États-Unis : Les démocrates sont-ils en train de basculer très à gauche ?
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De quoi parle-t-on quand on parle de la gauche aux États-Unis ?
- 4:07OuverteRéponse directe
Le socialisme est-il toujours un gros mot associé au communisme aux États-Unis ?
- 6:07OuverteRéponse directe
Qui sont ces candidats du renouveau progressiste ?
- 8:09OuverteRéponse directe
Le soutien inconditionnel à Israël ne fait-il plus l'unanimité au sein des démocrates ?
- 11:12OuverteRéponse directe
Quelles sont les mesures phares de ces candidats progressistes ?
- 14:48OuverteRéponse directe
Est-ce un retour à l'histoire de la gauche démocrate avant les années 70 ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
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« 60 millions de dollars au total dans sa campagne, un record pour une candidature démocrate dans une primaire. »
- 23:17InvitéChiffre
« Sa principale concurrente avait dépensé douze fois plus que lui dans la campagne. »
- 26:41PrésentateurFait
« Donald Trump a suspendu les taxes sur le bœuf importé aux États-Unis pour trois mois. »
- 26:47PrésentateurChiffre
« Les États-Unis taxaient à plus de 26% la viande importée. »
- 33:37InvitéFait
« Donald Trump va absolument essayer de tout faire pour invalider le résultat de cette élection. »
- 33:51InvitéFait
« Donald Trump n'est pas un président qui est très populaire. »
- 34:28PrésentateurChiffre
« Plus de 300 millions. »
- 37:24PrésentateurChiffre
« Il était soutenu par 20% de l'électorat juif à New York. »
- 38:36InvitéFait
« Ce qui a été reproché aux candidats démocrates à New York, c'est la corruption. »
- 40:01InvitéFait
« Le gel des loyers ça a été fait en juin dernier. »
- 40:32InvitéPromesse
« Tous les enfants auront une place en crèche. »
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« La mesure pour la gratuité des bus est à l'ordre du jour pour le budget du mois de septembre. »
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Bonjour et bienvenue dans le magazine du week-end. Nous sommes ensemble et en direct jusqu'à 13h30 pour cette émission préparée par Apolline Limosino, réalisée par Boris Paczynski à la technique Ruben Karmazine. À quelques mois des élections de mi-mandat de novembre 2026, une nouvelle génération de candidats de gauche, critiques des élites, des injustices sociales et du soutien inconditionnel à Israël s'imposent dans les primaires démocrates. Alors, qui sont ces nouveaux candidats ? Et que révèle cette percée inédite ? Pour comprendre, avec nous en studio André Caspi, historien spécialiste des Etats-Unis. Bonjour. Bonjour.
Et en direct de New York, Tristan Cabello, historien spécialiste de la gauche américaine, des mouvements sociaux, maître de conférences à la Johns Hopkins Université et auteur de « La victoire de Zoran Mamdani à New York, un laboratoire pour la gauche » paru aux éditions textuelles au mois de février. Bonjour. Bonjour. Et merci d'être avec nous de bon matin puisqu'il est 6h45, je crois, à New York. Le 3 novembre prochain, les Américains voteront donc pour les élections de mi-mandat qui ont lieu tous les deux ans. Les 435 sièges de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat seront renouvelés avec à la clé un possible changement de majorité au Congrès.
La bataille est cruciale pour les démocrates. Les Républicains détiennent actuellement 53 des 100 sièges. Et si le parti de Donald Trump perdait sa majorité, son action en serait grandement entravée. Mais avant cette échéance, les partis doivent désigner leurs candidats lors des primaires. Et chez les démocrates, plusieurs de ces scrutins ont récemment été remportés par des candidats issus de l'aile progressiste. Tristan Cabello, d'abord, de quoi parle-t-on quand on parle de la gauche aux Etats-Unis ? Qu'est-ce que cela regroupe exactement ?
Oui, alors la gauche aux Etats-Unis, en tout cas celle qui émerge durant ses primaires, c'est une gauche qui est plurielle. Ce sont des gens qui n'ont pas la même tradition, qui n'ont pas la même histoire. Mais il y a en gros, ce que l'on voit se dessiner, c'est trois groupes. Il y a tout d'abord les progressistes. Alors les progressistes, c'est qui ? Ce sont finalement l'aile gauche du Parti démocrate, des gens qui sont tout à fait intégrés au Parti démocrate, comme par exemple Abdoul El-Sayed ou Elisabeth Warren. Il y a aussi les socialistes, et ça c'est tout à fait nouveau.
Les socialistes, ils sont issus d'un nouveau parti politique, enfin d'une organisation politique qui s'appelle les Démocratiques Socialists of America, qui est une organisation qui est tout à fait minuscule comparée au Parti républicain et au Parti démocrate, c'est à peu près 140 000 adhérents. Et ces gens-là commencent à présenter des candidats dans les primaires démocrates. Alors la figure de Proulx, c'est peut-être Zoran Mamdani à New York, qui est un candidat qui est issu des Démocratiques Socialists of America. Et puis troisièmement, il y a un groupe de gens qu'on ne peut pas classer, qui sont très clairement anti-establishment, mais qui ne sont ni progressistes ni socialistes.
Alors moi je les appelle les populistes de gauche. On peut mettre dans cette catégorie quelqu'un comme Talarico, au Texas, qui fait très clairement une campagne anti-establishment, une campagne avec des propositions de gauche, mais qui n'est ni socialiste ni très clairement progressiste. C'était aussi le cas, par exemple, de Graham Plattner dans le Maine, qui était aussi un personnage comme ça électron libre, qui n'était ni socialiste ni progressiste, mais qui s'inscrivait dans cette tradition de gauche. Donc c'est une gauche qui est fragmentée, qui est plurielle.
Les gens n'ont pas la même histoire militante, la même histoire politique, mais ils se retrouvent quand même sur un certain nombre de mesures dans leur programme.
André Caspi, est-ce que le socialisme est toujours un gros mot associé au communisme aux Etats-Unis ?
Je pense que oui. C'est-à-dire qu'au fond, pour les Américains, le socialisme, le communisme, ce sont des maladies qui viennent d'Europe et qui, par conséquent, ont dû disparaître dans le paradis américain. Alors cela dit, on peut en effet considérer que le terme de socialiste est secondaire par rapport au programme que ces candidats peuvent présenter. L'essentiel, je crois qu'il faut retenir dans cette affaire, c'est que les élections américaines se déroulent en deux étapes. Dans une première étape, les partis choisissent leurs candidats. C'est ce qu'on appelle les élections primaires.
Et dans une deuxième étape, c'est-à-dire le 3 novembre, les candidats qui ont été choisis par chacun des partis se présentent devant l'ensemble des électeurs et se battent pour obtenir leur élection. Donc ça veut dire qu'aujourd'hui, on est dans la première étape, on n'est pas dans la deuxième. La deuxième viendra dans quelques semaines. Donc ça signifie qu'on peut en effet imaginer toute une série de candidats qui cherchent à obtenir l'appui d'un parti, même s'ils ne sont pas membres de ce parti. Ça n'a pas d'importance. L'essentiel, en somme, c'est l'étiquette. Et c'est aussi éventuellement le programme qu'ils présentent. Alors, est-ce que les programmes sont déterminants ?
Est-ce qu'ils ne le sont pas ? On peut discuter longuement là-dessus. Et je crois que ce qu'il faut retenir, c'est qu'il y a chez les démocrates un renouveau qui se manifeste. Et ce renouveau se manifeste essentiellement à la suite de l'affaiblissement du parti démocrate.
Alors justement, on va s'intéresser à ces candidats du renouveau. On peut citer Angie Nixon, qui l'a emporté en Floride, Peggy Flanagan dans le Minnesota, et Abdul El-Sayed, 41 ans, soutenu par Bernie Sanders et Alexandria Ocasio-Cortez, qui a remporté la primaire dans le dixième état le plus peuplé du pays. Le Michigan est à pivot. Il affrontera en novembre un républicain pour un siège au Sénat. Tristan Cabello, qui est ce candidat, présenté comme un outsider ?
Alors, Abdul El-Sayed, c'est un médecin qui s'est présenté déjà, qui a une longue histoire politique, puisqu'il s'est présenté déjà au gouvernariat du Michigan. Et donc là, il réémerge dans la politique du Michigan. Michigan, c'est quelqu'un qui a commencé sa campagne très bas dans les sondages. Il était à peu près à 10%. Et il a gagné contre deux candidates beaucoup plus centristes, Mallory McMorrow et Ali Stevens, de très peu, alors qu'il était très haut dans les sondages à la fin de sa carrière. Et donc, c'est quelqu'un qui a vraiment cette étiquette-là de progressiste. Il se bat pour le coût de la vie, il se bat pour Medicare for All, c'est-à-dire la sécurité sociale universelle.
Et il a gagné l'élection du Michigan il y a quelques mois.
D'accord. Alors, Angie Nixon avait un budget 16 fois moins conséquent, pourtant très identifié à l'establishment démocrate anti-Trump. Quant à la rivale d'Abdoul El-Sayed, Ali Stevens, elle a bénéficié du soutien des poids lourds du parti. 60 millions de dollars au total dans sa campagne, un record pour une candidature démocrate dans une primaire. Donateur principal, l'EPAC, l'American Israel Public Affairs Committee, le groupe de pression américain qui défend le renforcement des relations entre les Etats-Unis et Israël. À ce sujet, voici ce qu'écrit le Financial Times. Pendant des décennies, son soutien pouvait décupler les chances de succès d'un politicien dans les urnes.
C'est ainsi, en revanche, il peut s'apparenter au baiser de la mort. André Gaspi, est-ce que cela signifie que le soutien inconditionnel à Israël ne fait plus l'unanimité au sein des démocrates ?
Je pense en effet qu'aujourd'hui, il y a des réticences à l'égard de ce soutien, incontestablement. Ça n'est pas peut-être à l'égard d'Israël, mais c'est surtout à l'égard du gouvernement d'Israël. C'est-à-dire qu'au fond, la personnalité qui incarne l'État d'Israël aujourd'hui, aux États-Unis en tout cas, c'est Benjamin Netanyahou. Et Benjamin Netanyahou, qui est au pouvoir depuis longtemps, est déjà très contesté en Israël, mais il l'est encore davantage aux États-Unis. Alors, cela veut dire que quand on définit cette hostilité d'un certain nombre d'Américains à l'encontre d'Israël, on définit en même temps l'hostilité à l'égard de Netanyahou.
Et la meilleure preuve, si vous voulez, c'est que le maire actuel de New York, Zoram Mandani, qui vient précisément des démocrates socialistes, a fait campagne, entre autres, entre autres, je dis bien, entre autres sur l'idée que si jamais Netanyahou met le pied sur le territoire de New York, il le fera arrêter. C'est ce qui est une définition complètement stupide des pouvoirs municipaux à New York. Et d'un autre côté, Netanyahou viendra forcément à New York puisque c'est là que se trouve l'organisation des Nations Unies.
Mais cela veut dire, au fond, qu'il y a comme une centralisation, une concentration de l'hostilité à l'encontre de l'appui des Américains à Israël, mais c'est une concentration à l'encontre de Benjamin Netanyahou et pas forcément de l'État.
Oui, oui, bien sûr. Mais ça, c'est quand même inédit pour les démocrates.
Oui, alors, c'est nouveau et en même temps, ce qu'il ne faut pas oublier, c'est que le parti démocrate a été considérablement affaibli depuis quelques années. Oui. Alors, on l'a bien vu, bien sûr, avec les élections présidentielles de 2024 où le président Biden a été complètement écrasé par Donald Trump. On le voit, en somme, également par son successeur, c'est-à-dire Kamala Harris, qui a essayé de prendre la place de Biden, mais qui, elle aussi, a été complètement écartée. Ça veut dire, au fond, que le parti démocrate est en pleine décadence aujourd'hui. Ça ne veut pas dire qu'il ne reviendra pas au pouvoir.
Mais ça veut dire que dans les circonstances de 2026, il n'est pas en mesure de prendre le pouvoir, il n'est pas en mesure de résister victorieusement aux républicains et qu'il y a, en somme, de la part des républicains, une situation qui est plus favorable que la situation des démocrates.
Et au-delà de la politique étrangère, j'aimerais que l'on écoute deux extraits du discours de victoire d'Abdoul El Sayed. C'était le 6 août.
Que vous m'ayez soutenu ou non, que vous ayez voté en 2024 pour la vice-présidente Kamala Harris ou pour Donald Trump, si vous croyez, comme moi, que vous avez le droit de pouvoir payer vos courses, si vous croyez, comme moi, qu'un gouvernement du peuple par le peuple pour le peuple est un droit inaliénable dans ce pays, si vous croyez, comme moi, qu'il est de notre responsabilité d'avancer ensemble pour que tout le monde ait des droits, si vous croyez, comme moi, que vous devez avoir la garantie d'une bonne prise en charge de votre santé sans que des entreprises vous disent ce que vous pouvez ou ne pouvez pas avoir, j'espère que vous vous joindrez à ce mouvement. Ce qu'on a montré,
c'est qu'en bâtissant un mouvement briques après briques, en parcourant l'État pour discuter avec ceux qui s'inquiètent des prix de l'essence, des courses, du logement et des soins de santé, on peut créer un mouvement capable de vaincre Goliath.
Donc,
quand les géants de l'industrie pharmaceutique et de la tech viendront frapper à la porte en disant « Vous savez quoi ? C'est notre démocratie ? » On pourra leur répondre « Non, c'est la démocratie du peuple et elle nous appartiendra toujours. »
On vient de l'entendre, il est question de justice sociale, de droit, de santé, du logement. Tristan Cabello, quelles sont les mesures phares de ces candidats progressistes ?
Oui, alors c'était très bien résumé dans le petit clip d'Abdou El Saïed. La mesure numéro 1 dans chacun des programmes pour les primaires sénatoriales progressistes et socialistes, c'est Medicare for All. Alors, Medicare for All, ce serait quoi ? Ce serait une sécurité sociale à la française où chacun contribuerait selon ses besoins et serait soigné selon ses moyens et serait soigné selon ses besoins. Abdou El Saïed, c'est quelqu'un qui a beaucoup travaillé sur le sujet. Il a écrit plusieurs livres sur Medicare for All et il faut toujours se rappeler qu'aux Etats-Unis, les banqueroutes ou les faillites pour cause de situation médicale sont en augmentation depuis les dix dernières années.
Donc, c'est un vrai problème et c'est au centre du problème du coût de la vie. Et ce que l'on voit, c'est que même des démocrates, disons, plutôt centristes, rejoignent les progressistes et les socialistes sur ce sujet. On voit que ce sujet va être vraiment au centre de la campagne présidentielle de 2028. Pourquoi ? Parce que c'est un sujet qui est central et qui unit les Américains aussi bien à droite qu'à gauche. On voit que les démocrates et les indépendants sont à 70% pour cette mesure de Medicare for All mais que les républicains sont aussi à 53-54% selon les sondages favorables à cette mesure. Donc, c'est vraiment central.
Ça rejoint bien évidemment le coût de la vie mais le coût de la santé c'est vraiment quelque chose de très important aux Etats-Unis et il en parle Abdoul el-Sayed c'est vraiment un programme de justice sociale. Alors, bien évidemment, ils mettent au centre du jeu le problème de la santé mais ils parlent aussi de l'université pour tous ils parlent aussi du logement pour tous c'est en fait un programme qui est basé sur le programme de Zohan Mamdani à New York et qui est repris comme ça dans les Etats et qui est sème dans plusieurs Etats aux Etats-Unis.
André Caspi, pardon, est-ce que ce n'est pas un retour à l'histoire de la gauche démocrate quand les progressistes défendaient un Etat fédéral capable de réduire les inégalités peut-être avant les années 70 et puis ensuite Bill Clinton dans les années 90 ?
Vous savez, l'histoire des partis aux Etats-Unis est assez compliquée parce qu'au départ au fond les Républicains c'était un parti dit de gauche c'était le parti qui était favorable à la libération des esclaves pendant la guerre de sécession et au contraire les démocrates apparaissaient comme être partis de droite.
Alors il y a eu un changement sous la présidence de Franklin Roosevelt lorsque les démocrates ont pris le choix ont fait le choix d'une politique sociale d'une politique économique que l'on pourrait qualifier d'être une politique libérale je ne dis pas de gauche parce que ce serait peut-être excessif mais ce qui est certain c'est que l'histoire des partis politiques aux Etats-Unis est extrêmement compliquée et elle varie d'une période à l'autre tout en ayant les mêmes termes c'est-à-dire qu'au fond un Républicain d'aujourd'hui ça n'est pas le Républicain du temps de Lincoln et un démocrate d'aujourd'hui ça n'est plus non plus un démocrate de l'époque de Franklin Roosevelt donc ça je crois qu'il faut bien insister là-dessus l'histoire tient une place importante
et est-ce que les progressistes d'aujourd'hui s'inscrivent dans une tradition qui a déjà existé
oui bien sûr ils s'inscrivent dans une tradition de changement mais la question qui se pose c'est de savoir s'ils sont influents ah oui
ça on va y venir
ne vous inquiétez pas c'est je crois la question essentielle parce qu'au fond on vante on célèbre la victoire d'El Saïed mais El Saïed a gagné sur sa sur sa sur la personne qui s'opposait à lui avec 1% davantage pas plus oui oui sur le fil sur le fil et puis ce que l'on oublie c'est qu'il a bénéficié de l'appui d'un d'Assane Piker ou Piker qui est en somme un personnage assez trouble avec 3 millions et demi de followers c'est à dire un personnage qui joue un rôle très important sur le plan de l'opinion publique
qu'est-ce que c'est un influenceur
c'est un influenceur parmi d'autres bien sûr et c'est un influenceur qui diffuse des idées qui plaisent en tout particulièrement dans le Minnesota parce que dans le Minnesota il y a une très forte minorité arabe et que cette minorité arabe suit bien sûr en grande partie les idées et les propos d'Assane Piker donc ça veut dire qu'au fond tout cela c'est très compliqué et je crois qu'il faut retenir simplement une phrase le Minnesota ça n'est pas l'ensemble des Etats-Unis
effectivement alors on va s'intéresser justement aux électeurs Tristan Cabello qui sont ces électeurs des candidats progressistes est-ce que c'est une jeunesse urbaine diplômée est-ce que c'est un électorat communautaire ou est-ce que c'est une coalition plus large notamment des ouvriers des classes populaires
alors ça c'est une question très importante parce que cette coalition elle varie selon les Etats ce que l'on voit généralement c'est que la coalition de Zoran Mamdani elle a été reproduite plus ou moins dans les mêmes termes par par Abdoul el-Sayed par Flanigan dans le Minnesota c'est-à-dire que c'est en gros une coalition très large de la classe moyenne qui n'arrive plus à joindre les deux bouts les locataires les gens qui viennent d'être diplômés mais qui n'arrivent pas à trouver un travail après leur diplôme et puis ils font aussi rentrer dans cette coalition des groupes qui ne votaient pas auparavant c'est-à-dire qu'ils ne vont pas chercher les centristes ou les électeurs indépendants ils font rentrer dans la coalition des abstentionnistes c'était très clair avec Zoran Mamdani à New York qui lui fait rentrer dans la coalition des gens qui ne votaient jamais les communautés sud-asiatiques du Queens par exemple on voit des augmentations de 300% dans certaines dans certaines communautés et c'est par exemple le cas aussi avec Abdoul el-Sayed qui lui fait rentrer les communautés arabo-musulmanes de la banlieue de Détroit qui aussi ne votaient pas souvent pour pour ses primaires Flanagan fait autre chose elle fait rentrer aussi des communautés par exemple éthiopiennes somaliennes dans cette coalition et Angie Nixon en Floride alors elle a construit une coalition qui n'avait rien à voir avec les coalitions précédentes elle fait voter plutôt les gens qui n'ont pas de diplôme et les afro-américains qui avaient desserté cette coalition donc ce que l'on voit c'est qu'ils font non seulement rentrer des gens qui ne votaient plus que certains membres de cette coalition on a beaucoup parlé du vote noir on a beaucoup dit que les afro-américains ne votaient pas pour ces candidats progressistes or c'est complètement faux c'est à dire que souvent ce que l'on voit c'est que pour la primaire en effet ils désertent le candidat progressiste et votent plutôt pour le candidat le candidat centriste mais ils reviennent à la générale donc c'est très compliqué ce sont des coalitions qui sont en mouvement assez constant et surtout ce sont des coalitions qui sont nouvelles qui sont différentes selon les états par exemple Talarico au Texas ce qui est assez important c'est que Talarico donc le candidat
anti-système c'est ça anti-establishment
le candidat anti-système qui a de grandes chances d'ailleurs de gagner contre contre le républicain et qui sera donc le premier sénateur démocrate en 30 ans depuis les années 90 venant du Texas qui est un état très républicain Talarico fait revenir dans cette coalition les gens qui se déclarent comme plutôt ou très religieux parce que Talarico a fait une campagne qui était très axée sur la religion et donc ça aussi c'est assez nouveau pour les coalitions les coalitions démocrates donc voilà c'est quelque chose d'assez nouveau c'est quelque chose d'assez différent selon les états et surtout ce qui est très important à retenir c'est qu'ils font re-rentrer dans cette coalition des gens qui avaient complètement déserté le jeu électoral
ah oui donc beaucoup de nouveautés André Caspi vous l'avez évoqué la bataille est donc loin d'être terminée dans le même temps plusieurs candidats progressistes ont aussi échoué face à des démocrates sortants quel est leur principal obstacle structurel pour la suite
pour les démocrates
pour les progressistes
pour les progressistes il est évident que pour les progressistes la grande difficulté c'est de se faire connaître et pour se faire connaître il faut utiliser tous les moyens d'information qui existent dans le domaine politique et Dieu sait qu'il y en a et Dieu sait que ça coûte de l'argent c'est à dire qu'au fond il faut en somme non seulement réunir une coalition comme Tristan Cabello vient de le rappeler mais il faut aussi réunir des sommes importantes pour pouvoir participer aux campagnes électorales et pour trouver ces sommes importantes il faut s'adresser à ceux qui ont de l'argent et ceux qui ont de l'argent ne sont pas forcément des démocrates socialistes donc si vous voulez c'est un problème qui ne se résout pas entre la poire et le fromage mais qui nécessite en somme de très gros efforts alors je ne dis pas qu'ils n'y parviendront pas certainement qu'il y aura quelques élus qui y parviendront mais dans l'ensemble ça n'est certainement pas la tendance profonde qui se manifeste aujourd'hui dans l'opinion américaine
Tristan Cabello
oui ça c'est très important en effet il faut toujours rappeler que les candidats progressistes n'ont pas les grands donateurs du parti démocrate derrière eux et ce que l'on voit c'est que quelqu'un comme Abdoul El Saïd par exemple sa principale concurrente avait dépensé douze fois plus que lui dans la campagne alors il gagne certes d'un cheveu mais il faut quand même dire que son opposante avait douze fois plus d'argent ça veut dire quoi ça veut dire des publicités à la télévision ça veut dire des courriers ça veut dire des e-mails ça veut dire toute une équipe qui est au service de la candidate et encore plus frappant en Floride la candidate Angie Nixon elle, elle gagne avec quinze fois moins et ça c'est absolument incroyable puisque elle elle gagne de douze points je crois qu'elle avait douze points d'avance et elle va devoir
affronter la républicaine c'est ça Ashley Moody
voilà Ashley Moody elle va devoir affronter donc la républicaine et eux ils font campagne ils essaient de faire campagne sans bien évidemment l'argent des lobbies les plus riches ils essayent de faire campagne avec des dons de particuliers et Angie Nixon vient de dire cette semaine juste après son élection en une semaine ils ont soulevé un million et la la donation moyenne était de 38 dollars donc autant dire que ce sont des mouvements qui sont vraiment créés par les électeurs eux-mêmes qui n'ont pas les moyens de l'aile centriste du parti démocrate et qui arrivent tout de même à gagner et que ça c'est quand même une donnée qui est très importante dans cette élection c'est que l'argent alors était souvent utilisé pour acheter l'élection aux Etats-Unis on peut dépenser il n'y a pas de limite finalement un super pack peut dépenser autant d'argent qu'il le veut contre un candidat ou pour un candidat là ils le font avec une campagne de terrain c'est à dire qu'ils désertent assez la télévision ils sont assez bons sur les réseaux sociaux quand même mais ils font surtout une campagne de terrain ils vont parler aux gens contrairement aux candidats centristes qui eux se focalisent vraiment sur des campagnes assez classiques
et avant de poursuivre cet échange passionnant écoutons A Tribe Called Quest Oui The People et on se retrouve juste après
Bienvenue si vous nous rejoignez
en direct sur France Culture dans cette émission consacrée à la percée des candidats de gauche au sein du parti démocrate et il faut dire que cette percée s'inscrit dans un contexte d'explosion du coût de la vie aux Etats-Unis essence alimentation l'inflation persistante et les chiffres décevants de l'emploi contribuent au sondage en berne pour le parti républicain la situation est telle qu'hier Donald Trump a suspendu les taxes sur le bœuf importé aux Etats-Unis pour trois mois jusqu'à présent au-dessus du quota déterminé les Etats-Unis taxaient à plus de 26% la viande importée mais face à la hausse des prix le président américain souhaite redonner du pouvoir d'achat à son électorat Tristan Cabello est-ce que cette situation fragilise les républicains ?
Oui mais elle fragilise les républicains et les démocrates alors elle fragilise les républicains parce que bien évidemment Donald Trump a beaucoup déçu on se rappelle qu'il avait fait campagne sur le coût de la vie sur la vie chère il avait fait campagne aussi sur le fait qu'il allait arrêter toutes ces guerres et il a fait exactement l'inverse durant les deux premières années de son mandat alors même s'il nous répète chaque jour à la télévision que les prix baissent ici à New York et partout dans le pays on voit bien que les prix ne baissent pas et on voit bien que lorsqu'on a on a son panier de course au supermarché que les prix augmentent mais ça ne veut pas dire que les démocrates en tirent vraiment bénéfice parce que le souvenir de la présidence Biden est encore très très proche et les gens se rappellent très bien que sous Biden leur vie ne s'est pas forcément améliorée c'est en ça que les progressistes peut-être émergent un peu plus dans ce cycle électoral c'est parce qu'ils proposent finalement une option politique qui n'a pas été qui n'a pas été essayée dans l'histoire récente des Etats-Unis on a toujours eu une opposition entre une droite conservatrice et puis disons une gauche institutionnelle le parti démocrate ou un centre institutionnel
vous diriez que le parti démocrate est de gauche ou plutôt de centre si on devait comparer avec la France
oui bon ça c'est un débat qui anime vraiment beaucoup beaucoup de gens le parti démocrate le parti démocrate c'est un parti disons de centre gauche de centre gauche de centre droit en tout cas c'est un parti qui est très qui est très centriste
alors André Caspi voudrait intervenir
non non je pense simplement que le parti démocrate comme le parti républicain sont des coalitions c'est à dire qu'au fond il y a des éléments qui viennent enfin qui seraient dans la typologie française à gauche et il y a des éléments qui sont à droite c'est évident ce sont des rassemblements mais je crois que ce qu'on oublie toujours c'est que les Etats-Unis c'est 50 Etats et dans chacun de ces Etats il y a des spécificités il y a la spécificité new-yorkaise il y a la spécificité en Floride il y a la spécificité dans le Minnesota ou avec une très forte minorité arabe qui évidemment a soutenu Al-Sayed donc tout cela explique si vous voulez la situation il est extrêmement difficile d'en tirer des idées générales là où Tristan Cabello a raison c'est que il y a eu une déception de la part de l'électorat américain à la suite des promesses que Donald Trump avait pu faire lors de sa deuxième candidature et bien entendu cela explique la baisse de popularité de Donald Trump et des républicains ça c'est une évidence et par conséquent ça crée un vide et ce vide est rempli en partie par des démocrates socialistes mais en partie seulement et encore je ne suis pas certain que ceux qui ont voté démocrates socialistes au mois d'août ou au mois de juillet voteront de nouveau démocrates socialistes au mois de novembre rien ne le prouve parce que là encore le taux d'abstention est extrêmement élevé et puis tout dépendra bien sûr des situations locales et je crois que c'est cela qu'il faut retenir c'est que les Etats-Unis ce n'est pas la France avouez franchement qu'en disant ça je crée la révolution dans la technologie française mais les Etats-Unis ce n'est pas la France ce n'est pas un état centralisé c'est un rassemblement de 50 états avec des perspectives avec des contextes qui sont différents d'un état à l'autre
alors justement on va rester sur Donald Trump qui lui ne compte pas en rester là mi-juillet il a semé le doute sur la fiabilité du système électoral américain en dénonçant je cite des vulnérabilités choquantes imputables à la Chine pour Tai Cobb ancien avocat de la Maison Blanche sous la première administration Trump le discours du président vise surtout à lui fournir le prétexte dont il a besoin pour déclarer l'état d'urgence au moment des élections de mi-mandat Tristan Cabello est-ce que Donald Trump pourrait tenter de faire invalider les résultats des élections de mi-mandat si ces derniers ne lui étaient pas favorables
c'est un risque ça n'est pas le seul risque donc Donald Trump il y a quelques semaines fait une allocation une allocution télévisée où il rappelait que le système de vote américain n'est pas entièrement fiable il faut quand même rappeler que cette allocution télévisée n'a pas été relayée par les grandes chaînes d'infos en continu c'est-à-dire qu'ils l'ont boycottée parce que Donald Trump disait un certain nombre de contre-vérités c'était d'ailleurs très intéressant parce que alors que les journalistes essayent souvent dans les grandes chaînes d'infos en continu mainstream d'être assez neutre et de donner le pour et le contre de certaines des idées de Donald Trump ils étaient très clairement contre et ils ont expliqué pourquoi ils boycottaient cette allocution
c'est la première fois que ça arrive ça ou c'est déjà arrivé ? oui c'est la première fois
que ça arrive et donc voilà il fallait suivre cette allocution sur Youtube si vous vouliez vraiment l'écouter ou sur les chaînes plutôt conservatrices type Fox News donc ça c'est très important mais il n'y a pas que l'invalidation du scrutin il y a aussi il pourrait très bien envoyer ICE près des bureaux de vote il y a toute une gamme de choses qu'il pourrait faire pour essayer d'invalider ce résultat parce que la participation va être en effet très importante la participation elle est toujours assez faible finalement dans ces midterms et la participation elle pourrait changer le résultat on voit que surtout ces candidats démocrates progressistes essaient de faire venir aux urnes des gens qui n'ont pas l'habitude de voter et qui s'il y a la police ou s'il y a ICE aux alentours des bureaux de vote peut-être ne s'y rendrait pas donc Donald Trump va absolument essayer de tout faire pour invalider le résultat de cette élection il faut quand même savoir que il faut quand même avoir une grande partie du peuple derrière soi pour faire ce genre de choses or Donald Trump n'est pas un président qui est très populaire et on a vu que le peuple américain s'est soulevé dans les derniers mois et dans la dernière année et que vous parlez
des manifestations
voilà veulent avoir des élections des élections mi-term qui se déroulent qui se déroulent bien je crois cher Tristan que vous exagérez un peu quand vous dites que le peuple américain s'est soulevé je ne sais pas d'où vous tirer cette information
on parle de 3 millions de 3 millions je parle sous votre autorité Tristan Camillo de manifestants c'est ça
à travers le pays d'accord sur un total de combien
plus de 300 millions
voilà donc je pense que non on ne peut pas parler d'un soulèvement du peuple américain il y a des manifestations anti-Trump ça oui mais on ne peut pas parler d'un soulèvement du peuple américain c'est évidemment très excessif donc ce que non non alors non non il faut tout à fait dire que les gens s'organisent de manière souterraine que la télévision bien évidemment la télévision ne relate ne relate pas ce genre de mouvement et qu'on le voit absolument partout dans les grandes villes mais aussi dans des états plutôt ruraux plutôt conservateurs les gens s'organisent de manière assez anonyme sur un plan local
voilà vous dites la même chose
ce sont des élections ce sont des élections locales et il ne faut pas du tout sous-estimer la force de ce mouvement qui s'oppose à Donald Trump oui mais il ne faut pas non plus imaginer que les états-unis vont tomber dans une sorte de révolution ils ont déjà fait leur révolution c'est pas du tout ce que je dis c'était en 1776 donc depuis lors je crois que les états-unis vivent comme ils peuvent avec parfois des soubresauts qui sont qui débouchent sur des guerres sur une guerre civile car il y a quand même eu 4 ans de guerre civile aux états-unis avec des millions de morts mais cela signifie que malgré tout il ne faut pas oublier non plus qu'au moment des élections le taux d'abstention est extrêmement élevé et quand on compare avec la participation aux élections françaises on peut être surpris que dans une démocratie comme les états-unis il y ait malgré tout un grand nombre de citoyens qui ne se dérangent pas pour voter bien qu'il y ait plusieurs possibilités pour ne pas se déranger et voter quand même mais dans ce cas-là cela veut dire que beaucoup d'américains se désintéressent du résultat lui-même et je crois que la principale difficulté pour le personnel politique aux états-unis c'est de faire voter et de faire voter cela veut dire de pousser les citoyens à mettre leur bulletin dans l'urne ou l'envoyer par correspondance puisque ce sont des possibilités qui existent et par conséquent ça ne se fait pas comme cela d'un seul coup de main il faut beaucoup d'efforts et avec des résultats qui seront nécessairement mitigés
Alors malgré tout André Caspi l'année dernière vous étiez venu le 16 août dans ce studio pour un magazine du week-end consacré à la relation très spéciale entre Israël et les Etats-Unis et vous nous aviez annoncé le début de cette ère des Mamdani Boys vous nous aviez parlé de Zoran Mamdani du fait qu'il était soutenu par 20% de l'électorat juif à New York ça veut dire que cette percée elle était prévisible et alors qu'est-ce que n'ont pas vu les démocrates
Alors les démocrates en fait ont très bien vu la chose et ils n'ont pas été capables d'aller contre surtout c'est très différent donc ça veut dire qu'au fond à New York la situation est particulière puisque c'est une très forte communauté juive et cette communauté juive est divisée il y a les jeunes qui ont participé au mouvement de contestation sur les campus universitaires il y a les ultra-orthodoxes qui vivent en milieu fermé et qui n'ont aucune sympathie pour l'état d'Israël parce qu'ils considèrent que l'état d'Israël est contraire au commandement de Dieu donc si vous voulez la communauté juive à New York est une communauté extrêmement importante dans le nombre mais qui n'est certainement pas homogène
qu'est-ce qui a expliqué la victoire de Mamdani qu'est-ce qui est reproché finalement aux démocrates est-ce qu'ils sont trop prudents trop institutionnels
c'est-à-dire que ce qui a été reproché aux candidats démocrates à New York c'est la corruption c'est-à-dire au fond d'avoir été trop longtemps au pouvoir d'avoir utilisé le pouvoir pour leurs propres avantages et par conséquent de ne plus représenter les intérêts de la population mais cela dit il ne faut pas oublier malgré tout que New York est dans un état et l'état de New York n'est pas entre les mains des démocrates socialistes Madame le gouverneur de l'état de New York n'est pas socialiste et ça elle n'a pas non plus je crois une sympathie particulière pour Zoran Mandani donc ça veut dire que New York est un cas à part
Tristan Cabello vous êtes l'auteur je le disais en introduction de La victoire de Zoran Mandani à New York un laboratoire pour la gauche paru aux éditions textuelles en février Zoran Mandani est maire de New York depuis le 1er janvier 2026 quelles mesures a-t-il réellement mises en oeuvre et lesquelles restent pour l'instant des promesses ?
Oui alors Zoran Mandani il avait fait campagne sur trois mesures phares la première c'était le gel des loyers la deuxième c'était de rendre les bus gratuits et plus rapides puisqu'ils sont notoirement lents à New York et la troisième c'était de faire les crèches universelles donc la garderie d'enfants universelle pour tout le monde et à bas prix et donc ces trois mesures et bien elles sont faites ça fait à peine huit mois voilà qu'il est qu'il est qu'il est maire le gel des loyers ça a été fait en juin dernier tous les loyers des appartements ce qu'on appelle des loyers stabilisés ici à New York sont gelés les crèches universelles il y a un plan qui a été mis en route sur les quatre ans du mandat avec la participation de la gouverneure plutôt centriste de New York qui s'appelle Cathy O'Cool donc un plan avec la participation de l'Etat sur quatre ans tous les enfants auront une place en crèche alors soit à Bakou soit gratuitement et c'est quelque chose qui va être fait en fait pour l'ensemble de l'Etat pas que pour New York City pas pour la ville de New York et enfin sur les bus alors il a disons redesigné refait un certain nombre de couloirs de bus dans la ville et la mesure pour la gratuité des bus est à l'ordre du jour pour le budget du mois de septembre au niveau de l'Etat et qu'est-ce qu'il reste
encore à faire très rapidement alors ça c'était
les trois là c'était les trois grandes mesures et sur donc ça c'est déjà fait et il y avait bien évidemment tout un programme derrière à réaliser alors par exemple ce qui faisait beaucoup parler c'était les supermarchés publics les supermarchés de la ville ils voulaient construire voilà des épiceries publiques à Bakou là encore dans chacun des arrondissements de la ville et là aussi alors bon bien évidemment ça met du temps à construire ces bâtiments ça met du temps à organiser tout ça mais donc le plan est fait et la première épicerie ouvrira je crois à Harlem l'année prochaine et il y en aura une autre qui ouvrira dans le sud du Bronx l'année d'après
merci Tristan Cabello historien je suis désolée je veux simplement
préciser tout cela ça n'est pas du socialisme c'est du réformisme donc il faut utiliser les mots qui conviennent
merci Tristan Cabello historien spécialiste de la gauche américaine et des mouvements sociaux et merci à vous André Caspi historien spécialiste des Etats-Unis merci de nous avoir suivis on se quitte avec le titre America de Chocolate Milk écrite par Alain Toussaint paru en 1977 sur l'album We're all in this together nous sommes tous dans le même bateau et sur ce à samedi prochain et bonne suite de programmes sur France Culture