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interviewFrance Culture (sur YouTube)· 18 septembre 2023 38 min

Après l'hôpital, le réalisateur Thomas Lilti nous emmène à l'école

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

place à la rencontre aujourd'hui notre invité est réalisateur d'abord médecin il nous a ouvert les portes de l'hôpital de la première année de médecine à des services surchargés à travers trois films et une série aujourd'hui ils nous emmène à l'école une autre institution fragilisée au cœur de l'actualité et aussi des polémiques sont filmes s'appellent un métier sérieux bonjour Thomas alors être médecin c'est un métier sérieux être enseignant aussi et réalisateur c'est un métier sérieux tonalité on commence tout de suite par la question essentielle est-ce que c'est un métier sérieux à réalisateur m'a tous les métiers sont sérieux évidemment et le titre du film faut l'entendre avec une forme d'ironie spa tellement que que certains métiers ne puissent ne pas l'être c'est pourquoi ce métier d'enseignant n'est plus considéré avec le sérieux qu'on pourrait attendre en fait c'est un métier que c'est dévalorisé beaucoup et puis surtout qui mal aimé c'est le constat que j'en fais qui est mal aimé par un peu partout tout le monde pas uniquement par les par les politiques publiques mais aussi par par les parents d'élèves par les gens en général qui passent leur temps à douter des compétences des qualités et qui pensent pouvoir souvent penser à la place des profs intervenir dire comment devrait faire leur dire qu'est-ce qui serait mieux pour enseigner alors même que le métier est finalement très méconnu de tout le monde moi je prends toujours cette image il y a pas j'ai jamais entendu un chef du gouvernement par exemple dire à un médecin comment il devrait opérer une appendicite alors qu'on passe notre temps à expliquer il y a quand même eu un petit peu les médecins mal aimé vous vous le dites et mal aimé aussi peut-être par ceux qui le font en tout cas par les conditions de travail et c'est là où c'est aussi important et ça ça interroge sur la crise d'évocation mais ça quand les métiers se dévalorisent souvent c'est c'est parce que les gens qui pratiquent le métier sont les premiers à en douter et à les remettre en question pourquoi parce que il y a une souffrance qui s'opère qui est une souffrance au travail donc on parle beaucoup mais on n'a pas j'ai parlé aussi chez les soignants mais qui est réel chez les enseignants mais quelle est cette souffrance cette souffrance c'est surtout de pas pouvoir faire son métier dans dans des bonnes conditions en fait et c'est pour ça que certainement le métier le métier ça abîme et se dévalorise de toute façon à un moment donné on tombe dans un dans un cercle vicieux qui dont il faut réussir à sortir vous n'avez pas vraiment répondu tous les métiers sont sérieux mais c'est une petite pirouette non c'est pas une pirouette enseignant ou soignants vous avez raison il y a des métiers que je considérais très difficiles à définir alors on parle moi je parle souvent de métier d'utilité publique c'est un grand mot comme ça des métiers non marchands moi j'aime bien ce terme c'est un peu des métiers non marchands et tous ces métiers non marchand ce qui n'est pas le cas du réalisateur qui est un métier marchand mais tous ces métiers non marchands ce sont quand même des sacralisés dévalorisé déprécier depuis de longues années parce que quand on en arrive à des pour prendre l'exemple le plus flagrant c'est les pompiers qui peuvent être qui peuvent être modestes par exemple les pompiers c'est l'exemple absolu du métier non marchand donc et d'ailleurs chez les profs on voit bien qu'il y a plein de profs qui fuient un peu l'éducation nationale ben pour aller faire des cours privés des cours particuliers ce qui donc marchandent leur savoir-faire et donc on a une dévalorisation du métier de départ donc vous mettiez sérieux marchand pas forcément utile réalisateur c'est extrêmement utile mais on peut pas là vous allez essayer de me faire tomber dans une sorte de binarité où il y aurait les bons métiers les mauvais métiers bien sûr que non mais il y a des métiers d'engagement de passion qui donne énormément de sens à la vie et qui eux sont pas du tout valorisés qui sont ces métiers d'utilité publique les soignants les enseignants et c'est ça qui est c'est là que que le drame n'empêche pas qu'il y a plein d'autres métiers sérieux mais qui eux sont valorisés mais justement tonalité on va tout de suite écouter un extrait de votre film un métier sérieux comme ça on aborde frontalement la question des enseignants alors silence s'il vous plaît parce que quelqu'un peut me dire ce que c'est [Musique] les autres [Musique] une sphère [Musique] [Musique] [Musique] on est en plein débat sur la différence entre sphère et boule puisqu'on vient d'entendre un extrait de votre film Thomas il tient un métier sérieux dans lequel on entend Benjamin interprété par Vincent Lacoste César en chimie professeur contractuel en mathématiques qui débarque dans un collège il fait alors face à des premières fois première fois devant les élèves première fois en solitaire mais aussi en équipe avec des autres profs première fois dans une grosse machine administrative bref les premiers choix à faire avec des premières erreurs pourquoi êtes-vous allé sur ce terrain de l'école Thomas Lilti au début de l'émission j'avais longuement exploré ce métier que je connais si bien quel métier de soignants de médecins puisque c'est ma formation de départ j'ai fait trois films qui se passent dans des plus ou moins dans liés à la médecine j'ai fait une série en milieu hospitalier donc je crois que j'avais été tant que j'aille un peu explorer autre chose l'envie de faire un film différent puis finalement j'ai fait un film pas si différent que ça j'en ai conscience c'est-à-dire que on retrouve mes thématiques préférées trouver du sens dans son dans son dans sa vie professionnelle le comment mêler l'intimes à la vie professionnelle le collectif comment le collectif permet de surmonter les difficultés de métier qui sont relativement même très solitaire voilà tout ça c'était thématique que j'ai déjà traité et que je retraite à nouveau dans ce nouvel univers quelle école mais pourquoi l'école évidemment parce que c'est au cœur de nos vies on parlait de métier essentiel il y a pas plus essentiel en effet que que les métiers d'enseignant et d'enseignement mais c'est aussi parce que pour des raisons personnelles ma mère je suis fils de prof quoi tout simplement et quand on est fils de prof ben c'est c'est sa marque quand même c'est qu'on a vu on a vu sa mère travailler ramener les copies à la maison parler de ses élèves on a vu sa solitude on a vu aussi le petit chagrin de la fin de l'année quand quand on quitte les élèves au cours de son attachés auquel on s'est attaché le redépat redémarrage au mois de septembre et puis j'ai aussi mes grands-parents qui étaient profs mon grand frère qui est prof mais maison donc mettent je suis voilà l'enfant de prof en vacances il y avait des profs autour de moi donc obligatoire ça marque et puis on vit voilà de d'essayer non pas de rendre hommage parce que j'entends parfois ça c'est un hommage aux profs moi j'ai aucun moment je dis je vais rendre hommage au prof je suis personne pour rendre hommage au prof ils ont absolument pas besoin de moi surtout qu'on a tendance à parler beaucoup à leur place non j'ai voulu moi essayer de comprendre un peu parce que c'était que ce métier d'enseignant vous voyez quand on est élève on est dans une classe et le prof on le connaît pas on connaît même pas son prénom quand on croise au supermarché par hasard j'avais envie de savoir un peu plus de mes proches j'avais envie de me dire ce qu'ils ont est-ce qu'ils ont des amoureux des amours est-ce qu'ils ont des enfants est-ce que vous avez posé la question bah non vous vous posiez ce genre de question pour poser cette question là parce qu'à un moment donné on n'en peut plus et on dit je vous ai vu au supermarché vous étiez avec votre amoureuse entre moi et les profs j'ai toujours une distance une sorte de ouais j'ai de timidité vis-à-vis de vis-à-vis de leur autorité mais c'est vrai que là on voit l'envers d'une certaine manière de la vie de professeur c'est les copies la vie avec les partenaires les enfants qu'on doit éduquer donc là vous avez réussi à percer ce mystère là réussi j'en sais rien j'ai essayé du moins c'est déjà pas mal non pour dire pour essayer de comprendre ce qui parce que là on est là on dit c'est un métier d'engagement c'est un métier de passion c'est une vocation déjà cette vocation au moins la terme de vocation jamais très bien compris ce qu'il y avait derrière mais en tout cas on dit ça et finalement et si on ne le montrait et si on le montrait en quoi c'est compliqué qu'est-ce qui pourquoi c'est douloureux pourquoi les profs souffrent pourquoi en même temps il y a il y a tant de d'énergie à trouver dans ces métiers là pourquoi sont des métiers qui donnent aussi du sel à l'existence bah c'est ça que j'ai essayé de raconter et d'essayer de comprendre de creuser en montrant des profs dans un collège ordinaire dans un collège dont on parle pas beaucoup dans les médias dans ce collège dites-le nous parce que qui est très intéressant dans votre film c'est qu'on n'est pas sur un ton spectaculaire vous avez réussi à mon sens à ne pas tomber dans les clichés à nous montrer effectivement quelque chose qui est presque banale et ben j'espère c'est bon banal c'est un peu péché ordinaire mais vous avez raison d'une certaine manière la vie quotidienne a quelque chose de banal et pourquoi pas c'est pas si je sais bien je l'ai pas du tout mal pris mais non non parce que je comprends ce que ça veut dire collège tel qu'on a pu en fait la vivre jamais aux infos en fait parce qu'aux infos a juste titre on parle d'effet gravissime qu'on puisse produire des de toutes les de toutes les polémiques mais on parle jamais finalement de 80% des collèges de France où ça se passe pas si mal ou les profs pour certains d'entre eux trouvent encore du plaisir dans leur enseignement et il y en a plein j'ai plein de témoignages le prof qui adore leur métier il l'adore c'est pas pour autant qu'il souffre pas je trouve pas que ça devrait changer que les conditions de travail sont pas difficiles mais ils continuent à aimer leur métier c'est ça que j'ai voulu raconter moi donc je me suis dit on va essayer c'est ça à ça que ça à la fiction c'est pas un documentaire moi que j'ai essayé de faire c'est la fiction donc essayez par la fiction de raconter quelque chose finalement qu'on raconte peu mais qui redonne un petit peu je trouve fois dans dans l'école dans le collège et puis des films sur le collège il y en a plein bah voilà presque une catégorie de films éducation nationale on peut en citer des catégories il y en a plein catégorie polar il y a la catégorie film sur l'école et moi voilà j'ai fait un film sur l'école souvent il y a plusieurs écueils dans ces films là c'est à dire qu'elles sont soit trop dans la comédie ou alors peut-être quelque chose effectivement bah de plus politique ce qui est pas un écueil d'ailleurs mais plus de dénonciation et vous vous passez il y a tous les passages obligés de conseils de discipline la réunion parents profs la cantine la rentrée l'approche des vacances la sortie scolaire vous aviez en tête en fait tous ces passages obligés à montrer d'une manière assez épurée assez juste le aussi de recréer le réel omniprésent chez moi dans mon travail donc recréer le réel c'est pas c'est pas le réel c'est une vision subjective de du réel que j'imagine mais pour moi c'est une obsession donc c'est une obsession du détail je veux que le spectateur et le sentiment quand il voit mon film d'assister à quelque chose qui existe vraiment c'est pas une qualité en soi c'est mon cinéma qui ressemble à ça à ça j'aime insuffler rajouter du romanesque il y a des acteurs connus c'est romanesque il y a des histoires romanesques dedans mais qui sont des histoires romanesques du quotidien je me suis interdit en effet dès le départ à faire ce qu'on a beaucoup dans les films sur l'école par exemple des profs qui vont défendre une pédagogie hors du commun qui vont s'avérer exceptionnels qui vont avoir la capacité d'amener les élèves des fois disparu film que j'adore par ailleurs qu'avec un super film mais c'est vraiment ce que j'ai pas voulait pas faire ou alors bah de raconter ce qu'on a décrit tout à l'heure c'est le collège de banlieue en très très grande difficulté les élèves qui vont très mal les grandes souffrances sociales et économiques j'ai voulu aussi me les interdire donc obligatoirement on est du point de vue des profs c'est un film de groupe c'est comment les profs font font corps comment les profs sont solidaires ce qui n'est pas la réalité de tous les collèges loin de là mais comment la solidarité peut être une réponse à la difficulté de l'enseignement et à la solitude du métier d'enseignant et c'est comme ça que je me suis attaché au quotidien d'une année scolaire à travers des personnages pour lesquels je crois on peut avoir de l'affection oui avec des personnages oui j'allais vous le dire avec des personnages qui sont très différents il y a l'ancien celui depuis des années qui s'interroge d'ailleurs sur est-ce que je continue ou est-ce que je m'ennuie est-ce que je m'arrête il y a aussi on parlait de Benjamin tout à l'heure Vincent Lacoste qui est il faut bien le dire il tombe là par hasard après ce qu'il est contractuel il sait pas comment on enseigne il sait pas comment on se comporte devant une classe et moi ce qui m'a fait lâcher dans l'arène est-ce que j'ai découvert c'est c'est cette solidarité aussi entreprendre sur sur Internet c'est à dire que ils sont tellement démunis ces enseignants que ils se retrouvent à aller chercher des tutoriels sur sur Youtube quoi bah bien sûr il y a 3000 cette année je crois c'est 3000 postes vacants qui n'ont donc il y a pas de prof donc bah ils sont mal formés pour certains d'entre eux c'est-à-dire que c'est des profs même qui n'ont pas été formés des profs contractuelles et c'est le cas du personnage que j'ouvre sur Lacoste il est il est envoyé comme ça dans ce collège lui il le fait un peu au départ pour des raisons alimentaires pour subvenir à ses besoins de chimie il a plus à bourse et donc il faut plein de il y a plein de thésards qui se retrouvent à prendre des postes comme ça de prof contractuel sans formation et voilà et donc il va découvrir au contact en effet des profs déjà plus installés que lui le métier et vous avez raison les j'essaye de décrire au détour d'une séquence comment ces tutos ces tutoriels qu'on peut retrouver sur Youtube qui au départ sont faits pour les élèves c'est des profs qui font ça pour des élèves en difficulté et à certains profs sont devenus des stars comme soutien internet bien sûr sont devenus des stars comme soutien scolaire pour aider mais il y a plein de profs qui s'inspirent de ces de ces tutos pourquoi parce que la grande difficulté de capter l'attention d'élèves il faut être capable de trouver des méthodes c'est ça la grande ce qui est dur dans dans ce métier de prof c'est trouver les moyens les astuces la méthode pour capter l'attention des élèves ça c'est une chose très intéressante c'est les scènes de classe effectivement on voit que l'enjeu c'est de capter l'attention c'est presque l'idée de la de la transmission en fait ça comment vous vous êtes dit pour réaliser comment je vais essayer de devoir comment le courant peut passer entre un prof et ses élèves et montrer les évolutions de cette relation bah parce que si on considère que enseigner c'est avant tout vous avez essayé de créer un échange donc un lien voilà donc comment on crée un lien entre un adulte et un élève de 13 14 ans 12 ans 15 ans donc la question elle est là pour créer de l'échange faut du lien donc ce lien il est obligatoirement quand même affectif quel qu'il soit mais il faut un lien affectif donc faut réussir à créer à créer cette voilà ce contact et c'est difficile j'ai pas le secret mais il faut il faut y arriver il y a des profs pour qui c'est plus simple d'autres pour qui c'est plus dur pour d'autres pour qui c'est quasi impossible mais il y a quand même on peut imaginer que ça s'apprend on peut imaginer qu'on peut se former à ça donc moi ça je pense que c'est essentiel parce qu'en plus derrière l'idée que j'essaie de défendre alors c'est en filigrane dans le film c'est que enseigner c'est pas transmettre un savoir souvent on dit le prof il est là pour transmettre un savoir moi je crois pas tellement à cette idée là parce que si c'est transmettre un savoir j'ai l'impression que les machines ne feront très bien à un moment donné on va nous mettre pourquoi pas soyons un peu un peu complotiste on nous met une puce dans la tête avec du savoir et c'est pas ça qu'on demande à un prof un prof ce qu'on lui demande en fait c'est de réussir déjà à ce que les élèves ils apprennent prennent à vivre en société à s'entraider à avoir une considération pour pour les autres élèves et puis surtout le plus important c'est d'apprendre une chose c'est pas c'est le goût d'apprendre en fait en tout cas faire prendre conscience à un élève qu'il a quelque chose dans la tête qui s'appelle un cerveau et que ça ça lui apprend ça va lui permettre d'apprendre des choses plus tard aussi et moi je pense que c'est ça qui est essentiel beaucoup plus que d'apprendre à savoir mais il y a un parallèle avec le métier de cinéaste en fait sur cette idée non pas de délivrer des images comme ça de les balancer mais vraiment de se dire à travers ces images je veux montrer c'est une manière de faire du lien de créer des relations de faire aussi du soin c'est pas pour reparler de votre métier de médecin mais vraiment de voilà d'apporter une sorte d'attention à l'autre c'est vrai qu'on aime bien me dire je vois je vois la boutade mais on aime bien me dire je fais des films comme médecin de fait attendez parce que ça va être notre prochaine question l'anticipez pas sur notre conducteur mais en effet il y a apparemment quelque chose qui est dans mon cinéma peut-être qui influait influencé par ma formation mais évidemment que faire des films par exemple pour faire pour essayer d'avoir une idée concrète beaucoup des gens dans le public me disent mais votre film est-ce que il va changer les choses est-ce que vous allez le montrer au gouvernement est-ce que vous connaissez influencer comme des films sur la médecine aurait pu influencer des politiques publiques sur la santé je réponds toujours non pas vraiment parce que c'est beaucoup plus complexe que ça en revanche le fait d'avoir fait un film qui a été vu qu'elle par quelques personnes et j'espère par le plus grand nombre et de se dire qu'on va pouvoir ça peut être un lieu d'échange de discussion de prise de conscience de certaines choses ça c'est déjà énorme c'est beaucoup en fait c'est ça un film en fait c'est cette émotion qu'on va pouvoir partager autour d'un sujet en fait en fait complètement ancré dans notre époque dans dans l'actualité aussi parce que là on est à quelques jours après cette rentrée de cette fameuse rentrée de septembre peut-être juste un mot sur cette actualité vous aujourd'hui qu'est-ce qui quand vous allez travailler sur ce film vous avez travaillé sur cette profession quand vous voyez cette rentrée 2023 qu'est-ce que vous vous dites avec ces polémiques avec aussi l'idée peut-être qu'on parle aussi beaucoup de harcèlement dans les écoles comme vous vous vivez cette rentrée il y a plein de choses qui me viennent en tête bon vous me lancez sur les sujets politiques d'actualité je suis pas obligatoirement la personne la mieux placée et puis peut-être que mon avis passionne pas les gens et puis c'est des avis qui sont très complexes ce que je pense aujourd'hui ne sera peut-être pas ce que je pense demain et peut-être pas ce que j'ai pensé hier donc je vais pas essayer non mais c'est vrai c'est compliqué d'avoir un avis tranché etc ce que je sais c'est que les profs ils ont besoin de soutien et de sentir que il y a des forces politiques qui les comprennent et ça c'est pas évident ça c'est une première chose la deuxième c'est que le on peut pas tout le temps dire au prof vous êtes responsable des mots de la société la société apporte en elle des difficultés une forme de violence qu'on semble d'écrire depuis de longues années le harcèlement par exemple on fait partie de dire aux profs ce problème là ça va être à vous de le régler parce que il y a une démission de de l'éducation nationale donc des enseignants etc sur ces sujets là je trouve ça vraiment extrêmement injuste enseigner c'est déjà très lourd on sait qu'aujourd'hui ça a été estimé par des études très sérieuses que c'est à peu près 43 heures par semaine même quand on fait 17 heures de course et 43 heures par semaine de travail effectif que dans ces 43 heures il y a 16 heures de cours qui sont des heures une très grande insensité qu'on peut difficilement comparer à une heure de travail classique chez un salarié ou on va dire plus qui ne soit pas enseignants donc je trouve que ce qui moi me met en colère c'est cette façon de porter de porter une sorte d'effets loupe sur les enseignants en disant voilà vous êtes vous avez une immense responsabilité maintenant débrouillez-vous non les profs ils ont déjà beaucoup beaucoup à faire avec le juste leur travail d'enseignant porter les mots de la société sur leurs épaules me semble vraiment extrêmement exagéré et juste un mot encore sur cette rentrée on a beaucoup parlé de de l'abbaya dans votre film le fait religieux n'est pas du tout ne rentre pas du tout en compte c'était volontaire c'est volontaire parce que justement j'ai voulu en créer le film on va dire dans dans ce collège ordinaire donc pas dans un collège où les communautarismes vont être exacerbées ça c'était un choix par conséquent j'ai pas vu voulu en parler puis pour revenir à la Baya parce que j'ai pas de souci à en parler moi de la Baya et je vais pas dire je suis pour je suis contre la Baya c'est pas très intéressant ça va pas faire avancer le débat ce que je sais c'est que ça a pris énormément de place médiatiquement que il y a ce que j'ai entendu c'est je prends avec des pincettes parce que chacun aura ses chiffres mais a priori il y a eu 67 cas d'élèves qui n'ont pas pu aller rentrer à l'école à cause du port de la Bahia et il y a 12 millions d'élèves en France donc ça fait quand même relativiser 67 12 millions donc je pense que le traitement de la Baya a pris des proportions absolument dingues quoi qu'on pense du sujet et ça empêche des sujets beaucoup plus essentiels 3000 postes vacances on a parlé la grande souffrance des profs ses profs qui s'en vont le harcèlement on en parle un peu mais quelle solution on essaye de trouver on dit oui j'ai entendu évidemment le le ministre dire on on n'a pas fait assez de choses contre le harcèlement mais oui bah maintenant alors oui on fait quoi comment on aide les profs comment on est de l'institution pour lutter contre cet harcèlement voilà c'est je trouve qu'on est toujours dans le temps du constat on est rarement dans le temps de les solutions 12 heures 13h30 les midi de culture Géraldine mousse ne savoi Nicolas Herbault régule la sécrétion de beaucoup de glandes dans l'organisme mais pas directement parce qu'après c'est d'autres complications encore qui se rajoutent donc la pression monte monte monte et quand la pression elle est plus haute que la pression article la valve ortique elle s'ouvre et le sang douleur il en avait tout le temps on est vraiment trop cool tueur tout va bien donc si je comprends bien je vais je vais pouvoir participer au revoir médecin de campagne Hippocrate Hippocrate la série première année voici vos films Thomas Hilti vous avez anticipé ma question tout à l'heure sur filmer comme un médecin est-ce que ça vous ennuie au bout d'un moment en fait se rapprochement entre ces deux métiers là pas du tout pas du tout vous savez longtemps moi j'ai fait les un peu ces deux cursus en parallèle alors il y en a un des deux que j'ai fait de façon autodidacte je vous laisserai deviner lequel voilà évidemment j'espère pas que j'ai fait des études mais je les ai fait parallèlement donc obligatoirement ils sont influencés et puis très longtemps je pensais qu'il y avait une barrière étanche entre ces deux métiers c'est à dire que parmi les gens à qui je travaille à l'hôpital je disais jamais que je faisais du cinéma j'avais le sentiment que ça allait me décrédibiliser ce qui aurait été certainement un petit peu le cas et parmi les gens de cinéma bon vous savez que j'étais je faisais des études de médecine ou que j'étais jeune médecin mais bon ça m'a porté pas énormément de choses et surtout je voulais faire des film qui parle pas de médecine et d'ailleurs mon tout premier long métrage les yeux bandés ne parlent pas du tout de médecine et puis les yeux bandés à pas vraiment rencontré un franc succès on va dire loin de là ça a été un échec je me suis remis en question mais j'avais encore envie de faire du cinéma je suis retourné faire le médecin et je me suis dit peut-être qu'il faut que je parle de choses qui me touche parti personnellement qui que je connais mieux et c'est comme ça qui est né Hippocrate donc depuis Hippocrate j'ai totalement envie de mélanger tout évidemment que la médecine et le cinéma sont extrêmement liées et je pense c'est difficile pour moi de l'analyser mais même façon de faire des films et je dirais au delà même de l'écriture ou des thématiques parce que ça c'est une sorte d'évidence que les thématiques médicales sont présentes dans mes films mais je dirais ma façon de travailler sur le plateau avec les comédiens voilà quelque chose qui certainement vient de ma formation de médecin c'est à dire parce que quand on pense à la figure du médecin on peut aussi penser à une figure de sachant de savant un petit peu autoritaire qui est quand même dans un système très précisé autoritaire hospitalier au fond c'est ça que j'aurais aimé être si j'avais fait une carrière médicale c'est ce médecin hospitalier dans un service je sais pas dans tout type même aux urgences j'ai beaucoup aimé moi mon passage aux urgences même si c'est difficile j'aime cette idée du travail en équipe avec des différents corps de métiers qui n'ont pas de hiérarchie entre eux les médecins ne sont pas à les chefs des infirmiers des infirmières ce sont deux types de métiers différents avec des savoirs différents et j'ai aimé moi ce travail collectif ce travail en équipe et c'est ce qu'on retrouve beaucoup dans mes films dans le sujet de mes films et c'est ce que j'aime sur le plateau de cinéma c'est ce travail en équipe avec des comédiens vous les remarquer des comédiens avec qui je tourne régulièrement et ça c'est quelque chose qui me vient je pense de mes de mes de ma formation de médecin mais alors pourquoi ne pas avoir posé une caméra dans un service que vous connaissez peut-être un hôpital que vous connaissez et avoir filmé ce qui se passe dans ces services peut-être que c'est la façon la plus évidente au début de montrer comment on travaille dans un hôpital et par extension comme on travaille dans un collège donc vous parlez de documentaire bah en fait parce que j'ai une affection immense pour la fiction et je pense que la fiction c'est pas le documentaire c'est autre chose et et ça apporte une un autre regard en effet une autre subjectivité mais le documentaire c'est une subjectivité aussi selon vous mettez vos caméras qui vous allez décider de filmer etc donc c'est autre chose ça permet d'amener du romanesque ça permet de faire vivre en le temps d'un film d'une heure ans et demi peut-être cinq ou six ans de ce que j'ai vécu moi dans ma vie de médecin par exemple si on prend un film comme Hippocrate Hippocrate ou la série ils vivent des choses extrêmement romanesques alors il y a un sentiment de réel mais c'est beaucoup plus romanesque que dans la vie et c'est ça qui moi me passionne et c'est ce que j'aime écrire et ce que j'aimerais raconter dans mon film sur le collège pour revenir à ce film un métier sérieux je raconte un groupe extrêmement solidaire vraisemblablement que si j'étais allé filmer un documentaire dans un collège ce groupe solidaire je ne l'aurais pas trouvé parce qu'il existe il existe sans aucun doute mais il est rare et donc la fiction mais en tout cas moi j'avais envie de raconter de dire peut-être une des solutions en tout cas dans dans cette société où la pratique du métier d'enseignant est si difficile peut-être que le collectif c'est quand même la solution pour que ce soit un peu moins douloureux c'est ça que je voulais raconter et rien de tel que la fiction pour le raconter moi j'aimerais revenir sur ce paradoxe Thomas Lilti du réel quand même c'est à dire de de passer on a l'impression que passer par la fiction paradoxalement permet d'atteindre plus de réel plus de réalité ou de justesse est-ce que vous pensez ça plus je crois pas mais en tout cas ça permet ça permet pour moi la fiction c'est c'est mon outil en fait c'est comme je sais pas c'est comme comme dans tout artisanat on a un outil un savoir-faire quelque chose qu'on sait manipuler pour essayer de raconter des choses qui nous touchent et qui nous tiennent à cœur chez moi ça passe par la fiction avec une reconstruction une recréation du réel mais ça passerait on peut raconter des choses je pense très très puissante sur le monde dans lequel on vit en utilisant aussi la fiction mais sans repasser par la recréation du réel pendant un film de genre ou dans des films fantastiques ou de science-fiction pour raconter des choses extrêmement prégnantes du monde contemporain donc moi mon outil c'est celui là aujourd'hui j'adorerais savoir en maîtriser un autre mais pour le moment celui que je maîtrise le mieux en effet c'est ce cinéma très ancré dans le réel mais ou traverser quand même par des par des par du romanesque un cinéma qui n'est peut-être pas sans rappeler celui-ci regarde le sénateur a été formidable on a un très joli téléphone viens voir tout moderne pas mal j'ai promis à Lucien que tu crierait grâce à vous j'ai obtenu en 8 jours ce que les Français moyens réclament pendant des années sans résultat complètement fou tu vas pas envoyer ça non écoute en toi tu peux vraiment pas pas faire je peux pas mettre autre chose ça plaît pas même pour toi tu fais rien pour les autres moi le téléphone je m'en fous tu comprends c'est pas moi qui vais demander à la maison et ça permet de les appeler aussi quand on s'ennuie quand on s'ennuie quand on s'ennuie je ne sais pas ce que c'est que l'envie l'ennui j'en ai entendu parler je sais qu'il y a des gens qui sont vus mais moi je ne sais pas ce que c'est que l'ennui il y a toujours quelque chose à faire je sais pas on peut on peut découper les tâches d'un livre on peut on peut faire des mots croisés on peut prendre des notes toujours quelque chose à faire moi je voudrais que les journées et 30 heures tu vois parce que je ne m'ennuie jamais tu comprends et puis même mieux j'ai hâte d'être vieux tu vois pour pouvoir me contenter le 5 heures de sommeil par nuit puis je sais même pas pourquoi je discute d'ailleurs je vous rappelle domicile conjugal de François Truffaut c'est la série des Antoine Doinel est-ce que ça c'est le genre de cinéma qui vous a influencé dans ce côté aussi attraper des moments là on entend celle le domicile conjugal il y a une dispute autour du téléphone qui vient d'être installé est-ce que c'est ce genre de naturel là de réalisme là qui vous intéresse oui bien sûr alors c'est toujours étrange parce que c'est des influences de de ma toute jeune signifie de la fin de l'adolescence la nage adulte le cycle des douanes domicile conjugal en particulier je l'ai vu un nombre de fois un calculable baiser volé qui était juste avant également donc c'est certain que ça m'a influencé après j'ai pas le sentiment aujourd'hui de faire des films à la manière de des films de Truffaut parce qu'ils sont très différents ils sont beaucoup plus basés sur la relation sentimentale la relation de couple la vie de famille que les films que je fais mais c'est certain qu'ils m'ont influencé je les ai adoré pour prendre c'est marrant cet exemple parce que on entend très bien Jean-Pierre Léo mais on peut entendre aussi Claude Jade qui joue à sa femme dans le film et Claudia que j'avais croisé un jour à l'hôpital vous voyez j'étais étudiant en médecine je vois Claude Jade qui est décédé aujourd'hui malheureusement et je la croise et je vais la voir je dis mais moi je suis un fan de ce que vous faites etc je me souviens elle m'avait envoyé des photos dédicacées d'elle que je dois toujours avoir quelque part donc c'était pour dire que oui j'étais fan quoi j'étais c'est ça c'est des films qui m'ont évidemment influencé et puis la série des Antoine wanal c'est pas n'importe quoi parce que il y a ça c'est sûr mais il y a un attachement mais je voulais pas dire ça mais il y a vraiment un attachement de Truffaut à Jean-Pierre Léo et au personnage d'Antoine doisel ce qui se passe aussi par exemple quand vous passez d'Hippocrate le film à Hippocrate la série où là on va continuer à exister avec vos personnages et d'ailleurs pour être tout à fait honnête je suis frustré que votre film en métier sérieux soit seulement un film parce qu'on a envie de continuer à être avec ces personnages et de cheminer avec eux oui alors Vincent Lacoste qui serait une sorte d'Antoine Doinel dans mon cinéma c'est extrêmement flatteur mais je pense que Vincent Lacoste c'est le Antoine wannel de Riad Sattouf parce que c'est lui qui a découvert j'allais dire Antoine Daniel Vincent Lacoste comme Truffaut à découvert Jean-Pierre Léo il était tout gamin 15 ans et il découvre une il découvre pas un acteur il découvre une personnalité extrêmement singulière qui est Vincent Lacoste moi je n'ai fait que arriver juste après et c'est vrai qu'il y a pas ce rapport de filiation de paternel entre Vincent et moi quoi entre moi et Vincent il y a un rapport fraternel donc c'est une sorte de frère de cinéma Vincent même s'il est beaucoup plus jeune que moi c'est une sorte de frère de cinéma donc je pense que ça rapporte très différent et ensuite est-ce que un métier sérieux pour être une série c'est une remarque qu'on me fait beaucoup parce que je pense qu'un métier sérieux c'est un film très polyphonique où j'ai décidé contrairement à mes films précédents de suivre la destinée et le cheminement de plein de personnages dont on va dont je vais frustrer un peu le spectateur avec le sentiment qu'on aurait pu aller plus loin et mieux comprendre plein de choses de mais aussi j'aime bien le hors champ je trouve que le hors champ on a tendance peut-être à cause de la série à moins facilement le supporter au cinéma alors que c'est je trouve vraiment un plaisir de spectateur que de pouvoir imaginer ce qui arrive au personnage et de ne pas tout dire dans un film donc ça a été un parti pris de frustré aussi le spectateur et l'histoire de tous les éléments qui pourraient constituer la trajectoire des personnages mais j'ai été aussi très influencé par mon travail en série je pense quand j'ai écrit ce film j'ai adoré et j'adore toujours la le travail sur la série Hippocrate et c'est vrai que certainement que j'ai découvert des choses en face en cette série qui ont changé un petit peu mon écriture et qui ont influencé le film ça deviendra une série puisque vous parliez de Vincent Lacoste en écrivant un métier sérieux vous avez pensé directement à lui est-ce que vous avez écrit ce personnage pour lui comment est-ce que ça fonctionne on a compris que vous aviez votre bande d'acteurs et ce collectif qui est très fort pour vous comment ça ça a marché pardon ça a marché parce que c'est l'autre motivation inavouable et on en a toujours quand on est réalisateur un scénariste c'était j'ai aussi écrit ce film pour réunir Vincent Lacoste et François Cluzet et Louise Bourgoin aussi dans le point au point au tout départ de l'écriture c'est des réunir Vincent Lacoste et François Cluzet de générations d'acteurs qui ne se connaissent pas qui ont jamais travaillé ensemble et vous n'avez pas dit en quoi ça avait changé votre manière d'écrire de passer à la série c'est quoi sur la caractérisation des personnages l'envie de me mettre encore plus en retrait d'un point de vue dramaturgique l'envie de me dire j'aimerais que mon film ne soit pas traversé par une grande histoire par quelque chose de de une drame un élément narratif et scénaristique extrêmement puissant les spectateurs mais te dire c'est les personnages qui vont être l'histoire c'est ce groupe et de et moi de me mettre en retrait par rapport aux personnages pourquoi j'ai fait ça aussi parce que je me suis sentie moins légitime à raconter l'école et je me suis dit raconter l'école et raconter les profs moi qui ne suis pas prof peut-être que la solution c'est de faire un pas de retrait et de et de dire ce sont les personnages et donc les acteurs parce que des personnages se sont des acteurs avant tout qui vont assumer porter sur leur dos le le sujet l'intrigue la force narrative du film plus que un scénariste qui a décidé voilà de ce qui allait se passer ils sont pas interchangeables entre les haltères un an je trouve pas non j'ai vraiment écrit pour eux et je savais pourquoi je leur écrivais ces partitions là donc par exemple vous êtes en tournage d'une troisième saison d'Hippocrate vous allez appliquer cette idée là c'est de ne pas avoir forcément une histoire forte mais plutôt des histoires qui se croisent et de laisser toute la place en fait à des personnages à des caractères qui vont qui vont évoluer ensemble non pas tout à fait Hippocrate c'est la série est déjà construite comme ça c'est avant tout des personnages qui portent la série c'est c'est assez chronique mais voilà il y a un point de départ par saison fort il y a une thématique voilà je dirais que une épidémie c'est j'avais un peu anticipé quand même j'avais un petit peu anticipé le je dirais que Hippocrate est construit d'une façon très simple et c'est une recette que je réutilise pour la saison 3 c'est un point de départ très puissant quoi que j'espère puissant en tout cas original un peu singulier un fil conducteur c'est à dire un thématique qui va porter toute la série la saison 2 pendant c'était vraiment la souffrance au travail des soignants la saison 1 c'était l'erreur médicale la saison 3 ce sera autre chose et puis après bah c'est surtout des personnages qui portent tout ça merci beaucoup Thomas Lilti je rappelle que votre film un métier sérieux sort dans les salles mercredi prochain le 13 septembre bientôt on espère j'espère la saison 3 d'Hippocrate mais pour finir vous avez le choix tomaletti entre deux chansons soit une chanson sur les professeurs soit une chanson sur les docteurs alors c'est parti [Musique] allô allô [Musique] [Musique] [Musique] un grand merci à l'équipe de midi de culture qui sont préparés tous les jours pareils Cyril marchand zoraviné Laura du thps et Manon de la selle à la réalisation Nicolas berger prise de son jean-guilhem pour écouter cette émission rendez-vous sur le site de France Culture à la page de l'émission merci Nicolas je ne vous dis pas à demain mais à lundi