Manifestation du 17 octobre, aide à l'Ukraine... Le "8h30 franceinfo" de Laure Lavalette
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Chapitres
Répartition du ton (temps de parole politique)
Propositif 40 %Attaque 45 %Défensif 15 %
Questions et réponses
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- 0:07OuverteRéponse directe
On va évoquer avec vous le budget, la position de vos députés du Rassemblement National dans les prochaines semaines.
- 0:47RelanceRéponse directe
Ce n'est pas un mouvement lycéen dit le Premier ministre. Vous êtes d'accord avec ce qu'il dit là ?
- 2:44RelanceRéponse directe
Vous dites que ça vous fait de la peine pour les lycéens. Vous avez beaucoup parlé d'ordre, de retour à l'ordre au Rassemblement National. Mais ces revendications dont vous parlez, vous les soutenez ?
- 2:59FerméeRéponse partielle
Il va y avoir vraiment le tu casse, tu payes. Il n'est pas question que les Français qui sont déjà exsangles payent pour les dégradations.
- 3:51OuverteRéponse directe
Sur certains points que vous venez d'évoquer, notamment sur les professeurs, vous dites que vous voulez revaloriser le salaire des enseignants.
- 5:10RelanceRéponse partielle
Mais à l'école, c'est quoi le surplus administratif qui permettrait de gagner des milliards d'euros pour augmenter les profs ?
Affirmations vérifiables (citations exactes)
- 0:57Invité politiqueFait
« Que LFI a chauffé vraiment à blanc pas mal de manifestants et de blocus. »
- 1:09Invité politiqueFait
« Moi je suis maman de lycéen. »
- 1:13Invité politiqueFait
« Je trouve que quand il y a des trous dans les emplois du temps, c'est la catastrophe. »
- 1:19Invité politiqueFait
« Il nous avait promis, souvenez-vous avec Gabriel Attal, le pool de profs de remplaçants. Qu'on n'a jamais vu. »
- 1:38Invité politiqueFait
« Encore une fois je pense que c'est parce que la réforme Blanquer a mis à mal avec les filières. »
- 2:06Invité politiqueFait
« Il y a eu une dizaine de jets d'acide. Je crois qu'à Marseille, hier, une jeune femme a été défigurée par un jet d'acide. »
- 3:12Invité politiqueChiffre
« Vous savez que nos professeurs sont payés 18% de moins que la moyenne de l'OCDE en milieu de carrière. »
- 3:26Invité politiqueFait
« Je pense que vous savez, nous voulons mettre fin au collège unique, justement, pour revaloriser aussi les filières manuelles, des filières d'excellence. »
- 4:30Invité politiqueFait
« Nos pistes d'économie, elles sont connues depuis toujours. »
- 4:45Locuteur non identifiéChiffre
« Sur les professeurs, c'est entre 5 et 9 milliards d'euros. »
- 5:54Invité politiqueChiffre
« On veut évidemment réduire la contribution à l'Union européenne par la contribution nette à 5 milliards. Ça fait 11 milliards et demi d'économie. »
- 11:15Invité politiqueChiffre
« Vous savez, nous nous voulons réserver les allocations de solidarité à un couple dont l'un des deux parents est français. C'est 16 milliards la première année, 29 milliards ensuite. »
- 11:30Invité politiqueChiffre
« Faire une réforme de la TVA, la prendre à la source, c'est 26 milliards qui rentrent dans les caisses, comme ça a été fait en Belgique. »
- 13:48Invité politiqueChiffre
« On en est pratiquement à 26 milliards d'aides depuis le début. »
- 17:10Invité politiqueChiffre
« C'est à peu près 8 milliards par an. »
Temps de parole
- Laure Lavalette58 %
- Locuteur non identifié16 %
- ?14 %
- Présentateur9 %
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Bonjour Camille. Bonjour Benjamin.
Et
bonjour Laure Lavalette.
Bonjour
Camille et Benjamin.
Bonjour. Député
Rassemblement National du Var, porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. On va évoquer avec vous le budget, la position de vos députés du Rassemblement National dans les prochaines semaines. Mais d'abord cette colère lycéenne qui continue dans le pays. Le Premier ministre Sébastien Lecornu a dénoncé hier la transformation du mouvement.
Ça
ne ressemble plus à un mouvement lycéen.
Là
on a un mouvement de violence urbaine. D'ailleurs l'intensité de la violence a encore augmenté ces derniers jours. Quelques points disséminés sur le territoire.
Et
dans lesquels il y a pour le coup un appel de violence qui est absolument épouvantable. On a même eu des intrusions
de
personnes
qui
sont allées tirer au mortier dans les lycées.
Ce
n
'est
pas un mouvement lycéen.
Ce
n'est pas un mouvement lycéen dit le Premier ministre. Vous êtes d'accord avec ce qu'il dit là ?
Je suis d'accord mais je pense que c'est presque un peu tard. Ça fait un petit moment quand même qu'on voit qu'il
y a
une récupération qui a eu lieu. Que LFI a chauffé vraiment à blanc pas mal de manifestants et de blocus. En fait ce qui est très difficile, moi j'ai de la peine pour les lycéens. Parce qu'il y a des revendications de lycéens qui
sont
complètement légitimes. Je veux dire moi je suis maman de lycéen. Je trouve que quand il y a des trous dans les emplois du temps, c'est la catastrophe. Moi on a envie d'avoir un prof devant chaque classe évidemment. Ça marque aussi l'échec de la politique d'Emmanuel Macron. Il nous avait promis, souvenez-vous avec Gabriel Attal, le pool de profs de remplaçants. Qu'on n'a jamais vu.
Oui parce que l'on l'a
valait de dire que ce n'est plus un mouvement lycéen. C'est aussi jeter le discrédit sur tous ceux qui se mobilisent
sans poser de désordre
et poser de problème.
C
'est
ce
que je vous dis, ça me fait de la peine pour eux. Parce qu
'il y
a des revendications qui sont légitimes. Encore une fois je pense que c'est parce que la réforme Blanquer a mis à mal avec les filières. La réforme du lycée. Mais du coup ça a engendré aussi des difficultés dont les emplois du temps, dont Parcoursup. Moi je le dis souvent, j'ai rempli trois Parcoursup. J'ai perdu dix ans de santé mentale avec mes enfants. Mais très rapidement, on a vu quand même qu'il y avait une violence absolument inouïe. Je crois qu'on en est à 900 policiers touchés, pratiquement
200 lycéans.
À côté de chez moi, à La Ciota, il
y a
un professeur qui a été aspergé d'essence. Il y a eu une dizaine de jets d'acide.
Je
crois qu'à Marseille, hier, une jeune femme a été défigurée par un jet d'acide. Voilà, alors, la première semaine, souvenez-vous, il y a eu beaucoup de députés LFI qui sont allés sur les blocus. M. Mélenchon a eu des mots très durs et très, j'allais dire, guerriers quand il parlait de, aidez-moi, policière, de sauvagerie policière. Voilà, ça a quand même jeté aussi une ambiance très particulière sur ces mouvements. Et là, effectivement, vous comme moi, quand on voit ces images, on s'aperçoit que ça ne sont plus des lycéens. Il y a énormément de casseurs, de black box. Moi, je regrette vraiment qu'on ne les ait pas même arrêtés en amont.
Vous dites que ça vous fait de la peine pour les lycéens. Vous avez beaucoup parlé d'ordre, de retour à l'ordre au Rassemblement National. Mais ces revendications dont vous parlez, vous les soutenez ?
Mais bien sûr, vous savez, on a une grande réforme
pour ce lycée. On va d'abord rétablir l'ordre, ça vous l'avez dit. Il va y avoir vraiment le tu casse, tu payes. Il n
'est
pas question que les Français qui sont déjà exsangles payent pour les dégradations.
Ça, ça ne concerne pas les lycées en l'occurrence ? Non, mais
ça concerne
quand même les lycées
et quelques lycéens qui se sont mal comportés. Il faut revaloriser les professeurs. Vous savez que nos professeurs sont payés 18% de moins que la moyenne de l'OCDE en milieu de carrière. Alors
justement, Laura Vallette, arrêtons-nous, prenons le temps de parler de fonds et de vos propositions. Et la
réorganisation du lycée, je peux peut-être en parler quand même deux minutes.
Oui, mais comment on parlait des professeurs ? Non, mais c'est le
fond aussi. Je pense que vous savez, nous voulons mettre fin au collège unique, justement, pour revaloriser aussi les filières manuelles, des filières d'excellence, qui feront que ce lycée, il sera transformé. On mettra une réforme de Parcoursup pour que ce soit beaucoup moins anxiogène, que ce soit au mérite et beaucoup plus transparent. Et nous reviendrons sur cette réforme blanquer de 2019 qui a vraiment mis à mal ce lycée.
Alors, Laura Vallette, pardon, sur certains points que vous venez d'évoquer, notamment sur les professeurs, vous dites que vous voulez revaloriser le salaire des enseignants. Si j'ai bien suivi, c'est environ 3% par an, c'est ça
?
Pendant 4 ans.
Pendant 4 ans. En fait, c'est histoire de rattraper le retard. Ça
coûte combien
et comment
on finance ? Marine Le Pen,
26, vous le verrez,
il
y a exactement, chaque ligne est détaillée parce que c'est une grande réforme avec un gros choc, évidemment, fiscal. Parce
que c'est important d'annoncer des
réformes
qui sont attendues, donc
l'augmentation des professeurs et comment on finance ? Vous
avez raison sur le fait que gouverner, c'est choisir. Il y a des moments où c'est comme vous dans votre budget, soit vous faites votre salle de bain, soit vous partez en vacances.
Et là, il coûte combien la salle de
bain ? Mais vous savez, je vais vous dire, nos pistes d'économie, elles sont connues depuis toujours. Dès qu'on a une réforme qui veut bien augmenter quelque chose, on nous dit que
ça
coûte cher. Mais on est bien conscients. Vous imaginez bien qu'on n
'a
pas fait ce budget
sur un coin de table ? Je vais vous le dire, sur les professeurs,
c'est entre 5 et 9 milliards d'euros. Et Marine Le Pen dit qu'on financera en supprimant la bureaucratie de l'éducation nationale.
C
'est-à-dire, supprimer
quoi
? Non,
mais
parce qu'il y a trop d'administratifs, on le sait, bien évidemment.
Et
aussi,
on
ne... Ça aide à faire fonctionner les lycées
à l'école.
Oui,
mais
là, quand il y
en
a trop, c'est comme l'hôpital. Vous avez vu,
il
y a beaucoup trop de bureaucratie par rapport aux soignants. Et il est temps de faire comme à l'hôpital de Valenciennes, où on réduit le nombre
d'administratifs et on remet les soignants. Mais à l'école, c'est quoi le surplus administratif qui permettrait de gagner des milliards d'euros pour augmenter les profs ?
À l'école,
ce
qu
'on
va faire, par exemple, c'est que vous savez qu'on a une baisse démographique. Et donc, on pourrait supprimer des professeurs, par exemple. Et nous, on veut les garder, ces professeurs.
C
'est le
projet du gouvernement.
Oui, mais nous, on veut les garder, ces professeurs, parce qu'on veut justement les redéployer partout. Quand vous êtes en ruralité et que vous n'avez pas de professeurs, là, on se dit que c'est le moment de garder ces professeurs-là. Mais
je pense, Laure Lavalette, que tout le monde
est d'accord pour avoir plus de professeurs face à nos
enfants, face à l'élèves. La question, c'est comment on finance ?
C'était ce qui nous était proposé. Et ça n'est absolument pas ce qui est arrivé, encore une fois. Voilà, le pool de remplacement de Gabriel Attal, on n
'en
a jamais vu la couleur. Et puis, nos pistes d'économie, vous les connaissez très bien. On veut évidemment réduire la contribution à l'Union européenne
par la contribution nette
à 5 milliards. Ça fait 11 milliards et demi d'économie.
On va reparler
du budget dans quelques minutes, Laure Lavalette. D'abord, sur ce mouvement lycéen qui pourrait s'agréger demain avec d'autres colères. Colères sociales, retour annoncé, des gilets jaunes qui veulent se mobiliser contre la vie chère. Plus de 250 actions attendues, une soixantaine de cortèges aussi. Est-ce que ces revendications-là, de ces gilets jaunes version 2026, vous les soutenez aussi ?
Alors, en tout cas, ce qui est certain, c'est que je les comprends. Je veux dire, moi, je suis sur la circonscription très souvent. Je rencontre ces Français qui sont vraiment dans une précarité. On vit moins bien dans la France d'Emmanuel Macron dix ans après qu'au début. Donc, il y a une espèce de désespérance quand même dans le peuple français. Quand déjà, là, pendant tout l'été, vous avez hésité entre bien dîner ou alors mettre de l'essence dans votre voiture et qu'à partir de la semaine prochaine, il y aura un autre choix à faire, ça sera se chauffer. Bien sûr que je comprends. Et bien sûr que je comprends qu'aller dans la rue, il
y a
un côté catharsis. En plus,
ça fait du bien de se rencontrer. Vous appelez
les citoyens.
Évidemment, moi, je
suis une femme politique. Donc, pour moi, la solution sous la Ve République, c'est évidemment le bulletin de vote. La meilleure arme pour faire changer les choses, c'est de glisser un bulletin de vote Marine Le Pen dans l'Urne le 18 avril et le 2 mai. Mais si vous voulez, je comprends qu'on marche. Bien sûr que je comprends. Puis, on a envie de se retrouver.
Il
y a une solitude aussi du peuple français.
Sur, justement, ces mobilisations qui vont avoir lieu demain et l'incertitude du nombre de personnes qui vont se rassembler et aussi la question, on l'évoquait juste avant, des violences. Laurent Nunez, le ministre de l'Intérieur, vient de s'exprimer en disant que tous les types d'armes intermédiaires peuvent être utilisés par les forces de l'ordre, dont la grenade assourdissante. Est-ce que vous êtes d'accord avec ces déclarations ? On a vu dernièrement les blessés qu'il y avait pu y avoir chez les jeunes et on se rappelle aussi du mouvement des Gilets jaunes avec toutes les difficultés.
Encore une fois, je suis juriste, je ne
suis
pas du tout spécialiste du maintien de l'ordre. Je fais confiance quand même à Laurent Nunez.
Ces grenades assourdissantes ont été
suspendues dans
le mouvement des lyciens.
Un jeune a perdu sa main
à l'ange avec
une grenade
assourdissante.
Parce que vous savez, la veille, M. Nunez était devant la représentation nationale et il nous disait à quel point il fallait quand même les utiliser.
Mais c'est une arme
qui est très contestée. Est-ce
que
c'est
le
bon timing de dire
aujourd
'hui, on va les utiliser demain
? Vous avez
raison, c'est très
contesté. Et d'ailleurs, on peut l
'imaginer quand on a vu ce drame épouvantable à Lens. Après, vous voyez comme moi quand même les images et vous voyez à quel point nos policiers font face à des situations qui sont très difficiles. Ils sont désarmés moralement, désarmés physiquement. Ça pose une vraie question de maintien de l'ordre. Voilà, s'il y a autant de black box en préparation...
Ça
vous
inquiète pour la journée de demain ?
Ah bah oui, bien sûr que je suis inquiète pour la journée de demain. Je suis inquiète pour les vitrines des commerçants, je suis inquiète pour les bâtiments publics,
je
suis inquiète pour les gens qui y seront. Voilà, je ne suis pas sûre que ce soit une manifestation complètement bonne enfant. Après, je pense que ce qui compte, c'est évidemment la proportionnalité. Mais vous imaginez bien que c'est dans la tête de tous les policiers et qu
'il n'y a
pas un policier le matin qui se lève en se disant qu'il a envie qu'il
y
ait une bavure. Je rappelle aussi que c'est une institution qui est extrêmement contrôlée avec...
Laure Lavalette,
on
a bien compris que vous êtes en soutien des revendications, pas forcément de la forme des mobilisations demain. Qu'est-ce que vous... Je l'entends cette forme,
je l'entends. Et moi, je suis
une femme politique, je suis là pour trouver
des solutions. Justement,
en tant que femme politique, qu'est-ce que vous demandez comme mesure d'urgence que le gouvernement pourrait prendre face à ces Français de
plus
en plus étranglés par la
vie ?
Cette mesure d'urgence, on en parle depuis septembre 2021, déjà, c'est de descendre la TVA sur toutes les énergies,
que
ce soit le gaz, l'électricité, l'essence, ça a 5,5. C'est une mesure... Alors oui, ça vaut 12 milliards, effectivement, mais il faut faire des économies ailleurs. Ça donnerait un peu d'air, évidemment, aux Français. Il y a ce panier de 100 produits de première nécessité avec une TVA zéro. C'est pareil. Il y a un tiers des Français qui est à 100 euros près le 10 du mois. Imaginez bien comment finir le mois. Enfin, je veux dire, même les retraités, quand vous voyez hier à l'Assemblée nationale que pour la Macronie, un retraité qui touche, en gros, le SMIC en pension de retraite est aisé. C'est être très déconnecté de ce que vivent les gens,
les retraités. Justement,
Laure Lavalette, c'est très intéressant, la question des retraités. Le budget est donc arrivé à l'Assemblée nationale pour être examiné et voté par les députés. Et en effet, un des premiers enseignements qui ressort, c'est que la majorité des députés, et y compris des députés de
l
'Assemblée nationale, vous refusez de demander un effort supplémentaire aux retraités. Pourquoi ? Pourquoi
ce tabou ? Parce que quand vous avez travaillé toute votre vie, vous avez le droit à avoir une vie à peu près digne. Mais
il y a des retraités aisés.
Mais oui, mais c'est
quoi ? Qu'est-ce qu'un retraité aisé ? Qu'est-ce qu'un retraité aisé ? Je vous poserai la question, c'est vous la politique.
Je
viens de vous dire. Quand
vous entendez que pour la Macronie, un retraité aisé, c'est un retraité qui touche à peu près le SMIC, donc un peu moins de 1500 euros net, je pense que ça n'est pas vrai.
Vous allez là, par exemple, sans
être trop technique,
demain, hier, ce qui était mis au vote, c'était le plafonnement de l
'abattement
fiscal. Pour résumer, en général, ça touche plutôt les retraités qui vont bien, qui payent des impôts. Et en plus, ça, ce n'était pas de le supprimer, c'était de le plafonner, de le descendre. De 4400 à 3000 euros. Il y
a
une incompréhension aussi. Les jeunes sont dans la rue, les jeunes se mobilisent, et on ne demande pas d'efforts
supplémentaires aux retraités.
L'État ne peut pas demander et faire les poches des classes moyennes et des retraités tant qu'il ne sait pas serrer la ceinture. Nous voulons, nous, une grande réforme territoriale, une grande réforme
de l'État. Donc, on ne demande des efforts à personne
? Mais à l'État, déjà. On demande déjà des efforts à ceux qui nous gouvernent aux 1400 agences de l'État qui ne servent à rien.
On peut les demander en même temps. On
peut d'abord demander des efforts sur l'immigration aussi. Vous savez, nous nous voulons réserver les allocations de solidarité à un couple dont l'un des deux parents est français. C'est 16 milliards la première année, 29 milliards ensuite. Sur la fraude fiscale,
la fraude sociale. Je peux vous
donner aussi des pistes de réflexion d'économie. Faire une réforme de la TVA, la prendre à la source, c'est 26 milliards qui rentrent dans les
caisses, comme ça a été fait
en
Belgique. Donc,
avant d'aller faire la poche des retraités, je vous rappelle, vous devez en croiser aussi des retraités, on en a tous dans nos familles. Vous voyez aussi, à l'heure actuelle, qu'ils aident souvent leurs enfants, qu'ils aident leurs petits-enfants, parce que quand même la magie de la Macronie, c'est qu'au bout de 10 ans, on a des étudiants qui se prostituent et qui sont devant les banques alimentaires parce qu'ils n'arrivent pas à... Non mais oui, c'est une réalité. C'est une réalité
à la marge qui
ne justifie pas forcément
de ne pas demander un effort supplémentaire fiscalement retraité. Les membres de retraités
aident leurs familles. Vraiment.
Le
8.30 France Info, Camille Girère, Benjamin Recouvreur.
Laure
Lavalette, députée, Rassemblement national du Var et porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen. Vous êtes notre invitée ce matin du 8.30 France Info. Marine Le Pen a créé la polémique cette semaine avec cette annonce coupée. Les aides à l'Ukraine au bout de six mois, si elle est élue présidente en mai prochain. Raphaël Glucksmann, le candidat socialiste à l'élection présidentielle pour le Parti Socialiste, a réagi hier et vous accuse, je cite, de capitulation, de soumission. Qu'est-ce que vous lui répondez
? Marine
Le Pen, dans ce conflit, a été la première à dire qu'il fallait trouver une solution et mettre tout le monde autour de la table parce que soit l'OTAN rentrait dans ce conflit et à ce moment-là, ça devenait la Troisième Guerre mondiale, soit ce serait un peu la guerre de Cent Ans et c'est un peu ce qui est en train de se passer puisqu'on voit bien qu'il n
'y a
pas beaucoup d'évolution, que personne n
'est vraiment... La guerre dure depuis quatre ans. Il n'y a pas
d'évolution, il y a une génération entière d'Ukrainien et de Russe qui sont en train de mourir, presque une génération et demie,
il
y a énormément de morts et on ne voit pas vraiment le bout du tunnel. Ce
que dit aussi Raphaël Glucksmann
dans ses critiques,
c
'est de couper l'aide à l'Ukraine, ça veut dire aussi soumettre l'ensemble de l'Europe à Vladimir Poutine. Vous l'entendez cet argument
?
Ce que j'entends, et M. Glucksmann le sait, c'est en ça que je trouve ça très malhonnête intellectuellement,
c
'est que nous n'avons plus les moyens de le faire. Les caisses sont archi vides. Je veux dire, pour connaître un peu le budget et l'état de la France, ça n'est plus possible. Et je
trouve que la démarche
de
Marine Le Pen... Je termine,
je trouve que la démarche de Marine Le Pen de dire à Vladimir Zolinski, voilà, on a fait ce qu'on pouvait, parce qu'il y
a
eu une aide financière, il y
a
eu une aide humanitaire,
il
y
a
eu une aide avec ce prêt. On en est pratiquement à 26 milliards d'aides depuis le début. En fait, on ne peut plus. Et il vaut mieux avoir la transparence de dire, voilà, on ne pourra plus vous donner d'aide financière. Ce qui ne veut pas dire qu
'on
ne va pas continuer à former vos soldats.
J
'étais mercredi à l'école militaire pour la présentation de l'armée de terre et j'ai parlé avec des militaires qui m'expliquaient comment est-ce qu'ils aidaient les soldats ukrainiens dans la tactique, dans la formation. Sauf que financièrement là, ça n'est plus possible.
Ça coûte de l'argent aussi, par ailleurs. Mais ce n
'est
pas le seul, Raphaël Glucksmann,
à s'étonner de
cette
déclaration de Marine
Le Pen. Laura Lavalette, des Français engagés aussi sur le terrain, la critique. Ce matin sur France Info, Jacques Duplessis, directeur du comité de l'aide médicale en Ukraine, a réagi. Il se trouve actuellement à Soumy, c'est dans le nord-ouest du pays, à une trentaine de kilomètres de la frontière russe.
Ces
gens qui se disent patriotes, en fait, vendent la France. Ils vendent la France à Poutine, ils vendent la France aux Etats-Unis et c'est dramatique. Comment on peut être patriote alors que les Ukrainiens se battent pour nous ? Ils se battent pour qu'il n
'y
ait pas la guerre chez nous. Et donc, comment on peut se dire patriote ? C'est vraiment une trahison, même de nos principes même, de liberté, d'égalité, de fraternité. Ils se battent pour nous, dit cette humanitaire, les Ukrainiens. Soutenir l'Ukraine, c'est aussi une manière de nous protéger face à
la menace.
C'est exactement ce que nous avons fait et c'est ce que nous continuons à faire. C
'est ce qu'on va arrêter de faire si Marine Le Pen arrive au pouvoir. Vous avez dit
vous-même que ça coûtait de
l
'argent. On continue à avoir une contribution, mais il n
'y
aura plus de contribution financière parce que la France est complètement exsante, parce qu'il faudrait soutenir notre agriculture.
Il
y a un
pays qui se situe tous les jours.
L'hôpital est
exsant, l'éducation
nationale aussi.
C
'est faire des choix. Oui, vous avez raison. Vous dites qu'on peut aider les Français sur les prix du carburant, sur le pouvoir d'achat, que ça coûte de l'argent, mais qu
'on
le trouvera. Là, sur l'Ukraine,
ça coûte de l'argent, mais on ne peut pas trouver l'argent. Excusez-moi d'avoir fait... La sécurité de la France, ce n'est pas une priorité pour vous. Excusez Marine Le Pen d'avoir fait
cet arbitrage-là.
C'est ça que ça veut dire. De plutôt
aider les Français tout de suite et que de continuer une aide qui ne sera pas une aide financière.
Ça ne
représente pas une menace pour vous. Il n
'y a
pas de menace
russe. Mais encore une
fois, la
menace, il faut
mettre les gens autour de la table. Est-ce que vous savez le nombre de conflits qui se soldent militairement ? Globalement, il n'y
en
a pas sur le monde entier. Donc, il faut absolument faire cette grande conférence de l'APE que Marine Le
Pen appelle depuis
ses voeux depuis 4 ans moins 3 mois.
Vous savez aussi que sans soutien, l'Ukraine n'est pas capable
non plus de résister.
Et
donc,
de négocier. Négocier
aussi,
c'est
un rapport de force.
Vous
avez raison. C'est exactement pour ça que ça fait 4 ans que Marine Le Pen dit « Donnons les moyens, ce qu'on a fait à l'Ukraine pour qu'elle arrive à la table des négociations la plus forte possible parce que c'est une négociation. Et plus vous arrivez fort, et plus vous arrivez à négocier. »
Lors la valette, vous avez l'impression
que Vladimir Poutine
a envie
de négocier. Et la question qu'il y a derrière, surtout, c'est vous ne croyez pas dans la menace russe
sur l'Europe
? Mais vous plaisantez ou quoi ? Moi, j'habite une ville, j'habite premier port militaire
d'Europe. Oui, vous êtes quand même bien au courant. Je suis
exactement, je la connais
pas.
Avec
les alertes du chef d'état-major des armées mois après mois sur la menace qui vise l'Europe et la France. Sur la
menace hybride, enfin la menace russe, elle a toujours existé. Et là, elle est là, évidemment. Sauf que nous ne pouvons plus faire. Prenez-vous-en à nos prédécesseurs,
et
qui ont laissé les caisses dans un tel état que nous ne pouvons plus
financièrement aider à l'UQA ? Ce qui ne veut pas dire qu'on
ne l'aidera pas dans d'autres façons.
Laure Lavalette, pour bien comprendre votre position sur l'écran, vous dites qu
'il
faut couper les aides parce qu'on n'a plus d'argent. Vous estimez que vous allez économiser combien en coupant ces aides
? Mais là, on en est pour l'instant à 26 milliards. C'est à peu près 8 milliards par an.
Sauf que dans ces 26 milliards, il y a 18 milliards qui sont la
contribution que
la France donne à l'Union européenne. Donc là-dessus...
À
l'Union
européenne.
Donc en fait, il reste 8 milliards. Déjà, on enlève
18 milliards.
Vous
avez bien compris que ces 18 milliards, c
'est
de
l
'argent qu'on ne reverra jamais puisque pour qu'il ne soit remboursé, il faudra que Poutine ait payé
les efforts de guerre. Mais vous ne pouvez pas
être dessus comme ça.
Donc payer
les efforts de guerre. C'est pas les
6 milliards d
'économie. C'est de
l
'argent sur lequel on s'assoit. C'est ce que je vous dis. C
'est
à peu près 8 milliards. Ben excusez-moi, oui, la France est à 8 milliards près. Et les Français sont à 8 milliards près. Dans ces
8 milliards, il y a la formation. Ça, vous avez dit que vous continuiez. Vous lui posez
la question. Vous savez que l'international... Vous êtes sa porte-parole. Oui, mais l
'international, ça ne vous a pas échappé. C'est aussi la chasse
gardée de la
présidente.
D'accord, mais vous n'avez pas la réponse à cette question. En tout cas, on l'a fait.
Et probablement que ça, on pourra le faire, souvenez-vous, avec évidemment la condition que ce que l'on donne à l'Ukraine ne permet pas d'être belligérant, ne permet pas de rentrer dans cette guerre puisque nous ne voulons pas être belligérant comme...
Pas des armes offensives. Exactement.
Défensives. Mais encore une fois, on l'a fait, on l'a déjà fait, mais vous n'êtes pas censé savoir non plus que nos armées sont complètement à l'os, que nos militaires n'ont pas suffisamment de munitions pour
s'entraîner. Et un soutien militaire, ce serait possible.
Non, mais on l'a déjà fait.
Oui, mais est-ce qu'on continuera à le faire ?
Mais peut-être. Mais peut-être. Et justement, la porte n'est pas fermée.
Je
veux dire, si on avait de l'argent, nous continuerions à aider l'Ukraine.
L'or la valette, un autre argument.
Si nous avions encore des sous, si les caisses n'étaient pas si vides, nous continuerions à aider l
'Ukraine.
Le
président ukrainien qui est
dans
un entretien au Financial Times. Alors, à ta clé, Marine Le Pen, on ne pouvait pas s'attendre à autre chose. Il dit que Marine Le Pen ne maîtrise pas bien certains détails. Mais il a cet argument. Il dit que l'industrie française ne peut qu'y gagner. L'Ukraine est un terrain d'expérimentation militaire, technologique. Vous comptez vous passer
de ça pour l'armée française ? Je pense que la France aussi est une grande nation et qu'effectivement, l'industrie française, militaire, aéronavale, et déjà, se suffit à elle-même. On peut avoir des coopérations après, comme nous aimerions en avoir évidemment dans cette Europe des nations que nous
appelons de nouveau.
Mais je veux dire, c'est une espèce de chantage affectif que fait Vladimir Zolensky. Marine Le Pen lui dit... Il défense son peuple depuis 4
ans contre l'invasion. Et je vais vous dire qu'il
nous donne une grande leçon de patriotisme et qui est quand
même
assez sidérante. Mais en fait, on aide aussi les Français, voyez-vous. Et en fait, là, moi je suis élue de la République française et ma première boussole,
c
'est d'aider les Français. C'est d'aider les Français à l'hôpital,
c
'est d'aider les Français dans l'agriculture, c'est d'aider les Français à l'école,
c
'est d'aider d'abord les Français.
Mais ça fait aussi fonctionner l'industrie de l'armement. Les livraisons d'armes à l'Ukraine, par exemple, ça fait travailler des Français, ça donne du travail. Mais j'entends tout
ce
que vous...
En fait, c'est
assez drôle parce que vous pouvez ne pas être d'accord avec notre choix, sauf que
c'est... On ne s'est pas d'accord, on est l'interroge pour comprendre. On n'est pas
là
sur l'argent Marine Le Pen était cette semaine à Bruxelles. Elle demande une baisse drastique de la contribution de la France à l'Europe, plusieurs milliards chaque année. Est-ce que c'est un Frexit déguisé ? Un Frexit, une sortie de la France de
l'Union Européenne
?
Pas du tout, c'est simplement de dire que toutes les autres nations demandent des rabais et que finalement,
il
n
'y a
que la France qui ne demande pas de rabais. Est
-ce que vous ne demandez pas un
peu les deux « Take my money back ». Je récupère
mon argent, c'était le slogan.
Mais peut-être, c'est pour traduire à tout le monde, vous savez, le matin, on se réveille, ce n'est pas contre vous. « Take my money back ». Et en même temps, on reste quand même dans l'Union Européenne. Vous voulez le beurre et l'argent du beurre ? Non, on veut
une Europe des nations,
on
veut une Europe des coopérations qui soit respectueuse de la souveraineté des pays, figurez-vous, et que les projets soient librement consentis, que ce soit en matière d'agriculture, en matière d'industrie. Mais on veut remettre, évidemment, et même dans des institutions qui seront un peu différentes si jamais on gagne, remettre le gouvernement je vais vous dire pourquoi est-ce qu'on demande de revenir à 5 milliards en contributions nettes.
C
'est la contribution qui était
générée. Ça veut dire l'écart
entre ceux qu'on
apporte avec l'Union Européenne Une économie de 11
,5
milliards
parce que pour l'instant, on est contributeurs nets à plus de 16 milliards cette année. Et c'est la contribution nette qu'avait choisie Jacques Chirac à la fin de l'élargissement. Ce n
'est
pas
exact. Si on regarde sur le long terme avec le plan de relance,
la France est un des premiers
bénéficiaires, le premier bénéficiaire.
Ce
que je veux vous
dire,
on est le deuxième contributeur net.
La décision,
c
'est
par rapport aux agriculteurs qui
risquent de
recevoir moins de la PAC. Si vous m'invitez, n'hésitez
pas à me laisser parler. Il reste 30 secondes. Il reste
30
secondes.
Je veux dire aux Français qui nous écoutent qu'effectivement, on va arrêter de donner tant d'argent parce qu'il
y a
des projets que nous ne voulons plus financer. Nous ne voulons pas d'élargissement de cette Union Européenne. Donc, nous arrêtons, par exemple, de financer l'élargissement éventuel à la Turquie.
Mais sur la PAC, par exemple, on
a 9 milliards d'euros. Nous, c'est la France qui
a le plus d'argent de la PAC. Qu'est-ce que vous dites aux agriculteurs qui en bénéficient aussi
? C'est normal que ça nous revienne. En fait, on donne de l'argent à
l'Union Européenne et l'argent nous revient. Si on en donne moins, parce que cet argent-là,
il restera. C'est d'autres projets, évidemment. Nous ne voulons pas financer. Et vraiment, encore une fois, nous sommes pour cette Europe libre de la coopération entre peuples souverains. Et je vais vous dire, il y a 5 élections dans les 4 pays les plus grands d
'Europe. Dans l'Italie, la Pologne. Exactement.
Et je pense vraiment que c'est le réveil des peuples et c'est une très bonne nouvelle.
Merci Laure Lavalette, députée Rassemblement
National du Var, porte-parole de la campagne présidentielle de Marine Le Pen, invitée du 8h30 France Info ce matin. Restez avec nous. L'info continue sur France Info.
Laure Lavalette