et ce maire RN, elle, ne juge que la culture n'a pas à être politique et donc il débaptise la salle.
En fait, ce n
'est
pas le seul endroit où en France, notamment, les mairies RN s'en prennent à la culture, coupent les subventions des associations qui leur déplaisent. Donc, il y a quand même une offensive culturelle à l'œuvre dans certaines mairies gagnées par le RN. Est-ce que ce maire
est
encombrant pour le RN ou est-ce qu'il incarne une nouvelle ligne au sein du parti ?
Alors,
une nouvelle ligne, je dirais plutôt quelque chose qui ressemble en fait assez à certains fondamentaux du RN, notamment, je dirais, dans la première vague dans les années 90 quand justement le RN, le FN à l'époque avait gagné des mairies et montré un nouveau style, un style de rupture. Je pense qu'il faut faire attention à ne pas voir avec des yeux trop parisiens ou des yeux d'ailleurs des opposants locaux. Il y a quelque chose qui plaît dans le style... On l'a entendu dans la bouche des habitants. Tout à fait. et je pense même la punchline qu'il a un petit peu popularisé, le «
c
'est terminé », ça a été salué d'ailleurs même au sein du RN comme une bonne communication. Et effectivement, alors, il peut être un petit peu encombrant, attention à ne pas dépasser la limite. Quand il jette, enfin, quand il utilise le GEDO contre les syndicats, contre la CGT, là, c'est la limite, il flirte quand même avec la ligne. Il ne
faut
pas que ça passe de l'autre côté, mais je dirais que pour le RN, ce n
'est
pas un boulet. C'est aussi, justement, une manière de dire aux électeurs qui ont voté pour lui, qui connaissent le personnage, ce n
'est
pas quelqu'un qui est arrivé nouvellement en politique. Il a été élu député, il avait ce style d'ailleurs assez fleuri. J'ai lu dans... Nous, on a fait une enquête dans Marianne et nos confrères de l'Obs, on en fait une aussi, où Marine Le Pen, elle avait quand même un petit peu rappelé à l'ordre lorsqu'il était député à l'Assemblée nationale et c'était le moment où il avait insulté. Sandrine Rousseau, on s'en souvient, avec une pancarte, elle avait dit vos blagues de beauf, ça ne me fait pas rire. Mais c'était tout. C'était juste une réprimande orale, il n'avait pas été sanctionné. Donc, je pense que le RN a intérêt aussi à marcher un petit peu sur ses deux jambes.
Un visage qui est aussi très lisse, très respectable de cette fameuse dédiabolisation qu'ils ont théorisée et en même temps, localement, des gens qui suscitent une sympathie et quand il s'en prend aux gauchistes dans sa ville, ça marche.
Là, on se demande s'il n
'a
pas ignoré les signalements sur un policier raciste et on entend cette habitante qui dit il n'y
a
rien de grave dans ses propos qui sont racistes. Elle dit qu'on pense la même chose. On est quand même dans le sud de la France et on avait évoqué à un moment les deux fronts nationales, le front national du nord et le front national du sud. L'ambiance n'est pas complètement la même à Hénorme-Beaumont ou dans d'autres villes du bassin minier. Là,
c
'est le sud de la France. On a toujours été sur des sujets très sensibles en matière d'immigration. Il y
a
une immigration qui est ancienne dans ces endroits-là. Pas mal de gens sont aussi issus de familles pieds-noirs lui-même
et
d'origine pieds-noirs. Et puis, il faut évoquer la figure d'un ancien maire de Carcassonne dont M. Barthès se revendique. C'était quelqu'un qui s'appelait Raymond César
et
qui était l'incarnation de la droite pasqua. Pasqua lui aussi venait du sud et c'était une droite très populaire voire populiste qui plaisait à toute une partie de l'électorat notamment dans ces régions-là. Et donc, ce personnage-là incarne cette ligne-là qui a toujours existé au Rassemblement National sauf qu'avant ils n'étaient pas élus. Et donc, il faisait ses blagues peut-être dans les meetings ou dans les réunions mais maintenant, il est aux manettes. Autre constance constante de ce parti, le Rassemblement National, il est effectivement engagé dans une bataille culturelle
à
mort avec les milieux culturels qu'il considère comme étant complètement acquis à la gauche. Donc, on va couper toutes les subventions aux associations.
C
'est le cas, par exemple, alors pour le coup, on n
'est
pas dans le sud de la France mais à la Flèche, c'est la ville de l'Ouest qui est tombée dans l'escarcelle du Rassemblement National où le jeune maire
est
en train de couper les subventions à une association, un centre culturel
qui
était historiquement lié à la gauche locale. Et puis, l'autre cible, c'est la presse. Notamment la presse locale et on le sait,
la
presse locale ne va pas bien et elle vit notamment de contrats qui sont passés avec les collectivités locales pour acheter des abonnements nombreux pour tous les services de la ville, pour passer des pages de publicité. Il y a également des événements qui peuvent être organisés, ici un marathon, ailleurs une fête de ceci ou de cela, dans lesquels les municipalités payent des participations. Et là, le maire de Carcassonne, considérant qu'il n'était pas bien traité par l'indépendant et la dépêche du Midi, coupe les subventions et le fait savoir. Et ça plaît aussi à une partie de l'électorat en disant c'est terminé et maintenant la donne a changé et on va faire autrement. Il y
a
ces révélations hier de libération sur le collaborateur de Franck Alizio qui a été licencié. Il s'appelle Louis Grégoire. Il avait tenu des propos racistes et antisémites. Est-ce que vous y voyez un lien avec l'affaire Bardella ? C'est-à-dire qu'il y a des révélations sur des propos racistes. Tout de suite, on sanctionne. Oui, sans doute. En tous les cas, c'est souvent un peu en série. C'est-à-dire que, alors au moins, ce
ne
sont pas des révélations du même niveau que celles qui concernent Jordan Bardella. Mais à ce moment-là, il y a souvent des affaires un peu moins importantes qui ressurgissent de collaborateurs, d'élus, ici ou là. Et ce qu'on avait appelé en 2024 au moment des législatives les brebis galeuses. Et donc, certains députés mettent un peu en ordre, vérifient un peu leurs collaborateurs. Dans certains conseils municipaux où le Rassemblement national a gagné, il y a des fois des élus dont on exhume les pédigrés. Et donc, voilà, on avait connu ça en 2024. Ça montre que ce parti reste,
n
'a pas fait totalement le ménage chez lui. Et c'est un enjeu de la présidentielle ? Oui, c'est un enjeu de la présidentielle. On a bien vu qu'en 2024, ça avait porté. C'est sans doute ça. Le Rassemblement national fait un premier tour très très haut et dans l'entre-deux-tours, les affaires finissent par percuter et recréent un peu de plafond de verre, de front républicain. et ça a amené quand même à empêcher le Rassemblement national d'avoir une majorité relative qui lui aurait ouvert les portes de Matignon. Donc, ça marche encore. Et cette affaire Jordan-Bardella, au fond, elle peut refabriquer du plafond de verre.
Là, on voyait bien qu'aujourd'hui, dans les sondages, entendons-nous, Marine Le Pen est à 50% dans tous les cas de figure. Donc, restons sur ces hypothèses. Mais on voit bien que ça peut revenir, que si elle est empêtrée, si cette affaire dure, effectivement, elle sera très gênante pour Marine Le Pen et Jordan-Bardella deviendrait à ce moment-là son boulet.
Est-ce qu'il
y a
une opération purge au RN des brebis galeuses ? En fait, moi, je pense que les brebis galeuses, elles ont un petit peu dépassé le parti lors des législatives en 2024. Mais sinon, cette stratégie d'être très proactif dès que la presse signale l'existence justement de propos antisémites ou racistes qui ont été surtout antisémites.
D
'ailleurs, il
y a
une gradation dans la brebis galeuse.
C
'est d'abord la question de l'antisémitisme et centrale.
D
'ailleurs, Louis Alliot l'a théorisé dans son livre. La dédiabolisation passe par le fait d'enlever ce stigmate d'un parti antisémite.
Et Jordan-Bardella
parlait de
bouclier...
Exactement, bouclier des juifs, d'où cette entente d'ailleurs entre les extrêmes-droites israéliennes et françaises par rapport à cette question post-7 octobre. Ça a été très important dans la stratégie de dédiabolisation du Rassemblement national. Mais donc, exclure des brebis galeuses comme ça qui ne pèsent pas grand-chose. Un collaborateur, c'est pas important. Il y a encore des gens qui sont des personnalités qui comptent beaucoup plus dans l'organigramme du RN. Vous avez des élus. Frédéric Bocaletti, par exemple, le maire de Sifour, qui a quand même tenu une librairie négationniste à Toulon, qui a été investie pour être maire. C'est des choses qui sont sues.
Les écrits de Caroline Parmentier, par exemple, dans la revue Présent, c'est pareil.
C
'est des gens qui n'ont pas été, qui ne sont pas des brebis galeuses, qui sont dans le parti. Attention, il y a une stratégie de dédiabolisation qui est aussi une stratégie médiatique de réagir comme ça au quart de tour, mais ça ne vaut pas pour tout le monde. Ce
qui fait le plus mal, c'est sans doute la déclaration de Jonathan Arfi, le président du CRIF, qui dit qu'en gros, Jordan Bardella ne pourrait pas être Premier ministre s'il avait vraiment tenu ses propos, lui-même laissant entendre qu'il croit plutôt les médias qui ont fait état de ses propos. Donc ça,
c
'est vraiment pour le coup un coup bien plus rude que, j'allais dire, les suites d'autres affaires qui sortent. Le premier rendez-vous important de cette présidentielle,
ce
sera demain soir. On connaîtra, on aura peut-être l'affiche, le vainqueur ou pas, en tout cas, ceux qui ressortiront du premier tour de la première heure de la coche,
ce
sera demain à 20h30 et la compétition s'est avérée bien plus féroce que prévu avec l'irruption d'une outsider Ségolène Royal face à Raphaël Luxman, Olivier Faure, Emmanuel Morel, Jérôme Gatch. C'est le reportage de Théo Manval, Amandine Kreff et Oann Nguyen. Elle est décidément inoxydable. 20 ans après sa première campagne présidentielle et ce second tour perdu face à Nicolas Sarkozy, Ségolène Royal est de nouveau en lice pour tenter de représenter son camp à l'élection suprême.
C
'est pas une revanche. Je me dis aussi pour mes enfants, pour mes petits-enfants, je me
dis
mais non, si un jour si l'extrême droite passe,
je
me
dis
et que moi j'ai pas bougé, on me
dis
pourquoi t'as pas bougé ?
A
désormais 73 ans, l'ancienne ministre s'est lancée dans la primaire de la gauche sociale démocrate qui débute aujourd'hui et serait même en passe d'accéder au second tour derrière Raphaël Glucksmann selon un sondage publié ce matin. Elle, l'invité surprise qui a bousculé la campagne en assumant des positions clivantes et des divergences notoires avec sa famille politique.
Aux enfants avec moi ne seront pas obligés d'aller se faire tuer en Ukraine. J'entends bien, on dit mais c'est impossible, Poutine ne veut pas négocier, etc. Je vais vous dire une chose, quand on veut agir, on trouve un moyen. C
'est un discours que je trouve
naïf et je vais
poser une question. Non, c'est
pas naïf. Polémique
aussi
après ses propos sur l'Algérie où elle fut reçue avec les honneurs par le président Tebboune au mois de janvier. Vous ne pouvez pas dire que c'est un régime autoritaire
?
Non, je ne peux pas dire. C'est pas à moi, c
'est
au peuple algérien de se définir.
Ah
bon ? Donc un pays qui...
Et la
France, c
'est
quoi la France ? Ce n
'est
pas un régime autoritaire de mettre des menottes à des gamins de 14 ans ?
Ségolène Royal ou l'art de se remettre au centre du jeu en installant des passes d'armes avec le favori désigné Raphaël Glucksmann à coup de formule choc.
Il y
a
une forme de hold-up qui est en train de se faire sur le parti socialiste.
C
'est-à-dire que Raphaël Glucksmann, qui n'a pas réussi à faire son parti politique, une dynamique politique, donc il vient dans la primaire de la gauche.
Pour diriger un pays, il faut avoir un métier. Vous ne mettez pas un stagiaire à la tête d'une entreprise, c'est dangereux.
Elle a raison de souligner que je ne suis pas, moi, en politique depuis 45 ans, que je n'ai pas qu'émandé des postes depuis 45 ans. Le duel
tourne
même à l'affrontement lorsque fuite cette vidéo où l'on entend le candidat place publique employer un ton plus familier, se pensant à l'abri des micros. Indignation de son opposante et excuses contrites en plein débat télévisé.
Je n'accepte pas, si vous voulez, qu'une fois de plus, on puisse dégrader
une
femme, avoir des connotations sexuelles, sous-entendu qu'elle vend son corps et qu'elle fait des danses pour obtenir des postes. Mais je suis vraiment désolé si ces propos ont été perçus comme étant sexistes. Ségolène
Royal croit en tout cas dur comme fer à cet énième comeback après avoir tenté en vain de proposer à LFI de mener une liste commune pour les européennes de 2023, puis au LR Michel Barnier d'intégrer son gouvernement en 2024
avant
de faire acte de candidature auprès d'Emmanuel Macron pour lui succéder à Matigny en quelques mois plus tard. Alors qu'en pensent les électeurs de gauche, nous avions suivi cet été Ségolène Royal en campagne, invité à présenter son dernier livre à Gordes dans le Vaucluse.
Il
faut
bien voter au primaire. Oui, bien sûr, il
faut
bien voter.
La salle est loin d'être comble et même ceux venus l'écouter sont partagés.
Pour
être honnête, non. Bien que j'étais un de ses électeurs 2007. Le monde a changé, les gens ont changé.
Je
crois, sans vouloir être désagréable, que son tour est passé.
Il faut qu
'elle
aille au combat. C'est un combat. Donc, on verra bien, pourquoi pas ? Elle peut peut-être gagner, on ne sait jamais.
Première réponse demain soir. Les résultats du premier tour de cette primaire sociale démocrate sont attendus après 20
heures. Est
-ce qu'elle peut faire la surprise
?
Nous verrons, parce qu'on a un corps électoral qui est quand même très étroit. 140 000 personnes qui sont inscrites. Alors, vu la jauge, c'est bien au-delà des simples adhérents du PS
et
de place publique. Donc, il y a d'autres gens qui sont assez peu connus. Donc, on verra qui a attiré. Et si on reste sur cette question de la jauge, on voit que sur les primaires précédentes de la famille sociale démocrate, on a eu jusqu'à 2,5
millions,
3 millions de votants. Donc, on voit qu'ils sont vraiment, aujourd'hui, à la portion congrue. Et que, si ces débats ont été très vifs, et comme dans toutes les primaires, laisseront des traces ensuite, l'actualité récente, notamment le mouvement social, a montré qu'à gauche, c'était la France insoumise, aujourd'hui, qui était très, très loin devant. Mais elle a marqué, quand même, cette dernière ligne droite, Ségolène Royal,
avec Testailly,
peut-être à la Trump, je ne
sais
pas si vous
voulez... Alors, elle
est la preuve dans votre reportage qui lui était largement consacrée. Mais ce que je veux dire, c'est qu'on attendait Olivier Faure comme principal opposant à Raphaël Glucksmann. Et c
'est, quelque
part, Ségolène Royal qui incarne l'alternative à Raphaël Glucksmann qui était donnée comme le favori. Donc, on verra si Raphaël Glucksmann est élu au premier tour ou pas. s'il l'aide beaucoup ou pas. Et qui sera en face de lui, éventuellement ? Elle peut faire un hold-up
? Je
ne crois pas, a priori, qu'elle puisse faire un hold-up. Elle peut créer la surprise en imposant un second tour, peut-être, à l'un de ses challengers. Elle a visé clairement Raphaël Glucksmann. Elle a quand même donné l'impression de régler ses comptes, ses vieux comptes, avec le parti, qui, souvent, d'ailleurs, l'a malmené par le passé. Mais là, peut-être, pour ce dernier tour de piste, c'était quand même un peu, par moments, difficile d'entendre tout ça. Ça ne volait pas très très haut pour le dernier débat. On passe tout de suite à vos questions à l'ASAMS.
La
question d'Alban en Loire-Atlantique. Jordan Bardella peut remercier les lycéens et la France insoumise. Les manifs occupent le devant des médias et éclipsent son affaire aux yeux du public. Écoutez, je ne sais pas si l'affaire est éclipsée aux yeux du public. Je n
'ai
pas l'impression. J'ai vu les derniers déplacements, les dernières conférences de presse, notamment de Marine Le Pen et Jordan Bardella. Mardi, il y
a
eu de nombreuses questions sur le sujet. Ça a d'ailleurs, en partie, éclipsé la présentation de leur programme économique. Donc, non, je n
'ai
pas l'impression que cette affaire soit éclipsée. Agostino d'Alger, stratégie à la Donald Trump, tout nier le syndrome des fake news
? En
tout cas, le syndrome d'une France qui est hyper polarisée et où chacun croit aussi ce qu'il veut croire, c'est un petit peu ça. C'est-à-dire que pour certains, effectivement, cette actualité va être complètement éclipsée quand d'autres ne vont voir que celle-ci.
C
'est-à-dire que chacun choisit vraiment de mettre son focus sur un point. Et c'est ça, je trouve, qui est le plus symptomatique. On a beaucoup glosé un peu sur ces deux Amériques qui ne se parlent plus. Moi, j'ai quand même le sentiment qu'on a un petit peu ça en France.
Alors,
d'une autre... Évidemment, avec nos spécificités toutes françaises, mais quand même, dans ce qu'on veut retenir de l'actualité et de la façon dont on l'appréhende, je pense qu'on peut avoir, selon qu'on est un électeur LFC ou RN, une totale vue, en tout cas interprétation et vécu de l'actualité aux antipodes. Pierre-Théphane, vous vouliez réagir ?
Non,
mais le côté post-vérité un peu Trumpien de Bardella, en tout cas de la ligne de défense actuelle de Bardella, ce n
'est
pas quelque chose de nouveau. Je veux dire, quand Libération, Tristan Berthelot déjà sortait l'affaire de son emploi présumé fictif au Parlement européen, dénégation, complot. Quand nous publions, avec complément d'enquête, en janvier 2024, son fameux compte Twitter anonyme, Repnat du ghetto, je me souviens très bien, il va chez Cyril Hanouna, TPMP, et il qualifie notre travail d'escroquerie intellectuelle, de diffamation, etc. Il annonce partout, d'ailleurs, qu'il va déposer plein temps de diffamation, ce qu
'il
n'a jamais fait. Là, à nouveau, on est dans le déni face à la réalité. Donc, c'est quelque chose d'assez constant au cours des dernières années. La question de Philippe, ne faut-il pas être méfiant à l'égard de ces enquêtes à charge qui sortent peu de temps avant des élections
?
Alors, c'est une tradition, les affaires qui sortent peu de temps avant les élections. À la lumière des faits, elles se
sont
souvent révélées justes. L'affaire de la feuille d'impôt de Jacques Chabon d'Elmas dans les années 70, les diamants de Giscard avant 81, et puis, s'ils s'en remontent L
'affaire Fillon aussi ? L'affaire
Fillon, la dernière fois, dont on a pu parler, on peut penser ce qu
'on
veut de cette affaire, il a été condamné à l'arrivée. Donc, oui, les journalistes font leur travail.
Et
les enquêtes, à chaque fois, concernent des gens de droite ou de gauche ? Je n
'ai
pas l'impression que ce soit dirigé contre un camp en particulier ou un
candidat en particulier.
On
a
beaucoup été fait le procès qu'ils tapaient surtout des gens de droite. Jérôme Cahuzac et de gauche.
C
'est le contre-exemple parfait. Quant au canard enchaîné, je crois qu'il y en a eu dans tous les sens et de tous les côtés. Est-ce qu'il
y a
des enquêtes sur chaque candidat à la présidentielle ou pas
? En
tout cas, je me souviens de Jean-Luc Mélenchon qui, en vidéo, traitait Mediapart de torchon. Je ne crois pas que Jean-Luc Mélenchon ait une affection particulière pour Mediapart. Et moi, je ne
suis
pas l'avocat de Mediapart, mais je sais qu'ils ont fait...
D
'ailleurs, il s'est très peu exprimé sur le... Oui, il est extrêmement discret. Et d'ailleurs, vous remarquerez qu'aujourd'hui, il y a quand même trois articles de presse qui sortent. Le canard enchaîné, un nouvel article de Mediapart et Libération en fin d'après-midi. Et je trouve que les cadres du Rassemblement national sont également extrêmement discrets sur les réseaux sociaux. Là, je regardais sur X, personne ne vient au secours de Jordan Mardela, en fait. En tout cas... Mais là, c'est fait, je pense que c'est une stratégie.
C
'est-à-dire qu'ils sont beaucoup sortis au début, parce que là, il y avait une consigne clairement du parti de défendre leur président. Là, cette fois-ci, c'est plutôt d'ignorer maintenant... C'est la stratégie, c'est d'ignorer, j'allais dire, le troisième volet de... On
peut
le voir aussi comme je ne
veux
pas être entraîné... Oui, on peut le voir comme ça, mais là, je pense qu'il y a une stratégie d'ignorer. Alors après, ça se retournera peut-être contre eux, mais c'est, je pense... Et c
'est
la question justement d'un ou d'une téléspectatrice. Si Marine Le Pen continue de faire bloc autour de Jordan Mardela et que les faits sont avérés, cela pourrait-il l'entraîner dans sa propre chute
?
Alors, peut-être pas encore une fois au premier tour, mais comme le rappelait Bruno tout à l'heure, ce qu'elle joue, elle, cette fois, c'est la victoire au second tour. Il faudra rassembler 50% des voix plus une et donc elle ne peut pas se permettre ce genre d'affaires dans son dispositif de campagne.
C
'est pour ça qu'on va guetter
le
moment où, oui ou non, elle va petit à petit écarter Jordan Mardela. Et comment on le verra ? Vous qui connaissez... Vous verrez moins Jordan Mardela. Oui, c'est ça,
il sera bien mis en retrait. On n'a pas,
en tout cas, aujourd'hui, ce qui se dessine, personne ne parie sur une éviction brutale de Jordan Mardela comme ça a été le cas par exemple de Florian Philippot ou comme ça a été le cas d'autres personnalités au RN ou au FN avant. Mais par contre, plus quelque chose peut-être un peu perlé. La question, quand même, je pense, c'est qu'on dit si les faits sont avérés, comment ? Aujourd'hui, il y a pour une grande partie des gens l'impression que ces faits
justement
sont avérés et pour une autre qui attendra une vérité judiciaire qui risque d'arriver après l'élection.
Pourquoi ne pas avoir avoué une erreur de jeunesse et vous avez 15 secondes
?
Impossible. Pour Jordan Mardela, il incarne la dédiabolisation. Marine Le Pen l
'a
choisi pour ça.
Elle
a dépensé des centaines de milliers d'euros en média training, en média coaching pour qu'il incarne ça auprès de l'électorat. Impossible d'admettre ces propos. Merci beaucoup à tous les quatre d'avoir été nos invités ce soir. Tout de suite, c'est à vous. Bonsoir Mohamed Boafsi.
Bonsoir Aurélie. Il est l'une des grandes voies économiques en France, l'un des seuls patrons à s'exprimer sur la situation politique du pays. Le directeur général de la MAIF, Pascal Demurgé, notre invité. Budget du gouvernement, contre budget du Rassemblement National, mobilisation des lycéens, il répondra à toutes nos questions. Et c'est la polémique qui fait grand bruit en Allemagne. L'AFD, le parti d'extrême droite, veut récupérer l'Alsace et la Lorraine. Oui, l'Alsace et la Lorraine. Le député européen Bernard Guetta sera avec nous. C'est à vous Aurélie, ça démarre dans un instant, en direct.
Très bonne soirée sur France 5 et moi je vous dis à demain, 17h30.