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interviewCNEWS· 22 mai 2026 4 min

L'édito de Paul Sugy : «Emmanuel Macron et la mémoire à sens unique de l'esclavage»

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Oui, sujet glissant sur lequel s'aventure le chef de l'État. Il était poussé notamment par Christian Tobira qui on le sait est très engagé dans le débat parlementaire sur la question de la mémoire de l'esclavage et notamment elle soutient cette proposition de loi qui est maintenant dans le débat depuis quelques années qui vise à abolir symboliquement le code noir au motif qu'il n'aurait jamais été complètement définitivement abrogé dans le droit français. C'est une mesure évidemment symbolique puisque bien sûr le code noir n'est plus en vigueur depuis des siècles mais c'est une mesure qui retient l'attention des parlementaires.

Emmanuel Macron l'a évoqué hier. Il a évoqué donc aussi cette question des réparations de l'esclavage. Alors il dit certes qu'elles ne pourront jamais être complètes, qu'il s'agit essentiellement d'une reconnaissance, mais tout de même le mot réparation est posé et on se demande avec beaucoup de perplexité ce qu'il peut bien pouvoir recouvrir car au fond ce terrain est très glissant.

Réparation envers qui ? Euh de quel montant ? Comment même les évaluer ?

Et puis il a laissé donc Christian Tobira évoquer aussi une résolution de l'ONU qui a été votée à l'ONU et qui revient sur l'esclavage. Une résolution qui à mon sens est pourtant très dangereuse. Que dit cette résolution de l'ONU Paul ?

Le principe est simple évidemment. Elle condamne l'esclavage en décrétant que c'est déjà le pire crime contre l'humanité de toute l'histoire. C'est la raison pour laquelle la France s'était abstene.

Il est pas question pour la France de hiérarchiser les crimes contre l'humanité. Qui peut dire que l'esclavage par exemple serait pire que la choa ou ou l'inverse ? Donc déjà cette cette question de hiérarchie est très compliquée surtout au-delà de ce point le principal problème que pose cette résolution de l'ONU qui est l'initiative du Ghana c'est son asymétrie complète.

Elle n'évoque que la traite négrière pratiquée par les occidentaux qui certes est une page honteuse de notre histoire mais elle ne dit pas un mot par exemple de la traite arabo musulmane qui pourtant est maintenant attestée par les historiens ni même du rôle aussi qu'on joué certaines ethnies africaines dominantes dans la traite négrière. Alors sur ce second point, le fait est maintenant établi. On sait que les acheteurs d'esclaves étaient pour la plupart européens mais que les vendeurs étaient africains lors du commerce triangulaire et que des ethnies dominantes de plusieurs actuels pays d'Afrique dont le Ghana ont joué un rôle tout aussi déplorable que les Européens dans cette traite négrière.

Et quant à la traite araboom-musulmane, c'est un tabou absolu. Vous n'en entendez pratiquement jamais parler. Pourtant tous les historiens sérieux du sujet eux en parlent.

Elle commence dès la fin du 7e siècle, 20 ans après la mort de Mahomet, lors du début de l'expansion de l'islam. L'islam des origines part à la conquête de l'Afrique du Nord après avoir conquis l'Égypte. Et les premiers musulmans ont imposé, par exemple aux chrétiens de Nubi par un traité la livraison de 360 esclaves par an.

Puis ensuite, ils se sont euh éloignés en direction du Maghreb et là, ils ont implanté de nombreux marchés d'esclaves. Il y avait par exemple un marché d'esclave à Alger qui était une plaque tournante du du marché d'esclaves. Ce sujet est très largement tabou aujourd'hui et les grandes résolutions internationales comme celle de l'ONU n'en parle pas.

C'est le silence complet. Et Emmanuel Macron n'en a pas dit un mot hier soir. Il semble hanté lui par la la repentance de la France.

Oui. Alors Emmanuel Macron est certes le président de la France et pas d'un pays du Maghreb, mais il pourrait avoir une vision complète de la question de l'esclavage, ce qu'il se refuse à faire. Et par ailleurs, on note qu'il entretient un rapport particulier avec l'histoire.

Emmanuel Macron s'est toujours entouré d'historiens, il y a des historiens très régulièrement qui viennent le consulter à l'Élysée, lui prodiguer des conseils, parfois aider à la rédaction de discours. Il affectionne, on le sait aussi, beaucoup les commémorations. En fait, c'est comme si en ayant un temps envisagé de marquer l'histoire et voyant qu'il peine à cela, il se réfugiait dans la mémoire, on le sait.

Il rend des hommages à tour de bras, pantéonise autant que faire ce peu, continue aussi de se battre la coulpe. Euh déjà il y a 10 ans, il déclarait que euh la colonisation était un crime contre l'humanité. Aujourd'hui, il continue encore et après avoir essayé de s'excuser au nom de tout le pays, il voudrait maintenant s'excuser au nom de tout un continent pour les airms du passé et donc en l'occurrence l'esclavage sans que l'on comprenne toujours le bénéfice politique qu'il fois en tiré.