Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
interviewFrance 2 — Les 4 Vérités· 24 juin 2024 8 min

Zemmour, Bardella... Pour qui roule Marion Maréchal ? - Marion Maréchal est l'invitée des 4V du 24 juin 2024

Audio original de l'émission.

Transcription Whisper (large-v3), avec identification des locuteurs. À recouper avec la source d'origine.

0:01
Locuteur 2

— Bonjour. Je suis Thomas Soto. Et vous écoutez « Les 4 V », un podcast de France Télévisions. Bonne écoute. — Bonjour et bienvenue dans « Les 4 V », Marion Maréchal. — Bonjour. Merci beaucoup. — Alors oui, mais non. Mais non, mais oui. Vous avez fait un peu l'ascenseur depuis le 9 juin et l'annonce de la dissolution entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Qui êtes-vous, Marion Maréchal ?

0:21
Locuteur 1

Qui êtes-vous dans cette campagne ? — Eh bien écoutez, je suis eurodéputée qui soutient actuellement le bloc RNCOTI parce que je considère aujourd'hui qu'il ne faut pas diviser les voix, qu'il faut concentrer les forces, parce que ce qui nous menace aujourd'hui est plus important que ce qui nous sépare. — Donc c'est sans ambiguïté que vous soutenez le RN. — Oui, tout à fait. Voilà. Sans néanmoins rejoindre le Rassemblement national. Mais je crois qu'aujourd'hui, nous incarnons un courant à droite qui a un certain nombre de convergences avec ce bloc national.

Et une fois de plus, ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous sépare, au regard en particulier de ce qui nous menace, à savoir le nouveau Front populaire, dont rien n'exclut totalement qu'il puisse demain emporter une majorité. Et donc il faut concentrer les forces au maximum.

0:57
Locuteur 2

— Vous savez que vous faites du chagrin Éric Zemmour, qui vous accuse d'avoir battu le record du monde de la trahison.

1:01
Locuteur 1

— Écoutez, oui. Bon, je ne vais pas m'attarder sur les mots blessants qui ont été utilisés. Moi, ce que je constate, c'est qu'il y a eu un désaccord politique avec Éric Zemmour indéniablement. C'est-à-dire qu'à l'issue de ces élections, à défaut d'avoir pu obtenir un accord, ce que je regrette, entre Reconquête et le RN, eh bien il a fallu faire un choix très rapide. Présenter des candidats de division ou ne pas présenter de candidats. Moi, j'ai été partisane de ne pas présenter de candidats pour éviter, justement, de disperser les votes et de prendre le risque demain de compromettre une future majorité absolue du bloc national. Éric Zemmour a fait le choix inverse.

Il a décidé de présenter un maximum de candidats Reconquête partout. Je considère que c'est une mauvaise décision, voilà, parce qu'une fois de plus, c'est prendre le risque de renforcer la coalition d'Emmanuel Macron ou celle du nouveau Front populaire. Et donc j'ai pris mon responsabilité. Éric Zemmour, à l'issue de cette différence, cette divergence, a exclu l'intégralité des vice-présidents dont je fais partie de Reconquête, mais aussi 4 euros députés sur 5. Je le regrette parce que c'est un immense gâchis, voilà, pour Reconquête, pour les militants, pour les cadres admirables de ce mouvement.

1:54
Locuteur 2

– Vous évoquez Emmanuel Macron, vous avez lu la lettre qu'il a écrite aux Français ? – Je l'ai lue, tout à fait. – Oui, il parle de vous, enfin de vous, du RN.

1:59
Locuteur 1

– Je note qu'il n'y a plus de président de la République dans ce pays, il n'y a plus de ministre d'ailleurs, il y a des militants qui font campagne.

2:04
Locuteur 2

– Il y a une dissolution, il y a une campagne, c'est normal, c'est républicain.

2:08
Locuteur 1

– Oui, d'accord, mais enfin, y compris en période électorale, on attend quand même du président de la République qu'il fasse preuve d'une certaine réserve. Il est, je le rappelle, le président de toutes les Français. Manifestement, il a renoncé à être le président de tous les Français. – C'est une faute de sa part d'écrire cette lettre, à votre avis ? – Je considère qu'aujourd'hui, il n'a pas à prendre position contre tel ou tel bloc. Je considère qu'il est le président de tous les Français une fois de plus. Il aurait dû s'en tenir à une forme de réserve au regard de son statut.

Mais enfin bon, il nous a habitués depuis longtemps déjà à ne pas être à la hauteur du costume présidentiel qui est le sien.

2:33
Locuteur 2

– Bon, si on vote pour vous, si on vote pour le RN dimanche, on votera pour quoi à la fin ? On a l'impression d'un programme à géométrie variable.

2:39
Locuteur 1

– Bah écoutez, moi, pourquoi j'ai soutenu cette coalition ? Parce qu'il y a des priorités qui ont été présentées par Jordan Bardella et Éric Ciotti. Réduire drastiquement l'immigration à la fois légale et illégale. C'est aussi de s'attarder en priorité sur la question de l'insécurité, donc de la réforme pénale qui s'impose dans notre pays. Et puis sur le plan économique, et ce qui me permet aussi de soutenir ce bloc, il y a deux engagements qui ont été pris. D'une part, la réduction des dépenses publiques pour ne pas faire courir l'endettement. Et d'autre part, l'engagement de ne pas augmenter les taxes et les impôts.

Et donc à partir de là, il faudra dans le cadre de la future majorité, construire le chemin finalement pour répondre à tous ces objectifs.

3:16
Locuteur 2

Vous avez entendu ce qu'a dit Gabriel Attal, le Premier ministre. Il a comparé votre programme à un oignon. Jordan Bardella recule chaque jour sur une mesure, sur le pouvoir d'achat. Son programme, c'est un oignon chaque jour. Il se pèle et à la fin, il n'a plus que ses yeux pour pleurer. Parce que ce n'est pas sérieux, ce n'est pas crédible. Et c'est vrai qu'il y a eu quand même pas mal de choses. Il faut annuler l'interduction du voile dans l'espace public, ça sera pour plus tard. L'abrogation de la réforme des retraites, ça sera pour plus tard quand on pourra, après l'audit. La baisse de la TVA pour les premières nécessités, ça, ce n'est plus au programme.

3:42
Locuteur 1

Écoutez, moi je ne vais pas me faire l'avocat du programme du rassemblement en tant que tel. Vous les défendre quand même. En revanche, ce que je veux vous dire, c'est qu'aujourd'hui, il y a un programme de coalition. Le principe d'une coalition, c'est que justement, on met autour de la table des gens qui ont chacun des singularités pour se mettre d'accord sur l'essentiel. L'essentiel dont je vous ai parlé, c'est ce que je vous ai présenté à l'instant, c'est-à-dire réduction de l'immigration, lutte contre l'insécurité et, en effet, baisse des dépenses publiques et refus d'augmenter les impôts. À partir de là, il y a un chemin, une fois de plus, pour pouvoir aboutir à ces objectifs.

Mais permettez-moi quand même de dire que le Premier ministre, aujourd'hui, est mal placé pour parler de cohérence. Sur tous les sujets, ce gouvernement a été incapable de donner... Vous ne voulez plus que le Président pas, vous ne voulez plus que le Premier ministre pas. Je parle de son bilan. Il a été incapable depuis sept ans de donner un cap clair dans l'ensemble des domaines. On voit bien que, sur le plan judiciaire, il n'y a aucune cohérence. On voit bien qu'en matière migratoire, c'est une faillite absolue et totale. On voit bien que, sur le plan économique, le fameux Mozart de la finance a abouti à ce qu'aujourd'hui, l'Union européenne engage une procédure pour déficit excessif.

Voilà. Donc, sur tous les domaines, on pourrait revenir sur le nucléaire. J'en passe des meilleurs. Sur le plan géopolitique, sur le plan diplomatique, on voit bien les errements qui ont été celui d'Emmanuel Macron. Donc, c'est vrai que la parole, aujourd'hui, de ce gouvernement est quand même largement décrédibilisée.

4:48
Locuteur 2

Mario Maréchal, est-ce que Jordan Bardella a raison de dire qu'il n'ira pas à Matignon, s'il n'obtient pas, et si ses listes n'obtiennent pas, une majorité absolue ?

4:54
Locuteur 1

Écoutez, je comprends, en effet, cette déclaration, pour une raison simple. C'est que, déjà, vous le savez, gouverner en situation de cohabitation n'est pas la chose la plus aisée, indéniablement, surtout au regard de la situation qui est celle de notre pays.

5:05
Locuteur 2

Mais ça ne serait pas un refus de prendre ses responsabilités ?

5:07
Locuteur 1

Non, je crois que c'est la promesse faite aux Français de n'agir que dans les meilleures conditions possibles. Or, il sait très bien qu'en situation de cohabitation avec une majorité relative, il ne serait pas en mesure de pouvoir tenir les engagements qui ont été les siens auprès des Français. Donc, je crois que c'est aussi une façon légitime d'appeler les Français à donner une majorité absolue, ce que je souhaite également à ce bloc national.

5:27
Locuteur 2

Est-ce qu'en cas de victoire de ce bloc national, vous pourriez être une ministre dans le gouvernement Bardella ?

5:31
Locuteur 1

Écoutez, la question ne s'est pas posée. Moi, je n'ai rien demandé, je n'ai rien négocié. Tout ce que je peux vous dire, et le seul souhait que je peux exprimer, c'est qu'il faut, au regard de la situation de ce pays, prendre les personnes les plus compétentes et les plus expérimentées qui soient. Voilà. Et donc, de ce point de vue-là, je n'ai pas la prétention nécessairement d'en faire partie. s'il y a des meilleurs profits, qu'ils soient pris. Et voilà, j'irai là où je suis utile.

5:50
Locuteur 2

Et si vous pensez que vous pouvez servir, vous irez ?

5:51
Locuteur 1

Oui, j'irai là où je peux être utile, comme je l'ai toujours fait, bien évidemment, pour faire vivre aussi le courant que nous incarnons à droite.

5:56
Locuteur 2

Quel est le dossier qui vous intéresserait le plus, lequel vous sentez le plus légitime ?

5:59
Locuteur 1

Non, mais je voulais, une fois de plus, je n'ai pas des prétentions particulières et je n'ai pas exprimé de souhaits particuliers. Donc, j'irai là où je suis utile. Et une fois de plus, je m'effacerai devant les personnes les plus compétentes qui doivent être mises là où elles doivent être mises. Et j'espère que la meilleure équipe sera choisie, je n'en doute pas d'ailleurs, parce que notre pays l'impose, la situation d'un pays l'impose.

6:16
Locuteur 2

Mario Maréchal, votre départ de chez Éric Zemmour de Reconquête ne s'est pas fait sans fracas. Un article du Canard Enchaîné, publié mercredi et largement alimenté par les amis d'Éric Zemmour, vous accuse d'avoir dilapidé l'argent de Zemmour. Est-ce que vous avez tapé dans la caisse ?

6:27
Locuteur 1

Ces accusations sont à la fois grotesques et totalement infondées, puisque bon, elles sont... Elles viennent de celles qui étaient votre famille politique il y a encore 15 jours. Oui, évidemment, c'est toujours comme ça. Vous savez, quand il y a une rupture politique, on règle ses comptes de manière générale par presse de gauche interposée. On essaye de salir. Moi, je fais de la politique, vous savez, depuis longtemps, et j'ai mené de nombreuses campagnes, et ma probité n'a jamais été remise en cause. Donc voilà, je prends date avec vous. Nous déposerons les comptes auprès de la Commission. Et vous avez porté plainte contre ces accusations ?

Je ne suis même pas sûre d'avoir envie de perdre mon temps, si vous voulez, dans ce genre de choses. Je pourrais y répondre, je pourrais moi aussi attaquer, je pourrais moi aussi salir. Mais toute mon énergie aujourd'hui, je veux qu'elle soit concentrée pour ces élections législatives, en vue précisément de pouvoir emporter ces élections et changer enfin la vie des Français. C'est tout le sens de mon engagement, y compris lors de ces élections européennes. Donc je ne vais pas changer de cap.

7:10
Locuteur 2

Dernière question, est-ce que vous allez regarder le match de l'équipe de France de foot demain soir ?

7:13
Locuteur 1

Probablement pas, parce que je serai en réunion publique en soutien à des candidats, et ce, d'ailleurs, plusieurs jours dans la semaine.

7:18
Locuteur 2

Et vous la soutenez, cette équipe de France, dont certains membres, comme Kylian Mbappé, ont pris des positions assez nettes et fermes contre le RN ou pas ?

7:24
Locuteur 1

Écoutez, on essaie de faire la part des choses entre les errements personnels, parce que je considère que ce n'est pas le rôle aujourd'hui de responsable sportif et de figure sportive, de faire de la politique, et le talent sportif des uns et des autres, et l'emportement qu'on peut avoir, évidemment, derrière son équipe nationale. Mais je regrette qu'une fois de plus, les artistes, les sportifs se mêlent de politique, alors même qu'ils ne connaissent pas, disons-le, le quotidien difficile de nombreux Français. Donc c'est assez malvenu, évidemment.

7:48
Locuteur 2

Mais vous dites aller les bleus quand même ou pas ?

7:50
Locuteur 1

De toute façon, je dis aller les bleus en toutes circonstances. Ce qui ne m'empêche pas d'être critique vis-à-vis de la position de Kylian Mbappé.

7:55
Locuteur 2

Merci beaucoup à vous d'être venu dans Les 4 V. Merci. Bonne journée à vous, Marion Rachel. C'était Les 4 V, un podcast de France Télévisions. S'il vous a plu, n'hésitez surtout pas à vous abonner. Vous pouvez également retrouver tous les replays en vidéo sur france.tv.