L’Asie et l’Océanie face aux mutations de l’ordre mondial
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 72 %Attaque 10 %Défensif 18 %
Questions et réponses
Taux de réponse directe : 88 % (directe = 1, partielle = 0,5, éludée = 0)
- 2:00OuverteRéponse directe
Que pèse l'Europe et la France dans le rééquilibrage politique et économique face à la Chine ?
- 4:00OuverteRéponse partielle
Comment la France peut-elle contribuer à la paix dans les conflits Inde-Pakistan et Cambodge-Thaïlande ?
- 6:00OuverteRéponse directe
Quelle place et quels atouts pour la France dans l'Indo-Pacifique hors polarisation sino-américaine ?
- 18:00OuverteRéponse directe
Où en sont les négociations avec le Vanouatou sur les îles Matthew et Hunter ?
- 20:00OuverteRéponse directe
Comment articuler diplomatie, partenariats régionaux et transition écologique en Asie ?
- 27:00OuverteRéponse directe
Quelle est la situation en Afghanistan et quels canaux subsistent avec les talibans ?
Modèle mistral-small-latest · prompt v1· les citations sont vérifiées mot pour mot dans le transcript ; le taux de réponse directe est calculé à partir des verdicts question par question. Aucun label idéologique n'est produit.
Bien mes chers collègues, nous allons reprendre nos travaux et donc je voudrais accueillir monsieur Benoît Guidet, directeur d'Asie et d'Oanie du ministère de l'Europe et des affaires étrangères. Bonjour monsieur le directeur. Euh comme je vous l'ai dit, notre président Cédric Perin est en déplacement pour notre commission et donc je vais donc assurer le la présidence de cette séance.
Euh donc après les auditions de Nathalie Brodrice des Amériques et des Caraïbes, de Romarie Croignan, directeur d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient au mois de juin, notre commission poursuit donc son cycle d'audition des directeurs de zone géographiques. La vôtre, monsieur le directeur, est particulièrement vaste. Elle s'étend d'est en ouest, de l'Afghanistan jusqu'à la Polynésie, du Nord au sud, de la Corée du Nord jusqu'à l'Australie.
Donc nous vous remercions bien sûr d'avoir accepté l'invitation de la commission pour nous faire un point général de la situation en Asie-Oie, laquelle n'échappe pas aux mutations de l'ordre mondial imposée notamment par l'administration Trump mais aussi n'échapp pas à ses propres tensions intérieures à commencer par celle causée par la Chine dans cette région. L'an dernier, cette audition avait pu se limiter à la seule question chinoise, aux relations conflictuelles avec les voisins de la Chine, bien sûr le sujet de Taiïwan, les prétentions territoriales en mer de Chine méridionales et aussi les sorciens précédents de son industrie d'armement. Nous avons en effet en mémoire le défilé militaire du 80e anniversaire de la fin de la seconde guerre mondiale en septembre 2025 par lequel Pékin s'est livré une démonstration de force matérielle dans tous les domaines en ne négligeant aucun secteur dissuasion nucléaire robot drones d'accompagnement des avions de chasse missile antinavir et cetera dont la traduction opérationnelle s'est manifestée par un exercice de simulation de blocus de Taïwan le 30 décembre 2025 avec mes chers collègues 130 avions, 22 navires détectés en 24 he manifestation de puissance lors de ses vœux pour 2026 le président s'est exprimé en faveur d'une gouvernance mondiale plus juste équitable face aux restrictions sur les puces électroniques ou les droits de douane américain avec la Chine comme nouvelle puissance globale.
Monsieur le directeur, vous nous direz donc comment décrypter ce message, vous qui revenez d'une tournée en Asie avec notamment, je crois, une étape importante en Chine. Dans ce contexte, je commencerai quelques questions pour lancer le débat. Que pèse l'Europe ?
Que pèse la France dans notre volonté de rééquilibrage politique et économique de de nos relations avec la Chine ? C'est un un vrai sujet pour nous. Plus largement, l'actualité de la région ne se limite pas à la Chine.
Il y a évidemment l'éruption de la guerre en 2025 entre deux États dotés, l'Inde et le Pakistan. Nous avions d'ailleurs une mission de cette commission au moment où cette guerre s'est déclarée, également entre le Cambodge et la Thaïlande qui appartiennent tous deux une même instance économique régionale. Euh concerne la France dans chacun de ces deux conflits, comment le partenariat stratégique avec l'Inde et aussi va se traduire et également l'héritage historique du tracé des frontières en Adochine qui donc peut fluctuer.
Je voudrais rappeler que le sommet de la francophonie se tiendra au Cambodge en novembre 2026 que la Thaïlande en est membre. Que pouvez-vous nous dire sur ces deux conflits que je viens de citer et surtout comment la France peut contribuer à la paix. Enfin, un dernier point, les intérêts de la France dans la zone se manifestent également au travers de notre stratégie indo-acifique.
C'est une politique que notre commission suit régulièrement avec des missions en Indonésie, au Japon, en Inde. Le constat récurrent est globalement celui d'un déséquilibre entre nos ambitions qui sont grandes et nos moyens qui eux sont comptés. Là encore, quelle place, quels atouts pour la France dans cette région en dehors de cette polarisation de plus en plus importante entre les États-Unis et la Chine.
Je vous donne donc la parole pour une intervention liiminaire et après nous engagerons à un débat avec mes collègues. Et je rappelle que cette audition est captée et diffusée en direct sur le site du Sénat. Vous avez la parole.
Ouais, voilà, celui-là. Madame la présidente, mesdames les sénatrices et messieurs les sénateurs, euh je vous remercie de cette occasion de venir présenter les derniers développements de de la politique asiatique de de la France et et aussi dans son cadre européen. vous venez de de de mettre en avant plusieurs points qui qui qui marque les évolutions très rapides dans la zone Asie-pacifique. en premier lieu le fait que cette région qui était considérée comme une zone de de stabilité relative dans un monde en crise et de plus en plus elle-même aspiré dans la dans la dans la spirale de de désordre et de et de recours débridés à l'usage de la force.
Euh vous avez cité les les derniers euh les les exemples les plus flagrants qui sont deux conflits interétatiques. L'un en Asie du Sud entre l'un et le Pakistan, l'autre en dans l'Aséane euh entre le Cambodge et la Thaïlande. Vous avez aussi cité le renforcement de des capacités et de l'agressivité de la marine chinoise sur l'ensemble de son de son portau maritime et en particulier autour de de Taïwan.
Euh le les tensions sont très clairement à la hausse dans cette région et les risques de déstabilisation beaucoup augmenté. Euh un un autre élément euh très important euh qui qui s'installe, c'est euh la prééminence des logique euh de zone d'influence qui est une réalité euh dans le monde entier. Le le président de la République l'avait rappelé dans son allocation allocution pardon lors de la conférence des des ambassadeurs le 8 janvier dernier.
Rappelez que nous évoluons dans un monde de grande puissance avec une vraie tentation de se partager le monde. Ça n'est nulle part plus vrai que dans cette zone de l'Indo- Pacifique. Le le troisème élément qui est relativement nouveau, vous l'avez signalé, c'est cette stratégie indo-acifique de la France et de l'Europe qui se déploie avec une une volonté d'en faire une très forte priorité.
Pendant longtemps, les enjeux de l'Asie et de l'Océanie ont été vu comme relativement périphérique par rapport au cœur de nos intérêts. Ça n'est plus le cas aujourd'hui, très clairement. Euh et il suffit de euh regarder les déplacements de nos autorités, en particulier du président de la République euh qui était euh en en Chine en décembre dernier euh qui s'est aussi rendu l'année dernière euh dans la Zéane notamment et qui se rendra la semaine prochaine en Inde.
Puis d'autres d'autres visites suivront dans dans la région pour voir l'importance aujourd'hui qui est accordée, la véritable priorité politique qui est accordée à cette région. Et si vous me le permettez, je commencerai par ce point-là, les les la question des des des intérêts de pourquoi pourquoi pourquoi le l'indopacifique, pourquoi l'Asie Pacifique est une priorité pour nous ? et et et ensuite, je souhaiterais parler de de cette question de la dynamique sino-américaine et de la façon dont elle impacte nos intérêts français et européens et enfin évoquer le projet que nous portons d'une d'une coalition des indépendants, une alliance entre l'Europe et l'Asie pour préserver notre souveraineté, notre autonomie stratégique.
Euh et je je vous prie d'avance de m'excuser si je ne couvre pas l'ensemble des sujets. Il a beaucoup de sujets importants, mais je je comprends que le temps est relativement limité et je pense que nous pourrons les aborder les différents sujets lors du du des des questions euh sur le le caractère prioritaire de de cette région. Alors cela peut paraître une évidence venant du du directeur d'Asie et d'Océanie, mais on pourrait aussi imaginer une on pourrait imaginer que ça ne soit pas que que l'Asie Pacifique soit considérée comme pas nécessairement une priorité.
C'est ce que nous disent les Américains en fait. Si vous regardez la stratégie nationale de sécurité américaine qui dit les Européens finalement euh n'ont pas euh n'ont n n'ont rien à faire en en Asie-pacifique, il devrait se recentrer sur leur propres problème en Europe et sur le pouretour. Euh et c'est vrai que nous avons une multiplication de crise et on pourrait imaginer que que des voix s'élèvent pour dire "Concentrons-nous sur nos problèmes immédiats et n'allons pas nous perdre sur des sujets exotiques." Euh ça n'est évidemment pas la position des des du gouvernement français et et ça n'est pas la position de l'Europe.
Pourquoi ? Parce que je dirais trois intérêts vitaux se jouent en Asie pour la France et pour l'Europe. D'abord sur le plan économique.
Euh je rappelle très brièvement l'Asie Oanie c'est un/ers du PIB mondial. euh trois des cinq plus grandes économies mondiales. Et puis surtout c'est aujourd'hui des défis qui sont des défis qui qui touchent à nos intérêts vitaux, en particulier lié aux surcapacités chinoises industrielles chinoises qui sont un véritable potentiellement un véritable tsunami industriel pour nos pour nos pour nos pour nos pour l'ensemble des secteurs de de européens et dont on voit déjà un certain nombre d'effets, en particulier en Allemagne mais plus généralement en Europe sur l'emploi.
Euh le et et le deuxième grand défi, c'est notre dépendance aux chaînes de valeur asiatique, en particulier chinoise, mais pas seulement, qui fait que la la sécurisation la sécurisation de ces chaînes d'approvisionnement se joue d'abord dans cette zone. Donc deux deux enjeux clés, deux défis clés auxquels nous devons faire face et qui amènent à être extrêmement proactif dans dans nos relations avec cette région. C'est aussi d'un point de vue plus positif une région nous pouvons trouver des alliés dans notre stratégie de souveraineté économique, de réindustrialisation, de décarbonation et dans notre capacité à revenir dans la course sur les nouvelles technologies, je pense en particulier à des économies comme le Japon, la Corée du Sud, voire Taiïwan. euh l'Inde à terme euh qui peuvent jouer un rôle clé, Singapour qui peuvent jouer un rôle clé de de ce point de vue. 2è 2è 2è intérêt euh vital, la sécurité.
Ça c'est beaucoup plus nouveau jusqu'il y a quelques années, les enjeux de sécurité en Asie étaient vu comme assez lointain et disjoint par rapport aux enjeux de sécurité européens. ça n'est plus le cas pour deux raisons. La première, c'est l'éruption du des des facteurs asiatiques dans la garde d'agression russe en Ukraine.
Euh l'illustration la plus spectaculaire étant la participation directe de la Corée du Nord et avec un impact significatif et je dois dire que personne, je crois, dans les observateurs, n'avait vu venir cette ce rôle de la Corée du Nord dans le conflit dans un conflit européen. La deuxième moins spectaculaire mais encore plus importante étant le soutien constant de la Chine à son partenaire russe qui permet à la à la à la à la Russie de poursuivre son effort de guerre dans la durée. Le deuxième élément en terme de sécurité, c'est la prise de conscience de la montée des périls en Asie.
Et avec un impact direct sur nos intérêts, une crise, par exemple dans le D3 de Taïwan aurait très clairement un impact sur l'économie mondiale démesurée. Il aurait aussi un impact sur l'ensemble de l'ordre international extrêmement important. Donc là aussi, nos intérêts sont en jeu de manière très directe.
Dernier point, les enjeux de disons d'habitabilité de la planète, ce qu'on appelle les enjeux globaux. Et là aussi, une bonne partie de de notre capacité à faire face au défis climatiques, au défis de la biodiversité se joue en Asie. Je rappelle que plus de 50 % des émissions de gaz à effet de serre sont dans la zone.
Environ les 3/4 de la production de charbon mondial et 80 % de l'ensemble des plastiques des versés dans la mer le sont dans cette région. Euh donc euh en tout cas sont originaires de cette région. Euh mais c'est aussi dans cette région qu'on trouve un certain nombre de solutions à ces enjeux avec solutions technologiques en particulier puis aussi des initiatives comme celles portées par l'Inde de d'Alliance solaire internationale.
Donc on a un ensemble aussi de de solutions qu'on peut trouver. Ça n'est pas que des menaces. au-delà de ces trois points, un enjeu très spécifique à la France qui est euh nos territoires ultramarins dans l'océan Indien comme dans l'océan Pacifique euh où se joue euh naturellement des enjeux de souveraineté et d'intégration régionale des territoires dans nos relations avec les les pays de la zone.
Donc on le voit bien, ce qui se joue dans dans cette région, c'est notre capacité à peser sur les affaires du monde, à faire vivre l'autonomie stratégique et finalement à contrôler notre destin, d'où l'importance d'être présent. Et nous faisons face aujourd'hui mon 2è point à un un défi euh qui est euh les effets de l'ascension euh spectaculaire de la Chine dans cette région et euh les effets de la dynamique euh de de la relation euh sino-américaine qui se qui se développe depuis un peu plus d'un an nouvelle qui est celle de de la de la de de des de la de la question des zones d'influence puisque puisque c'est aujourd'hui une approche qui est beaucoup plus retenue par l'administration américaine que dans le passé et que c'est une approche qui est aussi celle fondamentalement de de la Chine. Donc l'ascension de la Chine, je ne rappelle pas, était fulgurante au cours des 30 dernières années.
Simplement un rappel, c'était un/4 il y a 25 ans un/4 du PIB du Japon. aujourd'hui, c'est l'inverse. Ça donne ça donne une idée du du renversement des des rapports de force.
Et aussi un élément extrêmement important à voir l'esprit, c'est aujourd'hui la Chine, c'est à peu près un/ers de la production industrielle mondiale et les les la tendance est plutôt vers les 40 %. on arrive vers une domination qui est à peu près du même ordre que celle des des États-Unis de l'après-guerre pour donner une une idée du du poids de la Chine aujourd'hui. Euh cette domination n'est pas hégémonique.
Un certain nombre de de pays continuent à jouer un rôle extrêmement important. Je pense en particulier au Japon, à l'Inde, à l'Australie dans une certaine mesure. Mais infiner, le seul véritable contrepoids à la Chine, c'est les États-Unis.
Or euh et c'est ce qui a changé au cours de l'année écoulée, le rôle de ce rôle de contrepoids qui avait stabilisé finalement la région pendant longtemps est maintenant remis en cause par l'attitude de de l'administration Trump qui déboussole complètement les partenaires et alliés des États-Unis dans la zone. Ce que nous avons vu, c'est dans une première une une première phase au cours de de l'année écoulée, une phase de rapport de force où les États-Unis ont essayé d'imposer une guerre commerciale à la Chine et très rapidement les États-Unis ont été obligés de reculer face à une série de démonstrations de force chinoises et l'on peut dire que au terme de de l'année écoulée, le sommet de poussane entre les présidenti et les présidents Trump a marqué très clairement une victoire chinoise dans ce premier de cette première année. Ça ne veut pas dire sur sur la longue durée, mais en tout cas très clairement aujourd'hui la Chine est dans une position très confortable.
Elle se sent elle a été capable de repousser les États-Unis, elle a imposé finalement son tempo et s'ouvre pour elle une année 2026 sous le signe du G2. En tout cas, c'est ce que le président Trump a souhaité. Les Chinois disent ne pas aimer la le l'idée du G2 et militer pour un monde multipolaire.
La réalité est qu'il se prête très bien à ce jeu. Euh et et finalement, on va voir une année où il y aura plusieurs occasions d'échange au plus haut niveau entre les deux présidents. La visite du président Trump en avril, le sommet de la PEC à Schengen en novembre et le sommet du G20 aux États-Unis en décembre.
Donc toute une on peut imaginer que cette année va être dominée par une phase euh de détente de de et une phase très transactionnelle entre les deux pays euh qui fait assez largement l'affaire de la Chine qui peut continuer à se renforcer tout en finalement faisant des concessions assez limitées sur un certain nombre de sujets qui permettent de de de réduire la pression avec l'administration américaine. Dans le même temps, les dans les deux pays et c'est très clair à Pékin, il n'y a aucune illusion sur l'avenir de cette de cette dynamique. Si les choses peuvent être sous contrôle en 2026, peut-être encore en 2027, il est très clair que les le consensus à Pékin, un petit peu plus compliqué aujourd'hui à Washington, mais quand même assez large, et de penser qu'on va vers une confrontation de toujours plus forte, pas nécessairement militaire, mais une confrontation dure entre les deux pays structurellement, c'est ça la tendance.
Et donc on se prépare dans le même temps avec des mesures de plus en plus restrictives et notamment des mesures de plus en plus restrictives vis-à-vis des des pays tiers en matière de contrôle export, en matière de de tentative d'arsenaliser les dépendances des pays tiers dans la perspective de cette confrontation sino-américaine. Ce qui veut dire et et j'essaie de de de résumer au maximum pour nous que nous nous retrouvons finalement face au pire des deux mondes. C'est-à-dire que la dynamique G2, cette dynamique apparente réduit finalement l'intérêt pour la Chine, en tout cas le sentiment d'urgence à répondre aux préoccupations des autres partenaires et en particulier de l'Europe.
Je vais venir à ces ces préoccupations mais il manque il manque ce ce cette pression puisque finalement la relation avec les États-Unis permet de enfin se passe sans trop de de difficulté dans le même temps puisque on se prépare à la suite qui risque d'être une confrontation une un ensemble de mesures aussi bien en Chine qu'aux États-Unis qui risque de nous prendre en étau et on en a vu déjà un certain nombre de d'illustrations sur des sujets de semi-conducteur où l'on voit que il y a un vrai risque que nos industries soient prises en étau de de de décisions contradictoires des de superpuissances. Donc face à cette situation, il est très clair qu'il est indispensable de réagir, d'être d'être d'être proactif. Euh et j'en viens à ma ma mon 3e point. cette comment réagir, il faut nous imposer à la table, éviter d'être à l'agenda des discussions entre les États-Unis et la Chine.
Alors, il y a un volet américain qui ne me concerne pas, mais il y a aussi un volet chinois sur lequel ça cela veut dire qu'il faut redoubler d'efforts pour engager la Chine et par ailleurs, il faut diversifier et c'est tout l'enjeu de l'alliance enfin l'alliance Europe Asie que nous que nous portons. Donc sur le volet Chine, l'Europe l'Europe a tout à perdre d'un d'un d'une division du monde entre les États-Unis et la Chine puisquelle est la plus intégrée dans les chaînes de valeur mondiale et c'est elle qui en souffrirait le le plus. C'est aussi elle qui fait face, étant un continent ouvert au libre échange, le plus directement au problème des surcapacités chinoises et et qui risque si elle ne régit pas de se de devenir le déversoir de ces surcapacités.
Euh face à cela, il ne faut pas rester dans une position de il faut absolument être capable d'engager la Chine. Euh et ça c'est une c'est c'est ce que la France a été capable de de faire. Nous sommes très clairement parmi les très rares pays occidentaux à maintenir de manière constante un dialogue au plus haut niveau avec la Chine.
C'est un atout important. Je crois qu'il y a que les Allemands qui ont ce cette même qualité du dialogue qui est particulièrement soulignée par nos nos partenaires chinois suite à la visite du président de la République en en décembre dernier. Ce qui est important, c'est que ce cet engagement n'est pas une forme d'apaisement.
Il ne s'agit pas de réduire nos attentes vis-à-vis de la Chine. C'est une Nous sommes aussi parmi les plus vocaux au sein de l'Union européenne pour dire euh en quoi le comportement de la Chine nous pose problème. Et de ce point de vue-là, il y a deux grands sujets qui n'épuissent pas le les tout t tout tout toutes les difficultés que nous pouvons avoir avec la Chine, mais deux sujets vraiment les plus importants. le soutien de la Chine à la guerre d'agression russe en Ukraine qui a un effet sur la relation euro eurochinoise et par ailleurs les questions économiques autour de d'une part de des surcapacités chinoises et de et du déficit habissal eurochinois.
Je rappelle aujourd'hui le l'excédent commercial chinois a dépassé les 1000 milliards de dollars qui se répartissent en trois. 300 milliards en gros pour les États-Unis, 300 milliards pour l'Europe et 300 milliards pour le reste du monde dont 100 milliards pour l'Inde. Donc on fait face à des des des équilibres qui sont totalement insoutenables euh et qui ne font que s'aggraver.
À côté de ça, nous faisons face aussi à une instrumentalisation de nos dépendances et toute la passe d'armes sino-américaine sur les exportations de terre rares a eu un impact sur l'ensemble du monde et donc sur l'Europe et a montré à quel point il est urgent de remédier à cette question de nos dépendances vis-à-vis de la Chine. Les terres sont le sujet le plus visible aujourd'hui, mais on pourrait faire une liste beaucoup plus longue sur la pharmaceutiques, sur les produits électronique. Enf, je pourrais faire une liste assez longue.
Je je m'arrête là. Donc ça, ce sont les les deux grands sujets sur lesquels nous disons à la Chine, la situation n'est pas durable. Il est il est temps que que que la Chine prenne en compte nos préoccupations.
Il y a d'autres évidemment d'autres sujets qui sont extrêmement importants. Taiwan, les les problèmes de la mère de Chine méridionale, les questions de droits de l'homme qui restent un sujet important. Vous avez aussi évoqué, madame la présidente, les les initiatives en matière de gouvernance mondiale qui peuvent être aussi un sujet.
On pourrait parler par ailleurs de la cybersécurité. Il y a bien d'autres sujets, mais j'ai voulu insister sur ces deux sujets vraiment essentiels. Alors, comment on avance là-dessus ?
Pas seulement en en se plaignant auprès des Chinois, naturellement. Il faut aussi proposer quelque chose et et ce qui est euh ce qui est dit euh ce qui a été dit clairement par le président de la République aux autorités chinoises en décembre euh c'est que nous souhaitons euh nous nous croyons en la possibilité d'un partenariat avec la Chine mais ce partenariat doit être sur une base rénovée autour d'un triple agenda, un agenda de stabilité géopolitique. Nous sommes en désaccord avec la Chine sur le conflit ukrainien.
Nous avons cependant et sur un certain nombre de crises, nous avons cependant un point commun, c'est que nous sommes attachés à la stabilité géopolitique. Ça c'est la base d'un dialogue avec avec la Chine, c'est une différence avec la Russie et avec un certain nombre d'autres d'autres grands acteurs. Euh le deuxième point, c'est le sans doute le plus complexe, c'est celui du rééquilibrage économique.
Et là, les choses sont dites très clairement. le réquilibrage euh va intervenir parce que il est impossible que euh on continue comme ça. Et il y a deux façons qui interviennent. un réquilibrage euh concerté et collectif euh qui serait gagnant gagnant et c'est celui que nous proposons notamment dans le cadre de la présidence française du G7 en associant euh la Chine à aux discussions euh ou un un rééquilibrage qui se fera par la force des choses et qui sera un réquilibrage par des mesures de protection du marché européen et qui seront finalement au désavantage des deux parties.
Mais il est très important que la Chine comprenne que si s'il n'y a pas de coopération, on risque d'en arriver à des scénarios négatifs pour tout le monde. Et 3è 3è point et notamment je dans ce dans ce scénario un des de de rééquilibrage positif un des éléments extrêmement importants et de passer d'une logique d'exportation prédatrice qui détruisent les emplois en Europe à une logique d'investissement chinois dans la durée encadrée avec des transferts de technologie qui feraiit que la Chine contribuerait contribuerait à au développement économique et industriel de de l'Europe, ce qui serait aussi un avantage pour elle de de de d'avoir un développement dans la durée de de ces relations avec l'Europe. Dernier point, c'est un agenda de soutenabilité autour des questions climatiques qui intéressent la Chine d'abord parce qu'elle est un leader dans ce domaine, mais aussi parce qu'elle voit bien que les États-Unis ont laissé une place euh béante sur ce sujet. et donc une volonté d'essayer d'engager la Chine de manière plus plus positive sur ce plan-là.
Je finis euh sur l'autre volet euh puisque euh pardon, je je dois dire avant de avant de venir au volet Europe Asie, euh le tout cela ne peut fonctionner que si nous sommes capables de rétablir un rapport de force plus équilibré avec la Chine. Ce rapport de force, il passe par une priorité à l'unité européenne, c'est de travailler au niveau européen pour s'assurer que nous sommes capables de développer une approche donc unie et ferme vis-à-vis vis-à-vis de de la Chine. Nous avons progressé au cours des dernières années, je je tiens à le souligner, depuis ce moment très difficile où la France et l'Allemagne avaient voter l'une en faveur des mesures décidées par la commission sur les véhicules électriques, de la taxation des véhicules électriques chinois et l'autre l'Allemagne contre cette ce vote et c'est vrai que c'était un très mauvais signal envoyé par la envoyé à la Chine de division européenne.
Nous avons beaucoup travaillé et aujourd'hui nous convergeons beaucoup plus fortement en franco-allemand et ensuite avec la volonté de créer une dynamique en soutien un certain nombre de positions fermes de la Commission européenne pour pour rétablir le rapport de force. le ministre des affaires étrangères Jean Noël Barreau, la la euh la la résumé par l'approche 3D, c'est-à-dire une approche qui consiste à dérisquer, à dissuader, donc ça c'est toute la question des outils de de défense commerciale européen et à dialoguer puisqu'il une fin, le but est de parvenir venir non pas à un découplage mais à une relation plus équilibrée avec la Chine et donc plus durable. L'autre aspect c'est la relation donc pour pour équilibrer le rapport de force, c'est de trouver des partenaires.
Et ces partenaires, on les trouve beaucoup en Asie. Ce sont des partenaires qui sont qui font face au mêmes défis que nous, qui sont face au même risque d'être pris en étau entre la Chine et les États-Unis. Donc qui sont aujourd'hui dans une logique de diversification et euh ça n'est pas seulement purement tactique pour eux de se rapprocher vers l'Europe.
Ce qui nous disent de plus en plus et c'est très clair en particulier des deux pays qui sont en train d'évoluer le plus rapidement, l'Inde et le Japon, ils ont pris conscience du réveil stratégique de l'Europe et cela fait de l'Europe un partenaire qui les intéresse non seulement sur le plan commercial mais aussi aujourd'hui et c'est nouveau sur le plan de la sécurité de la défense. Et ça ouvre de ce point de vue là possibilité de de partenariat beaucoup plus stratégique avec ces pays. Donc l'Inde, le Japon évidemment, l'Azéane aussi qui est un qui est un partenaire sur lequel nous nous parions de de plus en plus.
Euh, il faudrait aussi citer l'Australie à la Nouvelle-Zélande. Mais je je me tiens à votre disposition pour pour aller pour en parler plus en détail et avec aujourd'hui la nécessité vis-à-vis de ces partenaires qui sont intéressés par l'Europe de démontrer que nous sommes capables de faire la différence sur les points qui les intéressent le plus d'être des acteurs qui sont qui qui peuvent apporter notamment une une autonomie stratégique et c'est pourquoi nous développons avec ces pays et cette région des partenariats de souveraineté qui doivent renforcer notre souveraineté et renforcer la leure autour notamment des accords commerciaux euh de des partenariats de sécurité de défense de l'innovation technologique et du numérique de la sécurisation de nos approvisionnements notamment en matière de terre rare dans lequel nous avons un partenariat qui se développe avec le Japon assez exceptionnel et qui qui associe aussi la Malaisie dans le domaine des enjeux de transition énergétique en particulier et enfin de sécurité de sécurité maritime. Tout cela va donc se poursuivre au cours de cette année avec une série de de de contacts de haut niveau et la volonté d'associer un grand nombre de nos partenaires dans le cadre de la présidence française du G7.
Je vous remercie et je vous prie de m'excuser pour la longueur de cette Non non il y avait Merci beaucoup de d'éléments que vous nous avez donné. Je pense qu'il y a aussi le facteur temps quand on parle de comment réagir par rapport à la Chine parce qu'elle va elle très très vite. Donc je pense que dans notre réaction, il faudra intégrer aussi ce facteur.
Mais je vais tout de suite donner la parole à Philippe Foliot. Oui, merci madame la présidente, monsieur le directeur, merci pour cet éclairage complet qui était le vôtre par rapport à cette zone du monde. Pour notre pays, un élément de spécificité, c'est que la France est est présente dans cette partie du monde au travers de de quatre territoires. donc sont la Nouvelle-Calédonie, euh Walis Futuna, euh donc la Polynésie française et l'île de la passion Cliperton.
Euh et que dans ce cadre-là euh le fait d'être présent, d'avoir plusieurs centaines de milliers de nos compatriotes euh qui vivent euh donc sur cette zone pacifique, euh le fait aussi d'avoir une zone économique exclusive, donc importante est un enjeu essentiel. Moi, je voulais vous interroger parce que je crois savoir que vous avez participé au directement ou indirectement tout au moins aux négociation entre la France et le VUat sur le devenir des de Matthew et Inter. Donc deux îloss qui sont situés donc à l'ouest de la Nouvelle-Calédonie et qui sont revendiqués par le vanuatou et avec des enjeux qui sont des enjeux non négligeables puisque la zone économique exclusive liée à ces deux îlos est de l'ordre de 250000 km² à comparer au 350000 km² ou 346000 km² plus précisément de la zone économique exclusive de la France hexagonale Corse comprise.
Donc ce n'est pas rien. Moi, je voudrais attirer votre attention sur le fait que un des devoirs de l'État, c'est d'assurer les éléments relatifs à la souveraineté et que par le passé, il y a eu un certain nombre de discussions et je fais plus particulièrement référence au devenir de Trombelin avec un traité de cogestion avec l'île humoriste et qu'à l'époque une mobilisation parlementaire transpartisan a fait échouer la ratification donc de ce traité de cogestion. Donc entre la France et l'île Maurice parce que quand on met le doigt dans un engrenage, j'allais dire de de dépossession, on sait où ça commence mais on ne sait jamais où cela s'arrête.
Donc est-ce que vous pouvez nous dire un petit peu où on en est euh de ces discussions ? Est-ce qu'elles sont réellement engagées ? Et puis surtout quelle est la feuille de route qui vous a été donnée par rapport à celle-ci ?
Si vous le permettez, on va prendre une deuxième question dans la foulée puis vous répondrez aux deux à clim Loui. Oui. Merci madame la présidente.
Merci pour votre exposé très intéressant. Moi j'avais une question sur l'Asie qui effectivement représente des zones de croissance économique majeur et d'enjeux climatiques cruciaux. Ça aussi.
Et donc comment la France peut-elle articuler sa présence diplomatique et ses partenariats régionaux pour promouvoir à la fois la coopération économique, la transition écologique et la sécurité régionale ? Alors euh monsieur le sénateur, sur le la question des outremères et évidemment comme je je le soulignais, une spécificité euh française. Euh nous sommes un une puissance résidente euh en Indo-Pacifique via nos nos territoires euh aussi bien d'ailleurs dans le Pacifique que dans l'océan Indien.
C'est une priorité de la diplomatie française de porter l'intégration régionale de ces territoire et de veiller naturellement à notre souveraineté. Euh nous avons d'ailleurs deux ambassadeurs euh dans la zone, euh une ambassadrice pour le Pacifique et euh un ambassadeur pour l'océan Indien euh dont euh la priorité des priorités est de d'assurer cette cette intégration régionale et de et de veiller à la souveraineté. Euh dans ce cadre euh nous sommes euh nous nous avons effectivement euh dans nos échanges avec le Vanoatou qui est le premier voisin de la Nouvelle-Calédonie et qui est donc un pays important pour la stabilité euh de la la Nouvelle-Calédonie puisque s'y trouve aussi le siège du groupe Ferd de lance mélanésien, une organisation régionale qui est engagé depuis sa création très fortement sur le sur le dossier calédonien avec un un projet très militant.
Nous devons donc nous nous accordons donc une importance à à la relation avec le Vanoatou dans dans cette perspective. Le contentieux territorial entre le Vanouatou et la France remonte à l'indépendance du du Vanuatou en 1980. Et ce sujet a été a été porté par les les autorités vanoitaises depuis depuis cette cette période lors de la visite du président de la République dans le Pacifique en juillet 2023.
Puis à nouveau lors de la visite du premier ministre Vanouat en juillet 2025, les autorités vanouaises ont porté de manière très claire cette revendication sur le le les îles de les îlos de Matthew et Hunter. Le président de la République a souhaité qu'il y ait un dialogue sur l'ensemble des questions euh des des questions touchant à la la délimitation des frontières entre le Vanoitatou et la France. puisque en l'absence de de résolution du sujet de de Mathieu et Hunter, il n'y a pas de de nous n'avons pas pu parvenir à un accord sur la délimitation maritime des frontières entre le Vanoitou et et la Nouvelle-Cédonie.
Donc il y aura un intérêt à appurer ce problème pour que nous puissions stabiliser la frontière avec un certain nombre de d'avantages en terme de zone de pêche, de recherche scientifique et cetera. Dans ce cadre, j'ai été chargé de mener la négociation avec les autorités vanoitaises et je me suis rendu au Vanoitou en novembre dernier euh pour des discussions avec le vice-premier ministre du du Vanitou qui qui est qui est chargé de de la négociation côté Vanoitetel. Il est très clair et le ministre des affaires étrangères des affaires européennes et étrangères a été très clair sur ce point.
Euh il est très clair qu'il n'a jamais été question de euh céder notre souveraineté. Les discussions ont été l'occasion d'échange préliminaire sur euh nos positions respectives. Euh nous avons pu euh et tout le nous avons pu présenter de manière euh extrêmement détaillée les arguments qui pour nous font de manière euh très claire, sans aucune ambiguité, la souveraineté française sur ces îles.
La partie vanouette se se positionne elle plutôt sur des arguments d'ordre coutumier qui évidemment sont d'un tout autre ordre. Euh mais en tout cas, elle a elle a apprécié l'effort euh de présentation, l'effort de de de du fait qu'il y avait un dialogue et que euh nous nous donc une forme de respect vis-à-vis de la partie vemoèse. Mais encore une fois, à aucun moment, il n'y a eu de discussion qui est allée au-delà de la présentation de nos positions respectives.
Ensuite, il y a des attentes, par exemple de la partie vanoites sur des questions d'accès coutumier qui peuvent être peut-être des sujets qui méritent discussion. Euh il y a des questions de dans la zone de de zones euh de de créer des des des zones de de de protection de la biodiversité qui dépasse d'ailleurs largement euh la la zone de Matthieu Hunter qui peuvent être aussi des sujets de discussion. Euh donc cette première session a permis de créer un un climat euh assez positif de respect sans engager à aucun moment notre notre souveraineté. elle va se poursuivre avec des discussions à Paris dont les qui qui devront don dont les le le le calendrier devrait être déterminé mais probablement au printemps.
Mais je tiens à vous rassurer donc qu'il n'y a eu à aucun moment de de mise en cause de la souveraineté française sur la question de de de monsieur le sénateur de de de la façon dont nous articulons, je crois nos nos différents objectifs qui sont des objectifs aussi bien de sécurité que des objectifs climatiques, des objectifs économiques. effectivement nous nous si je je crois que je je nous essayons de développer une approche qui est qui est global. Nous faisons face à des défis qui sont d'ordre sécuritaire, qui sont d'ordre économique, qui sont d'ordre qui sont d'ordre environnemental.
Euh c'est et je voudrais donner l'exemple de notre du travail que nous menons avec les pays du du Pacifique insulaire qui sont les premiers pays touchés par le le le changement climatique. Euh ces pays sont aussi euh font aussi face euh au fait que le le Pacifique insulaire est devenu une zone de haute pression géopolitique avec la concurrence, la compétition entre les États-Unis et la la Chine. Nous, notre approche a été de renforcer notre engagement dans cette zone parce que s' joue des éléments sécuritaires importants, parce que s' joue aussi une bonne partie de de de l'avenir de la lutte contre le climat, le le changement climatique, mais de le faire en évitant d'apparaître comme un acteur jouant les jeux géopolitiques parce que ces pays réagissent très mal à l'idée d'être utilisés comme des pions géopolitiques.
Donc, il est très important. Nous sommes là pour proposer des solutions. Nous sommes là sur le plan sécuritaire pour répondre à des préoccupations qui sont les leur qui sont donc pas le grand jeu géopolitique cino-américain mais qui sont des préoccupations très euh très pratiques.
La contrôle de leur zone économique spéciale, le contrôle de leur souveraineté, la lutte contre les trafics et notamment le trafic de drogues qui touche d'ailleurs nos outreemers donc qui est aussi un enjeu de sécurité pour nous. euh le changement climatique et ses effets sur la sécurité climatique. Et c'est ainsi que nous nous sommes aussi un acteur sécuritaire qui qui est qui est apprécié.
Donc il y a un une volonté d'articuler ces différents ces différents éléments. Merci beaucoup Olivier Sigoletti. Après Michel Gréum.
Merci madame la présidente. Monsieur le directeur, il y a des pays dont on parle beaucoup en ce moment. Je veux penser à à l'Iran et à la Chine.
Entre ces deux grandes puissances, il y en a dont on parle peu et ce n'est pas pour cette raison qu'il ne se passe pas d'événements particuliers. Je veux penser à l'Afghanistan. Euh, pouvez-vous nous dire aujourd'hui quelles sont les remontées dont vous disposez et peut-être quels sont aujourd'hui les canaux qui subsiste suite à à l'évacuation d'août 2021 avec l'opération à Pagan que ces canaux soient diplomatiques ou humanitaires aujourd'hui quel quelle est à votre sens la situation en Afghanistan ?
Merci madame la présidente. Monsieur le directeur, dans le contexte de guerre commerciale entre la Chine et les États-Unis et le durcissement tarifaire imposé par Donald Trump, l'accord de libre échange annoncé dans l'Union européenne et l'Inde a été présenté comme un tournant stratégique majeur par Ursula Van Derleyen. Mais au-delà de l'effet de l'annonce, cet accord appelle une lecture plus critique à la fois sociale, écologique et politique sur le plan social.
D'abord, cet accord repose sur une logique désormais bien connue. L'ouverture massive des marchés et la libéralisation des échanges serait supposé produire mécaniquement croissance et emploi. Or, l'expérience montre qu'il s'organise surtout sur une mise en concurrence accrue du travail, une pression à la baisse sur les droits sociaux et une captation de la valeur par les grands groupes capitalistiques.
En Inde, la libéralisation agricole engagée par le gouvernement et la suppression en décembre dernier du revenu agricole garantie fait de cet accord un levier d'affaiblissement des petits paysans pour privatiser le marché agricole comme le rêvent les grands groupes privés indiens souvent proches du pouvoir. Côté européen, rien n'indique que cet accord favorisera une réindust une réindustrialisation ou une amélioration des conditions de travail. Il risque au contraire d'augmenter le dumping social notamment via des clauses de mobilité dont le contenu demeure opaque.
Sur le plan écologique ensuite à l'heure de l'urgence climatique, cet accord repose sur l'intensification des flux commerciaux à très longue distance sans cadre environnemental contraignant clairement établi. L'extension des chaînes logistiques et l'augmentation des échanges sont traités comme des évidences économiques alors même qu'elles aggravent l'empr carbone et déplacent les coûts environnementaux vers les populations les plus vulnérables. La question de la cohérence avec les engagements climatiques européens, notamment en matière d'ajustement carbone aux frontières reste entière.
Sur le plan politique, enfin, l'Union européenne accepte de contractualiser sans conditions réelles, avec un régime indien de plus en plus autoritaire, structuré par un nationalisme identitaire et une xénophobie d'État. Ce faisant, elle entérine une hiérarchie claire. Les droits humains, les libertés publiques et les droits des minorités deviennent négociables dès lors que les intérêts économiques sont jugés supérieur.
Cette posture affaiblit profondément la prétention européenne à incarner un projet politique fondé sur des valeurs universelles. À nos yeux, cet accord est catastrophique et se structure autour d'intérêts économiques asymétriques aux bénéfices prioritaires des grands groupes. D'autre voix était pourtant possible des coopérations industrielles publiques, des partenariats sanitaires et pharmaceutiques, une collaboration ambitieuse sur l'eau, le climat ou le spatial fondé sur des objectifs sociaux, économiques et démocratiques clairement assumés.
Autrement dit, une coopération répondant aux besoins réels des populations plutôt qu'au seul impératif de l'accumulation du capital. Monsieur le directeur, la question centrale n'est donc pas seulement de savoir si cet accord est stratégique, mais au service de quel intérêt sociau et politique l'Union européenne et la France entendent de structurer leur relation avec l'Inde. Merci. sur l'Afghanistan tout à l'heure.
Tout d'abord, monsieur le sénateur, vous avez raison, c'est un sujet qui de manière regrettable et est éclipsé par de nombreuses autres crises alors que le le problème afghan est toujours aussi aigu. D'abord sur le la vision de la situation, ce que l'on constate aujourd'hui, c'est que depuis 2021, les talibans ont réussi à stabiliser la situation politique et sont assez largement en contrôle. Il y a des tensions internes entre notamment les centres de pouvoir de Kabou et de Candar, mais il n'y a aucune opposition aujourd'hui qui qui émerge de de manière crédible euh si ce n'est une menace sécuritaire qui est celle de l'État islamique au Corassan à Eskepi qui est extrêmement active dans dans dans dans sa lutte contre contre les talibans.
Euh le le cette stabilisation ne signifie pas normalisation à la fois normalisation interne et normalisation diplomatique. J'entends par ça normalisation interne. que l'on a constaté, c'est que nous avons assisté à une une dynamique de euh de radicalisation du régime Taleb sur notamment les questions des droits des femmes et une situation qui est euh totalement inacceptable et et la pire au monde euh et et sur tout un ensemble de de sujets aussi en terme de réconciliation interethnique, d'inclusivité, euh les les voyants ne sont clairement pas ouverts, ils sont dans l'ensemble rouge.
Sur le plan diplomatique, la les nous constatons une dynamique de rapprochement de la part des voisins, ça c'est très clair. Mais aucun état à part la Russie n'affranchit le pas d'une reconnaissance officielle de du régime Taleb. Donc stabilisation mais pas de normalisation.
Euh de notre côté, nous avons été très clairs. Euh d'abord euh l'ambassade a naturellement été euh euh évacué en en 2021 et nous n'avons donc plus de de présence euh permanente en en Afghanistan. Euh nous avons par contre un chargé d'affaires qui est basé à DOA depuis depuis 2021 et dont le rôle est de garder le contact avec l'ensemble des interlocuteurs afghans et notamment avec l'État Liban.
Euh puisque nous avons toujours clairement dit que nous ne refusions pas le dialogue euh mais dans le même temps, il n'est pas question d'entrer dans une logique de normalisation tant qu'un certain nombre de questions qui ont été posées, pas que des questions, d'ailleurs des attentes très claires du conseil de sécurité qui ont été posées de manière unanime en 2021 vis-à-vis des des talibans et encore une fois sur les questions de de droit de droit de droits de l'homme en général et en particulier des droits des femmes et des filles sur lesqu question euh de de lien avec les groupes terroristes et cetera. Euh les attentes sont toujours ouverte. Donc euh aujourd'hui euh nous poursuivons le dialogue avec euh nous poursuivons le dialogue avec l'ensemble des partis afghanes euh avec euh en prenant en compte euh en rappelant nos nos attentes, en prenant en compte aussi nos intérêts nationaux qui sont des intérêts de sécurité, la lutte contre le terrorisme puisque ASKPI est une menace aussi pour l'Europe et aussi la question du retour des d'un certain nombre de de ressortissants afghans qui sont en situation illégale et qui ont commis des des des crimes et des lits en France.
Donc il y a cette volonté aussi de de trouver des solutions à des problèmes très très concrets. Le les perspectives sont assez difficiles à à il est probable que l'on on reste dans cet équilibre où l'Afghanistan va rester relativement stable et avec une dynamique de rapprochement relatif avec ses ses voisins à l'exception du Pakistan. euh avec lequel et ça ça a été je dirais la surprise post 2021, la relation entre l'État Liban afghan et le régime et le le gouvernement pakistanais sont extrêmement détériorés.
Ça c'est un des éléments d'instabilité qui qui qu'il faut prendre en compte. Mais pour le moment, il semble que les choses devraient devraient se poursuivre sur sur des dynamiques assez proches de celles qu'on a vu récemment sur madame la sénatrice sur la question très importante de l'accord de de libre échange avec l'Inde euh qui qui pose je crois que vous vous posez des des des questions qui se posent à plusieurs niveaux. D'abord c'est une illustration pour nous de cette nouvelle dynamique avec l'ensemble de la région.
On a beaucoup parlé de l'accord de Librechamp avec l'Inde. On pourrait aussi parler de l'accord qui a été conclu avec l'Indonésie. Euh des discussions en cours qui s'accélère avec la Thaïlande, avec les Philippines, avec la Malaisie.
Donc c'est une dynamique beaucoup plus importante. Il y a eu un accord avec la Nouvelle-Zéléande, il y a des discussions plus sensibles avec l'Australie. Euh de manière générale, il nous semble que cet accord est assez différent de l'accord Mercoû dont on a dit très clairement, le président de la République l'a dit très clairement.
Euh c'est un mauvais accord de notre point de vue euh alors que euh ces accords euh sont ont été menés euh conduit de de manière très différente. Et dans le cas de l'accord de libre échange entre l'UE et l'Inde notamment sur les sujets sensibles pour la France et notamment les sujets agricoles, il a été nous avons bien veillé à ce que à éviter tout risque et je dois dire que côté indien il y avait pas non plus une volonté de d'ouvrir de manière démesurée le le le marché agricole. Donc finalement la question agricole a été a été bien délimitée pour éviter des deux côtés les sensibilités.
Euh le le et de manière générale, c'est un accord assez bien encadré qui qui ouvre un certain nombre de de de marchés des deux côtés mais qui n'est pas une ouverture aussi massive sur l'ensemble de enf sans sans sans aucun cadre. Je crois que c'est c'est important de l'avir à l'esprit. C'est aussi un un accord euh qui prend en compte euh les questions de normes notamment environnementales et s'agissant de de l'ajustement carbone, euh il y avait des demandes indiennes auxquelles nous n'avons pas donné suite puisqu'il était pas question de remettre en cause le le mécanisme d'ajustement carbone.
Donc je crois que c'est il y a il y a eu un certain nombre de leçons qui ont été tirées et qui ont permis d'avancer sur des accords beaucoup plus sur lesquels nous sommes plus à l'aise. Plus généralement, il s'agit d'un accord qui permet à l'Europe et à l'Inde de développer un partenariat dans la durée. Euh l'Inde euh reste une démocratie.
Euh ça reste la plus grande démocratie du monde avec une des élections qui ont lieu de manière euh libre. euh des euh une société civile qui reste extrêmement dynamique. Et donc nous pensons que nous devons continuer à travailler avec l'Inde comme avec un certain nombre de partenaires dans la région.
Merci beaucoup. Alors, deux autres questions. Patrice Jolie et après Alain Casabone.
Merci madame la présidente, merci monsieur le directeur pour vos éclairages. J'aurais deux questions à vous poser. La première concerne les rivalités territoriales entre trois grands pays dotés de l'arme nucléaire. parle du Pakistan, de l'Inde et de de la Chine.
Et donc, je voudrais avoir votre appréciation des risques et des dérapage possible de ces conflits où est-ce que ça reste mais c'est régulièrement quand même on a affaire à ce qu'on veut pas qualifier d'escarmouches mais quelque chose de plus important. Le deuxième point, on a peu évoqué juste là, vous l'avez fait juste avant dans votre intervention, l'Indonésie qui est quand même un pays aujourd'hui qui sur le plan démographique, une vraie dynamique et sur le plan économique et démographique et donc qui va vraisemblablement peser dans les années qui viennent de manière plus importante sur le plan diplomatique en particulier. J'aurais aimé avoir votre analyse à ce sujet.
Merci. La question va dans la continuité. J'avais reçu il y a 2 ans à peu près des maires de Nouvelle-Calédonie qui m'avaient parlé des problèmes économiques et si ma mémoire est bonne c'était par rapport à l'aluminium.
Il fabriquait beaucoup d'aluminium en respectant ce qui est bien des normes environnementales et avait l'Indonésie comme gros concurrent qui n'a respecté aucune. Est-ce qu'il y a eu des évolutions par rapport à ça sur le la dynamique un de Chine et un de Pakistan ? D'abord euh le sur la la relation euh entre l'Inde et la Chine a atteint un point bas en 2020 au moment des affrontements frontaliers qui a fait un un certain nombre de de morts parmi les les militaires des des deux côtés.
Euh les les contacts ont été quasiment inexistants pendant plusieurs années. Euh depuis 1 an, on assiste à une reprise à un certain rapprochement rapprochement qui est extrêmement pragmatique des deux côtés. Pour la Chine, il est important euh il est important de de de pacifier les relations avec les voisins à l'exception du du problème qu'ils ont aujourd'hui avec le le Japon naturellement. euh et aussi dans une avec les Philippines.
Mais il y avait une un intérêt pour la Chine à à faire baisser la pression et pour l'Inde, d'une part, le constat d'une des d'une relation avec l'administration Trump beaucoup plus difficile que prévu et d'autre part le le constat que un découplage économique avec la Chine est impossible et que l'Inde ne peut atteindre ses objectifs de développement industriel. que en travaillant enfin en coopérant dans une certaine mesure avec la la Chine puisque les l'essentiel des intrans pour l'industrie indienne viennent viennent de Chine. Ça ne veut pas dire que la confiance est rétablie mais c'est vrai que c'est une nouvelle dynamique plus positive qui est un qui a un effet stabilisateur dont dont on peut quand même se se réjouir.
À l'inverse entre l'Inde et le Pakistan, là nous avons vu pour la première fois depuis nombreuses années le retour d'un conflit de haute intensité entre ces deux États. Un conflit qui a été assez rapide mais encore une fois extrêmement intense qui part encore une fois du du vieux problème du du du Cachemir mais qui prend une dimension plus large. Le conflit, on le sait, a donné lieu à une intervention américaine assez spectaculaire, appelé de de ses vœux par le Pakistan et qui par contre a été rejeté assez fortement par l'Inde.
Et nous nous sommes évidemment nous sommes prononcés pour un arrêt rapide des combats. Nous avons veillé à ce que à ce que il était important que que l'Europe n'apparaisse pas comme essayant de de d'imposer des solutions extérieures parce que dans cette dans cette région, c'est très mal c'est très mal accepté. Euh le risque euh donc euh il y a eu un cessé le feu.
Euh la tension entre l'Inde et le Pakistan reste extrêmement forte euh et le risque de nouvelles crise est réel. Euh et la dimension euh nucléaire du problème avec deux deux de de pays qui maîtrisent l'arme nucléaire est un est un vrai sujet. même si euh les jusqu'ici on a vu que il y avait une maîtrise du seuil.
Euh mais c'est un c'est un sujet extrêmement important et qui amène notamment aussi à qui nous amène à à rappeler notre solidarité avec l'Inde sur la lutte contre le terrorisme qui est un des aspects qui qui enf qui a été le déclencheur de de de ce conflit sur l'Indonésie. C'est effectivement un pays qui prend une en pleine ascension euh qui qui est en train de devenir un partenaire majeur de la France. Notre relation a pris une une ampleur toute nouvelle notamment autour des questions de coopération de défense.
L'enjeu aujourd'hui est de poursuivre cette très bonne dynamique avec l'Indonésie autour de ce que nous appelons donc c'est une très belle illustration des partenariats de souveraineté de travailler non seulement sur la défense mais aussi sur les questions de sécurité maritime qui sont un enjeu essentiel pour cette cet archipel sur la sécurité énergétique sur les minerais critiqu sur tout un ensemble d'éléments qui doivent nous permettre de de de de mener ce partenariat dans la durée et avec une fragilité qu'il faut enfin en tout cas un point à consolider un peu comme nous sommes en train de le faire avec l'Inde euh c'est de de d'avoir une relation stratégique et de défense très forte mais avec des bases économiques et d'échanges humains entre sociétés civiles qui restent faible et donc il y a un effort très particulier sur l'Inde qui est en train de payer avec le le de plus en plus d'étudiants indiens qui viennent en France par exemple, mais aussi maintenant sur l'Indonésie que nous essayons de faire où nous essayons de de développer les échanges humains, les échanges économiques. Donc ça va être un partenaire important. C'est plutôt un paris dans la durée parce que c'est un pays qui évolue à son rythme et et qui aura un impact plutôt sur le moyen terme mais avec des effets déjà sur sur notre relation bilatérale extrêmement important sur la question du de la Nouvelle-Calédonie et notamment des difficultés de l'industrie du du nickel.
C'est c'est une problématique qui a des il y a des enjeux de compétitivité interne de l'industrie du nickel en Nouvelle-Calédonie et il y a effectivement la problématique des surcapacités de production notamment en Indonésie avec des des des standards qui sont qui sont assez différents. Euh donc c'est une c'est une véritable difficulté. En même temps, le le nickel caléonien aussi, enfin sans entrer dans dans le détail, aussi des avantages compétitifs en en terme qualitatif.
Donc tout le travail aujourd'hui de travailler avec un certain nombre de partenaires qui peuvent être notamment les clients coréens ou japonais pour que des investisseurs viennent euh avant tout moderniser notre appareil notre appareil industriel en en Nouvelle-Calédonie parce que c'est ça quand même la réponse principale qu'il faut apporter. Bien, deux nouvelles questions. Jean-Marc Vessous Fort Christian Cambon.
Oui, monsieur le directeur, je voulais vous interroger sur la situation au Japon. Dimanche dernier, les élections anticipées ont donné une large victoire à la première ministre sortante Samaetakai. Euh, elle avait reçu un soutien important de de Donald Trump.
Euh, et on a évidemment l'impression que que leurs idées se rapprochent tantelle est ultra conservatrice. Euh, cela fait suite à une visite de Donald Trump récente au Japon et et la première ministre est invitée prochainement aux États-Unis. Quant aux visites officielles qui ont pu être faites par le président de la République au Japon, la dernière remonte à 2019 et lorsque nous avions euh évoqué euh cet état de fait euh au sein du groupe d'amitié que nous avons avec le le Japon, certains regrettaient que lorsque le président s'était rendu en Chine, il avait pas fait un petit détour par le Japon.
Il semblerait que les choses devraient évoluer prochainement puisqu'il y a une visite qui est planifiée en en mars, je crois. Et tout à l'heure, vous avez évoqué les perspectives exceptionnelles que nous pourrions demain avoir avec le Japon Pon en terme de partenariat. Donc est-ce que vous pourriez nous les préciser un petit peu plus et nous donner quelques éléments sur ce partenariat que nous pourrions développer avec ce pays qui est évidemment stratégique ?
Merci présidente. Moi, je voudrais revenir un instant sur la relation entre la France et la Chine. Est-ce qu'on n'est pas un peu trop optimiste sur la le niveau de cette de cette relation ?
Si je reprends les résultats de la dernière visite du président de la République qui se donne du mal néanmoins pour essayer d'avancer sur les deux points essentiels qui soutenaient sa visite, c'est-à-dire le décrochage de la Chine par rapport à la Russie sur l'Ukraine et sur le rééquilibrage de nos de notre balance commerciale. Les réponses du président Siing Ping ont été, j'allais dire assez assez carré et et assez clair sur le refus finalement de d'entrer dans ce dispositif. Je rappelle que sur l'Ukraine, nous avons maintenant la certitude que des satellites chinois inspectent régulièrement le ciel ukrainien et renseigne donc les Russes tant que tant que des équipes commerciales.
Moi je j'étais en Chine la semaine dernière et je dois dire que les échos que l'on a des chefs d'entreprise qui montrent toutes les difficultés, toutes les tous les obstacles qu'il qu'on vient de surmonter pour essayer de de commercer avec la Chine, y compris lorsqu'ils sont installés sur place, démontrent que euh on est on se fait peut-être beaucoup d'illusion. Alors, alors même que le travail que vous faites, que font vos équipes, que font nos diplomates, nos missions économiques et cetera, tout ceci est évidemment très important, mais est-ce qu'effectivement, comme vous l'avez plaidé, euh il faudrait pas agir plus au nom de l'Europe pour que on ait véritablement euh un poids économique important parce que si un jour la Chine se prive du marché européen, elle se prive quand même d'un marché de 500 millions de consommateurs et dans ce cas-là, c'est eux-mêmes qui supporteraient cette crise. Donc voilà, moi je je pense qu'à la fois des efforts importants sont faits.
Je pense que vous avez raison de souligner la l'excellence de la coopération entre la France et les pays de l'Azéane, mais c'est plus des coopérations bilatérales. Je pense au Vietnam, je pense à la Malaisie, l'Indonésie où vous l'avez rappelé, on a des des accueils extrêmement positifs. Mais je pense qu'avec la Chine, il y a un véritable problème qui nécessite qu' qu'on y aille avec plus de poids, c'est-à-dire avec un poids européen, disons, pour pouvoir obtenir des résultats.
Sur la sur le Japon, tout d'abord, effectivement le le l'élection triomphale de de madame Takaichi ou sa sa réélection ouvre une nouvelle phase. Elle a un programme très conservateur, une relation personnelle qui part bien avec le président Trump. Néanmoins, si on regarde le les évolutions de fond, euh oui, on devrait voir une relation très cordiale au niveau des des chefs d'État et de gouvernement entre le Japon et les États-Unis. euh une tension qui va certainement perdurer avec la Chine.
Mais plus il faut si on regarde plus profondément ce qui nous ce qui nous frappe, c'est que le Japon et encore une fois avec l'Inde et je dirais Singapour et sans doute le Vietnam fait partie des pays de la zone qui est en train d'évoluer le plus rapidement et le plus profondément sur sa vision du monde. Il y a une nouvelle approche stratégique et on entend aujourd'hui de tous les interlocuteurs japonais à Tokyo le mot autonomie stratégique. C'est très nouveau pour les Japonais.
Donc une conception une vision très claire du fait que quelle que soit la qualité qui peut y avoir de la relation avec l'administration Trump à court terme euh le monde a changé et que la relation avec les États-Unis va devenir plus compliquée, que le le le la garantie de sécurité américaine sera sans doute moins fiable. euh le l'épisode l'épisode justement de la crise sur Taiïwan entre la Chine et le Japon dans laquelle on n pas beaucoup entendu les Américains en soutien du Japon a a été euh assez traumatisante pour les Japonais. donc euh une volonté euh de de de revoir de revoir son positionnement stratégique et comme nous finalement de trouver un certain nombre de de partenaires qui peuvent qui qui qui peuvent renforcer sa position.
Et assez rapidement, regardant une carte du monde, les Japonais atterrissent vers l'Europe. Donc il y a un nouveau regard sur l'Europe qui est un regard beaucoup plus stratégique et une volonté de de travailler avec l'Europe et en particulier avec la France. Il y a donc une opportunité à nous de la saisir.
Euh vous avez raison peut-être de de dire que le le Japon a été moins visible que d'autres partenaires, mais il y a eu beaucoup de travail avec ce pays qui a été fait. Euh il y a des contacts de haut niveau qui sont prévus dans les dans les mois qui viennent et donc je pense qu'on va avoir une année euh franco-japonaise et eurojaponaise très très forte euh autour euh autour des questions de sécurité sur lesquelles euh c'est un c'est un partenaire avec lequel on a des bonnes relations mais on n'est jamais il est clairement il est on pourrait maintenant passer à un niveau beaucoup plus opérationnel de de coopération de sécurité au niveau de de des technologies où il y a une véritable complémentarité entre notre capacité d'innovation et la capacité d'industrialisation d'innovation bien sûr, mais aussi d'industrialisation du Japon. Il y a des possibilités dans l'intelligence artificielle euh dans un certain nombre de de de d'industries, dans l'énergie évidemment avec une coopération dans le nucléaire. c'est notre partenaire historique sur le sur le nucléaire euh sur les minerais critiques et c'est très intéressant.
Nous nous travaillons déjà avec le Japon sur un projet euh qui est structurant qui est le projet KMAG d'ouverture de la première usine de séparation de terrar en Europe à à la qui sera qui ouvrira cette année et c'est un projet franco-japonais cofinancé et qui euh et qui fournira aussi bien les entreprises françaises que que japonaises avec avec des des minerais malaisiens. C'est c'est ça montre que vraiment avec le Japon, on fait des choses. Nous c'est un partenaire essentiel et c'est aussi un partenaire pour se projeter dans l'Indau Pacifique parce qu'il a cette capacité unique qu'on peu de pays de la zone à avoir un impact dans l'ensemble de la zonecifique et en particulier en Asie du Sud-Est.
Donc les perspectives sont sont très intéressantes et il y a une volonté clairement politique très forte des Japonais de travailler avec nous. On pourrait aussi parler du sujet de l'espace notamment qui est un sujet cher à la première ministre à Kaichi. Il y a un leadership fort à Tokyo désormais.
Donc euh une vraie fenêtre d'opportunité qu'il convient de d'exploiter sur la relation franco-chinoise. Euh je je suis euh entièrement d'accord sur le fait que il faut il ne faut pas se faire d'illusion euh et il faut bien distinguer deux choses. C'est la le la qualité du dialogue d'une part et l'avancée sur les sujets sur les les sujets de fond.
La qualité du dialogue, elle est réelle, elle est reconnue par les Chinois et et je pense que la méthode que nous avons qui est de dire les choses et le président de la République et plus généralement les autorités françaises sont parmi les plus vocales en Europe euh sur les problèmes que nous avons vis-à-vis de de la Chine, mais en veillant toujours à éviter une approche par trop idéologique et en évitant de mettre enfin d'accuser la Chine parce que ça c'est très contreproductif. on peut dire les choses d'une manière qui qui est très claire mais qui qui qui maintient un certain nombre de formes et ça je crois que les Chinois l'apprécie et ça permet d'ouvrir un espace de dialogue. Ensuite, je crois que imaginer que la Chine allait bouger sur le sujet russoau-rainien dans le contexte actuel paraissait difficile puisque finalement les négociations conduites côté américain portent toute l'attention et que la Chine peut se positionner en arrière et finalement dans une position assez confortable sur ce sujet.
Il n'en demeure pas moins que nous sentons des Chinois plus à l'écoute euh qui se posent la question de où va ce conflit, qui réagissent quand ils voi le risque d'une escalade du conflit parce que ça ça leur fait peur. Encore une fois, la Chine est attachée à la stabilité géopolitique et euh l'idée que ce conflit puisse dégénérer et notamment avec l'Europe, c'est un vrai problème pour elle. Donc là, on a des éléments qui nous permettent de de de d'avoir d'avoir des des leviers sur sur les les le rééquilibrage économique.
Le compte n'y est clairement pas. Nous sentons une prise de conscience à Pékin que le climat a est en train de tourner en Europe. Nous avons été très clair, mais ils sentent aussi que le débat a changé à Berlin et ça c'est important. euh et que de manière générale l'Europe devient de plus en plus déterminée.
Euh de notre côté, l'épisode du Cognac notamment était l'occasion de montrer que nous refusions désormais la coercition économique et nous avons fini par avoir un résultat qui sans être idéal a été euh a permis de finalement c'est c'est les Chinois qui ont dû reculer sur ce sur ce sujet. Donc euh mais très clairement la solution est au niveau européen. Euh sans unité européenne, il est impossible de de rétablir un rapport de force et ça vraiment été toute la tout l'effort du président de la République au cours des dernières années de toujours euh intervenir dans un cadre européen et et pas uniquement dans dans un cadre bilatéral parce que c'est là qu'on rééquilibre le rapport de force.
Merci monsieur le directeur. Une dernière question, Giselle Jourda. Tout d'abord, merci monsieur pour la qualité de ces égences.
J'ai les réponses que vous avez apporté à nos collègues. Moi, je souhaiterais euh que vous nous disiez aujourd'hui que vous nous parliez de l' du rôle de l'Azéan puisque l'Azéan a a subi au cours de depuis sa création, a été à un moment en dynamique, à des moments où elle a été en sommeil. Qui aujourd'hui au sein de la de l'Azéan qui est le leader ?
Comment quel est quel est le pays qui est le plus en avant sur cela ? parce que ça me paraît extrêmement important et je pense actuellement en vous posant cette question à une de nos collègues qui ne s'est pas représenté mais qui nous nous envoyait des notes justement de l'Azéan. C'est madame madame de Romédi.
Donc elle nous a envoyaé des notes sur l'Anean tous les mois quasiment pour montrer euh la la dynamique donc euh euh de l'Ane. Donc si vous pouvez nous faire un petit focus là-dessus et ensuite je souhaiterais sur cette zone, on n' pas du tout évoqué donc le le rôle du quad des pays qui constituent le quad. Et je crois que aujourd'hui justement par rapport à ce qui se passe dans cette zone, que ce soit sur le plan maritime, que ce soit sur le plan économique, sur le plan des relations euh donc euh et de euh cette manière de tenter euh de contenir euh donc la puissance chinoise.
Donc comment vous l'avez dit fort justement tout en gardant les précautions d'usage si j'ose dire mais comment on peut donc voir aujourd'hui le rôle de ce quad. Merci beaucoup. Merci sur l'Aséan.
C'est c'est l'Azéan, c'est le nouveau moteur de la croissance économique mondiale avec des des croissances notamment de pays comme le le Vietnam autour de 8 % et qui aspire aller dans au-delà des 10 %. Euh c'est un et et qui profite à plein de de des stratégies de de des risking vis-à-vis de de la Chine. Donc on voit des investissements très forts se développer dans dans la zone.
Donc une dynamique qui qui rend le le l'Asenne extrêmement attractive. Deuxièmement, c'est une zone qui partage, c'est une organisation qui partage notre vision du monde. Al pas nécessairement en terme d'organisation politique, il y a toutes sortes de de régimes dont certains très peu démocratiques.
Mais en terme de vision d'un monde fondé sur le multilatéralisme, la coopération, la résolution pacifique des conflits, j'y viendrai. Là, c'est un élément qui a été entaillé récemment, mais donc c'est un c'est un partenaire naturel avec lequel nous sommes profondément affinitaires. Et puis l'Azéane a cette capacité à réunir tous les tous les acteurs.
C'est le seul qui est capable finalement avec les sommets de l'Azéan d'avoir la Chine, les États-Unis, l'Inde, tout tout l'Union européenne, l'ensemble des partenaires de la table. Et ça nous intéresse beaucoup puisque nous sommes dans cette logique de refus d'une d'une logique de bloc. Donc pour beaucoup de raisons, l'An joue aujourd'hui un rôle central.
Une fois qu'on a dit ça, madame la présidente, vous avez évoqué tout à l'heure le conflit entre la Thaïlande et le Cambodge. Ce conflit est une est une blessure profonde pour l'Azéane. Ce que l'on a vu, c'est que la Zéane avait le plus grand succès de l'Azéan depuis sa création en 1967, c'est qu'elle avait rendu impossible tout conflit entre deux états de la de de l'association.
Et ça, pour la première fois, un précédent a été créé où euh où où il y a eu une une résolution du conflit par la force. Euh en outre, dans la résolution du conflit, euh l'Azéan a joué un rôle mineur, même si le la présidence malaisienne, grâce euh au charisme et et à la à l'influence du Premier ministre à noir a joué son rôle, mais de manière générale, euh c'est euh les États-Unis qui sont intervenus euh au début et puis à la fin, de manière beaucoup plus discrète, c'est la Chine qui a largement sifflé la fin de partie. Donc il y a un véritable problème pour l'Azéan aujourd'hui d'une d'une fragilisation réelle.
Euh un certain nombre d'états de la zone en sont conscients et essayent de de relancer les choses. sera tout l'enjeu notamment de la présidence singapourienne de de laan l'année prochaine qui sera une présidence clé avec des projets d'intégration régionale assez assez importants et et qui sera aussi l'année du 60e anniversaire du du partenariat du partenariat avec l'Union avec l'Union européenne. Euh donc ça sera euh ça sera un moment important.
Euh le rôle de Singapour est très euh est vraiment important. Euh pour nous, les priorité aujourd'hui, elles ont été fixées par la visite du président de la République l'année dernière. Il est allé au Vietnam, il est allé à Singapour, il est allé en Indonésie.
Alors, les autres pays ont aussi leur importance, mais le Vietnam, c'est le pays qui monte. C'est un pays qui c'est un moment vietnamien qu'on qu'on vit aujourd'hui. Il prend une place économique toute nouvelle. il se développe à une vitesse stupéfiante et il commence à jouer un rôle stratégique important et c'est le moment où nous avons lancé ce partenariat stratégique global qui nous place comme le la porte d'entrée du Vietnam en dans l'Union européenne.
Donc ça son rôle est va croître dans la Zéane. Singapour toujours le cœur de l'Azéane. C'est notre c'est le laboratoire de notre relation avec l'indopacifique.
Nous faisons des choses dans le domaine de la défense, de la technologie, toutes sortes de de secteurs que nous ne faisons avec aucun autre partenaire dans la zone. Ça une confiance extraordinaire. L'Indonésie plus complexe, c'est un pays incontournable qui aujourd'hui est assez peu présent dans la dynamique azéane.
Le président Prabowo se projette à l'échelle mondiale et on et du coup peut-être moins de de de moins de moins d'engagement sur les affaires régionales. Et aujourd'hui, on voit revenir dans le jeu la Malaisie qui qui est qui est un partenaire important, qui revient économiquement, qui revient politiquement, qui qui se développe notamment sur des sujets comme les les semi-conducteurs sur le plan industriel qui qui est vraiment un des pays qui montent aussi. Donc c'est c'est une zone qui sur lequelle nous allons poursuivre notre engagement. le président de la République se rendra au Cambodge pour le sommet de la francophonie cet automne euh et il est possible qu'il en profite aussi pour se rendre dans d'autres pays de la région, même si à ce stade rien n'est décidé et mais ça restera une priorité.
Bien, merci monsieur le directeur. Je crois qu'il y a eu énormément de questions des des collègues. Bon, la zone indoppacifique est étendu, stratégique économiquement avec aussi elle subit les tensions du monde.
Donc forcément ça suscite beaucoup de questions. Bon, vous nous avez apporté un éclairage, on vous en remercie. euh des débuts de réponse parce qu'on sait très bien que malheureusement les réponses euh la question est complexe et que les réponses sont elles-mêmes pas faciles.
En tout cas, merci pour euh euh cet éclairage qui est important pour notre commission. Merci beaucoup. Bien, je vous souhaite une bonne journée à tous chers collègues.
Yeah.