"Les impôts freinent les transmissions d’entreprise", le témoignage d’Anne-Charlotte Fredenucci
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 70 %Attaque 10 %Défensif 20 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 89 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 0:42OuverteRéponse partielle
Qu'est-ce que vous retenez du plan gouvernemental sur la transmission d'entreprise ?
- 1:27OuverteRéponse directe
Racontez-nous votre expérience de transmission d'entreprise familiale.
- 4:42OuverteRéponse directe
Comment convaincre un chef d'entreprise de transmettre son entreprise ?
- 6:04OuverteRéponse directe
Est-ce que la transmission doit rester dans la famille ou s'ouvrir à d'autres profils ?
- 8:52OuverteRéponse partielle
Le gouvernement annonce 500 000 transmissions d'entreprise dans les 10 ans. Est-ce réaliste ?
- 10:57RelanceRéponse directe
Le plan gouvernemental sur la transmission est-il révolutionnaire ou insuffisant ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:42Chiffre
« 500000 entreprises sont à reprendre dans les 10 prochaines années. Ça concerne 10 millions 3 millions pardon de salariés. »
- 2:43Anne-Charlotte FredenucciChiffre
« Le carnet de commande s'effondre de 35 % »
- 3:23Anne-Charlotte FredenucciFait
« L'ISF à l'époque était exempté d'ISF euh les ce qu'on appelle l'outil de travail »
- 10:57FrançoisFait
« Le gouvernement tente d'exister. Voilà, c'est bien, ça va dans le bon sens, c'est pas révolution non plus. »
- 15:04FrançoisChiffre
« Il y avait ces fameux bâtiments catégorie F et G qui allaient être très bientôt interdits à la location. C'était des centaines de milliers d'appartements qui allaient disparaître du marché. »
Temps de parole
- ?100 %
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On est de retour pour la seconde partie de l'émission. Il est 10h32. Vous êtes toujours en direct sur BFM Business. C'est les experts d'Ac Charlotte [musique] Freducci, présidente du groupe Ametra, une ETI dans l'ingénierie. François, le fondateur de FIPCO, la Bible des finances publiques et Eric Ker directeur du département analyse et prévision à l'OFCE. On a parlé du contexte macroéconomique en première partie de l'émission. un contexte qui est évidemment très compliqué au vu de la crise au Moyen-Orient. On va parler action gouvernementale tout au long de la dernière demi-heure qui nous reste à passer ensemble à commencer par la transmission d'entreprise. Serge Papin, le ministre
des PME a annoncé hier un grand plan pour la reprise d'entreprises. 500000 entreprises sont à reprendre dans les 10 prochaines années. Ça concerne 10 millions 3 millions pardon de salariés. C'est un sujet absolument important. Qu'est-ce que vous retenez du plan qui a été annoncé hier Éric et hier ? Alors pour être complètement franc, je l'ai pas bien regardé de très près. Donc j'ai je préfère bah passer mon [raclement de gorge] tour sur ce sujet-là. Alors Charlotte, euh vous vous l'avez vécu euh la transmission d'entreprise puisque vous avez repris euh l'entreprise familiale. L'idée h dans les grandes lignes, c'est
de faire énormément de communication auprès des euh euh chefs d'entreprise, des jeunes et des potentiels repreneurs pour expliquer qu'il faut se prendre très en amont et que il n'y a pas que la création dans la vie, il y a aussi la reprise. Et mais dans ces cas-là, comment ça se passe ? Racontez-nous un petit peu votre expérience. Alors, je vais commencer par vous raconter ce qui s'est passé chez Ametra quand on est passé de la première génération, mon père qui avait créé à la deuxième, moi qui ai repris. C'était en en 2009, crise des sub prime l'économie, donc crise généralisée. Le carnet de commande s'effondre de 35 % et là mon père me dit "Je crois qu'on va pas y arriver, il faut qu'on dépose le bilan." Je lui réponds "Il n'en est pas question. Tu m'as préparé, tu m'as dit
qu'un jour j'allais reprendre. Donc c'est maintenant, tu me passes les rennes. Coup de chance, il avait déjà transmis fiscalement, ce qui nous a permis à ce moment-là de faire une transmission dans la gouvernance qui aurait pu se passer plus tôt, qui aurait pu être anticipé. On y reviendra parce que la fiscalité ne fait pas tout mais c'est vraiment un élément indispensable. Donc Impact du trail avait été mis en place et donc j'ai pu prendre les reennes de cette entreprise et de manière fluide cette entreprise est devenue la mienne au regard de tous, au regard des tiers, au regard des salariés, au regard des clients et cetera parce que cette transmission fiscale avait eu lieu précédemment. Alors je vous passe euh les détails, on a dû faire plan social, procédure de
sauvegarde et cetera, bref, mais à l'époque, on était 300, on est monté à 750 avant de céder une partie de du groupe l'année dernière. Donc le la transmission finalement c'est bien terminée. Mais moi ce que je retiens c'est pourquoi mon père n'avait pas ne m'avait pas passé les rennes plus tôt ? Et bien la réponse est aussi une question de de fiscalité. L'ISF était pour lui alors certes un impôt qui n'existe plus aujourd'hui mais l'ISF était pour lui un impôt qu' qui qui qui lui arrachait les trips et il refusait de payer un ISF sur un outil de travail qui ne serait qui n'aurait plus été un outil de travail s'il m'avait passé les règles. Il faut expliquer pourquoi. Parce que l'ISF à l'époque était exempté d'ISF euh les ce qu'on appelle l'outil de travail,
c'est-à-dire que vous travaillant dans l'entreprise ne payez pas l'ISF tant qu'il était dirigeant d'entreprise. et il a attendu d'avoir 84 ans et que la boîte soit au bord du dépôt de bilan alors qu'il avait fait la transmission dans le cadre d'impact du trait pour me passer les reenes et me dire écoute là je vois qu'on a plus le choix donc il faut que tu redresses cette entreprise vas-y tu la reprends et tout ça pour des questions fiscales qui certes aujourd'hui n'existent plus mais je pense qu'il est important d'alerter l'opinion publique sur les risques de ces de de ces de ces impôts qui finalement freinent la transmission et force à faire des transmissions dans des cas dramatiques. On aurait pu déposer le bilan et fermer complètement cette entreprise et notamment je pense à
l'usine de la région d'Anger. Il y a peu d'emploi industriel dans cette région. Je ne sais pas ce qu'auraient fait les collaborateurs du Coupa Méra si nous avions si nous avions fermé cette usine. Et oui, c'était l'un des grands effets délétaires de l'ISF qui faisait que les dirigeants restaient en place très longtemps pour effectivement ne pas être ne pas être soumis à l'ISF, ce qui posait des gros gros problèmes de transmission d'entreprise. Effectivement, mais mais si vous me permettez un mot supplémentaire, c'est vrai qu'il n'y a pas que la fiscalité, il y a également pour faciliter la transmission des questions de psychologie du chef d'entreprise. Comment est-ce qu'on convain le chef d'entreprise de transmettre ? Parce que transmettre son entreprise, c'est aussi perdre un statut
social pour certains. Donc comment est-ce qu'on explique que c'est nécessaire, que c'est de l'ordre de la responsabilité de chacun de penser à ce qui se passera quand on n plus là ? Moi, j'ai je n'ai pas attendu à 40 ans, j'ai pris des dispositions pour dire voilà ce qui se passera si je ne suis plus là. et et j'ai mis en place une gouvernance avec un comité stratégique extérieur avec mon mari qui est lui aussi entrepreneur qui reprendra les reines de l'entreprise si jamais il m'arrive quelque chose demain. Tout ça a été mis en place parce que je considère quel que soit l'âge du dirigeant qu'il est de notre responsabilité de nous organiser pour que notre entreprise nous survive pour que nos collaborateurs qui dépendent de nous, les familles de nos collaborateurs qui dépendent de nous
continuent à à bénéficier de de l'activité économique de l'entreprise au-delà du du de de l'état de santé du chef d'entreprise. Donc le maître mot, c'est anticiper. Si je vous écoute bien, le conseil que vous pourriez donner à tous les chefs d'entreprise qui nous écoutent, c'est anticiper. Anticiper, c'est votre responsabilité morale. Anticiper. Chez Ametra, on a tout mis en place pour que quelle que soit la personne qui dirige l'entreprise, il y ait une continuité dans notre activité et c'est important. Ce que propose aussi Serge Parpin, c'est un grand Tinder. Ils l'ont un peu marketé comme ça le rencontrre de ceux qui pourraient reprendre des entreprises avec les chefs d'entreprise. Alors, j'étais surpris euh de découvrir qu'il y a beaucoup de chefs
d'entreprise qui vendent assez tôt en réalité, vers 55 ans en réalité. Euh il y a beaucoup de sessions euh bien avant, on imagine souvent le chef d'entreprise jusqu'à 60 70 ans euh bien non 55 ans. Et donc l'idée c'est de rapprocher les vendeurs euh et euh les acheteurs avec un crédit vendeur. Ça aussi c'est quelque chose qui m'avait euh plutôt surpris. Euh je dis quand on vend pas besoin de crédit, on reçoit l'argent plutôt normalement. Donc en fait, on est en train d'organiser un marché quoi entre l'offre et la demande. Il me semblait qu'il y avait une autre question derrière tout cela, c'était est-ce que ça doit rester dans la famille en fait ? En gros, est-ce que il y a un peu le modèle allemand où allez c'est la stabilité lorsque c'est c'est les grands groupes familiaux. L'avantage
c'est que allez c'est beaucoup plus stable, on peut prendre des décisions à plus long terme versus et ben non, ça doit et ben finalement c'est pas forcément le fils 2 ou la fille 2 qui est le mieux placé. Et donc il faut laisser, il faut les bonnes personnes au bon endroit et donc globalement il faut l'ouvrir à à à d'autres fonds que des des fonds familiaux. Ça, je pense que c'est deux formes de capitalisme. Il y a eu plein C'est un peu le secret des du Mittle stand allemand hein. Cette force familial secret. Moi, j'ai jamais été convaincu ni par l'un ni par l'autre. Il y a des avantages, des inconvénients dans l'un et dans l'autre. Voyez, il y avait un livre moi qui m'avait marqué, c'était celui de Thomas Philippon sur le capitalisme d'héritier. Et donc
finalement, est-ce que le fils d' fille 2 est forcément la la meilleure personne à est-ce que voilà, est-ce que c'est un peu génétique ? Et donc bah ce que semblaient dire certaines études, non, pas forcément. Et donc pour asseoir un peu l'autorité que l'on n pas forcément de façon naturelle et ben on est plus dur dans son management et cetera. peut-être que il faut penser à la transmission mais pas que la transmission dans sa famille mais aussi peut-être la transmission avec des collaborateurs qui ont fait leur preuve et donc l'ouvrir. Et voyez ça c'est plutôt le modèle anglo-saxon ou don bah non allez globalement on te laisse tranquille pendant que tu fais ton travail et que tu montes mais une fois que allez tu as terminé ben c'est là ben où tu dois payer que tu dois trouver
quelqu'un et la personne qui veut arriver à ta place et bien faut qu'elle paye. il faut qu'elle montre qu'elle est motivée et cetera. Donc bon, allez, qu'on organise un marché, pourquoi pas ? Il me semblait qu'il était là. Je j'ai pas et c'est pour ça que j'ai peut-être pas bien réagi hier parce que je je suis pas sûr que ça soit le problème central aujourd'hui. D'accord. Il me semble que allez dans la famille ou en dehors de la famille, on peut trouver effectivement si on l'anticipe, mais ça je pense que le rôle des entrepreneurs, c'est d'anticiper tout, d'accord ? Y compris la transmission. Bon voilà donc fiscalement on peut toujours essayer de les inciter à le faire plus vite ou moins vite mais globalement que le chef d'entreprise il réfléchisse ça ça me semble complètement naturel.
Vous avez travaillé sur la fiscalité de la transmission d'entreprise François. Alors d'abord j'ai regardé le dossier de presse du gouvernement hier soir. [rires] Ça part d' François a bossé. Oui, il a travaillé. Bravo. Ça part d'un d'abord d'un constat qui est que ils annoncent 500000 500000 transmissions dans les par chaîn d'entreprises qui euh voilà qui qui quitteront leur entreprise par transmission d'essais ou je ne sais pas quoi dans les prochaines années. Après, moi je me souviens qu'il y a 30 ans à Ber on disait déjà qu'il y avait des dizaines de milliers de transmissions d'entreprises qui s'annonçaient pour les prochaines années et cetera. Donc je ne sais pas si cette situation est vraiment totalement nouvelle ou si c'est en fait la démographie un peu voilà depuis déjà
30 ans bah la démographie naturelle euh des entreprises. Je crois qu'on est autour de quoi 350000 euh sessions. Ce qu'ils disent c'est que pour les dernières années, on est à 30000. On est à 30000 par an et donc ils annoncent, ils disent "On va passer à 50000 par an." Grosso modo, c'est ça. Mais est-ce qu'on était déjà pas il y a 50000, il y a 20 ans, 30 ans, je sais pas. En tout cas, mais le plan lui-même, bah en fait, il y a pas grand-chose en fait. Enfin, si ce n'est que je ils vous ont peut-être écouté, mais [rires] ils insistent énormément justement un peu sur la pédagogie de la transmission. Donc l'idée c'est tout ça on va envoyer un courrier à tous les chefs d'entreprise à partir d'un certain âge pour 55 ans pour leur rappeler [rires] que un jour il faudra qu'ils
transmettent leur entreprise. Donc il faut qu'il s'y préparent, on va leur rappeler le pacte du trail, les autres moyens. On va effectivement la seule nouveauté c'est cette idée de crédit vendeur. Je sais pas si elle est totalement nouvelle d'ailleurs et si BPI fait pas ce genre de choses en réalité. Et puis euh pour le alors j'allais dire le gadget mais c'est ça allait peut-être pas, je sais pas, on verra ça. Et en effet, il y a l'application de rencontre euh entre les les chefs d'entreprise et leurs successeurs. Euh bon, je Non, mais c'est pour ça que je me moquais gentiment à l'introduction d'émission en disant que le gouvernement tente d'exister. Voilà, c'est bien, ça va dans le bon sens, c'est pas révolution non plus. Ce sont eux-mêmes qui ont utilisé le mot
Tinder. Écoutez, on est on est légitime à le à le reprendre. Mais ce Tinder de la transmission existait déjà à mon sens sur le site de BPI France qui organisait déjà un marché. Donc je ne sais pas si si ça suffira. Moi je reviens à mon point sur la fiscalité parce que on n' pas abordé un sujet qui est les débats qu'il y a eu autour du pacte du trait en 2025. Alors, je ne suis pas choqué par la solution à laquelle on est arrivé, c'est-à-dire de prolonger la durée de détention obligatoire post transmission de 4 à 6 ans et euh d'exclure des actifs euh qui sont euh qui qui bénéficient d'un abattement fiscal. Peut-être Charlotte rappeler pour euh ceux qui ne sont pas entrepreneurs ce qu'est le pacte du trail. Le pacte du trail est un dispositif fiscal qui
permet de réduire de de d'abattre de 75 % le l'impôt qui est dû lorsqu'on transmet son entreprise notamment à la génération d'après. Ce pacte du trail a permis quand même de nombreuses transmissions. Alors, j'entends ce que dit Ricard sur le fait qu'il existe d'autres modèles capitalistes. Certes, et je ne vais pas vous contredire là-dessus, mais quand même quand on a des enfants qui sont prêts à reprendre et des parents qui sont prêts à transmettre, bénéficier de ce pacte du trail et passer à la génération d'après, c'est quand même assurer une continuité et ne pas mobiliser les actifs de l'entreprise pour les distribuer à travers des dividendes pour payer un impôt sur la transmission et donc permettre à l'entreprise de continuer à investir, de continuer à faire de la croissance et
et ce qui permet aussi à l'entreprise de rester sur le sol français et de ne pas être acheté par des caps chinois, indiens et cetera. ce qu'on a vu beaucoup dans l'aéronautique et certains s'en sont émus d'ailleurs. Donc cette fiscalité du pacte du trail qui à mon sens est une excellente disposition a été chahutée en 2025 et moi j'ai vu beaucoup de chefs d'entreprise se dire mais qu'est-ce que je fais ? Est-ce que je vais pouvoir transmettre ? Oui, il y a une vraie angoisse hein des chefs d'entreprises à ce momentl débat. Ça a créé une vraie angoisse. Certains qui s'apprêtaient à transmettre ont mis totalement en pause le sujet. Encore une fois, je trouve que la solution à laquelle on est arrivé qui est donc de prolonger la du tension de 4 à 6 ans et puis d'exclure de l'assiette qui
bénéficie de ce dispositif fiscal tout ce qui est ce qu'on appel somptuel. Voilà, c'est-à-dire l'appartement de fonction avenue Foche détenu par le patron d'entreprise et qui l'a mis dans sa holding ne sera pas bénéficiaire de cet abattement fiscal. Peut-être un petit nettoyage à faire. Oui, je voilà. À titre personnel, ça ne me choque pas. Ce qui me choque en revanche, c'est qu'on a eu droit à des débats en 2025 profonds sur le pacte du trail. Et ça à mon sens ça a causé des stops sur un certain nombre de transmissions qui auraient pu se dérouler de manière plus sereine. Et chaque fois qu'on attaque le pacte du trail s'ouvre un débat très large sur finalement est-ce que c'est normal de bénéficier d'un abattement fiscal quand on passe de la génération euh N à la
génération N + 1. Et pour moi la question n'est pas enfin comment dire la la question mérite aussi un éclairage sur à quoi sert ce dispositif fiscal et ce dispositif fiscal sert à garder ses actifs en France. Moi, je suis convaincu qu'un chef d'entreprise français, alors qu'il soit génération N +1 ou qu'il soit issu du des managers de l'entreprise dans la version précédente, un un entrepreneur français est attaché à créer de l'emploi en France, à investir en France, à innover en France et donc gardons nos entreprises françaises. Et ce dispositif du trail est un dispositif fiscal indispensable. Ne pas toucher au pacte du trail. La discussion reviendra très certainement lors de la du prochain examen la prochaine loi de finance puisque c'est un sujet quand même récurrent. à Beril.
Allez, il nous reste quoi ? Une grosse dizaine de minutes à passer ensemble. Il est 10h47. Vous êtes toujours en direct sur BFM Business. Je voulais qu'on parle logement pour terminer. C'est l'autre grand plan annoncé hier euh cette fois-ci par le Premier ministre Sébastien Lecornu, le gouvernement qui promet [raclement de gorge] pardon une grande loi logement avant la fin de l'année et le texte prévoit notamment une remise en location des passoirs thermiques. Alors évidemment sous condition de travaux mais François Écal quel était le le danger ? C'est vrai que il y avait ces fameux bâtiments catégorie F et G qui allaient être très bientôt interdits à la location. C'était des centaines de milliers d'appartements
qui allaient disparaître du marché. Mais oui, il y a eu des en effet alors des je sais pas combien en effet mais beaucoup de logements risquaient en effet de disparaître du marché ou mais c'est aussi quelque part il y a une forme d'injustice. le risque enfin le risque le risque ce qui pouvait se passer c'est qu'il y a beaucoup de petits propriétaires qui n'étaient pas capables de faire les travaux parce que voilà ils ont un studio je sais pas où pas rentable et cetera et qui elle est et qui est obligé de le vendre à des à des promoteurs ou à je sais pas qui qui ont un peu plus de moyens à des prix très bas. Donc il y avait aussi une forme d'ajusie. Tout ceci moi me laisse penser me fait penser que on est face à une réglementation affreusement compliquée avec ces
diagnostics énergétiques qui sont d'une fiabilité douteuse et cetera. Moi, j'en reviens toujours à la même idée. C'estàdire en matière de lutte contre l'effet de serre, le meilleur instrument, bah malheureusement c'est pas populaire, mais c'est la taxe carbone. C'està dire, au lieu de mettre en place des trucs totalement euh inefficaces qui finissent par coûter de cher, qui sont injustes et cetera, vous dites aux gens à chaque fois que vous envoyez une tonne de carbone dans l'atmosphère, c'est 100 €. Voilà, c'est tout. C'est très simple. Alors, on connaît les problèmes, on connaît les problèmes, on a les gilets jaunes, mais en fait, on peut compenser, voilà, on peut compenser euh les ménages modestes ou ceux qui sont obligés de prendre leur voiture parce que il y a pas de
transport collectif et cetera, on doit pouvoir trouver des moyens. Ça pose aussi des problèmes pour les entreprises de compétitivité. Il y a un mécanisme, c'est le le mécanisme d'ajustement aux frontières, la taxe carbone aux frontières qui est insuffisant, c'est parce que ça ne ça permet de mettre les importations à égalité avec la production européenne, mais ça n'empêche qu'il y a un problème à l'exportation. On peut trouver des moyens, il y a il y a des idées mais mais c'est quand même malheureusement enfin malheureusement parce qu'on le frappe pas euh c'est quand même beaucoup plus efficace que toutes ces réglementations qui obligent ensuite à accorder des tas d'aides parce qu'on oblige les gens à faire des travaux coûteux et on lui dit bon on peut pas
les faire ben on va vous aider on va dépenser pour vous aider enfin voilà on tout ça n'a aucun sens et le résultat c'est une crise c'est une crise du logement absolument majeure dans ce pays er mais qui est pas nouvelle Et je ne comprends pas que les gouvernements successifs ne s'emparent pas de ce sujet. Enfin maintenant, toutes les études alors il faut pas dire toutes les études économiques, mais il faut préciser, mais il y a tellement d'études économiques qui précisent que le mal logement c'est source d'échec scolaire des enfants. Le mal logement c'est c'est source de maladie chronique et donc de taux d'absence des parents au travail. Le mal logement, c'est mauvaise intégration sur le marché du travail. Dès que vous prenez n'importe quel problème, y compris euh
environnementaux, vous avez le logement. Vous arrivez sur le logement ou et donc et même le coût du travail. Voyez si vous voulez baisser les salaires un moment en France ou le salaire minimum si vous voulez pas l'augmenter et ben il faut commencer par faire baisser le coût de ce loger. Si vous vous arrivez à vous loger dans un logement de bonne qualité à moindre coût que le SMIC n'augmente pas, ce n'est pas grave. Vous voyez donc globalement aujourd'hui je ne comprends pas que ce soit pas la priorité des priorités du gouvernement. Vous réglez le problème d'apparillement sur le marché du travail, les taux d'absente, le taux d'absentéisme ou d'absence, l'échec scolaire des enfants très rapidement la mobilité des français hein aussi qui ont tellement mal. Donc ça
devrait être la priorité des priorités enfin et et bah non, on fait l'inverse et là le président actuel il aime pas trop le logement. Faut quand même voyez, on a enlevé vous l'ISF mais on a gardé l'IFI hein. Vous voyez que globalement le considéré comme une rente. Bah oui, c'est considéré comme une rente et donc bah oui, c'est pas aujourd'hui bien mis en en valeur. Et donc effectivement puisqu'on n pas assez construit parce que le coût de construction à cause de toutes les normes euh d'ailleurs coûte très cher, on préfère rénover. Ça coûte moins cher. D'accord. Mais bah rénover c'est pas forcément au bon endroit. Si vous avez des bâtiments à rénover là où il y a personne, bah ça sert à quoi ? Vous voyez ? qu'il faut construire là où effectivement il y a un besoin, là où
les entreprises auraient besoin un peu de loger leur salariés. Donc voyez aujourd'hui, il faut revoir cette politique et plutôt favorable à la construction. Il y a un débat he Bercy par exemple dit que effectivement au lieu de de d'avoir ces 500000 constructions annuelles de faire il faut bien le faire d'un point de vue national. C'est que effectivement je vais pas citer de ville mais aller rénover dans des villes où il y a pas de bassin industriel où il y a personne voyez qui va aller dans une ville où il y a pas d'emploi, il y a pas de crèche, il y a pas d'école, il y a pas. Donc soit ça veut dire alors si on si on va construire là, il faut aussi mettre des écoles et cetera. Donc le coût il est bien plus important parce qu'il va falloir mettre des services
publics dans des déserts euh qui qui qui où où il y a plus du tout de service public. Donc attention donc je suis bien sûr pour la rénovation, il faut faire les deux. Et là effectivement, on est allé un peu trop vite. Moi, je suis d'accord avec euh François sur la taxe carbone, mais attention euh ça ne marche mais François l'a dit que si on le redistribue, pourquoi il y a eu les gilets jaunes ? C'est qu'on l'a pas redistribué parce que c'est très compliqué de redistribuer. On s'est bien taxé mais redistribuer aux bonnes personnes, il y a des effets de seuil, c'est très compliqué et donc du coup et ben il y a des personnes qui sentent laisé et là pour le coup c'est les plus modestes qui la payent qui qui la payent plein pot. Donc oui pour la taxe carbone mais il faut aussi
l'associer à des mouvements de rénovation de construction. Une grosse politique du logement, ça devrait être vraiment la politique numéro 1 pour le prochain gouvernement. Bon et Sébastien Lecornu, il a annoncé hein un enrue 3 l' rue, je rappelle, Agence nationale de rénovation urbaine. Euh le 2e programme avait coûté 12 milliards. On a une idée de combien ça pourrait coûter euh François pour la suite. Bon des milliards et des milliards. La chef d'entreprise euh qui doit embaucher, qui euh doit chercher des ressources, des talents est-elle confronté à ces problèmes de logement ? Mais bien sûr. Alors, on entend 14 milliards dans les médias, hein, sur l'enue 3, mais je c'est c'est c'est le domaine de ces messieurs, je les laisserai s'exprimer. En tout cas, côté Ametra, ce que je peux
vous dire, c'est qu'avec nos 12 sites en France, quand on veut embaucher à Bourge par exemple, à Rohan ou bien en Île-de-France, la question du coût du logement est un vrai coût. On a 150 embauches à faire cette année. Évidemment, la contrainte principale de nos collaborateurs, c'est combien ça me coûte de me loger à côté de chez Ametra où je vais commencer à travailler. Donc, je rejoins totalement Eric Alier. Il faut que ce plan logement soit pensé en lien avec les bassins d'emploi, avec l'économie réelle. rénover des logements là où aucune entreprise n'ira embaucher les gens qui qui habiteront, ça n'a pas de sens. Donc là, 100 % d'accord. Donc il faut un dialogue avec les collectivités locales, ce qui manque très souvent évidemment sur les avec les collectivités locales
et il faut surtout un plan national. Vous voyez peut-être que on a parlé de niches fiscales avec à mettons le pack du TR mais il y a d'autres niches fiscales sur le logement mais est-ce qu'elles ont bien été réfléchies au niveau national ? Non, c'est des promoteurs qui prennent ses ses avantages fiscaux. euh et qui construisent et là on a des constructions où il y a personne à l'intérieur. Ça a coûté très cher aux finances publiques et ça n'a pas réglé. Donc on voit bien que là pour le coup il va bien falloir qu'on réfléchisse au niveau national et qu'on mette des aides OK mais bien ciblé là où on veut qu'il y ait des constructions et pas laisser ça uniquement au marché et au promoteurs. C'est ce qu'on a fait avec des carottes fiscales François. Le pinel a fonctionné
pendant très longtemps, sauf que on a construit et les rebiens et cetera, sauf qu'on a construit à des endroits où on avait pas forcément de c'est là où là je je serais pas totalement d'accord avec [rires] Allons-y. Je pense que le marché fonctionne mieux que l'intervention publique dans Typiquement le problème du logement quel est le problème du logement en France ? Le problème c'est que d'un côté on a accumulé plein de contraintes sur l'offre. Des contraintes fiscales, des contraintes réglementaires, des contraintte dans les relations entre propriétaires et bailleurs, des contraintes sur la disponibilité des terrains qui est aux mains des maires et les maires n'ont pas envie de construire parce que leur électeurs n'ont pas envie de construire. Donc on a plein de contraintes sur
l'offre et d'un autre côté ben on essaie de compenser ça en stimulant la demande. Alors on fait du des incitations à l'investissement locatif. Alors là encore tous les tous les ministres du logement ont donné leur nom à un nouveau dispositif depuis euh alors ça a commencé avec Killess Mayori euh au début des années 2000 et on en est aujourd'hui au dispositif Vincent aussi pour on modifie le seuil de revenus pour les ménages qui en profiteront. On le seuil de loyer exigible, le zonage des endroits. Donc on essaie de trouver la la Martin Gale mais évidemment on la trouve jamais. Ça marche jamais parce que l'évolution du marché est beaucoup plus rapide que l'évolution des réglementations. Donc ça marche pas. On simule la demande aussi
en faisant des allocations logement. Il y a plein de travaux qui montrent que en fait quand quand l'offre est contrainte et ben les allocations logement qui simulent la demande, elles ont surtout pour effet d'augmenter les loyers. Alors, il y a une étude hein, il y a pas plusieurs études, il y a une étude étude. Oui, il en faudra [rires] une deuxième [souffle coupé] et voilà. Enfin, bon, on peut penser ça peut quand même avoir des effets dans ce sens-là. Voilà. Euh, il y a des travaux de CDE, a des travaux de l'occrélasticité de l'offre de logement au prix est la plus faible en France par rapport à des tous les autres pays. Donc, on est parté, voilà, on bloque le logement d'un côté et on essaie de stimuler de l'autre. Ça ne marche pas. Voilà. Donc en fait, mais le problème c'est que si
on vous il faudrait à la fois débloquer du côté de l'offre et et aussi faire des économies par exemple du côté de la demande, bah en ne revenant pas en ne remettant pas à nouveau des niches fiscales et cetera. Mais il y a un problème de timing, c'est-à-dire que quand les les effets favorables d'un déblocage et les contraintes de l'offre, vous allez les avoir dans le long terme, hein, ça va pas se faire tout de suite. Alors que si du jour au lendemain, vous supprimez le PINEL, ce qui a été fait, bah évidemment, vous avez des effets immédiats tout de suite sur l'investissement locatif. Donc il faut pour pour que ça marche, il faudrait que les politiques acceptent voilà de supporter des coûts à court terme pour des bénéfices à long terme. Ils en sont en général c'est plutôt l'inverse
[rires] qui se passe. Ils aiment en général assez peu. Voilà donc on ne le fait pas. Voilà pour le mot de la fin. Merci à tous les trois Anne Charlotte Freducci François et Ericier pour cette émission passionnante disponible en podcast et replay sur l'application BFM Business le site et toutes les plateformes de diffusion. Tout de suite, c'est tout pour investir la masterclass avec Christopher Dembi. Quant à nous, on se retrouve lundi même heure, même endroit, 10h en direct sur BFM [musique] Business. Très bonne journée, très bon weekend à tous. M.
Serge Papin