Aller au contenu
Pourquijevote
Tous les transcripts
Discours / meetingJean-Luc Mélenchon (sur YouTube)· 28 avril 2017 32 minAutoproduitActualité / polémiqueInstitutions & électionsÉconomie & entreprisesSolidarités & familleEurope & international

#RDLS26 : APRÈS LE PREMIER TOUR DE LA PRÉSIDENTIELLE

Transcription youtube_captions. À recouper avec la source d'origine.

Analyse automatique

Générée par IA — peut contenir des erreurs. Méthodologie

Chapitres

Répartition du ton (temps de parole politique)

Propositif 40 %Attaque 40 %Défensif 20 %

Affirmations vérifiables (citations exactes)

  • 3:00Locuteur 1Fait
    « On est pas habitué à ça dans un grand pays avancé De voir un bazar pareil dans l'organisation des listes électorales. »
  • 4:00Locuteur 1Fait
    « Et pourtant à 20h Pof! ils avaient l'air de savoir hein exactement Avec deux paquets, avec une marche assez haute pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté. »
  • 5:00Locuteur 1Chiffre
    « À 620 000 voix près, on était au deuxième tour. »
  • 6:00Locuteur 1Chiffre
    « 7 679 000 pour madame Le Pen 7 200 000 pour monsieur Fillon 7 000 060 pour moi. »
  • 8:00Locuteur 1Chiffre
    « Trente-huit départements nous ont qualifiés pour le deuxième tour. »
  • 11:00Locuteur 1Chiffre
    « 30% des jeunes ont voté avec nous. »
  • 13:00Locuteur 1Chiffre
    « 84% des gens qui ont voté pour ma candidature l'ont fait par adhésion. »

Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.

Bonjour, voila le 26e épisode de la revue de la semaine. Vous êtes 320 000 abonnés à cette chaîne, vous êtes ma liberté. Le moyen pour moi de m'exprimer sans être interrompu toutes les deux secondes, de développer une pensée en plus de 140 signes.

Avec tout ce qu'un raisonnement contient, c'est à dire, des arguments, des contre-arguments, des réponses aux questions que l'on se pose des fois soi-même, et ce sont souvent les plus difficiles à régler Voila. Allez, générique. Bon, je vais évidement vous parler de l'élection présidentielle, parce que c'était un évènement national, international, j'ai reçu des messages du monde entier.

Et puis, parce que nous en avons été les protagonistes les plus directs, vous là qui m'écoutez, et moi qui vous parle. La soirée avait un goût bizarre en commençant, je vais vous dire pourquoi. D'abord toute la journée on a eu des appels d'amis, de groupes Disant "Mais qu'est ce qui se passe ?" "On a été radié des listes électorales." Bon, ça crée une ambiance un peu bizarre Surtout que la semaine d'avant on avait appris qu'il y avait 500,000 personnes inscrites en double.

Bon ça c'est une ambiance un peu spéciale tout de même On est pas habitué à ça dans un grand pays avancé De voir un bazar pareil dans l'organisation des listes électorales. Donc ça crée une ambiance un peu malsaine, d'autant que Le weekend médiatique, c'était carrément la république bananière. Sur le service public comme d'habitude un grand reportage, dès le matin Sur la répression au Vénézuéla, hein Bon comme ça, ça crée une ambiance.

Et puis sur une chaîne privée j'ai vu qu'il y avait une longue interview d'un biographe de monsieur Macron et alors ça discutait pour savoir comment était l'homme, si il avait bien évolué et le reste, bon C'est pas une bonne ambiance, la France c'est pas comme ça d'habitude C'est beaucoup plus respectueux de la trêve, du silence, de la réserve, chacun fait un effort pour bien respecter la règle. Là, visiblement, la règle....

Et l'après-midi on m'a dit, vous savez les instituts de sondage qui m'ont fait l'amitié de m'appeler, me disent : C'est dans un mouchoir de poche, Il n'y a pas moyen de bien arriver à savoir. Et pourtant à 20h Pof! ils avaient l'air de savoir hein exactement Avec deux paquets, avec une marche assez haute pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté.

Et moi, dans l'ambiance je me suis dit il vaut mieux attendre le résultat du Ministère de l'Intérieur. Parce qu'il y avait un côté ridicule. D'abord vous aviez tout le vieux monde qui a réaccouru sur les plateaux de télé Il y en a on ne se rappelait même plus qu'ils existaient Les voilà qu'ils sont là et qui péroraient, donnaient des conseils, des avis sur tout surtout sur ce que nous on doit faire, bon.

Et puis, malgré tout, moi je savais que c'était une comédie. Et à la fin, on a bien fait parce que cela s'est en effet joué dans un mouchoir À 620 000 voix près, on était au deuxième tour. Bon Parce que pour la deuxième place, les trois sont dans les 7 millions de voix.

Alors ça donne 7 679 000 pour madame Le Pen 7 200 000 pour monsieur Fillon 7 000 060 pour moi. Donc, vous voyez, c'était ric-rac. Et on a bien fait de ne pas se précipiter pour aller chanter des alléluias au vainqueur.

Néanmoins, c'est perdu. C'est à dire que nous ne sommes pas qualifiés pour le deuxième tour. Alors peut-être que le choc a été plus rude pour nous cette fois-ci que d'autres parce que tous nous avons senti que ça pouvait le faire.

On l'a senti très fort. Et un des signaux à quoi cela se voyait c'est le déchainement de la dernière semaine contre moi. L' ALBA, je ne sais pas quoi, le Vénézuela, tout y est passé la Russie, pêle-mêle ils ressortaient tout ce qu'ils avaient dans les placards pour le mettre au feu.

En réalité la dernière semaine ils ne l'ont pas du tout passée à faire campagne contre madame Le Pen. Ils l'ont passée à faire campagne contre moi. Bon alors on sentait que s'ils étaient énervés comme ça c'est parce que c'était ric-rac.

Quelle a été l'influence de cette campagne ? Je ne sais pas. En attendant, voilà : à 620 000 voix près il n'y aura pas d'augmentation du SMIC il n'y aura pas de Sixième République il n'y aura pas de référendum révocatoire il n'y aura pas de sortie du nucléaire, il n'y aura pas le 100 % d'énergies renouvelables il n'y aura pas la cantine gratuite pour les mômes, et bio, et il n'y aura pas une seule des propositions pour la paix que j'ai présentées qui sera sur la table.

Évidemment, ça laisse quand même un goût d'amertume, hein ? Et on a le droit d’être très déçu. Mais surtout dans quelle situation nous voilà ?

Tout le monde est pris à la gorge et prié de s'aligner, séance tenante, sur un choix. D'ailleurs ça tombe bien il est hautement prévu d'avance ce choix au point qu'on peut plus appeler ça un choix donc c'est une situation extrêmement tendue c'est une violence qui est faite à la plupart d'entre nous. Et de cette violence il ne peut pas sortir une situation stable.

Parce que la nature même des deux protagonistes du deuxième tour interdit cette stabilité. L'un, parce que c'est l'extrême finance, l'autre, parce que c'est l'extrême droite. Mais je laisse ça pour tout à l'heure.

D'abord, il faut pas non plus que tout ça nous fasse perdre de vue l'ampleur du succès que nous avons remporté et bien sûr çe n'est pas passé à 620 000 voix près mais quand même, trente-huit départements nous ont qualifiés pour le deuxième tour. C’est pas rien ! Et dans un très grand nombre de grandes villes de France nous faisons des scores qui nous placent en tête et des villes de toutes obédiences politiques quant au maire, c'est pas réservé à une catégorie particulière par exemple nous sommes en tête à Montpellier dont le maire est un PS, à Lille, dont le maire est un PS Alors Montpellier : 31,5% Lille, c'est un maire PS : 29,9% Le Havre, c'est un maire de droite : 29,8%.

On est en tête. Toulouse, c'est un maire centriste : 29,2% Grenoble c'est un maire ami qui votait pour moi : 28,9%. Bon, je passe la couleur politique.

Avignon : 28% en tête, St-Étienne : 25%, en tête. Marseille, Marseille : 25% et nous sommes en tête ! Nîmes : 24%.

Et puis il y a aussi des villes de la banlieue parisienne, dont une est le record, je crois Gennevilliers, avec 47% des voix ou La Courneuve : 44%. Bon, ça m'a amusé de voir qu'on est aussi en tête à Évry C'est pour dire ça arrive à tout le monde même à monsieur Valls de me voir devant lui. A Roubaix, à Tourcoing et puis il ya des villes, où sans être les premiers à l'arrivée on est quand même très très haut.

Très très haut, par exemple à Rennes 26%, à Nantes 25% Amiens 25%, Besançon 25% Clermont-Ferrand 25%, Strasbourg 24% Bordeaux 23%, Limoges 23%, Lyon 23%, Le Mans 22%, Dunkerque 22%. Vous voyez, c'est des résultats extraordinaires ! C'est la plus forte progression entre les différents candidats depuis 2012 et pour nous c'est pas seulement la plus forte progression et être arrivés en tête dans tant de villes, c'est qu'on a aussi réduit l'écart avec madame Le Pen d'une manière spectaculaire.

Nous on a progressé de 75% depuis 2012 et on a resserré avec elle parce qu'elle a cette fois-ci avancé moins vite que nous et vous savez que depuis le début le but c'est la reconquête de la confiance des milieux populaires C'est eux l'enjeu. Notre politique, notre programme, c'est pas pour les gens qui ont les grosses voitures, les yachts, les gros portefeuilles, et tout ça, c'est pas pour eux C'est pour les braves gens, les gens simples qui veulent juste vivre décemment de leur salaire, ou de leur retraite, donc c'est un crève-coeur pour nous quand elle arrive à les convaincre. Des fois elle se déguise, elle prend nos habits et elle remue comme nous quoi, Elle essaye de faire du Mélenchon !

Elle dit comme ça on va duper les gens Bon, elle est pas la première à faire cet exercice. C'est Hollande aussi qui faisait ça avant. il faisait : "Oui, je vais prendre 75%". il se rappelait plus 75% de quoi, mais bon enfin c'était toujours ça de dit.

Et puis, il avait dit : "La finance est mon ennemie". "Je vais renégocier les traités". Enfin vous vous rappelez de tout ça.

Donc c'est pas la première fois qu'on a affaire à des mystifications. Mais les gens petit à petit ne s'y trompent pas. Et puis c'est pas ça le fond.

Le fond, c'est la capacité qu'on a eue à proposer une ligne d'horizon pour tout le monde, quelque chose à faire tous ensemble, à améliorer la vie des gens. Là je viens d’évoquer des villes, mais quand on regarde l'ensemble aussi, c'est spectaculaire. Parce que 30% des jeunes ont voté avec nous.

C'est pas rien ! Et c'est très important parce que ça ça montre que le programme, l'idée elle va franchir la génération suivante. et c'est elle qui va le porter parce que c'est quand même elle qui a le plus intérêt à la transition écologique, à juguler les guerres, à finir la monarchie présidentielle et à partager les richesses c'est la génération suivante qui est la plus consciente, d'ailleurs ça se voit 30% a voté pour ce programme.

C'est qu'ils ont tous bien compris que ça va pas le faire en continuant avec les vieilleries du passé, les guerres partout le nucléaire, le diesel, enfin toutes ces choses quoi qui sont dorénavant sur la table et y a plus le choix. Et maintenant, si on regarde la situation dans son ensemble en prenant un peu de hauteur on s'aperçoit que elle est totalement instable. Pourquoi ?

Parce que le pays était très clivé avant que commence cette élection présidentielle La seule mise en ordre idéologique qui s'est opérée elle s'est fait essentiellement sur l'Avenir en Commun et ma candidature. Pourquoi ? Parce que 84% des gens qui ont voté pour ma candidature l'ont fait par adhésion.

C'est le résultat des enquêtes. Alors il y a 16% qui l'ont fait par défaut en disant on vote pour lui, on est pas d'accord sur tout, ou même on n'est pas d'accord sur grand chose mais en gros l'idée nous convient Évidemment ce sont des votes tout à fait respectables et bienvenus mais ce qui est certain c'est que l'essentiel c'est des gens qui ont adhéré à un projet, à une idée, hein, et c'est la plus forte progression, donc on peut en déduire que c'est de ce côté-là que la société a donné un sens. En même temps on ne peut pas nier que madame Le Pen a aussi progressé Et à l'inverse, le premier de la classe lui , c'est lui qui a le plus faible taux de gens qui ont voté pour lui par adhésion C'est là qu'il y a plus de gens qui se sont dit, ben ma foi, on vote pour lui par défaut.

Pourquoi ? Parce qu'on nous a dit que c'était le meilleur rempart contre madame Le Pen ou bien parce qu'on nous a dit que bon il était jeune il a fait les grandes écoles donc S'il a fait les grandes écoles et qu'il s'intéresse à l'argent, il doit donc être un ami de notre portefeuille, des choses comme ça Mais le résultat de tout ça c'est qu'il y a pas de stabilité à la sortie et que 65% des gens n'ont pas de représentation politique au deuxième tour. Ça c'est le... la Cinquième République !

Alors avant, comme c'était très polarisé entre deux positions essentiellement, les gens arrivaient à se regrouper. Mais là, comment vont-ils faire ? puisque les deux candidats du deuxième tour ils ne se proposent pas de regrouper. ils se proposent au contraire de séparer et de trier les gens.

Maintenant on en parle. Pour agir efficacement, il faut réfléchir au-delà de l'instant. Il faut pas se laisser enfermer dans les injonctions de ceux qui veulent nous tordre les bras pour nous faire dire ci, nous faire faire ça.

Que va-t-il se passer ? En toute hypothèse après l'élection présidentielle arrive l'élection législative. Si je regarde les chiffres, telle qu'elle est la France Insoumise, si elle reste regroupée, si ses votes restent regroupés eh bien elle sera présente dans 451 circonscriptions au deuxième tour puisque dans 451 circonscriptions à l'heure actuelle, avec le résultat actuel et bien elle fait plus de 12,5% des inscrits et donc elle peut se maintenir c'est beaucoup 451 circonscriptions sur les 577 de notre pays Et donc c'est une situation qui peut nous être favorable.

Il faut toujours penser comme ça, en positif en se disant qu'on va y arriver. Parce que sinon, on rabougrit sa cause, on la réduit à un rôle de témoignages qui au fond n'intéressent personne Donc, je vous propose d'aller de l'avant, d'une manière conquérante. Et pour ça il faut franchir l'étape qu’il y a à franchir aujourd’hui, bien sûr, mais la franchir en pensant à la suite.

Pour qu’on puisse envisager cette suite, il faut rester regroupés. Parce que ce sera très précieux pour le pays que de pouvoir s'appuyer sur une force qui a un projet, qui a un programme, car bien sûr, à l'élection législative on présentera le programme l'Avenir en Commun Qu'est-ce qu'on ferait d'autre ? On va le faire en continuité de l'élection présidentielle.

Qu'est qu'on peut faire d'autre ? Ça n'aurait pas de sens ! Et puis on va le faire en se donnant les uns et les autres notre parole que c'est à ça qu'on s'en tiendra, au programme Voilà pourquoi il y a une charte des candidats de la France Inoumise aux élections législatives.

Tout ça est prêt. Cette force, elle est un atout pour le pays. Pourquoi ? parce que quelque soit le résultat du deuxième tour, nous avons affaire à deux personnages qui tous les deux portent un projet qui va diviser tout le monde créer une pagaille inouïe dans ce pays.

Le premier, parce que c'est l'extrême finance, donc il va vous raboter ce qu'il vous reste d’acquis sociaux et il va organiser la guerre de chacun contre tous au plan économique. La madame Le Pen, c’est encore pire. Elle va aller fouiller dans les berceaux qui est Français ?

Qui ne l’est pas ? Et qui ne le sera plus ? Enfin bref.

En plus de toute la charge sociale qu'elle porte contre les intérêts des salariés, parce qu’il faut jamais oublier ça, C’est certainement un des personnages les plus retors et fourbes sur ce sujet, parce que ça se voit pas tout de suite Il faut aller chercher dans les pages de son programme pour s’en rendre compte Donc, avoir une force stable et rassembler, voilà l'objectif qu'on se donne Et dans ces conditions, ma position est singulière parce que, ayant été le porte-parole et le candidat sur lequel se sont regroupées 7 millions de voix, je dois tenir compte du fait que ces 7 millions de voix ont adhéré à un projet, c’est ce que disent les études. C’est très important, ça veut dire que c’est une... des gens extrêmement cohérents et conscients mais pour autant, est-ce qu’ils sont tous d’accord sur la tactique à suivre ?

Bien sûr que non ! Et c'est bien comme je le sais depuis le début depuis le début j'ai dit : s'il y a un deuxième tour et que je n'y suis pas alors on fera une consultation de ceux qui ont porté ma candidature. Je ne sais où sont les 7 millions de personnes, elles ne sont pas venues s’inscrire sur la plateforme mais ceux qui sont venus sur la plateforme pour adhérer au mouvement pour appuyer ma candidature et le programme l’Avenir en Commun Eux ils savent pourquoi ils sont là.

Ils sont 480,000 à cette heure Bon on a bloqué les comptes. Je crois qu’on devait être le samedi ça devait être 450,000 parce que ca n’arrête pas de continuer à adhérer Bien, c’est pas des clics ces gens-là ! C'est des milliers de gens qui ont cotisé pour que la campagne puisse avoir lieu c’est des gens qui ont fourni des milliers de volontaires pour organiser les différentes réunions que nous avons tenues dans le pays, qui ont produit des dizaines de volontaires pour accueillir, encadrer les caravanes qui ont fait les 105 pauses dans les quartiers populaires pour aller discuter avec les gens et chercher les votes.

Donc c’est la capacité qu’ils vont avoir à rester groupés qui va être décisive. Et moi en tant que porte-parole, mon devoir est tout tracé. Alors c'est bien parce que les autres l'ont compris qu'ils ont pas envie, nos adversaires, n'ont pas envie de nous voir revenir à l'élection législative.

Parce qu'eux ils se disent "Tout ça est une comédie" "On connaît le résultat d'avance de l'élection présidentielle" "On ne veut pas retrouver ces gens au moment de la législative." "Parce qu’ils pourraient nous menacer à nouveau" "Ils pourraient à nouveau l’emporter" "Catastrophe ! S'être donné tout ce mal pour à la fin tout perdre à l’élection législative !" C’est ça qu’ils se disent.

Donc comment s’y prennent-ils? Ils créent le doute. Le doute sur moi.

Il y a un doute ? Il y a un doute sur quoi ? Sur ce que je pense du Front National ?

Mais moi mon opinion elle est affichée sur tous mes habits depuis 5 ans. La voilà. Vous vous rappelez de ça ?

Qu'est-ce que ça représente ? Ça représente l'insigne des déportés politiques Bon. Et puis ça représente la lutte pour la journée des trois-huit.

Vous voyez, ça me met à distance de bien du monde dans cette affaire pour le deuxième tour. Mais franchement... est-ce qu’il y a une seule personne d'entre vous qui doute du fait que je ne voterai pas Front National ?

Tout le monde le sait ! Et d'ailleurs, parmi les 7 millions de personnes qui ont voté pour moi au premier tour de l'élection présidentielle, je suis quasiment certain qu’il doit y en avoir d’une manière très résiduelle qui vont aller voter pour le Front National. Comment je le sais?

Ben il me suffisait de regarder dans les rassemblements ! Chaque fois que j'ai mis en cause le Front National et madame Le Pen tout le monde criait ! Il n'y a pas de doute sur qui nous sommes !

Nous, nous sommes une mouvance politique qui n'a rien à voir avec l'extrême droite. Nous sommes y sommes confrontés historiquement, culturellement, philosophiquement, ça tout le monde le sait. Enfin, c'est même bien moi qui suis allé à Hénin-Beaumont faire campagne contre madame Le Pen et que tous les beaux esprits d'aujourd'hui à l'époque se sont moqués de moi, et ont soutenu, ils ont tous défilé, là-bas, quelqu’un dont vous vous souvenez le nom certainement puisqu’il a mené depuis des luttes héroïques contre le Front National.

Vous vous en rappelez de son nom ? Non, vous ne vous en rappelez pas. Pourquoi ?

Parce qu’il n’a rien fait. Il n'était pas là pour ça. Il était juste là pour m’empêcher d’être élu contre elle.

Voilà à quoi il servait. Bon, tout ça c’est du passé, j'ai pas l'intention de le remâcher Mais je veux dire, enfin ! Le doute n’existe pas !

Sur ce que va être mon vote, il n'existe pas. il est créé, pas pour la présidentielle, il est créé pour ficher la pagaille dans la législative qui arrive derrière, pour qu’on puisse vous retrouver à ce moment-là en disant : "Comment ?" "Il n'a pas dit ci, il n'a pas dit ça !" "Moi je ne peux pas" Enfin ils vont vous faire le numéro d'indignation habituel.

Voilà le véritable enjeu parce que réfléchissez-y les gens, c’est stupide ce qu’ils sont en train de faire ! Le comportement de monsieur Macron le met dans une situation chaque jour un peu plus difficile. Il passe à la télévision, la première personne à qui il s’en prend c’est moi !

C’est absurde! Et il dit aux gens : "Vous méritez mieux que lui." Ah, vous allez finir par énerver tout le monde, à faire comme ça.

Et puis derrière, pouf ! Tous les griots, et des fois d’une manière très vulgaire ! C'est invraisemblable toute cette vulgarité, cette manière de vouloir nous tordre les bras Ils se mettent en danger !

C'en prendre à moi de cette manière, ce n' est pas raisonnable, ça énerve tout le monde, il a déjà perdu 6 points. Ce n’est pas moi qui les lui ai fait perdre. Mais enfin, à la fin, ça commence à bien faire, non ?

On nous avait dit que c’était lui le meilleur barrage contre madame Le Pen, D'ailleurs, il y a plein de gens qui l'ont cru, qui se sont dit : "Eh bien, on vote pour lui parce que c'est le vote utile", comme ils disent. Et maintenant ils découvrent tous que leur candidat, il n’est pas si fameux que ça, et puis pour ce qui est de faire campagne électorale, c’est pas très au point, et ainsi de suite. Mais prenez-vous en à vous.

C’est vous qui avez organisé cette comédie. Et bien, gérez la maintenant ! Alors je les vois qui se trainent à mes pieds pour que je dise ceci, ou que je dise cela, Mais non !

Je ne dois pas le faire. Je ne dois pas le faire parce que ce qui nous est demandé, Ce n’est pas un vote anti-fasciste, ce n’est pas un vote anti-extrême droite, ce que nous demande monsieur Macron, il l’a dit : il nous demande un vote d’adhésion. Vous comprenez ?

Non, nous n’adhérons pas à ce projet Alors avec cette simple phrase, il s’est encore mis dans une plus grande difficulté. Ça va pas m’empêcher, moi comme personne, de faire ce que j’ai à faire. Je suis une personne libre.

Je suis un individu, pas un pion. Moi j'irai voter. D’abord parce que c’est dans le programme il y a écrit le vote obligatoire, donc j’essaie au moins d’être cohérent avec le programme que j’ai défendu.

Après, ce que je vais voter, je ne vais pas le dire. Mais il n'y a pas besoin d’être grand clerc pour arriver à deviner ce que je vais faire. Mais pourquoi je ne le dis pas ?

Pour que vous puissiez rester regroupés Pour que vous puissiez rester regroupés. Parce que, pour que chacun d'entre vous, quelle que soit la décision qu’il va prendre, il puisse rester en cohérence avec le vote qu’il a fait à la présidentielle pour moi. Et qu'il puisse continuer à être fier de son vote.

Qu'il n'ait pas été démenti par son candidat. peut-être que si on avait vécu ensemble 10 ans de vie politique, que le mouvement ait 15 ans, peut-être que j’aurais dit : les amis, voilà ce que je fais On serait assez intimes, en quelque sorte pour que je puisse faire des confidences. Mais là, je ne dois pas le faire.

Si je le fais je vous divise, à quoi ça servira ? Vous n'avez pas besoin de moi pour savoir ce que vous avez à faire. Vous n'avez pas besoin de moi.

Je ne suis pas un gourou, je ne suis pas un guide. Je suis un responsable politique qui essaye d’éclairer le chemin et de porter la parole des autres. Je crois que je viens de vous aider à réfléchir.

Faut d’abord être des personnes libres, des personnes conscientes. Vous allez prendre une décision. Je ne vous connais pas tous, mais je vous connais assez pour savoir ce que vous ne ferez jamais.

Donc ce n'est pas le sujet entre nous. Maintenant, vous allez vous demander comment agir efficacement pour le pays. Je viens de vous en donner l’essentiel des clés.

Mon rôle est de vous aider à rester groupés. D’être la force qui va appeler, qui va rassembler. J'en profite puisque je suis là pour en parler.

Moi je tends la main à tous ceux qui veulent faire équipe commune avec nous dans la France Insoumise. Parce que c'est le cadre. C’est la France Insoumise qui a recueilli ces 7 millions de suffrages, c’est le programme l’Avenir en Commun Quand je dis “la France Insoumise” je dis "le programme l’Avenir en Commun".

Un programme c'est très important. Ce n'est pas un gadget qu'on jette à la poubelle une fois l'élection terminée. C'est un programme qui va organiser notre action, quels que soient les événements, pendant des années.

Soit qu'on ait à l’appliquer parce qu’on gouverne, soit parce qu'on ait à le proposer parce qu'on est candidats à des élections. L’Avenir en Commun, ça reste notre cadre. Par respect pour les gens, il faut s'en tenir à ça.

Et mon rôle ne va pas au-delà de ça aujourd’hui Il ne peut pas aller au-delà. Donc on a trouvé la méthode, celle que j’avais promis dès le début. J’avais dit : "S’il y a un deuxième tour et que je n’y suis pas" Il y a longtemps que j'ai dit ça, je l'avais fait exprès hein.

Eh bien, Ceux qui auront appuyé ma candidature décideront de la suite. Et voilà, nous y voilà. Nous allons donc faire une consultation.

Elle est en cours. Vous pouvez y participer si vous avez donné votre appui à ma candidature avant samedi. Avez-vous remarqué que dans cette liste des propositions, des options, il n'y a pas le vote Le Pen ?

Eh bien c'est c’assez comme ça. Tout le monde a compris. Mais vous n’obtiendrez pas, dis-je à ceux qui m’objectent matin, midi et soir et qui ont décidé, parfois dans des termes extrêmement vulgaires, de s'adresser à moi, vous n’en obtiendrez pas davantage !

Vous ne me tordrez pas les bras, et vous ne les tordrez pas aux millions de gens qui m'ont fait l'honneur de voter pour moi pendant cette élection. Et ce n'est pas la peine d’aller sortir ici une personne ou l’autre qui dit le contraire de ce que j’ai dit, c'est bien son droit. Nous formons un mouvement de personnes libres, conscientes, et attachées au bien commun.

Et chacun d’entre nous va faire pour le mieux dans une situation hideuse, qu’aucun d’entre nous n’a voulue. Et ensuite on va publier les résultats. Mais écoutez-moi bien, vous n’êtes pas au bout de vos surprises !

Cette consultation ne vaudra pas décision. On donnera un tableau, on dira "Voilà ce que pensent les Insoumis" J'espère que vous serez nombreux à vous exprimer. On dira "Voilà ce que pensent les Insoumis" On ne dira pas "Il y a une majorité, une minorité", "L’un l’a emporté sur l’autre" parce que nous ne sommes pas un parti.

Ce n'est pas une compétition entre des plateformes, des tendances, des courants, des sous-courants ou que sais-je encore qui ont leur légitimité dans les partis, mais qui n'ont pas de place dans un mouvement. Il aura donc un exposé, un tableau des résultats. Je crois que cette méthode est la bonne.

C'est la plus ouverte, c'est la plus respectueuse du point de vue de chacun et moi je tiens beaucoup à ce que le renouveau des pratiques politiques ne soit pas que des mots. Ce n'est pas parce qu'on fait une plateforme qu’on renouvelle, on renouvelle une méthode de travail, c’est tout. Mais quand on dit "On fait une consultation et on va exposer le résultat" sans dire "Il y a une majorité, il y a une minorité" parce qu’il suffit que les gens regardent, oui on commence à changer un peu la relation entre le mouvement politique et la population.

Voilà, on propose à la population qui regarde, ceux que ça intéresse, on lui tend un miroir sur lequel est écrit ce que vous avez ressenti. Bon, je dois vous dire : Quand j’ai un doute sur la façon de faire, je regarde comment font les syndicats. Pourquoi ?

Parce que les syndicats sont dans une situation assez comparable à celle d'un mouvement comme le nôtre. Pourquoi ? Parce que le syndicat doit s'unir sur des consignes d'action, sur des perspectives, sur des revendications avec des gens qui sont très divers politiquement, socialement, bon, très divers.

Et à plus forte raison le syndicalisme confédéré. C'est très important. Donc on apprend en les regardant faire.

Et là je me suis dit : "Voyons ce qu’ils vont dire de cette situation." Parce que quand même ils sont en première ligne. Eux ils savent que les conquêtes sociales du pays, les acquis sociaux sont mis en cause de tous les côtés.

Eh bien j'ai vu qu’ils s’étaient distribués entre plusieurs points de vue. Bon, la CFDT appelle à voter Macron, c’est un point de vue, mais, pour ce qui est de la CGT, de Force Ouvrière et des Syndicats Solidaires Non, ce n’est pas ce qu’ils ont dit. Ils ont choisi une autre forme d'expression.

La CGT dit : "Il faut faire barrage à l'extrême-droite." dans laquelle elle voit un danger pour la démocratie, la cohésion sociale et le monde du travail. Pas une voix ne doit se porter sur sa candidate Mais elle dénonce aussi les mauvais coups, tels la loi travail, la loi Macron, le renoncement à une Europe sociale et l'utilisation à répétition du 49 3.

Solidaires : "Pas une voix ne doit aller au FN et pas de soutien à une politique libérale." Solidaires réaffirme que par une voix ne doit aller au FN, pas de soutien à une politique libérale et répressive. L' alternative n'est pas la continuité avec les politiques des précédents gouvernements.

Quant à Force Ouvrière, elle ne donne pas de consigne de vote. Force Ouvrière ne donne aucune consigne de vote. Elle pointe la crise politique et les effets suicidaires de l’austérité.

Elle appelle au rejet de tout racisme, xénophobie, antisémitisme, et la fin des politiques d’austérité, et au rejet de la loi Travail et son amplification. Bon, voilà. Donc, nous évidemment nous ne sommes par un syndicat nous faisons des choix politiques.

Mais la méthode des syndicats nous intéresse et c'est celle que je crois bien représenter par cette technique de la consultation. Voilà, Et bien je crois que je vous ai tout dit. Je sais que beaucoup d'entre vous sont... très bouleversés par la décision qu'ils ont à prendre.

C’est normal. Déjà, Il y a beaucoup de frustration après les résultats du premier tour, et ça aussi c'est normal. Il y a eu du chagrin.

Et ça aussi c'est normal. Et il faut laisser ces choses nous traverser si nous voulons pas passer notre vie à les contenir. Parce qu'à la fin elles finissent par nous dominer.

J’ai dit : "Il nous a manqué 620 000 voix pour être présents au deuxième tour de l'élection présidentielle." Ça ne s'efface pas comme ça un constat de cette nature. Pourquoi nous a-t-il manqué 620 000 voix ?

Alors on peut dire : "Parce que le candidat du PS n'a pas respecté le code de bonne conduite" "et qu'il a passé sa fin de campagne à me taper dessus et à me traiter de tous les noms" plutôt que de s'occuper de madame Le Pen Bon, on peut aussi dire "Les médiacrates ont fait une campagne" Tout ça est vrai ! Mais si on en reste à ça, on va recommencer à tourner en rond dans la division, la rancœur, l’amertume, et ça ne mène nulle part. Ça ne règle aucun des problèmes qui est devant nous.

Il faut donc adopter continuellement un point de vue conquérant. Un point de vue de l'avant. Eh bien, ce qui nous a manqué, la réserve, où est-elle ?

Il y a 10 millions de personnes qui ne sont pas allées voter. 10 millions de personnes se sont tenues à l'écart de la scène politique. Je veux bien qu’on enlève les mal inscrits, et tout cela, peu importe !

Ça fait des millions de personnes. Eh bien si on travaille en pensant à elles, on va avoir de bons résultats. Parce qu'on va être obligés d'être positifs, d'être de l'avant.

Et pour ça il y a une règle : pas de combines, pas de coups tordus, pas de consignes inexplicables et incompréhensibles. Toujours se projeter en positif, dans la position qui est la plus rassembleuse, celle qui peut permettre de donner un débouché positif à notre peuple, et s'y accrocher mordicus. Ne jamais céder à autre chose !

Ne jamais se laisser emporter par les humeurs du moment, les pressions qui s'exercent sur nous...

Pouf ! Ça passera ! Ce qui compte, c’est le chemin qu’on ouvre, et comme dit le poète Machado, j’espère que vous le savez, “Le chemin se fait en cheminant.” Eh bien voilà.

Je vous appelle à cheminer, et à vous mettre en mouvement, et à rester unis. Voilà, je vous dit à tous "A bientôt !" Je sais que vous résisterez à toutes les pressions qui vont s'exercer sur vous.

Je vous remercie pour les milliers de messages que vous m'avez envoyés. Avec une chose incroyable : Vous dites "Merci". Je ne sais pas merci de quoi mais vous me dites merci tous autant que vous êtes.

C'est à mon tour de vous le dire. Vous entendez ma voix ? J’ai eu un petit rhume ou une petite anginette juste à partir du lundi.

Vous voyez comment ça tombe ! Mais, ça va bien, ma santé est bonne je ne me retire pas de la vie politique, je ne pars pas en retraite, je ne suis pas dépressif, je suis au combat. Et j'y reste.

Et je crois que sans doute je vais encore diriger la manœuvre pour les élections législatives qui arrivent parce que il faut transformer tout ça en une force conquérante. Je compte sur vous ! A bientôt !