Nicolas Dupont-Aignan invité du 8h30 Politique sur France Info
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 35 %Attaque 50 %Défensif 15 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse directe
Qu'en pensez-vous ?
- 1:58OuverteRéponse directe
Le gouvernement italien a eu raison de refuser l'Aquarius ?
- 2:39OuverteRéponse directe
Qu'est-ce que vous prônez ? Est-ce que fermer n'est pas contraire aux valeurs de l'Europe ?
- 4:24RelanceRéponse directe
Emmanuel Macron valide un accord qui donne le premier mot aux États. Est-ce qu'il ne fait pas du Dupont-Aignan ?
- 5:17RelanceRéponse partielle
Cet accord va servir à rien ?
- 7:45OuverteRéponse directe
Pourquoi vous irez au congrès de Versailles si vous pensez qu'Emmanuel Macron méprise les parlementaires ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:17Locuteur 7Fait
« Le Conseil constitutionnel hier a instauré un principe de fraternité, ce qui signifie que les personnes qui apportent une aide désintéressée aux étrangers en situation et en séjour irregulier en France ne sont plus passibles de poursuites. »
- 1:00Locuteur 4Fait
« les juges constitutionnels ont perdu la tête »
- 1:35Locuteur 4Promesse
« il faudrait élire les juges constitutionnels »
- 2:46Locuteur 4Fait
« Il faut simplement maîtriser les flux migratoires. Respecter le droit d'asile, la Convention de Genève »
- 3:00Locuteur 4Fait
« le droit d'asile est détourné par des migrations considérables »
- 3:20Locuteur 4Promesse
« Aide massive à l'Afrique pour fixer les populations sur place. Coopération européenne en Méditerranée pour que les bateaux repartent sur leur port d'origine. Et enfin, rétablissement des frontières nationales dans chaque pays »
- 3:55Locuteur 4Fait
« l'Allemagne va rétablir ses frontières. Je remarque qu'un mouvement est enfin en marche, c'est-à-dire la fin de Schengen »
- 6:01Locuteur 4Fait
« on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, que nos budgets sociaux sont en explosion »
- 6:24Locuteur 4Fait
« Le gouvernement a supprimé, a réduit les APL, l'aide au logement pour les plus démunis. Le gouvernement a supprimé 150 000 emplois d'insertion »
- 6:35Locuteur 4Chiffre
« le budget de l'État a supprimé 1,5 milliard pour l'aide au logement et les aides aux employés, même plus, et le budget d'hébergement des migrants, d'accueil des migrants, a augmenté de plus d'un milliard »
- 8:10Locuteur 4Fait
« il veut réduire le droit d'amendement, ce qui est un droit sacré des parlementaires au nom du peuple »
- 10:31Locuteur 4Chiffre
« 10 milliards d'euros prélevés sur les classes moyennes et les classes populaires. 10 milliards d'euros »
- 12:07Locuteur 4Chiffre
« Nous donnons 9 milliards à Bruxelles, net. C'est-à-dire qu'on donne 9 milliards de plus qu'on reçoit pour une organisation qui favorise la perte d'emploi dans notre pays »
- 15:53Locuteur 4Fait
« un malfaiteur reconnu de complicité de terrorisme sur site internet d'incitation au djihad est ressorti libre du tribunal »
- 17:00Locuteur 4Fait
« j'ai soutenu et je ne redis rien Marine Le Pen »
Temps de parole
- Locuteur 468 %
- Présentateur14 %
- Locuteur 78 %
- ?7 %
≈ 32,8 interruptions / 10 min (chevauchements et interjections détectés).
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...politique comme chaque samedi sur France Info, à mes côtés comme chaque semaine. Yannick Halimi, bonjour.
Bonjour
Mathéo.
Rédactrice en chef adjoint du service politique du Parisien aujourd'hui en France. Yannick, c'est vous qui posez la première question à notre invité Nicolas Dupont-Aignan. Il est député de l'Essonne et président de Debout la France.
Bonjour M.
Dupont-Aignan. Le Conseil constitutionnel hier a instauré un principe de fraternité, ce qui signifie que les personnes qui apportent une aide désintéressée aux étrangers en situation et en séjour irregulier en France ne sont plus passibles de poursuites. Le Conseil constitutionnel ainsi censure ce qui aujourd'hui s'appelle le délit de solidarité. Qu'en pensez-vous ?
Écoutez,
la fraternité c'est un beau mot de notre devise. Et j'y suis sensible,
étant
un profond républicain. Mais quand l'institution juridique suprême,
en
fait, déforme les mots de la République... C'est-à-dire ?
Je
peux finir ma phrase ? Déforme les mots de la République pour récompenser ceux qui violent la loi, qui bafouent la loi,
et
qui vont placer notre pays dans une situation intenable, je dis que les juges constitutionnels ont perdu la tête.
De quel mot parmi vous ? Ils
font preuve de démagogie. Ils vont au-delà de leur pouvoir et il va falloir remédier à ça. Parce que ce qui est en train de se produire, c'est qu'à partir du moment où ceux qui, je le dis encore une fois, violent la loi sont récompensés par les juges, d'ailleurs c'est le cas malheureusement dans beaucoup de décisions judiciaires, ça pose un problème. Donc moi je vais vous dire, je pense qu'il faudrait élire les juges constitutionnels.
Ça c'est une proposition que vous allez faire
?
Ben oui, parce que comme ça, on aura des juges constitutionnels qui ne font pas de politique, mais qui arrêtent leur démagogie inutile.
C'est-à-dire que Laurent Fabius, le président,
fait du conseil, il fait de la politique ? Ben écoutez, je pense que ça
pose un problème. Oui, là il fait de la politique et je pense que ça pose un grave problème.
Sur
cette crise migratoire,
il
y a eu notamment l'épisode parmi d'autres de l'embarcation Aquarius que le gouvernement italien avait décidé de refuser d'accueillir. Écoutez ce que disait en début de semaine sur France Info, ici même, le secrétaire d'État aux relations avec le Parlement, Christophe Castaner. Il parlait du ministre de l'Intérieur italien, Matteo Salvini.
Est
-ce qu'on fait rien ou alors on subit et on laisse M. Salvini décider ce qui est bon pour lui et qu'il l'applique à toute l'Europe ? Je pense que le débat il est là. Il est de ne jamais oublier que c'est une posture politique de M. Salvini qui met l'Europe en difficulté. Est-ce qu'on doit céder ? La réponse est non.
Alors vous, Nicolas Dupoignan, vous estimez que le gouvernement italien a eu raison de refuser d'accueillir l'Aquarius et de fermer finalement ses frontières maritimes. Du coup, qu'est-ce qu'on fait ? Qu'est-ce que vous prônez ? Et est-ce que fermer n'est pas contraire aux valeurs originelles de l'Europe ?
Non, bien évidemment. Vous savez, il ne s'agit pas de rendre l'Europe hermétique. C'est absurde. Il faut simplement maîtriser les flux migratoires. Respecter le droit d'asile,
la
Convention de Genève, et j'y suis profondément attaché, mais aujourd'hui, le droit d'asile est détourné par des migrations considérables. Et ceux qui se voient refuser le droit d'asile dans notre pays ou dans d'autres pays ne sont jamais expulsés. Et on a un appel d'air considérable qui met en danger nos démocraties et ne résout pas les problèmes de l'Afrique. Moi,
j
'ai toujours eu une position très équilibrée. Aide massive à l'Afrique pour fixer les populations sur place. Coopération européenne en Méditerranée pour que les bateaux repartent sur leur port d'origine. Et enfin, rétablissement des frontières nationales dans chaque pays pour éviter que des migrants qui sont arrivés et accueillis dans un pays viennent dans l'autre, notamment en France, pour recueillir l'aide sociale qui est la plus importante d'Europe. A partir de là, je vois que M. Castaner, chef de la majorité, subit les événements alors que M. Salvini, enfin, prend des décisions qui s'imposent. Et je remarque
que
l'Allemagne va rétablir ses frontières. Je remarque qu'un mouvement est enfin en marche, c'est-à-dire la fin de Schengen pour éviter le chaos qu'on a depuis des années. Voilà, c'est tout simple. Et il y a des mesures à prendre, en revanche, de coopération et de développement de l'Afrique. Car le problème de fond, c'est de stabiliser les pays d'origine, de faire en sorte que les gens qui veulent traverser la Méditerranée et qui s'y noient, c'est un désastre humanitaire, puissent vivre dignement dans leur pays d'origine. C'est ça l'enjeu des 20 prochaines années.
Nicolas Dupont-Aignan, tout de même, Emmanuel Macron, président de la République française, en validant l'accord dont on parlait tout à l'heure, qui finalement, cet accord, donne le premier et le dernier mot aux États. Est-ce que finalement,
il
ne fait pas du Nicolas Dupont-Aignan ?
Écoutez, c'est assez paradoxal, j'écoutais ça. J'écoutais M. Castaner. Et en fait, je ne sais pas si ça a été pris avant le sommet ou après cet extrait. C'était après. C'était après. Alors,
il
est schizophrène, M. Castaner, il faudrait qu'il relive les accords. Il est vrai que M. Macron s'est incliné face à M. Salvini et face surtout à Mme Merkel. Et en fait, vous savez, dans la vie, quand un système n'est plus contrôlable, qu'est-ce qui se passe ? À un moment, les États, les peuples se révoltent. Et on le voit bien en Italie, en Allemagne et en Autriche et dans tous les pays, les migrations non contrôlées aboutissent à un chaos dans le pays d'accueil, à des malheurs en Méditerranée. Et on voit bien que ce système ne marche pas. –
Mais l'accord, pardon, pour
rebondir sur
ce
que dit Jannick, cet accord, il
ne va servir à rien ?
– Cet
accord, c'est un accord… – On parle de celui entre les pays européens.
–
J'ai compris. Cet accord, en fait, il masque
le
rétablissement des frontières nationales qui s'effectuent dans le désordre.
– Mais donc ça vous satisfait ? – Et moi, je pense…
Non, parce qu'il le masque. Il parle d'accords bilatéraux, chacun va faire ce qu'il veut, mais personne ne sait où on va. Moi, je pense que dans la vie, quand il y
a
un problème qui n
'est
pas réglé, il vaut mieux acter un nouveau programme,
c
'est-à-dire frontières nationales, coopération européenne en Méditerranée, aide à l'Afrique. C'est la trilogie que je propose. Parce que je pense que quand on subit les événements, comme le fait Emmanuel Macron ou M. Castaner, on ne les résout pas. Et je pense que tous les Français sont capables de comprendre qu'on ne peut pas accueillir toute la misère du monde, que nos budgets sociaux sont en explosion, et qu'en plus, on réduit les aides sur les Français et les étrangers en situation régulière, qui se voient privés d'aides sociales parce qu'on les donne aux migrants. Sans pour autant aider les pays d'origine. On marche sur la tête.
Supprimer les aides sociales aux Français, aux nationaux, parce qu'on
les donne aux migrants, c
'est peut-être un peu...
C'est la réalité quand vous voyez que le gouvernement... Un résumé un peu rapide, M.
Dupont.
Ce n'est pas un résumé. Le gouvernement a supprimé, a réduit les APL, l'aide au logement pour les plus démunis. Le gouvernement a supprimé 150 000 emplois d'insertion.
Il n'y a pas de vase communiquant. On ne les enlève pas pour les donner aux migrants. Mais si
le budget de l'État a supprimé 1,5 milliard pour l'aide au logement et les aides aux employés, même plus, et le budget d'hébergement des migrants, d'accueil des migrants, a augmenté de plus d'un milliard. Donc vous savez, il
y
a un moment, l'argent n'est pas extensible. Le porte-monnaie des Français n'est pas extensible. Oui à l'accueil du
droit d'asile. Il y a des économies
qui sont faites également.
Justement, oui, au droit d'asile quand il n'est pas détourné. Allez,
faisons une petite
pause au droit d'asile détourné.
Si vous
permettez, faisons une petite pause.
On
va parler justement des réformes et du volet social. Tout à fait. Des réformes en cours dans un instant, dans 8h30. Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. Demain, Emmanuel Macron s'exprimera devant le congrès réuni à Versailles. Vous irez, vous allez nous expliquer pourquoi dans un instant. Mais écoutez ce qu'on disait hier matin sur France Info, Éric Coquerel, il est député de Seine-Saint-Denis, la France Insoumise.
Ça
fait deux fois qu'il utilise un système où il vient parler pendant une heure. Les gens sont là à l'écouter. Vous savez qu
'on
n'a même pas le droit de répondre en sa présence. C'est-à-dire que les interpellations des députés après se font une fois qu'il est parti.
À quoi
ça rime ? Tout ça, à un moment donné, vous dites que
ça
suffit.
Ce côté ancien régime,
c'est insupportable.
Alors les députés de la France Insoumise n'iront pas. Pourquoi vous y allez si vous pensez, je vous cite, qu'Emmanuel Macron méprise les parlementaires ?
Mais parce que je ne
vais
pas faire comme lui.
Moi,
j'ai
aspiré à être président de la République. J'ai été candidat à
l
'élection présidentielle. Ce n'est pas parce que je combats politiquement Emmanuel Macron que je vais mépriser les institutions et la fonction présidentielle. De surcroît,
moi, je n'ai jamais
compris...
Pardon,
pourquoi vous dites qu
'il
méprise les parlementaires Emmanuel Macron
? Parce
que très simplement, il veut réduire le droit d'amendement, ce qui est un droit sacré des parlementaires au nom du peuple, c'est-à-dire de proposer dans la réforme constitutionnelle qu'il propose. Il y a des aspects positifs. Je les ai soutenus parce que j'avais proposé la même chose, la réduction du nombre de parlementaires.
Je
l'avais proposé quand j'étais candidat. Mais en revanche, il va beaucoup plus loin en supprimant le droit d'amendement, en le réduisant, pardon, le droit d'amendement, c'est-à-dire en empêchant les parlementaires d'amender les lois. C'est extrêmement grave. On le voit bien depuis le début, Emmanuel Macron n'a aucune considération pour le Parlement, qui est devenu un paillasson. Mais moi, je suis un homme politique responsable. Je veux écouter. Je combats sa politique, mais je veux écouter ce qu'il va nous dire. Je n'aime pas la gesticulation politicienne d'opposition
quand
elle aboutit à des coups d'éclat qui ne mènent à rien. Et je vais vous dire ce que je pense.
C
'est que M. Macron n'est fort
que
de la faiblesse de l'opposition. M. Mélenchon dit parfois des choses justes, mais les Français n'ont pas envie de lui confier le pouvoir. Et c'est pour ça que M. Macron le met tant en valeur. On a eu le second tour de la présidentielle. Je pense que les Français attendent une opposition combative, totale, parce que les mesures qui sont prises sont dangereuses pour le pays, mais crédibles, c'est-à-dire qu'ils proposent autre chose. Vous
pensez pouvoir l'incarner
? En tout cas, je
fais mon
travail. Et pour proposer autre chose, il faut écouter l'autre. Non mais c'est quoi cette vie ? Le président de la République vient devant le congrès de Versailles et on s'en va. Mais vous
savez que
le président de la République n'est pas responsable devant le Parlement. Donc institutionnellement parlant, il ne peut pas écouter vos
propres questions. C'est une disposition
institutionnelle. Écoutez, les Français attendent de ceux qui veulent remplacer Emmanuel Macron un peu de sérieux. Alors voilà, moi j'estime être sérieux. Et je pense qu'il faut une démocratie sérieuse.
Voilà, alors
l'attitude de M. Macron, c'est l'attitude de M. Macron. Mais ce qui m'intéresse, c
'est
sa politique. Et je propose toujours, après chaque critique, une alternative.
Alors
il n
'y a
pas que la politique. Il y
a
aussi son image et ce qu'en ressentent les Français. Selon notre sondage Odoxa d'Annsu Consulting pour France Info, une majorité de Français interrogés juge sa politique ni juste à 71%, ni efficace à 66%, estimant aussi que le chef de l'État n'est pas humble ni proche des gens. Est-ce que vous souscrivez à tous ces reproches ?
Oui, je l'ai dit dès le départ. Quand je regarde les chiffres, il faut parler des chiffres, soyons concrets, précis. 10 milliards d'euros prélevés sur les classes moyennes et les classes populaires. 10 milliards d'euros. Les taxes, l'essence, le gaz qui augmente de 7,5%. L'électricité, la suppression des APL, des emplois aidés, l'augmentation de la CSG pour nos retraités. Ces 10 milliards, ils ont été où
?
5 milliards pour 3 000 familles les plus riches de France.
C
'est le monde de la finance.
1
,5 milliard pour les migrants, les clandestins. Et 1,5 milliard pour Bruxelles, pour une machine folle qui favorise les délocalisations. Et après, M. Macron s'étonne que les
Français ne soient pas contents. La suppression
de la taxe d'habitation, la baisse des cotisations sociales...
Ça ne compense pas de très loin... Le
relèvement des minima sociaux en début d'année.
Ça ne compense pas de très loin la hausse de la CSG de 25% pour nos anciens. La hausse des taxes. Nos concitoyens qui partent en vacances vont le voir. La hausse des péages, le combat ces péages qui sont du raquette. Et je le dis à ceux qui vont passer un péage aujourd'hui. C'est un scandale d'État. Et c'est pas nouveau d'ailleurs.
C'est
pas la faute de ce gouvernement seulement. La hausse des taxes. Mais
M. Macron prend les Français... C'est tous ceux qui
nous écoutent et qui nous regardent décident de ne pas payer au péage. Ça va faire un petit pataqué à
ce point. C
'est
ce qu'il
faudrait faire. Mais
malheureusement, je ne dois pas les inciter à violer la loi. Vous qui avez le respect
de l'État, quand même, ne pouvez pas les pousser à l'incivilité. Non.
Je vais vous dire une chose très claire. La fracture sociale dans notre pays s'accroît. Et Emmanuel Macron est sourd, aveugle à cette fracture sociale. On ne peut pas réformer un pays si on ne considère pas ceux qui travaillent, ceux qui
sont les plus pauvres. Très simplement, il n'aurait pas
fallu
gaspiller,
revenir sur la hausse de la CSG. Et j'ai une solution, parce que je ne
veux
pas critiquer sans solution. Nous donnons 9 milliards. On en parlera aux européennes. Nous donnons 9 milliards à Bruxelles, net. C'est-à-dire qu'on donne 9 milliards de plus qu'on reçoit
pour
une organisation qui favorise la perte d'emploi dans notre pays. Et bien, je propose que l'on renégocie ces 9 milliards. On doit donner 1 ou 2 milliards pour aider les autres pays. Et le reste, je le renvoie aux retraités pour leur permettre de retrouver leur
pouvoir d'achat. Et les aides européennes
aux agriculteurs, finalement ? Non,
mais
c'est compté déjà. 9 milliards une fois qu'on a tout reçu. C'est ahurissant ce qui se passe. Et ce que je demande, l'argent,
il
y en a en France. Simplement, il est toujours pris sur les plus modestes, sur les classes moyennes qui sont accablées d'impôts. Et parallèlement, vous avez 60 milliards de fraudes fiscales, de TVA et des grandes entreprises les plus riches du monde qui mettent leur argent au Luxembourg et aux Pays-Bas. Alors, il y a
plusieurs réformes en discussion.
Il
y a plusieurs lois en discussion en ce moment. On ne
va
pas toutes les citer, mais on a cité le volet social, on a cité la réforme constitutionnelle. Il y
a
autre chose qui m'intéresse, parce que cette semaine, vous avez dénoncé les censeurs au sujet de la loi sur les fausses informations. Et vous avez été rejoint en cela par Marine Le Pen, dont on va parler dans
un instant pour
d'autres sujets. Qui sont-ils ces censeurs ? En fait, vous ne
l
'avez pas vraiment dit. Et qui censure qui ou quoi ? Parce que
vous ici, par
exemple, vous n'êtes pas censuré. Vous avez
20
minutes pour vous exprimer.
Mais le projet de loi qui a été voté
permet,
c'est ahurissant, d'ailleurs je ne pense pas qu'il puisse continuer ainsi, permet au gouvernement de supprimer un site internet, c'est-à-dire de couper un site internet dans les 3 mois d'une élection. Et je vais vous donner un exemple. Pendant la campagne présidentielle,
j'ai dit que c'est pas n'importe quel site internet.
Un
juge des
référés, seul, en 48 heures, pourra couper un site internet exactement comme sous l'ancien régime. Le monarque saisissait des livres. C'est extrêmement grave.
Et
d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon, les socialistes, les républicains, le Front National et moi-même, nous avons contesté cette loi à
l
'Assemblée. Nous avons débattu des nuits. Pourquoi c'est grave ? Parce que c'est la liberté d'expression qui est en cause. Et je veux vous donner un exemple. Pendant la campagne présidentielle,
j
'ai dit à l'antenne qu'il y avait 500 000 travailleurs détachés
en
France. Immédiatement, un journal, un grand journal, a dit que je racontais n'importe quoi, que c'était une fake news. S'il y avait un juge qui avait tranché, il m'aurait coupé mon site internet. Et puis, c'est curieux, le lendemain de
l
'élection présidentielle, les chiffres
du
ministère du Travail ont dit 500 000. Et ce même journal, qui m'avait accusé de fausses informations, a publié ce chiffre. Cela veut dire que, vous savez, la vérité, elle est... Chacun sa vérité. Et je me méfie des actes de censure.
Donc on
ne fait rien contre ce phénomène qui est décuplé, évidemment, avec les nouvelles technologies.
Mais il y a une
législation... On ne se penche pas sur le sujet. Il y a une très
bonne législation de diffamation qui existe, où on punit l'auteur de la diffamation. Et il y
a
eu une adaptation dans la loi numérique, pour permettre à la loi sur la presse, que vous connaissez bien, et d'ailleurs, beaucoup de journalistes, parfois, sont condamnés pour diffamation, ou des hommes politiques. Donc personne n'est exempt de la loi. Il y a une législation, mais on ne coupe pas un site internet comme ça. Et j'insiste vis-à-vis des Français. Emmanuel Macron, voyant la réalité s'échapper, voyant sa politique échouée, a une tendance à l'autoritarisme, qui m'inquiète.
–
Allez, dans un instant, on parle de vos rapports avec le Front National, avec la perspective des Européennes. Vous restez évidemment avec nous. Nicolas Dupont-Aignan, 8h30, politique sur France Info, avec Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne et président de Debout la France. – Je peux faire une remarque ? – Et Yannick Allémy, mais rapidement, parce que
vous voyez que je viens
d'entendre les informations, là. Vous voyez le problème de l'information ? Celui qui a organisé un site djihadiste, terroriste, 4 ans de prison ferme, a dit votre collègue. Sauf qu'il n'a pas ajouté ce qu'il y
a
dans la dépêche AFP. Il ne
l'a
pas fait méchamment.
Il
est ajouté qu'il est ressorti libre. C'est-à
-dire
que nous sommes dans un pays où un malfaiteur reconnu de complicité de terrorisme sur site internet d'incitation au djihad est ressorti libre du
tribunal.
– Pour mettre
en cause le
fonctionnement de la justice.
– Oui, je dis que la justice est d'un laxisme incroyable. Et tout à l'heure, une de vos collègues journalistes, menacée de mort sur un site internet, menacée de mort, n'a que 6 mois avec sursis. Vous allez aux Etats-Unis, vous allez en Angleterre, vous allez en Allemagne. La personne qui menace de mort, de viol une journaliste,
elle
va en prison. –
Voilà.
– On ne peut pas continuer dans un pays où le laxisme judiciaire est à ce point
élevé
en principe. – Vous l'avez dit. – Je le dis. – Vous l'avez dit Nicolas
Dupont-Yon. – Nicolas Dupont-Yon,
revenons à la politique. On se souvient évidemment de votre approchement avec Marine Le Pen entre les deux tours de la présidentielle. Où en êtes-vous de vos relations avec le Rassemblement national ? Est-ce que vous leur tendez la main ? Est-ce que vous les regardez d'un peu loin ?
On
s'y perd un peu. – Mais
parce qu'en fait, vous n'avez pas compris ce qui s'est passé ?
–
Probablement. – Quand
M.
Fillon a soutenu M. Macron 15 minutes après le second tour, personne n'en a fait un fromage. Et moi, j'ai très simplement pris mes responsabilités à la présidentielle et je ne renie rien. Après 4 jours de discussion, l'infléchissement de son programme notamment sur l'euro, j'ai soutenu et je
ne redis rien Marine Le Pen. – Et aujourd'hui, où en êtes-vous
?
–
J'ai toujours dit que Debout la France restait un parti indépendant. J'ai toujours dit, nonobstant ce qu'on a dit dans les médias, que je restais un homme libre, que je défends mon patriotisme humaniste, je ne changerais pas, que Debout la France d'ailleurs a de plus en plus d'adhérents, des ralliements des
Républicains et du Front National. – Combien avez-vous
d'adhérents
? –
Plus de 20 000, mais des bons sondages. Nous sommes
une
diversité politique, nous sommes un parti politique qui prend de son ampleur. J'ai des bons rapports avec le Rassemblement national de Marine Le Pen et je veux en avoir de bon avec les Républicains, du moins ceux qui refusent la compromission avec Emmanuel Macron, car je crois que les Français, notamment à droite, attendent une union sur un programme commun sérieux.
Et je milite pour
ce programme commun.
– Écoutez, justement, pour l'instant, donc pas de ticket pour les Européennes, écoutez juste ce que disait la présidente du Rassemblement national. À votre sujet, c'était le 4 juin chez nos collègues de France Bleu Nord.
– Je
ne crois pas que les propos de Nicolas Dupont-Aignan soient définitifs. Je ressens de sa part une crainte, en quelque sorte, d'être absorbée dans le mouvement Rassemblement national. Ça n'est pas mon objectif, je le dis de la manière la plus claire qui soit.
– Donc est-ce qu'il s'est passé des choses depuis le 4 juin ? Est-ce que vous maintenez pour l'instant cette fin de non recevoir ?
–
C'est intéressant quand
même pour les ministres communes européennes. – Vous avez raison,
mais les Européennes, c'est un scrutin essentiel pour l'avenir du pays. Et l'union,
pour
moi, doit être sur un programme. Il n'y a jamais d'union pour l'union. Il y a l'union sur un programme. Les Français attendent du sérieux. Je travaille avec plusieurs petits partis autour de Boula France, le Parti chrétien-démocrate, le CNI, sur un programme européen qui sera publié fin août. J'ai dit
que
j'enverrai ce programme à la fois à Marine Le Pen et à Laurent Wauquiez. Et je demande à Laurent Wauquiez de clarifier sa position sur l'Europe.
– Elle n'est pas claire encore pour
vous ?
–
Elle n'est pas du tout claire.
– C'est-à
-dire ?
– Il réunit à la fois des gens qui ont signé tous les traités qu'ils nous ont mis dans ce pétrin
et
il dit que ça ne marche pas. Donc il faut choisir dans la vie. Et puis Marine Le Pen, je lui ai dit 100 fois, il faut qu'elle clarifie sa position sur l'euro. Moi, je suis un homme responsable. L'union n'a de sens que si elle est la plus large possible, à la fois du côté du Rassemblement national, mais aussi du côté des Républicains, car il faut gagner à terme. Et l'union n'a de sens que sur un programme sérieux, convaincant, qu'il soit une vraie alternative. Vous savez, personne ne me fera passer pour un diviseur.
Je
suis le seul qui a soutenu Marine Le Pen au second tour. Mais en revanche, je ne suis pas là pour soutenir, pour soutenir. Je suis là pour essayer de faire progresser les idées et proposer aux Français un programme de redressement national qui marche. Nicolas Dupont
-Aignan. C'est quand
même...
Nicolas Dupont-Aignan. Donc j'ai le droit à l
'indépendance.
La politique, vous avez raison, ce sont des idées, mais c'est aussi des rapports de force. Qu'est-ce que vous apportez-vous en termes de division, si je puis m'exprimer, de réseau, de relais, par rapport à Laurent Wauquiez ou par rapport à Marine
Le Pen ? Vous dites
il faut, il
faut... Oui,
écoutez, les sondages nous mettent à 7-8%. C'est déjà pas mal pour un parti qui n'était qu'à 5% à
la présidentielle. Pour les européennes, vous
parlez. Pour les européennes, on verra. Mais je ne suis pas là pour dire je vais y aller seul. Ce n
'est
pas l'enjeu.
Mais c'est bien ce
que vous nous dites tout de
même.
Non,
vous me demandez le rapport
de force. Oui. Je vous donne un rapport de force. Point. De plus en plus de Français viennent chez nous, à debout la France, des élus, le député Front National nous a rejoint, des élus républicains, parce que j'essaye de faire de la politique autrement.
Je
suis convaincu
que
ni Mme Le Pen, ni M. Wauquiez seul, ni moi-même seul, ne gagneront face à M. Macron. Je suis convaincu que M. Macron profite de la division et de la faiblesse de l'opposition.
Et je suis
convaincu qu'avant d'aller voir les Français, il faut travailler.
Est-ce que vous ne faites pas patienter Marine Le Pen parce qu'elle l'imprime moins depuis le deuxième tour de la présidentielle et qu'elle est contestée en interne et que vous attendez de voir ce qui se passe au sommet du RN ? J'attends
surtout de voir ce qu'elle propose sur l'Europe. Moi, je travaille depuis un an. Elle travaille, elle a entamé un processus de rénovation, mais je ne suis pas Front National. Donc vous lui poserez la question.
Je
suis Debout la France. Nous avons de plus en plus de Français qui nous rejoignent parce que je crois qu'à Debout la France, nous avons un équilibre. Nous ne voulons pas d'excès, mais nous voulons rompre avec cette politique mortelle pour le pays.
Il
y a le choix. Je demande simplement qu'au-delà des partis, un jour, il y ait une entente, mais pas une entente pour s'entendre, une entente sur un projet. Les Français n'attendent pas de savoir
si Mme Le Pen et M. Dupont-Aignan sont d'accord. Ils
attendent de savoir ce qu'ils proposent.
Très
bien. Nicolas Dupont-Aignan, est-ce que vous ne prendrez évidemment pas la tête de la liste européenne
? Je vais vous dire une chose très
franche. Je n'en sais rien et je regarderai le match de foot mardi avec joie. Donc pour l'instant, vous ne dites pas si vous serez tête de liste ou pas ? Je n'en sais rien. Je réfléchis. Je travaille à un programme, notamment la question de l'euro. Les Français attendent une réponse précise sur
l'euro. Mais quel
rapport avec le match de foot ?
Parce que
c'était pour une boutade.
C
'était pour vous faire dire que ce n
'est
pas le cœur de ma priorité et que d'ici mardi, je voudrais
que
la France gagne mardi et que je travaille en attendant sur l'Europe avec mes amis.
Vous
serez
debout la France ? Et j'attends que les
autres hommes et femmes politiques...
Non,
vous vous trompez là-dessus, madame.
J'attends
qu'ils travaillent. Les Français attendent un programme alternatif
sérieux. Nicolas Dupont-Aignan sur France Info. Merci d'être passé et merci. Et j'anniscaillé à la semaine prochaine, 8h30.